La saison de la chasse aux candidats

Photo : Graham Hughes / PC
Photo : Graham Hughes / PC

La possibilité d’élections hâtives cet automne fouette les sangs des partis politiques, en particulier ceux des libéraux. Depuis le début de l’été, ils ont multiplié les assemblées de mise en candidature et prévoient en tenir plusieurs autres d’ici le 14 septembre, jour de reprise des travaux parlementaires.

À l’échelle du pays, il est difficile de savoir le nombre exact de candidats que chaque parti a pris dans ses filets. Selon le site Pundits’ Guide, qui traque les annonces publiques d’assemblées d’investiture et tous les résultats officiels mentionnés dans les médias, les conservateurs avaient choisi, en date d’hier, 159 de leurs 308 candidats. Les libéraux en avaient 44, le NPD, 6 et les Verts, 31. Le Bloc en avait sélectionné 20 sur les 75 dont il a besoin.

Le score des conservateurs est toutefois trompeur car le parti a décidé que ses 143 députés sortant n’auraient pas à se soumettre à une assemblée d’investiture. Comme presque tous se représentent, cela se reflète dans le nombre de candidats déjà choisis.

Chez les libéraux, seuls les députés ayant atteint certaines cibles en matière de recrutement de membres et de financement peuvent éviter une course à l’investiture. Mais qu’ils y parviennent ou non, le parti doit trouver un grand nombre de candidats puisqu’il n’a fait élire que 77 députés l’an dernier.

Au Québec, ce sont les libéraux qui mènent la danse. À croire que le député et lieutenant québécois de Michael Ignatieff, Denis Coderre, s’est démené plus que tout le monde (ou encore qu’il a su faire assez de bruit pour que cela se rende aux oreilles de Pundits’ Guide). Selon ce site, 17 des 44 candidats libéraux choisis sont québécois et huit des 11 assemblées à se tenir d’ici le 14 septembre se dérouleront dans la province. M. Coderre assure que ce nombre gonflera rapidement car d’autres assemblées s’ajouteront. Il compte avoir une quarantaine de candidats choisis d’ici la mi-septembre.

Au Bloc québécois, on dit avoir 21 candidats choisis (et non 20) et 10 assemblées planifiées pour la mi-septembre. Comme par les années passées, l’objectif est quand même de n’avoir qu’une dizaine d’assemblées à tenir au moment du déclenchement des élections. Il s’agit généralement de celles pouvant être transformées en gros événement de campagne, comme l’assemblée du chef Gilles Duceppe ou du doyen du caucus, Louis Plamondon.

Les conservateurs, qui ont 10 députés québécois, n’ont donc que 10 candidats à leur crédit dans la province, selon Pundits’ Guide. Le NPD, lui, n’en a choisi qu’un seul jusqu’à présent, mais «quelques assemblées d’investiture devraient avoir lieu d’ici la mi-septembre», assure-t-on au parti.

Les partis s’activent car le sort du gouvernement pourrait se jouer dès la fin septembre. Dans le cadre de l’entente survenue à la fin juin entre le chef libéral Michael Ignatieff et le premier ministre Stephen Harper, le gouvernement s’est engagé à accorder une journée d’opposition aux libéraux entre le 28 septembre et le 6. Ces journées permettent aux partis d’opposition de soumettre au vote la résolution de leur choix. Les libéraux pourraient ainsi enjoindre les députés à retirer leur confiance au gouvernement. Si c’était le cas, le gouvernement tomberait et des élections seraient déclenchées.

Les libéraux ne peuvent y parvenir seuls. Ils ont besoin des votes du Bloc et du NPD. Ce dernier a assuré qu’il ne maintiendrait jamais les conservateurs au pouvoir. Le Bloc, pour sa part, attend de voir la teneur de la résolution et, surtout, des propositions de réforme de l’assurance-emploi que le gouvernement doit mettre de l’avant à la fin septembre.

Personne ne veut cependant être pris au dépourvu et on peut s’attendre à ce que tous les partis accélèrent la cadence au cours des six prochaines semaines. La saison de la chasse est bel et bien ouverte.

Ce billet met fin à ce blogue estival. Ce fut un plaisir de traverser l’été en votre compagnie et merci d’avoir été au rendez-vous.

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Merci d’avoir tenu le fort madame Cornelier. Vous êtes courageuse, c’est tellement plate et ennuyant la politique fédérale.

Mais alors pourquoi venir y lire ces propos direz-vous ?

Que voulez-vous, comme ils ont les mains dans nos poches, fut-ce bien involontairement on paye des impôts, faut quand même voir comment ces cuistres se rient de nous…

Le PLC devrait plutôt s’occuper de faire signer la constitution par le Qc, quitte à perdre quelques votes dans l’ouest, mais a gagner des électeurs du Bloc…
Sans cela ces élections et les suivantes seront des pertes de temps et de notre argent.
Comme Montréal, coupé en deux par Descarie, le canada est coupé en deux au limite ouest de l’Ontario.

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