La semaine en 5 nouvelles : tombons en bas de nos chaises

Durant la campagne électorale, les libéraux ont promis de créer 250 000 emplois au cours de leur mandat. Alors, comment ça va, leur affaire ? L’actualité de la semaine, version humoristique, avec Mathieu Charlebois.

PolitiqueAvec tout le paysage médiatique occupé par une sonde qui se pose sur les fesses de Kim Kardashian (j’ai suivi tout ça en diagonale, je l’avoue), vous avez peut-être manqué quelques actualités importantes, cette semaine.

Heureusement que je suis là pour vous résumer ça en cinq nouvelles.

1. Pierre Karl Péladeau dans la course à la direction ?!?

Notre semaine s’est amorcée sur un spectaculaire coup de théâtre :

Radio-Canada aurait également appris que Noël serait un 25 décembre cette année.
Radio-Canada aurait également appris que Noël serait un 25 décembre, cette année.

Une fois rassis sur sa chaise, le Québec a recommencé à vivre, sachant que rien ne serait plus comme avant.

La veille, c’est Alexandre Cloutier, plus connu sous le nom de «Qui ?», qui lançait officiellement sa campagne à la direction du PQ. Radio-Canada n’a pas cru bon envoyer une alerte sur mon téléphone.

2. Compressions dans les universités et les cégeps

Fatigué d’avoir à ramasser les billets de banque qui traînent et qui s’amassent dans les couloirs de nos universités, le gouvernement y a annoncé, jeudi, une nouvelle compression de 31 millions de dollars.

Juste pour le plaisir, remontons le temps jusqu’au 6 décembre 2012. Le ministre Pierre Duchesne («ministre Pierre Duchesne»… on avait presque oublié que ça avait existé, ça) annonçait alors une compression de 124 millions.

«Pour la première fois au Québec, nous avons un ministre de l’Enseignement supérieur qui cherche à provoquer la faillite de nos universités.»
— Gerry Sklavounos, porte-parole libéral en matière d’enseignement supérieur (source)

M. Sklavounos a répété abondamment que M. Duchesne s’était livré à des compressions «brutales». (source)

Prenez ces deux citations et mettez-les dans votre poche d’en arrière.

Avec le temps, la compression de 124 millions du PQ est devenue une compression récurrente de 123 millions. Les libéraux arrivent au pouvoir et font gonfler le tout à 172 millions, avant d’ajouter cette semaine un autre 31 millions.

On ressort les citations de notre poche d’en arrière… «faillite»… «brutales»… et on lit maintenant ce qu’a à dire le ministre Bolduc à propos du 31 millions :

«Quant à moi, la demande est raisonnable, a justifié M. Bolduc. Avec ce qu’on demande aujourd’hui, on devrait être capable d’atteindre l’équilibre budgétaire pour 2014-2015 sans toucher aux services directs aux élèves.» (source)

Ben cou’donc.

3. Emploi : des chiffres désastreux

Durant la campagne électorale, les libéraux ont promis de créer 250 000 emplois au cours de leur mandat. Alors, comment ça va, leur affaire ?

Avec 30 000 emplois de perdus durant le seul mois d’octobre, un peu comme ça :

Au cours de la semaine, la promesse est devenue «une cible» dans la bouche du ministre Leitao, avant que Philippe Couillard ne la retransforme en promesse.

Mais le ministre Leitao a également offert cette analyse de l’opinion publique :

Il a également reconnu que le message du gouvernement Couillard visant à réduire les dépenses publiques avait «un peu de difficulté à passer», puisque le terme «austérité» est utilisé à outrance, selon lui, notamment par les partis d’opposition.

Il a raison. Ce n’est pas de l’austérité : ce sont des coupures, des compressions, des hausses de tarifs et des diminutions de service. Vous voyez ? Quand on le présente comme ça, ça passe vraiment mieux.

«Au moins, y en aura pas de référendum.»
— L’électeur libéral, tentant de se convaincre qu’il a fait le bon choix.

couillard-leitao

4. La Chine et les États-Unis concluent un accord sur le climat

Les deux plus grands pollueurs de la planète sont parvenus à un accord, mercredi, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

La Chine pourra désormais, elle aussi, ignorer ses cibles de réduction, comme tous les autres grands pays de ce monde.

Chers pays qui refusaient de faire quoi que ce soit sous prétexte que la Chine, elle, ne faisait rien, faudra vous trouver une nouvelle excuse pour vous traîner les pieds. Malheureusement, on vous fait confiance là-dessus.

5. Jacques Bertrand

C’était à l’époque où on parlait de ce que faisait Radio-Canada, plutôt que de parler de comment on défait Radio-Canada.

Mes soirées étaient alors accompagnées par de la radio comme je n’en avais jamais entendu avant. C’était drôle, intelligent, décalé, jeune, intéressant. C’était, vous vous en doutez bien, Macadam tribus.

Peu de temps après, j’ai conçu ma première émission de radio, avec en tête l’idée de faire quelque chose dans le même esprit. Je ne suis pas le seul trentenaire qui doit son amour profond pour la radio — au point d’essayer d’en faire son métier — à Macadam tribus et à son animateur, Jacques Bertrand.

Merci, Monsieur Bertrand. Merci pour vos émissions, mais aussi pour ce qu’elles ont semé. Nous en profiterons encore plusieurs années.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web et ex-chroniqueur musique à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il a aussi participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut l’entendre régulièrement à La soirée est encore jeune, et le suivre sur Twitter : @OursMathieu

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