La solution imparfaite de PKP

En plaçant ses actions dans un mandat, Pierre Karl Péladeau a adopté la solution la moins contraignante de toutes, après le statu quo. 

Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

PolitiqueLe chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, n’abandonnera jamais son rôle d’actionnaire de contrôle de Québecor. Les intérêts de la nation et ceux de son conglomérat se confondent dans son esprit.

M. Péladeau a annoncé jeudi son intention de placer ses actions de Québecor dans un mandat «sans droit de regard», mais sans droit de vente. Il pourra ainsi clamer haut et fort qu’il va au-delà des exigences fixées par l’Assemblée nationale et jouer aux victimes lorsque les libéraux et les caquistes lui demanderont de choisir entre la politique et son empire.

En vertu du code d’éthique et de déontologie de l’Assemblée nationale, seuls les membres du conseil des ministres doivent placer leurs actifs dans une fiducie sans droit de regard pour la durée de leur mandat. Un chef de l’opposition, aussi nanti soit-il, n’est pas tenu de se plier à ces règles.

La situation de Pierre Karl Péladeau est cependant unique. Lors d’une commission parlementaire houleuse, le printemps dernier, le commissaire à l’éthique, Jacques Saint-Laurent, a invité les députés à revoir le code d’éthique vu sa situation «exceptionnelle».

Cette concentration de pouvoir politique et financier est inédite dans l’histoire moderne du Québec. Le chef péquiste et ses partisans ne s’en formalisent guère.

M. Péladeau a fait le strict minimum en plaçant ses actions dans un mandat. La société Placements Saint-Jérôme s’occupera de ses avoirs. Ses trois administrateurs, l’ancien président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, le gestionnaire de portefeuilles, André P. Brosseau, et l’avocat James Woods ne pourront pas vendre les actions.

Le mandat que leur accorde Pierre Karl Péladeau est la solution la moins contraignante de toutes, après le statu quo. Dans une fiducie, ses avoirs auraient été transférés dans un patrimoine distinct. C’est n’est pas le cas dans un mandat.

Cette solution est loin d’être parfaite. Dans un mandat ou une fiducie sans droit de regard, il est impératif que les gestionnaires du patrimoine puissent bénéficier de toute la latitude voulue pour vendre des actifs. Le code d’éthique est clair à ce sujet, et le commissaire Saint-Laurent a livré un témoignage dépourvu de toute ambigüité. Le mandataire doit disposer «des tous les pouvoirs nécessaires à l’exercice de cette responsabilité, comme s’il était propriétaire des actifs, pour la durée du contrat».

Le jurisconsulte de l’Assemblée nationale, Claude Bisson, victime d’un procès d’intention injustifié du PQ, partage ce point de vue. Le fait d’interdire au fiduciaire ou au mandataire de vendre les actifs est «incompatible avec l’essence même de la fiducie sans droit de regard où c’est le fiduciaire seul qui gère les biens et décide du contenu du patrimoine», avait-il écrit.

Pierre Karl Péladeau dira sûrement qu’il traversera la rivière une fois arrivée au pont. Il se pliera sans doute aux exigences imposées au conseil des ministres s’il est élu premier ministre, mais pas avant.

Le hic ? Il sera trop tard s’il est élu. Il aura pleinement consommé le mariage de la politique et des affaires.

Le plus inquiétant, c’est que M. Péladeau est juge et partie depuis le début de cette affaire. Il refuse d’entendre les appels à la prudence du commissaire à l’éthique et du jurisconsulte. Il pose les termes de son engagement en politique, et de son retrait, bien superficiel, du monde des affaires.

Son incapacité à reconnaître et à éviter les apparences de conflits d’intérêts est tout aussi préoccupante. Encore récemment, il a trouvé le moyen d’inciter la Caisse de dépôt et placement du Québec à investir dans le retour des Nordiques à Québec (son projet chouchou, piloté par Québecor). Un homme politique capable de distinguer les intérêts de l’État et les siens se serait gardé une petite gêne.

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21 commentaires
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M. Péladeau est un citoyen à part entière.
M.Péladeau est un citoyen honnête.
M. Péladeau s,engage ouvertement pour une option politique.
ce n’est ni à ses concurrents en affaires ni à ses adversaires politiques de décider s’il peut diriger et son parti et le gouvernement.
C’est au peuple de décider. Nous sommes en démocratie.

Je n’y verrais pas de problèmes avec M.Péladeau si les péquistes n’avaient pas exigé que madame Julie Boulet vende les actions qu’elle possédait dans une compagnie de bottes Western.Elle en avait hérité avec ses dix frères et soeurs de son père. Jour après jour à l’assembléée nationale M.Bédard et Madame Maltais étaient intraitables là-dessus à l’époque….Et pourtant, les conflits d’intérêt étaient moindres que ceux de M.Péladeau. Deux poids deux mesures.

Juste une comme ça: Pourquoi le PQ demandait au libéral David Whissel de choisir entre sa compagnie d’asphalte ou son titre de député? Le peuple de son comté n’avait-il pas décidé?

Tout simplement M.Wissel avait des contrats avec le gouvernement et se devait de démissionner,ce qui n’est pas le cas de Madame Boulet et de M.Arcand qui a du lui aussi vendre,,

M. Whissell était ministre et signait, comme ministre, des contrats avec sa compagnie. Des contrats de gré à gré. Des contrats entre Whissell ministre et Whissell propriétaire.

Pourtant une situation semblable ne ferait pas sourciller aux États-Unis… notre plus grand partenaire économique! Notre étonnement est peut-être dû à une situation de trop grande concentration de la Presse ici au Québec… et ça, c’est pas juste Québécor qui en est responsable, en fait il offre une alternative minimale à l’Actualité-La Presse-Radio-Canada…

Tout est encore permis aux millionnaires à ce que je vois. Nous les plus pauvres de la société et la classe moyenne, ne s’en sortiront jamais tant que ce sera des gens pleins d’argent qui contrôleront notre province ou notre pays, car ils contrôlent l’argent des autres, mais ils veulent aussi protéger la leur. Autrement dit, le plein contrôle partout.

Ne pas vendre les actions de Québecor, peut être acceptable, si les mandataires et les dirigeants peuvent vendre certaines divisions telles : Groupe TVA, Vidéotron ou les quotidiens de Sun Média. Depuis que PKP est entrée en politique active, Québecor s’est départi d’Archambault, des hebdos régionaux, etc. PKP dit vouloir conserver ses actions dans Québecor, je ne l’ai jamais entendu dire qu’il voulait conserver TVA et ses autres sociétés. Quelqu’un peut-il clarifier cette question?

Astral est vendu à Bell…Lire l’article du Devoir : « Les relais et les boucliers du Québec ont disparu, c’est un scandale, un carnage et une catastrophe pour les francophones »… Qui peut acheter Québécor? et qu’adviendrait-il de la protection des francophones? M. Péladeau veut se consacrer une période de sa vie à faire du Québec un PAYS, sans priver le Québec des bienfaits de son entreprise….Toutes ces critiques ne semblent pas influencer les gens ordinaires qui l’éliront démocratiquement s’ils le souhaitent.

et voila ma chère Nicole votre intervention démontre les dangers de la chose. St-PKP priez pour nous

Si la même situation s’était présentée dans toute autre formation politique, les péquistes auraient déchiré leur chemise d’indignation.

Pourquoi se plierait-il aux voeux du jurisconsulte?
Un jurisconsulte n’est là que pour conseiller.
Il émet des opinions qui n’ont aucun caractère décisionnel ou exécutoire.
On peut accepter son avis. On peut rejeter son avis. Il n’y a aucune obligation à agir selon son opinion.
M. Bisson semble dire que tout le monde devrait aimer tous ses avis. ceci semble bien présomptueux de sa part.
Et M. Bisson n’est plus juge. Il est juriisconsulte. Un conseiller.
Depuis sa retraite, Claude Bisson est associé au cabinet McCarthy Tétreault, un cabinet libéral notoire. On y retrouve Marc-André Blanchard, ancien président du PLQ et gendre de Claude Ryan, ancien chef du PLQ; on y trouve aussi Jean Charest, Marc Dorion, l’homme qui faisait des excursions de pêche avec Philippe Couillard et Arthur Porter; l’ancien premier ministre Daniel Johnson fils. Ce sont les plus connus.
Claude Bisson, jurisconsulte, est-il véritablement impartial?

Même d’anciens ministre péquistes n’étaient pas d’accord avec l’option que M,Pédaleau a prise. Eux, ils sont capables d’enlever leurs oeillères et de dire ce qu’ils en pensent. C’est assuré que ces gens n’auront pas une grande place dans le gouvernement si M.Péladeau est élu…

Peut-être la confirmation que les députés du parti Québécois ne se contentent pas d’être de simples plantes vertes,mais préfèrent conserver leur droit de parole.

Il serait intéressant de voir leurs confrères du PLQ avoir la même attitude au lieu d’être béatement en pâmoison devant leur supposé génie.

Défendre l’indéfendable… REFUSÉ!

L’enfant prodige a pu conserver 73,3% des actions votantes lors de l’achat de Vidéotron par la CDP à gros prix.. La Caisse de dépôts dont la mission est de faire fructifier les régimes de retraite des contribuables a perdu plus d’un milliard dans cet investissement…

Quebecor qui se relevait difficilement d’une faillite a été le grand gagnant. Vidéotron depuis est devenue la vache à lait de Quebecor..

Voilà maintenant que l’histoire se répète.. Le contrat de gestion de l’amphithéâtre a été accordé de gré-à-gré à PKP par son ami séparatiste Régis Labeaume.

Le nationalisme économique converge touts azimuts vers Quebecor,

La cérémonie d’inauguration de l’amphithéâtre était dégoulinante de politique nationaliste.. PKP compte utiliser l’amphithéâtre comme outil de propagande..

AUCUN politicien ne s’est comporté impunément de façon aussi effronté C’est ni plus ni moins un détournement de démocratie contre lequel les Québécois se doivent de défendre leurs institutions..

Le PQ est en train de se créer des conditions gagnantes sans s’embarrasser d’aucun scrupule.. Les séparatistes jouent leur va-tout en transgressant les règles démocratiques les plus élémentaires.. Le pouvoir médiatique entre les mains d’un oligarque qui exige rien de moins que les commandes du gouvernement…

Y a-t-il quelqu’un quelque part qui va mettre le poing sur la table et sonner la fin de la récréation pour ce couple qui se croit tout permis?

Une élite sans éthique n’augure rien de très prometteur pour l’avenir du Québec, c’est le moins que l’on puisse dire.

À toujours défendre l’indéfendable votre logique en prend pour son rhume. Deux poids deux mesures, puisque PKP est devenu le dernier sauveur du PQ vous êtes prêts à n’importe quel écart de logique pour le défendre. Lorsqu’il deviendra président de la république du Québec et contrôlera le plus gros empire médiatique de la république, vous allez dire quoi au juste ?

Au fait, serions-nous en train de promouvoir un possible futur état sous le contrôle d`une dictature qui a construit sa richesse grâce à la générosité de l`état? Qui s`est multes fois contredi? Qui gagnat sa chefferie grâce à l`argent et aux menaces? Qui malgré son deni fut le roi des lockouts les plus sauvages de 20 dernieres années? Serions-nous si aveugle ou beta?

Plusieurs me lancent des cailloux suite à mon commentaire au sujet de PKP. Et tout cela au nom de la « démocratie ». Quelle démocratie? Celle que nous sommes supposé avoir?
Dans le parlementarisme à la britannique, ,le droit de parole pour un député n’existe pas. Il est astreint à respecter intégralement la ligne de parti.
Il doit dire comme le chef. Il doit agir comme le chef. Il doit obéir à tous les édits du chef. Il doit endosser toutes les décisions du chef. Il n’est qu’un zombie au service du chef.
Nous élisons des zombies qui, loin de respecter nos volontés, vont plutôt respecter les volontés de leur chef.
Et parce que nous votons pour ces zombies, nous nous croyons en démocratie. En fait, nous sommes plus zombies qu’eux.
Le parlementarisme à la britannique était un embryon de démocratie qui n’a pas crû. C’est un avorton.
Nous voulons une république démocratique qui établit une nette distinction entre les trois pouvoirs: législatif, exécutif et judiciaire.
Finie la dictature d’un premier ministre élu par des zombies.

Nous sommes nés sous le lys et avons crû sous la rose.

Le parlementarisme britannique ne nous a pas si mal réussi. Tous les fleurons québécois dans toutes les sphères d’activités ont pu éclore dans le cadre de cette terre de droits et libertés qui fait du Canada un pays enviable.

Que le véritable zombie se lève….

Celui-là qui veut une république « démocratique » qui établit une nette distinction entre les trois pouvoirs: législatif, exécutif et judiciaire.

. en occultant que cette accession à une république aura été le fait d’un détournement démocratique par l’abus qu’aura fait le Magnat de la Presse du pouvoir médiatique. (le quatrième pouvoir en démocratie)

Les naïfs qui croient qu’une fois le Magnat aux commandes de l’État, il n’imposera plus sa Vérité méritent finalement cet oligarque.

Heureusement la majorité refuse l’avènement d’un Berlusconi pour le Québec.

M.Péladeau s’est pour une troisième fois placé en conflit d’intérêt en suggérant que la caisse de dépôt et placement pourrait investir dans son équipe de hockey. N’a-t-il pas déjà assez reçu? Les premières fois, c’était un manque d’expérience parait-il mais cette fois il dépasse les bornes….