La soudaine fortune (présumée) de Mme Courtemanche

« Je suppose que dans la nuit de vendredi à samedi, sans qu’elle le sache, l’épouse de Gil Courtemanche est devenue propriétaire de la maison, de la voiture, des comptes de banques et des droits d’auteurs ».

C'est déjà Noël pour les huissiers!
C'est déjà Noël pour les huissiers!

C’est un avocat — une des centaines employés par l’empire Quebecor — qui rigole ainsi devant moi, samedi, informé de la chronique publié ce matin-là par le téméraire chroniqueur du Devoir. (Du calme, Gil, il n’est pas au dossier. Il ne faisait que rigoler!)

Intitulée Le « voyou » et le « parrain », la chronique prend un malin plaisir à utiliser les épithètes « voyou »,  « casseur », « hooligan », « meurtrier » pour décrire le comportement de quelqu’un que je ne nommerai pas parce que je ne tiens pas à transférer ma maigre fortune à qui que ce soit — et il ajoute que cette personne a une attitude « assassine » et est — c’est la finale — un « criminel social ».

C’est un peu pire que ce qu’il dit à propos d’un élu québécois que je ne me résous pas à nommer mais dont les initiales d’acte de naissance sont JJC, affirmant à son sujet qu’il est un « parrain » qui pratique « l’omerta ».

Courtemanche n’est évidemment ni chef de parti, ni cadre supérieur d’une grande société de radio-télé-diffusion. Peut-être l’utilisation de ces synonymes ne lui vaudront pas une des nombreuses mises-en-demeure qui font ces temps-ci la fortune des huissiers.

Je remarque cependant qu’il s’est davantage exposé que Jean-René Dufort qui, dans le dernier Infoman (émission, je tiens à le dire, qui est un constant bijou d’irrévérence politique et parfois, comme récemment dans ses visites de sites de gaz de schistes, bigrement informative) ne s’aventure pas aussi loin.

Jeudi soir, habillé comme un lugeur et casqué, de peur de recevoir des mises-en-demeures sur la tête, il s’est permis quelques critiques assez molles de JCC, qui ne lui vaudront pas de problèmes légaux. Les avocats de la SRC avaient-ils revu le texte  à la baisse? Mystère !

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J’ai pensé un peu la même chose que vous en lisant la chronique de Gil Courtemanche. Ce n’était pourtant pas un pamphlet. Tout juste un exercice «Brellien» consistant à appeler un chat un chat, bien écrit et nous immunisant un peu des affres liberticides d’une certaine rectitude politique.

Il ne faudrait pas que cette manie de la poursuite-baillon, maniée par des personnages publics dont la sensibilité de l’épiderme est autant suspecte qu’intéressée, finisse par nous confisquer notre liberté de parole, liberté sans laquelle notre démocratie ne peut tout simplement pas exister.

Une fois que le roi s’est fait dire qu’il est nu, ce ne sont pas les poursuites qui vont le rhabiller !

La personne que vous ne vous résolvez pas à nommer a aujourd’hui une liste de 220 000 noms à qui il pourrait envoyer une mise en demeure. Il fût une période qu’on qualifiait de despotisme éclairé. Aujourd’hui, le despote est là mais tout se passe dans l’ombre…

C’est Gilles Vigneault qui chantait «se cracher au visage c’est ben mauvais pour le portrait»

Je crois bien que c’est toujours de mise.