Le Québec n’est pas une île

Le déclin de la France devrait inciter le Québec à faire preuve d’une plus grande ouverture vers le monde, dit le blogueur Jérôme Lussier.

Photo: Alain Jocard/AFP/Getty Images
Photo: Alain Jocard/AFP/Getty Images

(Après l’introduction publiée le 19 décembre dernier, voici le premier d’une série de billets portant sur l’affaiblissement de la souveraineté des États. Ces billets s’intéressent à quelques-unes des transformations engendrées par la mondialisation économique, politique, culturelle et identitaire en cours, et les limites qu’elles imposent au pouvoir de contrôle des États. La série ne cherche pas à savoir si le monde contemporain est mieux ou pire que l’époque qui l’a précédé, mais plutôt à identifier et illustrer les paramètres incontournables qui s’imposent désormais à l’action sociale et politique.)

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Vos clémentines viennent du Maroc, votre huile d’olive d’Italie, votre vin du Chili ou de Nouvelle-Zélande. Vos sous-vêtements ont été fabriqués au Sri Lanka. Votre iPhone en Chine, comme des dizaines d’autres objets qui encombrent votre chambre, votre cuisine ou votre bureau.

Par l’entremise de vos REER et/ou de la Caisse de dépôt, vous êtes investisseur aux États-Unis, en Europe et en Asie. Si vous travaillez pour une entreprise qui exporte ses produits ou ses services, votre emploi dépend en partie de la conjoncture économique internationale.

Si vous êtes Québécois ou résidant d’une autre province canadienne, plusieurs décisions de votre gouvernement dépendent de la péréquation reçue d’Ottawa et du jugement des agences de notation de New York.

Rien de tout ceci n’est nouveau. La mondialisation économique et financière est bien installée depuis une vingtaine d’années au moins.

Depuis cinq ou dix ans, toutefois — à cause de la crise financière de 2008, des déménagements d’entreprises, des répercussions de la crise de la dette publique en Europe, de l’essor du commerce électronique, de la fluctuation du prix des métaux et du spectre de décote du gouvernement du Québec, entre autres —, l’actualité rappelle avec insistance que nous n’opérons pas en vase clos.

Plusieurs acteurs étrangers — privés ou publics — ont maintenant une influence majeure sur l’économie et les finances du Québec, comme sur celles de tous les États. Plus que jamais, nos politiques économiques doivent s’arrimer à cette réalité.

Les exigences sont multiples.

Avant même de mettre en œuvre les priorités et les promesses de son gouvernement, un ministre des Finances doit considérer l’opinion des agences de notation basées à New York, chargées de donner une cote de crédit au Québec. (Ces agences évaluent de manière indépendante, et en principe impartiale, la solvabilité des entités privées ou publiques qui émettent des obligations, dans le but de donner aux investisseurs une idée du risque qu’elles représentent. Les institutions fortement endettées et aux revenus chancelants constituent des investissements plus risqués que celles qui sont en meilleure santé financière, et les taux d’intérêt exigés varient en conséquence.)

Le ministre des Finances jouit évidemment d’une certaine liberté, mais des choix budgétaires malavisés engendreront une décote qui fera grimper le coût des emprunts futurs et réduira d’autant la marge de manœuvre du gouvernement.

Un gouvernement pourrait-il, au nom de la primauté du politique et de la démocratie, choisir d’ignorer ces agences étrangères et leur ingérence malvenue dans ses choix? Pourrait-il, en d’autres termes, envoyer paître Wall Street et embrasser sans réserve des politiques contraires aux souhaits des investisseurs ?

Bien sûr — mais le prix serait élevé. Le gouvernement devrait alors choisir entre réduire dramatiquement ses dépenses, faire défaut, ou payer beaucoup plus d’intérêts sur sa dette. Toutes ces options sont rebutantes.

À bien des égards, une logique semblable doit désormais animer les grandes décisions d’ordre fiscal ou réglementaire. Dans une économie où les États sont en concurrence pour attirer ou retenir les entreprises, les investissements et les emplois, le choix de s’inscrire à contre-courant de ses voisins n’est pas sans conséquence.

Le cas du régime minier a été abondamment discuté au cours des dernières années. Du défunt Plan Nord de Jean Charest au nouveau régime minier du PQ, la décision du gouvernement du Québec de miser sur le secteur minier dépend en grande partie de la fluctuation du prix du minerai dans le monde — fluctuation qui échappe elle-même largement au contrôle du Québec, et qui a le pouvoir de changer radicalement la donne économique. Une fois prise la décision de miser sur les mines, le gouvernement doit encore attirer les investissements et les entreprises, ce qui implique la mise en place de conditions attrayantes pour l’industrie, à défaut de quoi les entreprises iront ailleurs.

(Pour ne pas avoir à se plier à la concurrence et aux demandes du marché, certains proposent de nationaliser les ressources naturelles, sans toutefois expliquer exactement comment le gouvernement assumerait cette transaction titanesque et les risques qui en découleraient.)

Par ailleurs, même la décision de ne pas miser sur un secteur n’isole pas nécessairement des influences étrangères. Le cas du gaz de schiste est remarquable à cet égard.

Au Québec, l’exploitation du gaz de schiste est actuellement frappée d’un moratoire. Officiellement, donc, les risques économiques et environnementaux ont été évacués au profit d’un prudent statu quo. Les Américains, dont le contexte énergétique est très différent, n’ont pas eu nos scrupules et se sont plutôt vautrés sans retenue dans l’exploitation du gaz de schiste. C’est leur problème, n’est-ce pas ?

Pas uniquement. À cause de la hausse vertigineuse de la production de gaz naturel aux États-Unis au cours des dernières années (et la chute correspondante des prix), Hydro-Québec a dû réduire de 60 % le prix de l’électricité à l’exportation entre 2007 à 2012.

On n’y peut pas grand-chose. La tendance s’annonce durable. La société d’État accumule maintenant les surplus, et les coûts sont loin d’être négligeables. Il faudra s’adapter, plus tôt que tard.

Les exemples ne sont pas limités aux ressources naturelles. Quand des États américains choisissent d’assouplir leurs lois syndicales, les répercussions et la concurrence se font sentir jusqu’ici. Les centres de recherche d’envergure mondiale attirent des talents de partout. Les entreprises mobiles s’adaptent, et à défaut de construire des murs pour empêcher qui que ce soit de partir, le Québec devra s’adapter lui aussi.

La même logique s’applique en matière de lois fiscales, de droits de propriété intellectuelle, ou encore de traités de commerce international fondés sur un principe de réciprocité. Combien de fois le Québec pourra-t-il bloquer la concurrence des entreprises étrangères avant que les multinationales québécoises ne soient elles-mêmes écartées des appels d’offres internationaux, avec les conséquences qu’on devine ?

Si beaucoup de Québécois ont fondamentalement intégré cette nouvelle réalité et les paramètres qu’elle impose, les isolationnistes demeurent, particulièrement au sein d’une arrière-garde obsédée d’histoire et de ressentiment, pour qui le Québec devrait éternellement «résister» à la mouvance planétaire.

Comme l’écrivaient Pierre-Marc Johnson et Frédéric Mérand récemment, à propos de Montréal :

«Si les Québécois sont fiers du succès de nos nombreux festivals, du Cirque du Soleil, de Bombardier ou de CGI, ils semblent parfois craindre le corollaire de ce rayonnement à l’étranger: la concurrence internationale, l’usage pragmatique de l’anglais et l’accroissement des flux migratoires. Ces dynamiques se concentrent à Montréal, dont l’avenir dépend moins des politiques décidées à Québec que du dynamisme des multinationales qui y sont installées, de l’attractivité de ses universités et de l’initiative de ses immigrants. (…)

Pour se hisser dans le classement des villes globales, il est fondamental d’investir dans les infrastructures (…); soutenir l’excellence en valorisant la recherche universitaire et les entreprises innovantes; et attirer les investissements étrangers par une administration plus transparente et ouverte qui ne craint pas la logique du marché.

Mais peut-être faut-il surtout commencer à accepter que Montréal n’est pas une île, que le Québec n’est pas son unique horizon, et que nous connaissons, apprécions et nous inspirons encore trop peu ce qui se passe au-delà de nos frontières.»

On répondra assurément que, nonobstant les reproches de MM. Johnson et Mérand, le Québec regarde bel et bien au-delà de ses frontières, et particulièrement vers la mère patrie française. Mais cette référence n’est peut-être pas la plus heureuse, comme le rappelle un article paru cette semaine dans Newsweek.

L’auteur cite un éditeur français qui explique que «l’économie mondiale est devenue si importante que l’État-nation ne peut plus jouer le rôle qu’il jouait il y a 10 ans, mais les Français ne se sont pas réveillés à cette nouvelle réalité». La journaliste conclut que «c’est une vision philosophique en tunnel qui tuera la France.»

Certains de nos faiseurs d’opinion locaux auraient intérêt à prendre des notes.

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Si en théorie la cote attribuée par les agences de notation aux diverses entités, est susceptible d’avoir une influence sur les taux d’intérêts, la pratique démontre en grande partie le contraire. Ainsi suivant les agences de notation, la cote de crédit du Québec est considérée comme étant de « Haute qualité » lorsque celle de la Californie est estimée comme « Qualité moyenne supérieure », hors le gouvernement Californien emprunte à un taux d’intérêt très inférieur à celui du Québec.

Dans cette même veine, la Grèce avec sa cote CCC considérée comme « Ultra spéculative » s’en sort grâce aux aides de l’Union Européenne et du FMI. Pourtant, Jamie Dimon le PDG de JPMorgan Chase Co estimait que la solvabilité de la Californie était plus préoccupante que celle de la Grèce.

En d’autres termes, la Grèce sortira de la spirale de l’endettement bien avant la Californie. Le Québec retournera à l’équilibre budgétaire probablement d’ici peu, cela n’indique pas que notre province retrouvera sa cote AAA avant quelques années, ce qui ne signifie pas pour autant que les taux d’intérêts accordés au Québec rejoignent ceux très compétitifs accordés au gouvernement du Canada d’ici peu.

Aussi c’est la structure financière des pays et/ou des entités qui fait toute la différence. À ce titre les agences de notations pour aussi impartiales qu’elles soient, ne sont pas neutres pour autant. Les pays qui adoptent les modèles économiques les plus libéraux sont ceux qui sont les plus avantagés par les dites agences. Puisque ce sont en principe les pays les mieux configurés pour recevoir la structure et l’ingénierie financière qui plaisent aux principaux acteurs de la mondialisation.

C’est ce pourquoi, notre gouvernement québécois joue sur au moins deux tableaux, une image populiste et identitaire pour les gens d’ici et une image fondamentalement tournée vers les modèles conservateurs et néo-libéraux pour la communauté d’affaire internationale qui se fiche pas mal des particularismes québécois pour autant que tout cela soit bon pour : la « business as usual »….

Quant à l’article de Janine di Giovanni (Newsweek) que vous citez, il me fait passablement rire avec sa pinte de lait à 4 dollars. Le prix de vente du lait n’est plus réglementé en France comme il l’est au Québec, en regardant les prix pratiqués par deux hypermarchés (Cora et Carrefour) qui vendent aussi via-Internet, livraison comprise, le prix de 1,5 litres de lait est offert à 1,44 Euros soit 0,96 Euros par litre, si vous achetez par six bouteilles, le prix tombe à 0,79 Euro par litre et la septième bouteille actuellement est gratuite (Cora). Ce qui donne 1,15 $ canadiens ou 1,08 $ américains pour un litre et un peu moins avec la bouteille gratis. En plus, il s’agit de lait de qualité supérieure conditionné et prévu pour une plus longue conservation.

— Conclusion, le lait en supermarché en France est bien moins cher qu’au Québec. Cela dit… il est sans doute plus cher chez Fauchon.

Là je suis vraiment confus, car je ne crois pas que tout ce que vous dites touche le Québec, après tout comme l’écrivait très très récemment un de vos collegues, « nous sommes un grand peuple. » Alors, les banques, agences de cotation, grandes entreprises n’ont qu’à se tasser pour faire place à nos volontés!

Quelle arrogance de ce journaliste qui refuse de VOIR la réalité et garder la tête dans le sable

Dur retour à la réalité pour nos nationaleux péquistes qui tentent de faire de la province de Québec un gros Hérouxville clôturé à triple tour.

Il y a longtemps que les gens lucides ont compris cet enjeu qu’est la mondialisation ainsi que toutes les opportunités qu’elle nous présente.

Seuls les réactionnaires go-schistes diplômés en sciences molles pas de maths repliés sur eux-mêmes et qui mènent leur combat d’arrière-garde accompagnés en ceci par les syndicaleux n’y pigent toujours que dalle et continuent de s’enfoncer encore plus profondément dans leur univers rétrograde, rococo et totalement dépassé.

Dans le monde du XXIe siècle, la mondialisation capitaliste et le système de libre-échange est ce qui pouvait arriver de mieux pour les consommateurs. Nous avons ainsi accès à plus de produits, de meilleurs prix et au passage, nous aidons les pays du tiers-monde à sortir de leur misère.

Pensez-y. Nous avons accès au MONDE au bout de nos doigts et ceci grâce au capitalisme libre et assumé.

Ce n’est pas une coïncidence si l’on retrouve surtout des alarmistes antimondialisation chez les syndicats, les gauchisto-nationalistes québécois, les téteux de subventions et autres parasites de la société. Ces gens ont soit peur de perdre leur contrôle sur des populations locales qu’ils exploitent, peur de devoir affronter une concurrence venue d’ailleurs qui dévoilera leurs déficiences, peur de perdre des privilèges dans un marché où tous seront égaux en droit. Ils défendent naturellement leurs « acquis », et ne méritent notre sympathie d’aucune façon. Laissons-les continuer à jouer les Don Quichotte, le vent de la mondialisation continuera à souffler de toute manière pour notre plus grand bien à tous.

Le néolibéralime capital aide les pays du tiers-monde à sortir de leur misère dites-vous. Je répondrai par cet excellent photoreportage de l’Actualité.com: http://www.lactualite.com/multimedia/photoreportage-multimedia/chine-les-villages-du-cancer/
Ou encore par ce reportage de Enquête de Radio-Canada sur l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh où les employés, honteusement exploités, fabriquaient des vêtements Joe fresh, GAP et autres compagnies amorales: http://www.tou.tv/enquete/S2013E04
Le mondialisation nous permet d’obtenir de meilleur prix dites-vous. Oui, nous obtenons des téléphones gratuits avec tout forfait de 2 ans, mais à quel prix? Au prix de la vie de milliers d’Africains de l’Ouest qui travaillent dans des tunnels non renforcés (on ne peut même pas appeler cela une mine, il y a des effondrements tous les jours) pour aller chercher les terres rares indispensables à nos gadgets électroniques.

Au sujet de l’effondrement en question:

http://www.antagoniste.net/2013/05/07/bangladesh-une-verite-qui-derange/

Extrait:

« Contrairement à ce qu’on peut entendre à gauche, les sweatshops n’appauvrissent pas les pays, ils les enrichissent ! Il ne s’agit pas ici de dire que le travail dans ses usines est facile ou que la tragédie du Rana Plaza est acceptable, mais seulement de prendre conscience que les sweatshops sont, pour beaucoup de gens dans les pays pauvres, un tremplin vers une vie meilleur, une opportunité de laisser à ses enfants une vie plus facile. Ce n’est pas pour rien si des gens décident d’aller travailler dans les sweatshops, ils ne sont pas obligés, ils le font, car l’alternative est encore pire ! Donc, quand la gauche « solidaire » parle de faire fermer les sweatshops dites-vous bien ceci: qui veut faire l’ange fait la bête… ». Fin de la citation.

Le Québec peut servir d’exemple à ce que je veux illustrer. Il y a environ 100 ans, il n’était pas rare de voir au Québec des enfants travailler dans des usines productrices de textile ou autres car c’était la seule façon dont les familles pouvaient se tirer d’affaire et elles ont réussi.

Grâce à la mondialisation capitaliste, la même chose peut est en train de s’appliquer ailleurs dans le tiers-monde à une échelle plus vaste. Les pays pauvres s’enrichissent et s’instruisent grâce au capitalisme et à rien d’autre. Voir ce qui se passe actuellement en Chine et dans l’Asie en général.

Vaut mieux être aveugle que de lire autant de sottises. Le sort des travailleurs et des enfants se sont améliorés parce qu’on a introduit des lois sur le travail empêchant les jeunes enfants de travailler, en mettant l’école obligatoire, en permettant la formation de syndicats, en ajoutant des règles sur l’hygiène et la sécurité dans les milieux de travail et en instaurant le salaire minimum entre autres.

Tout ce que vous écrivez fait partie d’une certaine évolution d’un état. On ne peut passer de l’ère des cavernes au monde de la haute technologie en une demie-heure et c’est exactement ce que permet de faire le monde capitaliste en faisant progresser les pays pauvres vers la richesse via les demandes des pays riches; comme le Québec l’a fait fin vers du XIXe siècle.

Pour plus de précision, allez voir ce petit vidéo très enrichissant de 4 minutes seulement mais ô combien révélateur:

http://www.youtube.com/watch?v=jbkSRLYSojo

Espérant que le tout saura vous ouvrir les yeux…

@ Francois1

C’est amusant de voir cette vidéo de la part d’un type qui prétend que le capitalisme existe « depuis la nuit des temps ». Tout ce temps pour aboutir à si peu de résultat, puisque le professeur Hans Rosling débute son graphique à partir de 1810 ! Qu’en était-il avant, puisque le capitalisme existait déjà, selon vous, depuis des millénaires ?

Où sont vos chiffres ? Identifiez vos sources où vous puisez vos supposées certitudes. N’importe qui est capable d’écrire n’importe quoi à propos de n’importe quoi. Vous semblez détenir la vérité ? Alors répondez à ces simples questions sinon nous devons conclure que vous écrivez peut-être des faussetés. Si vous ne fournissez pas de chiffres et leurs sources vérifiables, vos écrits ne sont qu,au niveau des croyance. C’est de l’air quoi !

Allez , un peu de rigueur que diable.

«La poule qui chante le plus haut n’est pas celle qui pond le mieux.»
[Thomas Fuller]

Rigueur?

Tenez, allez visionner ce petit vidéo de Hans Rosling qui, bijou de technologie CAPITALISTE, nous l’espérons tous, saura ouvrir votre esprit plutôt réfractaire à la réalité et faire en sorte que vous pourrez nous rejoindre dans le XXIe siècle:

http://www.youtube.com/watch?v=jbkSRLYSojo

L’État nation est menacée par la mondialisation. Of course. Y’a pas que les Francais qui le savent: l’extrême-droite et une certaine gauche réaliste carburent à fond contre l’Europe sans frontiere. Loin d’être endormis, les Français expriment un mal universel: les nations menacées par le fric

Je n’ai pas lu les autres billets mais celui-ci me semble contenir un ensemble de généralités qui se retrouvent autant dans les propos de n’importe quel fédéralistes que de n’importe quel ministre péquiste (même les plus poches).

Il est évident que les soueverainistes ne prétendront pas de « faire du Quebec une île ». Je comprends que vous trouviez la formule belle, mais en 2014 elle est juste passé date… pour tout le monde.

Même les péquistes vous diront qu’ils veulent s’affranchir du Canada justement pour mieux s’ouvrir au monde et faire rayonner le Québec partout dans le monde. Les péquistes sont maintenant bien loin d’un discours (et d’une volonté) de fermeture sur le monde. ALors faudrait trouver une formule plus actuelle ou une argumentation plus actuelle.

Dans tout votre billet, le seul point qui attaque un peu les souverainistes, c’est leur détestable moratoire sur les gaz de schiste. Mais même ici, ce n’est absolument pas un débat séparatiste-fédéralite, c’est plutôt un débat gauche-droite.

Je suis pour le développement de ces ressources, mais en même temps je peux comprendre la retenue des gauchistes. Même si je la trouve exagérée. Mais vouloir nous faire gober que c’est une volonté des méchants séparatistes de vouloir isoler le Qc du monde, franchement c’est un peu court. C’est un cas qui s’explique autrement que par une volonté de repli sur soi. Franchement. Vous êtes capable de mieux…. et surtout de mieux qu’une formule surannée.

Je suis convaincu que le gvt péquiste est un des pires qu’on a connu, mais c’est pas une raison de nous faire gober qu’ils veulent faire du Qc une île. Cette forumule rappelle une autre formule pour faire peur aux séparatistes en disant aux vieux qu’ils allaient perdre leur pension en cas de séparation. Ce genre de discussions en est un de fermeture au débat justement.

« Je suis convaincu que le gvt péquiste est un des pires qu’on a connu… » (sic)

+ 1000.

@M.Drouginsky: Elle est bonne celle-là! Je vous gage toutes mes économies que la Californie s’en sortira, comme une grande, bien avant la Grèce, sans l’aide de personne. Et si l’Allemagne n’assumait plus le défaut de paiement de la Grèce, je ne suis pas certaine que monsieur Dimon arrive au même constat. Pour ce qui est du Québec, il ne faut jamais oublier que sa valeur auprès des agences de notation soit bonifiée par le fait que la Belle province fait partie d’une entité économique prospère, soit le Canada, et que celui-ci , grâce à la généreuse péréquation, assure que le déficit budgétaire du Québec ne soit pas trop…disons…déficitaire!

@ Nathalie Juteau,

Le gouvernement de la Californie est officiellement passé à l’équilibre budgétaire en 2013 aux frais en grande partie des habitants de cet État et des entreprises, mais sa dette demeure. En mai 2013 la dette cumulée de l’État de Californie et des gouvernements locaux était évaluée à 848 milliards de dollars US, certains rapports néanmoins évaluaient que cette dette pourrait dépasser 1100 milliards de dollars et probablement la facture va continuer de croitre en 2014.

La seule dette du gouvernementale de l’État est passée en 2011 de 88 milliards à 132,6 milliards l’an passé.

La situation du chômage s’est améliorée mais pas celle des emplois et des salaires, lorsque toutes sortes de services ont drastiquement augmentés (comme les Université par exemple). À moins d’une révolution économique possible (mais pas encore faite), l’État de la Californie sera noyé sous les dettes pour au moins les 100 prochaines années. La position de cet État est enviable en apparence seulement, sa situation reste encore fragile nonobstant.

La situation de la dette Grecque en 2013, n’est guère plus enviable, elle aura augmenté en 2013 de 29 milliards d’Euros (environ 42 milliards canadiens). De telle sorte que la dette cumulée de la Grèce s’élevait en mars 2013 à 309 milliards d’Euros (environ 450 milliards canadiens). Toutefois, la récession de ce pays devrait prendre fin dès cette année. Le poids de la dette devrait décroitre progressivement si toutefois les calculs du FMI sont exacts cette fois-ci. — Aussi lorsque j’écrivais : « la Grèce sortira de la spirale de l’endettement bien avant la Californie » me semble correct sur la base des informations que j’ai collectées. Je n’ai jamais prétendu que ce pays sortirait du bois de sitôt.

Le poids économique de la Grèce est minime dans l’économie Européenne lorsqu’il en va tout autrement de la Californie pour l’économie des États-Unis.

— Si j’étais à votre place, je me garderais de gager toutes mes économies dans des paris aussi risqués, à moins que vous ne vouliez essentiellement me jeter de la poudre aux yeux ou que vos avoirs soient aussi peu signifiants que ne le sont vos affirmations.

Enfin, je me garderais bien de présenter l’argument de la péréquation comme un élément qui vise à minimiser l’importance du déficit public québécois. Je serais bien curieux de savoir sur quoi vous vous basez pour produire de pareilles assertions.

Je vous invite à lire un article du blog « Les décodeurs » du Monde.fr, qui revient sur « les mille et une erreurs » de l’article de Newsweek. »… Mme di Giovanni – qui fonde sa légitimité sur le fait de vivre à Paris depuis une dizaine d’années – commet un nombre incroyable d’erreurs factuelles qui ôtent une bonne part de la crédibilité de ce réquisitoire. » C’est le « French bashing » http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2014/01/06/the-fall-of-newsweek/

En voici deux autres: 7 janvier 2014 « The fall of « Newsweek » 2 – Quand l’hebdomadaire s’acharne et se trompe à nouveau » http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2014/01/07/the-fall-of-newsweek-2-quand-lhebdomadaire-sacharne-et-se-trompe-a-nouveau/ ET « TOUT N’EST PAS SI POURRI EN FRANCE: Un journaliste correspondant en France de plusieurs médias néerlandais répond à l’article polémique « La chute de la France » du magazine américain Newsweek http://www.courrierinternational.com/article/2014/01/07/tout-n-est-pas-si-pourri-en-france

@ ambilodeau,

Merci pour ces autres liens. En complément, il convient de préciser que si le nom de Newsweek est prestigieux, son contenu l’est nettement moins désormais. Le titre de cet illustre magasine a été cédé en octobre 2011 pour un dollar symbolique à la société IBT Media qui est contrôlée par un jeune français : Etienne Uzac qui en profite peut-être pour régler quelques comptes avec son pays d’origine. Et pour se faire un peu de pub et de visibilité à bon marché.

Le Monde dressait un portrait du personnage par le lien suivant :
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2013/12/05/etienne-uzac-un-citizen-kane-au-petit-pied_3526075_3236.html

Erratum : J’ai écrit que Newsweek avait été cédé en octobre 2011, il s’agit plutôt de octobre 2012.

Erratum 2 : Vraiment mille excuses, la date exacte de la session de Newsweek à IBT Media est le 1er octobre 2013.

Faire référence à Newsweek sans mentionner les multiples aberrations qui jalonnent l’article en question décrédibilise complètement votre propos : outre les commentaires précédents concernant le prix du lait, Newsweek nous apprend qu’il n’existe pas d’équivalent en français du mot « entrepreneur ». Dans un prochain article, le même auteur nous dira peut-être la même chose à propose de « cuisine ». Nos voisins du sud sont parfois insensibles au ridicule, mais il serait dommage que l’Actualité leur emboîte le pas.

Le mouvement indépendantiste ne veut pas s’isoler sur le monde mais plutôt faire du Québec un pays comme les autres. Si l’indépendance est mauvais pour le Québec, il est aussi mauvais pour les pays déjà indépendant, dont le Canada.

Évidemment, les pays se regroupent en laissant une partie de leurs souveraineté mais sans jamais toute la perdre. Un Québec souverain ne serait pas différent des autres pays et il serait libre de prendre ses propres décisions selon le contexte mondial. Ces citoyens n’auraient pas à payer pour soutenir le secteur de l’automobile qui est très peu présent au Québec. Pas besoin non plus de demander la permission d’exploiter le pétrole dans le golfe. On n’aurait pas non plus à faire vivre des fonctionnaires et les sous contractants de l’Ontario qui représentent une proportion supérieur à leur population. La péréquation? Une fois indépendant, le Québec n’en aurait pas de besoin. La péréquation crée une aliénation malsaine qui n’est pas à notre avantage.

M. Leblanc, un pays comme les autres!! Alors s`il serait libre de prendre ses propres décisions; que ferait-il de ses nombreux moratoires,que ferait-il de l`inertie négative de son lobby syndical et que ferait-il de son historique embonpoint administratif et de ses nombreuses tentacules et programmes gouvernementaux qui ne font qu`alourdir les dépenses gouvernementales et créer des emplois artificiels? Non merci les responsables actuels de cet état de fait ne sont pas encore assez matures pour administrer un pays qui s`en va littéralement vers la banqueroute!! Vous parlez de la péréquation; que serait le budget actuel du gouvernement québecois sans les revenus de péréquation en provenance d`Ottawa!!! Donnez-moi les revenus miniers, les revenus d`hydro Québec, les revenus artificiels de loto québec et de la société des alcools? Je ne parle pas des revenus d`exploitation des gaz de schiste et de l`exploitation pétrolifère car on est vert ici; pauvres mais verts!! Indépendant veut dire une vision et actuellement je vois que la dette nationale doublerait demain matin et notre décote serait assurée tant qu`il y aura des penseurs qui n`ont aucune espèce d`esprit d`entreprise et qui se disent indépendentiste! Non merci pour la confiance…

Connaissez-vous un pays qui n’a pas d’administration (fonctionnaires) et qui ne possède aucun programme gouvernemental ? Si c’est le cas, faites-le nous savoir. D’ailleurs la fonction publique québécoise est moins nombreuse et plus efficace que celle de l’Ontario. Quant à la péréquation, auquel vous tenez tant à vous accrocher, Pierre Fortin écrivait au printemps 2012 « Ailleurs au Canada, on affirme souvent d’un air entendu que si les Québécois se paient plus de services publics que les autres Canadiens, c’est parce que l’État québécois vit aux crochets du fédéral. Vous savez maintenant que cette affirmation est de la bouillie pour les chats. Que l’État dépense plus au Québec est indéniable. Mais en 2009, les transferts fédéraux n’ont contribué à payer son excédent de dépenses qu’à hauteur d’un milliard. Ses impôts et ses taxes, à hauteur de 23 milliards. » http://www.lactualite.com/opinions/chronique-de-pierre-fortin/le-quebec-vit-il-aux-crochets-du-canada/

…et on n’a pas encore parlé de la monnaie québécoise, du passeport, des frontières, etc…

Le gouvernement du Parti québécois actuel est un ramassis d’activistes qui n’ont ni la maturité et ni la carrure pour diriger un « pays ». D’ailleurs, ils peinent à se diriger eux-mêmes…

Je trouve ce billet un peu stupide quand on prend en considération que c’est le PQ qui a travaillé le plus fort pour la mise en place du traité de libre échange avec les USA. Ça fait une drôle d’île. C’est pas sérieux.

Le simple fait de vouloir ne plus être sous les jupons d’Ottawa, de parler de sa propre voix à toutes les nations de la planète c’est loin d’être fermé sur le monde. Même les fédérastres devraient reconnaître cela. Mais je crois que tous ces arguments ne relèvent pas de l’observation de la réalité politique et économique. Ils sont plutôt présentés pour défendre une thèse : celle de la nécessité d’un état fédéral. C’est un discours strictement apologétique.

N’oublions pas que les agences de notations sont des entreprises privées appartenant à des propriétaires qui font des milliards de profit grâce à la spéculation. C’est d’après moi d’une absurdité époustouflante que de les laisser faire la pluie et le beau temps dans tous les pays. Elles n’apportent absolument rien de plus en terme d’économie réelle. Elles ne font que travailler pour leurs patrons et prennent en otages les pays qui résistent et qui refusent de se plier à leurs diktats. Quant à moi elles devraient disparaître.

«L’absence de volonté et la lâcheté devant l’action représentent de grands défauts pour les dirigeants alors condamnés à l’impuissance.»
[Jiang Zilong]

À ce que je sache M.drouin nous ne sommes pas sous les jupons d`Ottawa ! Nous faisons partis de la Confédération canadienne selon l`acte de l`Amérique du Nord depuis 1867 ( avant nous faisions partis du Dominion du Canada). Nous avons vécu deux régimes l`un français ( 150 ans) et l`autre anglais depuis 1760 à aujourd`hui. Actuellement environ 25 % de la population selon les sondages se disent séparatistes dans la province de Québec!! Ou vous voyez des jupons , Ottawa à ce que je sache est notre capitale du pays le Canada!! Si vous voulez tout changer et prendre vos responsabilités en tant que pays faites en sorte d`agir de façon responsable et non de dénigrer les agences de cotation qui cotent et décotent tous les pays!! Vos arguments sont faibles face à la réalité économique du Québec!
Le seul fait de dire que tant qu`on est sous les jupons d`un pays (Ottawa ) le Canada et si on serait indépendant nos problèmes se règleraient et on ne tiendrait pas compte des décotes me semble farfelu!!! Tant qu`il n`y aura pas plus de viande autour de l`os ; moi comme 75% des payeurs d`impôts et de taxes de toutes sortes sans revenus récurants provenant de nos ressousces naturelles et non de nos profondes et incommensurables poches, vous ne m`avez pas convaincu de me lancer dans une telle galère!! Est-ce de la lâcheté ou plustôt de la sagesse? Il faut laisser l`adolescent apprendre à économiser et gérer ses petites affaires c`est à dire de payer ses cartes de crédit à temps, se conformer aux exigences de crédit et dépenser l`argent qu`on a et emprunter pour se construire et non pour camoufler l`épicerie dans son hypothèque! Non je n`ai pas confiance encore à mon adolescent désolé!!

Vous dites: « Non je n`ai pas confiance encore à mon adolescent désolé!! » C’est vrai: tout est une question de confiance… Qui manque de confiance? L’adulte qui se dit plein de sagesse ou l’ado qui ne veut pas quitter son tuteur ? ( pas prêt, pas le bon moment, pas assez riche )
Osez contredire que le gouvernement de notre tuteur est un gouvernement de l’Alberta, par l’Aberta et pour l’Alberta. Avant c’était l’Ontario…
Les petits pays scandinaves prennent leurs propres décisions politiques et économiques et subissent les même pressions (cotations) du secteur de la grande finance mais ils se tirent honorablement d’affaire. Ils choisissent de subventionner des entreprises qui favorisent l’emploi chez eux au lieu de décentraliser pour l’asie. Ils choisissent des entreprises responsables envers l’environnement…
Ils concurrencent même les USA en terme de PIB et de niveau de vie.
Je les admire mais mon pays est ici… et j’ai CONFIANCE que mon pays peut faire de même. Alors ADOLESCENT ou ADULTE qui veut se prendre en main ?????

Retenez le meilleur et oubliez le reste…

Les pays scandinaves (là où le service militaire est OBLIGATOIRE!) ont fait un virage très serré vers le libéralisme économique il y a quelques années sinon c’était la faillite de leur « système ».

La Suède est un exemple particulièrement révélateur. Informez-vous et vous verrez.

De plus, la plupart de ces pays scandinaves doivent une grande partie de leur prospérité à l’exploitation du pétrole. Exactement comme le fait l’Alberta (serait-elle un « modèle » également?) et contrairement au Québec qui préfère écouter les énervés d’Équiterre et de Greenpeace plutôt que d’exploiter intelligemment ses richesses naturelles.

Pour ce qui est de notre gouvernement fédéral, le remercie Dieu à tous les jours qu’il soit présent et qu’il serve de garde-fou à la bande d’illuminés qui nous « gouvernent » à Québec.

Francois 1, si vous étiez si bien informé, vous sauriez que la Suède n’a plus de service militaire obligatoire et qu’elle n’exploite pas de pétrole – de tous les pays scandinaves seul la Norvège possède cette ressource – qu’elle a plutôt décidé de profiter de ses forêts pour développer la bio-masse et de mettre en pratique la politique du « zéro pétrole ».

Tout comme en France, les meilleurs éléments ont trouvé un passage à gué et quittent l’île artificielle du Québec go-schiste.

La Gazette rapportait hier qu’un total de 28,439 personnes ont quitté le Québec pour une autre province durant les 9 premiers mois de 2013, le plus grand nombre de départs depuis 2000. Au net, en considérant les arrivées, c’est une perte nette de 11,887 résidents pour la période d’octobre 2012 à septembre 2013, comparativement à une perte nette de 7,700 et de 4,394 pour les deux années antérieures.

Source: http://www.montrealgazette.com/technology/Number+Quebecers+leaving+province+rise/9360879/story.html

Je répète: LE PLUS GRAND NOMBRE DE DÉPARTS DEPUIS 2000!!!

Un GROS merci aux péquistes!

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