La souveraineté dans tous ses États

Jérôme Lussier présente ici le premier billet d’une série qui s’intéresse à l’affaiblissement de la souveraineté des États. Des billets qui souligneront les limites qu’imposent les transformations engendrées par la mondialisation en cours au pouvoir qu’ont les États de contrôler leurs habitants.

Sans surprise, on apprenait cette semaine que le débat sur la Charte des valeurs québécoises a été la nouvelle politique la plus médiatisée de 2013. Uniquement sur ce blogue, 16 billets lui ont été consacrés au cours des derniers mois. D’autres viendront sûrement en 2014.

Dans ses aspects controversés, la Charte s’intéresse officiellement au port de signes religieux par les employés des fonctions publique et parapublique. Mais sous la surface, c’est tout le rapport du Québec à la nouvelle diversité religieuse et culturelle qui est en cause. Plus profondément encore, le débat sur la Charte remue les angoisses viscérales du Québec quant à son identité, son passé, son avenir et sa place dans le monde.

L’enjeu est loin d’être anodin : les positions sont tranchées et les oppositions vives. Elles divisent les familles et les amis.

Les plus militants dans chaque camp vomissent leurs adversaires. Le Québec est déchiré comme il l’a rarement été et la rupture ne suit pas les lignes de failles habituelles. Le conflit a envahi toutes les tribunes du Québec et du Canada et s’est même transporté en France, de même que dans le New York Times.

Pour plusieurs de ses partisans, incluant le ministre Drainville, la Charte des valeurs incarne une volonté de «mettre ses culottes» — c’est-à-dire le désir de reprendre le contrôle d’une situation qui nous échapperait. Le monde connu, prévisible et rassurant serait en péril ; la Charte constituerait un rempart contre la menace qui plane. La Charte envoie le signal clair que le Québec refuse de diluer son héritage dans une modernité multiculturelle qui affaiblit les cadres traditionnels. Elle devient ainsi le symbole d’un Québec qui résiste à la mouvance contemporaine pour mieux se préserver.

Pour ses opposants, la Charte constitue plutôt une forme de marginalisation par asphyxie planétaire. Elle incarne le Québec du petit pain, braqué contre ce qu’il ne connaît pas, agrippé à son passé et ses luttes antérieures. La Charte symbolise le Québec qui a peur de l’étranger et qui refuse de jouer le jeu du XXIe siècle — un Québec tissé serré jusqu’à la consanguinité, convaincu que l’hétérogénéité et l’ouverture entraîneront sa perte et qui, pour cette raison, cherche désespérément à freiner ou à s’exclure de l’évolution du monde contemporain.

Pour les deux camps, la Charte représente une forme de refuge. Légitime et souhaitable pour certains, illusoire et obscurantiste pour d’autres.

Le phénomène est loin d’être exclusif au Québec. Ce désir de se réfugier dans une bulle familière pour échapper au désordre hétéroclite et imprévisible de la planète — voire de reconstituer une forme de paradis perdu — se retrouve partout.

Au plan personnel, c’est en partie ce qui pousse des gens vers le fondamentalisme religieux ou sectaire, qui permet d’échapper à la complexité chaotique du monde en se plongeant dans un livre sacré, en s’enfermant dans un code de pratiques ou en obéissant aveuglément à un guide spirituel.

Au plan collectif, c’est ce qui explique entre autres la résurgence du nationalisme ethnique, qui voudrait circonscrire et protéger «la nation» et ses traditions des étrangers qui la menacent. On trouve ces mouvements en Angleterre, en France, en Autriche, en Hollande, en Inde, au Danemark et ailleurs. Et on le retrouve maintenant au Québec.

Cette angoisse existentielle touche à la souveraineté. Pas la souveraineté au sens de la séparation-du-Québec-du-reste-du-Canada (même si plusieurs assimilent les deux concepts), mais la souveraineté au sens du contrôle économique, politique, culturel et identitaire exercé par un État sur ses habitants et son territoire.

Le débat qui entoure la Charte oppose ainsi ceux qui plaident pour un État qui contrôle davantage à ceux qui acceptent que l’État contrôle moins. Autrement dit, il oppose ceux qui souhaitent renforcer la souveraineté des États — et notamment des États-nation — à ceux qui s’accommodent d’un nouveau cadre où la souveraineté de tous les États s’effrite au profit de certains acteurs internationaux, de normes globales, de migrations physiques et culturelles, de communautés virtuelles et d’identités fluides.

Au cours des prochains jours, ce blogue diffusera une série de billets s’intéressant à l’affaiblissement de la souveraineté des États. Sans être académiques ou exhaustifs, ils souligneront quelques-unes des transformations engendrées par la mondialisation économique, politique, culturelle et identitaire en cours, et les limites qu’elles imposent désormais au pouvoir des États de contrôler leurs habitants.

Dissipons d’entrée de jeu toute velléité d’objectivité impartiale : cette série d’articles affichera une attitude neutre ou favorable à la modernité mondialisée, et un certain scepticisme envers ceux qui s’y opposent.

Ce parti pris n’a toutefois rien d’idéologique ou de militant. Le «mondialisme» de notre époque n’est pas beaucoup plus idéologique que l’héliocentrisme actuel. Il relève davantage du constat lucide que de l’élan sentimental. Il ne s’agit pas de chanter les louanges d’une utopique communauté universelle bienveillante à venir — ou de diaboliser un âge d’or révolu où il faisait apparemment bon vivre —, mais de prendre acte d’une réalité incontournable, et d’y inscrire les réflexions et les actions politiques contemporaines.

Autrement dit, ces billets ne cherchent pas à savoir si le monde contemporain est mieux ou pire que l’époque qui l’a précédé. Ils cherchent plutôt à identifier et illustrer — pour ceux qui seraient tentés de les ignorer ou les oublier — les paramètres qui s’imposent désormais à l’action sociale et politique, qu’on le veuille ou non.

Évidemment, chacun demeure libre de refuser ou de rejeter ces contraintes pour continuer à réfléchir et opérer dans un cadre caduc. Ceux qui choisissent cette voie devront toutefois accepter qu’ils ont abandonné la politique, cet art du possible, pour l’histoire ou la philosophie.

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« C’est une grande jouissance que de se transporter dans l’esprit des temps passés, de voir comme un sage a pensé avant nous, et comment, partis de loin, nous l’avons si victorieusement dépassé. » — Johann Wolfgang von Goethe.

En somme, si je vous eusse bien compris ou se peut-il que je n’eusse saisi que nenni ?

Que nous soyons pour ou contre (la charte), peu importe, nous serions tous dans une sorte de déni de quelqu’un ou de quelques choses, important peu que ce déni soit fondé sur des faits réels on qu’il ne reposât que sur la prémisse de visions issues purement de l’imaginaire de l’esprit, lesquelles n’ont aucune connexion dans les faits avec toute forme de réalité objective. À la seconde même où l’objectif et le subjectif ne font qu’un dans une forme qui mélangerait habilement l’autorité de l’État père ou mère symbolique dans ce cas, pour la prise de contrôle sine die de la psyché de l’ « homo-quebecus-naturalis ». Dans une quête universelle et partagée en toutes extrémités par toutes les entités gouvernementales planétaires en poste ou en devenir.

L’ère du « grand complot », ne fait tout juste que commencer, ce qui promet encore de longues heures d’interminables débats délétères.

Quelle situation tout simplement faustienne n’est-il pas ? Quel génie tout de même que ce Bernard Drainville pour nous avoir concocté une charte qui n’est ni tout-à-fait la nôtre, ni pas-du-tout la nôtre. En quelques sortes, nous ne serions plus unis par nos valeurs ou bien ce qui fait notre unicité, comme nos différences. Nous serions tous unis, par le pour ou le contre par une sorte d’altérité… ou de par le fait même, la prééminence d’une sorte de néant existentiel ou bien déjà existant tout dépendamment de notre position dans l’arène, cette disposition scénique délimitée seulement par l’espace et le temps.

Euh ! Euh ! Voilà qui dépasse tout, y compris mon entendement. — Donc il faudrait en déduire que même si c’est pas bon, ce n’est pas si mauvais ; même si ça goûte mauvais, ça ne pourrait-être que bon. Voici matière qui devrait réconcilier en un rien de temps tous les intégristes de tous bords tous côtés ! Peu importe la taille ou la couleur des partis engagés 🙂

M. Lussier sous-entend que ne pas croire que la mondialisation est inéluctable et que les tenants du contraire n’ont qu’à se convertir en historien. Ne comprenez-vous pâs que proner l’antimondialisation est aussi une action politique. Ce blogue vise à promouvoir la mondialisation par une neutralité subjective favorable au capitalisme effréné qui dévore les populations mondiales. À croire que Monsanto, l’entreprise phare de la mondialisation agricole, finance le salaire du blogueur…
Il est encore juste de s’opposer au développement unilatéral du néolibéralisme. Les nationalismes visent à protéger les individus et leur société, ce qui n’est pas le cas de la mondialisation.

Parfaitement d’accord avec vous, BD64. J’ajouterai qu’il faut dans la défense de toute politique tenir compte de l’égalité homme-femme.

JE ME SOUVIENS…

Parfaitement d’accord, moi aussi, avec vous, BD64,

Le système de croyance néo-libérale ou conservateur proclame que la mondialisation des marchés et le retour en force des valeurs cultes des rois de la finance est une conséquence inéluctable de l’évolution naturelle. Rien n’est plus faux… Contrairement cela représente, pour qui a un tantinet de mémoire historique, une grave régression et un retour aux monopoles financiers des années 30… ou l’EXTRÊME INÉGALITÉ des revenus et des chances était la norme.

Le désastre économique de cette époque a mis à mal la vie de millions d’humains. Après un effort concerté des gouvernements de l’époque ( Roosevelt et le New Deal ) des réglementations politiques ont faites, dans la plupart des pays développés, de mettre des balises à l’extrême cupidité des barons financiers. Elles ont permis, dans le monde occidentale, d’instaurer des sociétés beaucoup plus égalitaires.

Un vent de liberté, d’égalité des chances, souffla durant toutes les années d’après-guerre jusqu’aux années Reagan (1980), ou les efforts constant des super-riches de revenir à leur privilège d’antant commenca à porter fruit… Depuis, l’accès privilégiés au monde politique du pouvoir de l’argent par le lobbyisme et le » tourniquet » ont fait que les intérëts de la classe dominante ont été sur-représentés.

La dérèglementation de la loi sur les banques américaines et la profession de foi envers les lois dites naturelle des marchés et de la mondialisation ont fait le reste… Retour à la cupidité tout azimut et crise mondiales de 2008. Et des millions d’humains au chômage, des vies brisées à travers le monde…

Aujourd’hui ce même système de croyance habilement propagé et présenté comme image de succès et donc supporté par plusieurs médias à la mode, cherche à affaiblir et à dénigrer les états; on porte aux nues les valeurs individuelles au détriment des valeurs collectives. On discrédites les dépenses de l’état surtout pour les services dont les supers riches n’utilisent pas… ( Santé deux vitesses, éducation publique )

Regardez ce qui se passe chez nos voisins du sud, regardez la direction qu’a pris le gouvernement Harper… C’est l’émergence d’une trop grande inégalité entre les super riches et le reste de la population qui, de l’avis de nombreux experts, est le véritable enjeu pour l’avenir de la planète…

Le SEUL REMPART contre ce phénomène qui nous tire en arriére, ce sont des états-nations forts par les gens et pour les gens. Ce n’est pas » LIBARTÉ TABARNAK » comme disait l’autre !!!!

Alors: théorie du complot, nostalgie, refus du modernisme, manque de lucidité devant l’évolution inéluctable…
A VOUS DE JUGER !!!

p.s. Pourquoi les pauvres votent à droite. (Thomas Frank)
Les milliardaires, comment les ultra-riches nuisent à l’économie. Linda McQuaid et Neils Brooks
Disponible dans toutes les bonnes blibliothèques municipales…

@ Réflecteur,

Même si c’est ce qu’on cherche à nous faire avaler au Québec, dans les faits, l’État n’est pas neutre ; il est même très engagé dans ses propres intérêts, y compris dans la recherche de son propre nantissement. Riches ou pas riches, dans une province comme la nôtre, la capacité des québécoises et des québécois de supporter plus de prélèvements de toutes sortes pour assurer toujours plus de services à la population qui quoiqu’il en soit ne sont pas servis également en tout et pour tous… Tout cela ne serait-il pas à proprement parler fictif, voire irresponsable de croire que l’État puisse toujours en servir plus à la population ? Qui et quels super-riches seraient prêts à accepter de payer toujours plus pour tout ça sans contreparties du dit État ?

La capacité et le talent des citoyennes et des citoyens de produire et de créer, d’êtres les véritables acteurs de la prospérité est quant à elle plutôt sous-exploitée en grande partie par le saupoudrage de services. La question alors est de savoir si la richesse produite en supplément, doit être encore et toujours dirigée vers plus d’État ou bien si cette prospérité, vous y avez droit, nous y avons droit. Dans ce cas, ne serait-il pas plus convenable que cette manne reste un peu plus et un peu plus longtemps dans vos poches ? De telle sorte que vous aillez le choix de procéder par vous-même à vos arbitrages. L’État se doit d’être solidaire sans doute et de préférence : ni trop obèse, ni omnipotent !

— Est-ce que vous ne trouvez pas ?

Il n’est nullement question de favoriser des états obèses. La fonction première des gouvernements dans un société démocratique est de favoriser une plus grande redistribution de la richesse, de faire en sorte, par ses programmes, d’assurer une plus grande égalité des chances pour l’ensemble de sa population de s’épanouir et de contribuer à son tour au bien être collectif. Ce qui devient garant d’une plus grande harmonie dans notre milieu de vie par moins de criminalité, moins d’humiliations par un sentiment d’équité.

Pour ce qui est de veiller à ce que l’état ne travaille pas uniquement pour ses propres intérêts, vous soulevez un point essentiel en démocratie… Ce sont les citoyens qui doivent s’assurer que ceux et celles qu’ils élisent, soient en politique pour des intérêts supérieurs à eux même… plus que par recherche de privilèges personnels. Ces gens là existent, même si la mentalité mise de l’avant aujourd’hui prône plus la réussite personnelle en terme de pouvoir d’achat…

Tout ce tient, une meilleure éducation citoyenne offerte au plus grand nombre apporte une conscience plus élevée de la population d’une société. Ce qui lui permettera de comprendre les bienfaits qu’apporte un contexte plus égalitaire. Regardez ce que réussissent les pays scandinaves, à l’opposé de notre modèle américain!!!.

Quand la prospérité est mieux redistribuer collectivement, un sentiment de plus grande solidarité émerge et c’est là une force très grande pour une société. Encore une fois, actuellement, on se dirige vers de plus grandes inégalités qui nous tirent en arrière… le retour des « Rois du Moyen-Age »: Une ploutocratie qui dirige un troupeau docile qui consomme ce que l’on veut bien lui laisser.

J’aimerais surtout que l’on remarque le discours actuel, sûrement encouragé par certains intérêts plus FINANCIERS que démocratiques, cherchant à affaiblir l’état parce que c’est l’état qui doit favoriser les rêgles du jeu économique qui amèneront un retour à la prospérité collective. Rappelons nous quelles rêgles justement ont provoqués les graves crises passées et présentes.

@ Réflecteur,

C’est sur le principe d’un État « redistributeur » que ce sont développés les concepts d’États providences qui plaisent aux démocraties depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale. Hors, c’est vous-même qui le remarquez : « on se dirige vers de plus grandes inégalités » — et je ne vous contredis pas -, les inégalités se sont creusées.

Donc, si les États étaient si « redistributeurs » que cela, eh bien, il y aurait beaucoup moins d’inégalités maintenant. Effectivement, le choix des personnes qui vont s’impliquer dans l’État est un point important, encore faut-il que les constitutions et la structure des États permettent ce type d’ouvertures.

Si je suis pleinement en accord avec vous quant au bienfondé de l’éducation. Qui actuellement détient les leviers et le pouvoir dans l’éducation ? L’éducation est après la santé le second budget du Québec, hors en 2013, certains enfants vont encore à l’école sans avoir pris de petit déjeuner. Ils ne disposent pas toujours de logements dans lesquels ils seront au calme pour pouvoir étudier normalement, ils n’ont pas dans leurs écoles de salles et/ou d’encadrement pour pouvoir étudier en dehors des cours.

Avec ça, est-ce qu’on aide ces enfants à réussir au secondaire ? Je ne penserais pas. Il n’y a pas que les étudiants universitaires qui ont besoin de plus. Toutes ces problématiques durent et perdurent, l’État le sait très bien, comment s’y prend-il présentement pour y mettre fin ? Et pourquoi d’après-vous ne le fait-il pas ?

— Une idée ?

Le terme même, Etat provindence, a une connotation tendancieuse et partisanne d’une idéologie néo-démocrate de droite. La fonction principale de l’état devrait être d’assurer une redistribution équitable des richesses que la mise en place de certaines règles économiques et de lois ont permis de créer.

Pour cela, les entreprises et les travailleurs doivent être capables d’être REPRÉSENTÉS EGALITAIREMENT par ceux et celles qui instaurent ces règles de fonctionnement dans la société. La question primordiale, à mon avis, est de s’assurer de l’intégrité des gens élus et surtout, et c’est là que le bat blesse, que les citoyens soient suffisamment et objectivement informés, au moins autant que les autres acteurs économiques…

Rappelons-nous de l’émission « POINT de MIRE » animée par René Lévesque. Il me semble qu’en 2013, il soit possible de rendre intéressantes, sinon passionnantes, des émissions d’intérêt publique sur des sujets qui ont un impact primordiale sur nos vies et notre planète !!! Nous méritons plus que Occupation Double ou le Banquier… (misère!)

Vous avez parfaitement raison pour l’importance de l’éducation et la santé des enfants qui affectent leur capacité d’apprendre.. Les programmes gouvernementaux qui assurent l’égalité des chances à l’éducation, ne doivent pas être considéré en tant que PROVIDENCE mais comme essentiels. Ces enfants deviendront les acteurs plus conscients et plus compétents de notre société et surtout de la leur…

Le système de croyance, en place aujourd’hui, (quoique qu’il s’effrite peu à peu suite aux crises économiques et écoloqiques dont il est responsable et dont nous sommes témoins) qui prône la recherche de profit immédiat, comme seul impératif, doit être combattu…

Des personnes comme Vous, M. Drouginsky, que je lis depuis plusieurs mois et qui sont très actives sur de nombreux bloques, me semblent d’une grande importance dans l’élaboration d’une conscience citoyenne COLLECTIVE.

Chacun d’entre nous bâtissons à partir des apports des générations antérieures et des connaissances historiques. Je crois que le partage de l’opinion de gens sérieux peuvent apporter beaucoup…

C’est pourquoi, si vous vouliez lire » LE PRIX DE L’INÉGALITÉ » par Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, nous aurions des références communes pour approfondir notre réflexion. Je crois sinçèrement que les concepts de ce livre méritent d’être connu et répandu avec le discernement que je vous reconnais.

JOYEUX NOËL à Vous et vos proches.

Merci pour vos bons mots. De bonnes fêtes de Noël à vous aussi.

Nota : Je n’ai toujours pas lu le livre de Joseph Stiglitz que vous mentionnez. J’ai toutefois lu d’autres de ses ouvrages qui ont précédés. Ce sont des lectures pertinentes certainement pour comprendre l’économie.

Dans le contexte actuel de mondialisation, il est tout à fait normal pour un peuple de se poser des questions sur son identité car cette dernière constitue le tissu profond de son existence en tant que peuple et de sa «souveraineté». Nous avons des exemples récents de grands changements du genre mondialisation, très près de nous: les peuples autochtones d’Amérique du Nord. Le contact avec les Européens s’est fait très lentement et la plupart n’ont pas vu venir l’éventuelle disparition de leur «souveraineté» et l’érosion substantielle de leurs identités. Dans le passé, ces processus étaient relativement lents étant donnée la lenteur et les difficultés des transports et, en conséquence, la lenteur des contacts inter-groupes, mais aujourd’hui l’histoire s’accélère avec la facilité des déplacements de populations de plus en plus grande et l’hégémonie des grandes corporations transnationales voire planétaires.

Pour en revenir à nos moutons, le peuple québécois vit maintenant un peu ce que les peuples autochtones ont vécu dans le passé: sa «souveraineté» en tant que peuple et culture se fait brasser par l’afflux d’autres cultures et identités dans un contexte où notre peuple n’est pas vraiment maître de son avenir et où sa langue et sa culture subit de plus en plus l’influence grandissante de l’internationalisme souvent représenté par la culture anglo-américaine. En d’autres mots, il ne faut pas se cacher que la fragilité de l’identité québécoise en terre d’Amérique risque de favoriser son érosion au profit de l’internationalisme, d’où l’érosion de sa souveraineté en tant que peuple. Autre exemple, l’Amérique latine: celle-ci ne vit pas cette crise identitaire comme celle que vit le peuple francophone d’Amérique car ces peuples sont fortement majoritaires dans leurs sphères et leurs identités sont loin d’être fragiles. Par contre, les peuples autochtones d’Amérique latine ont aussi vu leurs propres identités subir une érosion équivalente à celle des peuples autochtones d’Amérique du Nord lorsqu’ils ont été mis en minorité et parqués dans la peau de chagrin que sont devenues les réserves «indiennes».

Il est donc normal et légitime pour un peuple de se poser des questions quand sa propre identité, sa souveraineté, est remise en question.

Beaucoup d`immigrants qui immigrent au Québec désirent venir vivre dans notre bel et vaste espace pour notre esprit libre, concilliant, non raciste malgré les insinuations répétées du reste du Canada disant le contraire et je pourrait en énumérer d`autres… Certains immigrants qui se révoltent contre la « Charte Québécoise », comme on en voit une de ce temps-ci qui déchire ses vêtements en crachant sur les initiatives du Québec de faire un endroit juste pour tout les habitants de ce beau coin de la terre de liberté que nous possédont nous les gens du Québec et qui a été fabriqué par un passé ( que l`on veut nous faire renier, oublier et dévalorisé en nous faisant croire que nos ancêtres étaient des pas bons et des ignorants) riche en valeurs morales et non pas seulement la valeur argent. On ne devrait pas se laisser distraire par les orchestres bien organisées et qui répètent toujours la même musique, (manque d`imagination) pour faire accroire au reste de la planète que nous somment des raciste ignorants et consanguins, si il y a un peuple au monde qui n`est pas consanguins et qui est ouvert aux autres hein, il est prouvé que nous avons un fort pourcentage de sang Indien, Écossais, Irlandais, Italiens et beaucoup d`autres …. OK.

Ce n’est pas la mondialisation de l’économie qui cause cette frilosité identitaire. Mais plutôt les transformations démographiques causées d’une part par la dénatalité et d’autre part par l’afflux d’immigrants. Les deux phénomènes sont reliés parce que les États cherchent à amoindrir le vieillissement de la population et l’éventuelle réduction de la population active en admettant beaucoup d’immigrants. La cohabitation ou l’intégration des immigrants n’est pas facile. Quand les immigrants sont peu nombreux sur un territoire, la xénophobie ou le racisme peut se manifester devant l’inconnu. Cela s’exprime dans des régions du Québec comme le Saguenay par exemple ou à Hérouxville pour reprendre un cas médiatisé. Des pays longtemps homogènes et n’ayant pas connu l’immigration sauf depuis peu, comme les pays scandinaves, sont aussi le théâtre de réactions racistes ou xénophobes, quoique ces réactions sont le fait de petits groupes d’extrême-droite.

D’autres réactions se manifestent quand les immigrants sont nombreux sur un territoire, sur l’île de Montréal par exemple. Les Québécois dits de souche tendent à devenir minoritaire à Montréal à cause de l’afflux d’immigrants mais aussi parce qu’ils fuient vers les banlieues. Il est normal qu’un problème identitaire surgisse parce que la population se modifie rapidement à Montréal. L’identité ne peut plus rester la même parce que la population est réellement différente. Nous jouons aux apprentis sorciers, nous participons à une expérience nouvelle.

Au départ, la principale cause de ces changements est la dénatalité. Jamais ce phénomène ne s’était manifesté dans l’histoire avant 1970 environ. Une population en dénatalité et sans immigration tend vers un vieillissement, une réduction puis, si le phénomène perdurait, à la disparition. Une forte immigration ne ralentit pas cette évolution véritablement. Elle dilue la population vieillissante dans une population immigrante plus jeune.

On peut donc poser que les causes profondes de la crise identitaire sont autres que l’immigration. Elles sont liées à une perte de sens dans la modernité. Mais aussi au fait que les libertés individuelles sont privilégiées au détriment de la collectivité. On fait des enfants seulement si on le désire, si on prévoit que cela contribuera à nous réaliser, à nous épanouir. Et on s’arrête à un ou deux enfants, quand on en a. Le libéralisme est ses excès, économiques, sociaux et dans les mentalités est la vraie cause de la fragilisation de nos populations et cultures occidentales. Les immigrants n’y sont pour rien et servent de bouc émissaire. Cela est dangereux.

La souveraineté?

Il y en a qui y croient encore au Parti québécois?

Eh ben…

http://www.journaldemontreal.com/2013/12/21/un-quebec-plus-dependant

« Les Québécois sont tellement naïfs que lorsque Pauline Marois leur a promis la richesse aux dernières élections, ils l’ont élue à la tête du gouvernement. Il faut malheureusement plus qu’un gouvernement et une génération pour renverser la glissade sur laquelle est engagée la province depuis des décennies. Mais avec ces élus dont la seule compétence est une volonté de créer un pays indépendant, nous nous retrouvons avec un nouveau trou de 1,75 milliard qu’ils viennent de générer, s’ajoutant à une dette déjà encombrante et problématique. Nous pouvons donc en conclure que ce gouvernement indépendantiste nous a rendus encore plus dépendants des autres provinces canadiennes. En effet, Ottawa a augmenté notre péréquation de 550 millions $. C’est donc, pour 2013, un montant de 9,2 milliards $ que les autres Canadiens vont donner en aumône aux Québécois pour compenser leur pauvreté économique. Reste à savoir si Nicolas Marceau sera assez responsable pour imputer ce revenu inespéré à la diminution de la dette, ou bien s’il en profitera plutôt pour inventer de nouvelles dépenses futiles. Va-t-il mettre ce cadeau de Noël en banque ou l’utilisera-t-il pour faire des cadeaux autour de lui? La question demeure la même depuis l’idée d’indépendance: doit-on être indépendants et pauvres avec un gouvernement péquiste, ou bien associés et riches avec des élus davantage préoccupés par une économie forte? That is the question.

Gilbert Blachon »

Voilà…tout est dit!