La tentation conservatrice de Thomas Mulcair

Aucun doute: en 1998, Mulcair le futur néo-démocrate suivait à la trace Charest-le-conservateur

Thomas Mulcair, le candidat favori dans la course à la direction du NPD, donc un potentiel futur premier ministre du Canada en octobre 2015, a déjà admis avoir été courtisé par le Parti conservateur de Stephen Harper après son départ du gouvernement Charest, en 2007.

Pourquoi un futur chef du NPD aurait-il même accepté de se faire aborder par des proches de Harper ? La question reste posée, lancinante, dans la campagne à la direction néo-démocrate.

Mais un de ses adversaires dans la course, Brian Topp, a lancé une autre question, il y a quelque temps, accusant Mulcair de s’être associé au virage conservateur que Jean Charest a voulu imprimer aux libéraux québécois lors de son arrivée, en 1998.

La question est bonne et éclaire la plasticité intellectuelle dont Thomas Mulcair est capable. J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai parlé à plusieurs libéraux qui ont vécu ces événements de l’intérieur.

Mulcair dans l’inner circle de Jean Charest

D’abord, la chose est entendue, lorsque Charest a quitté la direction du Parti conservateur canadien pour prendre les commandes du PLQ, il a apporté avec lui le programme de droite qui lui plaisait au plus haut point, notamment inspiré des jeunes conservateurs de l’Ontario qui venaient d’aider à porter Mike Harris au pouvoir. Le nouveau chef libéral arrivait à Québec, entouré de conservateurs, avec comme programme principal de baisser les impôts, de démanteler la SGF et Investissement Québec (qu’il mettrait sept ans à rebâtir) et de réduire la taille de l’État.

Ce virage à droite, qui se soldera par une catastrophique campagne électorale, en 1998, a suscité beaucoup de grogne au PLQ. C’est important, car lorsqu’il claquera la porte du gouvernement Charest, huit ans plus tard, Thomas Mulcair se réclamera de l’aile plus «sociale» du parti, en contraste avec le programme conservateur importé par Charest. Le message est codé mais transparent. Il est le-vrai-libéral-à-la-Claude-Ryan, pas Charest :

«Je milite depuis plus de 25 ans au sein du Parti libéral du Québec. J’ai notamment travaillé auprès de M. Claude Ryan dans de nombreux dossiers délicats, dans les domaines scolaire, professionnel et linguistique. Les valeurs libérales ont toujours inspiré l’ensemble de mes actions politiques.»

De fait, d’autres libéraux de la tendance Ryan étaient en 1998 réticents à laisser le parti à un conservateur. C’est le cas de l’ex-ministre libéral des Finances Raymond Garneau, qui affirmait que les libéraux étaient «aveuglés par les sondages» alors très favorables à Charest. L’enjeu est crucial, expliquait-il, c’est comme si on remplaçait un archevêque catholique par un prélat anglican !

Cependant, bien des témoins de l’époque n’arrivent pas à se souvenir de la moindre expression de résistance du futur néo-démocrate Mulcair par rapport à l’émule de Mike Harris qu’était alors Jean Charest.

Le consultant Luc Ouellet, un conservateur de Québec, résume l’impression générale également relayée par deux autres intimes de Charest de l’époque : «J’étais membre du comité consultatif de la campagne [de 1998], et honnêtement, je n’ai jamais rien entendu du côté de Tom [Mulcair] qui aurait été une objection.»  Il retient que Mulcair avait «une belle influence à l’époque, il était craint et puissant».

Interrogé par Hubert Bauch, de la Gazette, en mars 1998, Thomas Mulcair ne voyait en effet pas le moindre problème :

«Ce qui sépare les deux côtés de la Chambre au Québec n’a rien à voir avec les politiques sociales ou économiques, déclarait-il. La distinction est : voulez-vous ou non que le Québec reste dans le Canada.»

Il faisait donc preuve d’une fluidité idéologique qui a d’ailleurs décuplé son influence à l’arrivée des conservateurs de Charest, raconte un élu libéral de l’époque :

[Le chef précédent] «Daniel Johnson a tenu Tom loin ; il s’en méfiait. Mais Jean [Charest], à la grande surprise de tous, a fait entrer Tom dans l’inner circle. Thomas a réussi à se faufiler là. Jean en avait une confiance aveugle. »

La «réingénierie» de l’État, version Mulcair

Une fois Charest porté au pouvoir, recentré, il est vrai, dans le discours lors de l’élection de 2003 par ses conseillers bourassistes Ronald Poupart et Pierre Bibeau, il entreprend une offensive conservatrice sur trois plans : la «réingénierie» de l’État, une volonté de réduire le nombre de fonctionnaires et la place de l’État en déléguant davantage d’activités au privé par l’intermédiaire de partenariats publics-privés ; une modification du Code du travail, ouvrant plus grande la porte à la sous-traitance ; des baisses d’impôts à l’ontarienne, qui allaient fragiliser durablement les finances publiques du Québec.

À la table du Conseil des ministres, Thomas Mulcair se fait l’ardent défenseur de la «réingénierie». «Il était dans la mouvance de restreindre la place de l’État dans l’économie, confie un ancien ministre. Au Conseil, il critiquait ceux qui n’allaient pas assez loin.»

Son zèle lui a valu les applaudissements de la ministre Monique Jérôme-Forget : «C’est une des personnes les plus méticuleuses au gouvernement pour ce qui est d’analyser comment on fait les choses et comment on devrait les changer», a-t-elle dit du ministre de l’Environnement.

Lors de son départ, en 2006, Thomas Mulcair s’en enorgueillissait, affirmant avoir réduit de 15 % les budgets de son ministère, tout en augmentant de près de 50 % le nombre d’activités d’inspection et de contrôle.

Un bilan que confirme le journaliste en environnement du Devoir, Louis-Gilles Francoeur, qui suivait le ministre pas à pas à l’époque. Il est formel : Mulcair faisait plus avec moins. Plus, notamment en ayant rapatrié dans son ministère les avocats jusqu’alors perdus au ministère de la Justice, et en étant implacable à l’égard des pollueurs. (On y reviendra.) Globalement, dit Francoeur, Mulcair «respectait les fonctionnaires et les fonctionnaires l’aimaient».

On retient donc de cet élément que Mulcair fut un excellent gestionnaire dans son ministère. Un champion de l’efficacité.

Sur les autres mesures phares du Charest première manière, il fut plutôt muet.

Jamais on ne l’a entendu en privé critiquer les baisses d’impôts ou le pouvoir syndical. Au contraire, «il faisait des remarques acerbes envers les syndicats», se souvient un ministre. «Il était en accord avec le programme du parti», confirme un autre, qui ne se souvient pas de l’avoir entendu soulever d’objection lors des débats à la table du Conseil.

C’est indubitable : Thomas Mulcair a été un complice conscient du virage à droite que Jean Charest a fait subir au PLQ de 1998 à 2006.

Cela nous informe sur la malléabilité du personnage. Mais pas sur sa personnalité politique de fond. Celle-là n’est visible que lorsqu’on l’observe en action, dans le domaine dans lequel il peut prendre ses propres décisions, envers et, parfois, contre son chef.

Demain: Un pit-bull pour la cause:
la mauvaise, puis pour la bonne  ?

Suivre la série Topp et Mulcair

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La question qui m’intéresse, c’est la raison pour laquelle M. Mulcair a quitté le gouvernement Charest. En effet, s’il était à l’aise avec le programme de droite, qu’est-ce qui l’a poussé à quitté le PLQ??

T.Mulclair c’est le loup libéral-conservateur dans la bergerie social démocrate du NPD.

Mulclair est pourvu de plusieurs points obscurs qui n’inspirent pas confiance.

Son passé avec Alliance Québec n’en fait pas un défenseur crédible des Québécois et de leur francité dominante pas plus que son revirement des libéraux provinciaux aux néodémocrates n’apparaît un cheminement cohérent ou expliqué?

Pourquoi Mulclair n’a pas joint les libéraux fédéraux en 2006, itinéraire naturel? Pourquoi cette ouverture envers les conservateurs?

La quadrature du cercle des fédéralistes. Un jour plc, ensuite pcc, plq, npd, vert rouge bleu… les girouettes du pouvoir. Merci M. Lisée pour vos reportages c’est toujours intéressant à lire. La quadrature du cercle! coast to coast.

« C’est indubitable: Thomas Mulcair a été un complice conscient du virage à droite que Jean Charest a fait subir au PLQ entre 1998 et 2006 »

Tout comme le rédacteur de ce blogue qui travaillait aussi avec un premier ministre du PQ qui fut l’artisan d’un immense virage à droite, sous prétexte de déficit zéro…
A une autre époque.

À beau mentir qui vient de loin. Le passé est tellement loin qu’on ne peut y revenir.

Je trouve que cette entrée sur le blogue tombe un peu dans l’infotainment : beaucoup de sous-entendus et de ouï-dire mais peu de concret.

Je vais retenir qu’il aimait ses employés, les fonctionnaires, mais semblait en avoir contre les syndicats. Je lis entre les lignes les structures et les représentants et la culture syndicale au sens corporatiste du terme. Ce n’est pas tout à fait conservateur… qui eux semblent détester ET les fonctionnaires ET le syndicat.

Je retiens aussi qu’il était aimé des fonctionnaires. C’est drôlement intéressant… je ne m’aventurerais pas sur de longues hypothèses mais je gagerais un petit deux qu’il les traitaient comme des professionnels et des experts dans leurs domaines. Quelqu’un se souvient de la dernière fois où les conservateurs ont fait confiance à leurs professionnels de la fonction publique?

Bon gestionnaire? À la recherche de plus d’efficacité? Brasser un peu les autres ministres assoupis entre deux repas copieux sur la Grande-Allée? Pourquoi pas s’amuser un peu, il me vient en tête : pour une gauche efficace, on ne veut pas moins ou plus de gouvernement mais mieux de gouvernement…

J’attend la suite avec impatience dans la prochaine entrée de blogue car pour le moment, je suis assez impatient de le voir en faire baver au gouvernement conservateur.

Mulcair a fait bien plus que recevoir une proposition des conservateurs, il a aussi sérieusement songé à joindre le parti.

La Presse
Nouvelles générales, lundi, 12 mars 2007, p. A4

Pour l’heure, M. Mulcair, confient ses proches, songe sérieusement à se porter
candidat pour les conservateurs de Stephen Harper aux élections fédérales, qui ne
tarderont pas – sans doute avant l’été. Harper l’attendra à bras ouverts.

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La Presse
Actualités, mardi, 13 mars 2007, p. A10

En revanche, des proches de M. Mulcair ont confié récemment à La Presse qu’il
songe sérieusement à se porter candidat pour les conservateurs de Stephen
Harper aux élections fédérales, qui devraient être tenues d’ici l’été. Le NPD semble
avoir de la concurrence…

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Le Devoir
LIVRES, samedi, 24 mars 2007, p. f4

Thomas Mulcair, l’ancien ministre de l’Environnement, faisait il y a quelque temps
une révélation à première vue surprenante: il se laissait courtiser par le Parti
conservateur du Canada après, avouait-il, avoir songé un temps à se présenter
sous la bannière du NPD.

D’autres avant moi ici et ailleurs l’ont dit, Mulcair est un personnage qui amorca sa vie publique au sein d’un groupe sociopolitique dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’était pas très chaud à l’idée de l’épanouissement du peuple Québécois.

Il s’agit n’est-ce pas d’Alliance Quebec pour le nommer clairement où Mulcair servit comme procureur, contribuant largement à affaiblir la Loi 101.

Sans aller jusqu’à dire qu’il mange à tous les rateliers, disons qu’il n’hésite pas à en fréquenter un grand nombre. Ce que révèle ici Jean-François Lisée doit être considéré sérieusement.

Je pense cependant que les vrais néodémocrates de gauche, dont la masse critique est dans l’Ouest ne devraient pas céder à la Sirène Mulcait qui se fait vieillissante.

Car en péripatétisme même celui à saveur politique, vient un temps où l’usure rattrappe tout le monde et finit par se voir dans le miroir.

Je ne sais pas si c’est un article anti-Mulcair mais il ressort du texte que Mulcair est 1) un bon gestionnaire qui fait plus avec moins 2) il « n’a pas » critiqué des mesures de Jean Charest, sauf que « pas critiquer » ne veut pas dire « approuver », à moins de finir comme M. Paradis… En plus, comme inukshuk l’a mentionné, il a quitté à la fin. 3) le « move » d’aller vers le NPD peut maintenant passer pour de l’opportunisme mais, à l’époque, c’était un parti marginal sans député Québécois. Il aurait été drôlement plus facile d’être conservateur.
Je ne doute pas qu’il soit politicien i.e. capable de la plus abjecte mauvaise foi quand ça sert ses intérêts, capable aussi de s’adapter aux circonstances. Peut-être a-t-il envisagé sincèrement d’être conservateur: les principes ne suivent jamais un programme prédéfini et un politicien de carrière est sûrement capable de les « plier » un petit peu pour les faire rentrer dans un carcan ou un autre. Mais j’ai quand même l’impression que le PC aurait demandé trop de concessions là-dessus. Le PC de Mulroney, peut-être pas, mais celui de Harper oui. Reste alors le PLC qui, au Québec, n’était plus montrable, et le NPD, parti marginal.
Une chose est sûre: une fois Néo-Démocrate, il a critiqué Jean Charest pour son règlement des écoles passerelles. C’était une façon facile de mousser sa popularité sans que ça porte à conséquence vu qu’il ne joue pas dans le même « ballpark » que les Libéraux mais ça montre aussi qu’il est pas mal plus branché sur le Québec que les autres candidats à la chefferie du NPD.

Fallait s’y attendre de la part d’un séparatiste désespéré: le travail de sape contre Mulcair débute!

Lisée voudrait bien fouetter le cheval mort bloquiste mais il sait que ce dernier n’a aucune chance de se relever si Mulcair devient chef du NPD d’où cette gymnastique destructrice où on y discerne clairement la peur et l’affolement.

Thomas Mulcair NDP était libéral!
Bob Rae libéral était NDP!
Lors du vote sur les mesures de guerre en 1970, Il y avait vingt députés NDP au parlement. Tommy Douglas fut le seul à avoir le courage de voter contre et il en a payé le prix politique.
De plus, le NPD a appuyé les libéraux lors du rapatriement de la constitution de Trudeau en 1982 et lors de la loi sur la clarté de Dion récemment!!!!
En 2008, le NDP a voté contre le retrait des troupes en Afghanistan en février 2009 et plus récemment, pour le maintien des attaques en Lybie.
Est-ce un hasard que quand j’écoute ces Turmel (Boivin) ou Mulcair (Saganash), j’ai l’impression d’entendre PET…. un demi-siècle plus tard ! « Un non, c’est un oui….. ». Soyons clair ! Le NDP est un parti ultra centralisateur et fédéraliste!!!

Est-ce que quelqu’un peut être premier ministre du Canada tout en étant citoyen d’un autre pays?

Quand même incroyable que les Mulcair et Dion, qui nous cassaient les oreilles avec leur passeport canadien lors du dernier référendum, disant que si on votait oui on allait perdre le précieux document (comme si on ne pouvait pas en avoir deux), en avaient précisément deux!

Le passé n’est plus. Le futur n’existe pas encore. Thomas est pour l’instant un candidat très sérieux à la chefferie du NPD parce qu’il a ce qu’avait Jack: une allure jovialiste qui plaît au petit monde.

@ M. Inukshuk, M. Mulcair a quitté M. Charest parce que ce dernier manquait à l’éthique, principalement dans l’affaire du Parc provincial de la montagne d’Orford et dans quelques autres affaires aussi.

Voir le site Internet suivant pour mieux comprendre le tout :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Mulcair

Dans un pays, à l’occasion, il y a des solutions à gauche ou à droite, c’est selon les situations.

Certains partis de gauche préconisent, de temps à autre, des solutions de droite et vice versa etc. Les partis politiques anglais « de l’Angleterre » y excellent.

Un e chose de certaine , c’est le loup dans la bergerie NPD et ce gars peut changer d’idée en tout temps et changer de parti ….. Son idéologie est élastique et adaptable aux circonstances pour prendre le pouvoir si cela peut lui servir …..On serait inquiet si ce vire-vent devenait séparatiste …

Si le Mulcair de la politique provinciale avait pour seul véritable but le maintien du Québec dans le Canada… que penser du Mulcair de la politique fédérale? Les intentions de ce sombre personnage me laissent perplexe. Je comprends les doutes des membres du NPD.

Je me souviens avoir déjà vu, il y a fort longtemps, Mulcair faire une job dégueulasse à René Lévesque en commission parlementaire avec ses amis d’alors du PLQ… rien de rassurant cet individu!

@ Luc (# 3):

La quadrature du cercle est plutôt un problème péquiste. En effet, comment aviver la flamme séparatiste de ses membres tout en évitant de parler de référendum à la population qui n’en veut pas?

La réalité, c’est que plus les péquistes parlent de souveraineté, plus le fossé s’élargit entre eux et la population. Comme quadrature du cercle, difficile à battre non?

En plus, ils ont Québec solidaire et Action nationale à leur trousse.

« La réalité, c’est que plus les péquistes parlent de souveraineté, plus le fossé s’élargit entre eux et la population. »(François 1)

Présentement,

PQ en Hausse=33%

PLQ=28%

CAQ en baisse=24%
================

« Comme quadrature du cercle, difficile à battre non? »

Bloc Québécois en tête=31%

NPD en baisse= 27%

Parti Lib=22%

Harper=14%

« En effet, comment aviver la flamme séparatiste de ses membres tout en évitant de parler de référendum à la population qui n’en veut pas? »

Le séparatisme est à 45% présentement en HAUSSE.

================

Les Canadiens eux estiment que le Canada se porterait bien ou mieux sans le Québec.

De futurs alliés de la séparation du Québec.

Le problème est mal posé. Il n’est pas entre la droite ou la gauche.

Je perçois la gauche comme l’ensemble des syndicats. La droite, comme l’ensemble des entreprises. Et le centre, les pauvres travailleurs qui se promènent d’un côté puis de l’autre comme des gens sur leur cellulaire pendant qu’ils conduisent.

J’aime plutôt croire qu’il y a les vrais et les faux prophètes. Exprimé différemment, il y a les intelligents et les instruits.

Pas facile de faire la distinction parfois. Alors, j’ai recours au viel adage qui veut que l’on reconnaisse un arbre à ses fruits.

Quand Jean Charest a pris le pouvoir, il a commencé par tout défaire ce qui pouvait être défait. Puis, il a commencé à essayer de penser.

Il venait de me donner l’heure juste. C’était peut-être le cas aussi de Thomas Mulcair, de Marc Bellemarre et que quelques autres personnes un peu trop fortes intellectuellement pour côtoyer un premier ministre aussi médiocre.

Salutations cordiales

Jacques Faille

La conjecture y est pour beaucoup avec la baisse du NPD. De un, si tu fais des promesses trop ouvertes au Québec, tu te mets à dos le ROC. Si tu adoptes la ligne dure face aux demandes Québécoises (et sur les « séparatistes », une option parfaitement légitime ici), c’est le contraire. Ce n’est plus possible d’avoir des députés au Québec et une portion suffisante de votes à l’extérieur pour avoir le pouvoir, comme le PLC l’avait dans les années 70. C’est maintenant l’un ou l’autre et l’autre est plus payant.
Si ce n’est pas la démonstration d’un pays qui va vers une scission du Québec, je me demande ce que c’est.

@ M. Gilles Bousquet,

Merci de la précision. J’avais déjà oublié les histoires du Suroît et du mont Orford…

Il faudrait peut-être faire ce genre de bilan sur le compte du PLQ, ie toutes les bourdes accumulées au fil des ans.

@ Youlle (# 21):

Ah,,,le Parti québécois s’est engagé à tenir un référendum lorsqu’il prendra le pouvoir?

Savais pas…

Auriez-vous un lien ou une référence?

J’aurais tendance à moins me méfier de politiciens capable de remettre en question leur vision que de ceux qui se font des oeillères de leur idéologie.
Et puis, on ne parle pas de « girouette » ici, voguant au gré du vent, mais d’une réorientation graduelle de sa pensée politique j’ai l’impression.
Et depuis quand l’efficacité dans la gestion serait réservé à la droite et aux conservateurs? Ne peut-elle être une visée des gens de gauche aussi?

@ François 1

« Ah,,,le Parti québécois s’est engagé à tenir un référendum lorsqu’il prendra le pouvoir? » (François)

Si vous pensez m’impressionner avec vos petites entourloupettes…Je n’ai rien dit de tel.

Mais puisque vous en parlez. Si le séparatisme est à 45% de popularité, supérieur à 1995, c’est que sa fera très plaisir à tous ces gens d’entendre que que le gouvernement fera un référendum pour séparer le Québec du Canada.

Vous employez des mots, séparatisme, séparatisses, les péquisses, séparation du Québec comme Crétien le faisait pour faire peur il y a longtemps, mais sa ne pogne plus.

Et pour ce qui est de parler référendum et de séparatiste, vous le faites très bien les fédéralistes aussi et même les Canadiens du ROC. Alors même plus besoin d’en parler pour l’instant. À force de l’entendre les gens s’habituent et deviennent confortables avec ces mots.

En fait, les bleus du réform party du ROC, qui sont là pour 8 ans, sont en train de mettre le diable au pays et l’endetter ne s’en n’aperçoivent même pas. Le NPD, comme l’explique Jean-François Trottier, qui commence à travailler pour les séparatistes en ajoutera, Muclair ou pas.

Harper est en train de démolir le Canada.

C’est presque drôle à regarder aller.

Peu importe ce qu’il a été dit sur les qualités de Mulcair, peu importe les raisons qui l’ont maintenu au sein du PLQ pendant 8 ans, peu importe les raisons pour lesquelles il a quitté le PLQ,

un politicien qui se dit néo-démocrate, mais qui était prêt à prendre un poste de ministre au sein du parti conservateur est un politicien auquel je ne fais pas confiance.

S’il est vraiment de gauche, cela veut dire qu’il était prêt à piller sur ses valeurs pour le pouvoir.

De toutes façons, Mulcair est un ennemi du Québec. Prêt à piller sur ses valeurs de gauche pour maintenir le Québec asservi, il a aussi été un fier soldat d’Alliance Québec.

…et puis, dans le dossier du Mont Orford, il reste
encore quelque chose à éclaircir dans les interventions de M. Mulcair !!!

Jean-François Lisée, chroniqueur talentueux, voudrait nous faire découvrir un monde politique simpliste où le fait de faire partie d’un gouvernement signifierait qu’on a exactement la même vision, les mêmes préférences que tous et chacun des membres du gouvernement, à défaut de quoi, on serait « malléable » ou opportuniste. La vraie vie est très différente, et c’est très bien comme ça. Dans une vraie démocratie, je ne connais pas de gouvernement efficace où l’on n’ait pas, dès sa formation, pris soin de rassembler des gens différents, représentant une palette de nuances et qui, néanmoins, s’entendent sur quelques valeurs fondamentales, sur quelques projets socialement significatifs. Ensuite, l’art d’un chef de gouvernement est de gérer la convergence des énergies et une certaine discipline, jusque dans le discours public. Ceux ou celles qui ne l’ont pas compris compromettent leur chance d’être ou de se maintenir au pouvoir.
En dressant un tel tableau de la politique et du parcours de Thomas Mulcair, Jean-François Lisée manque à nous parler de la collégialité au Conseil des ministres, des lignes de parti, de la solidarité gouvernementale qui fait qu’une fois une décision prise, on ne peut s’en désolidariser publiquement, à moins de démissionner. Jean-François Lisée aurait dû surtout nous parler des compromis, souvent nécessaires pour faire avancer les choses essentielles, compte tenu de la palette des nuances représentées autour de la table du Conseil des ministres par exemple. En fait, son analyse est étonnante, car bien sûr il connaît toutes ces choses. Il a oublié de mentionner que la «malléabilité » qu’il prête à Thomas Mulcair –résultante de ce qui précède- a connu un contrepoint très rare en politique. Rares en effet sont les politiciens qui, comme Thomas Mulcair, quittent le gouvernement et leur statut de ministre sur une question de principe : en l’occurrence, la question du Mont Orford et, avant cela, la question du terminal gazier de Rabaska.
La notion de « malléabilité » dont fait état Jean-François Lisée révèle , à tout le moins, le caractère incomplet de son analyse. Si cette « malléabilité » fait référence à un esprit opportuniste – de quoi pourrait-il s’agir d’autre dans un tel contexte ? – il faut remarquer que Thomas Mulcair est tout sauf un opportuniste. Deux choses très précises l’attestent : d’abord, quitter le statut de ministre sur une question de principe (le Mont Orford ou Rabaska par exemple) n’est pas l’apanage premier d’un opportuniste qui s’accrocherait au pouvoir comme tant d’autres. Ensuite, le fait de se présenter, dans les mois qui suivent, dans Outremont pour un parti fédéral à peu près inexistant au Québec et qui plus est, qui n’avait à peu près aucune chance de prendre le pouvoir à Ottawa, n’est pas non plus caractéristique de la démarche de quelqu’un qui est assoiffé du pouvoir et de ses paillettes. Alors, les sourcillements de Jean-François Lisée sur l’authenticité de la pensée sociale de Thomas Mulcair sont – au minimum – une fausse piste, s’agissant de quelqu’un qui a quitté le vrai pouvoir pour briguer les suffrages d’un parti de centre-gauche qui, répétons-le, était alors inexistant au Québec. La dernière chose que l’article de Jean-François Lisée manque à signaler concerne une évidence : quel que soit le chant des sirènes qui auraient voulu l’attirer chez les conservateurs, Thomas Mulcair a bel et bien choisi, sans hésiter, de se présenter comme simple député d’un parti à des années-lumière de la philosophie conservatrice, d’un parti qui à cette époque, était à des années-lumière de prendre le pouvoir ou que ce soit.

Le caméléon charismatique Thomas Mulcair va-t-il réussir à prendre la tête du parti de gauche, NPD ? Peut-être. Lui qui a longuement hésité entre le conservateur de Harper et le NPD, a finalement choisi le NPD; il veut maintenant en devenir le chef.

Faut dire que Mulcair n’en est pas à son premier défi de taille. Lui qui a combattu pendant des années la loi 101 comme avocat d’alliance Québec, est maintenant le protecteur, le défenseur, la coqueluche des québécois à Ottawa !!

Va-t-il réussir à devenir chef de ce parti de gauche ?

Les canadians vont tu être aussi ‘’stupide’’ que les québécois? On verra …

M. Pierre Bouchard: «Pourquoi Mulclair n’a pas joint les libéraux fédéraux en 2006, itinéraire naturel? Pourquoi cette ouverture envers les conservateurs?»

À cause de son animosité envers Stephane Dion. Alors qu’ils étaient les deux ministres de l’environnement de leurs gouvernements respectifs, ils n’ont jamais réussi à s’entendre sur de nombreux sujets, particulièrement à propos de la lutte aux changements climatiques. Dion était souvent très méprisant et condescendant à l’endroit du Québec et de ses émissaires, et Mulcair était visiblement le genre d’homme à le prendre personnel.

Il a même d’ailleurs déjà dit : «je commence à comprendre les séparatistes».

Un homme certainement énigmatique qui serait beaucoup plus redoutable que Harper pour le projet souverainiste québécois.

Il faudra se rappeler au moment de voter que Thomas Mulcair fut l’un des plus ardent propagandiste contre la reconnaissance de la Nation Québécoise.
Tout ce qui avait l’allure d’un nationalisme légitime lui faisait hérisser le poil.

Je me souviens

Moi je prendrai « le Beau Risque » et voter POUR MULCAIR comme chef le plus capable de battre Harper. Defit a nous autres dans la Gauche du NPD et du BQ de le maintenir sur le terrain glissant ‘social-democrat’– qu’il ne devienne pas un autre B.Liar.
Michel Sparer a raison — il faut tenir perspective des deux cotes.

N’oublions pas le role de Brian Topp dans l’administration Romanow de Saskatchewan. Ca n’etait pas plus beau que cel de Bob Rae et son ‘contrat social’ meurtrier pour le parti en Ontario.

Finalement Topp aurait du se presenter dans la partielle de Danforth, l’ancien siege de Jack Layton. De cette maniere il aurait eu la chefferie — mais il a rate de le faire.

Dommage que l’aile Gauche du parti n’a pas pu lancer une candidature — onn’avait simplement pas eu le SUPERCAP demande par l’etablissement du parti.

A la prochaine ! comme disait Levesque