La vengeance des enfants du millénaire

Au scrutin du 1er octobre, les baby-boomers n’étaient pas les plus nombreux à former l’électorat. Pour la première fois, la génération Y s’est imposée, et son arrivée dans le portrait politique pourrait bien changer les choses.

Photo : Daphné Caron

C’est un euphémisme de dire que la campagne électorale a été rude pour le Parti québécois. D’un bout à l’autre du processus, la formation de Jean-François Lisée est restée collée en troisième place, à l’écart du bras de fer CAQ-PLQ pour le pouvoir.

Le chef péquiste a passé sa fin de campagne à tirer à boulets rouges sur Québec solidaire, un parti qui n’était pas dans la course pour former un gouvernement le 1er octobre. Dans l’histoire du PQ, on peut dire que la campagne de 2018 a été une expérience inédite dans le mauvais sens du terme.

C’était également la première fois que les baby-boomers ne formaient pas la tranche la plus importante de l’électorat. Le scrutin de 2018 a été marqué par l’entrée en scène d’une imposante cohorte d’électeurs âgés de 18 à 34 ans. L’élection du 1er octobre a donné un avant-goût de la façon dont l’arrivée de la génération Y dans le portrait politique est susceptible de changer la donne.

Car la démographie électorale est loin d’être étrangère à l’atterrissage désastreux de la campagne du PQ. Ainsi, c’est d’abord aux enfants du millénaire que Québec solidaire doit son succès d’estime. D’un sondage à l’autre, la cohorte la plus jeune de l’électorat est allée grossir les rangs des partisans de QS. Le phénomène s’est amplifié après le dernier débat de la campagne, celui qui a vu Jean-François Lisée attaquer de front Manon Massé.

En toute justice pour M. Lisée, le Parti québécois avait déjà perdu une bonne partie des « milléniaux » bien avant les débats, la campagne électorale ou même son arrivée comme chef.

La cassure entre le PQ et la cohorte la plus jeune de l’électorat remonte plutôt à l’épisode de la charte de la laïcité, un projet qui a eu un effet de repoussoir pour une génération peu friande de politiques à saveur identitaire.

Au Québec, bien des Y consacrent au dossier de l’environnement — un créneau que Québec solidaire a privilégié — la passion que la question nationale a longtemps inspirée aux baby-boomers. Et dans le reste du Canada, l’importance qu’accorde la plus récente génération d’électeurs à la question des changements climatiques n’est pas étrangère à l’influence croissante du Parti vert dans l’arène provinciale.

En Colombie-Britannique, ce sont les verts qui détiennent la balance du pouvoir à l’Assemblée législative de Victoria depuis un an et demi. Tributaire de leur appui pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement néo-démocrate minoritaire de John Horgan n’a pas les moyens de baisser les bras dans la bataille qui l’oppose à Ottawa sur l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

Au Nouveau-Brunswick, le mois dernier, le Parti vert a réussi à faire élire trois députés, alors que le NPD faisait chou blanc. Ni les libéraux ni les conservateurs n’ont gagné une majorité de sièges. Si le nouveau gouvernement néo-brunswickois veut diriger la province sans avoir à se rendre à toutes les conditions de l’Alliance des gens, un parti connu pour ses positions antibilinguisme qui détient également trois sièges à l’issue du scrutin, il devra composer avec les verts.

À l’Île-du-Prince-Édouard, le Parti vert dispute la première place dans les intentions de vote aux libéraux qui gouvernent à Charlottetown. Dans les plus récents sondages, le parti écologiste cavalait loin devant l’opposition officielle conservatrice.

En Ontario, le chef du Parti vert — Mike Schreiner — a fait une entrée remarquée à Queen’s Park en juin dernier, malgré la vague bleue qui a déferlé sur la province et porté au pouvoir un gouvernement conservateur majoritaire.

Aux élections fédérales de l’automne prochain, les enfants du millénaire vont former la cohorte la plus importante de l’électorat. Cela pourrait influencer la suite des choses pour Justin Trudeau.

Le projet libéral d’instaurer un prix plancher sur les émissions de carbone sera vraisemblablement un des grands thèmes de la campagne fédérale. À l’instar de leurs cousins ontariens et albertains, les conservateurs d’Andrew Scheer ont en effet signifié leur intention de transformer le scrutin en plébiscite sur le plan de lutte contre les changements climatiques du premier ministre Trudeau.

Et ils ont déjà affiché leurs couleurs : un gouvernement Scheer passerait le programme libéral à la trappe — à commencer par la taxe sur le carbone — pour mettre tout son poids derrière l’expansion du réseau canadien d’oléoducs.

Parmi les principaux partis fédéraux, les conservateurs sont les plus mal-aimés des « milléniaux ». À l’évidence, le parti d’Andrew Scheer calcule qu’il peut gagner sans eux. C’est un pari risqué.

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30 commentaires
Les commentaires sont fermés.

« La cassure entre le PQ et la cohorte la plus jeune de l’électorat remonte plutôt à l’épisode de la charte de la laïcité, un projet qui a eu un effet de repoussoir pour une génération peu friande de politiques à saveur identitaire. »

La laïcité véritable n’a rien à voir avec la politique identitaire – peu importe laquelle: nationalisme québécois, nationalisme canadien, multiculturalisme ou interculturalisme, ♪ still MinCulPop to me ♫.

Le principe de laïcité concerne uniquement les rapports entre les cultes et l’État, et certainement pas les rapports entre les cultes et la société. Ainsi quand le libéral Camillo Benso di Cavour proclame son principe « Des Églises libres dans un État libre », ça n’a strictement rien d’identitaire, pas plus que quand son lointain successeur le libéral Giovanni Giolitti proclame avec juste raison au Parlement italien que « l’Église et l’État sont deux parallèles qui vont leur chemin et ne se rencontrent jamais ».

Le nationalisme a beau s’époumoner contre l’idéologie multiculturalise, et le prétendu « multiculturalisme » s’époumoner contre le nationalisme, il s’agit toujours de deux corporatismes identitaires, qui confondent tous deux citoyenneté et identité, ce qui à terme ne peut que mener à la ruine tant la citoyenneté que l’identité culturelle. St-Exupéry, 1942: «La démagogie s’introduit quand faute de commune mesure, le principe d’égalité s’abâtardit en principe d’identité.»

Que le PQ ait introduit une contrefaçon identitaire du principe de laïcité, hélas ça n’a rien d’étonnant. Mais que Chantal Hébert reprenne à son compte cette falsification – pour des raisons tactiques diamétralement opposées – est plutôt inquiétant pour le sort de la vérité et de l’exactitude.

J’estime pour ma part que seule la laïcité au sein de la sphère restreinte de l’État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens au sein de la vaste sphère de la vie sociale (« là où tout est désordre et vie », comme disait le comte Sforza). C’est pourquoi le sacrifice d’un symbole religieux, dans certains lieux et à certains moments au demeurant fort peu nombreux – comme le crucifix à l’Assemblée nationale ou le kirpan au conseil municipal de Saguenay – constitue un accommodement tout à fait raisonnable : car cette neutralité symbolique au sein des dépendances directes de l’État représente symboliquement le principe même qui permet d’assurer la concorde entre plusieurs cultes différents au sein de la vie sociale.

Considérez le très ancien « droit au sanctuaire » parfois accordé – au compte-gouttes – dans les lieux de culte catholiques. La dernière fois, c’était pour un vieux monsieur de la Rive-Sud, musulman et aveugle, qu’on voulait déporter pour une histoire de paperasses. Eh bien, la GRC, la SQ – bras armés de l’État – ne pouvaient pénétrer dans l’église.

Or s’il existe ainsi quelques lieux et moments – au demeurant fort peu nombreux – où l’Église est libre de l’État, ne peut-on concevoir qu’il existe de même quelques lieux et moments – au demeurant fort peu nombreux – où l’État est libre des Églises?

Quelle nécessité est-ce là? Il s’agit de délimiter symboliquement la sphère politique et la sphère spirituelle de nos vies. Le principe laïque formulé par Cavour, « Libera chiesa in libero stato » (Des Églises libres dans un État libre ») sert à protéger autant les Églises que l’État. Il protège les premières contre la politisation du religieux, qui dégrade la vie spirituelle en militantisme identitaire; il protège le second contre la spiritualisation du politique, qui l’exalte et l’extrémise indûment.

Vous avez raison et tort en même temps… Raison de dire que
la laicité n’a rien d’identitaire en soi, mais tort, parce que
vous négligez le contexte historique québécois, et de son
aliénation dans un Canada qui a érigé sous Trudeau père,
le multiculturalisme au rang de doctrine quasie-identitaire
canadienne. En réaction, le Québec se sentant bien seul à
lui opposer la laïcité des institutions, a fini par concevoir
cette laïcité comme son trait identitaire distinctif «dans le
contexte canadien», et vis-à-vis ses propres minorité
anglophones et immigrantes majoritairement endoctrinées
à l’idéologie multiculturaliste anglo-américaine. C’est
paradoxal en effet, quand on pense comme vous le
soulignez que la laïcité est au contraire une aspiration à
l’universalité de la pensée rationnelle, qui s’oppose aux
divers particularismes identitaires religieux. C’est là
toute la singularité du contexte québécois : son
aspiration à du « non-identitaire », lui apparaît
comme son identité propre dans le contexte « hyper-
identitaire » canadien, et les fédéralistes, toujours
heureux de ramener ce qu’ils appellent la «culture
québécoise» à une ethnie parmi d’autres dans
l’ensemble canadien, en profitent.

Je suis sûre que Mme Hébert apprécie que vous lui expliquiez ce qu’est la laïcité. Elle vous enverra sûrement des fleurs pour vous remercier.

Pendant deux ou trois semaines, les chroniqueurs de tout genre nous ont dit que la CAQ n’avait pas de plan environnemental dans son programme. Où a fini la CAQ? Merci.

Sauf que les millénaux n’ont pas voté pour la CAQ , ni au demeurant pour le PQ, les deux seuls partis favorables aux questions identitaires. Malgré leur victoire en 2018, la CAQ , tout comme le PQ, ne pourront survivre dans aux prochaines élections sans avoir l’écoute des millénaux.

Avec respect, j’apporterais un bémol au texte de Mme Hébert.
Les enfants du millénaires ne sont pas très sensibles aux
thèmes identitaires « présentement »… Mais ils ont très peu
d’expérience politique : ils n’ont pratiquement connu que le
parti libéral au pouvoir, n’ont entendu que la cassette
du multiculturalisme à l’école, et n’ont baigné que dans une
culture individualiste anglo-américaine sur internet en
grandissant. Mais comme ils ont un esprit ouvert, ils feront
peu à peu d’autres expériences qui vont les amener ailleurs,
et le contexte social va lui aussi immanquablement évoluer
et devenir moins monolithique et doctrinaire en faveur du
multiculturalisme. C’est déjà commencé… Rien n’est encore
joué.

Les jeunes ne s’interessent pas aux questions identitaires parce que le monde multiculturel est au bout de leurs doigts depuis leur naisssance. De plus, ils côtoient des jeunes de toutes origines depuis leur premiers pas en CPE. C’est ça le contexte dans lequel ils vivent. J’ai trois jeunes adultes et je peux vous assurer que Mme Hébert a raison, ils ont détesté la charte des valeurs et ne voteront pas pour un parti identitaire de sitôt.

Ian, votre « bémol » est pertinent et me donne espoir. Il faudra toutefois bien savoir leur transmettre la trajectoire de « notre » histoire.

Je commence à être fatiguée de toujours entendre parler de la campagne désastreuse du PQ, M Lisé a fait un paris et il l’a perdu. C’était quand même de bonne guerre d’attaquer Mme Massé sur la structure de son parti, mais comment avez vous trouver la chute du parti libéral? C’est pas piqué des vers ça non plus, ce parti qui existe depuis la confédération et qui s’est tellement déconnecté de ses concitoyens francophone qu’ils lui ont montré la porte et pour plusieurs années j’espère.Tant mieux si les jeunes vont voter, parce que c’est eux qui vont le faire de plus en plus et que je ne crois pas que QS forme un gouvernement avant longtemps.

Il y avait en fait deux élections dans une :
1) entre souverainistes (33%): les nationalistes (PQ) vs les multiculturalistes (QS)
2) entre fédéralistes (66%): les nationalistes (CAQ) vs les multiculturalistes (PLQ)

@ jack2
Pourtant, je compte parmi mon entourage de nombreuses personnes qui ont coutume de voter pour le PQ mais qui, cette fois-ci, ont opté pour la CAQ, histoire de nuire au PLQ. La dernière élection, je la qualifierais globalement de « stratégique » : un grand nombre d’électeurs ont, au-delà du clivage souveraineté-fédéralisme ou gauche-droite, voté contre plutôt que pour un parti.

J’ai beaucoup de difficultés à cerner le réel engouement des Y envers l’environnement. Ceux-ci ne sont-ils pas les plus gros consommateurs d’un tas de gadgets électroniques dont l’obsolescences programmés et le remplacement devient un des nouveaux défis environnementaux. La course au remplacement de la télé pour une plus grande, du nouveau téléphone « intelligent » pour un plus « intelligent ». L’achat du carton de 48 bouteilles d’eau plastifiées qui aboutiront imanquablement à la mer, alirs que nous n’avons qu’à ouvrir le robinet pour emplir un contenant. Et comme le constate, monsieur Beaulieu, les Y n’ont-ils pas élu la CAQ sans promesses électorales environnementales! Alors moi, la conscience environnementale des jeunes, je la trouve assez à géométrie variable.

Un téléphone consomme énormément moins qu’une automobile….qui n’est pas l’obsession des jeunes.

Ouf, beaucoup de « suck and blow » comme on dit en anglais… D’abord, si on suit le raisonnement, les nouvelles générations verseraient clairement vers la droite avec l’élection de la CAQ, plus à droite que le PLQ. Mais du même souffle, Mme Hébert argumente que les nouvelles générations ont abandonné le PQ en faveur de QS, versant vers la gauche… Enfin elle mélange la laïcité avec l’approche identitaire du PQ (je suppose qu’elle fait référence à son projet souverainiste qui a pris naissance dans les années 60 et qui était alors surtout fondé sur la protection de l’identité franco-québécoise); la laïcité comme l’explique bien un autre commentaire vise la séparation entre les églises, les religions, et la chose étatique, pas l’identité nationale.

Ceci dit, il me semble que les nouvelles générations sont loin d’être homogènes et ont leurs propres visions du monde, visions qui ont été formées à partir d’un système éducatif concocté par qui? Les baby-boomers qui ont repris les thèmes de la révolution tranquille et ont expérimenté un éventail d’approches à l’éducation au cours des décennies qui ont suivi.

Si le NPD se marginalise, c’est sa faute, faute d’une approche et d’une plateforme attirante pour l’électorat contrairement à ce qu’avait réussi à faire Jack Layton; faut dire que le nouveau leader, M. Singh, n’a pas réussi à faire du NPD un projet viable de gouvernement. Donc, il reste aux électeurs progressistes, désabusés des promesses vides des libéraux, à se tourner vers les Verts s’ils ont un peu de respect pour l’environnement – les libéraux fédéraux sont une mascarade et un écran de fumée en ce qui concerne l’environnement… on pourrait même appeler le PM Trudeau le « baron des pipelines »! Ça n’a pas grand chose à voir avec les nouvelles générations – c’est de la realpolitik.

simpliste les verts au Québec c,est inexistant ca montre les 2 solitudes et c’est pas pour rien que tu travalle au toronto star et + Au devoir que tout tes commentaires sur twitter sont en anglais pour la realité québécoise on repassera

En passant je trouve le titre bien malheureux – « La vengeance des enfants du millénaire »… Ils se vengent de quoi? Du point de vue politique ils ont bien le droit de penser comme ils le veulent et ils n’ont pas besoin d’être des moutons et penser tous la même chose ou encore penser comme leurs parents – ce n’est pas de la vengeance, c’est du jugement. Ce sont eux qui vont vivre avec les conséquences de leur vote, alors qu’ils assument!

Je partage votre opinion : on aura sans doute opté pour un tel titre afin de piquer la curiosité des lecteurs sur le Web. Avouez cependant que la tactique a fonctionné 😉

Je partage l’analyse de madame Hébert. Je suis père de deux « millenals Québécois« et le nationalisme et dans une plus large mesure les enjeux identitaires sont pour eux des concepts dépassés. Tout est ramené à l’individu et ses petit groupes plus ou moins formels auxquelles ils ont décidé d’appartenir. Normal, ils ne s’identifient pas à une nation qui n’a pas voulue en devenir véritablement une.

Ils sont par contre incohérents avec la question environnementale surtout climatique. Si vraiment ils désirent faire un effort qu’ils renoncent alors aux voyages en avion à l’étranger et aux autos. Deux grandes sources d’émissions de CO2 sur lesquelles nous avons un impact important et un contrôle direct en tant qu’individu. Confronter à ce choix, ils sont dans le dénie comme les générations précédentes.

Trudeau construira son pipeline et le Canada s’imposera en tant que puissance pétrolière et pollueuse. C’est la voie économiquement facile.

Si la nation Canadienne -française à muté en devenant la pseudo nation Québécoise, à mon humble avis cette dernière deviendra une simple minorité dans le territoire du Québec même, puis se dissoudra simplement dans l’indifférence parmi les autres minorités qui elle désireront véritablement périnée dans le temps. L’islam religion puissante et conquérante a un bel avenir ici.

Québec Solidaire n’était certes pas un parti dans la course pour former le gouvernement, c’était un parti dans la course pour jouer les « troubles fête » et c’est ce qu’ils ont fait. Dans plusieurs circonscriptions ils ont contribué à la division du vote. Ce qui a été salutaire pour la CAQ dans au moins 60% des cas.

Il y a dans ce texte un amalgame entre la génération Y et les milléniaux. En termes pratiques, les milléniaux à quelques exceptions près n’avaient pas encore le droit de vote lors de cette élection. Une partie d’entre eux (les milléniaux) prendront leur place dans la prochaine élection.

Une chose est certaine cependant. Ceux et celles qui pointent aux alentours de 40 ans, ont de bonnes raisons de s’inquiéter pour leur avenir. Car rien n’indique que celui-ci sera rose (écologie, finances et dettes ne font pas toujours bon ménage). Tout dépendra de la résistance de la société pour « faire face » aux défis qui l’attendent.

Si au Québec nous pouvons remercier les Libéraux de monsieur Couillard d’avoir exceptionnellement assaini les finances publiques, ils auront aussi payé le prix politique de cet assainissement. C’est dommage.

Cela ne signifie pas que les deniers publics seront à l’avenir dépensés plus « vertement ».

Si nous nous référons aux données publiées dans le tout récent rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), ce n’est pas une taxe sur le carbone, ni un prix plancher, ni une formule incrémentée de la valeur du carbone qui soient susceptibles de « décarboner » la planète. Il faudrait probablement jouer sur quelques autres tableaux en complément.

Il se devrait de conjuguer économie et écologie. Mais comment faire ? Pas si simple au niveau des choix. Or, il y a autant de disparités dans la pensée économique, qu’il y a de disparités dans la pensée écologique, qu’il y en a entre les partis politiques « pas si brillants » qui siègent désormais à Québec.

Exemple intéressant d’errance : le soutien de David Suzuki à Québec Solidaire. Quelqu’un serait-il carrément tombé sur la tête ?

— Puis :
Chemin faisant, pendant ce temps, tout tranquillement, comme si de rien n’était, les calottes polaires fondent lentement, lentement, lentement, lentement… mais sûrement. Glouglou ! Suis-je en train de me noyer ?

Pour ma part, je vois dans l’élection actuelle la prise de pouvoir des francophones au détriment des anglophones et des grosses compagnies. Le parti libéral s’est fait le défenseur de toutes les minorités qui ne parlent pas la langue officielle. La moitié de la base politique des libéraux (15%) est la presque totalité des anglophones de l’ouest de MTL qui bon an mal an détiennent une douzaine de comtés peu importe la qualité de leur député. C’est leur faute s’ils se cantonnent dans un seul parti depuis toujours. Je suis prêt à vivre avec la CAQ d’un côté et QS de l’autre et de laisser une dizaine de comtés à ceux qui désirent se maintenir dans le ghetto Libéral jusqu’à ce qu’ils en décident autrement.

Chantal Hébert persiste et signe: « La cassure entre le PQ et la cohorte la plus jeune de l’électorat remonte plutôt à l’épisode de la charte de la laïcité, un projet qui a eu un effet de repoussoir pour une génération peu friande de politiques à saveur identitaire. »
Or tant Joseph Facal que Mathieu Bock-Coté ont démontré que c’était totalement faux. Que c’était une ré-écriture de l’histoire
https://www.journaldemontreal.com/2018/09/06/vive-les-mensonges
« en octobre 2013, un sondage réalisé pour Le Devoir confirme la progression, mais révèle surtout que 81 % des électeurs péquistes y sont favorables.

En février 2014, selon CROP, la tendance à la hausse se poursuit : 51 % des sondés sont favorables à toute la charte, dont 68 % des francophones.

Évidemment, les non-francophones, massivement libéraux et opposés au PQ de toute façon, y sont très défavorables. »

https://www.journaldemontreal.com/2018/10/04/la-revanche-de-la-charte-des-valeurs
« Cette Charte, rappelons-le, était massivement appuyée par la population, et plus encore par la majorité historique francophone, mais elle fut sévèrement contestée par la majorité des commentateurs médiatiques, fanatiquement favorables au multi­culturalisme.

Ils firent tout pour la diaboliser. Ils multiplièrent les accusations de xénophobie, d’islamophobie et de racisme. Sans trop d’effets : la population savait résister à cette propagande médiatique sans cesse matraquée. Cela dit, on le sait, le PQ a perdu l’élection de 2014, essentiellement à cause de l’indépendance, qui lui a explosé au visage en sortant de nulle part. La Charte n’était pas en cause.

Mais ses adversaires n’avaient que faire de la vérité. Ils répétèrent donc, pendant quatre ans, que la Charte avait fait perdre le PQ. Bien des péquistes en sont venus à croire à la légende urbaine du triste-épisode-de-la-Charte-des-valeurs. Ils en avaient honte. Il faut dire qu’eux-mêmes, souvent, ne touchaient à la question identitaire qu’avec des pincettes. Dans le débat public, la Charte est devenue un symbole négatif, et ceux qui abordaient sans complexe la question de l’identité ou celle de la laïcité étaient décrétés infréquentables et populistes. »

«[La charte] un projet qui a eu un effet de repoussoir pour une génération peu friande de politiques à saveur identitaire.»
C’est une grosse blague, cette affirmation! Cette génération est ACCRO aux identités : identité de genre, identité «raciale» , identité confessionnelle, l’idée même d’appropriation culturelle, etc. Pour se mettre à jour, je lui suggère de lire Mark Lilla « After Identity Politics ».
En fait, la seule identité qui soit inadmissible, c’est l’identité québécoise.

« Cette génération est ACCRO aux identités : identité de genre, identité «raciale» , identité confessionnelle, l’idée même d’appropriation culturelle, etc. »

Bravo citoyenne Guilbault pour les guillemets à « raciale ».

C’est quand même une sacrée anomalie que des gens qui se prennent dur comme fer pour antiracistes croient dur comme fer au délire de la race.

Notez par exemple l’existence de deux organismes, l’un du Canada en général et l’autre du Québec en particulier : 1) La Fondation canadienne des relations raciales (sic) et 2) L’Institut de recherche-action sur les relations raciales (sic). Tous deux fondés dans les années 90, bien entendu.

Et permettez quatre citations complémentaires d’un penseur (ainsi que chef du Parti libéral italien à partir de 1944), M. Benedetto Croce (1866-1952), qui fut antifasciste seulement à partir de 1925, mais antiraciste très précocement, en plein dernier quart du 19ème siècle, alors que la démence raciale battait déjà son plein dans tous les pays (avec la caution de la science : polygénisme, anthropologie physique, raciologie, craniométrie et autres sornettes).

« La nationalité est un concept spirituel et historique, en devenir donc, et non pas un concept naturaliste et immobile comme celui de race. »

« En tant qu’historien, je constate à quel point arbitraires, fantastiques et improbables sont les théories de la race. »

« La division en races de l’humanité, sitôt qu’elle cesse d’être une simple classification et devient une réalité, est une cause de troubles pour cette humanité et, si elle en avait le pouvoir, elle la détruirait, en raison de la scission inguérissable qu’elle produit entre les peuples, qu’elle rend étrangers les uns aux autres. »

« Le racisme traite les groupements géographiques ou linguistiques de peuples en les transformant par une imagination fantaisiste en « races » pures, constantes en leur être propre et permanentes ; PUIS il distingue des races supérieures et inférieures. » (Les majuscules sont de moi)

Le racisme, bien avant d’en arriver au délire supplémentaire des prétendues « races supérieures » et « inférieures », consiste d’abord à prendre les peuples pour des races, c’est-à-dire à prendre un fait spirituel et historique que chacun devient de son vivant pour quelque chose que chacun serait déjà à la naissance, comme si le fait d’être d’un peuple ou d’un autre (ou de plusieurs) était héréditaire, transmis par le sang ou la génétique, donc NATUREL par opposition à CULTUREL.

TITRE très mal choisi Mme Hébert …….
1 ere : Quelle vengeance ?
2eme : comme les générations évoluent dans un milieu différent des précédentes , il y a lieu de croire autre chose que le mot vengeance ….
3 eme : enfin, les choix politiques de vos parents étaient sûrement différents des vôtres … En quoi le mot vengeance vient-il confirmer ou affirmer votre choix politique ?
Nouveau thème politique au coeur des milliénaires me semblent plus approprié je pense ….

3 eme :

Je pense que le printemps érable de 2012 a marqué l’imaginaire de la majorité des jeunes, qu’ils aient ou non reçu un coup de matraque ou une balle de plastique en pleine face. Il y a eu cette année-là une cassure profonde entre une génération qui avait raison mais pas le pouvoir et une génération qui avait tort et qui a abusé du pouvoir pour écraser les jeunes. Même si j’étais avec les jeunes dans la rue, je suis conscient que ma génération n’a pas fini de payer les dégâts occasionnés dans notre psyché collective.

Pour la province
Électeurs inscrits : 6 169 772
Électeurs ayant voté : 4 099 623
Taux de participation officiel : 66,45 %
Bulletins valides : 4 033 538 (98,39 %)
Bulletins rejetés : 66 085 (1,61 %)
Malheureusement, impossible d’obtenir pour le moment les taux de participation par âge pour vraiment savoir le poids électoral réel exprimé le premier octobre dernier de chaque génération…

J’espère que notre Premier Ministre fera campagne sur l’environnement car c’est ce qui importe le plus aux gens actuellement. Les désastres naturels (inondations, feux de fôrets, les océans, la disparition des animaux, etc.), sont très préoccupants.
Il faut AGIR maintenant, nous ne pouvons plus perdre de temps, notre planète est malade. Je n’aime pas du tout M. Sheer pas plus que M. Singh.