La victime consentante

Jusqu’à l’ultime dernière minute de son règne, Gérald Tremblay se sera complu, jusqu’à l’absurde, dans son personnage pathétique d’éternelle victime.

Lundi soir, sur les ondes de la Première chaîne, c’est ce que j’observais en tout premier lieu dans les minutes suivant son discours de démission – une véritable pièce d’anthologie dans le domaine de la déresponsabilisation extrême.

Dans son dernier discours, le maire sortant de Montréal et chef d’Union Montréal s’est dit victime de tout et de tous.

– Victime des gouvernements du Québec.

– Victime du directeur général de la Ville qui, dès 2001, l’informait déjà que des «enveloppes brunes» circulaient dans les services, mais sans lui en donner des preuves.

– Victime de sa propre confiance dans la fonction publique montréalaise.

– Victime de tous ces méchants qui lui ont remis des documents, des dossiers et des notes de service internes «qu’après les faits».

– Victime des fonctionnaires, des conseillers et des «personnes en position d’autorité», qui ne l’ont tout simplement pas «informé». S’il avait su, jure-t-il la main sur le cœur, «il n’y aurait jamais eu» de scandales du Faubourg Contrecoeur et des compteurs d’eau. (On se souviendra que si le scandale des compteurs d’eau n’avait pas éclaté avant que leur installation ne débute, c’est pour plusieurs centaines de millions de dollars qu’avec ce seul contrat, les Montréalais auraient été détroussés.)

– Victime d’un «système» contre lequel il s’est «battu», «très souvent seul».

– Victime d’une «perception» non fondée parce que la «vérité» est «manipulée par des forces multiples».

– Victime de la Commission Charbonneau parce qu’il ne fait pas partie de son «plan de match».

– Victime de ne pas avoir été «informé» en  2009, de la présence de «quatre personnes douteuses» dans son «entourage».

– Victime de l’«agenda caché de certaines personnes» qui, dit-il «sera dévoilé» un jour.

– Victime de «bandits».

– Victime du «calvaire» qu’il a vécu, d’une «injustice insupportable» et d’un «acharnement» sans précédent «dans une société de droit». D’où son départ qu’il qualifie d’«ultime sacrifice» et de «dernier acte d’amour» pour Montréal…

Ouf…

Bref, pendant toutes ces années, l »imputabilité semble avoir été un concept vaguement étranger pour Gérald Tremblay.

Dans son discours de démission, il ne manquait que le port du cilice pour se mortifier et expier les péchés… des autres. Après tout, Gérald Tremblay, expert toutes catégories dans le département de l’auto-victimisation, a poussé l’enveloppe dans son discours d’adieu jusqu’à se draper dans ses «valeurs judéo-chrétiennes» d’entraide, de solidarité et d’intégrité.

Or, il n’a pas dit un mot, pas un seul mot, pas un traître mot de contrition, de regret, d’excuse même, aux vraies victimes, à tous ces pauvres contribuables montréalais volés et floués depuis des années par ce 30 à 35% de gonflements artificiels de coûts dans plusieurs contrats publics; ce pizzo substantiel versé à la mafia par des entrepreneurs pris à même les fonds publics; ces «ristournes» illégales à son parti, etc., etc., etc.

Pas un seul petit mot pour ces millions et ces millions en fonds publics détournés dans les mauvaises poches.

Gérald Tremblay quitte la vie politique fidèle à ce qu’il aura été ces dernières années : une victime geignarde et insensible au sort de l’argent des contribuables.

Comme quoi, il ne faut jamais sous-estimer la capacité de certains politiciens à rentrer en état complet de dénégation de la réalité.

Dans ce discours inoubliable,  ce déni absolu aura toutefois atteint des sommets proprement himalayens avec cette perle inqualifiable:

On a trahi ma confiance, j’en prends l’entière responsabilité.

Voilà comment Gérald Tremblay boucle sa boucle. À ses yeux, il n’aura donc été «responsable» que d’une seule chose : celle d’avoir été une «victime»!  Misère.

Reste-t-il même encore des Montréalais prêts à le croire? Probablement fort peu.

C’est d’ailleurs ce qui explique la redoutable force de frappe politique qu’aura eue cette toute petite phrase, cette bombe politique lâchée à la commission Charbonneau par l’ex-organisateur Martin Dumont prêtant ces paroles à Gérald Tremblay sur le financement illégal à Union Montréal :

Moi, j’ai pas à savoir ça.

Cette toute petite phrase et ce nouveau budget de la Ville où les contribuables se faisaient en plus saigner d’un  3,3% injustifiable d’augmentation de taxes auront à eux seuls fait déborder le vase des Montréalais au point de pousser le maire à démissionner. Enfin.

Et si cette petite phrase a eu une telle force de frappe, c’est qu’aux yeux des Montréalais, elle est crédible.

Elle est crédible dans le sens où ils sont prêts à la croire. Que le maire l’ait dite pour vrai, ou non.

Ils sont prêts à la croire parce qu’elle résume à merveille, en quelques mots seulement, cette impression devenue certitude d’un maire fausse victime.

Une fausse victime qui, tout en ne pouvant pas ne pas savoir un certain nombre de choses troublantes, réussissait néanmoins à se convaincre lui-même qu’il n’en savait rien…

L’autre raison, nettement plus large, pour laquelle cette phrase est crédible aux yeux de beaucoup d’électeurs est que cette volonté chez beaucoup d’élus de ne pas vouloir connaître, vraiment et en détails, comment l’argent se collecte pour eux et les partis politiques, est loin de s’arrêter aux frontières de Montréal ou au palier municipal.

Bien sûr, on sait que les collecteurs de fonds et les organisateurs ne sont pas des «enfants de choeur», comme on dit en politique, mais on ne veut pas trop savoir pourquoi, ni comment…

Comment mesurer l’intégrité?

Pourtant, son discours de démission appuyait avec tant d’insistance sur le bouton «victime» qu’on en entendait dès hier soir, lui trouver tout à coup, tenez, un petit air de… victime. Belle tentative de culpabilisation des vraies victimes: les Montréalais.

Et d’entendre que Gérald Tremblay, LUI, est intègre. Que LUI, n’a jamais mis de l’argent dans ses poches. Bref, que les malhonnêtes, les filous, ce sont les autres.

Or, comment mesurer véritablement l’intégrité dans la vie d’un homme ou d’une femme politique? À quelle aune mesure-t-on son sens de la probité?

Peut-on vraiment dire et répéter qu’une personne est intègre pour la simple raison qu’elle n’a pas profité elle-même, personnellement, des fruits pécuniaires de malversations qu’elle a par ailleurs cautionnées dans les faits par son silence ou son aveuglement volontaire pour mieux servir ses propres intérêts politiques?

Pour un élu, l’intégrité s’arrête-t-elle aux seules questions d’argent illicite qu’il empoche ou non, personnellement?

L’intégrité ne doit-elle pas se mesurer autant par sa capacité à ne tolérer aucun manquement sérieux dans ce domaine dans son propre entourage, qu’il choisit par ailleurs lui-même?

Être cocufié une fois sans le savoir dans le département de l’éthique par son entourage immédiat, c’est toujours possible, mais à répétition, ça devient de l’acceptation.

Bref, pour un élu, l’intégrité ne doit-elle pas se mesurer aussi à la manière dont il «laisse» gérer les fonds publics et le bien commun en son nom?

En laisser d’autres s’enrichir personnellement de manière illégale à même les fonds publics en échange de la prise et de la conservation subséquente du pouvoir le plus longtemps possible, est-ce faire montre d’intégrité personnelle?

On espérerait bien sûr qu’une telle question soit rhétorique.  Pourtant, on entend répéter à satiété que l’intégrité personnelle de l’ex-maire de Montréal est coulée dans le béton, Sans jeu de mots…

Souvenirs de l’administration Tremblay-Zampino

Or, il reste que la réalité, la vraie, est que ce «système» de corruption, de collusion et de financement occulte de partis politiques dont Gérald Tremblay se dit la grande victime, s’il existait avant son arrivée en 2001, il a néanmoins atteint sous son régime des proportions spectaculaires et sophistiquées.

La pieuvre nageait certes dans les bassins politiques bien avant 2001, mais avouons que depuis quelques années, autant au provincial qu’au municipal,  certains l’auront passablement aidée à étendre ses tentacules encore plus loin.

Parmi eux, on trouve ces fameuses «personnes douteuses» de  l’«entourage» de Gérald Tremblay. Des personnes douteuses aujourd’hui  accusées de fraude et de complot. Incluant notamment – et ce n’est pas rien -, Frank Zampino.

Ce n’est pas rien parce que pendant des années, Frank Zampino – ex-maire de Saint-Léonard et ex-président de l’exécutif de la Ville -, était son homme de confiance, son bras droit, son alter ego.

On disait même que dans cette  administration Tremblay-Zampino, le VRAI maire, celui qui détenait le vrai pouvoir, c’était Zampino…

Celui qui, eh oui, pendant même qu’il était en fonction et que la Ville s’apprêtait à donner à Tony Accurso le part du lion du gargantuesque contrat des compteurs, s’amusait aux frais de l’entrepreneur sur son luxueux yacht dénommé le «Touch».

Que Zampino ait été arrêté et accusé, ce n’est pas rien parce que jusqu’à la dernière seconde, jusqu’à sa propre démission en mai 2008, Zampino était défendu, bec et ongles, par Gérald Tremblay.

À la démission de Zampino, après avoir souligné son grand apport à l’«assainissement des finances publiques» (!), voici d’ailleurs en quels termes le maire saluait son grand ami :

Bien avant la création de la nouvelle ville, Frank Zampino était un acteur important des différentes instances municipales sur l’île de Montréal, ce qui fait de lui un précurseur. Au moment de construire notre nouvelle ville, les Montréalaises et les Montréalais ont pu compter sur son expérience et sur sa rigueur afin que notre grand projet se transforme en succès. En leur nom, au nom de l’équipe d’Union Montréal et en mon nom personnel, je tiens à le remercier pour son apport inestimable et à lui témoigner de notre plus profonde reconnaissance.

Mais j’oubliais, le maire était sûrement au courant de rien à ce moment-là…

Alors, une «victime», Gérald Tremblay? Vraiment?

Plutôt une victime consentante. Cet entourage «douteux», c’est lui qui l’avait choisi. Il lui a conservé sa confiance jusqu’à ce que ce ne soit plus possible, publiquement, de le faire.

Victime de son entourage douteux? La chose serait fort étonnante. Dans les faits, cet entourage, c’est en bonne partie celui qui l’a mis au pouvoir. Les vraies victimes réussissent rarement à garder le pouvoir pendant onze ans et trois mandats…

À vrai dire, Gérald Tremblay a plutôt le profil parfait du «faux naïf» – pour reprendre le mot juste de Benoît Labonté, cet ex-politicien et ex-organisateur déchu d’Union Montréal de Vision Montréal.

Les faux naïfs font d’excellentes victimes consentantes.

Dans La Presse de mardi, on dresse d’ailleurs une liste fort éclairante des nombreux signaux d’alarme allumés dès 2002 quant à des pratiques douteuses de favoritisme et de dilapidation des fonds publics de l’administration Tremblay et de son parti Union Montréal.

Cette liste, loin d’être exhaustive, mérite néanmoins d’être citée:

– Janvier 2002 : «Gérald Tremblay embauche 65 personnes pour son cabinet politique, dont 38 conseillers. En février, une entreprise fondée par Gérald Tremblay, l’Institut pour le progrès socioéconomique (IPSE), obtient un contrat de 850 000$» (…) «des résidants de L’Île-Dorval ont racheté les infrastructures municipales pour une bouchée de pain. Des contrats sont attribués aux principaux organisateurs politiques du parti du maire. «Les assistés sociaux ne financent pas les campagnes électorales», explique Frank Zampino, président du comité exécutif»;

– Mai 2002 : «le ministre de la Justice, Paul Bégin, tape sur les doigts du maire pour avoir fourni une déclaration d’intérêts pécuniaires incomplète. Deux conseillers de l’Union des citoyens de l’île de Montréal (UCIM, ancien nom d’Union Montréal) de l’arrondissement de Saint-Laurent, Irving Grundman et René Dussault, sont arrêtés et accusés de complot, d’abus de confiance et de corruption.»;

– Octobre 2007 : «l’administration de l’ex-maire d’Outremont Stéphane Harbour, élu sous la bannière d’Union Montréal, est visée par une enquête de la Sûreté du Québec (SQ) pour la construction d’un centre communautaire dont les coûts ont explosé.»;

– Novembre 2007 : «Le plus important contrat de l’histoire de la Ville – 356 millions pour installer des compteurs d’eau -, attribué au consortium formé de Dessau et de Simard-Beaudry, tourne rapidement au fiasco. Improvisation, accusations de favoritisme, irrégularités et une croisière que le président du comité exécutif, Frank Zampino, a faite sur le bateau de Tony Accurso: le contrat sera finalement annulé en septembre 2009. Deux hauts fonctionnaires, le directeur général Claude Léger et le directeur des affaires corporatives Robert Cassius de Linval, sont limogés.»;

– Septembre 2008 : «Une enquête interne révèle une fraude de 8 millions à la division des services informatiques (DSI) de la Ville de Montréal. Le directeur général du service, Gilles Parent, est congédié.»;

– Octobre 2008 : «L’affaire du Faubourg Contrecoeur éclate. La Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) a vendu à Catania un terrain évalué à 31 millions de dollars au rôle d’évaluation municipale pour 4,4 millions. Le directeur général Martial Fillion est démis de ses fonctions, la SHDM réintègre le giron des sociétés paramunicipales et le vérificateur général se penche sur le dossier.»;

– Juin 2009 : «La SQ ouvre une enquête concernant le contrat de 10,6 millions pour la réfection du toit de l’hôtel de ville. Selon l’entrepreneur Paul Sauvé, la mafia lui aurait demandé une somme de 40 000$ destinée à deux élus du parti du maire Tremblay.»;

– Mai 2010 : «Les liens troubles entre une entreprise de sécurité, BCIA, et plusieurs décideurs, dont Yvan Delorme, chef de la police de Montréal, et Frank Zampino, ex-numéro deux de la Ville, sont révélés au grand jour. Financement politique douteux, odomètres trafiqués, BCIA surveillait également les locaux de la police de Montréal sans contrat formel.»;

– Hiver 2011 : «En février 2011, La Presse révèle que le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, a vu ses courriels interceptés pendant 10 mois par le Service du contrôleur général, Pierre Reid. Deux mois plus tard, on apprend que le président du conseil municipal, Claude Dauphin, a fait l’objet du même traitement. Le 5 mai, Québec envoie les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption à l’hôtel de ville de Montréal.»;

– Mai 2012 : «Arrestation de trois proches de Gérald Tremblay: Frank Zampino, son ancien bras droit, Martial Fillion, son ancien chef de cabinet, et Bernard Trépanier, ancien responsable du financement de son parti. Les trois hommes sont soupçonnés de fraude et de complot dans l’affaire du Faubourg Contrecoeur.»;

– Automne 2012 : «L’équivalent de 3% des contrats détourné dans les coffres du parti du maire, ou du comité exécutif, corruption généralisée, négligence des élus et, finalement, témoignage voulant que le maire Gérald Tremblay ait déclaré ne pas avoir «à savoir ça». Le tableau dressé par la commission Charbonneau de l’administration municipale montréalaise est tout simplement dévastateur et plonge l’administration Tremblay dans une crise sans précédent.»

Re-ouf….

Regarde les hommes tomber

Et tombent les hommes. Du moins, ça commence…

Ces chutes sont en fait le produit combiné de multiples enquêtes journalistiques, de L’Unité permanente anti-corruption (UPAC), des corps policiers et du Rapport Duchesneau, dont le coulage dans les médias par son auteur est en fait ce qui a forcé Jean Charest à créer la commission Charbonneau-  in extremis et à son corps défendant.

Au municipal, Gérald Tremblay, maire de la métropole économique du Québec, est certes la plus grand déchu à date.  Suivra peut-être, si les Lavallois sont chanceux, leur propre maire, Gilles Vaillancourt. Même chose pour les gens de Mascouche.

Leur chute, faite ou à venir, est cruciale parce que contrairement au scandale des commandites, ce sont des élus qui finissent ici par en être imputables. Même si c’est bien malgré eux.

Car s’il y a des Accurso, Zambito, Zampino, Fillion, des firmes de génie-conseil trop puissantes et trop gloutonnes, un Fabulous Fourteen d’entrepreneurs engraissés goulûment à même les fonds publics, une mafia dont les bas se remplissent à même notre bas de laine collectif, de grandes firmes pressées de récompenser des ministres et des fonctionnaires démissionnaires avec de gros postes lucratifs – et on en passe -, c’est qu’il doit y avoir aussi, en quelque part, quelques élus, aux divers paliers de gouvernement, prêts à se fermer les yeux devant certaines malversations.

Soit pour accéder au pouvoir. Soit pour tenter d’y rester. Soit pour en profiter personnellement. Soit pour les deux.

Ce cercle vicieux, c’est en partie celui du «tu me donnes un contrat, tu me le paies trop cher, en échange de quoi je remplis les coffres de ton parti ou je t’organise ton élection ou je te refais ta cuisine ou je t’amène voir Céline ou je te fais avoir une maudite belle maison ou je te prête  mon chalet de luxe ou je t’amène sur mon yacht ou je t’invite au golf ou je t’amène dans le Sud ou je te donne une belle job après ta démission ou ta retraite», etc…

Si «système» et «culture» de corruption il y a, pour s’étendre à ce point, ça prend aussi des fonctionnaires et quelques élus complices activement. Ou passivement, en se fermant les yeux. Le rapport Duchesneau ne soulevait pas pour rien cette question cruciale de l’«enrichissement personnel» de certains élus, de ces victimes consentantes.

À la commission Charbonneau, l’ex-entrepreneur Lino Zambito, avançait que selon son expérience, 80% des politiciens sont honnêtes. Et peut-être même plus encore, j’avancerais. Or, grosso modo, cela en laisse quand même qui ne le seraient pas. Ce qui en ferait des facilitateurs.

Il est peut-être là, le vrai secret de Polichinelle.

Et elle est peut-être là, une des principales clés du grand nettoyage. Pas la seule, certes, mais une clé très importante.

Dans son discours de démission, Gérald Tremblay remerciait bien bas sa «famille politique» pour son soutien et sa confiance indéfectibles. Dans les circonstances, ça se comprend…

Au-delà de son parti – Union Montréal -, sa «famille» politique élargie ratisse loin, incluant le PLQ d’où il vient. Et par filiation fédérale, le PLC. Or, par le plus pur des hasards, les deux ont été punis par l’électorat, quoique à degrés divers, pour leur manque de probité dans la gestion des fonds publics. Ce qui ne veut pas dire, par contre, qu’ils en ont eu le monopole.

Les Montréalais s’en souviendront-ils encore lorsque viendra le temps de se choisir, l’an prochain, leur nouveau maire?

À moins que – espoir éternel oblige -, maintenant que Gérald Tremblay est rentré dans ses terres, l’on finisse par voir émerger de nouveaux candidats, de nouvelles candidates.

Verra-t-on arriver de vrais passionnés de Montréal pour lesquels les pratiques et les entourages «douteux» ne font partie ni de leur éthique personnelle, ni de leur culture politique?

Montréal en aurait bien besoin. Et pas seulement Montréal…

 

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Un candidat qui serait probablement très motivé,comme maire de Montréal, le jeune et libre M. John James Charest qui sait comment ça s’organise une caisse électorale remplie à l’année, ni vu ni connu que j’t’enbrouille le québécois moyen avec les généreux contacteurs et/ou les futurs bénéficiaires des faveurs gouvernementales, de préférence anglophones ou allophones…fédéralistes…genre.

Je pense que le ménage politique de Montréal se fera d’une façon ou d’une autre. Mais n’oublions pas qui si des personnages comme Tremblay, Leclerc, Zampino et al ont pu sévir à Montréal pendant des années et empocher des millions de $ à même les taxes des citoyens, il aura fallu également la complaisance de fonctionnaires aveugles, sourds et silencieux. Les secrets de polichinelle demeurent secrets parce que dans le milieu concerné on le veut bien.

Alors comment allons-nous faire également le ménage dans la fonction publique montréalaise trop complaisante ? Remarquez que le même problème se pose également à Laval.

À quoi servira de ne faire le ménage qu’à un seul niveau ? Les syndicats deviendront-ils des alliés pour éradiquer les pommes pourries même dans leurs rangs ? Ou deviendront-ils les alliés de facto de ceux et celles qui se sont fermé les yeux ?

Je trouverais odieux que les dirigeants syndicats n’encouragent pas leurs membres à vider leurs sacs avec évidemment une réelle promesse d’impunité. Les agissements que l’on reproche avec la plus grande vigueur ne doivent pas concerner qu’un seul niveau d’acteurs.

Délation :
«Dénonciation intéressée, méprisable, inspirée par la vengeance, la jalousie ou la cupidité.»

Dénonciation:
«Action de dénoncer quelqu’un, quelque chose, à la justice, à une autorité, etc.»
Dénoncer :
«Signaler quelqu’un, quelque chose à la justice, à une autorité en vue de les faire condamner ou punir : Dénoncer un criminel à la police.
Révéler quelque chose, le faire connaître publiquement comme néfaste.»

Je pense que les citoyens font un acte civique en dénonçant les criminels.

Savons-nous qu’à Laval, le bureau de l’Ombudsman est mandaté pour recevoir les dénonciations ? Qui s’est prévalu de ce service ?

Pour ce qui est de Gérald Tremblay je suis incapable de croire que ce soit une victime. Les plus grands criminels sont souvent considérés comme des anges bienfaiteurs par bien des gens. Et si c’est vrai que Gérald Tremblay est une victime alors là il va falloir se rendre compte que Montréal a été géré pendant toutes ces années par une marionnette placée à la mairie dans le but explicite de voler les contribuables. Ce qui impliquerait un réel complot d’une envergure extraordinaire : faire élire dans la deuxième plus grande ville du Canada une marionnette. Ce qui indiquerait la force réelle de la mafia et du crime organisé. J’aime autant ne pas y croire. Et vous … ?

«Le léopard ne se déplace pas sans ses taches.»[Proverbe nigritien]

En tant que montréalais j’exige de la succursale du PLQ, Union Montréal, cette association de magouilleurs se trouvant toujours aux commandes de la ville, qu’elle remette au pc son coffre-fort à la Commission Charbonneau .

À date = à ce jour *rougit*

Et j’espère que les gens vont bien se renseigner sur Denis Coderre avant de voter pour lui. Selon ce que j’ai lu, il nage avec confort dans le même genre d,eaux que Tremblay. Probablement sans «rien savoir» lui aussi. Coderre se défend http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201211/01/01-4589517-coderre-a-recu-des-dons-dorigine-douteuse.php Voici ce que disait le Devoir en 2005 : «Gagliano aurait prié Corbeil de se taire ~ Des «enveloppes» pour Coderre, Charbonneau et des attachés politiques toujours actifs» http://www.ledevoir.com/non-classe/81440/gagliano-aurait-prie-corbeil-de-se-taire

J’espère que Jean Charest ne profitera pas de ses «contacts» en tant qu’avocat. à mon avis, ce serait obscène. mais Pierre-Marc Johnson l,a fait, Lucien Bouchard le fait, André Boisclair l’a fait… et je pourrait en nommer d’autres par exemple Ph. Couillard…

Quand j’entendais M. Tremblay parler à la radio ou la télé, je trouvais qu’il parlait trop fort et que son débit de paroles était trop rapide. Je me disais que s’il parlait si fort et si vite, c’est pour ne pas entendre sa petite voix intérieure qui lui disait : tu ments là Gérald, tu ments.

Je n’ai jamais eu confiance en lui.

Pour l’histoire des compteurs d’eau, plusieurs chiffres ont circulé allant jusqu’à $650 millions….mais ce qui me dérange c’est que l’on doive payer des frais d’annulation de contrat de 6 ou 7 millions, alors que l’annulation est pour cause de corruption et non pour un désengagement irresponsable de la ville. On ne devrait avoir rien à payer pour des contrats négociés sur une base de corruption qui sont par la suite annulés pour cette raison.

L’agence BCIA avait un contrat à la guérite où je travaille. Habituellement, pour que la ville accepte une agence de sécurité, elle exige de celle-ci, un dépôt d’argent pour couvrir les salaires des gardiens de sécurité en cas de pépin imprévisible. L’imprévisible s’est produit et pour des raisons qu’on ne connait pas, la ville n’avait pas exigé de dépôt de BCIA.

Les agents de sécurité, dont les salaires oscillent entre $10 et $15/hre, ont travaillé plus de 1 mois sans salaire. Et quand ils ont signifié au responsable de la ville qu’ils voulaient être payés, le responsable, lui-même très bien rémunéré, leur a répondu que s’ils continuaient à se plaindre, la ville ferait rentrer une autre agence dès la semaine prochaine.

Il est facile de comprendre qu’à ces salaires là, on a besoin de tous nos sous pour arriver à arriver. Cette épisode a été très dure pour plusieurs familles, allant même jusqu’à la détresse. Les employés-es ont été partiellement remboursés-es par un programme canadien, 6 mois plus tard…

C’est pour dire que l’irresponsabilité a des conséquences au bout de la ligne. Les millions de dollars de fonds publics qui auraient dûs aller soit en salaires ou en services publics, comme exemple rendre des logements salubres, sont allés dans des poches de bien nantis ou des caisses de partis politiques aux dépens de gens qui en ont vraiment de besoin.

Bravo pour ce regard d’ensemble sur les années Tremblay. On le pressentait. on le savait, et ce qu’il a fallu d’énergie et de foi pour en arriver à cette démission. Qu’il ait, de plus, ce droit de démissionner alors qu’on aurait du le limoger. Il est clair que le protection offerte par le parti libéral et son triste chef a permis la durée de cet homme et j’espère que l’on pourra voir clair sur cet autre personnage qu’est Jean Charest. Pour le moment , ils disparaissent avec une sorte d’immunité qui est inacceptable pour la population; encore qu’il y a encore des gens qui acceptent ce type de comportement en se disant que c’est ainsi que le monde est fait et que ce sera toujours comme ça, que d’autres viendront et agiront de la même façon. Que des gens qui ont comme mentalité d’accepter le mode d’exploiter les autres nous oblige à la souffrance mentale d’assister à un refus de l’évolution humaine. Triste, vraiment triste.

Une fois de plus, excellent texte! Force est de constater qu’il y a au Québec tout un fouillis. Ce que nous savons c’est qu’il y a parmi ceux qui exploitent le peuple, des politiciens, des avocats, des ingénieurs, la mafia quelques docteurs et surtout pour aider à tout ce beau monde de bien s’entraider la complicité d’une bonne majorité des médias. Écoutez, rappelez vous ceux qui démonisaient les carrés rouges, les casseroles, qui parlaient d’anarchie et vous aurez une bonne idée des complices du système. C’est écoeurant d’entendre sur la radio 98.5 des analyses qui défend les Tremblay de ce monde ou encore à des émissions comme Larocque Lapierre recevoir les gens comme le ministre Marceau et vouloir presque le prendre à la gorge faut le faire. J’entendais Jean Lapierre le plus agressif de tous envers le PQ dire mardi sur les ondes que la comm. Charbonneau n’avait pas à refuser d’entendre Tremblay que la comm. ne faisait pas son travail insinuant que celle çi laissait à réfléchir sur sa manière de faire. Je me demande qu’est ce que ça donnerait si tout le monde refusait de faire ses impôts. Rappelez vous le tollé à l’annonce de l’abolition de la taxe santé, de ceux qui étaient pour la loi 78, de tout ceux qui ont balayé en dessous du tapis l’attentat du Métropolis, Les Dumont, les Duhaime, les Pratte etc, ce sont toujours les mêmes les complices du système. Les gens qui ont une vision collective du Québec sont en bonne partie des gens avec des petits salaires bien sûr pas tous mais une bonne partie. Je pense qu’au moment de sélectionner des candidats dans un parti politique on devrait penser de les choisir aussi par professions. Bientôt les gens au pouvoir ne seront que des avocats, ces gens avec la langue bien déliée, interprétant les lois de manière à se servir comme Jean Charest a toujours parlé de boycott pour parler de la grève étudiante pour ne donner que ça en exemple mais on pourrait multiplier les exemples. En résumé l’intégrité, l’honnêteté, la fierté ne sont pas que des valeurs individuelles elles appartiennent aussi à une société et comme dans la famille si les parents apprennent aux enfants à voler et bien les enfants seront des voleurs, c’est ce qu’a fait Jean Charest pendant une décennie et la famille PLQ a suivi.

Encore une fois, Madame, excellent texte. Pour ce qui du principe « innocents »‘, je suis certaine que vous avez lu la chronique de M. Foglia, « Innocenza », mais j’en parle pour vos autres lecteurs victimes innocentes qui ne l’auraient pas lue. Imaginez quelle serait la richesse du Quebec, sans tous ces détournements de fonds! Diantre, ouf… Il est plus que temps que nous nous recyclions, y en a marre d’être les champions dans l’industrie du dépassement de couts!

Délation et dénonciation!

C’est difficile dans le contexte où ces personnes sont placées.

À priori, ce qui est trop gros comme nouvelle, comme information ou comme fait, les receveurs d’informations ont tendance à se ranger dans l’adage anglaise : « Too big to be true ». La notion de « complot ». Et on en met beaucoup sur cette argumentation factice. Le receveur d’informations occulte et devient sourd. Il ne « croit » pas à priori à une information factuelle de ce genre. Le receveur d’informations discréditera souvent le délateur en se basant sur ses travers de personnalité, invoquant la jalousie, la frustration, etc.

Le délateur ou le dénonciateur est coincé, car, celui qui est en haut de la hiérarchie est au courant de tout ce qui se passe en bas. Il y a aussi des délateurs ou des dénonciateurs de délateur ou dénonciateur, ce qui l’opération délicate et expose les personnes à des licenciements et à l’ostracisme.

Les gens qui ont des principes et des valeurs dans notre système payent souvent le prix de leur marginalité, soit en promotion ou soit en salaire ou soit en réputation salie. Et en « employabilité » future.

C’est un blocage qui ne peut exploser que dans l’arrogance des dirigeants. Ces derniers viennent qu’à avoir un sentiment d’invincibilité. Une espèce de sentiment de toute puissante, leur donnant un sentiment d’être au-dessus des lois.

Le citoyen fourvoyé n’a-t-il pas élu les maires Tremblay et Vaillancourt en 2009 malgré plusieurs articles parlant de corruption et de collusion possible! Et le parti libéral du Québec en 2008 qui fait face à des allégations également de corruption et de collusion!

Si Coderre devenait maire de Montréal nous serions en présence d’une comédie comme seul Molière savait en écrire. J’imagine qu’il est maintenant en train de pratiquer sa grosse voix en prononçant des phrases creuses faites concoctées pour l’effet et non pour le fond.

Montréal mérite mieux qu’une caisse de résonance. J’applaudis aux commentaires de « Line Merrette (fem_progress) »

«Lorsque l’on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne creux, ça n’est pas forcément le pot qui est vide.»
[Confucius]

Bonjour,
Excellent texte des plus pertinent Mme Legault. J’aimerais seulement ajouter que vous n’avez pas choisi le bon mot en utilisant ‘victime’ consentante. Je crois que ‘COMPLICE’ associé sous l’égide de l’Omerta est plus approprié.
De par sa formation en droit ( ou croche si on préfère ) et son expérience on ne peut le qualifier de ‘naïf’ que si on veut tenter de l’excuser. Quel bel exemple on donne à notre population mais surtout à notre jeunesse avec ce genre de rhétorique. Parviendrons-nous un jour à changer les choses? Surtout pas avec des lois et réglements mais avec un changement fondamental de culture sociale ou la probité, l’honnêteté et l’intégrité seront à la base de nos valeurs et, ce, pas seulement en discours mais en actions.
Bien sûr, on me rétorquera qu’il y aura toujours des gens ‘tordus’ et c’est vrai; mais, espérons que nous pourrons les reléguer au second plan et réduire leur nombre au minimun. Présentement, il semble qu’ils soient plutôt devenus des héros et des exemples à suivre!!! Quelle tristesse….

Ce que dénonce Mme Bourassa est inacceptable. Payer une amende parce que l’on annule un contrat négocié de mauvaise foi…

C’est ce qu’on appelle ajouter l’insulte à l’injure. Il faut absolument aller devant les tribunaux défier cette pratique inadmissible dans les circonstances.

Pour ce qui est des agents de sécurité, il faut s’adresser à un tribunal du travail si cette instance existe ici au Canada.

Quel texte, quel souffle. Je me suis permis dans Facebook de bâtir une sorte de règle que j’appelle » La loi de Gomery « .La loi de Gomery pourrait s’écrire ainsi:

s’il y a un scandale de corruption au Québec, la probabilité que ce scandale implique des fédéralistes ou des personnes proches des partis fédéralistes est plus grande que le hasard.
Ça peut être amusant de le voir comme ça…mais SI C’ÉTAIT VRAI , HEIN ?

Bravo , Josée,

Quel texte et quel rigueur! Un pur bonheur de vous lire et d’en apprendre…sur ces yeux hypocritement fermés et cette bouche cousue de faux-fuyants qu’avait le maire T.

Quand on parle de « victime consentante », il me semble qu’on parle du violeur et de sa proie…Jamais une victime n’est consentante. M.Tremblay n’est pas victime mais un maso qui se victimise.
QU’a-t-on fait pour hériter de ce triste legs qui nous fait Trembler de honte?

Est-ce un pur hasard que toutes les descentes policières ont commencées quand le PLQ de Charest est tombé et au Provincial et dans son comté ???

Bientôt il y aura plus de brouhaha policier durant 1 mois que durant les 9 ans de Charest…
Au fond de l’histoire on verra peut être Charest et certains de ses ministres qui actuellement jouent à dénigrer tout les projets du PQ pour que les liens avec le monde interlope ne soient pas prouvés, ils sont déjà connus…

Vraiment… Quel article!!
Mais je me demande depuis plusieurs années.
On vole (et ce mot est trop faible) et ensuite on démissionne avec une difficulté incroyable et voilà c’est tout…
A quand les petits oiseaux en cage comme ils le méritent. Cela enverrait un VRAI message à la classe politique.
Bravo encore!!

Bravo Madame Legault pour ce beau survol, même si je vous trouve bien gentille de ne le traiter que de «victime consentante». Car dans le fond, je crois que les vrais victimes consentantes, ce sont les électeurs. Qui a reporté au pouvoir cet homme qui, face à tout ce que l’on savait déjà en 2008, ne pouvait être qu’incompétent ou malhonnête et manipulateur? De la même façon, qui a reporté au pouvoir, à deux reprises Jean Charest, qui dès le début de son premier mandat a commencé à jouer avec la notion d’éthique?
Nous aimons bien jouer à l’autruche, en particulier ceux qui ne veulent pas voter pour des ex-péquistes, même s’ils sont honnêtes, et préfèrent voter pour des gens à la probité douteuse du moment qu’ils n’ont jamais penser à dire oui à un référendum. Les mêmes personnes ne veulent pas non plus de «pelleteux de nuages» intègres, elles préfèrent les gens concrets, quitte à ce que ces derniers se retrouvent les deux mains dans le sac.
L’aveuglement volontaire est très répandu chez les électeurs et même chez les non-électeurs qui eux mettent tout le monde dans le même panier.

Bien envoyé !

Il y a des coups de pieds au c… qui se perdent.

Nous devrions tous lire l’ouvrage de Scott Peck intitulé : »Les gens du mensonge » afin de comprendre comment certains individus peuvent mentir sans en avoir « vraiment conscience ».

Merci pour votre article.

Madame Legault, mes commentaires ne s’appliqueront pas à votre article comme tel, mais plutôt à vous, puisque: convenons-en, vous avez tout dit! Ils seront toutefois dirigés sur vous… Vous une Politologue de très haut niveau, et je ne vous l’apprends certainement pas. Mais parfois, il fait plaisir de se faire rappeler …l’Évidence!

Ben à vous,

Nathalie Richard

Gérald Tremblay fait maintenat partie de l’histoire. Il appartient au passé et on doit passer à autre chose. On entend parler d’un sauveur éventuel, un dénommé Denis Coderre. Pincez-moi, je dois sûrement rêver, sinon faire un cauchemar. Y-a-t-il quelqu’un quelque part dans le monde merveilleux et de plus en plus utopique des journalistes qui va finalement se pencher sur les véritables capacités de ce candidat pour prendre la relève à Montréal et remettre de l’ordre dans cette baraque? Y-a-t-il quelqu’un quelque part qui connaît vraiment Denis Coderre, qui l’a questionné sérieusement, qui a analysé son passé de politicien pour prétendre qu’il est le sauveur tant attendu? Faites une petite enquête pour l’amour du ciel et réveillez-vous. Montréal a besoin d’un administrateur chevronné pour sortir du trou. Pas d’un twitter!

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