L’affaire Duffy: de nouvelles révélations

Le sénateur Mike Duffy n’a pas seulement profité de l’aide financière du chef de cabinet du premier ministre Harper, Nigel Wright. Il a eu aussi droit à un traitement de faveur de la part du bureau de régie interne du Sénat. Ce dernier a édulcoré le rapport sur le cas Duffy de façon à minimiser les faits le concernant, a révélé CTV hier soir.

CTV a en effet obtenu copie du rapport original rédigé par le comité. Ce dernier se révèle plus sévère que le rapport finalement publié la semaine dernière. Le premier rapport indiquait que M. Duffy, sénateur conservateur jusqu’à jeudi soir, avait contrevenu aux règles «très claires» et «sans ambiguïté» du Sénat en matière de résidence. Le rapport final, en revanche, disait que ces règles étaient imprécises, laissant sous entendre qu’on pouvait avoir affaire à une erreur de bonne foi.

M. Duffy avait déclaré que son chalet de l’Île-du-Prince-Édouard était sa résidence principale, ce qui lui permettait de réclamer les allocations de résidence offertes aux sénateurs habitant à plus de 100 kilomètres de la capitale fédérale. Or, le rapport original note que les déplacements du sénateur montrent qu’il vivait plutôt à Ottawa et que cette adresse servait à des fins officiels.

Cette révélation vient confirmer une information obtenue par CTV plus tôt cette semaine à l’effet qu’une entente intervenue entre un avocat du bureau du premier ministre et celui de M. Duffy prévoyait qu’en échange du remboursement des allocations réclamées sans y avoir droit, il serait en partie épargné dans le rapport que le Sénat publierait.

Si tel est le cas, l’affaire est encore plus grave car cela voudrait dire que le bureau du premier ministre ne s’est pas contenté d’inciter le sénateur à rembourser 90 000 $ au Sénat, mais qu’il est intervenu dans un processus qui devait être confidentiel et indépendant.

L’affaire Duffy a aussi ouvert la boîte de Pandore des dédommagements réclamés par des sénateurs de différents partis qui faisaient campagne pour leur parti. Le NPD a demandé au Commissaire aux élections de fouiller l’affaire. Il semble que M. Duffy serait un de ceux qui auraient réclamé des allocations pour des déplacements pour lesquels son parti l’aurait aussi dédommagé.

Ces faits nouveaux mis au jour par la Presse canadienne ont d’ailleurs incité le Sénat à jeter un nouveau regard sur le dossier du sénateur Duffy.

Cette saga dépasse maintenant largement le seul cas du sénateur Duffy. Elle soulève des questions sur l’éthique du gouvernement, comme je le soulignais dans le Devoir ce matin. Encore une fois, les conservateurs ne condamnent ni ne sanctionnent des gestes répréhensibles posés par un des leurs. Ils se portent plutôt à sa défense, cherchant même un stratagème pour le sortir du pétrin et sauver la face.

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En effet, les conservateurs semblent moins rapides sur la gachette et plus fexibles coté conscience lorsqu’il s’agit l’un des leurs.
Monsieur Gilles Duceppe pourrait confirmer ça, lui, le méchant séparatisss.
Par ailleurs, les libéraux ne sont guère plus « éthiques ». Le scandale des commandites avait étalé des cas de consciences élargies dans le temps de Chrétien et Martin.
On peut penser que si la « police montée » était moins politisée, d’autres cas du genre pourraient être découverts.
Ça sent pas bon là-bas.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Refrain connu. 🙁

Tout ça trahit un petit esprit. On est loin de la grandeur attendue par ces fonctions.

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