L’affaire Michaud à froid

C’est reparti. Dix ans après l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’une motion condamnant des propos tenus par Yves Michaud, le Parti québécois et son chef sont à nouveau en émoi. Faut-il s’excuser (plusieurs députés l’ont fait), et si oui, comment ?

Pour tourner la page Michaud, encore un effort!
Pour tourner la page Michaud, encore un effort!

Pour certains, à l’extérieur du PQ, il s’agit d’une tempête dans le microcosme souverainiste. Pour d’autres, à l’intérieur du PQ, c’est une affaire de la plus haute importance. À Québec Solidaire, Amir Khadir est gauchement intervenu dans le dossier. Au PLQ, on raffole de ce débat qui met le PQ sur la défensive et ranime le spectre du « nationalisme ethnique ». Chez Pauline Marois, on semble pédaler dans la choucroute.

Mais l’affaire est importante. Elle va au cœur des rapports, pour l’instant troubles, entre nos élus et la liberté d’expression. Elle vaut la peine qu’on s’y arrête. Je tenterai, dans les paragraphes qui suivent, de mettre un peu d’ordre dans cet intense désordre. Comme d’habitude, il faut revenir d’abord revenir aux faits et aux textes.

1) Les propos d’Yves Michaud

Voici l’extrait pertinent de ce qu’a dit M. Michaud, le 13 décembre 2000, lors des audiences publiques de la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française:

Moi, j’habite à la lisière du Montréal français et du Montréal anglais, à Côte St-Luc, où, vous avez ça dans l’annexe en document, douze (12) circonscriptions [bureaux de vote], deux mille deux cent soixante-quinze (2 275) votants, aucun oui dans les douze (12) circonscriptions. Aucun oui, deux mille deux cent soixante-quinze (2 275) non. Il y a même pas un étudiant égaré qui a voté oui. Il y a même pas un aveugle qui s’est trompé, ou un mal-voyant. C’est l’intolérance zéro.

Il y a trois (3) explications à cela ou bien d’un vote comme celui-là, alors que les Québécois, eux, votent, exercent leur liberté démocratique, soixante – quarante (60-40) en faveur du oui, cinquante-cinq – quarante-cinq (55-45), là, c’est cent pour cent (100%) contre la souveraineté du peuple québécois. Je le répète, Côte St-Luc, vérifiez dans le rapport du directeur général des élections. Et c’est pas les seuls cas, hein. Je n’ai pas fait toute l’étude.[…]

Pourquoi ? Il y a trois (3) hypothèses quand ça arrive. Un, il y a un phénomène de rejet chez eux. Deux, il y a un phénomène de rejet et peut-être d’hostilité, peut-être de haine. Trois, ils ne nous ont pas compris.

Yves Michaud, citoyen québécois qui, alors, veut devenir candidat du PQ dans la circonscription de Mercier, a parfaitement le droit de tenir ces propos. Il se situe exactement dans son exercice de la liberté d’expression.

Ces propos, il faut le dire clairement, ne sont pas antisémites. (Bien qu’il soit légal de tenir des propos antisémites.) Cependant, ils concernent directement la communauté juive anglophone qui constitue le groupe principal habitant Côte Saint-Luc. Chacun sait (sauf, apparemment, Amir Khadir) que Côte Saint-Luc et Communauté juive anglophone sont quasi-synonymes.

Mais les juifs anglophones ne sont pas les seuls à voter dans Côte Saint-Luc. M. Michaud a donc raison d’utiliser le terme plus général « allophones » pour désigner ces électeurs.

Sur le fond, que dit-il ? Que les citoyens québécois habitant dans ces douze bureaux de scrutin, parce qu’ils se sont exprimés à 100% contre la souveraineté lors du référendum de 1995, sont coupables soit de « rejet », soit de « rejet et hostilité », soit d’incompréhension du message des souverainistes.

Cette opinion de M. Michaud est évidemment hautement discutable. Le projet souverainiste vise, fondamentalement, à donner aux francophones du Québec, minoritaires au Canada, un pays où ils deviendraient majoritaires. Les membres de la communauté anglophone vivent déjà dans un pays où ils sont majoritaires et il est parfaitement normal qu’ils votent massivement contre un projet qui les transformerait en minoritaires. De même, il est normal que des immigrants accueillis par le Canada se sentent, du moins dans un premier temps, loyaux envers leur pays d’accueil.

C’est pourquoi je suis extrêmement reconnaissant à la minorité d’anglos et d’allos qui, par intégration extrême, votent Oui lors des référendums québécois sur la souveraineté. (Et c’est pourquoi j’ai toujours considéré comme un piège idéologique le test imposé par les fédéralistes voulant que l’appui à la souveraineté ne soit légitime que si elle devient plus qu’anecdotique chez les non-francophones. C’est un non-sens sociologique et politique.)

J’use de mon droit à la liberté d’expression pour dire — comme j’ai déjà dit face-à-face à Yves Michaud lors d’une entrevue à Radio-Canada — que ces propos sont condamnables. Ils constituent un déni du droit démocratique de chaque citoyen de voter tel qu’il l’entend, selon son opinion et son intérêt.

La question de l’unanimité — 100% — de ces électeurs pose évidemment problème. Et il est vrai que nous avons des indices de pression forte, dans des milieux non-francophones en 1995, contre les individus qui s’aventuraient à penser voter Oui. Ces pressions sont, elles aussi, condamnables.

Mais au delà, pour suivre la logique de M. Michaud, il faudrait établir un taux en-deçà duquel le refus de voter Oui serait démocratiquement acceptable. Devrions-nous dire 72% ? Le taux de vote pour le Oui des francophones du centre de Montréal? Cela exclurait les quelques électeurs de l’île d’Anticosti. Ils ont voté Oui à 100%. Font-ils preuve d’intolérance ?

2) L’impact sur le débat politique

Au moment où il tient ces propos, M. Michaud ne pouvait ignorer leur impact politique. Avant le référendum, le regretté Pierre Bourgault avait usé d’un argument similaire (assimilant au « racisme » l’unanimité anti-souverainiste de certaines communautés) ce qui avait forcé Jacques Parizeau à ne plus l’utiliser comme conseiller, à mon plus grand regret.

Le soir du référendum, dans une déclaration tragique, pour lui et pour nous, M. Parizeau avait tenu les propos que l’on sait, segmentant les votes des francophones et des non-francophones. L’impact fut terrible et mis les souverainistes sur la défensive sur la question identitaire pendant, exactement, 12 ans.

En reprenant cette rengaine devant les États Généraux, M. Michaud, personnalité souverainiste très en vue, mettait du gros sel sur cette plaie et rejetait le mouvement souverainiste sur la défensive, à son point le plus vulnérable.

Soyons clair: je ne conteste pas à Yves Michaud le droit de s’exprimer, ni le droit de causer un tort politique à son propre camp. Mais il faut reconnaître que c’est là l’impact, totalement prévisible, des paroles qu’il a prononcées.

3) Les libéraux sautent sur l’appât

Le lendemain 14 décembre les libéraux de Jean Charest, alors dans l’opposition, bondissent sur la déclaration d’Yves Michaud et proposent la motion sans préavis qui suit et qui :

« dénonce sans nuances, de façon claire et unanime, les propos inacceptables à l’égard des communautés ethniques et, en particulier, à l’égard de la communauté juive, tenus par Yves Michaud lors de la Commission des États généraux de la langue française à Montréal »

La motion est, à mon avis, correctement écrite. Le problème réside dans son existence même. Les libéraux de Jean Charest n’hésitent pas un instant, pour un gain politique, à transformer l’Assemblée nationale en « tribunal populaire » — précisément ce que M. Charest dénonce aujourd’hui.

Il y avait un précédent. Le 19 mars 1997, sur proposition de l’alors chef de l’opposition libérale Daniel Johnson, l’Assemblée avait voté à l’unanimité moins un (l’alors seul député de l’ADQ, Mario Dumont) une motion de blâme contre une émission de TVA fondée sur un livre du  journaliste André Pratte (Le syndrome de Pinnochio), dont le thème central était l’utilisation du mensonge par les figures politiques.

La motion se lisait comme suit:

«Que les membres de cette Assemblée déplorent les propos, le thème et les procédés de l’émission Un jour à la fois diffusée au réseau TVA le 17 mars 1997, lesquels discréditaient l’ensemble des hommes et des femmes élus et candidats à tous les niveaux de gouvernement, scolaire et municipal, provincial et fédéral.»

J’étais présent lors de l’événement (mais j’avais démissionné avant l’affaire Michaud) et j’ai conseillé au Premier ministre Bouchard de refuser d’appuyer cette motion. Il me semblait, et il me semble toujours, absurde qu’une assemblée parlementaire donne, par un vote, son opinion sur des commentaires émis par des citoyens ou, a fortiori, par des journalistes. Faudrait-il aussi féliciter, par motion, une déclaration ou une émission remarquable ?

Il y a eu des suites. Deux fois, la Chambre des communes a sanctionné des propos de journalistes. Dans le cas des écrits stupides de la journaliste du Globe and Mail Jan Wong sur les liens entre la loi 101 et les tueries de Dawson et de Polytechnique puis, plus récemment, pour condamner l’article de Maclean’s sur la corruption au Québec. Deux cas, encore, inacceptables d’ingérence de l’institution politique dans l’exercice de la liberté d’expression.

Le principe est pourtant simple. Les Assemblées parlementaires sont les garantes des droits des citoyens. L’Assemblée nationale a voté la Charte québécoise des droits de la personnes, dont la liberté d’expression est un élément capital. Elle ne peut pas, ensuite, en tant qu’Assemblée, décerner des blâmes à tel ou tel citoyen qui exerce ce droit.

Comme député, comme ministre, comme premier ministre, chacun est libre de condamner tel ou tel propos. Et il n’y aurait eu rien de choquant à ce que Lucien Bouchard, de son pupitre, rabroue le souverainiste Yves Michaud. Il aurait également été dans son rôle de chef de parti s’il avait indiqué, ensuite, qu’il refuserait de signer le bulletin de candidature du fameux militant, si ce dernier ne rectifiait pas le tir.

Mais il fut effectivement, pour dire le moins, malhabile et, pour dire le plus, contraire à l’éthique démocratique, de tomber dans le piège posé par les libéraux et d’utiliser la motion parlementaire pour sanctionner les propos d’un citoyen.

Yves Michaud — et André Pratte — méritent donc réparation.

4) Des excuses, lesquelles ?

Le député de Québec Solidaire a déposé la semaine dernière la motion suivante:

« Que l’Assemblée reconnaisse avoir commis une erreur le 14 décembre 2000, en condamnant M. Yves Michaud, dont l’intervention aux États généraux de la langue française, la veille, ne comportait pas de propos offensants à l’égard de la communauté juive. »

Comme je l’ai indiqué plus haut, j’estime que les propos tenus étaient, de manière transparente, offensants à l’égard de la communauté juive. C’est une opinion. Mais en ciblant sa motion sur ce point, Amir Khadir embrouillait tout. La simple volonté de faire voter, par les Libéraux, une motion réparatrice envers Yves Michaud est, en soi, une erreur politique. Amir aurait voulu nuire au PQ, et à la cause souverainiste, qu’il n’aurait pas fait autrement. Partisan du bénéfice du doute, je préfère penser qu’il fut, en ce cas, gauche et… inefficace !

Pauline Marois, elle, a pris un autre biais, tout aussi critiquable. Dans une lettre envoyée au président de l’Assemblée, Yvon Vallières, elle propose:

un mécanisme qui, tout en préservant les droits et privilèges de l’Assemblée nationale à adopter toute motion ou ordre qu’elle juge nécessaire, permettra d’entendre toute personne ou organisme qui ferait l’objet d’une motion de blâme, et ce, avant que l’Assemblée nationale elle-même ne soit saisie d’une éventuelle motion.

Deux remarques.

D’abord, cela signifie que si un parti dépose une motion de blâme à l’Assemblée, le citoyen mis en cause serait convoqué pour s’expliquer avant que la motion ne soit mise au vote. Ce résultat serait ENCORE PIRE que la motion Michaud et la motion Pratte. Les deux pauvres citoyens auraient ainsi été traînés devant des élus alors réellement transformés en tribunal populaire. Ils auraient été sommés de s’expliquer ou de se rétracter, sous peine de motion de blâme des élus du peuple. De grâce, Mme la Chef de l’opposition, éloignez ce calice.

Ensuite, on sent que la proposition Marois exprime la volonté de ne réduire en aucun cas la souveraineté de l’Assemblée. Souci légitime mais qui, en l’espèce, est superflu. Admettons que l’Assemblée adopte une règle d’usage générale lui interdisant de sanctionner un citoyen usant de sa liberté d’expression. Supposons ensuite un cas extrême : un scientifique québécois de renom gagne le Prix Nobel et, lors de son allocution solennelle à Stockholm, affirme que le chef du gouvernement québécois est un zombie nazi à la solde de la Corée du Nord*. L’Assemblée, qui est souveraine, pourrait affirmer que, nonobstant son règlement (ou en suspendant son règlement), elle tient à dénoncer ces propos mensongers.  La règle générale tiendrait lieu de frein. L’exception permettrait l’exceptionnel.

5) Et pour tout de suite, que faire ?

Yves Michaud et moi sommes d’accord sur un point (en fait, sur plusieurs, mais, en l’espèce, sur un point): Il ne sert à rien de tenter de faire voter quoi que ce soit par l’Assemblée nationale actuelle. Les Libéraux ne demandent qu’une occasion pour renverser les tables et faire le procès du PQ.

Je comprends aussi que plusieurs députés péquistes estiment toujours, à bon droit, que les propos tenus il y a 10 ans par M. Michaud sont critiquables et ne veulent pas s’excuser de les avoir critiqués.

Il me semble cependant que les députés péquistes ayant voté la motion de décembre 2000 et siégeant toujours pourraient très bien envoyer une missive publique à M. Michaud indiquant que:

Quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur les propos que vous avez tenus il y a dix ans, il nous apparaît clair, avec le recul, qu’il n’appartenait pas à l’Assemblée nationale d’en être saisie, en tant qu’institution. Nous regrettons aujourd’hui avoir participé à un vote dont l’impact fut disproportionné eu égard, d’une part, aux propos tenus et, d’autre part, à votre importante contribution à la société québécoise et au mouvement souverainiste, contribution que nous tenons à saluer ici. Nous comptons faire en sorte que le type de motion dont vous avez été malheureusement victime ne soit plus utilisée par l’Assemblée nationale que dans des cas exceptionnels et, jamais, sans préavis.

–   –   –

Pour en faciliter la lecture, je reproduis ici mon bref échange avec M. Yves Michaud dans la section commentaires du blogue:

Yves Michaud :
décembre 7, 2010 à 7:40

Jean-François,
1)Votre opinion est discutable mais fort bien étayée. Vous savez mieux que moi que les Américains décortiquent avec une précision chirurgicale les votes des noirs,des hispaniques, des catholiques, des blancs du Sud et du Nord, et tutti quanti.
2)Trouvez-moi cependant un mot,un demi-mot, un soupir, dans ma prestation aux États généraux de la langue française offensant à l’égard de la communauté juive ?
Yves Michaud
P.S. Parrain d’un garçon juif, David Anselem, ma femme maraiine d’une fille juive, NELLIE GUEDJ.Étonnant profil pour un antisémite ?
Cordiales salutations.

Jean-François Lisée :
décembre 7, 2010 à 9:53

@Yves Michaud
Cher Yves, merci pour votre commentaire.

Je tiens cependant à répéter, comme je l’écris dans le billet, que vos propos ne sont pas antisémites. Critiquer le comportement référendaire d’un groupe d’électeurs principalement juifs n’est pas de l’antisémitisme. Pour le reste, j’en reste à ma démonstration, sur laquelle nous n’avons pas à être en accord. L’essentiel, il me semble, est que les députés du mouvement politique qui est le vôtre expriment leur regret quant à l’existence de la motion dont vous avez été victime.

bien cordialement,

Jean-François

J’ajoute également l’échange avec M. Gaston Deschesnes, auteur d’un ouvrage récent sur le sujet, L’affaire Michaud:


Gaston Deschênes
Envoyé le 2010/12/07 à 13 h 51 min

Monsieur Lisée,

1) Votre interprétation des “propos inacceptables” illustre à quel point cette affaire est tordue. L’offense contre les juifs tiendrait dans les propos de Michaud sur le vote “unanime” dans Côte Saint-Luc? Je ne me souviens pas avoir vu cette interprétation à l’époque. Avant la motion, B’Nai Brith se plaignait des propos de Michaud sur la “souffrance” à l’émission de Paul Arcand. Après l’adoption de la motion, Landry et Simard prétendaient que Michaud avait banalisé ou nié l’Holocauste. Prétendre aujourd’hui que Michaud visait la communauté juive en parlant du vote unanime dans douze polls m’apparaît un procès d’intention, ou le résultat d’une recherche désepérée de propos offensants dans l’intervention de Michaud aux États généraux. Laisser entendre qu’il a nié le droit de chaque citoyen de voter comme il l’entend est particulièrement injuste car Michaud disait exactement le contraire dans Paroles d’un homme libre publié quelques semaines auparavant.

2)La motion de mars 1997 ne peut absolument pas être invoqué comme précédent car il s’agissait alors d’une réponse de l’Assemblée à des propos dirigés contre ses membres (assimilable à un outrage). Cette motion ne visait pas Pratte et n’aurait jamais vu le jour si l’émission en question n’avait pas tenu un concours disgracieux. En outre, elle se contentait de “déplorer” (comme on déplore un accident de la route) et cette affaire est rapidement morte de sa belle mort, l’éditeur de Pratte se servant même de la motion comme argument de vente.

3) J’attends plusieurs personnes blâmer Amir Khadir, ce qui me semble assez mal venu de la part de gens qui ont dormi sur ce dossier depuis 4 ans, soit depuis que le juge Beaudouin a écrit que l’Assemblée nationale avait commis une injustice. Monsieur Khadir a sollicité la collaboration du PQ et du PLQ deux semaines avant de soumettre sa motion. Les deux sont restés coi.

4) Vous avez parfaitement raison de rejeter la proposition faite au président par le PQ. Baliser les futures motions de blâme serait reconnaître au Parlement le pouvoir de blâmer pour autre chose que les outrages au Parlement qui sont déjà prévus au Règlement, donc légitimer ce qu’on ne veut plus faire! Il ne faut cependant pas partir en peur: le président ne fera rien sans l’aval du leader du gouvernement…

5) Votre proposition de missive collective est pertinente. Pour le PQ. Elle laisse l’Assemblée nationale avec sa tache.

Gaston Deschênes
Québec

Ma réponse:

@Gaston Deschênes,
D’abord merci pour apporter votre éclairage précieux dans cette discussion.
Sur le point (1), vous avez évidemment procédé à un inventaire minutieux des réactions des uns et des autres dans cette affaire pour votre récent ouvrage. Je n’étais à l’époque qu’un citoyen, souverainiste, attentif à l’affaire. Je me souviens avoir réagi spécifiquement à cet aspect du témoignage de M. Michaud, le trouvant particulièrement dommageable dans l’état du débat sur le nationalisme.

Je me souviens avec vous que d’autres déclarations de M. Michaud ont été évoquées. Aucune ne me paraissait antisémite. Le fait que M. Michaud ait dit ou écrit, ailleurs, le contraire de ce qu’indique ses propos très durs à l’endroit du vote référendaire des allophones de Côte-Saint-Luc est intéressant mais n’efface pas son témoignage qu’il assume toujours, à ce jour (ce qui est son droit le plus strict).

Sur le point (2) j’étais présent et je comprends les distinctions que vous y apportez, d’un point de vue de parlementaire.  Cela ne satisfait pas le journaliste que je fus et suis redevenu et qui a jugé hautement répréhensible qu’une Assemblée parlementaire « déplore », en tant qu’institution, la liberté des médias de critiquer les parlementaires. Le nom d’André Pratte n’était pas dans la motion, mais était sur toutes les lèvres comme le pelé, le tondu, dont venait tout le mal.

Je ne commente pas le point (3), n’étant pas suffisamment informé des démarches des uns et des autres. Nous sommes d’accord sur le point (4). Mais l’essentiel est que nous nous rejoignions sur le point (5), ce qui me réjouit grandement.

Bien cordialement,
Jean-François

* J’ai modifié mon exemple extrême à la suggestion d’alertinternautes.

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Excellente réflexion ‘froide’.

Je persiste personnellement à ajouter le fardeau à Michaud d’avoir donné le trone à J.J. Charest, la pire des conséquences de sa grande ‘trappe’.

Que par son entêtement personnel de ne pas s’être excusé pour éviter ‘la motion’, à fait payer TOUTE la population de son imprudence dans son opinion partagée par une très petite minorité, et qui n’est d’ailleurs même pas pertinente pour le destin du Québec.

Quand ma génération est écoeuré de ces élites, c’est à cause de cet héritage qui nous coûte une fortune, au moins 40 milliards de fois!

Repartir ce débat est d’un arrière goût, une de trop pour les anales.

Je suis d’origine juive et je n’ai jamais été choqué des propos de Michaud, bien qu’à l’époque j’étais assez jeune!

Je pense que certain profite de ce types de propos sortis hors contexte afin de se faire du capital personnel ou de tout simplement nuire à l’autre!

L’histoire de Michaud n’a pas seulement nuie à l’homme, elle a aussi nuie à ma communauté et à ceux qui combattent le véritable racisme!

La déclaration de Yves Michaud fut malhabile, et il ne fallait pas en faire le plat que l’Assemblée nationale en avait fait il y a 10 ans. Que le PQ ait risqué d’apparaître comme antisémite était cependant un péril réel, tellement la question était mal posée. Antisémite ou «intolérant» vis-à-vis les tenants du NON. Monsieur Michaud aurait sans doute mieux fait de chercher à comprendre pourquoi ses propres compatriotes de la région de Québec – notre capitale «soidisant «nationale» – avaient voté pour le OUI en si faible proportion. On comprend la peine des Michaud et Parizeau d’avoir constaté comment la communauté anglo-allo-phone avait rejeté si massivement le projet d’un pays du Québec. Et pourtant, on s’étonne aujourd’hui de leur naïveté. Cependant ajoutons une nuance importante, et en cela vous me décevez, cehr monsieur Lisée, de si mal citer votre ancien chef monsieur Jacques Parizeau. Il avait dit que nous avions été défaits «au fond par deux choses, l’argent pi DES votes ethniques» (réécoutez la bobine). Je constate que les médias fédéralistes ont tellement martelé leur fausse description de ces paroles que même vous y avez succombé : ils ont toujours rapporté que monsieur Parizeau avait dit «l’argent pi LES votes ethniques», ce qui le faisait passer carrément pour raciste à cause de la généralisation. Je répète « DES votes ethniques» et «LES votes ethniques», ça n’a pas du tout la même portée. C’eût été un reportage du New York Times qui aurait mentionné que «many ethnic votes» avaient voté pour le NON, et personne n’aurait remis en cause la qualité journalistique. Vigilance oblige, il faudra toujours éviter d’accuser nos compatriotes anglo ou allophones de favoriser plutôt aveuglément le fédéral. Mettez-vous à leur place : manipulés et apeurés par tout ce qui s’appelle médias fédéralistes, pourquoi appuieraient-ils un groupe divisé en deux clans de frères ennemis ? Il est évident qu’ils seraient les derniers à se rallier, et bien après que les québécois francophones aient d’abord décidé de se regrouper en une majorité suffisamment claire favorable à se donner un pays, et cela est normal. Il faudra toujours tout faire pour éviter de donner raison à ce méprisant Trudeau qui nous traitait de nationalistes attardés xénophobes et repliés sur nous-mêmes. C’est seulement une fois la Québec vraiment devenu souverain qu’Il pourra faire à la face du monde la démonstration qu’Il forme une société inclusive et tolérante ouverte à tous ceux et celles qui veulent vivre leur vie publique en français, sur les bords de notre grand fleuve.

«[C]es propos sont condamnables. Ils constituent un déni du droit démocratique de chaque citoyen de voter tel qu’il l’entend, selon son opinion et son intérêt.»

Là c’est vous qui errez JFL, les allophones, les immigrants ne nous comprennent pas précisément parce que nous ne nous donnons pas les outils pour qu’il soient en mesure de nous comprendre. C’est cela que Monsieur Michaud explique plus loin dans son allocution, allez la relire. Ces outils consistent à redonner à la loi 101 son mordant…

Ensuite, ce qui est inacceptable, c’est que ce rejet, qui a tout d’un rejet justement du «eux contre nous» ne puisse être dit comme tel, alors que du côté du non, on démonise justement les «sépartiss» en les voyant comme des partisans «ethniques» là où le vote de certaines ethnies est justement cela, un vote en bloc, un vote ethnique.

Ce refus est insultant et je me demande combien de «non» chez les Québécois des régions aurait été des «oui» si on avait correctement disséqué cette attitude de rejet si on montrait que certaines ethnies ne rejettent pas tant l’indépendance MAIS QU’ILS NE VEULENT RIEN SAVOIR DES QUÉBÉCOIS NI D’ÊTRE IDENTIFIÉS COMME TELS.

Pour preuve, ils défusionnent. Les défusions étaient-elles généralisées à l’échelle de la province? Non. Les anglos, les allos sont solidaires entre eux, mais ne veulent pas partager avec les Québécois francophones du reste de l’île, voilà mon interprétation du non au fusion sur le non au référendum.

Qu’y a-t-il de condamnable à le dire? Quand madame Panet à Saint-Hyacinte qui ne croit pas qu’il faille étendre les dispositions de la loi 101 au Cégep et qui a voté non aux deux référendums le comprendra, je pense qu’elle va dire ÇA VA FAIRE…

Si des Albanais débarquent en Allemagne et refusent de se germaniser, s’étonnera-t-on que les Allemand parlent «d’eux» qui ne veulent pas être une partie du «nous»?

En quoi est-ce si terrible d’affirmer que c’est ce qui se passe au Québec? En quoi est-ce condamnable de prendre des dispositions pour cesser d’angliciser le Québec. En quoi est-ce terrible de vouloir que ce «eux» deviennent des nous?

Ça passe par le français. Il n’est pas normal que 8% de la population assimile 50% des immigrants, voilà où s’en allait Monsieur Michaud.

Je ne comprend pas très bien la situation. Si elle est injuste envers un citoyen, elle devrait être annulée.

C’est-à-dire que ceux qui ont voté pour la motion érronée devraient s’en excuser. Michaud (que je ne connais pas) a tenu des propos malveillants, mais qui n’avaient pas de portée illégale. Pourquoi les élus devraient-ils condamner l’expression?

Je veux dire, si le vote condamne quelqu’un, et que la motion est après coup erronée, et qu’on se rend compte que la motion n’avait rien de vrai (même si les propos étaient limites), ne serait-il pas du devoir des parlementaires de 1- éliminer comme vous suggérez les blâmes sur l’expression (avec un bémol, un blâme peut être possible dans des cas de politique étrangère) et 2- ne serait-il pas valable de penser que TOUS les députés présents devraient s’excuser?

Je veux dire, si il y a eu injustice, pourquoi seul le pq devrait être celui qui s’excuse? Et comme dit Médiamaniaque (que je connais bien), pourquoi le parlement est-il autant partisan? Les libéraux devraient-ils s’excuser d’avoir été à l’initiative de la motion? Je ne comprend pas très bien le cas «Michaud».

EJ

En bref, les séparatistes trahissent ENCORE l’un des leurs, comme l’affirme Monsieur Michaud lui-même.

Nos péquistes se sont fait avoir par Jean Charest, comme de la bleuzaille…

Et ça veut diriger un pays!!!

Au sujet de l’aspect « condamnable » des propos de M. Michaud, ou de Bourgault, je comprends parfaitement votre point de vue, et j’aimerais le partager, mais j’aimerais faire valoir un petit argument. Il me semble clair que ce type de commentaire ne vient pas du ciel, ou d’une méchanceté pure. Il m’apparaît comme réponse à quelque chose, comme une part de la dialectique canado-québécoise.

Vous savez comme moi que pour ces 2 souverainistes-là ayant ces propos, il y a environ 20 000 Canadiens anglophones (un estimé aproximatif) qui croient le vote des francophones souverainistes illégitime – et suspect, c’est bien le moins qu’on puisse dire.

En fait, dans le Canada anglophone, l’idée qu’un souverainiste francophone est un redneck frustré qui aime le bruit des bottes et passe ses samedis soirs à caresser son semi-automatique… n’est pas une opinion ultra-minoritaire, disons cela. …et nos protestations à ce sujet sont pas mal plus polies, quand il y en a (!) – et ce pour l’unique raison que nous n’avons pas la force du nombre pour imposer notre conception des choses. Je rappelle que M. Michaud a dit s’être fait cracher au visage en pleine rue par une anglophone, à cette époque. Pendant ce temps, une majorité de Québécois considère (avec raison) que Mordechai Richler est un grand écrivain québécois…

Alors, on va sans doute sortir la ritournelle du « ce n’est pas une raison pour tomber à leur niveau », et du « ah, nous, nous somme du camp de Saint-René-de-la-Divine-Démocratie »… Nous somme aussi du camp de ceux qui perdent, et qui ont perdu depuis, oh, un peu plus de deux siècles.

Émanciper un État et affaiblir un autre est un type de geste politique qui, dans l’histoire du monde, a toujours nécessité une part de logique machiavélienne. …pour ceux qui ont gagné, en tout cas. J’aimerais que la formation d’un État nouveau se fasse avec des fleurs et des danses, mais les choses sont ainsi. « L’indépendance, ça ne se quémande pas, ça se prend », disait l’autre… Voilà pourquoi je suis d’accord avec vous en principe, mais que j’ai du mal, malgré moi, à l’être en pratique.

Monsieur Lisée,

voilà qui me paraît juste et équitable envers notre pugnace compatriote, robin des banques.

Il serait grandement souhaitable que celles et ceux qui prennent le micro, sur toutes les tribunes, partout et en tous temps, réalisent que les fédéralistes, compte tenu de la vacuité de leur argumentaire, font brûler des lampions afin que l’un de nous en vienne à tenir des propos ambigus, matière à controverse.

Les politiciens mercenaires et plumitifs de service sont passés maîtres dans l’art de récupérer, pour les monter en épingle, les moindres paroles teintées d’ambigüité, prononcées dans des moments d’émotion ou de frustration intenses. Si tôt prononcées, ils, elles s’en empareront, les tritureront, travestiront, les amplifiant et les citant hors contexte, pendant des décennies, afin de nous diviser durablement.

Quelque fumiste poussera même l’outrecuidance jusqu’à prendre les paroles d’une personne pour ensuite tenter de les mettre dans la bouche d’une autre.

Sachant cela, notre devoir consiste à nous tourner la langue au moins sept fois et à ne pas laisser l’émotivité ou la frustration nous emporter devant les médias. À moins de tenir absolument à faire la une…

Notre point le plus faible, c’est la dissension. Nos adversaires eux, le savent!

Je souhaite ardemment que nous réglions correctement cette affaire et que nous poursuivions l’accomplissement de notre émancipation.

En ce qui a trait à l’affaire Michaud, je trouve votre suggestion très sage. Et un pareil geste permettrait de clore une fois pour toutes ce sujet récurrent parce que non réglé.

Ni l’Assemblée nationale ni la Chambre des communes ne doivent s’ériger en tribunaux populaires pour censurer la liberté d’expression qui est déjà trop malmenée et bien trop encaquée.
En 1880, John Swinton déclarait:
« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »
Et ceci est d’autant plus vrai aujourd’hui aux USA, au Canada qu’au Québec avec les grands empires qui exercent leur hégémonie sur l’information. Alors, l’Assemblée nationale et la Chambre des communes, plutôt que de s’ériger en tribunaux populaires de censure, devraient jeter un regard approfondi sur ce contrôle dictatorial de l’information

Il y a beaucoup de finesse et de sagesse dans vos propos sur l’affaire Michaud, sauf quand vous faites écho à une opposition entre nationalisme identitaire et nationalisme civique.

Je dis sauf parce qu’en y faisant allusion, vous présentez le projet de pays du Québec comme celui des francophones, ce qui serait tout sauf civique.

C’est là que ça cloche parce que cela vous conduit à avoir à l’égard des autres Québécois qui appuient ce projet une condescendance qui rappelle l’«ouverture serrée » du clergé face au laïcisme dans les années 1950-1960.

Tant vos propos que ceux d’Yves Michaud font sens uniquement dans une approche ethnoculturelle du projet de pays. Or, un pays n’est pas une question d’identité au sens culturel. Mais de cadre politique qui devient un substrat à l’affirmation de citoyens et de citoyennes. En gros, un pays, c’est avant tout un cadre politique qui crée une société de droit. Et vous le savez très bien

En fait, mêler politique et identité, c’est comme mêler laïcité et religion. Ça fusionne la politique à l’identité et la laïcité à la religion. À ce jeu, la politique et la laïcité perdent leurs véritables sens alors que l’identité et la religion demeurent les seules assises de la vie en société.

C’est un terrible gâchis pour la conscience et un aussi terrible pour la démocratie.

Si l’affaire Michaud advient, ce qui est une aberration, peut-être est-ce parce que les concepteurs dudit « projet des francophones » furent à découvert dans un lieu politique et s’en sont servis pour se cacher la face.

En quelque sorte, l’affaire n’advient pas de fédéralistes accusateurs et d’astuces du PLQ de l’époque, mais d’une approche identitaire plutôt que politique que les péquistes cachaient et ont préféré maintenir cachée en chargeant sur un Michaud qui a toujours cherché une zone de confort pour le peuple auquel il dit appartenir.

Dès lors, ces péquistes sont parus et paraissent encore mêlés parce qu’ils mêlent les choses. Ce que quelques-uns ont reconnu depuis.

Le propriétaire du dépanneur près de chez moi, immigrant depuis dix ans en provenance du centre de la Chine, a une fille qui deviendra docteur en médecine de l’Université de Montréal en 2011.

Dimanche, après lui avoir demandé quelle était la langue du journal qu’il lisait, nous avons commencé à échanger sur la Chine dont il fut fier de me parler. Après un certain temps, il m’a demandé si j’étais un Québécois de souche, pure, demie ou quart. Je lui ai dit que je suis né ici et que je suis heureux qu’il y habite. L’essentiel.

Là, j’ai appris qu’il n’était pas très heureux. Il n’est pas très heureux parce qu’ici depuis dix ans il est toujours l’immigrant chinois, ce qu’il se fait dire, en parole, en regard ou autrement, tous les jours. La référence à la souche le gruge. Et je le comprends très bien.

Vous rappelez les trois hypothèses de Michaud dans votre mot: 1) rejet; 2) rejet et hostilité; 3) incompréhension. Il en manque une quatrième : perception d’exclusion ou perception de ne pas être d’ici. Une hypothèse qui lit l’autre comme l’autre se sent et non comme l’un le perçoit, ce « l’un » étant auto-défini comme porteur d’une transcendance. Une transcendance qui le place quelque part près d’une souche comme les membres du clergé étaient bercés par les mains de Dieu.

Cette quatrième hypothèse est aussi absente de vos propos. Ça va de soi parce que cette perception d’exclusion vous la banalisez en disant que le Canada, pour les anglophones et les immigrants, est leur pays d’identification et d’adoption.

FauxMon dépanneur, qui deviendra un ami parce que nous sommes sur la même longueur d’ondes, ne fait pas du Canada son pays. Il veut seulement ne pas se sentir de seconde zone dans le pays du Québec. C’est la même chose pour mes deux voisins de condo, anglophones, qui ne sont pas associés d’une quelconque manière aux dirigeants canadiens et aux valeurs que le Canada met de l’avant, les deux étant républicains, francophiles et désireux de participer comme citoyens à la construction du Québec.

Et, pour qu’ils ne se sentent pas ainsi, ce pays doit être un pays de citoyens et de citoyennes qui le veulent et qui le construiront.

Que ce pays soit de langue française, mon dépanneur l’accepte. Sa fille aussi. Sa femme aussi. Mes voisins de condos aussi. Là n’est pas la question. La question est plutôt la frontière interne qui, comme la religion à l’époque de la promotion de la laïcité, tranche entre le gens biens et les autres.

Yves Michaud a pu s’étonner de certains résultats. C’est son droit. À l’époque de cette motion, j’ai dénoncé publiquement le geste des membres de l’Assemblée nationale. Pour des raisons de droit. Comme vous. Aussi pour d’autres motifs, différents des vôtres parce que je les associe à une conception citoyenne de la vie politique, évidemment de tout projet politique.

Ces motifs rejoignent ceux et celles qui, au Québec, ont voulu instituer un pouvoir politique autre que britannique en 1763 et en 1775-76, puis en 1834-38, et autre que Canadien depuis, disons, les années 1960.

Mais diffèrent des conceptions de ceux et celles qui ont cherché à aménager les pouvoirs du Québec avec les détenteurs du pouvoir britannique (1774 et 1867) et du pouvoir canadien (1960, 1980 et 1992). Voire qui s’investissent aujourd’hui dans cette direction, l’approche identitaire y conduisant.

Jean-François,

1)Votre opinion est discutable mais fort bien étayée. Vous savez mieux que moi que les Américains décortiquent avec une précision chirurgicale les votes des noirs,des hispaniques, des catholiques, des blancs du Sud et du Nord, et tutti quanti.

2)Trouvez-moi cependant un mot,un demi-mot, un soupir, dans ma prestation aux États généraux de la langue française offensant à l’égard de la communauté juive ?
Yves Michaud

P.S. Parrain d’un garçon juif, David Anselem, ma femme maraiine d’une fille juive, NELLIE GUEDJ.Étonnant profil pour un antisémite ?
Cordiales salutations.

@Yves Michaud
Cher Yves, merci pour votre commentaire.

Je tiens cependant à répéter, comme je l’écris dans le billet, que vos propos ne sont pas antisémites. Critiquer le comportement référendaire d’un groupe d’électeurs principalement juifs n’est pas de l’antisémitisme. Pour le reste, j’en reste à ma démonstration, sur laquelle nous n’avons pas à être en accord. L’essentiel, il me semble, est que les députés du mouvement politique qui est le vôtre expriment leur regret quant à l’existence de la motion dont vous avez été victime.

bien cordialement,

Jean-François

Oui, d’accord. Sauf que je n’arrive même pas à voir là des propos conmdamnables. Tout au plus une analyse sommaire et baclée, indigne de l’homme qui la propose, mais assurément pas de propos antisémites et pas davantage condamnables.

Je suis passablement d’accord avec l’analyse proposée par Lisée. Mais pour moi, qui suis modérément «chomskien», je trouve que la démocratie implique que les opinions d’un citoyen ne doivent relever du code criminel que dans des circonstances extrêmes et claires. Aussi, l’État, le parlement ou le gouvernement ne peuvent avoir comme rôle de JUGER un citoyen ou de déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux.

JSB

VOICI UN COURRIEL QUE J’AI FAIT PARVENIR À AMIR KHADIR:

BONJOUR, AMIR KHADIR!

Je veux féliciter profusément Amir Khadir et blâmer sévèrement le PQ. Yves Michaud a été victime d’une des plus grandes injustices de toute l’histoire du Québec et rien n’est fait pour réparer cette turpitude. Depuis quand le gouvernement (ou l’État) a-t-il comme fonction de blâmer des citoyens ou de déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux? Le grand Noam Chomsky a souvent condamné ces États qui décrètent la vérité historique, qui déterminent ce qui est vrai et ce qui est faux.

En 2008 j’avais soumis à Radio-Canada un texte sur la liberté d’expression et je me permets de vous faire parvenir ledit texte.

12 mai 2008- 7 h 45 (Radio-Canada)
Je suis sociologue des médias depuis quelques années et ma thèse sur la liberté d’expression est passablement radicale. Si la liberté d’expression existe, il faut nécessairement qu’elle aille très loin et il faut que les limitations soient justifiées et essentielles. Comme l’intellectuel états-unien Noam Chomsky, je pense que la liberté d’expression, c’est le droit de dire des bêtises, c’est le droit de dire ce qui semble être stupide et «con». Beaucoup de grand penseurs, dans le cours de l’histoire humaine, ont formulé des théories ou avancé des idées qui, dans le contexte de l’époque, semblaient «bêtes» et «sottes». Si comme Robert Faurisson, en France, je juge que l’holocauste a été moins terrible que ce que la plupart disent, je dois avoir le droit de le dire sans que le code criminel ne vienne me sanctionner. C’est une connerie mais je dois avoir le droit d’assumer mes conneries et inepties.

La plus grande entorse à la liberté d’expression, dans l’histoire du Québec, c’est lorsqu’en décembre 2000, l’Assemblée nationale a blâmé Yves Michaud pour des propos qui, somme toute, étaient très acceptables.

Je termine en citant Normand Baillargeon (Le Couac, mars 2006): «En Occident, les intellectuels, les écrivains, les philosophes ont gagné, par de difficiles combats où certains ont laissé leur vie, le droit à la liberté d’expression. Ce droit n’est pas négociable et il implique le droit de rire de dieu, de tous les gourous et de tous ces zozos qui veulent vivre en suivant les diktats de quelque paysan illlettré ou quelque plouc illuminé ayant vécu il y a des siècles.»

ET VOILÀ! La limite à la liberté d’expression, c’est, autant que faire se peut, le respect des personnes et individus.

AU PLAISIR!
Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias et vieux libertaire déterminé

J’estime que la condamnation de Yves Michaud a été une erreur. Ses propos, à mon sens, n’ont rien d’antisémite. Il ne prononce même pas le mot Juif. Mais comme les Juifs ont la peau sensible, tout de suite ce fut interprété comme antisémite. Et si l’on remarque que Yves Michaud est un modèle de fatuité, alors on a les ingrédients pour un procès d’intention.

Bonjour,
Et tant qu’à moi, Monsieur Yves Michaud n’avait qu’à se la FERMER ! Et comme disait le valeureux latin de service, Monsieur Bernard Landry en s’adressant au dramaturge Monsieur Michel Tremblay qui, du bout des lèvres, avait osé critiquer un peu le projet nationaliste ! Et pour le punir, le valeureux latin de service affirma qu’il ne dépenserait plus jamais un sou pour voir et lire les oeuvres du dramaturge : IL N’AVAIT QU’À SE LA FERMER ! répliqua notre latino national…. Et il en est de même pour ce Monsieur Yves Michaud, cet emprunté qui s’écoute délicieusement pérorer sur tout et sur rien !
Par ailleurs, comme j’observe ces deux phénomènes depuis belle lurette, qui d’entre vous peut enfin me dire si c’est un tic d’élocution : Est ce que Monsieur Bernard Landry fait du Yves Michaud ou bien si c’est l’inverse soit que c’est Monsieur Yves Michaud qui FAIT DU BERNARD LANDRY ? Les deux péquistes ont ce point en commun de s’écouter parler, de pérorer et de s’étioler en de longues phrases creuses qui ne veulent absolument rien dire autre qu’un semblant de logorrhée verbale.
Finalement, pour qu’on est finisse une fois pour toute dans ce Québec où les nationalistes essaient de faire flèche de tout bois, voici quelques strophes de mon ami Plume du temps qu’il habitait rue St André….qui décrit bien la situation loufoque vécue par les bons auspices de nos péquistes à nous autres…concernant Michaud qui aimait tant SE FAIRE VOIR !
Michaud est monté dans un grand pommier,
La branche a cassé,
Michaud est tombé,
Où est donc Michaud ?
Michaud est en bas !
Michaud s’est mis chaud !
Michaud est su l’dos !
Ahhhh ! Relève, relève, relève,
Ah ! Relève, relève Michaud….
En espérant que pour ceux avec une certaine rationalité que le tout les laissera MI-CHAUD, MI-FRETTE…… Au plaisir, John Bull.

Excellent, M. Lisée mais nos députés ne peuvent pas avoir eu, le 14 décembre 2000, raison et tort en même temps.

S’ils ont eu tort, comme vous le soulignez, de voter un blâme non mérité à M. Michaud, selon le droit de parole, ils doivent s’excuser de l’avoir fait.

M. Michaud n’a fait que constater des faits et rien de haineux dans ses propos qui pouvaient être blâmables sauf si on lui fait dire des choses qui pourraient peut-être être sous-entendus et prêter des intentions.

Une erreur qui fait du tort mérite des excuses à la personne lésée…me semble, même si, pour nos députés du PQ, c’est un genre de calice qu’ils aimeraient voir s’éloigner d’eux sauf des 3 députés plus messieurs Facal et Landry qui se sont déjà excusé..

Vous avez encore la bonne solution monsieur Lisée et il faut espérer que vous avez conseillé madame Marois et lui avez fait part de votre solution en l’appellant . Je partage votre avis que ce n’est pas a l’assemblée nationale de régler le cas Yves Michaud et qu’une lettre d’excuse pourrait faire le travail quoiqu’il faut douter que Michaud en soit satisfait ! Dans deux ans et au pouvoir le PQ pourrait amander ce règlement de l’assemblée nationale et aller plus loin dans les excuses …
Dommage que vous avez pas eu assez d’influence pour convaincre votre patron de l’époque Lucien Bouichard de ne pas s’embarquer émotionnellement dans ce dossier …

Merveilleux texte,limpide sans être simpliste,articulé sans être pédant. vous lire, Monsieur est un baume sur la tristesse des discours ambiants, farcis d’opportunisme, d’ignorance et, hélas, de crasse complaisance réactive.
Merci d’exister.

Bruno Leblanc

Très bien votre article M. Lisée. Vous permettez au processus de décantation de s’opérer, ce qui est utile et relativement peu usuel lorsque l’on traite d’un tel sujet.

Bon, quant à votre “opinion” sur le caractère offensant “des propos de Michaud à l’égard de la communauté juive”, on repassera. L’épiderme de mes amis juifs est souvent très sensible, et parfois leur paranoïa (ou si vous préférez leur “sens de l’histoire”) agit comme un puissant aimant qui les place parfois dans de malencontreuses situations .

Par effet d’habitude et souvent inconsciemment, plusieurs attirent vers eux des propos qui sont vraiment méprisants, ce qui est malheureureux. Juifs et non juifs n’échappent pas à cette dynamique d’attraction. Et une bonne dose d’humilité est requise pour accepter notre responsabilité dans ce phénomène d’attraction. Sur le sujet de la science et de la pensée et ces effets: http://www.brucelipton.com/book-excerpts/ Michaud n’a pas échappé à cette dynamique et au risque de sonner simpliste, je crois dans son cas, que la colère non résolue qui l’habitait a attiré cet événement. Une opportunité lui était donnée de reconnaître en lui, les éléments de résonance avec le contexte et de ce fait, l’occasion de s’en libérer. Pas sûr qu’il y soit parvenu mais enfin…

D’autres, incapables de cette humilité, iront plus loin. Enchaînés à un syndrome persistant de victimisation, ils iront jusqu’à chercher à percevoir certains propos comme méprisants même si ils ne le sont pas dans la réalité.

Enfin,pour les plus malveillants ou troublés,plus rares ceux-là, ils s’organisent pour que d’autres se joignent à eux dans leur méprise de la réalité. Ils font tout pour que “les autres” puissent à leur tour, percevoir le caractère méprisant de certaines paroles, images ou écrits même si encore une fois, ces derniers ne le sont pas.
______

L’affaire Michaud, si on pousse plus loin notre recherche, nous ramène encore une fois, et malheureusement aux “Marais” de Sagard. Michaud, en s’attaquant directement aux banques et à l’empire Desmarais, devenait une écharde dans le pied de l’establishment…et dont on devait se débarrasser tout en douce, via nos amis au salon bleu. L’accuser d’antisémitisme, revenait à l’accuser de pédophilie, les dommages étaient instantanés.

Mais si la vapeur devait se retourner contre les instigateurs de cette motion de blâme, ce qui est relativement rare dans l’histoire (compte tenu de la force d’imprégnation de telles accusations dans le psyché des citoyens), je vous prédis que cet événement sera retenu par l’histoire comme un élément déclencheur à la reprise de l’Assemblée nationale par les citoyens des mains des politiciens.

Justement au sujet des citoyens, je vois dans l’affaire de la “miche” et de “l’eau” déclenchée il y 10 ans, le symbole pour les prochains 14 décembre, d’une “Journée nationale d’affirmation de la parole citoyenne”. Qu’en pensez-vous?

L’idée serait partie d’ici.

M. Michaud aurait du rephraser ses « 3 hypothèses » autrement:

Non pas:

» Un, il y a un phénomène de rejet chez eux. Deux, il y a un phénomène de rejet et peut-être d’hostilité, peut-être de haine. Trois, ils ne nous ont pas compris. »

Mais:

« Un, il y a un phénomène d’acceptation (du message fédéraliste) chez eux. Deux, il y a un phénomène d’acceptation et peut-être d’enthousiasme, peut-être d’amour. Trois, ils ont très bien compris le message fédéraliste. »

Là est le problème de M. Michaud: voir du « rejet », de l' »hostilité », de la « haine », et de l’ « incompréhension » envers son message national-séparatiste, alors qu’il aurait dû faire preuve de grandeur d’âme et y voir de l’acceptation, de l’enthousiasme, de l’amour et de la compréhension envers le message fédéralo-pancanadien.

M. Michaud aurait dû se réjouir qu’un message politique soit si noble qu’il a rejoint 100 % des électeurs dans certains districts, au lieu de s’en scandaliser.

Qu’a-t-il fait? Il y a vu de « l’intolérance zéro! » Ce dernier message de M. Michaud fait dresser les cheveux. En effet, l’option séparatiste est aussi peu populaire, dans certains milieux anglophones, que l’option communiste chez les pure-laines.

M. Michaud se serait-il scandalisé si, dans un district de 2275 pure-laines, aucun n’avait voté communiste? NON.

Sa condamnation à sens unique envers une communauté qui a tant contribué au Québec (le premiers syndicat, par exemple) est donc à géométrie fort variable.

Vive la liberté d’expression !

Ainsi, d’aucuns sont libres de voter à 100 % du même bord et d’autres, de poser un jugement sur ce fait tout de même inahibuel.

Qu’est-ce qui est le plus « dommageable » ? Qu’une communauté fasse l’unanimité contre le projet le plus fondamental de l’autre (donc, contre l’autre)ou qu’une personne tente d’expliquer ce fait ?

Bien entendu, toute vérité n’est pas bonne à dire, La Fontaine nous en avait prévenus dans Les Animaux malades de la peste :
http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Animaux_malades_de_la_peste

Il nous faut donc choisir notre camp : celui des puissants ou des misérables ?…

Sur l’affaire Michaud, votre article est l’exposé le plus brillant qu’il m’a été donné de lire ou d’entendre. J’espère que Pauline s’en inspirera.

Je ne décolère pas depuis dix ans à la pensée que les députés péquistes du temps aient pu voter en faveur d’une telle ignominie. Yves Michaud est et restera un des rares personnages qui est vraiment souverainiste et qui sait s’exprimer sans toujours se sentir à la merci des spécialistes de l’aplat-ventrisme. Bouchard a fait une erreur impardonnable pour faire plaisir au compagnon de sa belle-mère du temps. Une imbécillité déraissonable et impardonnable. Michaud est victime de la peur colonisatrice incrustée chez plusieurs des nôtres Québecois heureux d’être dirigés par les serviteurs des Maitres Supérieurs. Pourtant J.J.Charest disait récemment à la télévision que l’Assemblée Nationale n’était pas un tribunal. Quant pense Marois et ses acolytes qui se sont empressés de condamner un des leurs et un des meilleurs.

M. Michaud: vos mots « rejet », « hostilité », « haine », « intolérance » sont offensants. Si entre vous et une tierce personne, mon clan préfère une tierce personne, vous auriez tort d’ y voir du rejet, de l’hostilité, de la haine ou de l’intolérance de notre part….

Voyez cette phrase célèbre que j’aurais tant aimé lire, aussi, dans le Coran:

« Je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie « (Deutéronome 30, 19)

Même face à ce choix, avouons-le, plus dramatique qu’entre fédéralisme et séparatisme, vous auriez tort d’y voir du « rejet », de la « haine », de l' »hostilité » ou de l »intolérance » envers la mort.

Yves Michaud s’entête et ne semble pas comprendre à qui nous avons affaire comme ennemis .
Ce que je trouve déplorable dans cette histoire touffue c’est la façon dont Yves Michaud se laisse manipuler par les fédéralistes anti indépendantistes en détournant ainsi le débat en marche contre les corrompus les commandités et les collecteurs de fonds de James John Charest
Yves Michaud à été rejeté par le PQ à causse de cela , il est incapable de se taire lorsque nécessaire pour le bien de la Patrie
Il y a un moment pour chaque propos, même si nous devons respecter nos idées
Yves Michaud devrait s’excuser auprès de tous les indépendantistes car il s’acharne et nous divise au profit bien malgré lui des fédéralistes .

Triste comportement que celui d’avoir peur de nommer les choses!
Est-ce le prix à payer pour vivre en démocratie…toujours ménager la chèvre et le chou?
100% du vote pour le non, dans un coin de Montréal, c’est juste pas normal il me semble!?
99%…..ça aurait fait un petit baume!
C’est important que ces électeurs et concitoyens sachent cela.
Pour ce qui est de la motion!
Courage députés….regardez vous aller un peu svp et essayez de nous montrer autre chose que de la basse politique.

Imbécile, Définition :
Qui est peu capable de raisonner, de comprendre et d’agir judicieusement.

Au Québec, nous avons non seulement la chance d’avoir une droite « imbécile » mais aussi une gauche « imbécile ».

Parmi les imbéciles, nous avons à notre droite :

les Maxime Bernier, les radios poubelles de la ville de Québec et les mouvances du type « Réseau Libartowé Québec »

et nous avons à notre gauche :

Québec Solidaire.

Dans ces deux cas du spectre politique imbécile, nous parlons ici d’une doctrine préconisant l’application rigoriste d’une idéologie utopiste absolutiste.

Avec sa démarche de la semaine passée à l’Assemblée Nationale, Amir Khadir, au nom de Québec Solidaire, à fait largement dépasser
le jupon de la « gauche imbécile » tout en nuisant à la grande famille politique souverainiste.

« Quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur les propos que vous avez tenus il y a dix ans »… par cette phrase M. Lisée, vous laissez entendre que les propos condamnés par l’Assemblée nationale et que n’a que n’a pas tenus M. Michaud, sont racistes et antisémites, vous prolongez ainsi la surréaliste motion de l’Assemblée nationale. Il serait bon que chacune et chacun des député(e)s, ayant voté unanimes, la motion contre M. Michaud, regarde dans l’arrière-cour de ses complexes et de ses certitudes la charge négative et assoupie de sa propre relation à l’autre, aux autres. Le vote de l’Assemblée nationale est digne des pratiques de l’Iran ou de la Corée du Nord.

Jean-François,

en complément à votre analyse, je renverrais vos lecteurs au débat tenu sur le sujet sur le site de Bernard Frappier Vigile.net et en particulier à mes articles.
Ils apprendront que j’avais envoyé à Amir Khadir (accusé de réception le 16 novembre 2010) en courriel le projet de motion suivant (aussi envoyé à mon député Bernard Drainville). Voici cette proposition.

« Le 14 décembre 2000, l’Assemblée nationale a erré en blâmant le citoyen Yves Michaud. Elle a erré car l’Assemblée nationale n’a pas à se substituer aux tribunaux pour juger des propos tenus dans le cadre de la liberté d’expression. Elle a aussi erré en ne permettant pas au citoyen Yves Michaud de se défendre. En conséquence, l’Assemblée nationale annule ce blâme, reconnaît la valeur de l’engagement politique de M. Yves Michaud pendant plus de cinquante ans et rétablit l’honneur de M. Yves Michaud. »
« Cette motion noble et impeccable rendait justice à Yves Michaud et n’aurait pu donner lieu à aucun dérapage. » Cité dans « Un manque de rigueur pitoyable et condamnable » par Robert Barberis-Gervais.
Si vous me donnez votre opinion sur cette proposition, nous pourrons engager un dialogue. Pourquoi Amir Khadir s’est-il fourvoyé en affirmant dans sa motion que l’intervention du 13 décembre de Yves Michaud « ne comportait pas de propos offensants à l’égard de la communauté juive »?
Je ne saurais le dire. Mais il est utile de savoir qu’Amir Khadir avait sous les yeux une proposition (la mienne) qui évitait cette erreur, qu’il n’a pas été assez intelligent pour le comprendre et que Bernard Drainville,( qui avait ma proposition) n’a pas réussi (s’il a essayé) de lui éviter la bévue qu’il a commise.

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 7 décembre 2010

à Yves Michaud

M. Michaud

J’ai lu votre dernière intervention sur Vigile, « Jean-Marc Fournier et le respect de la justice » et je réagis.

C’est avec un grand plaisir que je constate que vous avez enfin décidé de laisser Pauline Marois tranquille. Quand j’ai lu l’article de Denis Lessard où il rapporte avec volupté que vous contestiez le leadership de Pauline Marois, je vous ai maudit et j’ai pensé que vous étiez vaniteux, boursoufflé et que vous manquiez de jugement; ça devait rester dans ma cuisine.

Vous avez enfin décidé de vous attaquer aux libéraux en commençant par ce carcajou qui a nom Jean-Marc Fournier. Il était temps. On parle d’immunité parlementaire. Or, Fournier a fait ses remarques sur le nationalisme ethnique dans le cadre d’un point de presse où il ne jouit pas de l’immunité parlementaire. Depuis le discours du soir du référendum de Jacques Parizeau en 95 qu’on nous écoeure avec le nationalisme ethnique. Ça suffit. Je vous encourage donc à agir juridiquement contre cet olibrius qui a nom Jean-Marc Fournier.

D’autre part, comme c’est l’Assemblée nationale qui a fauté, ce serait une bonne idée de demander directement réparation de l’outrage au président de l’Assemblée nationale et lui demander d’imiter son vice-président François Gendron.

Ensuite, exigez de Jean Charest qu’il applique le principe en lequel il dit croire à savoir que l’ Assemblée nationale n’est pas un tribunal. Il a l’obligation de réparer son erreur.

Enfin, il faut s’adresser à Lucien Bouchard qui fait partie de la famille libérale, qui visite Paul Desmarais dans son domaine de Sagard et obtient de lucratifs contrats (SAQ, Ilot Voyageur etc) pour qu’il reconnaisse qu’il s’est servi honteusement et fallacieusement de la communauté juive pour se débarrasser d’un adversaire politique.

Pour que vous sachiez qui vous parle, sachez que j’ai envoyé la proposition suivante à Amir Khadir et à Bernard Drainville et que j’ai reçu des accusés de réception, celui de Khadir en date du 16 novembre 2010. Voici cette proposition :

« Le 14 décembre 2000, l’Assemblée nationale a erré en blâmant le citoyen Yves Michaud. Elle a erré car l’Assemblée nationale n’a pas à se substituer aux tribunaux pour juger des propos tenus dans le cadre de la liberté d’expression. Elle a aussi erré en ne permettant pas au citoyen Yves Michaud de se défendre. En conséquence, l’Assemblée nationale annule ce blâme, reconnaît la valeur de l’engagement politique de M. Yves Michaud pendant plus de cinquante ans et rétablit l’honneur de M. Yves Michaud. »

Cette motion noble et impeccable rendait justice à Yves Michaud et n’aurait pu donner lieu à aucun dérapage.

Il faut savoir aussi que j’ai devant moi le livre de Norman G. Finkelstein : « L’industrie de l’Holocauste », réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs (à des fins politiques)

Sachez aussi que pendant un bon moment de 1968 à 1976, je pouvais me vanter de jouir de l’estime de René Lévesque et que j’ai publié aux Editions du Parti québécois, entre autres, « Comment se fera l’indépendance ».

A chacune de vos interventions contre vos vrais ennemis, Fournier, Charest, Bouchard, faites une conférence de presse et mettez-y le paquet. Ne comptez que sur vous-même. Et vargez avec le sens de la formule qu’on vous connaît. Mais n’en mettez pas trop.

En lisant la retranscription intégrale de vos propos tenus devant la Commission Larose. J’ai été frappé par la justesse sociologique de vos analyses. Je dirais même que vous êtes un humaniste. Toutefois, je comprends les réserves de Jean-François Lisée quant à la façon que vous avez d’attirer l’attention sur la quasi unanimité du vote juif pour le NON. J’ajouterais, comme contexte, l’appel des leaders juifs, italiens et grecs à voter NON la veille du référendum dans une conférence de presse conjointe. Ce sont ces leaders qui ont fait appel au vote ethnique et qui ont justifié la référence de Jacques Parizeau à « des votes ethniques » et à l’argent comme causes de la défaite anticipant « le référendum volé » de Robin Philpot.

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 7 décembre 2010

Bonjour

Aujourdh’hui,je comprend mieux pourquoi plusieurs premiers ministres ont choisi de vous écouter et de prendre note de vos recommandations.Votre texte décrit bien les diverses options ainsi que de leurs conséquences politiques.

Je comprend mal le choix de Lucien Bouchard de faire fi de votre recommandation sinon que d’envoyer un message clair à la machine péquiste que c’est lui qui mène.Il s’est peut-être aussi apppuyé sur l’image de tolérance qu’a voulu traduire M.Lévesque dans sa vision de ses rapports avec la communauté anglophone.

Vrai que le geste de Mme Marois est improvisé et manque un peu de vision.Elle ne veut pas tomber dans le piège du gouvernement mais en contre partie,elle sous-estime l’impact de sa position sur ses propres militants.

Votre proposition est sans contredit celle qui devrait faire l’inanimité auprès des membres de l’équipe de Mme marois.Elle permettrait de tourner la page et de clore cette histoire tout en indiquant à M.Michaud que le sectarisme n’est pas à l’image du PQ tel que l’avait imaginé son ami René Lévesque.

J’ai déjà écrit à un journal que j’étais convaincu que les problèmes politiques de René Lévesque lui étaient venu bien plus de sa trop grande intégrité que de son appartenance à un parti souverainiste.

Ce qui se passe aujourd’hui est loin de me fournir une preuve du contraire.

C’est peut-être le même problème qui afflige notre Robin des banques. M. Michaud, comme Pierre Bourgault d’ailleurs ont (ont eu) le défaut d’être trop franc et honnête, donc dangereux pour plusieurs.

Dans ce pays de Droit où les franco-québécois sont souvent traités comme des moins que rien dans le Canada anglais, j’aurais bien aimé entendre les commentaires qu’aurait pu formuler notre Cour suprême sur le comportement de nos parlementaires dans cette affaire.

Salutations cordiales

Il nous suffit de constater les faits et les dire à haute voix pour être des racistes. C’est bien ce qui est arrivé à Monsieur Paizeau, lors du dernier référendum. Pourtant, quand on lit le livre de l’écrivain, Raoul Roy , Lettres aux juifs de Montréal on constate que les opposants de l’indépendance du Québec ne se privaient pas de nous traiter de tous les noms dans les journaux américains. Pourquoi ce leur ai permis et que nous, dès qu’on fait pareil, on est des vauriens. On est fort sur l’ostracisme au Québec.

Bonjour,
Qu’on se le dise une fois pour toutes : Le nationalisme québécois n’a jamais été et ne sera jamais un nationalisme civique. Le nationalisme est toujours et sera toujours ethnique ! Que tous ceux qui par la bande, par démagogie manifeste essayent de dédouaner Monsieur Yves Michaud en laissant croire et en manipulant les faits que celui-ci n’a pas prononcé des propos antisémites va de soi ! Ces démagogues ne font que défoncer des portes toutes grandes ouvertes. Car, ce qui est condamnable, c’est la simple opinion que que tu ne peux pas appuyer ou bien désavouer en bloc une option politique ! Avec la montée du nationalisme identitaire amorcée par l’Action Démocratique du Québec en 2007 pour être ensuite récupéré par le Parti Québécois, Monsieur Amir Khadir fait la démonstration par l’absurde en voulant récupérer les nationalistes purs et durs que même en s’auto-proclamant de gauche, le populisme a vite trouvé un terreau fertile dans cet opportuniste lanceur de godasses. Tout ceci afin de rafler des votes d’ultra-nationalistes au Parti Québécois….. Et oui, Madame Pauline Marois se doit de surveiller ses arrières car par en arrière, par en dessous, nos grenouilles nationalistes à l’os s’activent et feront encore une fois des péquistes une GRANDE RISÉE ! Et après, nos péquistes à nous s’étonneront que leur brassage de mar… enclenché depuis 2 ans qui commençait hélas à porter ses raisins de la colère s’annihile devant leurs éternelles guerres intestines en bons rôteux qu’ils sont ! Au plaisir, John Bull.

Avec déférence, Monsieur Lisée, il me semble que sous prétexte d’apporter votre contribution à la rédaction d’une missive publique d’excuses, l’essence de votre démonstration consiste à pourfendre un peu plus Yves Michaud par un procédé frisant le sophisme.

« Il avait le droit de tenir ces propos… ses propos n’étaient pas antisémites MAIS chacun sait que Côte Saint-Luc et Communauté juive anglophone sont quasi-synonymes … DONC, les propos d’Yves Michaud concernaient directement la communauté juive anglophone et CONSÉQUEMMENT ces dits propos sont condamnables ».

Pouvons-nous appliquer mutatis mutandis les éléments de votre dialectique au le démantèlement des photos de Zahra Kazemi à la bibliothèque municipale de l’arrondissement Côte-Saint-Luc, en juin 2005 ?

Un coup parti, en utilisant plus avant votre rigueur et votre logique, devrions-nous conclure que c’est une « communauté » spécifique qui a fait avorter l’enquête du Directeur général des élections sur Option Canada, lors du référendum de 1995 ? http://www.electionsquebec.qc.ca/francais/actualite-detail.php?id=1411

Quant à votre comparaison de Côte-Saint-Luc (32000 hab.) avec Anticosti (300 hab), elle me semble du reste bien éloignée des exigences de la méthode statistique pour discourir du taux en-deçà duquel le refus de voter Oui serait démocratiquement acceptable.

Avec déférence, j’insiste.
Jean-Paul

Bravo. C’est ce qu’il fallait dire. Ce n’est pas parce que ces paroles n’ont pas été prononcées dans le cadre stricte des États généraux, plutôt que lors des États généraux. Des propos pas très édifiants ont été tenus. Et c’est ce qui importe.

Le PQ et Mme Marois doivent ne pas rater encore une fois la possibilité de réparer cet acte digne d’un régime totalitaire posé il y a dix ans contre M. Yves Michaud par l’Assemblée nationale. Que serait à mes yeux un Québec devenu pays souverain ne pouvant pas reconnaître ses erreurs démocratiques graves pour y apporter ensuite réparation ? Poser la question est y répondre.

Un commentaire plus général. Un système qui permet de savoir pour qui ou pour quelle option les citoyens ont voté, est un système sérieusement déficient. Il ne faut pas qu’un observateur puisse interpréter comme un phénomène de rejet, le vote de citoyens ayant librement choisi de demeurer canadiens, et ayant souhaité que le Québec demeure dans le système canadien. C’est un choix légitime, respectable et normal. Ce n’est pas l’intolérance zero.

L’Assemblée nationale a eu raison de dénoncer celà.

Monsieur Lisée,

1) Votre interprétation des « propos inacceptables » illustre à quel point cette affaire est tordue. L’offense contre les juifs tiendrait dans les propos de Michaud sur le vote « unanime » dans Côte Saint-Luc? Je ne me souviens pas avoir vu cette interprétation à l’époque. Avant la motion, B’Nai Brith se plaignait des propos de Michaud sur la « souffrance » à l’émission de Paul Arcand. Après l’adoption de la motion, Landry et Simard prétendaient que Michaud avait banalisé ou nié l’Holocauste. Prétendre aujourd’hui que Michaud visait la communauté juive en parlant du vote unanime dans douze polls m’apparaît un procès d’intention, ou le résultat d’une recherche désepérée de propos offensants dans l’intervention de Michaud aux États généraux. Laisser entendre qu’il a nié le droit de chaque citoyen de voter comme il l’entend est particulièrement injuste car Michaud disait exactement le contraire dans Paroles d’un homme libre publié quelques semaines auparavant.

2)La motion de mars 1997 ne peut absolument pas être invoqué comme précédent car il s’agissait alors d’une réponse de l’Assemblée à des propos dirigés contre ses membres (assimilable à un outrage). Cette motion ne visait pas Pratte et n’aurait jamais vu le jour si l’émission en question n’avait pas tenu un concours disgracieux. En outre, elle se contentait de « déplorer » (comme on déplore un accident de la route) et cette affaire est rapidement morte de sa belle mort, l’éditeur de Pratte se servant même de la motion comme argument de vente.

3) J’attends plusieurs personnes blâmer Amir Khadir, ce qui me semble assez mal venu de la part de gens qui ont dormi sur ce dossier depuis 4 ans, soit depuis que le juge Beaudouin a écrit que l’Assemblée nationale avait commis une injustice. Monsieur Khadir a sollicité la collaboration du PQ et du PLQ deux semaines avant de soumettre sa motion. Les deux sont restés coi.

4) Vous avez parfaitement raison de rejeter la proposition faite au président par le PQ. Baliser les futures motions de blâme serait reconnaître au Parlement le pouvoir de blâmer pour autre chose que les outrages au Parlement qui sont déjà prévus au Règlement, donc légitimer ce qu’on ne veut plus faire! Il ne faut cependant pas partir en peur: le président ne fera rien sans l’aval du leader du gouvernement…

5) Votre proposition de missive collective est pertinente. Pour le PQ. Elle laisse l’Assemblée nationale avec sa tache.

Gaston Deschênes
Québec

@Gaston Deschênes,
D’abord merci pour apporter votre éclairage précieux dans cette discussion.
Sur le point (1), vous avez évidemment procédé à un inventaire minutieux des réactions des uns et des autres dans cette affaire pour votre récent ouvrage. Je n’étais à l’époque qu’un citoyen, souverainiste, attentif à l’affaire. Je me souviens avoir réagi spécifiquement à cet aspect du témoignage de M. Michaud, le trouvant particulièrement dommageable dans l’État du débat sur le nationalisme. Je me souviens avec vous que d’autres déclarations de M. Michaud ont été évoquées. Aucune ne me paraissait antisémite. Le fait que M. Michaud ait dit ou écrit, ailleurs, le contraire de ce qu’indique ses propos très durs à l’endroit du vote référendaire des allophones de Côte-Saint-Luc est intéressant mais n’efface pas son témoignage qu’il assume toujours, à ce jour (ce qui est son droit le plus strict).
Sur le point (2) j’étais présent et je comprends les distinctions que vous y apportez, d’un point de vue de parlementaire. Cela ne satisfait pas le journaliste que je fus et suis redevenu et qui a jugé hautement répréhensible qu’une Assemblée parlementaire « déplore », en tant qu’institution, la liberté des médias de critiquer les parlementaires. Le nom d’André Pratte n’était pas dans la motion, mais était sur toutes les lèvres comme le pelé, le tondu, dont venait tout le mal.
Je ne commente pas le point (3), n’étant pas suffisamment informé des démarches des uns et des autres. Nous sommes d’accord sur le point (4). Mais l’essentiel est que nous nous rejoignions sur le point (5), ce qui me réjouit grandement.
Bien cordialement,
Jean-François

Souvent je termine mon commentaire par une citation. Cette fois-ci, je l’amorcerai et le terminerai avec une citation.

«J’aurai toujours les yeux plein d’eau mais je les aurai toujours ouverts.»
[Paul Piché]

Ce que je lis aujourd’hui ici, à bien des égards, est d’une tristesse à me faire pleurer.

Michaud n’est pas seulement l’agneau sacrificiel égorgé sur l’autel de la politique. Il est aussi la proie déchiquetée que se disputent les hyènes et les chacals de la steppe.

Triste spectacle !

Ce commentaire de Bariteau : «Or, un pays n’est pas une question d’identité au sens culturel. Mais de cadre politique qui devient un substrat à l’affirmation de citoyens et de citoyennes. En gros, un pays, c’est avant tout un cadre politique qui crée une société de droit.» me rappelle justement le Canada où le Québec, de l’avis de beaucoup, ne se retrouve pas. Or je trouve que le Canada, à cause de cela est un pays théorique, abstrait où, comme moi, beaucoup de Québécois ne se reconnaissent pas. Je ne me sens pas plus chez-moi en Ontario, en C.B. qu’à New York ou Plattsburg.

«Lorsqu’une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu’elle appartient au domaine de la croyance et non à celui de la connaissance.»[Voltaire]

J’ai perdu tout respect pour Mr Michaud quand il a demandé à André Boisclair de se démissionner DURANT LA CAMPAGNE ÉLECTORALE de 2007.

Mr Michaud, comme Mrs Landry et Parizeau, devrait se retirer du politique et donner la place à Mme Marois et aux jeunes.

Et tant qu’à moi, Monsieur Yves Michaud n’avait qu’à se la FERMER ! »(John Bull)

Bien sûr que le valeureux John Bull commande aux Québécois de se la fermer de et de ne pas dire la vérité et tan pis s’ils la disent.

Autrement dit il vous dit, vous Québécois écrasez-vous et restez dans votre coin.

Le bull par ses textes méprise beaucoup plus de 60% des Québécois qui sont nationalistes.

@ #12 Yves Michaud

M. Michaud, toutes mes félicitations pour avoir dit la vérité et vous être tenu debout.

Par la même occasion j’en fait autant pour M. Pariseau qui à été pourfendu par les siens pour avoir dit la vérité le soir du référendum de 95.

Le PQ est à mon avis un espèce de reste de grenouille de bénitier qui à peur des mots et de la réaction des gens. Ce parti à de la misère à se tenir debout et est incapable de s’adresser à la population la moins instruite ou moins cultivée ou qui travaille à la sueur de son front. C’est cette partie de la population qui détient la souveraineté entre ses mains et le PQ est incapable de communiquer avec.

Ce blogue en est un bon exemple.

Bonjour,
Au pays des aveugles, les borgnes sont Rois ! Qu’on se le dise dans cette triste société qui se croit distincte, où la démagogie et le populisme ont toujours eu préséance sur l’intelligence du politique ! Qui l’aurait cru qu’un soi-disant homme de gauche aurait pu se livrer à de telles manoeuvres populistes ? Mais notre ami Monsieur Amir Khadir a vite fait ses classes et a bien appris ses leçons ! En appuyant la pétition de recall qui tirait dans toutes les directions, Monsieur Amir Khadir a vite construit sa cabane en bois rond en se servant des fibres nationalistes qui secouaient les patriotes intérieurs. Comme Moïse séparant les eaux, il frappe à grands coups de hache dans la forêt nationale qu’il s’apprête à séparer en deux, les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Qui de mieux que lui pour fractionner en deux les nationalistes chicaniers d’avance qui sont la clientèle des péquistes ? Cet expert lanceur de soulier a vite compris qu’il lui fallait par opportunisme LANCER LE CHIEN dans le jeu de quilles des péquistes…… Bravo, Monsieur Amir Khadir, entre nationalistes, c’est aussi à la guerre comme à la guerre……Pas besoin de nos amis fédéralistes pour vous diviser en d’interminables foires d’empoigne ! Au plaisir, John Bull.

« Cette opinion de M. Michaud est évidemment hautement discutable. Le projet souverainiste vise, fondamentalement, à donner aux francophones du Québec (…) »

Je n’adhère pas à cette vision. Et c’est pour cette raison que j’ai arrêté ma lecture du billet à cette phrase-là.

Le projet souverainiste, à mon sens, vise TOUS les Québécois, qu’ils soient francophones, allophones ou anglophones. Voilà le genre d’erreur que les adversaires de l’indépendance aime utiliser pour ensuite nous traiter de nationalistes ethniques.

Ce raisonnement réducteur appartient à la même tendance à réduire les Québécois de souche à l’appellation vaseuse de « Franco-québécois »… Un citoyen habitant le territoire québécois est un québécois. Point barre.

Tout cela ne suscite guère de débat. Il s’agit d’une erreur de jugement de Lucien Bouchard pour avoir accepter la motion. Ahjourd’hui Pauline ne peut avouer une erreur parce que son orgueuil en prendrait pour son rhume. Cela n’a rien de bon augure si elle reste cheffe.

@John Bull
Vous avez tort. Le nationalisme peut être civique et non ethnique. Pour moi, est Québécois, tout citoyen, reconnu comme tel, qui vit au Québec. Pour fin de comparaison, tel n’est pas le cas d’Israël. Tous les ressortissants d’Israël sont de citoyenneté israélienne, mais de nationalité:

a) Juive b) ou druze
c) ou circassienne
d) ou bédouine
e) ou arabe

Chacun de ces derniers groupes ayant des droits et obligations différents.

Votre tentative de laisser penser qu’être Québécois dépend de son origine ethnique doit être dénoncé comme étant un stratagème de nuire à la Nation québécoise et ceux et celles qui la composent, nonobstant le sexe, l’origine ethnique, la religion, la langue. Vous faites alors preuve soit d’une très grande ignorance ou soit très grande malhonnêteté intellectuelle. À vous de choisir.

Peut-être n’êtes-vous pas capable d’adhérer à la nation québécoise. Vous ne pouvez alors vous en prendre qu’à vous. Mordecai Richeler faisait parti de la nation québécoise, tout comme Amir Khadir, René Lévesque, Jean Chrétien, Maurice Richard, Sam Steinberg (de son vivant), Michel Tremblay, etc., etc.

Comment se définit le nationalisme américain, britannique, français ou italien ? Les Australiens peuvent-ils évoquer leur nationalisme?

Mais peut-être êtes vous restés figés à la notion dépassée des nationalismes européens du début du XXième siècle qui avaient comme principal objectif la conquête.

Si vous tenez tant à voir le nationalisme québécois comme étant ethnique, est-ce parce que vous tenez à ne pas faire parti des Québécois même si vous en avez tous les droits ? Honnissez-vous à ce point l’idée d’une société québécoise que vous refusez d’y être amalgamé, associé d’une façon ou d’une autre ? Si c’est le cas, c’est votre droit. Mais de grâce résistez à la vilaine tentation d’attribuer à votre voisin vos propres tares.

Benoit Carré
Laval

Le vote UNANIME (Libéraux inclus) de toute l’assemblée politique est une honte pour la liberté d’opinion. Ce n’est pas une affaire de ce genre qui doit préoccuper les élus sauf, si l’on veut éliminer un homme qui a son franc parlé et qui n’a pas peur de ses opinions surtout si ces opinions ont été mesurés dans le propos. Une profonde injustice du gouvernement de LUCI DITÉ Bouchard qui cette fois en a manqué gravement. Nous devons à Y.Michaud des excuses publiques.

Mis à part quelques commentaires d’olibrius bizarres, je suis impressionné par la qualité et l’étendu des commentaires. Il n’y a pas à dire, il y a de belles têtes par ici.

J’ai écouté plusieurs commentaires de M. Michaud lui-même sur le sujet. J’en ai lu tout autant. Or, je suis incapable de mettre le doigt sur des commentaires racistes ou intolérants de Michaud.

Si j’égare un objet et que mes recherches spontanées sont vaines pour le retrouver, je me dis alors que je dois aller voir là où je ne suis pas allé. Alors, dans l’affaire Michaud je me sent obligé de procéder pareillement. Je ne comprends toujours pas ce qu’on reproche à cet homme. Je me dois donc de chercher ailleurs des explications.

À l’interne, le clan souverainiste aurait-il trouvé là une occasion de clore le bec d’un Michaud un peu ( beaucoup ??) gênant en le mettant au pilori. Dans le clan fédéraliste, ils y ont certainement vu une belle façon de capitaliser sur ce cadeau. Quant au groupe de pression sionistes, ils ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : alimenter leur fondamentalisme religieux comme le font les talibans.

Michaud a toujours été et sera toujours un homme de parole. C’est ce qui fait sa valeur et c’est justement ce dont beaucoup ont peur. Nous ne pouvons pas imaginer un Michaud silencieux.

Mais je dois admettre qu’il en paie le prix. Si j’avais les mêmes qualités que Michaud, je ferais comme lui. Je recevrais des baffes et j’en donnerais. Mais je resterais intègre quant à mes idées et mes opinions.

Je souhaite que M. Michaud continue à nous aiguillonner avec authenticité et intelligence.

Bravo M. Michaud et continuez à nous tenir éveillés, un peu en dehors de notre zone de confort. Et merde pour les chialeux et les pisse-vinaigre.

Guy A. Guay
Laval.

@benoit carré (#49): au Québec vivent des groupes qui ont, comme en Israel, des droits et des obligations DIFFÉRENTS. Les anglophones du Québec ont le droit d’envoyer leurs enfants dans une école anglaise ou française. Les pure-laines n’ont pas ce droits-là.

En somme, Israel et le Québec se ressemblent PLUS que vous le croyez. Dans un cas comme dans l’autre, tous n’ont pas des droits égaux (1). Sauf que le bilinguisme (hébreu/arabe) est mieux accepté en Israel qu’au Québec. Il n’y a pas de loi en Israel qui interdit à un arabe de mettre au-dessus de sa boutique un panneau en arabe seulement; et Il n’y en a pas qui l’oblige à mettre son texte arabe en plus petit caractère que son texte hébreu, malgré qu’Israel soit entouré au Nord, à l’Est, au Sud et à l’Ouest par une multitude arabe.

(1) les arabes Israéliens ET les Juifs hassidiques ont le droit de ne pas faire de service militaire; mais l’armée israélienne dispose de nombreux soldats druzes et bédouins). Ceci vous prouve que le nationalisme israélien n’est PAS ethnique, contrairement à ce que vous affirmiez: les hassidiques ne sont PAS une ethnie!

1) Le blâme était formel, c’est peu dire.
2)Les excuses se doivent d’être formelles, elles aussi.
3)L’ Assemblée nationale ne devrait plus jamais décerner des blâmes à un citoyen qui exerce le droit d’expression.
Ijuriatum est; Satisfacere de injurus.

M. Lisée,
J’ai trois courts commentaires à vous formuler :
1) Vous nous rappelez que l’Assemblée nationale tient à conserver son privilège de blâmer qui bon lui semble. L’Assemblée nationale a des droits et des privilèges, tout comme les députés qui la composent. En contrepartie, elle a aussi des devoirs. Son premier devoir est de faire des lois, pas de rendre justice. C’est l’affaire des tribunaux. Elle ne devrait pas blâmer un quidam pour des propos tenus en public ou en privé, ce n’est pas son devoir, même si on peut croire qu’elle a ce privilège. Dans l’affaire Michaud, nous entendons parfois dire qu’il faudrait baliser ce privilège pour éviter d’autres dérapages de cette nature. Si M. Michaud doit attendre ces règles pour obtenir justice, nous devrons lui souhaiter de vivre bien plus que cent ans ! Plutôt que de se lancer dans ces discussions interminables, l’Assemblée pourrait-elle s’engager à ne blâmer personne avant d’avoir ces règles. Ceci aurait pour conséquence d’accélérer le processus de règlement de l’affaire Michaud et compte tenu de la rapidité de l’Assemblée à faire son devoir législatif, il y a fort à parier que ce n’est que tout juste avant d’en blâmer un autre qu’elle se dotera de ces règles. Si l’Assemblée n’avait pas jugé Yves Michaud à chaud (sans jeu de mots), et qu’elle avait eu à se doter de ces règles, nous n’aurions pas ce gâchis sur les bras aujourd’hui, et le citoyen Michaud n’aurait jamais été blâmé.
2) Les députés péquistes et tous les autres devraient s’excuser à titre individuel. Je ne vois pas pourquoi le geste est pire pour les péquistes que pour les autres et que seulement ceux-ci devraient s’excuser. Et des excuses de tous ne devraient pas empêcher l’Assemblée nationale de s’excuser à son tour. Un député ou un premier ministre n’est pas là pour y régler ses états d’âme ou ses disputes en y associant tous les citoyens.
De plus, même si ces députés ne sont toujours pas d’accord avec les propos tenus par M. Michaud, ils n’avaient pas à nous embarquer collectivement dans ce désaccord. Notre démocratie permet l’expression de ces opinions, aux députés comme à tout le monde. En utilisant l’Assemblée nationale, ils ont commis un grave abus de droit.
3) Dans un autre contexte, il serait drôle de voir les tribunaux refuser d’intervenir dans le dossier Michaud (comme ils l’ont fait) alors qu’ils n’hésitent pas par ailleurs à invalider de façon parfois bien capricieuse des lois démocratiquement votées par des assemblées législatives.

Louis Champagne, ing

Rawdon, 6 décembre 2010,
M.Lisée, à la relecture de votre texte, un élément me titille. De plus personne dans les commentaires n’a soulevé ce point. En effet à la fin de votre point 4) des excuses, lesquelles ? pour illustrer une affirmation alambiquée évidemment condamnable vous dites : « … affirme que le chef du gouvernement québécois est un TRANSSEXUEL NAZI À LA SOLDE DE LA CHINE ». Sans tomber dans le politiquement correcte à outrance je ne voit rien de diffamant dans l’état « transsexuel » et n’ajoute rien à l’image sinon l’expression d’un préjugé inapproprié.Vous savez, il se peut fort bien que nous ayons été dirigé par des » alcooliques fascistes » et celà serait infiniment plus préoccupant. M’enfin , vous devriez corriger ce que j’estime être un impair regrettable à un texte par ailleurs EXCELLENT.
respectueusement
BL

Bonsoir,
Dans cette société qui se croit distincte, le nationalisme a toujours été ethnique ! Point n’est besoin d’affirmer que le concept de nationalisme civique inventé par certains bonzes du Parti Québécois afin de se dédouaner, de s’affranchir, de prendre leurs distances en bons pissous des propos tenus par Monsieur Jacques Parizeau le soir du 30 Octobre 1995 n’était qu’un écran de fumée afin de se redorer le blason, de se refaire une virginité car les séquelles furent médiatiquement funestes pour l’image que le Parti Québécois voulait bien se donner.
Pourquoi le nationalisme est-il toujours ethnique ? Parce que d’abord, c’est le Nous versus Eux. Un nouveau venu arrivant ici et même après plusieurs années ne frissonnera jamais à l’évocation des Plaines d’Abraham, de la Conquête, du rapatriement de la Constitution, de la supposé Nuit des Longs Couteaux etc….. Alors que l’évocation de ces souvenirs fait frétiller le patriote intérieur de tous les nationalistes québécois qui en versent des larmes. Le nouveau venu ne s’assimilera jamais assez pour nos bons nationalistes à nous même en le passant dans le TORDEUR DES ÉMOTIONS NATIONALES, on ne réussira jamais à lui faire verser une seule larme car ce n’est PAS DU TOUT SES HISTOIRES À LUI qui en a vu bien d’autre et ce n’est surtout pas HI-HA Tremblay et Monsieur Jean Marc Parent qui va les faire rire et flasher leurs lumières comme nos nationalistes aimaient tant. Car de partout dans le Québec, les lumières flashaient de partout excepté dans le WEST ISLAND.
Finalement, le nationalisme est toujours ethnique car le cerveau a été formaté comme tel afin que tous les nationalistes aient un esprit binaire en pensant d’une façon manichéenne soit que si tu n’es pas avec NOUS, tu es contre NOUS ! Ainsi, par nationalisme, un Carré, un Drouin et un Guay ne sont en fait qu’un seul homme, car le nation alisme se veut d’abord et avant tout de la pureté idéologique de la pensée…. Tous sur le même pas en pensant comme un seul HOMME. Au plaisir, John Bull.

Les communautés immigrantes installées au Québec peuvent penser vivre au Canada en anglais mais ne peuvent ignorer le caractère francophone de la majorité de la province. Que des immigrants puissent à ce point ignorer l’histoire du Canada quant au sort réservé aux autochtones et secondairement aux francophones et à la langue française dans l’Ouest et en Ontario engage leur responsabilités d’êtres humains.

Autrement dit, les immigrants sont responsables de leurs choix aussi en tant qu’électeurs et à ce titre, Yves Michaud a le droit d’avoir émis l’opinion qu’il a faite sur le vote référendaire à Côte Saint Luc en 1995. Considérant le dérapage provoqué par la motion de condamnation d’Yves Michaud, je suis déçu de l’interprétation de l’affaire par J.F.Lisée. Malgré qu’il reconnaisse que la totalité des interventions de M.Michaud ne soit pas antisémite ni raciste.

La liberté d’expression c’est aussi le libre droit à la vexation pas à la diffamation. Ce qui signifie qu’on ne peut pas dire des choses sans déplaire à beaucoup d’individus forcément. On peut dire en 2010 que certaines communautés musulmanes ou juives sont dangereusement fondamentalistes et fermées comme de faire le constat que la communauté italienne québécoise voit une proportion d’individus se complaire dans l’escroquerie ou pire dans la criminalité mafieuse. Cela peut se dire en droit!

Le postulat sur l’affaire étant ce qu’il est de la part de J.F.Lisée, cette prise de position encourage P.Marois et les autres députés qu’ils ne l’ont pas fait de ne pas tenter d’offrir des excuses à M.Y.Michaud. Tout au plus cette missive publique est telle suggérée.
Je ne suis donc pas d’accord avec la base de cet article.

Tous les souverainistes non solidaires tout de même sont d’accord évidemment sur l’échec de la motion de réparation de Khadir qui probablement voulait piéger le PQ. Quoique ce soit une tâche sur la crédibilité qu’il (le député de Mercier) se construit depuis deux ans.

Monsieur Lisée
j’apprécie trop vos articles, votre blogue (carnet) et vos interventions sur la radio et la télé , ainsi que la personne qui est le sujet de votre propos ci-haut, pour lancer une motion d’excuses publiques à votre égard, mais je ne peux passer sous silence mon choc et ma desapprobation de l’association que vous faites du transsexualisme avec « le cas extrême » de la damnation, liant ainsi la condition des transsexuel(le)s avec le nazisme et le régime totalitaire chinois:
« Supposons ensuite un cas extrême : un scientifique québécois de renom gagne le Prix Nobel et, lors de son allocution solennelle à Stockholm, affirme que le chef du gouvernement québécois est un transsexuel nazi à la solde de la Chine. » (re: dernier paragraphe de la section 4)
J’espère que votre apparente diabolisation du transsexualisme n’a été dans ce texte qu’une maladresse regrettable et que dans le cas contraire vous allez, comme vous savez si bien le faire, vous informer sur les conditions de vie de ces personnes, honnêtes citoyen(ne)s et responsables, qui souffrent de l’ostracisme humain, moins au Québec qu’ailleurs mais encore trop souvent, de la désinformation normalisée, banalisée ou encore fixée dans le béton de la pensée bisexuée traditionnelle.
Merci! car je vous sais attentif, ouvert d’esprit et d’une honnêteté intellectuelle remarquable.
Maude Tremblay, Québec

@Maude Tremblay
Vous avez raison sur le fond. J’aurais du préciser que notre prix Nobel aurait accusé le PM d’avoir menti sur sa condition de transsexuel. Merci de me lire avec autant d’attention.
Jean-François Lisée

L’affaire Michaud et la question qui tue!

Il me semble que personne n’a encore posé la question qui tue dans cette affaire : que serait-il arrivé au niveau national, au Canada anglais et au niveau international si l’Assemblée nationale n’avait rien fait, n’avait pas condamné le citoyen Michaud ? Formulé autrement on pourrait écrire : Comment se seraient comportés les médias du monde entier ? Quelle image auraient-ils projetée du Québec sur la planète ? Comment peut-on rejeter mille ans de tradition juridique basée sur la Magna Carta et condamner un individu sans l’entendre ? Pourquoi refuser de respecter l’habeas corpus qui est à la base de notre vie démocratique ? Quelles sont les forces en présence qui ont poussé nos élus à réagir si excessivement ?

Si l’on se fie au récent article du Maclean sur la corruption et Bonhomme Carnaval on intuitionne facilement le genre de discours qu’auraient tenu les journalistes anglophones si le citoyen Michaud n’avait pas été condamné. Je n’ai pas lu tous les articles écrits sur cette affaire mais dans tous ceux que j’ai consultés il me semble que personne ne pose cette question. Qui osera essayer d’y répondre au risque de perdre son emploi ou de se faire ostraciser par l’élite intellectuelle, comme Yves Michaud l’a été ?

Loyola Leroux, professeur de philosophie
Prévost, le 28 novembre 2010

Monsieur Lisée,

«L’affaire Michaud à froid» est un sujet chaud qui suscite un grand débat, autant que votre interprétation des faits et des textes que vous présentez ici. Vos fidèles internautes le démontrent bien. Maintenant, il faut crever l’abcès.

L’Assemblée nationale à déshonoré injustement monsieur Michaud par l’adoption d’une motion le condamnant pour des propos plus ou moins controversés, mais nullement offensants. Soyons clairs, c’est vraiment l’Assemblée nationale qui s’est déshonorée en adoptant une motion de blâme à l’endroit du distingué citoyen Yves Michaud. De plus, quelle lâcheté que de l’avoir adoptée à l’unanimité et sans débat, surtout que plusieurs députés ne connaissaient pas la teneur des propos discutables avant de voter sur cette motion ! Oui, il faut le dire, quelle lâcheté historique !

Pourquoi cette lâcheté historique ? Les historiens en débateront sûrement longtemps. Entre-temps, on remarque autant de lâcheté chez Pauline Marois et les autres députés péquistes face à la motion du respecté député Khadir. Cette motion invitait l’Assemblée nationale (Jean-Marc Salvet, Le Soleil) à reconnaître «avoir commis une erreur» le 14 décembre 2000 en condamnant le citoyen Yves Michaud pour une intervention qui ne comportait pas de propos offensants. Pauline Marois et les autres députés de sa formation ont refusé l’invitation par manque de courage politique, par lâcheté. Je m’en souviendrai.

Néanmoins, celui qui passera vraiment à l’histoire pour sa LÂCHETÉ bien démontrée dans l’affaire Michaud sera sûrement le premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard. L’histoire s’écrit très lentement, mais on lit déjà que Bouchard s’est déshonoré tout en déshonorant l’Assemblée nationale. En effet, nous savons que ce n’est que par opportunisme et mesquinerie que ce type a ordonné le lynchage d’un honnête citoyen. C’est surtout ce geste déplorable et hautement déshonorant pour la fonction de premier ministre qui passera à l’histoire. Oui, je parle ici de celui qui se dit lucide. «La lâcheté de Lucide Bouchard» pourrait être le grand titre de ce chapitre noir de l’histoire de l’Assemblée nationale du Québec.

Maintenant, l’Assemblée nationale doit reconnaître avoir commis une erreur par manque de lucidité. Il faut crever l’abcès avant que le citoyen injustement blâmé ne puisse pas s’en réjouir.

P.S.: Monsieur Robert Barberis-Gervais, j’aime votre mise au point. Il s’agit d’un exposé éclairant.

Le commentaire de M.Tremblay fait rappel que dans le champ de la ségrégation voulue ou accidentelle c’est dans l’opposition entre la société conformiste et des individus isolés dont l’orientation sexuelle est différente ou qui sont délinquants ou handicapés, affectés psychologiquement que l’ostracisme est le plus fort davantage qu’entre une société majoritaire et ses minorités ethniques du moins dans un cadre démocratique.

Le Québec étant démocratique, l’affaire Michaud repose sur du vent!

L’Assemblée Nationale est devenue la salle de récréation des partis politiques. Elle s’est honteusement comportée en devenant soudainement un Tribunal chose que dément le Premier-Ministre Charest lors de son passage à TLMP dimanche le 5 décembre 2010 lorsqu’elle lâchement blamé M. Michaud. Ces gens élus par le peuple sont là pour faire les lois et protéger les citoyens contre les agissements mafieux des gouvernements, pas pour se juger entre eux!

Ouf ! Que de commentaires judicieux et intelligents ; et quelques autres aussi.

Mais je reste sur ma faim. Que s’est-il passé le 14 décembre 2000 à l’Assemblée nationale du Québec ?

Essayons de résumer : le 13 décembre 2000, Yves Michaud fait une lecture de mémoire devant la Commission des États généraux sur la situation de la langue française. Qui est-il à ce moment ? Qui représente-t-il ? Il n’est pas politicien, ni fonctionnaire, ni journaliste… c’est un citoyen, au mieux, un représentant des actionnaires minoritaires de banques.

Ce qu’il a dit est absolument anodin (voir détails sur Wikipédia : http://tinyurl.com/27qsh2p).

Le lendemain, des libéraux s’énervent à l’Assemblée nationale. Prévenu sans doute par des membres du B’nai Brith qui surveille tout ce qui se dit contenant le mot « juif », le député libéral de D’Arcy-MacGee, Lawrence S. Bergman propose une motion concernant Yves Michaud et certaines paroles qu’il aurait dites la veille. Cette motion est secondée par un député péquiste, André Boulerice. C’est donc qu’il y a eu négociation préalable.

Est-ce que l’unanimité s’est faite toute seule au sein des péquistes ? Ou est-ce que le Cheuf a imposé sa décision de soutenir la motion et nommer d’office Boulerice comme son secondeur ?

Bref, les libéraux font preuve d’opportunisme mesquin. Les péquistes eux sont pris de court. Surpris comme le chevreuil gelé devant les phares du camion. Ils n’ont pas le temps de penser. Et ils prennent la mauvaise décision. La peur est mauvaise conseillère. Et la trouille encore plus.

Si les péquistes avaient pris le temps de réfléchir, s’ils n’avaient pas céder à la peur, s’ils avaient rejeté la motion, quitte à en présenter une autre plus tard ? Où était l’urgence ?

Rebref, qui est à blâmer pour ce prodigieux gâchis ? Les péquistes, y compris le cheuf, Lucien. Quelle bande de poltrons ! Et ça fait dix ans et ils n’ont pas encore compris !!!

J’écris ça et pourtant je suis un péquiste, j’ai toujours voté PQ et voté OUI deux fois.

Monsieur Michaud, je vous souhaite une bonne santé et j’espère que vous allez tous les enterrer.

Pierre Cloutier
Longueuil

Pourrait-on ajouter à l’équation, le chuchotement des propos de M. Jacques Parizeau lors du référendum de 1995, comme une forme de psychose mal guérie.

M. Lisée,
Aucun doute que les commentaires sur ce que l’on pourrait appeler l’affaire Michaud font mal paraître nos élus à l’Assemblée nationale. Oublions nos élus. On ne peut s’attendre que dans notre système parlementaire, les élus ne votent autrement qu’en bloc, comme des moutons.

Celui que j’aurais aimé entendre sur ce sujet est le Dr Victor Goldbloom, ancien ministre libéral et très respecté membre de la communauté juive. Je lui aurais demandé de commenter l’affaire Michaud en parallèle avec ce qu’il connaît des sentiments de Pierre E. Trudeau, ancien premier ministre, presque libéral, avant d’entrer en politique active. Ça aurait pu être très instructif.

Salutations cordiales

J’avoue avoir eu honte des parlementaires, tous partis confondus, qui nous représentaient durant ce sombre moment.

Aujourd’hui, on accuse de suiveux, avec raison,les députés »charestiens » dans les sombres affaires de corruptions à divers niveaux.

Il est évident que c’eut été un qualificatif bien approprié à la situation d’alors, mais combien de médias grand publics ou d’académiciens (supposément objectifs de par leur fonction) l’ont utilisé pour qualifier l’attitude des députés d’alors. Zéro d’après ma mémoire de simple citoyen encore outré.

Je m’arrête ici en remerciant M. Deschêne et en joyant ma voix à JSB pour crier mon admiration relativement à de nombreuses choses que M. Michaud a realisées ou simplement dites avec l’assurance d’un homme libre et démocratique.

SVP CONTINUEZ M. MICHAUD. rm

Note: Quel fut le rôle du PM d’alors et de son entourage immédiat dont M. Lisée lui-même???