Laïcité, mode d’emploi : 2) Le calendrier

Une direction claire, une application graduelle

Nous l’avons dit, la sécularisation de la société québécoise s’est faite graduellement. De même, la quête d’égalité des femmes québécoises, qui fait du Québec une des sociétés les plus exemplaires au monde, résulte du travail de plusieurs générations.

Nous croyons que l’immense majorité des Québécois souhaitent, et nous avec eux, une poursuite de ces deux grands élans historiques. L’Assemblée nationale devrait, à notre avis, clairement établir que telle est la direction, le cadre général, dans lequel elle inscrit et inscrira sa gestion du fait religieux, notamment du fait religieux marginal.

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Je vous soumets un brouillon de politique qui pourrait inspirer, demain, un gouvernement qui veut vraiment agir pour tracer un chemin clair, mais le plus consensuel possible, pour une nouvelle étape de la marche du Québec vers sa laïcité.

Illustration Éric Godin.
Illustration Éric Godin.

Je l’écris au Nous car en plus de vos commentaires, suggestions et objections, je demanderai à ceux d’entre vous qui adhèrent à cette approche de le signifier en signant ce texte, après la publication de sa conclusion, ce mardi.

J’ai indiqué hier les principes sur lesquels devrait s’appuyer une politique québécoise de la laïcité, dans le respect du fait majoritaire. J’aborde aujourd’hui la méthode que je suggère pour la mettre en œuvre.

Une direction claire, une application graduelle

Nous l’avons dit, la sécularisation de la société québécoise s’est faite graduellement. De même, la quête d’égalité des femmes québécoises, qui fait du Québec une des sociétés les plus exemplaires au monde, résulte du travail de plusieurs générations.

Nous croyons que l’immense majorité des Québécois souhaitent, et nous avec eux, une poursuite de ces deux grands élans historiques. L’Assemblée nationale devrait, à notre avis, clairement établir que telle est la direction, le cadre général, dans lequel elle inscrit et inscrira sa gestion du fait religieux, notamment du fait religieux marginal.

Une fois ce cadre établi, il est cependant, à notre avis, contraire à la méthode québécoise d’imposer immédiatement et d’un seul tenant une série de changements qui sont, par nature, intrusifs dans la vie de dizaines de milliers de nos concitoyens. Même la loi 101, pour prendre cet exemple transformateur de notre vie collective, s’est appliquée avec un échéancier qui a pris plus de cinq ans, assorti d’exceptions et d’assouplissement nombreux.

L’égalité des sexes

S’il y a cependant un domaine où un cran d’arrêt général peut être immédiatement établi et appliqué, il s’agit du primat absolu que doit avoir l’égalité des sexes sur les demandes d’accommodements raisonnables.

À notre avis, le seul cas dans lequel un citoyen ou une citoyenne puisse réclamer de n’être servi que par un membre de son sexe – à l’extérieur, bien sûr, du temple – est celui du contexte médical intime. C’est vrai pour les tenants d’une foi qui le prescrit, c’est vrai aussi pour tous les hommes et les femmes qui ressentent un malaise, une gêne, à dévoiler leur condition à un membre de l’autre sexe. L’appareil médical québécois, dans la mesure où ses ressources permettent de se plier à cette demande sans risque pour la santé des patients, permet déjà, et doit continuer de permettre, ce respect de la dignité humaine.

Hors de ces cas particuliers, cependant, nous estimons que l’État doit envoyer un signal très clair : personne ne peut se présenter à l’un de ses guichets et services et refuser d’être servi par un préposé à cause de son sexe, de sa race, de son accent, de son origine ou de son orientation sexuelle. Le préposé a été jugé compétent par l’État, il le représente, c’est le seul critère qui compte.

Que les membres de communautés de foi marginales en éprouvent un malaise est le fardeau qu’ils ont choisi de porter en adhérant à ces communautés.

La législation québécoise doit être modifiée pour que ce primat soit clairement établi et traduit dans la réglementation.

Le port des signes religieux

La neutralité de l’État face aux convictions de ses citoyens – religieuses, politiques, sociales, syndicales – nous apparaît être le principe qui doit guider notre action pour l’avenir.

On l’a dit, l’importance du fait religieux dans l’histoire québécoise encore récente a fait en sorte de conférer, ici, un statut particulier à l’expression de l’adhésion religieuse alors qu’elle n’est pas octroyée, dans la Loi de la fonction publique, par exemple, à l’expression de l’adhésion politique ou convictionnelle. En clair : on peut porter la croix, la kippa ou le hidjab lorsqu’on est fonctionnaire, mais pas le macaron indépendantiste, fédéraliste ou syndical.

Nous pensons que l’heure est venue, là comme ailleurs, d’estomper, puis d’éteindre ce statut particulier, dans le prolongement de la sécularisation de l’État québécois.

Nous proposons cependant une approche gradualiste, respectueuse des personnes qui ont déjà fait des choix différents.

Dans un premier temps, l’Assemblée nationale devrait immédiatement affirmer, comme le lui a recommandé la Commission Bouchard-Taylor, que les juges, les policiers, les procureurs de la couronne et les gardiens de prison ne doivent porter aucun signe religieux ou — ajoutons-nous — convictionnel, ostentatoire ou non.

Cette première décision, qui changerait très peu de choses dans la réalité, indiquerait légalement et clairement le chemin sur lequel l’État et la société québécoise s’engagent.

Définissons tout de suite les termes. Une petite croix, croissant ou étoile de David dans le cou, une épinglette de Greenpeace ou du Parti conservateur ne sont pas des signes ostentatoires. Le port d’un vêtement, d’un T-Shirt de Greenpeace ou d’une casquette du PQ, du hidjab et du turban, de la cornette, ou de grandes croix sont des signes ostentatoires.

Le second cercle concentrique concerne les employés de l’État qui, dans la fonction publique, sont en contact avec les citoyens.

Deux options sont généralement avancées. Celle de l’interdiction des signes religieux, ou seulement celle des signes ostentatoires. Cette distinction est déjà faite dans plusieurs pays d’Europe et est moins difficile à appliquer qu’il n’y paraît. Cependant, nous sommes d’avis qu’il faut mettre sur le même pied tous les signes convictionnels. Si nous devions donc, demain, admettre les signes non ostentatoires, cela signifie que les épinglettes politiques ou syndicales, actuellement interdites, deviendraient autorisées. Ce n’est pas notre intention.

La seconde difficulté tient à la pratique des employés de l’État actuels, qui portent des signes religieux non ostentatoires, lesquels n’ont provoqué aucune difficulté dans le passé. Il nous paraît excessif de les interdire tout d’un coup.

C’est pourquoi nous proposons, dans ce cas et dans d’autres à venir, l’usage de la clause grand-père.

La position de l’État, qui pourrait être affichée dans ses bureaux comme c’est le cas en France, devrait être de décourager officiellement le port de tous les signes religieux ou convictionnels. Cependant les employés actuels de l’État qui portent des signes religieux non ostentatoires et qui souhaitent continuer de les porter y seront autorisés. Leur interdiction ne faisait pas partie de leurs critères d’embauche. Il devrait cependant en faire partie pour tous les nouveaux employés, ou pour ceux qui sont mutés à ces postes. S’ils tiennent au port de leurs signes, ils n’ont qu’à ne pas postuler pour ces postes.

Ainsi, le port des signes non ostentatoires disparaîtra graduellement, au rythme des nouvelles embauches et des départs à la retraite, et au rythme de la décision des salariés actuels de se conformer à la volonté publique, non contraignante en ce qui les concerne.

Cependant, nous croyons que les employés de l’État qui portent des signes religieux ostentatoires doivent être avisés que, dans une période fixe (18, 24, 36 mois?), ils devront soit se départir de leurs signes, soit être mutés à une fonction où ils n’auront pas de contact avec le public.

Le troisième cercle concentrique concerne ces employés de la fonction publique qui ne sont pas en contact avec le public. Nous croyons, là aussi, à une approche gradualiste et humaniste, donnant aux personnes croyantes le temps nécessaire pour revoir leur position ou se trouver un nouvel emploi.

Concrètement, il s’agirait d’aviser que les signes ostentatoires seront interdits dans un délai de trois à cinq ans, les signes non ostentatoires étant soumis à la même clause grand-père que pour les employés en contact avec les citoyens.

Pourquoi demander à un comptable du ministère des Finances ou à un graphiste d’un Centre local d’emploi de se conformer à cette règle ? Parce qu’ils ont choisi de faire partie du service public. Et que ce service se doit d’être exemplaire dans sa neutralité, au service de citoyens — et de collègues de travail — qui n’ont pas à se demander ni à savoir de quelle religion ou à quel mouvement social ou politique appartient son interlocuteur.

Qu’en est-il du service public municipal ? Une souplesse supplémentaire doit être respectée à ce niveau, car plusieurs villes et villages sont plus marqués que d’autres par leur patrimoine historique religieux.

Nous proposons de permettre aux conseils municipaux qui le désirent d’appliquer chez eux la politique québécoise. Après cinq ans, un nouveau débat pourra avoir lieu pour en tirer un bilan et voir s’il faut aller plus loin, en appliquant par exemple la politique de laïcité comme règle générale et en permettant aux villes et villages qui le désirent de s’en retirer, sur demande.

Le quatrième cercle concentrique concerne le monde de l’éducation. Nous connaissons les débats, pour l’essentiel non concluants, concernant l’impact du port de signes religieux par les enseignants sur la prise de conscience religieuse des enfants. Nous estimons que le principe de précaution doit, là, s’appliquer.

Le signal général envoyé par l’État aux enseignants (nous incluons le personnel scolaire) doit être qu’il décourage le port de signes religieux ou convictionnels.

Nous proposons le même principe général que pour les employés de l’État qui sont en contact avec les citoyens, avec cette fois une exception pour le hidjab ou autre couvre-chef religieux pour les enseignants qui le portent déjà : clause grand-père pour les enseignants existants, interdiction comme condition d’embauche pour les nouveaux enseignants et signal général pour décourager le port de ces signes.

Nous croyons que cette politique devrait être appliquée dans les garderies subventionnées, au primaire, au secondaire et au Cégep. Après une période de cinq ans, une discussion nouvelle pourrait être faite au sujet des Universités, où pour l’instant les signes religieux et convictionnels ostentatoires devraient être découragés mais non interdits chez les salariés.

Le cinquième cercle concentrique concerne les élèves et les étudiants. Nous sommes en accord avec la proposition du gouvernement de ne pas permettre le port du voile intégral par les citoyens qui font appel aux services publics (à une exception près sur laquelle nous reviendrons) et ce principe doit bien évidemment s’appliquer aux élèves et aux étudiants.

En ce qui concerne le hidjab, le kirpan et le turban sikh, la question du consentement des jeunes garçons et filles qui le portent est évidemment insoluble. Nous avons été frappés par l’expérience française d’interdiction de ces vêtements et signes dans l’éducation. Elle a suscité beaucoup moins de remous que prévu et a, en fait en plusieurs cas, soulagé les enfants et les familles de la pression paternelle ou des autorités religieuses pour le port de ces signes par les enfants.

Nous ne proposons cependant pas, comme en France, une interdiction immédiate. Nous privilégions une approche graduelle, dont l’application sera générale en 11 ans. Que le port de ces vêtements et signes ostentatoires soient interdits à la maternelle 5 ans et à la première année du primaire à compter de la rentrée scolaire qui suivra l’adoption de la mesure. Ainsi, cette cohorte et les suivantes peupleront graduellement l’ensemble du réseau primaire et secondaire. (Nous revenons sur les écoles religieuses plus loin.)

Cette interdiction doit-elle aussi s’appliquer aux signes religieux et convictionnels non ostentatoires ? Nous croyons que non. Nous estimons au contraire qu’une expression discrète, par l’élève, de ses préférences sociales, politiques ou religieuses, notamment au secondaire, font partie de son apprentissage de citoyen.

Le sixième cercle concentrique concerne le milieu de la santé. Il est différent de celui de la fonction publique en ce sens qu’il ne représente pas directement l’État, mais un service qu’il fournit, et est différent de celui de l’éducation en ce sens qu’il n’a pas pour objectif de transmettre des valeurs.

Plus qu’ailleurs, le caractère religieux à l’origine de l’existence de plusieurs de ces établissements, notamment à Montréal, est une expression du patrimoine culturel et historique québécois. Nous sommes donc ici à la jonction de deux principes importants de notre politique: le respect du patrimoine historique et la volonté de laïcisation des services de l’Etat.

Un grand nombre de membres du personnel de la santé, surtout dans les établissements anglophones, ont pris l’habitude de se présenter au travail avec des signes religieux : hidjab et kippa en particulier. Plusieurs hôpitaux francophones et italiens, de même, ont une personnalité catholique très forte.

Les établissements publics de santé représentent cependant un des services essentiels de l’État et le prosélytisme, qu’il soit religieux ou convictionnel, y est et doit y être proscrit. Nous jugeons souhaitable qu’à terme, les services médicaux publics deviennent, comme les autres services de l’État, des zones laïques, dans lesquels chacun laisse ses convictions à l’entrée. Nous estimons cependant qu’il doit s’agir, là, d’un objectif à beaucoup plus long terme.

Il est probablement préférable, dans ce cas, d’aviser le personnel, en particulier le nouveau personnel, de la préférence exprimée par l’État de décourager – par la seule persuasion – le port de signes religieux ou convictionnels. Puis de permettre à chaque établissement de décider de son action et de son calendrier pour y parvenir, si tel est son choix. Une revue de cette approche pourrait intervenir cinq ans après son introduction.

Le septième cercle concentrique concerne le port de la burka ou du niqab dans l’espace public. Plusieurs pays européens estiment que ce symbole de la sujétion de la femme et de refus d’interaction sociale devrait être proscrit dans l’espace public. En France, cette interdiction a été fondée sur l’obligation d’être à visage découvert dans l’espace public – ce qui s’applique également aux personnes qui se présentent masquées lors de manifestations. Un argument intéressant concernant l’interdiction générale, existante depuis longtemps, de la nudité dans l’espace public est avancé comme un précédent de la possibilité, pour une société, d’imposer des limites vestimentaires aux extrêmes.

Nous ne pensons pas qu’une mesure aussi générale doive s’appliquer au Québec en ce moment. Nous proposons cependant de permettre immédiatement aux établissements, privés ou publics, de se prévaloir d’un droit de transiger avec toute personne à visage découvert. En particulier, les forces policières et de sécurité devraient avoir le droit de réclamer le visage découvert pour leurs interactions avec des citoyens. Cela s’ajouterait à la législation, en cours de discussion, sur le visage découvert dans les transactions avec les services publics.

Cette politique pourrait être revue cinq ans après son introduction.

Demain: les écoles religieuses et le crucifix

Les commentaires sont fermés.

C’est la proposition la plus intelligente qu’on a entendu sur le sujet depuis longtemps !

Certains détails restent cependant à débattre, selon moi, mais essentiellement, en ce qui concerne la sphère publique, je suis d’accord. De plus, la proposition est très respectueuse des employés de l’état qui y travaille présentement.

Je crois cependant qu’en ce qui concerne la sphère privé (le port de signes par les étudiants et les citoyens dans la rue ou bénéficiaire de service) il n’est pas nécessairement souhaitable de légiférer.

Il est certain que pour des raisons de sécurité pour ce qui est des liens avec l’État (police, vote, douanes) et peut-être dans certains services privé comme les banques, il est peut-être pertinent de réglementer. Je crois cependant que la norme de base doit être le droit, pour l’ensemble des personnes sur le territoire, de porter les signes qu’ils désirent au nom de la liberté de conscience, de religion et également de la liberté d’expression.

L’argument que certains signes portent atteinte à l’égalité homme-femme n’a, selon moi, jamais été démontré. Je suis encore convaincu qu’une femme peut porter le voile par conviction ou croyance. Dans le cas contraire, certaines disposition du code criminel s’appliquent, de toute façon.

Bravo pour cette réflexion nécessaire!

Je suis tout à fait en accord avec votre mode d’emploi, Jean-François. Je crois qu’il est possible de transiter vers un état laïque sans pour autant manquer de respect à l’importance de l’histoire religieuse qui a formé notre état.

Certains jouent les vierges offensées face à de telle propositions, mais je crois que sans la séparation totale et complète de l’état et de l’église, il nous est impossible de dire que notre révolution tranquille est véritablement achevée.

Comment ce fait-il que je suis totalement d’accord avec votre article ? Parce que c’est le gros bon sens! Bravo et j’ai hâte de lire les suivants!

«mais pas le macaron indépendantiste, fédéraliste ou syndical». Le drapeau du Québec montre la fierté qu’on a d’être Québécois qu’on soit fédéraliste ou souverainiste alors que le drapeau du Canada qui affiche le fierté d’être Canadian, donc «fédéraliste». Ont pourrait donc porter un drapeau québécois mais pas un drapeau canadian ? D’accord !

Plus sérieusement. Je ne crois pas que ce sont les signes religieux qui sont à proscrire mais les comportements mais comme les comportements font partie de la personne, il n’y a que le temps et l’éducation qui peuvent réussir.

On peut commencer par interdire sauf lors de journées ou d’événements spéciaux d’être en public le visage couvert, ce qui est normal et n’a rien de religieux. Interdire les armes donc pas de couteaux pour les Sikhs.

Je porte une croix et une étoile de David depuis que Bouchard et Taylor ont sévi. J’interdis qu’on m’interdise.

Beau travail de réflexion.
Nous avons besoin au Québec de personnes qui prennent le temps et font l’effort de soumettre des idées pour faire avancer la société.
Je suis d’accord.
Bravo Jean-François

Je suis tout à fait en accord avec vos propositions incluant celle touchant le port de la burka et du niqab dans l’espace public.

Je suis d’accord avec tout, mais il y a une nuance dont je ne comprends pas la nécessité dans le quatrième cercle concentrique:

«avec cette fois une exception pour le hidjab ou autre couvre-chef religieu (une faute ici?) pour les enseignants qui le portent déjà.»

Pourquoi permettre cette exception aux enseignants? En quoi sont-ils différents des autres fonctionnaires de l’État? Certes, ils transmettent des valeurs, mais n’est-ce pas là une raison additionnelle de ne pas leur permettre une exception sur un signe religieux ostentatoire? Si quelqu’un pouvait me donner une raison, j’apprécierais.

Enfin, ce point est mineur et ne m’empêchera pas d’approuver l’ensemble du texte.

Je vote pour votre proposition.Excellent. Il manque cependant une réforme du cours d’éthique et d’ histoires religieuses pour inclure l’athéisme, l’agnostisme, les penseurs du passé, les théories scientifiques sur l’évolution et la création du monde. Sinon on enseigne la pensée magique aux enfants. Il faut encrer les générations futures dans la réalité et en faire des adultes capables d’ influencer le monde qui sera le leur.

Concernant le choix du sexe pour un professionnel de la santé : je ne suis pas d’accord du tout. Après avoir attendu 7 heures à l’urgence, croyez-moi, monsieur ou madame, ça s’appelle « donnez-moi la prescription ça presse ».

Le malaise est créé de toute pièce par l’esprit de l’humain et si on regarde la réalité en face, le/la docteur/e a vu pire et a vu mieux.

Ce n’est pas une partie de plaisirs, certes, mais que ça soit un homme ou une femme, si vous créez le malaise, il sera là peu importe le sexe de l’intervenant. Alors pas de temps pour un « médecin à la carte ».

Pour le personnel des hôpitaux, c’est facile : imposons l’uniforme. Un uniforme, ça n’a pas de foulard ni de turban : problème réglé. Et on pourrait même étendre le tout aux écoles primaires, secondaires, collégiales et universitaires. Plus de jugement de valeur basé sur les vêtements : tout le monde pareil, on va être obligé de se parler pour se connaître, quelle bonne idée!

Pour la burka, niqab : OUT! Je comprends qu’on puisse « revendiquer » le droit de parler à une personne à visage découvert, mais donnez un pouce à un enfant et il va prendre un pied. Ça devrait être une obligation d’être à visage découvert. Je suis un peu drastique sur les bords, mais à un moment donné, assez, c’est assez!

Que j’aime ceci : « qui n’ont pas à se demander ni à savoir de quelle religion ou à quel mouvement social ou politique appartient son interlocuteur. »

Mais je désapprouve de laisser les villes et villages le choix dans 5 ans de décider ou non à se plier à la politique québécoise : on met la hache ou on ne la met pas. Mais j’aime beaucoup votre approche graduelle, je n’y avais pas pensée.

M. Lisée, je crois que le cinquième cercle concentrique est une atteinte à la liberté d’expression des élèves et des étudiants; je crois aussi que c’est en classe, en présence d’enseignants se devant d’être objectifs, que les élèves peuvent mettre en pratique la liberté d’expression et voir concrètement ses limites: la liberté d’opinion des autres. Le port de signes religieux ou politiques à cet endroit est plutôt une occasion d’apprendre le respect d’autrui.

J’ai bien quelques doutes, notamment sur la question de la distinction entre signes ostentatoires et non ostentatoires, mais jusqu’à maintenant votre proposition va tout à fait dans ce qui me paraît le bon sens. Bravo pour votre habituelle sagacité et votre non moins habituelle clarté.

Je me permet de signaler ci-dessous quelques erreurs typographiques:

« à l’expression de l’adhésion politique ou convictionnel[le]. »

« ou autre couvre-chef religieu[x] pour les enseignants »

C’est une approche intéressante mais je ne suis pas sür qu’elle sera mieux acceptée par les défenseurs de la tradition catholique du genre Jean Tremblay. Pour eux, ce ne sera que retarder une échéance qu’ils ne veulent pas voir venir.
Peut-ëtre ai-je mal lu entre les lignes, mais je ne vois pas non plus ce qu’on fait de la prière au Conseil municipal ou du crucifix à l’assemblée nationale. Je pense qu’il y a des nuances à faire dans des cas comme cela à la notion de patrimoine. Mëme Bouchard Taylor le jugeaient nécessaire.
Pas d’accord pour traiter le monde municipal différemment du monde provincial. Ce serait consacrer le caractère rétrograde de certaines régions. un genre de Québec à 2 vitesses ou on abandonnerait ceux qui ont la malchance d’habiter à la mauvaise place…

…Comment ‘mesurer’ ce qui est ostentatoire de ce qui ne l’ est pas ou si peu…

Une petite croix, un kirpan bien dissimulée…par exemple…

…Malgré tout, une réflexion s’ impose et l’ essentiel avec son gros bon sens finiront bien par s’ imposer à nos consciences et nos agirs…

Il convient d’abord, Monsieur Lisée, de vous féliciter pour votre bel effort…

Que je considère toutefois beaucoup trop gradualiste avec une période de transition tellement longue (11 ans dans certains cas) qu’elle risque de ne jamais aboutir à l’idéal initialement recherché…en particulier parce que les « minorités » religieuses visées risquent fort d’être BEAUCOUP plus nombreuses et politiquement forte dans 11 ans! Comme ces « minorités » sont politiquement fort actives, il est illusoire de penser qu’elles ne combattront pas chaque étape en utilisant TOUS les recours politiques et judiciaires que le regime actuel met à leur disposition…

Il me semble tout à fait inapproprié de permettre à un patient de choisir le sexe de son personnel médical traitant dans une situation où il fait appel à un service public et souvent dans un contexte d’urgence et d’hospitalisation! On a déjà assez de problème à se faire soigner, on ne va pas compliquer le système en permettant officiellement et explicitement aux patients de choisir le sexe du personnel médical pour les traiter! Si une personne ne veut pas avoir recours au système médical public au Québec qu’elle aille se faire soigner ailleurs (la planète est vaste).

Enfin, vos propositions ne tiennent pas compte de l’existence d’écoles privées subventionnées et d’autre non-subventionnées mais dont l’enseignement est autorité par l’état. Vos propositions ne pourraient-elles pas avoir pour ultime effet de transformer en une collection de ghettos l’ensemble du système éducatif québécois?

Excellentes propositions, j’espère que nos politiciens prendrons connaissance de ce texte.L’approche graduelle est brillante et remplie de bonté.

Mais il y a quelques hics. Pourquoi laisser les enseignants porter des couvres-chefs symbolisant leur religion? Pourquoi y auraient-ils plus le droit que l’employé des bureaux de la SAAQ. D’ailleurs, si il y a bien une profession où la neutralité est importante, c’est bien l’enseignement primaire et secondaire. Non?

Autre accrocs, la définition de signe religieux ostentatoire. Le kirpan est un objet très discret, il devrait donc être permis de le porter. Ça devient très compliquer. Est-ce qu’on peut m’éclairer?

Selon moi, tous les employés du secteur publique devraient être interdit de porter un signe religieux quelle qu’il soit. Pour ce qui est des lieux publiques, comme la rue, les centres commerciales et autres, les signes religieux discrets sont tolérés, mais le reste est interdit.

Parfait accord sur toute la ligne. MERCI !
L’interdiction majeure c’est le prosélitisme, la sollicitation, la distribution de tracts « convictionnels » dans les lieux publics sauf ceux reliés aux services que ces mêmes milieux & personnels dispensent
Ex.- dans un CLSC des dépliants sur la saine alimentation, les mesures d’hygiène, l’usage du condom contre le SIDA, etc.

Vos suggestions mettent en lumière un phénomène de plus en plus évident. L’intervention des citoyens pour alimenter la réflexion des politiques. Réflexion tellement judicieuse, qu’on se demande pourquoi nos politiques ne la font pas.

Probablement qu’ils sont toujours en service commandé, et ne doivent pas brasser la soupe. Juste éteindre les feux.

L’idée générale est bonne. Toutefois, pourquoi faire preuve de timidité dans son application. Arrivé au bout du texte, je suis complètement perdu. Qui décide finalement? Les municipalités pour certaines choses, les institutions publiques pour d’autres, les institutions privées pour encore d’autres, l’état pour je ne sais quoi encore, …..
Les dates et les délais d’application proposés ne conduisent aussi qu’à une confusion totale. Il y aura autant d’interprétations que de cas différents. Le bordel total quoi!!!
Les enfants seront donc confrontés durant leur cursus scolaire à combien de régimes différents? Si vous souhaitez qu’ils comprennent le monde dans lequel ils vivent et vivront, SVP, présentez leur une image stable, constante, vraie et permanente de ce monde que nous leur préparons.
Ayons le courage d’être clair et précis une bonne fois pour toute, n’en déplaise à certaines minorité.
En d’autres termes, ayons le courage de nos actions!

Pour que notre société devienne totalement « laïque » il faut interdire le port de tous signes distinctifs religieux dans les endroits publics.
Donc les cornettes, burka,niqab, hidjab, kippa, turban, petit chapeau juif seraient strictement interdits.
Dans une salle d’attente, une salle de spectacle, une salle d’urgence, une classe ou une cour d’école, un cinéma, un marché public, un parc ou un lieu touristique par exemple, nous n’avons pas à savoir à quelle religion ou croyance adhère notre vis-à-vis !
Jamais un précepte religieux quelconque ne devrait s’imposer à nos valeurs fondamentales et s’afficher dans nos espaces publics. Que les « croyants » se prêtent à tous leurs rites et rituels dans leurs lieux de culte exclusivement.
Lors de la « Révolution tranquille » nous nous sommes défaits des cornettes, des soutanes et des crucifix dans nos écoles et nos hôpitaux. Il ne faudrait pas, maintenant, y laisser entrer par la porte arrière, des signes religieux ostentatoires nous venant d’ailleurs ou d’une autre époque !

Bonjour,
Tout d’abord, la Charte Canadienne des droits et Libertés ainsi que celle du Québec promulguée par le gouvernement libéral de Monsieur Robert Bourassa en 1975 ont été instituées afin de protéger les droits individuels contre la TYRANNIE DE LA MAJORITÉ. Cela est clair et limpide comme de l’eau de roche ! En faisant de la laïcité un dogme, nous démontrerons à la face de la Planète notre intolérance ebvers tous ceux qui malheureusement ne font pas partie du NOUS. La laïcité au Québec risque de devenir un intégrisme encore plus dangereux que le pseudo danger que celle ci prétend combattre contre ce qui est au yeux du nationalisme des INVASIONS BARBARES.
En effet, il faut drôlement être naïf pour croire que cette pseudo laïcité que réclament certains n’est qu’un fallacieux prétexte pour interdire aux Autres que le fantasmagorique NOUS de porter des signes religieux ostentatoires dans l’Agora et dans les services publics. Cela ne se fera que dans un sens, soit dans celui des pures laines du pays voulant exercer leur tyrannie de la majorité contre les nouveaux venus avec leurs coutumes et religions différentes, mais surtout, il faut bien se l’avouer, contre la religion musulmane.
Par ailleurs, dans ce Québec pétrifié par son crucifix à l’Assemblée Législative et dans les différents édifices publics, essayez donc d’enlever tout ça juste pour voir ! La France n’est surtout pas un exemple à suivre en y constatant tous les débordements dans les banlieues où sont cantonnés en ghetto les maghrébins venus pour y travailler tout en y exerçant des emplois minables comme ils sont confinés au Québec. Après, nos nationalistes à nous viendront se plaindre que le reste du Canada veut nous assimiler car nous en seront bientôt sous le seuil des 20 % à l’intérieur du Cadre Canadien car l’Histoire continue de se répéter, les immigrants n’étant pas particulièrement les bienvenus ici dans la société qui se croit distincte. C’est bien simple, depuis plus de 100 ans que l’immigration arrivant ici se sauve ailleurs au Canada après un certain temps vers des cieux plus cléments.
En outre, étant agnostique, c’est à dire que je ne crois pas en un être supérieur ou dans une religion quelconque, en tant que Canadiens, nous nous devons d’avoir cette ouverture d’esprit requise afin de respecter tous ceux qui croient et qui sont différents de par leurs coutumes. Cela ne nous enlève absolument rien ! Pourquoi essayer de soumettre la différence à des diktats qui veulent un Québec uniforme. Tant qu’à moi, un Québec uniforme, je n’en veux pas en tant que Canadien habitant dans cette province Canadienne car l’uniformité tue.
Finalement, pour toutes celles de religion musulmane portant le hijab dans l’espace public ou bien au travail, nous nous devons de constater que dans la langue de Bergeron, soit le joual, ces femmes ne sont surtout pas des PICHOUS. De très belles femmes pour la très grande majorité qui ont fait le choix objectif de s’habiller sobrement avec un chic consommé en ne voulant pas être la femme OBJET que la société occidentale et ses diktats veulent faire d’elles. Ces femmes savent ce qu’elles font en étant souvent bardées de diplômes de 2ème et de 3ème cycle. Ce n’est surtout pas l’ignorance qui les anime ! Tant qu’à moi, cela m’agresse nullement de rencontrer une femme voilée autant dans l’Agora qu’en milieu de travail. Je la salue et lui souris et elles me le rendent bien souvent en prenant une pause pour jaser à bâtons rompus. Elles ont fait ce choix d’être une femme tout simplement et non pas d’être la femme objet que la société occidentale veut de chaque femme. Ce qui peut agresser mon regard, c’est de constater l’inconscience de certaines pures laines en manque d’attention, en manque d’approbation de ses pairs, en manque d’amour quoi, qui se pavanent grimpées sur des talons aiguilles en mini jupe tout en portant sa soumission évidente aux diktats de la mode.
En conclusion, nous nous devons d’essayer de comprendre ces femmes qui ont décidé de porter le hijab en faisant un doigt d’honneur aux diktats de la mode occidentale. Elles sont venues ici pour travailler et non pas pour être des femmes sandwichs qui affichent gratuitement les marques de vêtements connus. Ces femmes musulmanes pour la plupart étant détentrices de diplômes de 2ème et de 3ème cycle tout en ayant plus de 70,000 mots de vocabulaire pour s’exprimer dans un français impeccable se refusent d’être interpellées sur la rue en étant soumises ici à des cris gutturaux de certains : Kossé tu manges pour être belle de même! Voilà une seule bonne raison de porter le hijab…….. Au plaisir, John Bull.

Dac sur tout, mais le visage à découvert dans l’espace public ne devrait jamais céder le pas aux accomodements. Ici au Québec, c’est une question de respect et de sécurité.

Le temps est un facteur essentiel.

Ne bousculons pas les gens, soyons respectueux. Nous savons exactement ce que nous voulons.

Égalité homme-femme, non-négociable.

Québec État laïc, non négociable.

Québec État francophone, non-négociable.

Pour tout le reste, allons-y doucement, il n’y a rien de plus fort au monde que la douceur.

C’est Bernard Landry qui a accepté le port du voile dans nos écoles. Les Français venaient de l’interdire. En bon péquiste naif, Landry s’était dit: on va leur laisser le temps de s’intégrer à notre culture. Avec les années, elles vont abandonner le voile.

Allez voir le résultat dans les cours d’école de Montréal. Et même de province.

L’approche naif de Landry est un échec spectaculaire. Tu leur donnes un pouce, ils prennent un pied. Le pauvre Landry l’ignorait…

Non je ne suis pas d’accord avec la torture de la goute d’eau. Mon père disait que quand on veut couper la queue du chien, il faut n’en couper qu’un petit bout à la fois pour lui faire moins mal… La statue est équestre ou elle ne l’est pas. Ou bien on laïcise ou bien on ne laïcise pas.

À force de calendriers d’application, on se retrouve dans des débats sans fin et peut-être un passage à la Supreme Court of Canada qui décidera au-delà des consensus Québécois en vertu de la clause interprétative 23 de la Charte de Trudeau.

D’ailleurs le passé nous enseigne par les multiples exemples de vote unanime de l’assemblée Nationale renversés par la Supreme court que les lapins peuvent causer tant qu’ils veulent, en bout de ligne, ce n’est pas ici que ça se décide.

Je suis contre cette stratégie étapiste qui n’est une fois de plus qu’une construction d’esprit. La solution c’est de dire, désormais, et si la Supreme Court s’en mêle, de lui faire un «finger»!

Je suis d’accord avec l’approche générale. Nous avons besoin d’initiatives de la sorte pour rompre avec l’apathie et le vide politico-culturel de l’heure.

On voit bien que l’approche multiculturelle canadienne, aussi vertueuse soit-elle, ne règle pas un problème de base: qui sommes-nous? Quelles-sont les valeurs auxquelles nous adhérons ? Il est bien beau d’ouvrir les portes à la multitude, mais seulement dans la mesure où nous savons collectivement qui nous sommes et où nous allons.

J’ai cependant une réserve quant aux exceptions dans le milieu de l’enseignement et la clause grand-père. Comment justifier que les enseignants qui ont une séniorité puisse porter le hijab? Il faudrait aussi leur donner un délais dans le port de leurs signes ostentatoires, mais ultimement, les sommer de s’en débarrasser.

Sinon, bravo pour l’initiative!

Je suis un peu sceptique sur l’approche graduelle dans le « cinquième cercle concentrique » (le hidjab, le kirpan et le turban sikh). Une telle mesure ferait que certains enfants pourraient en porter, alors que le frère ou la soeur plus jeune n’en auraient pas le droit. Je prévois donc des tensions inutiles (surtout quand il y a seulement un an de différence entre les enfants).
C’est un cas où « tout ou rien » devrait être privilégié (ou on interdit à tous ou on le permet à tous).

Je suis d’accord avec vos propositions.
Toutefois, il ne faut pas se leurrer.. cela ne ferait que masquer un problème. Une meilleure sélection des immigrants serait plus efficace.

Une partie importante de l’immigration religieuse est peu encline à s’intégrer aux valeurs du Québec moderne, mais elle s’adaptera à ces nouvelles exigences en continuant de rejeter les valeurs de la société d’accueil.

Par ailleurs, la sélection des immigrants n’est pas arrimée aux exigences du marché du travail.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201005/12/01-4279689-des-lacunes-dans-lintegration-des-immigrants.php

Laïcité citoyenne

Pour des raisons de sécurité, pas de burka, de cagoules ou de masques dans l’espace public. Comme avec tout autre règlement, ceux qui le transgressent reçoivent une contravention. Une exception peut-être lors de l’Halloween?

Dans l’exercice de leurs fonctions, tous les employés de l’État, hommes et femmes, doivent s’abstenir de porter des vêtements ou signes qui manifestent leur allégeance à un club quelconque, à un parti politique, à une religion, à une secte, à une idéologie particulière. L’État et ses agents doivent être neutres. Il doit y avoir un Code de comportement et d’habillement qui assurent cette neutralité.

Des accommodements raisonnables peuvent être accordés pour faciliter la vie en société des personnes ayant des handicaps physiques permanents ou transitoires, des femmes enceintes, des vieillards. Mais il n’y a pas lieu d’accorder quelque accommodement que ce soit pour des motifs religieux dans l’espace public.

Dans toute cette affaire, la couleur de la peau et la race n’ont aucun rapport. Ce sont les comportements (vêtements et actions) qui font problème.

Il nous faut une Charte de la laïcité pour que cessent les dérives associées aux manifestations de la religion dans l’espace public. Avec la religion à la maison, la vie en société sera plus simple et moins encline aux antagonismes.

John Bull parle des dictats de la mode occidentale. Où les femmes portent ce qu’elles veulent, selon leur bon goût. Alors que les codes vestimentaires religieux imposent des uniformes.

Lorsque l’on saute trop haut, on tombe de l’autre côté du cheval.

Revenant du Maroc, j’y ai constaté que tous les hommes ne sont pas respectueux des femmes. Fussent-elles couvertes des pieds à la tête. Ce n’est pas une question d’ethnie, mais un apprentissage au respect de soi et des autres.

On ne peut pas écrire n’importe quoi et croire que ça va passer comme dans du beurre.

Au plaisir : Paul Dussault

Cessons de parler d’accommodements raisonnables quand il s’agit d’accommodements religieux.

Par définition, la religion repose sur des croyances et non sur des faits.

Je suis d’accord sur presque la totalité de la proposition et je trouve qu’il y a là un formidable effort de réflexion sur un problème difficile. Cependant, pourquoi instaurer des «progressivités» différentes selon les cercles ? De là vont naître beaucoup de confusion et de portes ouvertes à la contestation. Même remarque pour la clause grand-père qui va installer des inégalités de traitement qui ne se résorberont que très lentement.
Par contre je m’opposerais à toute acceptation du port de la burka ou de niquab. Le visage, la possibilité de lecture du visage de l’interlocuteur est un élément essentiel à la vie sociale. La France a pris le bon chemin et la suite des événements le prouve.

C’est plein de bon sens, je vote pour.

Mais, c’est tellement logique et évident que notre attitude de colonisé et notre complexe d’infériorité collectif fera en sorte que le Québec n’ira pas de l’avant avec ce genre de proposition de peur de déplaire à une frange de la société et aux canadiens-anglais (RoC) qui rêvent de l’assimilation des canadiens-français en les noyant dans le multiculturalisme canadien.

Vivement se tenir debout!

@ John Bull

«Tout d’abord, la Charte Canadienne des droits et Libertés ainsi que celle du Québec promulguée par le gouvernement libéral de Monsieur Robert Bourassa en 1975 ont été instituées afin de protéger les droits individuels contre la TYRANNIE DE LA MAJORITÉ.»

C’est exact. Et depuis ce temps, c’est la majorité qui subit la tyrannie de la minorité.

Et cela fut institué sur le fondement de la prémisse voulant que la majorité était nécessairement incapable de respecter les éléments constituant la minorité.

Ce qui est radicalement une faux. Une «bullshit» quoi!

Le plus important est l’égalité homme femme cela n’est pas négociable et ça doit être clair pour toutes personnes arrivant au Québec .

Les personnes doivent savoir que au Québec l’intégration est préférée par une immense majorité au multi culturalisme et ça pour des raisons historiques d’une minorité dans une fédération anglophone.

Qu’ils viennent vivre au Québec société très distincte du Canada Anglais par ses politiques sur l’émigration .

ACHEVER LA LAÏCISATION DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE

monsieur Lisée, vos propositions pour y parvenir rejoignent preque parfaitement les miennes. Presque. Je tique sur quelques passe-droits et sur une certaine lenteur des délais d’implantation, mais retiens l’importance d’un esprit de souplesse dans le FAIRE. Mais une Charte de la laïcité s’impose dans les meilleurs délais ainsi qu’une retouche de la Charte des droits pour stipuler qu’au Québec, l’espace public se pratique et se partage à visage découvert.

Par vos deux textes vous nourrissez généreusement, intelligemment le deuxième débat social en importance au Québec après celui de l’indépendance.J’apprécie.

Je suis d’accord avec la majorité de vos proposition. Cependant, je dois dire que je trouve le cinquième cercle inutile et même contre-productif.

D’abord, cela signifie qu’il serait interdit pour les jeunes du secondaire et du cégep d’afficher (par exemple) un drapeau du Québec ou du Canada sur leurs sac à dos, ou même de porter le carré rouge (contre le dégel et la hausse des frais de scolarité), un macaron avec un message politique, etc. Le seul message que cela envoie aux jeunes, qui apprennent à l’école notamment à être des citoyens, c’est que l’engagement politique, le militantisme et que d’avoir des opinion/préférence politique, c’est quelque chose de tabou ou de mal. Dois-je rappelez que tous les grands mouvement de contestation sont d’abord issue des mouvement de jeune? En occident (mai 68), en Asie (manifestations de Tian’anmen) en orient (Printemps des arabes), etc.

La seule raison qu’un signe ostentatoire peut être gênant dans une salle de cours, c’est s’il est haineux (svastika par exemple) ou s’il nuit au bon fonctionnement d’une activité (Hidjab lors de cours d’éducation physique ou même le niqab dans une salle de cours, simplement pour que le professeur sois capable d’identifier et de bien surveiller l’élève).

D’accord pour une régulation plus stricte au niveau primaire, mais à partir du secondaire, je ne crois pas que d’empêcher les étudiants de porter un signe religieux ou politique rendra l’école plus «laïque». La seule manière de rendre l’école plus laïque est de s’attaquer aux institution même en s’assurant qu’il n’y a pas de crucifix ou autre symbole religieux (sauf a titre éducatif dans une classe de cours de religion par exemple) dans les salles de classe/garderie.

Les immigrants et les immigrantes qui veulent continuer à vivre au Québec de la même façon qu’ils vivaient dans leur pays d’origine (par leur habillement et leur comportement dans l’espace public) ne se donnent pas beaucoup de chances de s’intégrer au Québec et d’être bien acceptés dans la société québécoise. Ils envoient le message qu’ils ne veulent pas réellement être des nôtres puisqu’ils tiennent tellement à se différencier sur la place publique, là où le NOUS se manifeste, dans la société.

Par effet d’association, l’attitude des personnes immigrantes qui agissent en public selon ce qu’elles croient être des obligations divines auxquelles elles ne peuvent déroger nuit considérablement à l’intégration de ceux de leurs compatriotes qui font de l’exercice de leur religion une affaire privée se manifestant dans leur logis ou dans leur lieu de culte.

Les immigrants qui viennent ici doivent en être conscients et agir en conséquence pour préserver la paix sociale dans un pays qu’ils disent aimer. Ce n’est pas en voulant continuer de vivre comme dans leur pays d’origine qu’ils s’intégreront. La meilleure façon pour les immigrants de s’intégrer est de sortir des ghettos ethniques.

Au Québec, nous avons pleinement le droit d’être et de demeurer ce que nous sommes. Les Québécois ont le droit de conserver leur identité francophone et de culture chrétienne. Ils ont le droit d’être différents des autres peuples, ni meilleurs ni pires, comme tous les autres pays ou nations qui ont des langues et des cultures qui leur sont propres.

L’insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre comme dans leur pays d’origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C’est aussi la situation dans plusieurs pays, pourtant beaucoup moins vulnérables que le Québec, où l’on sent une inquiétude face à la dilution de l’identité nationale suite à l’afflux d’immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l’identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau, qui conduit à la tour de Babel Vaughan) ou de son frère jumeau l’interculturalisme.

Je ne crois pas que les Québécois francophones comme groupe se croient supérieurs ou inférieurs à d’autres groupes raciaux ou ethniques, contrairement aux gens de certains pays impérialistes ou de membres de certaines religions. Ils ne sont donc pas racistes. Les Québécois francophones ont cependant le droit de vouloir demeurer ce qu’ils sont sans se faire engloutir petit à petit, et sans accepter de se faire gruger dans une mer anglophone. Nous avons le droit d’être Maîtres chez nous et de le rester en n’acceptant ici que les immigrants qui veulent s’intégrer à la majorité québécoise.

Comme M.Dubois (#28), je crois qu’une sélection inadéquate des immigrants est la véritable cause de l’anxiété ressentie par certaines personnes face aux signes religieux ostensibles (et non pas ostensatoires).

Contrairement à M.Lisée, je ne considère pas qu’il faille modifier les lois actuelles. Par exemple, ce qui m’agace, ce n’est pas le voile que porte certaines musulmanes (sur la tête, sur le visage c’est autre chose). C’est plutôt le fait que certaines de ces femmes et d’autres refusent tout contact visuel avec un homme. Mais il est évidemment impossible de légiférer là-dessus.

Ce qui me dérange le plus dans l’espace public, c’est l’omniprésence de la publicité. Partout dans la ville, sur des panneaux et parfois même sur des véhicules publicitaires en plus des autobus et dans le métro et jusque dans les Cégeps et universités. Dans les quotidiens et les magazines et évidemment à la télé, les interminables pauses publicitaires. etc. etc. Il est plus que temps que les laïcistes décrochent de leur obsession anti-religieuse. Ce ne sont pas les religions qui menacent la planète. C’est la surconsommation téléguidée par de très efficaces moyens de manipulation des masses soumises à une propagande publicitaire incessante.

Au Québec en 2011, les religions sont pratiquement absentes de l’espace public alors que la publicité est omniprésente. Le matérialisme et l’individualisme sont en bonne partie causés par la place excessive que l’économie capitaliste prend dans nos vies. Et ce dès le plus jeune âge via la télévision.

Si l’on veut vraiment défendre des valeurs humanistes, il faut s’en prendre d’abord à l’omniprésence de la publicité. Ce ne sont pas les signes religieux qui causent problème.

La beauté est dans la diversité. Cessons ces débuts d’escarmouches, ne soyons pas naifs. Il faut étudier ce qui s’est passé dans les derniers siècles, la vraie histoire, celle dont on ne parle pas trop. Vous savez ? Au Québec il faut toujours parler au second degré. C’est pour cela que je vous invite à rechercher ce que les gens disent en blague ou au second degré, vous serez surpris !

« Tout d’abord, la Charte Canadienne des droits et Libertés ainsi que celle du Québec promulguée par le gouvernement libéral de Monsieur Robert Bourassa en 1975 ont été instituées afin de protéger les droits individuels contre la TYRANNIE DE LA MAJORITÉ. » (Bull)

Ha bon! Tiens tiens.

Donc selon cet avis si je désire commettre un meurtre et que la TYRANNIE DE LA MAJORITÉ m’y empêche et que je suis emprisonné avec preuves avant de passer à l’acte je suis donc brimé par la majorité du NOUS.

On a plus la philosophie de la liberté que l’on avait.

« Je suis un peu sceptique sur l’approche graduelle dans le “cinquième cercle concentrique” (le hidjab, le kirpan et le turban sikh). Une telle mesure ferait que certains enfants pourraient en porter, alors que le frère ou la soeur plus jeune n’en auraient pas le droit. »

Le jugement des parents est conseillé.

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Dix ou onze ans c’est très court d’adaptation.

De toute façon sa traîne depuis combien de temps?

Les Québécois n’ont pas digéré encore leur passé catholique.

Ils sont absolument incapables de reconnaître les vertus d’une saine neutralité de l’État en matière religieuse.
Je le dis en tant que croyant.

Qu’elle doit être la position de la société par rapport à l’ensemble de toutes les croyances qui peuvent occuper l’esprit humain. Pourquoi limiter ce débat aux seules croyances religieuses?

Par exemple, une de nos croyances importantes c’est qu’il doit y avoir un État pour gouverner les citoyens. Pourtant la croyance inverse se défend. Pourquoi pas une gouvernance spontanée des citoyens, sans aucun appareil gouvernemental ?

Certains vont crier «hooouu l’anarchie». Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici. Ce qu’il faut établir c’est à partir de quel point une communauté (qu’elle soit constituée en État ou non) doit limiter ou encadrer les différentes croyances auxquelles les citoyens peuvent s’attacher.

Les habitants de ce monde sont porteurs de croyances diverses sur la société, les rapports entre les humains, les familles, la science, etc, etc. Avoir des croyances est normal dans notre monde. S’attacher à ces croyances l’est aussi jusqu’à un certain point.

Avant de préciser s’il faut encadrer les croyances religieuses il faut se demander s’il est légitime qu’une société demande à ses citoyens de changer leurs croyances. Tout au moins de les adapter devant certaines circonstances.

Ne faudrait-il pas que cette instance soit elle-même au dessus des croyances ? Or, nous avons vu que l’État est en soit un mode de gouvernance qui repose sur une croyance.

Dans quelle mesure une instance dont l’existence repose sur une croyance peut-elle se permettre de limiter une autre croyance qu’elle perçoit comme subordonnée ?

Existe-t-il une hiérarchie des croyances ? Une croyance civile est-elle supérieure à une croyance religieuse ?

Chose certaine ceux qui prétendent que oui s’appuient «sur une croyance». En soi cela n’est ni bien ni mal. Il s’agit simplement d’être conscient qu’il s’agit d’une croyance.

On ne peut changer une croyance, toutefois on peut changer de croyance…

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À la lecture des commentaires, je constate que c’est le cinquième cercle concentrique qui pose le plus de problèmes. Je viens de lire la troisième partie de ces textes, félicitations, tout est parfait! Sauf peut-être ce cinquième cercle concentrique et la prière à l’hôtel de ville.

Concernant le 5e cercle concentrique, je suis parfaitement d’accord avec Xavier Daffe-Bordeleau (#38), lorsqu’il mentionne la mission d’éducation au militantisme et à l’action politique de l’école. En fait, je crois que l’institution ne doit pas enseigner que la politique et la religion n’existent pas, mais plutôt nous préparer à vivre avec sa présence.

Pour ce qui est de l’hôtel de ville, la source du malaise vient du fait qu’il s’agit d’une institution politique qui utilise sa liberté d’expression pour affirmer la liberté de religion de la majorité. La solution, je crois, est tout aussi simple: laissons la majorité décider, démocratiquement, de continuer ou non la prière au conseil de ville, expression de la liberté de religion de la majorité. Après tout, cette prière ne force pas les non-catholiques à devenir catholiques. La liberté de la majorité s’arrête alors où la liberté d’une minorité commence.

Je fais confiance à la démocratie et au caractère raisonnable que la majorité sauront donner à l’expression dans l’espace public de la liberté de religion des uns et des autres. C’est ce qui permet à un député libéral qui siège au Parlement d’Ottawa de le faire avec son turban.

Benoît Bourbeau

P. S. Les Juifs hassidiques, dont certains demandent des accommodements religieux, ne sont pas tous des immigrants, loin de là; la question des accommodements ne regarde donc pas l’immigration.

Une précision se doit d’être apportée à mon avis sur l’acceptation de signes religieux dans les hôpitaux. Bien que je sois de votre avis en ce qui concerne l’institution et son personnel, il m’apparait nécessaire de laisser la possibilité au patient d’exercer sa religion lorsqu’il est hospitalisé, particulièrement lorsqu’il est en fin de vie ou en séjour de longue durée. Ayant eu l’occasion d’assister certaines personnes dans ces instants, j’ai pu voir à quel point la religion prenait une part importante pour eux lorsque vient le moment de faire le bilan de sa vie. Même chez ceux qui pourtant pratiquait une laïcité lorsqu’ils étaient en santé.

Je reçois l’infolettre de ma députée, Louise Beaudoin, qui nous demande toujours notre opinion sur des sujets variés. Sa dernière question portait sur votre proposition, voici ce que je lui ai répondu:

Que pensez-vous de la proposition de Jean-François Lisée ? Êtes-vous d’accord avec lui?

X Oui, mais elle est trop souple et comporte beaucoup trop de cas d’exception qui s’avéreraient impossible à gérer et qui crééraient une mauvaise ambiance entre les employés qui profitent de la clause grand-père et ceux qui n’ont aucun droit. Je suis absolument contre cette clause. Je crois que nous devrions nous en tenir à la première étape de l’application qu’il nous propose et ce, POUR TOUS. Oublions l’application des six autres cercles concentriques ingérables qui résulteraient en un fouillis total… C’est un taponnage qui va s’éterniser et dont on ne verra jamais le bout! Allons-nous un bon jour arrêter d’êtres mous? Sachons poser nos conditions, ce n’est pourtant pas compliqué, il me semble.

Dans un premier temps, l’Assemblée nationale devrait immédiatement affirmer, comme le lui a recommandé la Commission Bouchard-Taylor, que les juges, les policiers, les procureurs de la couronne et les gardiens de prison (ET TOUT LE MONDE SANS EXCEPTION, EN PUBLIC) ne doivent porter aucun signe religieux ou — ajoutons-nous — convictionnel, ostentatoire ou non.

Cette première décision, qui changerait très peu de choses dans la réalité, indiquerait légalement et clairement le chemin sur lequel l’État et la société québécoise s’engagent.

Définissons tout de suite les termes. Une petite croix, croissant ou étoile de David dans le cou, une épinglette de Greenpeace ou du Parti conservateur ne sont pas des signes ostentatoires. Le port d’un vêtement, d’un T-Shirt de Greenpeace ou d’une casquette du PQ, du hidjab et du turban, de la cornette, ou de grandes croix sont des signes ostentatoires.

pour moi la règle d’or est de ne restreindre la liberté des gens que lorsque c’est nécessaire.

dans le cas de la fonction publique c’est le cas du secteur de la justice: juges,avocats,policiers ,système pénitentiaire. je ne vois pas d’autres cas où le port discret de signes religieux empêcherait que les citoyens soient traités avec équité par un fonctionnaire dispensant un service public. Dans le cas des fonctionnaires qui ne sont pas directement au service des citoyens, je ne vois pas sur quelle base on restreindrait leur liberté.

Dans le cas des enseignants, cela se justifierait au primaire, s’il y a risque d’influencer les enfants. Au secondaire,cela ne s’applique pas à mon point de vue

g lefebvre