Langue: l’exode et l’épicentre du séisme

Un vrai débat est ouvert sur l’importance linguistique de l’exode des francophones en banlieue. Enfin !

Un tatouage en colère (Source: Facebook)
Un tatouage en colère (Source: Facebook)

Cette semaine, la chroniqueuse Lysiane Gagnon et le blogueur Louis Préfontaine ont pesé chacun de leur côté du débat. C’est mon tour. Depuis 10 ans, j’affirme que les principales variables qui font ou défont le français à Montréal sont, par ordre d’importance: 1) la composition linguistique de l’immigration; 2) l’exode des francophones vers les banlieues; 3) l’exode des anglophones vers le Rest of Canada. La loi 101, l’affichage et tout le dispositif législatif a un impact, mais pas autant que ces trois facteurs. Prenons les un à un:

1) La composition linguistique de l’immigration. Nous savons qu’une bonne partie de l’embellie des derniers 25 ans sur l’intégration linguistique des immigrants s’explique comme suit: avant 1971, seuls 9% d’entre eux venaient de pays « francotropes », (dont la langue est culturellement ou historiquement proche du français), alors que de 1971 à 1996, 75% étaient de ce nombre. Cette proportion s’est réduit depuis.

Le fait que: * près de la moitié du nombre grandissant des immigrants maintenant reçus au Québec n’ait aucune connaissance du français au point d’entrée (donc, un demi-million d’ici 10 ans); * que l’immense majorité d’entre eux s’établit à Montréal, comme c’est normal; * que rien n’est fait au Québec pour imiter un nombre croissant de pays européens (dont nos deux mères patries) et réclamer une connaissance minimale de la langue au point d’entrée puis une augmentation obligatoire de cette connaissance dans les deux premières années sur le territoire est…  un monument à la bêtise linguistique.

Le redressement de la composition linguistique de l’immigration future au point d’entrée serait de loin la mesure de préservation du français la plus importante, à Montréal comme ailleurs.

2) L’exode des francophones vers les banlieues. Dans La Presse de jeudi, Lysiane Gagnon, dans une chronique intitulée Le vrai danger, écrit ce qui suit:

Le Québec profond restera français pour d’innombrables générations, mais à quoi cela servira-t-il si son unique grande ville, sa locomotive économique et culturelle, devient graduellement un melting-pot où la culture française de vieille souche aura perdu tout pouvoir assimilateur?

La population de langue maternelle française est passée de 61% en 1971 à 50% en 2006. Pendant que la presque totalité des immigrants s’établissaient à Montréal (ce qui est normal), les Canadiens français de classe moyenne déménageaient en banlieue… La métropole en a perdu près de 200 000 depuis 1986, et la tendance s’accélère: 53 000 pertes seulement entre 2001 et 2006. C’est une sorte d’automutilation dont les francophones eux-mêmes sont entièrement responsables.

D’abord applaudissons à cette lucidité, rare dans les pages des éditorialistes et chroniqueurs historiques du journal. Pour faire court: si l’Assemblée nationale avait suivi les conseils de la page éditoriale de La Presse en matière linguistique depuis 50 ans, aucune mesure autre qu’incitative n’aurait jamais été adoptée. Que Mme Gagnon parle aujourd’hui d’automutilation pour désigner la situation linguistique montréalaise est un signe de l’intensification de la conscience du danger qui pèse sur le français.

Le même jour, dans son intéressant blogue, Louis Préfontaine signe un texte bien chiffré intitulé Banlieue: la défrancisation tranquile. Il y décrit comment, de 2001 à 2006, le français régresse dans les banlieues, au profit de l’anglais. Alors que l’île de Montréal a perdu 2,4% de locuteurs francophones sur la période, la couronne sud en a perdu 2,6%, Laval 5,4%. (La couronne nord est stable.) Préfontaine en conclut ce qui suit:

Source: Louisprefontaine.com
Source: Louisprefontaine.com

On le constate: ceux qui veulent résumer le problème linguistique à une question de qualité de vie ou de retour à la ville des francophones ont tout faux. Même si demain matin on rapatriait des dizaines de milliers de francophones à Montréal, il ne s’agirait que d’un trou supplémentaire dans la banlieue. C’est toute la région métropolitaine qui s’anglicise.

Il faudrait analyser la nature de cette migration et je suppute que ce sont essentiellement des allophones anglicisés sur l’île qui migrent ainsi et essaiment l’anglais en banlieue.

Préfontaine a raison de souligner que l’anglicisation n’est pas qu’un phénomène montréalais mais a tort de penser qu’une politique de rétention des francophones sur l’île, voire de retour, n’aurait pas d’impact.

Si on calcule la proportion de francophones (langue d’usage, seul critère opérationnel à mon avis) qu’aurait l’île de Montréal si, depuis 1960, il n’y avait pas eu d’exode vers les banlieues, cela donnerait une île à 63% francophone, plutôt que 54% aujourd’hui. Une différence significative.

L’évolution des proportions de francophones est une chose, la masse critique en est une autre. Il y a 79% de francos à Laval, 84% dans la couronne sud, 95% dans la couronne nord. C’est sur l’île de Montréal que la masse critique est en train d’être perdue, c’est là qu’il faut concentrer nos efforts.

Que faire ? J’ai esquissé une réponse dans une chronique produite pour L’actualité l’an dernier. Je me répète:

Que faire ? Cesser la politique de l’autruche. Affirmer que le maintien dans l’île d’une majorité de personnes (de toutes origines) dont la langue d’usage est le français constitue un objectif national légitime. Favoriser massivement, au point d’entrée, les immigrants qui ont le français comme langue d’usage. Agir aussi sur l’exode des francophones. Retenons les familles qui, à la naissance du premier ou du second enfant, regardent vers la couronne. Faisons en sorte que, pour elles, les droits de mutation immobilière soient remboursés en crédit d’impôts municipaux pendant les trois années suivantes — seulement dans l’île. Ces mesures seraient appliquées à tous les nouveaux parents de l’île, bien sûr. Mais l’effet bénéfique se ferait sentir surtout sur les francophones.

De même, la mesure la plus structurante, et qui aurait des répercussions économiques, écologiques, énergétiques et linguistiques positives, serait de pratiquer la vérité des prix en matière d’étalement urbain. Que le futur acheteur du dernier bungalow au bout du dernier lotissement paie désormais le coût réel du branchement électrique et de l’accès au réseau de distribution d’eau, du transport scolaire et tutti quanti. Sa facture va exploser et rendre l’île (ainsi que toutes les villes-centres) nettement plus attrayante.

C’est une idée. J’aimerais qu’il y en ait dix, cinquante autres. Nous avons atteint, pour le déclin du français sur l’île, la cote d’alerte.

3) L’exode anglophone vers le Rest of Canada. Voici une vérité qu’on n’entend jamais, sauf dans les corridors entre démographes: Montréal est une machine qui anglicise de façon disproportionnée ses immigrants, puis qui les exporte, avec une partie de sa population anglophone, vers le reste du continent. Si, tout d’un coup, cette exportation cessait, la proportion d’anglophone sur l’île augmenterait significativement. De 1960 à 2000, avec des intensités variables, un total de 340 000 anglos ont, au net, ainsi migré. Ne serait-ce de cette migration, les Montréalais parlant le français à la maison seraient déjà minoritaires sur l’île.

De toute évidence, ce processus d’importation, de non francisation, puis d’exportation (25% des immigrants ne parlant pas français au point d’entrée quittent) est une perte d’énergie et de ressources pour l’État québécois et ses contribuables.

Et le reste ?

Le déclin du français appelle un effort rapide, déterminé et multiforme. Si cet effort devait ignorer les deux variables essentielles que sont la composition linguistique de l’immigration et la rétention, voire le retour, des francophones sur l’île il serait inévitablement voué à l’échec, car ce sont là les ressorts principaux de la dynamique linguistique, c’est là où se trouvent les grands nombres, l’impact d’échelle.

Les autres mesures envisagées: le prolongement de la loi 101 aux Cégeps ou ma propre proposition des cégeps de la prédominance du français; la francisation progressive et intelligente des entreprises de moins de 50 employés; l’introduction d’une réelle politique de l’affichage qui tienne compte des raisons sociales et non seulement des messages commerciaux; l’extension de la loi 101 aux 10% des salariés québécois qui oeuvrent dans des entreprises sous juridiction fédérale, et finalement l’indispensable redressement de la qualité du français… toutes ces mesures sont nécessaires. Mais elles ne sont que des moteurs d’appoint aux fusées principales que sont les variables immigration et étalement urbain.

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L’exode des anglophones est un sujet TRÈS discuté dans la communauté anglophone, qui l’assimile à une épuration ethnique. Je viens du West Island, j’ai fait mes études à McGill et je peux confirmer que le phénomène est très répandu.

Ceux qui n’apprennent pas le français et ceux qui n’ont aucune intention de vivre ou travailler en français partent très rapidement après leurs études. Après 1995, mes voisins anglophones plus âgés ont suivi leurs enfants déjà partis en Ontario. En général été remplacés par des immigrants qui vivotent entre l’anglais et le français, selon les cas.

Il est très facile de passer toute sa vie à Montréal sans parler français du tout, surtout si on travaille dans certains domaines. Mais je dis à tous les anglos et immigrants d’apprendre le français et d’envoyer leurs enfants à l’école française pour la simple et bonne raison que s’ils veulent demeurer ici, ils doivent tisser un réseau social francophone. Avec tous les départs de gens qui ne trouvent pas leur place ici, un réseau social anglophone ici est beaucoup trop fragile pour résister plus d’une décennie. En ce sens, la communauté anglophone montréalaise ressemble maintenant beaucoup plus à une communauté d’exilés en territoire exotique (avec beaucoup plus d’institutions évidemment), qu’à une véritable minorité bien établie.

Tout est vrai mais I’ll y a un 4e facteur plus de l’ordre du culturel que du demographique: le relativement faible attachement a la langue a la bien parler et a distinguer les niveaux de langue on ne parle pas lors d’une allocution comme on parle a sa famille ou a un avocat ? I’ll faut en etre conscient. Maitriser et aimer sa langue maternelle c’est aussi la bien gérer.
Enfin I’ll faut lire lire et lire

J’aurais une traduction du texte de Madame Gagnon.

Vous changé le mot « francophone » par « blanc »… et « immigration » par « noir ».

Résultat: on fait exactement comme les États-Unis. Les blancs en banlieues, les Inner-City Kids des minorités visibles en ville.

Ça a pris pris beaucoup d’ampleur ce mouvement vers les banlieues dans les années 80-90 aux États-Unis, alors que la violence urbaine devenait de plus en plus troublante.

Voilà un article sur la ville de Detroit. Sur les raisons profondes de ses troubles actuels. C’est différent, mais le résultat est le même. Detroit est noir et très pauvre, les banlieues sont blanches. Ce n’était pas le cas il y a 30-40 ans… et je ne parle aucunement contre les gains des droits civiques, mais de la suite confrontationnelle que cela a pris (le mépris des uns envers les autres), qui a laissé tous uns chacuns plus pauvre.

http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1925681,00.html

Très bonne synthèse, M. Lisée. Mais selon mon expérience, le facteur oublié est le caractère «facultatif» du français à Montréal, même pour des immigrants francophones. On l’a formulé de mille façons : les immigrants viennent en Amérique, le Québec est présenté comme une terre bilingue, Montréal ville bilingue ou cosmopolite, un village noyé dans un océan anglophone, etc.

Le français est vu par beaucoup d’immigrants (et malheureusement par de plus en plus de Québécois de souche aussi) comme un archaïsme, un vestige de l’histoire qui n’a guère d’intérêt qu’un dépaysement pour touristes. Il est de moins en moins vue comme un trait essentiel. Il est difficile de développer un attachement à cette langue facultative. L’origine des immigrants n’y change plus grand chose dans le contexte de mollesse identitaire actuel.

Y-a-t’il vraiment péril en la demeure?

Habitant Montréal depuis des lustres, je peux vous affirmer qu’à l’ouest de Saint-Laurent, on y parle Français beaucoup plus que dans les années cinquante. De plus, je vais régulièrement au centre-ville pour y faire des achats et les « associés » des magssins où je fais mes courses m’abordent, sauf à de très rares exceptions, en Français. J’ai toutefois remarqué qu’il semble y avoir de plus en plus de gens qui parlent entre-eux dans une autre langue mais pas nécessairement l’Anglais, ce qui confirme les sondages qui affirment que l’Anglais ne progresse pas à Montréal. Ce sont plutôt d’autres langues qui y prospèrent.

Je vous invite d’ailleurs à lire cet éditorial de La Presse où vous pourrez y voir ces lignes:

« C’est ainsi que Mme Marois a parlé de la nécessité de «stopper l’érosion du français à Montréal». Or, cette érosion est une vue de l’esprit. Dans l’île de Montréal, le très léger déclin de la part des personnes qui parlent le plus souvent français à la maison (55,6% en 1996, 54,2% en 2006) ne s’explique pas par une montée de l’anglais (25,6% à 25,2%) mais par la hausse des autres langues (18,8% à 20,6%), phénomène normal en période de forte immigration.

http://www.cyberpresse.ca/opinions/editorialistes/andre-pratte/200911/23/01-924074-la-peur.php

Ce qui me fascine toutefois c’est de constater la vigueur avec laquelle les Québécois francophones veulent théoriquement défendre le Français via des couches et des couches de règlements et de lois 101 et l’abandon avec lequel ils acceptent qu’on l’enseigne de plus en plus mal et la molesse dans la façon qu’ils l’utilisent eux-mêmes. Une ode au nivellement par le bas! Et je suis assuré que les lois qui protègent le Français en sont responsables.

Nos ancêtres ont résisté héroïquement aux assauts contre le Français sans la loi 101 et le fait que les Québécois francophones se sentent maintenant bien protégés dans leur cocon législatif fait en sorte qu’ils deviennent paresseux et nonchalants en matière de qualité de la langue.

Vous voulez vraiment protéger le Français? Abolissez la loi 101 et laissez aux Québécois francophones le soin de la oprotéger eux-mêmes. Vous verrez alors s’ils sont vraiment intéressés à la défendre!

Si les anglos qui migrent vers le ROC étaient des Anglais pure laine, et non des immigrants qui ont appris l’anglais au Québec, je ne verrais pas de problème !

Une idée folle me trotte dans la tête depuis quelques temps pour assurer la survie du francais au Québec :

« Dé-Montréaliser » le Québec par une politique fiscale d’occupation du territoire.

Cette politique fiscale s’appliquerait à la fois aux entreprises et aux particuliers et viserait à terme le déplacement d’une masse critique de la population, des entreprises, des emplois concentrés dans la région de Montréal vers les autres régions du Québec.

L’impôt des particuliers et des entreprises serait ainsi plus bas en régions éloignées
( Rimouski, Saguenay ) et encore plus
bas en régions très éloignées. ( Sept-Iles, Gaspé, Rouyn ).

Le développement arnachique et sans fin de la ville de Montréal et les effets pervers linguistiques « Montréalistes » seraient
ainsi stoppés ou du moins « stabilisés » au profit des régions excentriques et au détriment de Montréal.

La population se déplacerait ainsi en suivant les entreprises et les emplois vers des régions éminemment plus homogènes sur le plan linguistique et très majoritairement francophone.

Par cette potilique d’occupation du territoire, il ne serait plus possible de recréer dans ces régions des masses critiques anglophiles suffisamment fortes pour mettre la langue francaise en danger.

De plus, la stabilisation économique de Montréal générée par cette politique ferait quitter les populations anglophiles vers l’Ontario ou l’Ouest canadien en plus forte proportion, déstructurant ainsi d’autant plus la dangeureuse masse critique anglophile actuellement présente sur l’ile de Montréal.

En effet, pour un anglophile Montréalais, aller travailler à Québec, Saguenay ou Rimouski, c’est beaucoup plus difficile que pour un Montréalais francophone qui lui suivra sans problème les emplois en région.

Je vous l’ai dit. C’est une idée folle pour ne pas dire Stalinienne !

Comme l’a dit un intervenant précédant. Il est très facile de vivre à Montréal toute sa vie sans parler anglais. J’ai beaucoup de collègues de travail issu de l’imigration et qui ne parlent qu’anglais et ne sont pas intéressés à parler français. Bien souvent ils le comprennent, mais refusent de le parler. Alors qu’à l’inverse, les francophones n’ont pas le choix de parler anglais, l’esperanto du 21 ième siècle, et la plupart le font de très bon gré. Le syndrôme du Canadien-Français complexé qui veut montrer avec fiéreté qu’il parle anglais existe encore.

Il y a aussi ses autres imigrants, qui veulent parler français, mais qui sont eux aussi obligés de parler anglais. Pour eux, le message n’est vraiment pas clair. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux m’ont dit que lorsqu’ils essaient de parler français à des francophones, et que ceux-ci perçoivent chez eux un accent ou des hésitations, ces francophones leur répondent en anglais. Leur envoyant ainsi clairement le message que leur français est mauvais, et surtout inutile, car nous les francophones sommes prêts à parler anglais à la moindre occasion. Le plus grand problème de Montréal, pour la promotion du français, est est un de mentalité chez les francophones. Pour en saisir toute la mesure, il suffit d’aller à Ottawa, une grande ville comptant une bonne minorité francophones, et d’essayer de s’y faire servir en français. Là, il est clair que la langue d’usage commun est l’anglais.

La division des francophones sur la question de l’avenir du Québec se reflète au plan linguistique. Le bloc monolithique qui vote toujours du même côté à Montréal, peu importe les pires histoires de corruption. Et bien ce bloc minoritaire a l’anglais comme langue d’usage, et par sa conviction solide et la solidarité qui en découle, l’impose à l’ensemble de l’île. De leur côté, les francos, parce que toujours divisés, ne résistent pas, ou très peu. Ne pas parler anglais à Montréal est souvent perçu comme un signe d’ignorance, alors que ne pas parler français, est un signe de résistance politique pour tout un groupe.

Lors de l’adoption de la Loi 101 en 1977, les Anglos faisaient 15% de la population du Québec ; un tiers seulement était bilingue. Aujourd’hui, les Anglos sont tombés à 8% et les deux-tiers sont bilingues. Comment peut-on se retrouver avec une crise linguistique alors que les Anglos unilingues ne font plus que 3% de la population du Québec ?

C’est que depuis le % d’allophones a bondi à 12% dont le tiers ne parle pas un mot de français. Mais comment expliquer que l’on connaisse une crise linguistique si 93% de la population québécoise parle français ?

C’est que ce 7% représente quand même plus d’un demi-million de personnes, contentrées en plein coeur de la métropole, dans un rayon de 10km autour de l’Université McGill. Avec 2 universités, une demi-douzaine de cegeps, un réseau complet d’écoles anglophones (11% des élèves au Québec étudient en anglais grâce au gruyère macéré par la Cour Suprême), trois grands hopitaux anglais, des CLSC et des services anglais mur à mur offerts par la Ville de Montréal, le Québec et le Canada, ce demi-million d’irréductibles peut vivre sans aucun problème en anglais, bien branchés sur l’Amérique et totalement coupés de la tribu de Presqu’Amérique.

Chaque jour le ghetto est en contact avec le million de francophones montréalais qui eux sont bilingues aux deux-tiers. Quelle est la langue commune publique entre ces Montréalais autochtones et les Chinois, Coréens, Indiens, Tamouls, Pakistanais, Iraquiens, Iraniens, Turques, Bulgares, Russes, Polonais, Égyptiens, Mexicians, Jamaicains et… Anglos unilingues de Montréal ? L’ANGLAIS !

Pendant qu’on voyait partir des Anglos uniligues, on accueillait des Allos unilingues, qui ne veulent pas plus rien savoir de nous que les Anglos d’antan. Le même mépris pour les Nègres blancs d’Amérique, mais cette fois venue du pauvre sud. Le mépris exposant deux.

Au finish on se retrouve avec un problème en double : non seulement on n’a pas réglé la question linguistique, mais on y a ajouté un problème ethnique qui est en train de nous exploser en pleine face, des accommodements déraisonnables aux gangs de rue, en passant par la ghettoïsation du nord de l’Ile et l’anglicisation du centre-ville. Maudite belle réussite.

M.Lisée j’approuve entièrement les mesures que vous proposez pour préserver le visage français de Montréal et arrêter son assimilation.

Cependant le véritable problème auquel on fait face se situe dans la division du vote francophone autant au provincial qu’à Montréal,comme l’ont prouvé les dernières élections à ces deux paliers de gouvernement.

Pendant que la communauté anglophone s’assure d’avoir aux commandes un gouvernement qui défend ses intérêts, les francophones divisent leurs votes.
Cela donne un gouvernement Libéral qui tergiverse et adopte le laisser-faire comme politique linguistique pour ne pas indisposer ceux qui lui donnent le pouvoir.

On aura beau faire des études convoquer des commissions ou proposer plein de mesures pour protéger le français ,tant que ce gouvernement sera au pouvoir la situation du français à Montréal se détériorera.

Il n’y a qu’une façon de corriger le glissement cers l’anglais ,c’est de s’assurer d’avoir des élus qui s’en préoccuppent et prennent les mesures pour y faire face et ce ne sont surement pas les Libéraux qui le feront.

Je voudrais croire que le français ne mourra pas à petit feu au Québec. J’en doute. On oublie que l’immigrant vient ici d’abord pour des raisons économiques. Il comprend vite que nous sommes, nous, les francophones seulement 2% en Amérique du Nord. Il juge qu’il lui est important, essentiel, d’apprendre l’anglais. Et si ça ne fait pas au Québec alors il pourra toujours partir ailleurs. Il a déjà quitté son pays, quitter la Belle Province ne l’angoisse pas. En donnant priorité à l’anglais il évite de se retrouver dans la minorité. Nous avons cru, à tort, que les immigrants nous trouveraient tellement gentils qu’ils adoreraient parler français et s’intégrer à nous les minoritaires. Je crois que nous nous sommes trompés.

Il n’y a qu’une solution pour un Québec français: l’indépendance.
Le reste n’est que paroles, paroles et paroles.
Parce que toutes les solutions, malgré les bonnes intentions ne sont que du temps que la nation québécoise accorde au groupe grandissant anglophone pour mieux nous étouffer.
Et ils sont appuyés en cela par Pratte, Dubuc, Gagnon et compagnie, qui nient la réalité que le pont de non-retour est atteint….du jamais vu.
Et la perception de l’histoire retiendra que ce furent d’infâmes individus pour aider les conquérants. D’ailleurs ils ont plusieurs appuis dans la nation québécoise. Dans d’autres pays on appelle ce genre d’individus des traîtres, et qui non étonnamment ne se reconnaissent pas comme tel.

Bonjour M. Lisée,

Bravo pour votre analyse.

À propos de l’étalement urbain, il existe une piste de solution (qui s’imposera qu’on le veuille ou non, personne ne pourra l’empêcher): la hausse du prix de l’essence.

Vous n’êtes pas sans savoir que l’ère du pétrole à bon marché s’achève, que nous sommes en train de brûler ce qui reste de pétrole cheap. Le pétrole de demain, plus difficile à extraire et plus rare, sera plus coûteux. Ce sera la fin d’un mode de vie axé sur la liberté de se déplacer dans une voiture individuelle, donc la fin de la banlieue; le coût financier de ce mode de vie sera tout simplement hors d’atteinte pour la majorité des ménages.

Nous assisterons alors à un exode inversé, cette fois vers la ville. Montréal retrouvera ses francophones! (En investissant dans les transports en commun, il y aura peut-être moyen de densifier et de sauver du déclin les banlieues de première couronne.)

Il n’y a qu’une manière de préserver le mode de vie banlieusard tel que nous le connaissons depuis une cinquantaine d’années: mettre sur le marché des millions de millions de voitures qui fonctionnent avec autre chose que du pétrole (et il faudra que ce carburant soit bon marché). Nous sommes très loin du compte…

La clé de la francisation de Montréal, entendue dans le sens de l’endiguement de cette tendance, c’est la langue du travail. C’est l’affirmation concrète de la francité de la société québécoise, par un renforcement significatif de la loi 101 en matière de langue de travail, et un comportement des gouvernements cohérent en appui aux déclarations formelles à savoir que le français est la langue officielle du québec.

Mais c’est surtout le départ de ce gouvernement libéral qui nage comme un poisson dans l’eau dans l’équivoque en rapport avec l’affirmation répétée du fait français et qui à l’instar de l’âne de Buridan finira par mourir et de faim et de soif.

Je ne crois pas une minute aux analyses fussent-elles apparemment savantes mais qui ne règlent rien.

Disons aux immigrants qui nos sommes et ce que nous attendons d’eux. Ceux qui veulent devenir québécois comprendront. Les autres partiront. Bon voyage!

1) L’unique moteur d’anglicisation du Québec est l’emploi donc le fait de cette possibilité à un étranger ou un colonisé fédéraliste du Québec d’exiger l’anglais au Québec et de nous imposer l,unilinguisme anglais.
2) L’immigrant qui va s’installer au Canada à une seule langue à apprendre à ses enfants , c’est l’anglais , au Québec c’est trois langue : la sienne pour le ghetto ethnique, l’anglais pour les ranger avec les colonisateurs canadians et le français pour affronter ce qui reste au Québec de patriotes.francophones
3) Au Québec Ottawa anglicise les immigrants avec nos impôts fédéraux Québecois , en imposant au Québec 60 % des médias unilingues anglais , en finançant les écoles d’assimilation anglicisation, en nous fermant le monde des langues secondes à 90% non anglophone , en détruisant nos lois linguistiques , notre loi 101
4) La provenance des immigrants importe peu car toutes les nations imposent leur langue nationale unique sauf le Québec tandis que le Canada anglicise naturellement à 100% même si les anglophones de souche sont à peine 40% au Canada , au Québec les Québecois francophones de souche sont près de 80% et à cause de nos impôts coloniaux qui anglicisent nous n’arrivons pas à imposer notre langue dans tous les emplois .
5) Ici au Québec les immigrants sont pris en otages par les fédéralistes angliciseurs et l’exigence du bilinguisme pour avoir droit de manger nous tue systématiquement comme nation francophone à qui on exige une langue étrangères à force de propagandes mensongères . Les Québecois francophones sont traités en véritable immigrés à angliciser dans leurs propre maisons.
6) Nous parlons des anglophones du Québec ne voulant pas parler anglais qui quittent le Québec mais la majorité qui quittent le Québec sont des français , des francophones et des francophiles ne parlant pas anglais qui veulent vivre en français et qui constatent l’anglicisation systématique du Québec et la guerre raciale linguistique qui se prépare. Alors pour protéger leurs enfants ils quittent
7) Là ou il y a deux nations linguistiques qui apparaîssent sur un même territoire dans un même État , là une guerre raciale devient inévitable . Les fédéralistes Harper et Charest en anglicisant les immigrants nous préparent une guerre linguistique à finir . Durant ce temps pas de problème de langue hors Québec ou tous les immigrant s’intègrent et s’anglicisent à la minorité anglsaxonne
8) Les fédéralistes angliciseurs ont détruits notre Religion, nos médias,nos enfants , nos écoles et ils détruisent présentement notre droit de vraiment vivre en français de la même façon que depuis Durhame et Trudeau ils nous ont détruits dans les 9 provinces et territoires au Canada
9) La bataille Québec à débutée et même des sites supposés indépendantistes comme Vigile nous imposent des textes unilingues anglais .
10) ======N’aillons plus peur d’imposer l’unilinguisme français au Québec, il faut que le Québec devienne aussi français que le Canada est anglais . Une langue ça s’impose .( le bilinguisme ou le multilinguisme sont des affaires personnelles pour usage extérieur nous n’avons pas à nous laisser détruire par eux à nous laisser tromper par leurs mensonges )

CorrigéLe grand-père de Barack Obama, au Kenya, avait le choix entre être fidèle à sa culture et son origine, ou choisir, librement, de devenir, pour citer Obama dans son “Dreams of my father”, un “uncle Tom, collaborator, house nigger”. Le grand-père d’Obama est devenu le premier de son village à se vêtir d’autre chose qu’une peau de chèvre couvrant les organes génitaux (aux grands ricanements, d’ailleurs, des autres du village). Il a appris l’anglais, est devenu cuisinier pour les anglais, a appris les bonnes manières occidentales chez eux.

Et on connait la suite: son petit-fils est devenu président des Etats-Unis. Si le grand-père d’Obama avait considéré que toutes les cultures s’équivalent, ou que la sienne est supérieure à la culture des autres au point de la préserver à tout prix, Barack Obama serait sans doute un cultivateur ou un chauffeur d’autobus entre 2 villages du Kenya, et vivrait dans une hutte. Mais il parlerait la langue maternelle du grand-père et pourrait se vanter de son nationalisme.

Sachons respecter ceux pour qui la langue française est une idole aux pieds de laquelle les libertés peuvent être brimées. Sachons, aussi, respecter ceux qui pensent autrement. Leurs petits-fils pourraient devenir plus facilement prix Nobel ou président des Etats-Unis.

Notre langue, elle est belle, mais tout comme la peau de chèvre du grand-père d’Obama, elle n’est pas le coeur de notre identité, elle n’est qu’un outil (de communication pour la langue; de protection et de pudeur pour les vêtements).

Le grand-père d’Obama n’a pas perdu le coeur de son identité. Il a su distinguer entre l’essence de son identité, et les détails.

Le Québec est déjà un pays puisqu’on n’a pas signé la constitution Canadienne. La langue officielle de notre pays est le français. Les immigrants qui veulent venir ici doivent apprendre cette langue, leurs enfants étudiés dans les écoles francophones.
On a pas à tenir compte des jugements de la cours suprême du Canada puisque nous ne sommes pas Canadiens. C’est simple non!

Jacques du Québec profond.

Pourquoi sans cesse tourner autour du pot ? Il faut ramener l’immigration à des proportions raisonnables, pour que l’assimilation se fasse naturellement.

Le puissant et bien financé réseau socio-économique d’institutions anglophones à Montréal ne fait pas partie de vos principales variables, M. Lisée ?

Sans doute du fait qu’il soit tellement bien « intégré » qu’on ne le vois plus ?

Principe de précaution sur un terrain glissant
La langue n’est pas tout. La culture quotidienne est le fragile lien fondamental de la paix civile. Ce lien, ici, au Québec, s’appelle laïcité. Qu’importe que les immigrant(e)s parlent français, s’ils apportent ici des valeurs extrêmes avec une volonté missionnaire affichée et un projet activiste de prosélytisme religieux. Ces valeurs extrêmes sont contraires aux valeurs québécoises. Et on ne parle pas ici d’extrémisme à la Ku Klux Klan, pas de supériorité affichée, imposée de la race blanche ou du pure laine, non, on parle des valeurs laïques de base : l’égalité des femmes et des hommes, la liberté de presse, la liberté de pensée et de religion, la liberté de sa sexualité, la liberté de dire et d’être en respectant l’autre dans l’espace laïc de la culture d’ici.. Or, dans le seul but d’accueillir des francophones, depuis plusieurs années maintenant, les services d’immigrations ont favorisé et favorisent encore l’immigration en provenance de pays des anciennes colonies ou territoires contrôlés un temps par la France, Liban et Maghreb en particulier. Du Liban sont venus principalement des Chrétiens. L’acculturation n’a pas été freinée par la religion et a plutôt permis aux gens d’ici de découvrir avec plaisir, la culture arabe de là-bas et les mets nouveaux qui font le succès des restaurant libanais. Du Maghreb sont venus presque exclusivement des Musulmans. Parmi les nouveaux arrivants se sont glissés une extrême minorité de fondamentalistes, des gens qui croient vraiment, sincèrement, profondément ce en quoi ils croient. Là, il n’y a rien à dire. Le trouble provient, les troubles interviennent lorsque ces fervents du prosélytisme des souvent différentes valeurs de l’Islam, se servent de l’espace public pour imposer ces valeurs. La multiplication des femmes voilées y compris dans les adminstrations puis, plus récemment, l’irruption de la burqa et surtout du niqab interpellent la sphère laïque et commencent à émouvoir sérieusement les tenants et surtout les tenantes de la laïcité raisonnée du Québec, c’est-à-dire la presque totalité des Québécoises et Québécois. L’objectif de toute religion est une finalité, bassement séculaire, Le but avoué de tout chefs religieux est de répandre et de contrôler l’enseignement de son catéchisme et l’imposition de ses dogmes afin – à fin- de s’assurer la prise d’un pouvoir temporel le plus total. Ça démarre toujours doucement jusqu’au jour de la bascule où le pouvoir est consolidé. Avec tout le respect dû aux croyants et croyantes de ce monothéisme exigeant, il faut remarquer qu’aujourd’hui l’Islam est la seule religion au pouvoir temporel dans de nombreux États. Quand on vit là, il est conseiller de ne pas contrecarrer les us et coutumes séculaires de ces pays. Si pour les hommes, il n’y a pas trop de restrictions, sauf en ce qui concerne l’alcool, pour les femmes c’est une obligation -en tout lieu public et en tout temps- de toujours se comporter comme l’exige l’interprétation scrupuleuse de la Loi religieuse.

Dans La Presse du samedi 28 novembre, Nathalie Petrowski et Mario Roy, interviennent de plain-pied dans ce sujet brûlant. Nathalie Petrowski écrit sur Diam’s, une chanteuse française une « beurette », issue de l’immigration, une vedette très importante, il y a quelques années, avec un énorme succès hexagonal. Diam’s s’est fait connaître par une certaine résistance à la culture de sa communauté musulmane. Elle a profité de sa notoriété jusqu’aux abus destructeurs. Après dépressions et un long passage à vide, elle s’est convertie aux extrêmes de l’Islam. C’est son droit. Mais… le mais, ce sont ces deux vers tirés d’une chanson de son dernier disque, parlant de la France… du Québec ? :
Elle n’est pas laïque cette nation
Elle craint juste la contagion.
Et peut-être, a-t-elle raison, cette Nation.

Dans son édito du même jour, Mario Roy cite des extraits du dernier livre de Caroline Fourest (prononcer foureste) : La tentation de l’obscurantisme. L’auteure est une essayiste française, proche du journal Le Monde et longtemps de Charlie Hebdo. Féministe engagée, elle se consacre à la défense de la laïcité et de l’égalité homme/femme, avec une fougue qui en énerve parfois certains, notamment Tariq Ranmadan. mais aussi certaines. Ses analyses touchent souvent l’endroit précis où ça fait mal. C’est dérangeant, désagréable mais salutaire.
Dans son dernier livre, rapporte Mario Roy, parlant du Québec, elle note que : « la bonne volonté multiculturaliste se transforme en passoire face à des revendications religieuses radicales ». Elle ajoute que Charles Taylor, pourtant (parce que ?) marqué à gauche « a pesé de tout son poids pour faire passer la liberté religieuse avant la laïcité ». Mario Roy termine son papier ainsi : « En fait, le regard de Caroline Fourest vaut surtout en ce qu’il confirme que, comme beaucoup d’autres nations occidentales, le Québec n’est pas encore suffisamment conscient de la fragilité des valeurs – largement celles de la Révolution français – qui l’ont fait entrer dans la modernité ».

Je ne comprends pas pourquoi on insiste pour exclure l’île de Montréal de la région métropolitaine.

Pour moi, l’île de Montréal n’est qu’un quartier de la région métropolitaine où, sans avoir vu les chiffres, je dirais que le pourcentage des francophones dépasse les 60%.

Je crois que la bataille du français est perdue au Québec. L’indépendance serait la seule solution, mais elle n’arrivera pas, car trop de francophones québécois la refusent, par peur de l’inconnu, de perdre son confort ou de se faire détester de nos voisins, et surtout parce qu’elle demanderait un courage et une discipline que n’ont pas la plupart des Québécois.

Nos jeunes sont déjà plus anglicisés que les baby-boomers l’étaient à leur âge. Je ne les vois pas, dans leur majorité, se battre vigoureusement pour la survie du français. S’ils ne souhaitent pas l’assimilation tranquille, ils ne sont pas non plus inquiets de ce danger, préoccupés qu’ils sont par d’autres sujets, et peut-être avec raison.

Comme le disait un gars de 25 ans avec qui je discutais récemment: « L’anglicisation du Québec ne tuera personne. » Il faut bien avouer qu’il a raison.

Ici, dans la région de Joliette, nous arrivent depuis plus ou moins 8 ans des réfugiés Colombiens(il y aurait actuellement une soixantaine de familles),,et, cette année, des Bhoutanais-Népalais.

Or, une bonne partie des réfugiés Colombiens, après un séjour variable ici, s’en vont à Montréal.Il s’agit, le plus souvent, des plus scolarisés ou, encore, des familles avec des enfants.Ils vont à Montréal pour:les études, l’emploi….pis l’anglais. Eh oui! Dans certains cas, pour apprendre l’anglais. Certains s’en sont allés en Alberta.

Pourquoi ne pas faire certains efforts pour rappatrier les francophones hors Québec vivant à l’ouest de la rivière des Outaouais en abolissant pour eux la taxe foncière pendant trois générations?

Ça ne coûte rien et on pourrait permettre à des milliers, voire des dizaines de milliers de francophones d’une lointaine origine québécoise de continuer à vivre en français.

C’est sûr qu’il y aurait de la résistance et de la controverse face à une telle politique. Mais, pourquoi ne pas proposer une solution de vie française à tous ces gens qui luttent pour leur survie et qui savent fort bien que la bataille est perdue pour eux au Canada à moyen terme?

Montréal serait une belle destination pour de tels rappatriés.

Comme c’est bien remarqué M.Lisé, que l’on doit utiliser la langue d’usage pour déterminer celle des citoyens. Mais encore, lorsqu’une langue familiale est utilisée, une autre pour le travail et une autre pour le social, comment en faire ressortir celle dite d’usage? Puisque la province est bilingue, y aurait-il un choix entre ses deux principales langues? Naturellement, on pourrait le voir clairement dans le choix inscrit dans le dossier gouvernemental de l’assurance-maladie. En quelle langue les gens ont choisis à recevoir leur correspondance? A mon avis, les vrais données sont là. Tous les rescensements m’apparaissent facilement déjoués par quelques uns. Une langue maternelle, n’est pas nécessaire la langue paternelle maintenant… Tout comme l’ethnie, il semble qu’avec les cas de métissage, le recenssement au E-U ne demandera plus cette question, évitant, vu le choix restreint, de fausse réponse.

C’est à cet endroit, correspondance gouvernementale, que l’on doit agir et ne donner que 2 ans au nouveaux arrivants qui choissisent l’anglais pour recevoir une correspondance à ce choix. Après, c’est en français qu’ils devront lire les documents, ainsi c’est une façon très évidente de montrer la primauté de la langue au Québec. Que ceux nés ici conservent leurs droits acquis, c’est bien, mais les nouveaux arrivants trouverons dans cette difficulté l’importance de la raison à se franciser.

Je ne sais pas si ce serait légal, mais l’immigration devrait être également étendue sur le territoire du Québec, avec des ratios équilibrés des multiples bassins de lieux migratoires.

Est-il vrai qu’il serait trop tard pour que société francophone de source québécoise d’avoir à Montréal, un pouvoir assimilateur?????

J’y ai pensé à l’Hallowen dans Cote-Des-Neiges, est-ce que des Québécois y ont transmis la tradition rassembleuse des chaumières?

Mathieu block-côté (PQ je crois) a évoqué une « bruxellisation de Montréal ».

La comparaison avec la capitale européenne vaut en toute rigueur.

Au cours du 20ès, la francisation de la ville et sa banlieue a atteint un tel niveau, que lors de la création des régions linguistiques belges, la Flandre dû reconnaître le fait accompli et concéder une complète autonomie linguistique et politique à l’enclave.

Aujourd’hui, malgré la prospérité flamande et l’utilisation de l’anglais chez les Européens, le français reste la langue franche, et le statut politique de la Région Bruxelloise a été renforcé (en 1989) de sorte que si la Flandre devient indépendante, ce sera sans Bruxelles…

Quel enseignement pour Montréal ? C’est que si le nombre de francophones diminue, en particulier dans l’île, cela risque d’encourager les futurs Montréalais, non francophones en majorité, à réclamer un billinguisme paritaire dans l’île, c’est à dire la fin de la loi 101.

Ce billinguisme paritaire réduira la part française à la portion congrue (comme les Flamands de Bruxelles, environ 10 % ).

Comme le Québec offre des facilités linguistiques aux anglos à peu près partout, la défrancisation de Montréal aura l’effet d’un domino et atteindra à terme toute la province.

Ce ne sont certainement pas les Libéraux qui empêcheront cette évolution, plus intéréssés par la manne financière anglophone que par la volonté de sauver le pays.

Décidement, 1995 aura été la dernière chance de former un nation américaine francophone…

Une grave erreur a été de déménager l’édifice de Radio-Canada dans l’Est de la ville. Et surtout de ne pas avoir ajouté d’autres « ruches » francophones du même genre dans l’Ouest de la ville. Par exemple, le Complexe Desjardins, la Place des Arts, la CSDM etc.

Est-il illégal ou même seulement déloyal d’utiliser des stratégies lorsqu’on veut promouvoir une culture ? La loi sur l’affichage a totalement changé la ville de Montréal. C’est très bien mais il ne faut pas arrêter là. Le gouvernement doit prendre tous les moyens légaux pour donner à notre métropole un visage qui reflète le caractère français du Québec.

Il faut couper l’herbe sous les pieds des partitionnistes qui sont toujours là, ne nous leurrons pas. Le Québec français ne survivra pas sans un Montréal français.