L’année Trudeau

Justin Trudeau a fait de nombreuses promesses en campagne électorale. Mais les finances de l’État lui permettront-elles de toutes les réaliser?

Justin Trudeau (Photo: EPA/Étienne Laurent/La Presse Canadienne)
Justin Trudeau (Photo: EPA/Étienne Laurent/La Presse Canadienne)

Pas besoin de boule de cristal pour savoir que, en politique canadienne, 2016 sera l’année Trudeau. En campagne électorale, le Parti libéral a beaucoup promis. Il devra passer aux actes.

Sauf que l’argent n’est pas au rendez-vous. Déjà, moins de 100 jours après l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, la cible de 10 milliards de dollars de déficit budgétaire annuel, qu’il présentait comme un plafond en cours de campagne, s’est transformée en plancher.

Y a-t-il un seuil au-delà duquel le gouvernement libéral se sentira obligé de tirer un trait sur des engagements au nom du contrôle des dépenses ? On le saura plus tard cet hiver, lorsque le nouveau ministre des Finances, Bill Morneau, présentera son premier budget. Mais dans tous les cas de figure, il y a des arbitrages difficiles à l’horizon.

Dès janvier, par exemple, le gouvernement Trudeau doit amorcer la négociation d’un nouvel accord-cadre sur le financement de la santé avec les provinces. Stephen Harper avait fait l’économie d’une telle discussion en prolongeant unilatéralement de 3 ans l’entente de 10 ans négociée en 2004 par Paul Martin et en garantissant les mêmes conditions avantageuses aux provinces, c’est-à-dire des transferts fédéraux majorés de 6 % chaque année jusqu’en 2017. Par la suite, le financement que verse Ottawa à ses partenaires provinciaux pour la santé aurait augmenté au même rythme que l’économie, mais sans jamais tomber sous les 3 %.

Le premier ministre Trudeau aura-t-il les moyens d’améliorer une offre, somme toute généreuse, dans l’état actuel de l’économie ? Même sous la formule Harper, les transferts fédéraux augmenteraient plus rapidement que les dépenses en santé de la majorité des provinces.

Et s’il n’a pas les moyens de dépenser davantage sur ce front, le premier ministre se rendra-t-il aux arguments de provinces comme le Québec et les Maritimes, qui voudraient qu’on redécoupe la tarte en leur faveur de façon à tenir compte du vieillissement plus rapide de leurs populations ?

Le Canada atlantique a donné tous ses sièges aux libéraux au scrutin fédéral, et le Québec est majoritairement représenté aux Communes par le PLC pour la première fois depuis le départ à la retraite de Trudeau père, en 1984. Mais en leur renvoyant l’ascenseur, le premier ministre indisposerait aussi bien son alliée ontarienne que l’Alberta, dont il espère beaucoup pour réaliser des progrès sur le front de la lutte contre les changements climatiques.

À la conférence de Paris sur le climat, le Canada a remporté un succès d’estime fondé sur l’attitude volontariste du nouveau gouvernement libéral dans cette lutte. Mais le vrai test attend le premier ministre fédéral en mars, lorsqu’il réunira ses homologues des provinces pour accoucher d’un véritable plan d’action. À moins d’imposer une taxe fédérale sur le carbone, l’équipe Trudeau ne récoltera aucune redevance supplémentaire pour financer les projets d’infrastructures qui s’inscrivent dans son programme de lutte contre le réchauffement de la planète.

Aussi élevées soient-elles, les attentes des provinces à l’égard du nouveau gouvernement n’arrivent toutefois pas à la cheville des espoirs suscités par Justin Trudeau au sein de la communauté autochtone.

Pour les Premières Nations, la tenue d’une enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues est un passage obligé, mais pas une destination finale. Parmi les rendez-vous que Justin Trudeau ne veut pas manquer, celui qu’il a pris avec le Canada autochtone arrive tout en haut de la liste. Là encore, la note sera salée.

Pendant 10 ans, les conservateurs de Stephen Harper ont élevé les réductions d’impôt au rang de projet de société, quitte à pratiquer la politique de la terre brûlée sur le front de l’environnement, de la recherche scientifique, des politiques sociales ou encore dans le dossier autochtone. Cette négligence volontaire n’est pas étrangère à l’ampleur de la mise à niveau qu’entreprend le gouvernement Trudeau.

À Québec, des ministres libéraux salivent déjà à l’idée que l’année 2016 devrait être celle du retour à une certaine marge de manœuvre sur le plan fiscal. Mais avant de prendre la relève de Stephen Harper en se transformant à son tour en champion des baisses d’impôt, le premier ministre, Philippe Couillard, voudra sans doute se demander s’il désire laisser en héritage un État québécois étriqué.

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20 commentaires
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Les récentes déclarations de Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada, nous confirment que les recettes entre autre fiscales, ne seront probablement pas entièrement au rendez-vous en cette année 2016. Ce n’est pas une surprise pour celle et ceux qui comme moi suivent l’actualité économique.

Le Canada n’est pas le seul pays confronté à ce genre de situation.

D’un autre côté, un prix trop élevé des matières premières ou trop d’inflation ou un déficit au niveau des investissements, cela nuit aussi à la bonne tenue des économies mondiales. L’économie a besoin d’une certaine stabilité pour pouvoir progresser.

Donc le gouvernement du Canada va devoir probablement revoir une partie de ses cibles ou à tout le moins les délais impartis pour les atteindre. Réviser une cible ne signifie pas qu’il faut renoncer à ses objectifs. Cela signifie seulement que plusieurs promesses électorales prendront un peu plus de temps que prévu pour pouvoir être entièrement complétées.

Il en va de même pour la lutte aux changements climatiques, les accords de Paris n’imposent aucune contrainte particulière aux pays signataires. C’est cette absence de contraintes qui a permis d’obtenir l’unanimité. La lutte contre les changements climatiques est globale, elle ne peut se résoudre (pour autant qu’on y parvienne) qu’au niveau mondial. Elle passe aussi par une réflexion sur la société de consommation en général et aussi au niveau de la répartition du bien commun partout sur cette planète.

Un déséquilibre structural prolongé, nuit aux équilibres physiques. 2016 ouvre en quelques sortes la voie à un changement de paradigme.

Monsieur Trudeau a montré lors de la récente campagne électorale, qu’il était capable d’être audacieux. C’est cette même audace qu’il faudra cette année pour trouver des solutions qui répondent aux défis d’une société est d’un monde confronté aux mutations ; quand par la voie du dialogue, de la concertation et de la réconciliation de toutes les nations, on peut obtenir d’appréciables résultats.

Tout cela ne se fera probablement pas sans le concours de tout un chacun. Est-ce sur ce chemin que sont prêts à s’engager désormais toutes les canadiennes et les canadiens ?

Le dollar à Justin vaut exactement ce que valait, selon les sbires libéraux d’antan, la piasse à Lévesque, soit 70 cents US

C’est plutôt la piasse à Harper… On est pris avec l’héritage des conservateurs et faudrait se donner une petite gêne avant d’accuser les libéraux… ils n’ont pas encore eu le temps de vraiment causer des dommages et la piasse à 70 cents c’est surtout le résultat des politiques conservatrices de mettre tous nos oeufs dans le panier du pétrole et des pipelines.

Lors de la lecture du prochain budget libéral et qu’ on va nous annoncer un futur déficit budgétaire de 20 milliards de dollars ! Est- ce que ce sera encore la faute à dso large Harper ?

Et ceci persdonne en parle. Tout les libéraux et conservateurs de l’époque disaient que le Québec était pour se casser la gueule avec la piasse à Lévesque, bien là nous en domme rendu là avec la piasse à Harper, si si, car ça a commencer par lui ceci faut pas l’oublier.

Les années soleil!!! Les journalistes se peuvent plus…

Il va amener le Canada au bord de la ruine, comme papa…

Drôle de ruine quand on sait que les conservateurs, quand ils ont pris le pouvoir, ont reçu un surplus budgétaire grâce aux politiques de Paul Martin…

Tout nouveau, tout beau.

Je lui souhaite sincèrement bonne chance mais avec le dollar à 0.70¢ et les très nombreux obstacles qui se dressent progressivement sur sa route, Il peinera grandement à remplir ne serait-ce que 50% de ses promesses (déjà celle d’accueillir plus de 25,000 réfugiés syriens avant Noël est violée!) surtout avec un déficit promis de $10.0 Milliards…

N’oublions pas qu’il n’a qu’un bac en littérature et en éducation et qu’il n’a fait qu’enseigner le théâtre comme « vraie job ».

Rien pour impressionner Nathalie Normandeau quoi…

M’enfin…good luck Justin!

Remarquez que Philippe Couillard n’a qu’un diplôme de neurochirurgien.
Alors comme administrateur public, selon votre logique, ce n’est sûrement pas fort.

Il y a une très grosse différence entre un baccalauréat en enseignement du théâtre d’une université anglophone, et une spécialisation médicale en neurochirurgie. Pour le bac à Trudeau, il s’agit d’une concentration pour les sous-doués, sans aucune entrave à l’admission/inscription, aucun contingentement . Hé, il faut le savoir, le comprendre et le dire. Quant à l’autre, la médecine, le contingentement est tel que les notes nécessaires à l’inscription/l’admission frisent les 100% pour le baccalauréat (durée de 5 ans), s’en suit le programme de perfectionnement (maîtrise de 2 à 3 ans selon la spécialisation) où encore là le contingentement est tel que seuls les meilleurs sont acceptés (notes moyennes de +90% au baccalauréat). Puis comme Couillard, un doctorat en neurochirurgie, un autre de 2 à 5 ans d’études… avec peut-être l’obtention du grade… Et vous qui osez comparer les deux scolarité. Pire, vous les mettez sur le même pied. Et bien…

Oui mais le simple d’esprit a également été instructeur de rafting, instructeur de bungee, et moniteur de camp de vacances, non? Gros CV.

Sciences humain es et autres sciences versus des combinards à boni. Les canadiens ont voté et espèrent un changement. La barre est pas si haute que ça.

Il hérite quand même de la rigueur économique du gouvernement précédent ce qui lui apporte une meilleure marge de manoeuvre. Je ne veux rien lui enlever mais il faut donner ça à Stephen Harper qui lui permet un peu plus de latitude. Maintenant, il reste à voir s’il en fera bon escient.

Comme tout gouvernement, ils ont une marge de manoeuvre. Il y a des politiques extrêmement dispendieuses des conservateurs qu’ils pourraient abolir ou réviser à la baisse (F35 par exemple) et surtout, délaisser la corruption pour laquelle ils étaient notoires dans le passé (tout comme les conservateurs)… Pour ce qui est des peuples autochtones, la décolonisation n’est pas nécessairement coûteuse – c’est un changement d’approche et il est très possible de démanteler le ministère des affaires autochtones et de respecter les territoires traditionnels avec moins de poursuites futiles devant les tribunaux quand on sait très bien que les droits de ces peuples sont non seulement enchâssés dans la constitution mais font aussi partie du droit international et des conventions que le Canada a signées et ratifiées. Ce ne serait donc pas une question d’argent plutôt que de recalibrage des rapports entre les gouvernements et les peuples autochtones.

Première promesse tenue ; le programme de réduction des impôts pour la classe moyenne ! Une promesse accomplie sur la carte de crédit du gouvernement !!! Les promesse faites aux autochtones combien ça va couté??? Les 25000 réfugiés avant 2016 sans compter qu’ il y avait déjà 10,000 réfugiés déjà dans le système des conservateurs !!! C’ est beau être audacieux mais endetté les citoyens et fermer la porte sur la transparence syndicale par exemple; c’ est faire preuve d’ amateurisme sans compter aussi de son désengagement des forces armées devant la coalition internationale contre le Daesh !! On verra en 2016 ….

Si les dépenses du gouvernement Trudeau vous préoccupent, réjouissez-vous,
le retrait des F-18 c’es une économie.
Ces engins là, ça fonctionne à poussés par le vent.

Ouais ! Je regardais les nouvelles économiques ce matin et notre nouveau ministre des finances du Canada Bill Morneau qui veut questionner le petit peuple sur les avenues possible de notre économie!! Wow , c’ est là qu’ on s’ appercoit que le gouvernement canadien même s’ ils est gouverné par Justin (selfie) Trudeau ne peut rien faire contre les courants économique mondiaux !!! Et les gauchistes n’ accusent pas le premier ministre et Radio tralala se tient peinard car il a eu son bonbon sur notre carte de crédit!