Rentrée: L’annonce de la mort du PQ est-elle prématurée ?

Dans sa lettre de démission de son poste de président du PQ de Montréal-Centre, l’ami Atim Leon écrit que « le PQ est en train de foncer dans un mur électoral historique ». On lit ailleurs qu’il pourrait ne se retrouver qu’avec 4 ou 5 députés lors des prochaines élections. Est-ce possible ? Oui, bien sûr.

N'achetez pas encore vos fleurs !

Mais il faudrait pour y arriver que la situation politique qui prévaut en septembre 2011 reste inchangée jusqu’au jour du scrutin, qui pourrait ne survenir que dans deux ans. Il s’agirait d’une stabilité rare en politique québécoise.

Plus précisément, il faudrait:

a) que François Legault reste aussi populaire qu’il l’est maintenant, après tout ces mois d’exposition à l’opinion — et à la critique. C’est fort peu probable.

b) qu’aucune nouvelle péripétie concernant la corruption et la construction ne vienne rappeler à l’opinion le refus de Jean Charest de sévir. Alain Gravel est-il en année sabatique? Non.

c) que les souverainistes continuent à s’entredéchirer sans discontinuer. Là, je vous l’accorde, c’est possible.

Il est périlleux de tenter de préfigurer ce que sera le prochain débat électoral mais voici ce qu’on peut en dire aujourd’hui et pourquoi, dans ces conditions, le PQ y sera toujours compétitif.

L’élection tournera autour de trois ou quatre enjeux-clés et autour d’un thème: le changement.

Le changement

C’est la carte que détient François Legault. C’est peut-être la plus importante du jeu. Mais ce n’est pas un Joker. Elle n’emporte pas toujours la mise.

Trois incarnations successives du changement. Ça ne marche pas à tout coup.

En 1998, Jean Charest fraîchement arrivé à la tête du PLQ détenait une avance considérable sur Lucien Bouchard (+13%) mais dilapida ce crédit dans une campagne désastreuse.

En 2005, André Boisclair incarnait le changement (47% d’intention de vote à son arrivée) mais n’arriva jamais à bâtir sur cet élan une image de premier ministre en devenir et se laissa doubler par Mario Dumont sur un thème essentiel: l’identité.

En 2007 et 2008, Mario Dumont incarnait le changement mais d’erreurs de communication en cafouillages, lui et son équipe inexpérimentée ont convaincu l’électorat qu’ils n’avaient pas le jugement nécessaire pour accéder au pouvoir.

En 2011 Jack Layton incarna le changement — il livra une campagne sans faute.

La question n’est donc pas: François Legault incarne-t-il le changement? La question est: pourra-il capitaliser sur cet élément ou va-t-il, comme bien d’autres avant lui, le dilapider en multipliant les faux pas ?

Personne n’est devin, mais le simple relevé de ses prestations non scriptées des derniers mois est éloquent.

Alors qu’il a fait du renoncement à la quête de souveraineté la condition du rassemblement politique qu’il veut créer, il affirme aux journalistes qu’il ne tiendra pas de référendum « dans un premier mandat » — ce qui laisse entendre que sa volonté souverainiste pourrait se déployer ensuite. Mais il revient vers les scribes une heure plus tard pour affirmer que, tout bien réfléchi, il ne tiendrait pas ce référendum pendant sa vie politique.

Alors que l’absorption de l’ADQ par son nouveau parti est une condition de sa future victoire, alors que le chef de l’ADQ, Gérard Deltell, fait le maximum pour laisser croire que leurs positions sont convergentes (ce qui, notamment sur la santé, est clairement faux), Legault laisse dire par un porte-parole que Deltell n’est « pas assez nationaliste » pour faire partie de son écurie.

Puis, il avise ses futurs candidats que son parti ne sera à Québec que pour un mandat, se libérant ainsi de la sanction électorale après l’adoption de ses réformes. Il se ravise le lendemain en déclarant que ce sera plutôt deux mandats.

Notez: la campagne n’est pas commencée et François Legault est seul à se contredire. Imaginons un instant les problèmes de cohésion lorsque l’équipe Legault comptera davantage de candidats.

Bref, tout laisse penser que la bulle Legault va se dégonfler, peut-être considérablement, redonnant de l’oxygène électoral aux deux autres acteurs principaux, le PLQ et le PQ. Dans ce contexte, les enjeux de la campagne reprennent de l’importance.

Mais il n’y a pas que le dégonflement de la bulle Legault qui joue au jeu du changement, mais le gonflement des promesses de changement venus des autres joueurs. On ne voit pas comment Charest pourrait en être le porteur (si, comme je le pense maintenant, il mène ses troupes au combat électoral). Mais il y a des potentialités du côté du PQ, ce dont je discuterai un autre jour.

Les enjeux

Je répète qu’il est risqué d’émettre des prévisions qui concernent l’avenir, mais je pense qu’on peut raisonnablement estimer que la prochaine campagne se jouera autour de quatre grands axes:

1. L’éthique, la probité, l’honnêteté.

Jean Charest est la victime de ce thème, et non son porteur. François Legault ne fait pas de ce thème une priorité. Il en parle à peine. Il ne le possède pas. Le PQ, au contraire, a tout fait pour se l’approprier. C’est son grand avantage au plan des enjeux.

2. La maîtrise des ressources naturelles

Jean Charest est ici encore la victime de ce thème, car suspect de brader les ressources. La bataille se fera entre Legault et Marois pour savoir lequel est le plus offensif dans la « reprise de contrôle » des ressources. Québec Solidaire participera à cette enchère.

3. La réforme de l’Etat

Jean Charest est aussi hors jeu sur ce thème. S’il avait pu réformer l’Etat, il l’aurait déjà fait. C’est le thème que Legault voudra imposer et incarner. Cependant son message est brouillé du fait que ses propositions ne sont pas particulièrement révolutionnaires et que le PQ en a de semblables. Il a quand même l’avantage de ce concentrer sur le thème.

4. L’identité

C’est le thème que le PQ voudra imposer. Il est seul sur la glace à ce sujet, avec des propositions fortes (transparence totale: j’y ai participé) allant d’un renforcement de la loi 101 à l’école et au travail jusqu’à une Charte de la laïcité, une réforme linguistique majeure de l’immigration et une citoyenneté. Charest est absent, sinon suspect, et Legault, dans son dernier document, a fait le choix des demi-mesures.

5. Les rapports Québec-Canada

Compte tenu de la détérioration, discutée dans un précédent billet, de la place du Québec au Canada, une partie de la campagne pourrait se jouer sur le parti le mieux à même de parler avec force. Charest et Legault se sont exclus de ce débat, le premier par un à-plat-ventrisme qui n’est que l’expression du réalisme pour un fédéraliste québécois, le second par sa décision d’agir dans le stricte pré-carré laissé au Québec, sans rien réclamer.

Quelle que soit la formulation que le PQ maintienne ou adopte d’ici l’élection — de la réclamation de nouveaux pouvoirs, à la concrétisation de la gouvernance souverainistes jusqu’à la promotion active de la souveraineté — le fait est qu’il est seul en piste pour rejeter le statu quo, donc le déclin politique du Québec, seul à proposer une opposition active au pouvoir fédéral conservateur honni.

Les thèmes absents:

Notons que la réduction de la dette ne semble pas vouloir s’imposer au centre du débat. Legault a une proposition limitée (verser la moitié des redevances à la dette), Charest minimise l’enjeu, comme le PQ. Il faudrait qu’il y ait, d’ici l’élection, crise de la dette pour que chacun doive se positionner.

De même, je ne crois pas que l’économie devienne un enjeu majeur, quoique ce sera la volonté de Charest de s’en faire le défenseur en jouant la carte du Plan Nord. Le problème est que la proportion de Québécois en emploi n’a jamais été aussi forte, que cette situation se maintiendra — voire s’améliorera — ces deux prochaines années est que cette condition est désormais considérée comme « normale » par l’opinion. Elle ne veut pas la changer et n’a personne à remercier. Quant au Plan Nord, il peut être porteur d’investissements et d’emplois, cependant il renvoit constamment à un des talons d’Achille de Charest: le contrôle des ressources naturelles.

Encore un fois, une nouvelle crise économique viendrait modifier la donne de façon importante.

Finalement, chaque parti aura bien sur des propositions sur la santé. Mais j’estime que, sur ce point, l’électeur québécois est aux abonnés absents. Il ne croit plus. Il n’écoute plus. Il s’attend au pire, c’est tout.

Un terrain compétitif

Bref, sur le plan du changement et sur le plan des idées, on se trouve avec une bataille à trois extrêmement compétitive et, sur le papier, favorable au PQ. En fait, la seule raison pour laquelle le PLQ est compétitif est sa chasse gardée de circonscriptions dominées par le vote non-francophone. C’est un élémént structurel, il faut faire avec. (Un avantage libéral qui augmenterait, il faut le dire, en cas de proportionnelle.)

Mais pour que le PQ et Pauline Marois puisse profiter des éléments qui peuvent jouer en sa faveur, il faut qu’ils sortent de la crise qui mine en ce moment la totalité de son message. C’est difficile. Ce n’est pas impossible. Mais c’est pour un autre billet.

 

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Vous lisez la série Rentrée politique 2011:

Déja parus:

1. La forêt qui cache l’arbre
2. L’annonce de la mort du PQ est-elle prématurée?
3. Des Etats-Généraux? La recette de l’échec

jeudi:

4. Comment le PQ peut retrouver le chemin des électeurs

 

Les commentaires sont fermés.

M. Lisée, votre analyse vaut ce qu’elle vaut dans le contexte politique présent, elle ignore complètement le débat actuel au sein même du mouvement souverainiste/indépendantiste. Cet électorat n’étant plus acquis au PQ, comment ce parti peut être en bonne posture électorale présentement et d’ici deux ans s’il ne parvient pas à se rallier à nouveau ces forces vives représentant une part importante des suffrages ?
Personnellement, s’il y avait des élections dans le contexte actuel, je n’appuierais pas le PQ en raison de son virage autonomiste provincialiste fondu dans son programme lors de son denier congrès national.

En fait, la seul qui jusqu’à maintenant a su rester calme est sans contredit mme Marois. Ceux qui ne l’aiment pas l’ont jamais aimé. Le seul hic, que je voi, depuis longtemps, c’est qu’elle genre de société le PQ nous propose? C’est beau dire que nous aurons notre autonomie mais dans pays de droite, y en a beaucoup des gens de droite dans ce parti, ou un pays de gauche, et là encore ils sont légions. Je suis certains que les gens sont mûrs pour un projet global qui tient compte de la lourdeur administrative et de la corruption. Mais le seul discourt qu’on a droit c’est: on fera pas pareil…mais il ne proposent rien de concret.

S’il n’en tient qu’à monsieur Jacques Parizeau et autres inconditionnels purs et durs, je crois que nous parlerons bientôt du PQ au passé.

Il est difficile de prédire l’avenir mais le présent est plutôt inquiétant pour l’équipe Legault. Il ne reçoit pas l’appui que d’une minorité et même l’ADQ hésite à se rallier à lui. Legault va y penser deux fois car ce parti a des dettes. Il est vrai que Desmarais peut les payer facilement… Le PQ n’est pas mort mais on ne peut en dire autant pour Charest .

« Finalement, chaque parti aura bien sur des propositions sur la santé. Mais j’estime que, sur ce point, l’électeur québécois est aux abonnés absents. Il ne croit plus. Il n’écoute plus. Il s’attend au pire, c’est tout. »

Dans mon cas, vous frappez dans me mille!

« (Un avantage libéral qui augmenterait, il faut le dire, en cas de proportionnelle.) »

Est-ce un message subliminal que vous adressez à notre PM adoré?

Je n’aurais jamais crû que le PLQ puisse changer notre mode électoral pour la proportionnelle, mais quand vous le présentez ainsi, je commence à avoir des doutes!

Propos fort intéressants, mais, en bout de ligne, le PQ sera toujours mené par un chef qui ne passe pas, qui n’attire pas. C’est aussi définitif qu’un « coach qui a perdu sa chambre ».

J’ai beaucoup de respect pour la carrière politique de madame Marois, mais, pour la suite, John Glenn dirait « she doesn’t have the right stuff ».

Bonsoir,
Assurément que la mort du Parti Québécois est prévisible, ce parti vit sur du temps emprunté depuis quelques années. Avec 23 % des suffrages à l’urne, le Bloc Québécois n’est plus qu’un minuscule Morceau de Bloc. Les nationalistes québécois devraient le saborder au plus vite en devenant des candidats indépendants à Ottawa. Car ce petit Morceau de Bloc restant sera un boulet à traîner dans l’imaginaire collectif pour le Parti Québécois en étant le miroir de ce qui est réservé au péquistes. Avec plus ou moins 16 à 18 % dans les sondages actuels avec la venue de Monsieur François Legault, le Parti Québécois si la tendance se maintient dans les chicanes sera complètement rayé de la carte, soyez en convaincus, parole d’observateur averti . Bien à vous, John Bull.

je crois fermement que le p.q. va sombré avec marois si elle continue a s’accrocher au pouvoir comme elle le fait et l’on verra surement se reproduire ce qui est arrive au le bloc,le monde est tanné de ces chicanes au p.q.

@John Bull

Cher «gros» John,
(J’ai vu la photo de John Bull, le vrai sur Internet) D’ailleurs, merci d’avoir mis une référence Internet en rapport avec votre pseudonyme. Même si vous n’avez pas le courage de fonctionner à visière levée, au moins vous avez celui de lever le voile sur votre hilarant pseudonyme.

Mais revenons aux choses sérieuses. Votre opinion, ne vous déplaise, a pour moi moins de poids que celle de M. Lisée. J’espère que vous ne vous en offusquez pas. Et même si c’était le cas ça ne me ferait pas un pli sur la différence.

Il y a toute une faune de fédéralistes qui vendent la peau de l’ours pas mal rapidement. Ces tristes personnages en sont maintenant jubiler eux qui ont rongé leur frein pendant toute ces années où les québécois, dans une large proportion, s’en sont servis comme paillasson. On reconnait leur fiel putride ici et là sur la place publique.

C’est un juste retour des choses allez-vous penser ? Sur ce point je suis plutôt d’accord avec M. Lisée : la partie est loin d’être jouée. Autant le NPD ne payait pas de mine dans les mois précédant la dernière élection, autant le PQ, le Bloc et tutiquanti pourraient, tel des phénix, renaître.

Alors mon cher John, si j’étais vous je me garderais une petite gène et je me servirais de mes autres pseudonymes avec également un peu moins d’arrogance et de mépris. En fait, vous devriez vous ménager une porte ou deux de sorties. En réalité c’est sans doute ce que vous faites avec vos autres avatars.

«Eh bien ! Oui, c’est mon vice. Déplaire est mon plaisir. J’aime qu’on me haïsse.»
[Edmond Rostand] in Cyrano de Bergerac

Vous avez oublié le thème fort important de l’indépendance énergétique…

Le prix du pétrole est aujourd’hui 5 fois plus élevé qu’il ne l’était en 2000 et est une des causes les moins connues du « plombage » de l’économie.

Daniel Breton a compris que c’est un thème très porteur dans un contexte global de pic pétrolier, de récession généralisée et de pillage des ressouces naturelles du Québec.

Je vous suggère fortement d’écouter son intervention lors de l’assemblée du NMQ du 21 août 2011:

http://www.vigile.net/Le-PACTE

Z

On a crû en la mort du P.Q. lors de l’élection avec Boisclair comme chef.
Jeune, brillant, moderne, populaire auprès des jeunes et pourtant il a pris toute une débarque.
Depuis Pauline Marois est parvenue à mener de mains de maître cette machine politique et, en tant que chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, à déstabiliser Charest en dénonçant la corruption et la mauvaise gestion de l’équipe libérale. Équipe qui ne cesse de perdre ses meilleurs joueurs : Couillard, Jérôme-Forget, Dupuis et maintenant Normandeau !

Cependant, Charest pourrait profiter de la « bisbille » au P.Q. et du manque de préparation de la Coalition Legault-Sirois pour déclencher des élections anticipées !
Il peut prétexter de la démission de sa cice-première ministre et du remaniement auquel il doit se prêter pour appeler des élections générales plutôt qu’une élection partielle dans Bonaventure.
Faire un remaniement de son caucus pour donner l’apparence d’une équipe renouvelée.
Se joindre aux 3 autres provinces qui tiendront des élections en début d’octobre,
Î-P-É le 3, le Manitoba le 4 et l’Ontario le 6 !
Après une entente avec le gouvernement Harper afin de recevoir RAPIDEMENT l’harmonisation de la T.V.Q – T.P.S au niveau de 2,2 milliards de $, ce qui va lui permettre de baisser les impôts afin de nous faire oublier toutes les augmentations de taxes et de tarifs depuis qu’il a les mains sur le volant.
En profitant aussi de toute la publicité sur le Plan Nord pour nous faire oublier tous les problèmes autour de nous dans le Sud du Québec.
Insister sur son bilan économique, le faible taux de chômage et les ententes avec la fonction publique pour plusieurs années de paix sociale.

Après ses belles paroles, beaucoup de québécois seront prêts à le suivre encore.
Certains croiront au « changement » promis par la Coalition Legault-Sirois et éliront
certains de ses candidats pour voir le sérieux de ses promesses.
Et malheureusement, les francophones diviseront leurs votes entre cette Coalition, l’A.D.Q., le Parti Solidaire et le P.Q. et permettront au P.L.Q. de se faufiler pour reprendre le pouvoir pour un autre 4 ans !
Charest le sait et il agira en ce sens !
Alors, si le P.Q. se retrouve en 3e position… nous pourrons parler VRAIMENT de mort clinique !

Combien de fois avons-nous annoncé la mort politique de Charest et de ses troupes?

Ils sont toujours là et ont encore la chance de remporter les prochaines élections.

C’est la même chose pour le PQ.

Les gens ne comprennent pas qu’en politique, six mois c’est long. La population et les médias ne pensent qu’au moment présent. Les médias sont pris dans une logique du direct, de l’instantanéité et deviennent incapable de prendre du recul. Les sondages, faites sur le bras, n’aident pas la chose.

Donc, je disais, il faut arrêter de voir à court terme.

D’ailleurs, il n’y a pas seulement le PLQ à qui on a annoncé la mort à plusieurs reprises. Depuis sa création, on prédit que le PQ va mourir. Depuis sa création, les chefs du PQ ne sont pas apprécier de la population (même René Lévesque).

Le PQ est pourtant toujours là.

«On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué.»

M.Lisée ce que vous semblez oublier d’indiquer c’est que la majorité de la population vote pour une image, un individu. Nous l’avons bien vu lors de la dernière élection fédérale et à ce sujet la cheffe du PQ ne passe vraiment pas dans la population. Réussira-t-elle durant les prochains mois à monter dans les sondages? Permettez moi d’en douter.

L’engouement de Legault tient aussi au fait que, depuis la « purge » qui a mené à l’ADQ, il ne reste plus de parti véritablement nationaliste non-indépendantiste. Ceux qui croyaient à une forme d’affirmation nationale sans souveraineté sont orphelins sous Charest. Ils ont bien essayé l’ADQ, mais ça a donné ce que ça a donné.
Legault, lui, pourrait plaire à ce type d’électeur parce que, dans le fond, ce qu’ils veulent, c’est la gouvernance péquiste sans l’article un. C’est probablement pour jouer sur cette carte que Legault a déclaré que Deltell n’est « pas assez nationaliste ». C’est donc plus calculé que vous le dites.
Théorie personnelle: C’est le souvenir du « maître chez nous » qu’agite plus ou moins consciemment François Legault. Les Québécois rêvent encore de cette époque de grandes réformes et on espère cette bande de sauveurs qui viendra tout révolutionner comme « l’équipe du tonnerre » l’avait fait jadis.
Dans le fond: la « nouveauté » de François Legault, c’est l’ultime nostalgie.

Bon billet très clair et intéressant. Alors qui pensez vous deviendra le chef de l’opposition si ke RQ est mort et qu’il faut l’enterrer

« mais je pense qu’on peut raisonnablement estimer que la prochaine campagne se jouera autour de quatre grands axes: »

Et vous en énumérez 5…Legeault est contagieux ?

Sérieusement, je suis toujours fascinés par la propensention des analystes à se concentrer sur les « gros » en négligenat les autres partis. Surtout quand on dit que le changement sera au coeur des débats. Et encore plus drôle (si l’on peut dire), quand on conclut que les gros n’ont guère à offrir.

Vous ne mentionner l’ADQ que dans sa relation avec Leageault. Est-ce tout ce que l’ADQ a à offrir: fusion ou non avec le CAQ ?

Et, bien sûr, vous mentionner QS, mais uniquement en passant, sur la question des ressources naturelles*, mais d’une manière qui donne à penser que QS est absent des autres débats. Hors, du côté de l’éthique, QS n’a rien à envier au PQ. Pas plus d’ailleurs que l’ADQ. Chacun des trois partis d’opposition a fait ses devoirs sur ce dossier.
La réforme de l’état ? Seul QS a un programme résolument social-démocrate, le PQ étant plus ambigu là-desssus (résultat de la dichotomie entre sa base progressiste et sa direction plus « affairiste ») et QS a des solutions concrètes.

*considérant la prestation déplorable des autres partis sur ce dossier, PQ inclus, il aurait été malseillant de passser sous silence la performance d’Amir Khadir sur ce front. Il est le seul à, non seulement avoir tenu tête à l’Avocat-lobbyiste Bouchard, mais simplement à ne pas s’être jeté à plat-ventre (revoir le passage où Bouchard fait semblant d’être insulté par Amir: http://www.youtube.com/watch?v=SMoc6MOGfxo, mais surtout les réactions, non seulement de Normandeau, mais aussi la réaction du président de la commissionn, Claude Pinard, un péquiste: déplorable, c’est à qui serait plus carpette que l’autre).

L’identité ? QS est le premier à avoir proposé dans sa plateforme une assemblée constituante élue. Et ce depuis presque sa fondation. Idée que soudainement plusieurs découvrent intéressante (en oubliant son origine).

Les relations Canada-Québec ? Au printemps dernier (donc avant la « crise » actuelle du PQ), QS avait lancé la campagne: http://paysdeprojets.org/

Qui soit dit en passant couvre les 5 points (et plus) que vous avez énumérez. Ce n’est pas seulement l’indépendance pour l’indépendance, mais intégrée dans un projet de société.

Bref, que l’on soit d’accord avec QS (ou l’ADQ), je trouve un peu malseyant de les passer sous silence. Prenez au moins SVP la peine d’analyser leur position. Ne serait-ce que pour en montrer les points forts et les points faibles.
Sinon, vous risquez de passer à côté du train. Aavant le milieu de la dernière élection canadienne qui s’intéressait au NPD ? Tous les « analystes » considéraient qu’ils n’étaient pas dans la course.
Et pourtant…

La politique est faite de vagues: frustrations accumulées, désirs inassouvis, bons sens populiste… tous ont leur heure de gloire.

La chose (et peut-être la meilleure chose) est qu’en démocratie, il n’y a pas vraiment de permanence. Cela est vrai, particulièrement, pour l’aspect partisan. Lisée a raison: n’enterrez pas trop vite un parti ou une idéologie. Le fond revient vite. Les gens se lassent de tout, et paradoxalement, c’est toujours (eh oui, toujours!) la réalité sociale qui rattrape la politique.

Les communications acharnées et brillantes, les stratégies fameuses et les discours hypnotisants ont une durée de vie. Un jour ou l’autre, la volonté populaire s’installe, et les chicanes fondamentales reviennent. En plus fort. La vapeur n’est jamais aussi puissante que lorsqu’elle est chauffée sans arrêt, peu importe le couvercle.

Et c’est justement là la stratégie fédéraliste: mettre des couvercles jusqu’à ce que la vapeur diminue. Jusqu’à ce que les Québécois n’aient plus les moyens de leur pays. En plus, ils font comme si le Québec allait devenir indépendant un jour ou l’autre; voter non au référendum a du sens si on espère ne pas se faire mordre les fesses par le Canada: mais voilà, il finance sa propre indépendance énergétique en contournant le Québec en électricité. Révélateur.

L’indépendantisme est une sorte de piège: comme l’a dit Loraine King sur ce blogue, les québécois ont fait la démonstration qu’ils ne s’intéressaient plus à ce pays (et tant pis pour eux!). J’ajoute qu’ils ont créé la surprise du siècle en jouant le jeu des fédéralistes: ils ont voté pour un parti fédéraliste.

Résultat: le Canada entier bégaie, les fédéralistes québécois ne savent plus qui accuser, le visage du Canada se montre dru et nu. Quel espoir leur reste-t-il? Legault. Un ancien souverainiste qui pourrait bien démontrer les limites entre l’image politique et la réalité politique.

parole d’observateur averti … il est ou IGGY aujourd’hui, avec sa cravate rose? A-t-il seulement réussi a séduire autre chose qu’Emmanuelle Latraverse?
p.s. C’est vous qui avez créé l’opportunité, il aurait été vraiment trop difficile de la manquer.
😉
Je vous averti l’Observateur vos prédictions sont souvent ben a côté de la track. C’pas méchant, j’essais juste de faire ma comique.

Votre analyse est trop rationnelle. Ce n’est pas comme ça que les gens votent. Si les gens ont voté NPD, c’est à cause du charisme de son chef: le sourire, le côté « je suis humain » (i.e. la canne et la maladie), sa façon de présenter les choses de façons optimiste et positive.

Le leader du Bloc était hargneux, négatif. Il a été congédié de son château fort.

Le chef du parti Libéral ne passait pas. On le voyait comme un gars qui essaie fort, mais qui reste flou. Il s’est planté.

Notre actuel premier ministre était vu comme un leader fort qui proposait un projet de nouvelle gouvernance (peu importe qu’on soit d’accord ou non avec ses valeurs et idées, au moins il avait quelque chose à proposer).

Dans chacun de ces cas, ce n’est pas le contenu qui a fait la différence, mais le style. Oui les élections sont souvent quelque chose de très superficiel.

Mme Marois serait LE bon choix pour les séparatistes, les souverainistes et les nationalistes fédéralistes parce qu’elle est francophile, qu’elle désire faite du Québec, un pays séparé, même si elle ne devait pas y arriver sauf si le fédéral collabore.

Le PQ de Mme Marois est le bon choix pour remplacer un PLQ anglophile. Elle est mieux placée que l’équipe Legault-Sirois pour mieux légiférer pour protéger le français, adopter une constitution québécoise et faire ce qu’il faut pour un Québec plus souverain mais qu’il sera pratiquement impossible de faire sortir complètement du Canada, vu que 88 % des Québécois préfèrent rester des Canadiens.

Le PQ ne devrait pas être fini avec Mme Marois qui est la mieux placée pour le tenir debout, pendant que les coups viennent de partout, même les tirs amis.

Faire la souveraineté a été la raison d’être du Parti Québécois. M. Parizeau, n’eût été de la malhonnêteté de certaines factions du clan du non, concrétisait le projet. Ce qui indique je crois que le meilleur gage de réussite pour ce parti est de garder le cap sur l’indépendance du Québec.C’est ce pourquoi il a été crée et c’est ce à quoi il doit servir. Sa dernière chance de survie est de rallier tous les souverainistes pour une démarche sans compromis vers un pays nommé Québec. C’est clair, c’est simple, c’est l’évidence même.

Mme Marois ne passe pas la rampe, point à la ligne. Si elle s’entête à demeurer à la tête du PQ, c’est tout le navire qui sombrera avec elle.

Et même si elle démissionnait, je doute maintenant que le PQ puisse de nouveau voguer toutes voiles dehors tellement il est associé à un vieux parti. Que voulez-vous, les gens veulent du changement…

Quant à M. Legault, il est encore moins orateur qu’elle; et pour ce qui est de ses réparties dans le feu de la discussion, il est très faible. Encore pire quand il argumente: sa voix tremble au point qu’on dirait qu’il va pleurer. À moins que les gens le prennent en pitié… on a déjà vu ça!

Moi qui ai toujours voté PQ, j’appuierais aujourd’hui un parti indépendantiste mené par un chef aux idées claires, capable de stimuler les Québécois à faire du Québec un grand pays.

après de bonnes vacances, on revient et on retrouve les mêmes commentaires des mêmes personnes: pour certains, (JB en tête de liste) peu importe le sujet la réponse est toujours les souverainistes sont en retard d’une génération en plus d’être plutôt des épais qui ne comprennent pas la réalité alors que les fédéralistes sont toujours les génies qui nous mèneront au ciel!

la mort du pq! bien sûr! quand un parti compte sur des appuis de souverainistes piégés dans leurs contradictions: comment peut-on s’affirmer souverainistes et accepter l’idée radio-canadienne que l’on ne doit pas parler de souveraineté parce que n’intéresse personne (selon les journalistes)? il ne fait pas faire de référendum de peur de ne pas le gagner! les souverainistes sont devenus les représentants du changement dans l’immobilisme.

et le pq avec p. marois en tête représente cette idée de faire la souveraineté en ne faisant rien! qui a envie d’être membre de ce parti? vivement un parti souverain plus intéressé à la souveraineté qu’à la prise pour pouvoir pour régner sur le bon peuple soumis à ces génies de la pensée moderne canadienne.

et où sont tous ces gens qui parlaient ouvertement de souveraineté? à part Bizz (loco locas), qui reste-t-il? les fédéralistes artistes ou autres ont pris tout le terrain sans gêne alors que les souverainistes n’osent plus s’afficher! et on parle de sauver le pq!

« C’est ce pourquoi il a été crée et c’est ce à quoi il doit servir. Sa dernière chance de survie est de rallier tous les souverainistes pour une démarche sans compromis vers un pays nommé Québec. C’est clair, c’est simple, c’est l’évidence même. »

C’est tellement vrai que la direction du PQ, depuis 30 ans (excluant la période Parizeau où les choses étaient claires), doit régulièrement ressortir « l’option » du tiroir où ils l’enfrement à clef en temps normal chaque fois que les intentions de votes pour le PQ diminuent.
C’est systématique.

L’annonce de la mort du PQ ne cesse d’arriver! En fait, la mort de l’indépendance est intervenue le lendemain des résultats du référendum de 1995; mais, on a maintenu l’idée de l’indépendance sous respirateur artificiel, parce que la soupe est bonne! Parlez en aux anciens députés du bloc… Parlez en à J.F. Lisée, qui fait encore de la broue avec ça…
Arrêtez de parler de l’indépendance avec les yeux grands fermés! Le Québec a changé; et, change tous les jours! La moitié, des Montréalais, parle anglais! Beaucoup ont la peau bronzée, et viennent de pays où le nationalisme est associé à ce qu’un gouvernement peut donner de pire! La plupart a immigré au Canada, pas au Québec… Même si beaucoup se disent pour le Québec indépendant, ils le font pour nous faire plaisir, par instinct de survie!… Une fois devant l’urne… Toujours cet instinct de survie…

Bonjour,
Pauvres Messieurs Carré et Guay ! Le Canada ainsi que son fédéralisme est bien vivant et en parfaite santé autant que le jovial John Bull. Ce dont Monsieur Lisée pose comme question en se demandant si l’annonce de la mort du Parti Québécois est prématurée, c’est bien qu’il y a péril en la demeure, n’est ce pas ? Nos amis les péquistes doivent immédiatement se prendre en main au lieu de s’en prendre à Madame Pauline Marois.
Et pourtant ! Monsieur Lucien Bouchard vous l’avait bien dit de vous assumer, soit de cesser immédiatement de toujours mettre la faute sur le dos des autres. Assumez vous que diable ! Madame Pauline Marois mérite mieux que toutes les nuits des longs couteaux que vous lui faites vivre. Soyez courtois et espérez ! Bien à vous, John Bull.

Le message est controlé par Péladeau ( Québecor,Sun News) et Desmarais ( Gesca). Donc toutes les analyses sont du radottage entre les élections pour détruire la pensée politique qui n’est pas la leur. C’est désastreux mes amis mais c’est la réalité. Ce sont les nouveaux Rhodésiens, Levesque avait bati un parti a les combattre et Pauline leur fait des génuflexions. Ex: Amphitheatre de Québec, l’hopital de La Malbaie Pour Sagard.

S’il n’y a pas un groupe intelligent et prêt a souffrir pour les dénoncer et les combattre, c’est foutu. Pendant ce temps le Roc nous botte le derriere d’une maniere raciste, content de voir planter le Québec et les francophones au Canada. Etc, Etc, Etc…………….

« vivement un parti souverain plus intéressé à la souveraineté qu’à la prise pour pouvoir pour régner sur le bon peuple soumis à ces génies de la pensée moderne canadienne.

et où sont tous ces gens qui parlaient ouvertement de souveraineté? à part Bizz (loco locas), qui reste-t-il? »

Un peu de courage. Il en reste qui agisse. Voir le site

http://paysdeprojets.org/

mis en ligne bien avant la crise provoquée par le diktat du projet de loi 204.

Les médias tendent à ignorer ceux qui dérangent trop les pouvoirs en place. Mais le travail de terrain se fait quand même.

L’affirmation suivante ne passe pas le test du réel. «En fait, la seule raison pour laquelle le PLQ est compétitif est sa chasse gardée de circonscriptions dominées par le vote non-francophone. C’est un élémént structurel, il faut faire avec. (Un avantage libéral qui augmenterait, il faut le dire, en cas de proportionnelle.)» En fait, l’application d’une proportionnelle intégrale avec un seuil minimum de 4 % aurait donné les résultats suivants en terme de sièges (sièges de l’élection de 2008 entre parenthèses). PLQ 56 (66); PQ 47 (57) et ADQ 22 (7). Le mode de scrutin actuel a pour effet de défavoriser les francophones en terme de représentation. 5 % d’allophones ou d’anglophones dans une circonscription et les libéraux l’emportent. Bonaventure est un bon exemple.

Dans la conjoncture actuelle de la politique au Québec, il est tout à fait logique que le PQ soit appelé à disparaître après les prochaines élections générales au Québec. Le problème au PQ n’est pas la chef Pauline Marois mais bien le rêve de l’indépendance à tout prix pour environ 30% de ses membres qui sont prêts à tout moment de diviser le parti en deux clans et qui est sur le point de le détruire. Si nous regardons la réalité en face, la population veut du changement et l’option de l’indépendance est loin de son désir. Le moment est plutôt de voir à s’occuper du pain quotidien à se procurer.

@ rod (# 32):

So what???

Sont pas de « vrais » Québécois les anglos de Bonaventure?

Z’auraient pas le droit de voter sur votre planète?

Le séparatisme est bel et bien mort et enterré. Même les péquistes n’osent plus en parler publiquement. C’est tout dire!

Allez…hop…on s’occupe des vraies affaires maintenant. Ça nous changera des éternelles chicanes de séparatistes.

Ça fait trop longtemps qu’on « niaise avec le puck » au Québec et on doit nettoyer les intolérables dommages à l’économie engendrés par la gestion des gauchisto-interventionistes!

Bonjour,
En tout cas, le Parti Québécois a déjà sa pierre tombale avec le tout petit Morceau de Bloc restant qui servira à coup sûr d’épitaphe ! Bien à vous, John Bull.

Calma…
Attention il ne faut pas aller trop vite, six mois en politique c’est une éternité…Le parti Québecois est le vaisseau amiral de la souveraineté du Québec et ce dont il a besoin aujourd’hui c’est d’un ou d’une chef capable de réunir autour de lui ou d’elle les forces vives de la nation pour affronter les fanatiques de la fédération canadienne a tout prix. Entre cette vision unique de cette fédération et l’indépendance totale du Québec il y a place pour un entre-deux qui s’appelle une confédération. Il suffit de part et d’autre d’en négocier les modalités.La succession de Pauline Marois qui ne saurait tardée devrait se faire en principe entre Bernard Drainville et Pierre Curzy sans exclure d’autres candidatures.Le parti Québécois est un grand parti mis sur pied par de grands Québécois.

Fernand Turbide

Dans votre analyse, vous occultez totalement la formation d’un parti indépendantiste pilotée par Jean-Marie Aussant et appuyée par des personnalités politiques très en vue et respectées par la population. Cette oublie est sans doute révélatrice de la menace que cette éventualité fait peser sur votre bel échafaudage stratégique. C’est pourtant une attente bien réelle d’une large portion de l’électorat qui en a assez de l’impuissance proposée par le PQ avec sa gouvernance souverainiste. Vous semblez minimiser la crise de la famille nationaliste comme une attitude culturelle banale et habituelle alors que, cette fois-ci, elle est considérablement plus profonde et plus fondamentale que ce que vous voulez bien croire. La création d’un parti indépendantiste pourrait être un enjeu tout aussi déterminant que ceux que vous évoquez ici.

M. Lisée, Juste un commentaire, le besoin de changement est, je pense, plus fort que toute analyse politique, la meilleure soit-elle.
Donc voici ma prédiction pour les prochaines élections PL 20%, PQ 15%, Legault faite le calcul en donnant au max 10% pour le PS, et je suis un fervent du PQ…..

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