Régimes de retraite : l’appétit des uns et l’assiette des autres

Le projet de loi 3 s’inscrit dans un effort de redressement des finances publiques du Québec, largement soutenu par la population, et qui comprend aussi la révision des programmes et de la fiscalité.

Photo: Clement Allard/La Presse Canadienne
Photo: Clement Allard/La Presse Canadienne

PolitiquePlus tôt cette semaine, Patrick Lagacé a publié une chronique où il avance une série d’arguments en défense des employés municipaux opposés à la réforme des retraites proposée par le gouvernement.

C’est parfaitement légitime : un grand nombre de commentateurs défendent la position du gouvernement (moi inclus), et il est souhaitable que les deux camps aient des ambassadeurs médiatiques pour faire valoir leurs idées.

Dans son texte, Patrick commence par dénoncer le simplisme qui entoure un débat par ailleurs complexe. Il a raison. Dans un billet récent, je déplorais moi aussi la rhétorique du plancher des vaches et les arguments-slogans qui ont envahi trop de tribunes, et l’absence de débat sur les enjeux plus fondamentaux du conflit, qui dépassent la simple rationalisation comptable ou l’exercice de relations de travail.

Cela dit, alors même qu’il critique le simplisme des arguments de l’autre camp (qu’il assimile à la droite), il semble que son texte fasse lui-même l’économie de nuances importantes.

J’en propose quelques-unes ici, en reprenant certains passages de la chronique en question.

C’est simple à comprendre. C’est le fun, un débat de société simple à comprendre. Plus simple à comprendre que les tiraillements entre les villes et les gouvernements provinciaux et fédéral pour élargir leur assiette fiscale, que les subtilités vertigineuses des calculs actuariels. Plus simple que de planter le débat dans le contexte global d’appauvrissement de la classe moyenne.

Et de simple à simpliste, il n’y a qu’un pas de côté à franchir et, vous l’aurez deviné, ce pas-là est franchi vers la droite…

On pourrait débattre longuement de ce que sont la droite et la gauche, mais dans le conflit actuel, deux choses sont claires : (1) il s’agit d’un conflit qui concerne le secteur public, et (2) les employés visés par le projet de loi du gouvernement — en particulier les policiers et les pompiers — sont loin d’être aux portes de la pauvreté.

La distinction entre un conflit de travail dans le secteur privé et le secteur public est essentielle.

Dans les conflits de travail privés, les employés syndiqués cherchent à s’approprier une part plus grande des profits des actionnaires, et la négociation est soumise aux impératifs de concurrence et de rentabilité de l’entreprise. Jusqu’à preuve du contraire, les parties n’ont pas à se préoccuper de l’intérêt public : employés et actionnaires cherchent uniquement à avancer leurs intérêts propres et, idéalement, le bon fonctionnement de la compagnie.

Les conflits impliquant le gouvernement sont toutefois de nature différente, parce qu’ils mettent en cause les fonds publics et les actions de l’État. Dans son rôle d’employeur, comme dans tous ses autres rôles, le gouvernement a l’obligation de prendre des décisions et de gérer la richesse collective dans le strict intérêt public, sans favoriser un groupe de citoyens au détriment des autres — particulièrement les moins fortunés. Il s’ensuit que les choix de l’État sont assujettis à des considérations plus larges et complexes que les seules contraintes budgétaires, et qu’ils ne peuvent pas se résumer à la reconduction (automatique ou arrachée à force de moyens de pression) d’ententes passées.

Pour remplir leur rôle de gardien de l’intérêt public, les gouvernements doivent entre autres tenir compte de l’évolution du contexte socioéconomique et démographique, de leur marge de manœuvre et de celle des contribuables, de l’importance de préserver l’apparence d’un système qui traite tous les citoyens également, et de leur mission de redistribution de la richesse.

Pour ces raisons, on ne peut donc pas appliquer, sans distinctions fondamentales, les principes et la rhétorique des négociations du secteur privé à celles du secteur public.

Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que les employés en cause sont loin d’être parmi les plus vulnérables de la société. Le salaire annuel médian au Québec est d’environ 42 500 dollars. En moyenne, les employés municipaux gagnent bien davantage. La rémunération des fonctionnaires municipaux est même 38 % plus élevée que celle des fonctionnaires provinciaux. Dans le cas des pompiers et des policiers, avec des salaires dépassant régulièrement 80 000 ou 90 000 dollars par an, et des pensions équivalentes à des RÉER valant de 1 à 2 millions de dollars à 50 ans, on s’éloigne résolument de la classe moyenne pour s’approcher du 5 % le plus riche.

Dans ce contexte, il ne semble pas clair que la position «de gauche» consiste à défendre, à l’aide d’arguments essentiellement contractuels, la socialisation des pertes et le transfert avantageux de fonds publics à une minorité, et de s’opposer à un partage de responsabilité qui allège le fardeau financier et le risque économique de la collectivité.

Je sais, je sais. On n’a plus les moyens ! Plus les moyens de payer ces avantages sociaux, cette sécurité d’emploi, ces retraites DO-RÉES !

C’est drôle, hein, on a toujours les moyens de ramasser le bill des minières qui ne ramassent pas leur merde, une fois le site abandonné (cadeau de 1 milliard donné à l’industrie par le PQ et le PLQ)…

Il va sans dire que le Québec n’a pas les moyens d’assumer les dégâts de l’industrie minière — ou de toute autre industrie — comme il l’a fait par le passé.

Mais, sauf erreur, cette époque est révolue. À l’occasion de la réforme de la Loi sur les mines adoptée l’an dernier, la législation a été modifiée de manière à forcer les entreprises à «fournir une garantie financière visant 100 % des coûts anticipés pour la réalisation des travaux prévus dans les plans de réaménagement et de restauration des sites miniers».

La loi a été adoptée à 99 voix contre 2, et 0 abstention, avec l’appui du PQ, du PLQ et de la CAQ.

Même si l’on considérait l’argument valable, il semble donc qu’on ne puisse plus invoquer l’irresponsabilité du gouvernement envers l’industrie minière pour justifier son inaction dans d’autres dossiers.

Comme on a eu les moyens pendant des années de trop payer pour nos infrastructures en laissant le privé surveiller le privé, en laissant le privé cannibaliser le bien public.

Le Québec n’a évidemment jamais eu les moyens de gaspiller ses fonds publics dans des projets d’infrastructures gonflés par la collusion, la corruption ou l’incompétence, et le désolant laxisme passé ne devrait pas, encore une fois, servir de justification au laxisme futur.

La commission Charbonneau, les enquêtes et les nouvelles règles sont censées s’attaquer à un problème universellement décrié. La population n’a plus aucune tolérance pour le détournement de fonds publics au profit de groupes privilégiés, et on voit mal comment le rappel de ces années de dilapidation du bien public pourrait servir d’argument aux syndicats, à qui plusieurs reprochent par ailleurs leur gourmandise exagérée au fil des ans.

(À ce sujet — et particulièrement dans le contexte des difficultés budgétaires qu’on connaît —, on s’étonne que les gouvernements ne donnent aucun signe d’une volonté d’aller récupérer l’argent qui a été détourné par les activités collusoires. Les sommes en jeu sont très importantes. Et ce serait pourtant tout à fait possible.)

On pourrait aussi parler de la nécessité de rebâtir l’expertise perdue du ministère des Transports, notamment en retenant ou en attirant les ingénieurs qui ont quitté pour le privé. Pour ce faire, il faudrait toutefois pouvoir offrir aux ingénieurs du public des conditions salariales équivalentes ou supérieures à celles du secteur privé.

Malheureusement, en vertu du cadre législatif et des conventions collectives en vigueur, le gouvernement ne peut pas améliorer les salaires des ingénieurs du ministère des Transports sans simultanément hausser les salaires de milliers d’autres fonctionnaires — une dépense impossible à assumer, voire à justifier. L’État est menotté.

Pour tenter de se sortir de l’impasse, le gouvernement a voulu créer une nouvelle agence, indépendante du ministère des Transports, qui permettrait l’embauche d’ingénieurs à des salaires plus concurrentiels.

Les libéraux ont déposé un projet de loi dans ce sens en 2007. Les péquistes ont fait la même chose en 2012. À cette occasion, l’ex-ministre Sylvain Gaudreault écrivait dans Le Devoir que «le retour de cette expertise au sein d’une future Agence des transports s’avère prioritaire afin de renforcer le savoir-faire de l’État», et vantait le fait que «l’Agence s’appuierait sur une structure de gouvernance performante, responsable et autonome».

Qui s’opposait à cette initiative souhaitable, soutenue tour à tour par le PLQ et le PQ ?

Le syndicat de la fonction publique — pour qui le risque d’une possible «iniquité de traitement avec les autres fonctionnaires» l’emportait visiblement sur l’intérêt public à recruter des ingénieurs compétents pour l’État.

Et quand un gouvernement — celui de Pauline Marois — se propose de faire payer à Rio Tinto Alcan un juste prix pour l’hydroélectricité qu’on lui consent au rabais, est-ce que la haute direction de RTA débarque à l’Assemblée nationale pour renverser des banquettes ?

Bien sûr que non. On fait simplement et discrètement savoir au gouvernement que ça met les jobs des usines du Saguenay et du Lac-Saint-Jean en péril.

C’est plus élégant que de terroriser des élus, je vous le concède. Est-ce moins violent, moins détestable ?

En tout cas, Québec a cédé : Rio Tinto est encore subventionnée par des tarifs d’électricité au rabais.

Les subventions à l’entreprise privée — le BS corporatif, comme le disait justement Patrick — déplaisent à plusieurs, à gauche comme à droite, et avec raison. A priori, les fonds publics n’ont pas à être gratuitement redirigés vers l’entreprise privée.

Si les menaces de Rio Tinto Alcan n’étaient que du bluff, il va de soi que la subvention était injustifiée et indéfendable. Or, l’expert Pierre-Olivier Pineau ne croyait pas qu’il s’agissait d’un bluff. Et Jacques Parizeau non plus.

Que fallait-il faire dans les circonstances ? Et qu’aurait proposé le syndicat des employés de Rio Tinto Alcan ?

On n’a pas les moyens… Mais on a toujours les moyens de financer des industries hyper rentables mais bien pistonnées. Parlez-en à Bernie Ecclestone.

Je ne suis pas amateur de Formule 1, et encore moins de Bernie Ecclestone. Mais les paiements faits à son organisation sont officiellement justifiés par le fait que le Grand Prix de Montréal rapporte plus qu’il ne coûte. Autrement dit : la subvention à Ecclestone serait rentable pour Montréal. On peut en douter, mais c’est la version officielle.

Par ailleurs, il semble un peu facile de suggérer que les retraites des employés municipaux sont dilapidées au profit du détestable Bernie Ecclestone. Montréal verse quelques dizaines de millions $ pour les droits de la F1 — pas loin de ce qu’il a englouti dans le BIXI — alors que le déficit actuariel du régime de retraite est de 2 milliards de dollars. La simple annulation du Grand Prix ne changerait malheureusement rien à la donne — à plus forte raison s’il est rentable pour la ville.

Le projet de loi 3 des libéraux s’inscrit dans une logique globale d’affaiblissement des syndicats, ici et aux États-Unis. Aux USA, la stagnation des revenus de la classe moyenne — et son rétrécissement — coïncide avec la guerre lancée contre les syndicats sous Nixon.

Au Canada, l’assaut antisyndical est bien réel. Quand les travailleurs des Postes, du Canadien Pacifique et d’Air Canada déclenchent une grève, une loi spéciale les force à retourner au travail. Le même gouvernement a voulu, avec le castrant projet de loi C-377, forcer les syndicats à une transparence qui n’a pas d’équivalent chez les employeurs.

Le projet de loi 3 s’inscrit dans cette logique : affaiblir les salariés en s’attaquant à leurs acquis syndicaux.

On pourrait débattre longtemps des origines de la dégringolade de la classe moyenne américaine, discussion qui devrait faire intervenir une multitude de facteurs. Il faudrait aussi expliquer en quoi le parallèle est pertinent pour le Québec qui, contrairement aux États-Unis, n’a pas connu d’accroissement significatif des inégalités en 30 ans.

S’il est vrai que le gouvernement de Stephen Harper mène une guerre idéologique contre les syndicats, le projet de loi 3 du gouvernement Couillard semble toutefois reposer sur d’autres assises, plus pragmatiques, inspirées du rapport D’Amours.

Dans un sondage réalisé en mars dernier pour Radio-Canada, 77 % des répondants se disaient préoccupés par l’état des finances publiques du Québec. Pour retrouver l’équilibre budgétaire, une incroyable majorité de 94 % préférait les coupures aux hausses de taxes et d’impôts.

Bien davantage qu’une lutte aux syndicats ou aux salariés, le projet de loi du gouvernement s’inscrit dans un effort global de redressement des finances publiques du Québec, largement soutenu par la population, et qui comprend aussi la révision des programmes et de la fiscalité.

Je sais, je sais : les fonctionnaires ont des retraites garanties. Vous, vous n’en avez pas de retraite, ou alors vous n’en avez qu’une toute petite.

Mais gruger la retraite de ces gens-là, est-ce que ça vous en donnera une, comme par magie ?

Est-ce que ça va baisser vos taxes et impôts ?

Hé, hé. Trop occupés à se manger les uns les autres, on oublie que la réponse à ces deux questions, c’est non.

Dans bien des contextes, cette critique des petites jalousies et du nivellement par le bas est pertinente. Quoi que vous en pensiez, le salaire de P.K. Subban n’a pas d’influence sur le vôtre : lui ôter ses millions ne vous rendra effectivement pas plus riche; ce sont les actionnaires et l’organisation du Canadien qui auront plus d’argent. Si vous trouvez son salaire indécent et que vous refusez d’y contribuer, vous pouvez vous abstenir d’acheter des billets ou des marchandises de l’équipe. La même chose vaut, avec quelques nuances, pour les conditions de travail du secteur privé, pour lesquelles personne n’est obligé de payer contre son gré.

La réalité du secteur public est toutefois différente. Puisque ce sont essentiellement les impôts, taxes et tarifs qui paient les salaires des employés de l’État — et que, contrairement à des billets de hockey, tout le monde a l’obligation de payer ses taxes et ses impôts —, il s’ensuit que la rémunération des fonctionnaires a une incidence indirecte sur le revenu disponible des contribuables, ou sur le niveau de services publics offerts à la population. Toutes choses étant par ailleurs égales, à moins de déclarer faillite, les déficits des municipalités ne sont essentiellement que des hausses de fardeau fiscal en attente, ou des coupures de services en gestation.

Patrick a raison d’écrire que le projet de loi 3 ne fera pas soudainement baisser les taxes et les impôts, et ne donnera pas magiquement une pension à ceux qui n’en ont pas. Les modifications proposées visent toutefois à prévenir ou amoindrir des hausses de taxes inévitables, qui réduiraient encore davantage la capacité des individus à épargner pour leur retraite, en plus de constituer une forme de redistribution de la richesse à l’envers.

Avec égards, il me semble inexact d’écrire que la révision de certains acquis syndicaux revient à «se manger entre nous». Elle vise plutôt à rétablir une certaine équité entre l’appétit des uns et l’assiette des autres.

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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29 commentaires
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Voilà une analyse beaucoup mieux documentée que les affirmations gratuites de Patrick Lagacé!

Tu ne connais rien en maths et encore moins en économie.

La preuve est que tu ne connais pas les 30 glorieuses, et même que tu le nie.

Et n’oublie pas que les comptables et les économistes ont étudié dans ce que tu considère les sciences molles.

Rien de mieux pour se contredire qu’un dretteux pas cultivé.

J’aimerais souligner qu’il ne s’agit aucunement de manque de volonté de la part du gouvernement à récupérer l’argent obtenu par le gonflement des soumissions. Au contraire, le dépôt de saisies avant jugement pour un montant dépassant 1.77$ milliards (au 30 septembre 2013) garantie au moins une partie des sommes carrément volées par les magouilleurs de système. Rien n’empêche non plus au gouvernement d’invoquer la règle “d’argent provenant de la criminalité” pour aller chercher plus d’argent auprès de personnes qui ont transféré leurs biens à d’autres personnes pour 1$ alors que les dispositions prévoient depuis fort longtemps que c’est la valeur réelle (au livre) qui sera prise en compte dans ce type de calcul. Les règles de droit en matière de « profits provenant de la criminalité » et la jurisprudence qui en découle démontrent très bien que les « petits transferts » entre « petits namis » d’antan sont révolus. En ce qui a trait aux salaires des ingénieurs, nombreux sont ceux qui ont été limogés et ont dû se trouver du travail auprès d’autres “grandes boîtes” d’ingénieurs qui n’offrent pas les mêmes taux et conditions. Depuis les révélations auprès de la Commission Charbonneau, près de 18% (au 30 mars 2014) ont dû changer d’employeur et le saignement à blanc est loin d’être terminé. Cette nouvelle réalité diminuera les salaires de tous les ingénieurs à moyen terme puisque les nouvelles “grandes boîtes” d’ingénieurs remporteront “haut la main” les contrats publics puisqu’ils auront en main, une main d’oeuvre moins argentivore (sic). L’époque de se remplir les poches est selon moi, révolue… enfin ! Votre réplique sur la question du transfert “direct” de l’argent d’une poche vers une autre (votre exemple de P.K. Suban) est excellente mais faut-il aussi préciser que les 2.4$ milliard soulageront tout de même les finances publiques d’une dépense qu’ils n’ont pas à subir, ce qui se reflète directement sur les impôts et taxes et sur les services.

Ce qui révolte, c’est que les députés qui adopteront la loi 3 ne contribuent, eux, que 20 % à leur régime de retraite qui d’ailleurs n’est jamais déficitaire puisque renfloué automatiquement par les dollars des contribuables. Une réforme propose qu’ils contribuent désormais à hauteur de 50 %, mais leur salaire serait haussé pour qu’ils puissent assumer cette hausse de contribution!
Deux poids, deux mesures: les syndiqués ont raison d’être en rogne.

…et quelle est exactement leur sécurité d’emploi aux députés?

Ils ont déjà sous-payés par rapport à un travail comparable au public et au privé et de surcroît, ils sont surchargés de travail (24/7).

Si vous voulez des députés et des ministres compétents, vous devez les payer adéquatement.

On a beau prétendre que la bonne foi se présume, mais ici c’est une démonstration de mauvaise foi « all the way » en plus du recyclage de commentaires précédents. Juste un exemple parmi d’autres pour démontrer ce que j’affirme, Jérôme Lussier écrit : « Qui s’opposait à cette initiative souhaitable, soutenue tour à tour par le PLQ et le PQ ? Le syndicat de la fonction publique » Pourtant, l’article qu’il soumet en lien mentionne « Les syndicats soulèvent aussi des inquiétudes. » S’inquiéter et s’opposer ça n’a pas le même sens l’un soulève une crainte, un souci, une préoccupation tandis que l’autre ne laisse aucune incertitude. Jérôme Lussier a utilisé un détournement de sens. L’article ajoute aussi « La Coalition avenir Québec (CAQ) oppose de son côté une fin de non-recevoir. » Un détail qu’il prend bien soin de taire et là, c’est bien une opposition ferme, pas une inquiétude.

On peux-tu avoir un vrai débat transparent, pas juste des plaidoiries pseudo-savante de journalistes qui ne font que défendre leurs intérêts? Lagacé à au moins eu le courage de faire la part des choses, ce qui est rarissime pour un journaliste de PowerCorp…Vous trouvez que les fonctionnaires municipaux gagnent trop cher. Alors donnez nous les vrais chiffres lorsqu’une ville privatise un service. Ça coute moins cher vous dites? Aller, montré nous les vrais chiffres pis on verra où est la vérité!

Toutes les études SÉRIEUSES et OBJECTIVES le démontrent: le privé est beaucoup moins dispendieux que le public, surtout au niveau municipal.

La raison? La compétition. Qui, elle, n’existe pas dans les monopoles publics. Tiens…la SAQ par exemple: nous payons nos vins et spiritueux AU MOINS deux à trois fois plus cher que partout ailleurs dans le monde. Si la SAQ était privatisée, ce sont TOUS les Québécois qui en bénéficieraient. des exemples comme ça, il y en a à la tonne.

D’ailleurs, pourquoi croyez-vous que les syndicats du public ont « négocié » un plancher d’emploi et une permanence? S’ils étaient aussi efficaces et productifs qu’ils le prétendent, ils n’auraient aucunement peur de faire face à la concurrence, comme les autres travailleurs québécois

Encore, si vous étiez capable de nous citer une, juste une, de ces études « sérieuses et objectives ». Mais, moi, je vais vous citer une étude « sérieuse et objective » qui contredit complètement ce que vous affirmez lorsqu’on met le public et le privé en concurrence loyale.

En introduction à la présentation de cette étude, une autre étude cite noir sur blanc « Dans les cas américains tout comme dans les cas québécois, on constate généralement que, de façon tout à fait étonnante, l’entreprise publique s’en tire fort honorablement, proposant la plupart du temps des coûts inférieurs à ceux de ses compétiteurs privés. » Extrait de Hamel, Pierre J.(2007). Les partenariats public-privé (PPP) et les municipalités : au-delà des principes, un bref survol des pratiques. GRIM. INRS-Urbanisation., culture et Société. p 93 et suivantes.

L’étude complète s’intitule : La concurrence entre le privé et le public. Hamel,Pierre J. et Nancy Guénette. (1994), dans Marcel Miramond et Thierry Prost (dir), La vétusté des infrastructures urbaines. Actes du colloque tenu dans le cadre des Sixièmes Entretiens Jacques-cartier, Lyon (décembre 1993), 362p., p. 191-212.

Dans la plupart des « études sérieuses » subventionnées par la gauche, on ne compare que les coûts directs d’un service en fermant les yeux sur tous les coûts indirects auxquels doit faire face le privé (coûts sociaux sur les salaires, assurances, taxes d’affaires et autres, chauffage et éclairage, salaires des indirects, loyer, etc…).

Bref, si on inclut TOUS les VRAIS coûts reliés à un service, on se rend compte rapidement que le public nous coûte une véritable fortune et que nous sommes loin, très…très loin d’en avoir pour note argent.

Par exemple, si un service donné est transféré au privé, le public pourra se départir des employés surpayés devenus inutiles et ainsi réduire ses coûts et réaffecter l’argent ainsi épargné ailleurs; disons…réduction de taxes.

Z’avez compris maintenant?

L’étude relate l’« expérience » de la ville de Hull – aujourd’hui Gatineau – où les fonctionnaires des travaux publics devaient jouer le jeu de la compétition avec l’entreprise privée et soumettre comme elle des offres aux soumissions, le genre de concurrence que vous appréciez tant. Le résultat fut que les fonctionnaires gagnaient la soumission deux fois sur trois à des prix inférieurs au privé.

Leurs « succès » forcèrent les élus à mettre fin à l’« expérience » parce que les élections ne se gagnant pas avec des prières, mais avec beaucoup d’argent dont les politiciens savent renifler l’odeur là où elle se trouve et elle ne se trouvait pas chez les fonctionnaires municipaux, mais du côté de l’entreprise privée en échange de petits accommodements.

On remarquera que l’« expérience » citée est loin des salmigondis de François 1 et que l’étude ne fait que reconnaître des faits réels et n’est pas l’oeuvre de gauchistes illuminés.

Un commentaire plus bas met en lumière une étude d’une association professionnelle commander à une entreprise privée de recherche – l’Observatoire machin-chose – avec pour but de permettre « d’élaborer un cadre de négociation avec les tiers payeurs publics/privés pour le paiement des honoraires des physiothérapeuthes.(sic) » Si c’est ça, une étude objective, on va rigoler longtemps. N’étant pas à court de ressources, je soumettrai une autre étude faite par la firme Raymond Chabot Grant Thornton – une firme de vérificateurs, comme objectivité, c’est pas mal – à propos des chirurgies d’un jour dont Le Devoir écrivait : « Datant de novembre 2008, l’étude signée Raymond Chabot Grant Thornton avertit Québec que les chirurgies réalisées à Rockland MD sont plus coûteuses que dans le système public. C’est sur la base de cette analyse que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dit avoir entériné la décision de son prédécesseur Réjean Hébert de ne pas renouveler l’entente »( Le Devoir, Une facture en hausse de 48%). C’était aux nouvelles encore ce matin.

Si comme monsieur D, vous vous questionnez sur la raison d’une Société des Alcools administrée par l’État, le début de la réponse se trouve à l’époque de la prohibition.

— Études pour études, voici une petite étude sérieuse, facile et rapide à lire, de la Fédération de la physiothérapie en pratique privée du Québec publiée en janvier 2012 ; elle s’intitule : « Coûts de prestation d’un traitement comparaison « public / privé » », on peut la télécharger par le lien suivant :
http://www.physioquebec.com/wp-content/uploads/Publications/2012.01_public-prive.pdf

On y apprend qu’en 2010, l’estimation du coût d’un traitement dans le privé était de 55,55$ et de 76,06$ dans le public. Soit un différentiel de l’ordre de 37%. Là où la chose se corse. C’est qu’en 2004 ce différentiel était de l’ordre de 28%. Ce qui signifie que les coûts afférents aux services publics augmentent plus vite que dans le privé.

Dans un souci d’objectivité, la Fédération toutefois précise que la majorité des cas dits « lourds » sont à la charge du secteur public. Ainsi, il faut être toujours prudent lorsqu’on essaye de comparer le public avec le privé.

— L’Institut de la statistique du Québec avait publié une étude en 2008 (il en existe probablement des mises-à-jour actuellement), elle établissait qu’en moyenne sur une base hebdomadaire, la rémunération dans le secteur public était de 857$ contre 664 dans le privé. Les travailleurs du secteur privé travaillaient en moyenne par an 1815 heures contre 1742 pour le public.

Au chapitre des avantages sociaux de toutes sortes, c’est encore le secteur public qui en tire la part du lion. On peut lire plus de détails en suivant ce lien :
http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/michel-girard/200910/23/01-914472-le-public-le-prive-et-les-vrais-chiffres.php

— Enfin la question est de savoir si la mission qui logiquement est échue au service public qui vise à l’équité et la redistribution est essentiellement la même ou identique à celle qui naturellement est échue au secteur privé.

En ce sens, j’éprouve moi aussi une certaine difficulté à comprendre en quoi le monopôle de l’État sur l’approvisionnement et la vente des breuvages alcoolisés relève vraiment du « service public » et de la « solidarité nationale » pour nous tous et toutes les québécoises et les québécois ? Lorsque dans la plupart des pays du monde libre, ce genre de négoce relève de la liberté d’entreprise et est soumis à la loi du marché comme n’importe quel produit de consommation courante.

Excellent article, super bien documenté et c’est génial d’avoir les liens vers les sources.

Je crois qu’au final très peu de partisans payent leurs billets au plein prix. En effet, un bon nombre de compagnies offrent des billets gratuits à leurs clients et/ou employés afin de soigner leurs relations d’affaires. Par la suite ces mêmes compagnies demandent des crédits d’impôt pour frais de représentation. Ce qui signifie que l’ensemble des contribuables subventionnent une industrie pourtant extrêmement rentable. En ce sens les critiques fournies par Patrick Lagacé concernant les salaires des joueurs de hockey sont pleinement justifiées et vous tombez vous même dans de douteux raccourcis.

Excellent texte sur less régimes de retraite. Mai en fait, le public sait très peu sur les avantages des régimes des pompiers et policiers. Vous mentionnez le salaire moyen et le nombre d’années de travail (30ans) qui donne ouverture à la retarite.Ce que j’aimerais savoir est le pourcentage du salaire moyen qui détermine le montant de la retraite. Est-ce au maximum 70% comme au fédéral. Est-ce vrai que les cols blancs de la Ville de Montreal peuvent toucher jusqu’à 90% de leur salaire après 30 ans de service et ce sans égard à l’âge? Le cas échéant, c’est un scandale.

Il est malheureux que dans ce débat ce sont surtout les groupes d’intérêt qui se font largement entendre. J’aurais aimé entendre plus d’experts désintéressés comme l’ancien président du Mouvement Desjardins. Quant à moi, comme bénéficiaire d’un régime à prestations déterminées, je sais bien que la probabilité assez forte de passer autant de temps à la retraite qu’au travail a un coût difficilement défendable .

La voracité des syndicaleux n’a aucune limite et on est maintenant en mesure de constater clairement que ces parasites se foutent totalement du principal intéressé: le CONTRIBUABLE!!!

peut-être serait-il temps de revoir la pertinence de la formule Rand qui leur consent des privilèges sans commune mesure avec leur compétence réelle et également de démocratiser l’adhésion à un syndicat (right-to-work law) comme cela se fait partout ailleurs dans le monde civilisé.

Dans le mot contribuable, il y a le mot con. Lorsque celui-ci est assez con pour se désintéresser des affaires municipales et qu’il laisse ses (con)citoyens voter pour des conards, il faut que le (con)tribuable assume – dans le sens de payer pour – ses conneries.

Quelle est la pertinence de la formule Rand sur le débat des régimes de retraite ? Quels sont ses privilèges « sans commune mesure » que vous semblez si bien connaître ?

Le Right-to-Work serait une vertu « démocratique » et « civilisée » ! Dans ce cas, expliquez-moi pourquoi la majorité des États américains qui ont adopté cette mesure, se regroupent en fin de classement d’indicateurs économiques comme ceux de la richesse par habitant, du taux de pauvreté, du coefficient de gini, des salaires, de la santé, de l’éducation etc. ?

N.B. « le monde civilisé », selon vos termes, ne se trouve qu’aux États-Unis où l’on compte le Right-to-Work law. Et contrairement à ce que vous croyez, le RTW n’a rien à voir avec l’adhésion syndicale, mais vise plutôt l’interdiction du précompte syndical obligatoire ou en termes plus simple, l’interdiction de mettre dans une convention collective, une clause de sécurité syndicale qui obligerait tous les salariés à cotiser au syndicat. Ou encore, en moins de mots, le contraire de la formule Rand.

Addenda

Il va sans dire que le lien entre les lois RTW et les indicateurs économiques est indirect. Les lois RTW ont pour but de baisser les salaires afin d’attirer des investisseurs dans l’État. Des salaires plus bas impliquent plus de pauvretés, la pauvreté entraîne les gens à s’assurer moins, il résulte que les personnes seront malades plus longtemps avec des maladies qui risquent de s’aggraver ce qui réduit l’espérance de vie et diminue sérieusement la capacité de travailler. Plus de pauvretés impliquent aussi que la scolarité des individus diminuent et compromet les chances d’avoir des emplois bien rémunérés. Les bas salaires affaiblissent la demande de consommation ce qui réduit la création d’emploi favorisant ainsi des taux de chômage élevé. À la fin, ce sont les industries qui voient leur activité disparaître.

La raison de la création de la formule Rand vient du fait qu’« il n’y a rien pour empêcher l’égoïsme des travailleurs et c’est ce qui rend la sécurité syndicale indispensable. »(Gérard Dion)

Ici: http://www.antagoniste.net/2011/01/19/relique-syndicale-2/

Ici: http://www.antagoniste.net/2014/06/19/le-boulet-syndical/

Ici: http://www.antagoniste.net/2012/12/10/la-fin-pour-une-oligarchie-syndicale/

Ici: http://www.antagoniste.net/2014/05/13/qui-veut-des-syndicats/

Les exemples clairs, précis et documentés se multiplient en faveur de la démocratisation des grosses centrales syndicales et les résultats sont on ne peut plus probants.

Qu’attendons-nous ici, au Québec pour nous défaire du despotisme syndical et de leur culture de l’intimidation, de la violence et de l’oppression?

Aucun autre endroit dans le monde civilisé ne force ses citoyens travailleurs à adhérer à un syndicat. Même vos pays fétiches (Suède, France, Finlande et autres) n’adhèrent pas à cette malheureuse méthode datant d’un autre âge; d’ailleurs, lorsque les lois Libérales le leur ont permis de le faire, les travailleurs syndiqués des États qui ont adopté le « Droit au Travail » ont MASSIVEMENT DÉCIDÉ D’ABANDONNER LEUR SYNDICAT!!!

La question qui tue: si les syndicats jouent un rôle si primordial dans le bien-être des travailleurs, pourquoi diable la vaste majorité d’entre-eux décident-ils de les abandonner lorsque l’occasion leur est offerte? Sont tous cons???

Débat intéressant !

— Liste des États ayant adoptés une « Right to Work Law » : Alabama (38), Arizona (29), Arkansas (48), Florida (18), Georgia (21), Guam (non disponible), Idaho (41), Indiana (27), Iowa (31), Kansas (26), Louisiana (47), Michigan [loi mixte Public/privé ] (15), Mississippi (50), Nebraska (33), Nevada (16), North Carolina (28), North Dakota (42), Oklahoma(27) , South Carolina (37), South Dakota (44), Tennessee (35), Texas (32), Utah (39), Virginia (6), Wyoming (36).

— Nota : Entre parenthèses se trouve le classement en revenu par habitants pour chacun de ces États (le classement peut sensiblement varier en fonction des paramètres retenus et des années).

— Remarque : S’il est vrai que certains États — qui ont adopté cette loi comme le Mississipi ou l’Arkansas — se trouvent en queue de peloton : la Virginie Occidentale ou le Montana qui ne souscrivent pas à cette loi, ne sont guère mieux lotis.

— Conclusions : Je ne suis nullement certain, qu’il y ait une corrélation directe entre ce genre de lois et le niveau de vie des habitants États par États. Peut-on vraiment comparer le District de Columbia avec le Mississipi (qui souscrit à cette loi) et Porto-Rico (qui n’y souscrit pas) ? Les États les plus riches le sont pour toutes autres raisons ; les compagnies qui œuvrent dans ces États peuvent être plus généreuses envers leurs employés parce qu’elles y sont plus riches précisément.

En Europe où usuellement les citoyens adhèrent librement et démocratiquement aux syndicats de leur choix, il y a aussi des lois qui protègent les travailleurs comme il se doit. Quand d’une manière générale les Conventions collectives profitent à toutes et tous sans nulle discrimination. Employés syndiqués ou bien pas.

— Quant à la possibilité pour l’employeur (Formule Rand) de prélever la cotisation syndicale directement sur le salaire de l’employé, sans obtenir le moindre consentement du dit employé. C’est à mon avis une formule abusive qui force tous les employés à être syndiqués, lorsqu’elle n’offre même pas aux travailleurs le choix de leur syndicat, ce qui dans un souci de pluralité normalement convient à toute société libérale avancée qui se conduit de façon libre & démocratique.

— Sources :
http://www.nrtw.org/rtws.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_lieux_les_plus_riches_aux_États-Unis
http://fr.wikipedia.org/wiki/Formule_Rand

Bonjour Jérôme,

Franchement, je m’attendais à mieux de ta part…

Comme tu l’as fait avec ton collègue Lagacé, je me permets de reprendre quelques-uns des arguments de ta chronique que j’estime faire l’économie de nuances importantes.

Il y a effectivement une distinction fondamentale à faire entre un conflit de travail dans le secteur privé et le secteur public, mais elle n’est pas celle que tu as énoncée.

La première raison est que tu sembles avoir confondu le terme « conflit de travail » pour celui de « négociation collective », le premier se définissant essentiellement par l’exercice du droit de grève ou du droit de lock-out, et le deuxième par un processus de négociation entre les représentants des association patronales et syndicales durant lequel il un conflit de travail peut éclater. Bien que depuis le milieu de cet été , on assiste à une multitude de moyens de pressions de syndicats municipaux, il n’y a, à ma connaissance, aucune municipalité au Québec impliquée dans un conflit de travail en raison de projet de loi 3.

La deuxième raison est que les conflits de travail dans le secteur public font l’objet de disctinction fondamentales dans le Code du travail du Québec, de même que dans la Loi sur les régimes de négociation des conventions collectives dans les secteurs publics et parapublics. On mentionne, entre autres, à l’article 105 du Code du travail que » toute grève est interdite en toute circonstance aux policiers et pompiers à l’emploi d’une municipalité ou d’une régie intermunicipale. »

Les distinctions fondamentales entre les secteurs publics et privés, autres les enjeux éconmiques et financiers, sont que les règles de négociations sont bien différentes: du côté du secteur privés, syndicats et employeur ont un droit de grève et de lock-out illimité, tandis que dans le secteur public le droit de grève est interdit pour certains services, est limité par le Conseil des services essentiels pour d’autres et, pour d’autres services, peut être suspendu par le gouvernement par décret. Du côté patronal, le droit au lock-out est interdit pour certain services.

En raison de cet ajustement législatif des rapports de forces entre employeurs et syndicats du secteur public, j’estime, contrairement à ton opinion, « appliquer les principes et la rhétorique des négociations du secteur privé à celles du secteur public. » Je crains qu’une adhésion totale et aveugle à ton raisonnement nous retourne à l’époque de la grande noirceur où l’on entendait de la bouche des chefs chefs d’État que la « Reine ne négocie pas avec ses sujets ».

Pour ce qui est du salaire et avantages des pompiers et policiers, s’il est vrai que leurs conditions de travail peuvent faire l’envie de plusieurs Québecois, n’oublions pas qu’elles découlent des caractéristiques propres à leur métier. Te souviens-tu, notre professeur d’économie Michel Choquette nous avait expliqué que les risques inhérents au travail des pompiers et des policiers justifiaient à eux seuls leurs conditions de travail? Ces hommes et ces femmes mettent quotidiennement leur vie en péril pour assurer la sécurité du public, dans l’intérêt du bien public. Au surplus, je crois qu’il serait nuisible à l’intérêt du public qu’une municipalité se dote de corps policiers et pompiers avec des personnes de plus de 55 ans. Les policiers et pompiers doivent rencontrer certaines exigences physiques et médicales minimales. Sauf, exception, je ne crois pas qu’une personne de plus de 55 ans soit en mesure d’atteindre ces exigences. Passé cet âge, nous serions collectivement tout à fait inconscient que de continuer à leur confier notre sécurité et celle de nos enfants entre leurs mains. Voilà pourquoi ils sont si bien payés!

En ce qui a trait à la comparaison qu’a faite ton collègue Patrick Lagace du projet de loi 3 avec la guerre idéologique de Stephen Harper contre les syndicats, encore une fois, une nuance importante s’impose. Bien que le projet de loi 3 soit inspiré du rapport d’Amours s’est en lisant les débats parlementaires que l’on comprend que ce projet de loi a été conçu à des fins électoralistes. Ce rapport a recommandé certaines mesures afin de « réparer les fissures et les failles du système, de donner plus de flexibilité pour la gestion et la gouvernance des régimes, tout en donnant aux parties aux régimes les outils et le temps requis pour procéder au restructurations qui s’imposent. » Les représentants syndicaux et patronaux ont accueillis positivement les conclusions et recommandations de ce rapport. Par ailleurs, le rapport d’Amours ne sest pas attardé pas sur la façon d’appliquer ces recommandations et les représentants de ce rapport (dont Alban D’Amours) se sont bien gardé de se positionner durant les débats parlementaires…

Bref, bien que les objectifs du projet de loi 3 sont louables en soit, il semble que le gouvernement soit davantage préoccupé par l’élection des élus municipaux que par la pérennité des régimes de retraites. En jouant le rôle de « sauveur » des finances municipales, le gouvernement préserve la crédibilité des élus municipaux sur un sujet hautement émotif. Cette stratégie est à peine voilée par le gouvernement par ses déclarations fort questionnables durant les débats parlementaires, tel qu’en fait foi la déclaration de M. Christain Dubé, du 10 juin 2013: « …Bien, on l’attaquera lorsqu’on a aura réglé certains problèmes,alors que d’autres, je vais appeler, par exemple, la restructuration des déficits, que je pourrais… qui est le quatrième bloc,avec les municipalités… Vous me suivez? Parce qu’il y a urgence en la demeure avec les municipalités. Ils vous le demandent.On a des élections municipales. Ces gens-là vont avoir à essayer de régler rapidement les déficits qui continuent de s’accumuler. »

Alors mon cher Jérôme, je te prie de changer de cassette. Ton discours fondé sur le rôle de l’État de gardien de la richesse collective ne tient pas, tout simplement parce que nos politiciens semblent ignorer ce principe ou, j’ose croire que non, s’en fichent éperdument.

Au plaisir,

PB

Ce sont vos mots !

— « Au surplus, je crois qu’il serait nuisible à l’intérêt du public qu’une municipalité se dote de corps policiers et pompiers avec des personnes de plus de 55 ans. (…) Sauf, exception, je ne crois pas qu’une personne de plus de 55 ans soit en mesure d’atteindre ces exigences » (sic)

— « Nuisible », rien de moins !

Ce sont suivant mes critères d’appréciation, des propos déplacés, inacceptables qui relèvent de l’absurde, de l’élitiste, en sous-main d’une forme apologétique du fascisme, qui s’apparentent au mensonge, à de la désinformation et qui sont à toute fin pratique : discriminatoire !

Pourquoi ne pas dire que les femmes en raison de leur configuration sont impropres à l’accomplissement de ces tâches pendant que nous y sommes.

Pourquoi pas puisque nous y sommes, ne pas considérer d’euthanasier (dans la dignité) toutes les personnes rendues — selon vos critères eugéniques — incapables de travailler. Beaucoup d’argent dans ce cas à économiser pour la société !

L’un des avantages qui est fondamentalement donné aux employés de la fonction publique, c’est de pouvoir évoluer dans leur profession ou dans des activités connexes. Depuis quand un patrouilleur devrait-il obligatoirement rester patrouilleur toute sa vie et un pompier au bas de l’échelle sociale ad vitam aeternam ?

— « Voilà pourquoi ils sont si bien payés ! » (bin voyons don’)

Pourquoi un gardien de la paix en France dont le salaire annuel oscille entre 32 000$ et 42 000$ selon l’ancienneté, devrait il gagner presque 3 fois moins que leurs homologues québécois ? Quand qui plus est, un gardien de la paix français doit obtenir un diplôme de secondaire 7 pour pouvoir s’inscrire à une formation en École de Police plus longue que celle de ses homologues québécois.

Pourquoi, nos valeureux gardiens, ne savent-ils pas pour la plupart rédiger un rapport sans faire de fautes de grammaire et d’orthographe. Probablement parce que la pratique convenable de notre langue est facultative lorsqu’il s’agit de procéder au calcul de leur rémunération. Quand c’est un prérequis obligatoire pour suivre la moindre petite formation universitaire.

Pourquoi tout cela ? Eh bien c’est très simple : parce qu’au Québec certains professionnels sont des rois. Et évidemment vous êtes en parfait accord avec tout cela.

Bonjour M. Drouginsky,

La qualité de votre plume est tout à votre honneur, mais votre agressivité démesurée s’apparente à un délire psychotique! Je vous en prie, prenez une grande respiration et calmez-vous! Notre divergence d’opinion ne vous autorise pas à m’injurier de la sorte.

Je ne connais pas votre âge, mais apparemment, vous êtes sensible à la condition des personnes âgées de plus de 55 ans…Je comprends également que vous ignorez totalement les conditions de travail des pompiers et des policiers.

S’il est illégitime et illégale de considérer une personne de plus de 55 ans inapte au travail, je crois qu’il est dangereux de retenir les services d’une personne qui ne répond pas à un minimum d’exigences physiques et médicales en ce qui a trait aux policiers et aux pompiers, bien que l’équation ne soit pas aussi simple, je l’admets,. Rendu à un certain âge un athlète professionnel décide d’arrêter son sport parce que malgré tous ses efforts, il n’a plus la forme. C’est la même chose pour un pompier et un policier. D’ailleurs, ma position est la même que celle de la Fraternité des policiers du Québec. Donc, en admettant que mes propos sont discriminatoires, la Fraternité des policiers encouragerait ses membres à s’auto-discriminer? C’est complètement absurde!

Je vais considérer que votre manque de jugement a été conditionné par la colère et la jalousie, mais je vous invite néanmoins à faire attention à vos propos et à votre ton, puisque c’est tout ce qu’une personne raisonnable peut retenir de votre intervention.

Au plaisir,

PB

J’oubliais…

L’article 20 de la Charte des droits et libertés de la personne mentionne que:

« Une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les aptitudes ou qualités requises par un emploi, ou justifiée par le caractère charitable, philanthropique, religieux, politique ou éducatif d’une institution sans but lucratif ou qui est vouée exclusivement au bien-être d’un groupe ethnique est réputée non discriminatoire. »

Il appert donc que mes propos que vous considérez » déplacés, inacceptables qui relèvent de l’absurde, de l’élitiste, en sous-main d’une forme apologétique du fascisme.. » sont conformes à la loi et à la jurisprudence en matière de droit du travail au Québec.

PB

@ Pierre Brabant (en réponse à vos deux textes subséquents),

Ce que de toute évidence vous ne comprenez pas, c’est que ce sont vos propos qui sont comminatoires envers les personnes de tous âges, de tous sexes, de toutes orientations et de toutes conditions. En non l’interprétation raisonnable qui doit-être faite de la loi.

Que par la raison même, vous classifiez les pompiers et les policiers comme une classe homogène à part (ce qui n’est pas le cas), laquelle doit impérativement répondre à certains critères que vous établissez vous-même en toute naïveté, critères imaginaires qui relèvent purement et simplement de vos propres fantasmes, les vôtres et non pas ceux d’une saine représentation du droit.

En cette occurrence, vous projetez sur moi, vos propres excès au niveau de l’agressivité, vos présupposés et vos propres préjugés. Vous considérez les personnes de plus de 55 ans avec condescendance comme des « personnes âgées » affublées d’une « condition » particulière (vos propres mots) ; lorsqu’à notre époque les personnes de 55 ans et plus sont dans la force de l’intelligence, de la sagesse et de l’âge (personnellement j’ai 59 ans).

C’est pour cette raison d’ailleurs que la notion de retraite (dorée) après seulement 25 ans de services, n’a plus aucune raison d’être et d’exister actuellement, quand même le corps médical recommande une vie équilibrée et active aussi longtemps que possible. « The longer the better ».

Tout cela confirme à mes yeux votre véritable nature, au même titre que votre dérive malheureuse eugénique. Par pitié reprenez-vous, il doit être encore temps !

Vous affirmez sans commune mesure que mes propos sont injurieux. Pour dire les choses directement, c’est votre réponse qui fait injure et qui viole mon intelligence. Et non pas ma verve proverbiale.

Vous comprenez…, je vous cite : « Je comprends également que vous ignorez totalement les conditions de travail des pompiers et des policiers. » — Ah ! Elle est bien bonne… Et peut-on savoir sur la base de quelles données « objectives » vous comprenez tout cela ?

Moi aussi j’oubliais encore…, vous préjugez sans doute mû par la force de votre inspiration, des excès de mon agressivité pour pouvoir m’affubler sans mon propre-consentement ou à tout le moins l’acceptation du fait, que mes mots ne seraient rien de moins qu’un : « délire psychotique ». En d’autres termes, je suis ce qu’il convient d’appeler un « cas lourd » au niveau de la psychiatrie.

Ça va coûter pas mal cher au système de santé pour pouvoir me soigner. Je ne suis pas sûr que les contribuables canadiens (par le truchement des transferts de santé et de la péréquation) et québécois « vont » pouvoir me payer tout cela.

D’où cette question (un autre délire de ma part sans doute) qui me vient à l’esprit : Avez-vous la moindre idée de ce dont vous parlez ou dois-je interpréter cela comme une simple figure de style ou mieux encore tel un aveu de votre impéritie ?

Franchement, je dois vous dire monsieur Brabant, que je trouve impertinents l’ensemble de vos propos et pas seulement ces derniers. Lorsqu’on s’affiche ainsi que vous vous présentez, tel un redresseur de torts qui entend corriger avec panache la thèse de l’auteur de ce blogue, thèse à laquelle je dois dire je souscris entièrement. — Sauf que vous pas…, de toute évidence pas ! Voici toute l’histoire.

Alors souffrez dans ce cas que celles et ceux qui ont l’amabilité de vous lire, puissent ne pas être d’accord avec vous et en toute liberté estimer le choix de s’en exprimer sans pour autant se trouver atteints selon vos critères fanatiques de quelque forme avancée de quelque maladie mentale que ce soit.

— Soyez avisé, que vous pouvez me répondre si vous le désirez, mais qu’en ce qui me concerne je ne répliquerai pas.

En plus, vous n’avez pas le sens de l’humour 🙂

Franchement, je ne m’attendais pas à recevoir autant d’attention!

Je comprends votre intention de mettre fin à cet échange puisque hormis votre incroyable verve à m’insulter , la substance est défaillante.

Votre grande énergie à répondre à mes commentaires m’a convaincu que je devais à continuer à écrire à mon ami Jérôme lorsque j’estime en toute déférence que son opinion est quelque peu boiteuse. Je vous en suis très reconnaissant.

Au plaisir,

PB