L’argent des autres

En frappant clairement à la porte du politique, l’audience de mercredi de la Commission Charbonneau marque un point tournant.

Cette fameuse liste de rencontres discrètes tenues au Club privé 357c de 2007 à 2011 entre entrepreneurs en construction, dirigeants de firmes de génie-conseil, hauts- fonctionnaires, élus, maires et ministres, est un véritable voyage dans le ventre de la bête.

À voir : le photoreportage « 357c, le club des riches et célèbres »

Cette liste est en fait un microcosme du modus operandi de l’influence de la grande entreprise sur le politique.

Dans ce cas-ci, on parle d’entrepreneurs puissants capables de jouer de leur influence derrière les portes closes et feutrées d’un club privé cossu auprès de certains élus et de hauts-fonctionnaires. Et pas n’importe lesquels.

Nettement plus chic que le dénudé café Consenza où certains entrepreneurs en construction venaient porter eux-mêmes leur «pizzo» au clan mafieux des Rizzuto, le Club 357c est plutôt un de ces endroits tout à fait légaux et légitimes où les élites, dont les élites politiques et d’affaires, peuvent se rencontrer privément pour se parler dans le blanc des yeux de choses, disons, très privées…

Selon le Globe and Mail, de même que l’article fouillé  de mon collègue Alec Castonguay paru ce printemps dans L’actualité – «Dans le ventre de la CAQ» -, c’est même là que Lucien Bouchard y avait rencontré François Legault en 2010 pour discuter du supposé besoin au Québec pour un nouveau parti non souverainiste.

Voir ce genre d’endroit, c’est voir ce que les Anglais appellent «how the other half lives»…

Quant à cette liste de rencontres déposée à la commission Charbonneau, on comprend vite qu’on y va aussi pour «brasser des affaires». Dans ce cas-ci, des affaires qui concernent l’argent des contribuables.

Du moins, c’est l’hypothèse.

Ce qui ne va pas sans soulever une question importante pour la démocratie: qu’est-ce que des hauts-fonctionnaires, des organisateurs de partis ou des élus font à rencontrer en privé des entrepreneurs? Que ce soit ou non dans des salons cossus et tous partis politiques confondus.

Ce mercredi, on apprenait d’ailleurs que les politiciens à avoir fréquenté ou tenu des rencontres au Club 537c sont nombreux et incluent, entre autres, Pauline Marois et le chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier.

Or, lorsque des élus rencontrent en privé des entrepreneurs – quel que soit leur domaine d’activité – n’est-ce pas là, pour les «donneurs d’ouvrage» publics, se placer en situation éthique potentiellement fort périlleuse?

N’est-ce pas là se rendre vulnérables à l’influence de certains d’entre eux qui cherchent à profiter des largesses de l’État pour eux-mêmes et leurs firmes? N’est-ce pas là courir le danger de s’ouvrir aux retours d’ascenseur, aux «cadeaux»? Sans compter l’argent qui se retrouve, légalement ou illégalement, dans les coffres des mêmes partis que l’on cherche à remercier pour faveurs obtenues ou à venir?

D’autant plus qu’au centre du ventre de la bête, on trouve le crime organisé – la mafia -, laquelle, semble-t-il, jouerait le rôle de liant entre tous ces éléments.

Comme quoi, le vrai lobbying d«affaires» s’exerce aussi de manière directe auprès des vrais décideurs politiques. Loin des registres officiels de lobbysites. Loin du regard des médias et des citoyens.

La prochaine fois qu’un politicien se plaindra de l’influence des «groupes de pression» comme, disons, les environnementalistes, il faudra lui demander ce qu’il pense aussi de ceux qui, plus discrets, passent plutôt par les salons de clubs privés.

De toute évidence, tous ne sont pas égaux dans ce grand jeu de «réseautage» politico-affairiste…

La filière politique

Avec cette longue liste de petits-déjeuners, déjeuners, dîners et cocktails privés au Club 357c, la filière politique se dessine de plus en plus clairement.

Prenant en compte, bien entendu, que ladite liste n’est pas encore exhaustive. Qui sait si, lorsque les audiences de la commission Charbonneau reprendront à la fin janvier, d’autres éléments ne viendront pas s’y ajouter.

Tout en respectant la présomption d’innocence – incluant pour ceux qui, dans cette liste, sont sous enquête ou accusés de fraude -, cette filière n’en est pas moins impressionnante. Multipartite et allant du municipal au fédéral en passant par le provincial, elle ratisse large.

 

Fiche présentée à la commission Charbonneau

Dans cette liste de rencontres privées au Club 537C, on trouve, entre autres, au gré de celles-ci, des gens comme :

– Deux-ex ministres libéraux du gouvernement Charest – Line Beauchamp et Tony Tomassi. Cet ex-ministre de la Famille et collecteur de fonds pour le PLQ est accusé au criminel.

– Un ex-organisateur et collecteur de fonds fort influent du Parti libéral du Québec (PLQ) – Pierre Bibeau, également ex-conjoint de Line Beauchamp. Ce vice-président de Loto-Québec est en «congé de maladie» depuis les allégations faites à la commission par Lino Zambito à l’effet que ce dernier aurait versé 30 000$ à M. Bibeau en argent comptant après une activité de financement qu’il avait organisée pour Line Beauchamp en 2009.

Leo Housakos, nommé sénateur par Stephen Harper en 2008. Entre autres choses, cet ex-candidat de l’Alliance canadienne est aussi un ancien argentier influent du Parti conservateur du Canada (PCC) et de l’ADQ de Mario Dumont. Avec son grand ami Dimitri Soudas, ex-directeur des communications de M. Harper, M. Housakos a même travaillé pour la première campagne de Gérald Tremblay à la mairie de Montréal en 2001. (Sa réaction rapportée ce mercredi est ici.)

Benoît Labonté – ex-pilier du partie Union Montréal de Gérald Tremblay, puis chef de Vision Montréal, cet ex-maire de l’arrondissement Ville-Marie rejoint Louise Harel pour l’élection municipale de 2009. Forcé avant de démissionner pour cause d’allégations de financement occulte, il donne une entrevue fracassante où il dénonce le «système mafieux» d’octroi de contrats à Montréal et l’usage répandu, selon lui, de prête-noms par les partis municipaux et provinciaux.

Claude Dauphin:  issu d’ Union Montréal,  cet ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal est maire de Lachine. Lorsque le scandale d’Option Canada éclate en 2006, on apprend dans un livre de Nomand Lester et Robin Philpot qu’en 1995, M. Dauphin, alors président d’Option Canada, présentait à Patrimoine Canada cet organe de promotion fédéraliste pour un «programme d’appui à la dualité linguistique» pour justifier les millions de dollars en «subventions» que l’organisme recevait dans cette période pré-référendaire cruciale.

Cosmo Maciocia – ancien militant et député du PLQ, ex-maire de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et ex-membre influent du comité exécutif du maire Tremblay.

–  Sammy Forcillo – ancien membre du comité exécutif du maire Gérald Tremblay et un de ses hommes de confiance à Union Montréal.

Sergio Pavone – ex-maire de Châteauguay passé à la très influente firme de génie-conseil Roche.

Frank Zampino : le tout-puissant ex-bras droit de Gérald Tremblay, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et grand ami de Tony Accurso. Arrêté cette année par l’escouade Marteau pour son rôle central dans le scandale du Faubourg Contrecoeur.

Claude Asselin : entre autres choses, directeur général de la Ville de Laval pendant 17 ans.

Stéphane Harbour : ex-maire d’Outremont élu sous la bannière d’Union Montréal arrêté par la SQ en 2010 pour fraude et abus de confiance.

Marc Deschamps : ancien trésorier du parti Union Montréal et ex-agent officiel de la CAQ.

–  Yanai Elbaz : ex-directeur en gestion immobilière du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et ayant travaillé de près avec l’ex-patron déchu du CUSM, Arthur Porter – personnage trouble soupçonné d’être au centre d’une histoire de pots-de-vin de 22 millions de dollars qui auraient été versés par SNC-Lavalin pour obtenir le méga contrat de la construction du méga hôpital anglophone. Porter, entre autres nombreuses activités, avait également fondé une compagnie maintenant défunte avec l’ex-ministre libéral de la Santé Philippe Couillard.

***

Le chef d’orchestre

Bref, on voit à quel point la filière politique et la zone d’influence de certains entrepreneurs en construction ratisse particulièrement large. Son réseau d’influence s’étant même étendu jusqu’au sommet du CUSM avec au moins sept rencontres où Yanai Elbaz était son invité, dont cinq au moins où les deux hommes auraient été seuls. Ces rencontres ont duré  jusqu’en octobre 2011.

Pour la plupart de ces rencontres privées au Club 537c où se côtoyaient hauts-fonctionnaires de la Ville de Montréal, dirigeants de firmes de génie-conseil, organisateurs de partis des trois paliers de gouvernement et élus au municipal et au provincial, le grand chef d’orchestre, le maestro, était Paolo Catania – un des Fabulous Fourteen.

Ah oui. M. Catania fut aussi arrêté cette année en lien avec le scandale du Faubourg Contrecoeur.

Également invité à certaines de ses rencontres – dont celles tenues en présence de Line Beauchamp et Pierre Bibeau -, un certain Franco Minicucci, mieux connu comme étant l’ex-bras droit de l’ubiquitaire entrepreneur en construction,Tony Accurso. Lui aussi, arrêté

Par voie de communiqué,  l’ex-ministre et vice-première ministre Line Beauchamp s’est défendue bec et ongles.

Elle affirme qu’elle aurait elle-même convoqué les deux rencontres tenues au Club 357c en 2007 auxquelles elle assistait avec son conjoint et organisateur du PLQ, Pierre Bibeau. C’était, y dit-elle,  pour mieux «rester proches des pre?occupations des gens» et «e?viter de me faire reprocher d’e?tre enferme?e dans une tour d’ivoire au sein de mes ministe?res».

Or, si des clubs privés cossus comme le 357c n’incarnent pas précisément le summum de ce qu’est une «tour d’ivoire», c’est que les mots n’ont vraiment plus de sens.

D’avoir participé, voire même d’avoir convoqué elle-même, selon ses propres dires, ce genre de rencontres privées, tenues en plus flanquée d’un organisateur du PLQ, soulève de graves questions sur les plans de l’éthique et de l’intégrité de sa fonction même de ministre.

En entrevue chez Benoît Dutrizac, Mme Beauchamp jurait même que lorsqu’elle était ministre, elle avait eu autant d’écoute pour les «poètes» que les entrepreneurs! Et que si Pierre Bibeau était présent à ces rencontres, insistait-elle, c’était strictement parce qu’il était son conjoint à l’époque.

De toute évidence, l’ex-ministre ne semble pas comprendre que c’est exactement ce genre de déclarations absurdes qui insultent l’intelligence des citoyens.

Au fait, le 26 février 2007, que faisait la ministre Beauchamp,  accompagnée en plus d’un argentier influent du PLQ, à discuter privément avec un Catania, un Zampino, un Minicucci,  un Rosaire Sauriol de Dessau ou un Bernard Trépanier, argentier d’Union Montréal?

Que faisait une élue, une ministre, en pleine campagne électorale, avec une telle brochette d’entrepreneurs et de collecteurs de fonds?

D’autant que la première des deux rencontres en question s’était tenue le 26 février 2007, soit quelques jours à peine après le déclenchement de l’élection générale prévue pour le 26 mars 2007. Tandis que la deuxième rencontre, celle du 18 mai 2007, aurait lieu moins de deux mois seulement après l’élection.

Une élection générale en vue de laquelle, doit-on le rappeler, Mme Beauchamp avait également été nommée présidente de la campagne du PLQ par son chef Jean Charest.

Dans un tel contexte, peut-on vraiment croire que ces rencontres, comme l’affirme l’ex-ministre par communiqué, avaient été convoquées pour lui permettre «d’obtenir des points de vue diversifie?s sur la situation du Que?bec et sur les politiques du gouvernement»?

Vraiment? En plein début de campagne électorale? Et en privé, très en privé?

L’ex-ministre pousse ici passablement loin l’enveloppe de la crédulité à laquelle elle semble s’attendre de la part de la population.

Le lobbying de l’ombre

Le problème ici n’est pas tant le Club 357c lui-même. Ni dans le fait que ce genre de club cossu attire nécessairement, entre autres, des maires, ministres, chefs de partis, hauts-fonctionnaires ou premiers ministres habitués aux meilleures tables et aux meilleurs vins. Le 357c leur offre sûrement de grands plaisirs gastronomiques sur ce plan…

On peut certes déplorer ou non le phénomène, mais il reste que le problème, le vrai, est ailleurs.

Que ce soit au Club 357c,  à d’autres encore, ou au téléphone, à des cocktails, des dîners de financement politique, des voyages où les gens influents se croisent parfois, le problème est dans cet accès tout à fait direct et privilégié dont jouissent certains entrepreneurs auprès d’élus et de leurs collecteurs de fonds.

Cette activité est celle de l’influence, celle du lobbying de l’ombre.

Parce qu’il est direct, discret et privilégié, il peut être d’une efficacité redoutable. Et ce, autant pour des activités douteuses que licittes.

Or, rien de ce qui s’y dit est connu du public. Mystère et boule de gomme. Par définition, rien de ce qui se dit derrière les portes closes ou dans d’autres types de contacts privilégiés n’est su de la population.

Lorsqu’on réunit dans la plus totale discrétion des élus, entrepreneurs, hauts-fonctionnaires et collecteurs de fonds, comment croire que tout ce beau monde font du «social» ou discutent tranquillement des grandes tendances de la politique et du monde?

Comment ne pas y voir ce cycle de favoritisme où peuvent se mêler octroi de contrats publics, retours d’ascenseur pour certains élus lorsqu’ils quittent la politique et financement occulte des partis au pouvoir ou perçus comme pouvant y accéder éventuellement?

D’autant que ce cycle, il existe.

Il est de plus en plus exposé par la commission Charbonneau et depuis plusieurs années, par de nombreux reportages de journalistes d’enquête. Un cycle, doit-on le rappeler, au centre duquel la mafia joue un rôle important.

En entrevue, Line Beauchamp lançait : «moi, ça ne m’intéresse pas, la mafia».

Peut-être pas, mais la mafia, elle, s’intéresse drôlement au politique et à l’argent public sur lequel elle peut mettre la main…

Ce cycle, il est aussi à l’origine de la pléthore de projets de loi présentés par le nouveau gouvernement pour tenter de convaincre les électeurs qu’il entend nettoyer les écuries politiques au Québec.

Or, avec ou sans ces lois et ces règlements, comment convaincre aussi les élus que dès qu’ils accordent un accès privé et privilégié à des gens qui cherchent à brasser des «affaires» avec le trésor public – que ce soit ou non dans un club privé sélect-, ils ouvrent en même temps la porte à un jeu d’influence risqué?

Un jeu risqué pour eux.

Un jeu risqué pour l’intégrité de leur fonction et des institutions.

Un jeu risqué pour la saine gestion des fonds publics.

 

 

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Ceci explique cela… Des politiciens qui font carrière toute leur vie adulte dans des partis politiques, qui gagnent 100 ou 150 K$ par année et qui se retrouvent à la fin de leur vie « utile » en politique avec un château à Westmount, un autre dans les Cantons de l’Est, et qui roulent carrosse comme des millionnaires, ils doivent sûrement avoir la bosse des affaires plus développée que la majorité des contribuables qui paient leurs impôts.

mme Josée legault,félécitation pour votre blogue sur l,argent des autres,vos explications sont clairs , elles résument bien la situation pour nous qui sommes loin de ces magouilles .continuer de dénoncer tous ces gens qui vivent dans leur tour d,ivoire.vous le faite pour les gens qui méritent le respect.merci

Ce que vous dites est vrai.Malheureusement,
certaina individus ont voulu faire diversion
aujourd’hui en déballant des histoires sur le
ministre Breton question de faire contre-poids
aux allégations sur d’anciens ministre libéraux.
Les dénonciateurs ont bénéficié de coulages notamment à la Régie du Logement et à la SAAQ
et de journalistes friants de jaunisme à la
Presse et à TVA.La diffusion de ce « scoop » à ce moment-ci n’a vraiment rien d’un hasard…

Ce fut bref et cartésien …j en redemande merci encore…brasser les maux et les mots pour que les affaires deviennent des enjeux publiques

Voilà ce qui est bien dit, Merci madame Legault.
Je n’ai pas vu d’autre analyse comme la vôtre ni de détails aussi clairs sur ce club 357C.
L’ex-vice-première-ministre dans ses nombreuses entrevues hier(28/11/02) n’a pas fait mention des motifs de sa rencontre dans un petit resto à Laval (le nom m’échappe) avec des mafieux. Probablement que là aussi c’était pour connaître la vie économique de la ville à Vaillancourt?
Mais à qui appartient ce club 357C? Personne n’a encore soulevé cette question.
Pour ce qui est des élus et élues qui vont à cet endroit, nous les citoyens bébêtes qui payons des bureaux et salles de conférence somptueux pour le ou la première ministre ainsi qu’à tous les ministres, et que nous payons jusqu’aux oreilles pour que les maires et les élus municipaux puissent avoir de beaux bureaux et de magnifiques salles de conférence et de rencontres, j’ai un profond malaise et une autre fois je me sens floué.
Je suis outré que la première ministre se soit rendue à ce club pour rencontrer de « jeunes entrepreneurs » quand cette rencontre aurait dû avoir lieu dans les bureaux gouvernementaux pour ne pas se mettre dans une situation de faiblesse en regard de ces personnes.
Pour une cheffe d’un parti à tendance sociale démocrate, c’est discutable.

Merci, cela est très bien expliqué. Pendant ce temps plusieurs médias attaquent Daniel Breton pour des faits personnels sur son passé d’indigent et nous expliquent que les fautes reprochées à Pierre Duhaime de Lavalin sont somme toute bénignes. (TVA ce matin) Sommes-nous témoins de la démonstration que les castes existent réellement dans notre société. C’est le rideau qui se lève.

Votre exprit d’analyse est tout simplement exceptionnel. J’ai même envie de dire lumineux. Cela m’éclaire de vous lire. Merci.

Mme Legault, vos commentaires et vos questions sont extrêmement pertinents.

Vous nous parlez d’une culture du secret où pour nos élus il serait normal qu’ils reçoivent des informations que seules leurs oreilles peuvent entendre. Quelle turpitude !

Nous devrions, comme citoyens, exiger que jamais, un ministre ou un sous-ministre ne puisse rencontrer des gens d’affaires en privé ou en secret. Nous devrions, en corollaire, nous attendre à ce que jamais un ministre ou un sous-ministre n’accepte ce genre de rencontres.

Il y eut une époque où l’idée de chaperon était très présente dans la société. Le chaperon était là pour répondre de la moralité des rencontres amoureuses. Peut-être devrions-nous reprendre cette idée de chaperon mais appliquée à la politique. L’opposition officielle crée habituellement un cabinet dit fantôme où un député de l’opposition est attaché aux dossiers d’un ministre. N’est-il pas vrai également que lors d’un voyage officiel d’un ministre, justement le « ministre fantôme » de l’opposition soit également du voyage ?

J’aime comme dans l’idée que si les rencontres au fameux 357c la ministre Beauchamp avait été accompagnée d’un chaperon de l’opposition, peut-être le Québec aurait sauver quelques milliards de dollars.

«Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour.»
[Woody Allen]

Félicitations pour cet article. Durant que ces révélations sortent, révélations bien expliquées, les libéraux s’acharnent sur le ministre de l’environnement et les journalistes le font aussi. C’est vrai que c’est plus grave de ne pas avoir rempli son rapport d’impôt que d’aller au 357C. Ça me décourage de voir cette gang de journalistes en direct sur RDI. Il faudrait peut-être faire une commission sur la mafia du gaz et du pétrole. Drôle de coincidence la ceic et Monsieur Breton.

bravo mme Legault
j’ai la confirmation qu’ils me prenne pour un cave.en plus la madame était vice pr.ministre,ou peu de temps apres,voila la recompense
merci

j’ai honte pour mon pays

Effectivement…

Il me semble que pour s’approcher du monde, suffit d’aller au St-Hubert BBQ!

Le plus sidérant, c’est qu’elle en parle comme si cela était normal!!!

Très bon résumé madame Legault de cette réalité qui nous ronge, de tous temps probablement des parasites cherchent et réussissent à influencer les décisions de nos dirigeants politiques et à siphonner l’Etat, ce qui nous préoccupe ici c’est que la brèche qui permet à ces parasites de s’introduire soit créée / occasionnée par des ministres et/ou premiers ministres.

À la iimite, si ces ministres sont honnêtes comme ils le clament, alors ils sont bien naïfs et dans ce cas très mal entourés / très mal conseillés. Le hic c’est que ces conseillés sont probablement choisis à partir d’une liste de partisans soumisse par le parti politique (rappelons nous le jeu des Post it) et qui dit parti politique, dit financement du parti et de là le lien est simple à faire avec les processus de magouille qui sortent sur la place publique via les journalistes ou les commissions d’enquête.

Le livre « Qui sont les vrais propriétaires de Montréal », décrivait assez clairement comment comment les politiciens en position de pouvoir peuvent être et sont dans bien des cas des « dérouleurs de tapis rouge » pour les investisseurs de toutes nationalités qui blaires de bonnes opportunités s’affaires ici et en faisant ça nos politiciens abdiquent totalement à leurs responsabilité en laissant à ces investisseurs carte blanche pour planifier et réaliser les développements d’ici à leurs façon, à leurs conditions et quand ils le veulent bien. Bien sûr c’est plus grave encore lorsque ces investisseurs sont des mafiosos, mais dans tous les cas, c’est navrant de voir que nos représentants fassent plus souvent passer leurs intérêts partisans avant ceux des collectivités qu’ils représentent

Le pire c’est le front du PLQ qui désire et a obtenu la démission de Breton, pour faire diversion une fois de plus sur la corruption et la magouille latente de ce parti.
Je me demande toujours par quel tour de passe-passe avec des petits partis le PLQ a 50 sièges avec 19% du vote des francophones… Et le PQ est minoritaire de par ces votes perdus dans le brouillard… du PLQ.
Heureusement nous avons la commission pour rétablir un peu les faits…

Merci, j’attendais le jour où une personne de la scène médiatique prendrait le temps de décrire la situation ainsi.

Grâce à votre article, beaucoup de personnes pourront pourront êtres plus pragmatique dans leur questionnement.

Mon histoire préférée c’est celle qui lit le bon Docteur Couillard, le sauveur du PLQ, lié de on ne peut plus près, au scandale du super hopital anglophone.

J’aime beaucoup le commentaire de Pierre Baril # 10.

Il sera intéressant de voir comment on mettra à mort Daniel Breton en comparaison avec toute ces fripouilles libérales qui graissaient la patte à des mafieux hommes d’affaires millionnaires.

Bon c’est certain que Daniel Breton ne s’est pas toujours conduit comme un gentil mouton. Mais lui au moins ne nous aura pas coûté des centaines de millions de dollars payés à même nos taxes et nos impôts. J’ai bien peur que comme l’âne de Jean de Lafontaine nous devrons reconnaître que :
«Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.» [Les animaux malades de la peste] http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste.html

L’argent des autres

Fallait voir au lendemain de cette bombe, nos élus tout partis confondus, défilés devant les médias affirmer l’air faussement candide avoir fréquenté le chic 357c jusqu’à récemment inconnu du simple contribuable et y énumérer sans rire dégustation de Perrier, parrainage de jeunes entrepreneurs, parade de mode et autre événement philanthropique de fondation hospitalière pour tenter d’y justifier leurs visites. L’exercice était franchement pitoyable.

La divulgation de la liste d’invités du 357c force l’admiration car elle oblige la classe politique à divulguer sa complicité au court-circuitage de nos institutions publique.

Chapeau Mme Charbonneau

Que tous ces gens mangent et boivent ensemble ne me dérangent nullement, ce sont des activités civiles très agréables…
Ce qui me trouble beaucoup, c’est lorsqu’ils vont pisser ensemble et s’échangent des envelloppes brunes de 75000$…
Comme j’aimerais pisser entre Catania et Bibeau… et saisir au vol l’envelloppe brune !
Y a-t-il un régistre pour les toilettes ?

Québec Inc. est totalement corrompu et il vient de gagner contre Breton et les Québécois. Notre parenté instruite pour laquelle ont a fait la révolution tranquille s’est laissé corrompre comme une bande de colons sur des petits lunchs et a trahi les espoirs de tout un peuple. Ils sont devenus libéraux en vieillissant. La lâcheté érigée en système. Il va falloir les écouter durant le temps des fêtes avec leur “précieuseté” ostentatoire de gens qui si connaissent en répétant quelques paragraphes de La Presse et de Québecor pour appuyer leur ignorance démontrée. Il va falloir que les jeunes reprennent la rue appuyés par les gens décents (il en reste). Quand au gouvernement, c’est la chasse ouverte a tous ces malfrats.

Voilà ce qui arrive quand nous n’avons plus de projet de société, quand les intérêts économiques priment par dessus tout et finissent par nous définir comme peuple. Que ce soit dans le monde de la construction, dans l’industrie pharmaceutique ou le milieu bancaire. Nous pouvons bien dénoncer les pratiques de nos institutions publiques ou les « lobbys tout puissants », mais le vrai pouvoir, c’est nous citoyennes et citoyens qui l’avons en questionnant, exigeant des réponses, mais aussi en examinant nos propres conduites. Refusons d’être paralysés par des discours de peur sur l’économie, la santé, nos jeunes dans la rue… Un peuple qui ne parle qu’en termes économiques est un peuple appelé à disparaître dans la grande compétition mondiale actuelle, dont les règles éthiques laissent grandement à désirer.

@ Denis Drouin (# 13):

« Nous devrions, comme citoyens, exiger que jamais, un ministre ou un sous-ministre ne puisse rencontrer des gens d’affaires en privé ou en secret. Nous devrions, en corollaire, nous attendre à ce que jamais un ministre ou un sous-ministre n’accepte ce genre de rencontres. » (sic)

C’est ça…nos ministres et députés devraient s’isoler du reste du monde sur une île déserte ou dans un bunker à toute épreuve et voir toutes leurs communications personnelles ou électroniques enregistrées et filtrées, incluant dans leur chambre à coucher (sait-on jamais!).

N’importe quoi…

Où Jean-François Lisée a-t-il rencontré André Lavallée, son secrétaire général et bras droit ET SURTOUT ex-membre du conseil municipal de Montréal au moment où ont été octroyés certains contrats dont on sait désormais qu’ils sont entachés de fraude et de corruption?

Au 357c? Au Saint-Hubert? Au Mc.Do?

Mme. Legault devrait se pencher aussi activement qu’elle ne le fait ici sur cette affaire nébuleuse et empreinte de mystère.

Les imbéciles en plus de dire n’importe quoi attribuent aux autres n’importe quoi. Ainsi le fait d’exiger qu’un ministre ait un chaperon ne l’isole pas un seul instant. À moins que la personne qui croit que ce faisant il s’isole, c’est peut-être car il est d’avis que les ministres libéraux n’auraient plus accepté de rencontrer leurs petits amis très … généreux. Sur cet aspect, notre ami a sans doute raison.

«Les politiciens et les couches doivent être changés souvent … et pour les mêmes raisons.»
[George Bernard Shaw]

@ Denis Drouin (# 28):

Juste une petite question: qui chaperonnera le chaperon?

Je répète: n’importe quoi!

Bonjour,

Bien sûr que nos amis les nationalistes québécois devraient s’ouvrir un peu l’esprit et lire le Macleans de temps en temps afin d’avoir un coup d’oeil extérieur sur les manigances politiciennes au Québec. Car, plus que nulle part ailleurs, si la tendance se maintient, on dirait que les politiciens Pure Laine ont pour la plupart les doigts croches et mêmes très croches avec l’argent, surtout en grosses coupures.

Serait ce le discours misérabiliste entretenu depuis des décennies par les thuriféraires du nationalisme québécois qui, pour exciter sa clientèle fouettait celle ci aux flancs en essayant de lui démontrer toute la grande misère de tous ceux nés pour un petit pain ranci, soit les vrais Pure Laine de la Nation québécoise dans un Canada UNI ? Et ainsi de démontrer que c’est la faute des Autres avec les poches pleines, soit les Étranges qui eux sont des riches et que ce ne n’est pas mal de s’emplir la besace ou bien l’escarcelle avec de l’argent venu d’Ailleurs. En conclusion, ce qui donnerait une conscience élastique aux Gens du Pays, c’est à votre tour d’avoir du fric pour pouvoir faire les jars entre vous…….. Au plaisir, John Bull.