L’argent, le nerf de la guerre

Il n’y a pour ainsi dire aucun doute. Le prochain budget fédéral sonnera le glas de la subvention d’environ 2$ par vote versée aux partis politiques. Le premier ministre Harper en rêve depuis des années. Il a même risqué l’avenir de son gouvernement, à l’automne 2008, pour y parvenir. Son statut minoritaire l’a forcé à reculer, mais c’était pour mieux rebondir.

Au Canada anglais, les plus grands partisans de cette politique ont un objectif avoué: étouffer mortellement le Bloc québécois. Stephen Harper, en revanche, a toujours eu pour première cible le Parti libéral du Canada et, dans le contexte actuel, c’est effectivement le parti qui souffrirait le plus de la disparition de cette subvention.

Le PLC est le parti le plus mal en point, quoi qu’on en dise, et celui qui a le travail de reconstruction le plus difficile à faire car son objectif est d’être à nouveau compétitif dans la course pour le pouvoir. Le premier pas de cette longue marche a lieu aujourd’hui avec le choix du chef intérimaire, mais le plus gros reste à venir.

Le Bloc, lui, a des organisations dans toutes les circonscriptions et n’a aucune dette. Et il peut utiliser ces ressources pour mousser sa cause en privilégiant son rôle de mouvement mobilisateur et en faisant le promotion de la souveraineté aux côtés des autres partenaires souverainistes. La priorité des bloquistes n’est pas le prochain scrutin fédéral, dans quatre ans, mais les élections québécoises, d’ici environ deux ans. Ce n’est donc pas la perte de la subvention qui empêcherait les bloquistes de mettre l’épaule à la roue.

Et il ne faut pas se leurrer. Les intentions de Stephen Harper ne sont pas inspirées par une quelconque opposition de principe au financement public des partis. Le chef conservateur a beau dire qu’un parti doit être financé par ses membres, le sien est le plus gros bénéficiaire, non seulement de cette subvention contestée, mais aussi du remboursement d’une partie des dépenses électorales et des généreux crédits d’impôt offerts aux contributeurs à la caisse du parti. Environ 300 $ pour un don de 400 $, de quoi faire rêver les organismes de charité. En 2009, le PC a récolté 17,7 millions auprès de 101 385 donateurs individuels, soit plus que les trois autres plus importants partis réunis. Or, les crédits d’impôt dont ces personnes ont bénéficié sont financés par tous les contribuables, y compris les opposants au PC, alors que la subvention est proportionnelle à l’appui démocratiquement obtenu.

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Les règles actuelles sont les mêmes pour tous les partis, et elles seront les mêmes pour tous les partis après le changement. Mais c’est normal sur un blogue de Harper bashing de laisser entendre le contraire.

Je m’attends à ce que l’on augmente bientôt sinon le 6 juin le seuil des dons, et le seuil des crédits d’impôt, disons qu’un individu qui donnerait 600 $ recevrait des contribuables 500 $

Pas tout à fait étranger à la p’tite chicane qui se trame au PCC concernant une proposition d’amendement à la constitution du parti, possiblement cet été, sur la formule qui donne aux associations de comtés un nombre égal de votes pour le leadership du parti, peu importe le nombre de membres que représente cette association. Ceux qui ont plus de membres, et qui génèrent plus de dons, veulent avoir l’emprise sur le leadership.

http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5jl5zmU8w0Qn7Gbj8puWjs94ERRBw?docId=6943255

Oui Eric, vous avez raison. Les règles seront les mêmes pour tous les partis après le changement. Vous continuerez donc d’encourager le gouvernement à financer les partis politiques avec l’argent de vos taxes par les crédits d’impôts remboursables. Je vais m’assurer de donner au Parti libéral pour vous faire plaisir et pour vous soutirer quelques sous.

Il ne faut pas oublier la difficulté pour les partis de se financer. Je déjà fait ce travail comme bénévole et croyez-moi, la grande majorité des gens font des dons en espérant d’autre chose en retour. Ceux qui font des dons pour la cause sont rares et la plupart sont agés de plus de 65 ans.
Pour les autres, eh bien, la désillusion envers la politique en général font en sorte qu’ils se désintéresse complètement. C’est très difficile.

Pour moi, cette nouvelle politique favorisera le parti au pouvoir et rendra la vie très difficile aux partis de l’opposition pour les 3 prochaines années. Car les gens qui s’attendent à qlques choses( j’entend par ici un amendement quelconque ou un passe droit pour un permis, dans ce genre-là) en retour ne s’adresseront assurément pas à l’opposition mais au parti au pouvoir.

Cette politique était progressiste et respectait le choix des canadiens. Je trouve que c’est un premier grand pas en arrière pour le nouveau gouvernement majoritaire conservateur. Ce genre d’idée provient de leur branche du Reform-Allianciste. Et ce n’est que le début…

@Eric

Simplisme comme analyse…

Disons qu’après le changement, les partis travaillerons plus pour les entreprises que pour les concitoyens. Changement majeur pour la démocratie, si démocratie il y a!

Les contribuables canadiens vont payer 1.8 millions par année pour « financer » (Dieu seul sait dans quelles poches aboutira cet argent)le cadavre du Bloc, un parti régional dont les gens manifestement ne veulent plus. Grâce au système Chrétien… Heureusement que les jours de ce système sont comptés.

«Au Canada anglais, les plus grands partisans de cette politique ont un objectif avoué: étouffer mortellement le Bloc québécois. Stephen Harper, en revanche, a toujours eu pour première cible le Parti libéral du Canada…»

Et bien Mme Cornellier,

Ce simple paragraphe de votre part nous démontre tout le côté déconnecté qu’a le Canada anglais face à la province de Québec et toute la subtilité et l’intelligence de notre plénipotentiaire premier ministre du Canada.

En effet, les unilingues anglais du RduC sont si ignorant de la réalité québécoise qu’ils semblent convaincu que la mort du Bloc signifiera la mort du nationalisme québécois. Ils continueront de se bercer d’illusions jusqu’à la prochaine crise linguistique ou constitutionnelle (et ça arrivera un jour).

Quant à Stephen Harper, il place déjà ses pions en vue des prochaines élections qui auront lieu en toute probabilité le 19 octobre 2015. Fin stratège et fin renard, il satisfera sa base électorale populiste en leur donnant satisfaction en coupant les vivres au Bloc, tout en assénant un coup en bas de la ceinture aux Libéraux dont ils devraient avoir peine à se relever. Les Néo-démocrates avec leur nouveau statut d’opposition officielle devraient mieux s’en tirer avec tous les avantages qui sont dévolue avec le titre.

@Eric – « Les contribuables canadiens vont payer 1.8 millions par année pour “financer” le cadavre du Bloc »

C’est presque cent fois moins que ce que les contribuables canadiens ont payé en huit semaines pour financer la promotion de la démocratie en Libye!!!

Si on a les moyens de dépenser 400 000 $ par jour pour la promotion de la démocratie en Libye (240 bombes d’une valeur de 100 000$ chacune depuis le 23 mars), pourquoi n’aurait-on pas les moyens de dépenser 4 931 $ par jour (1,8 million par année, selon Eric) pour promouvoir la démocratie au Canada?

Je ne suis pas une fan du Bloc, mais j’appuie la promotion d’une saine démocratie !

@Eric

Avec le milliard dépensé pour le G20 et le 30 milliard qui vont être dépensé pour le F35, 1.8 millions, c’est peu chère payer pour préserver un peu de démocratie!

C’est une question de principe.

Sans doute que cela console certains de tabasser un mouvement séparatiste déjà a terre mais par au prix de mettre la démocratie, déjà assez malmené, à terre!
Il ne faut pas se leurrer, le bloc n’est qu’un instrument aux mains des conservateurs pour asseoir leur contrôle sur le pouvoir canadien.

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