L’art de plumer le contribuable

 

En ces temps de budgets, où l’on dispute de savoir s’il faut réduire les impôts ou au contraire les augmenter, et même s’ils ont vraiment été réduits ou si on ne les a pas augmentés subtilement, il convient de rappeler les propos de deux ex-ministres des Finances du Québec : Yves Séguin et Bernard Landry. Ce dernier disait que personne n’a encore trouvé la limite que le contribuable est prêt à accepter. Quant à Yves Séguin, il a décrit la fiscalité comme « l’art de plumer un poulet sans qu’il s’en rende compte ». Erreur : le poulet s’en rend compte, mais il est réaliste, ayant compris depuis longtemps, comme Edmund Burke (1729-1797), philosophe et homme politique irlandais, que « l’impôt est la principale occupation de l’État. Ou plutôt non, c’est l’État même » !

Sauf aux États-Unis, comme le constatait un autre philosophe, inventeur du socialisme utopique :

« Le plus grand homme d’État en Europe, celui du moins qui passe pour le plus habile, qu’on estime, qu’on avance, qu’on élève le plus, c’est toujours celui qui trouve un moyen d’augmenter les revenus de l’impôt sans trop faire crier les imposés. Je sentis qu’en Amérique, le plus grand homme d’État serait celui qui trouverait le moyen de diminuer le plus possible les charges du peuple sans faire souffrir le service public. » (L’industrie, par Claude Henri de Saint-Simon, 1817)