L’assiette de Pierre Duchesne

Pendant que le gouvernement Marois multiplie les projets de loi pour rendre l’assiette au beurre des fonds publics moins accessible aux mauvaises mains, l’assiette de Pierre Duchesne, elle, commence déjà à déborder…

En effet, ce mercredi, l’opposition accusait le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur d’avoir menti et trompé la population.

Brandissant une lettre du ministre envoyée au Conseil supérieur de l’éducation évoquant le gel des frais de scolarité jusqu’en 2013-2014, l’opposition libérale l’accusait d’avoir pipé les dés du Sommet sur l’enseignement supérieur qui devrait avoir lieu en février 2013. Et ce, alors que Pauline Marois promet que «toutes les options» seraient sur la table du Sommet.

Le chef libéral par intérim, Jean-Marc Fournier, en a profité pour accuser le gouvernement de faire les yeux doux aux associations étudiantes et de refuser d’«écouter» les recteurs. Et lorsqu’on connaît la grande proximité du gouvernement Charest avec les recteurs, la remarque étonne moins.

Le ministre Duchesne s’est débattu toute la journée comme un diable dans l’eau bénite.

Expliquant que la lettre en question soumettait en fait une «hypothèse de travail» au Conseil supérieur de l’éducation, il répétait que rien n’était décidé à l’avance du Sommet sur la question des frais de scolarité. (Rappelons que la dernière position de Pauline Marois sur le sujet était celle de l’indexation.)

Pierre Duchesne, à son tour, accusait les libéraux de chercher déjà à discréditer le Sommet à venir.

De toute évidence, le PLQ –  lequel, au pouvoir, imposa une hausse substantielle des droits de scolarité menant à une grève étudiante et une crise sociale majeure -, aimerait bien placer le maximum de bâtons dans les roues du ministre responsable du Sommet.

En fin d’après-midi, on nous annonçait d’ailleurs un point de presse pour jeudi avec Mme Marois, Pierre Duchesne et Léo Bureau-Blouin. Question de dévoiler «la démarche participative qui mènera au Sommet sur l’enseignement supérieur»…

Bref, les craintes de dérapage dans ce dossier complexe, polarisant et devenu hautement politisé, sont réelles.

Et comme si l’assiette du ministre ne débordait pas déjà assez, on rapportait en fin de journée que l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) annonce une nouvelle mobilisation étudiante recentrée sur la question de la gratuité scolaire.

Comme quoi, même si du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), on ne semble pas souhaiter reprendre les manifs, cette question de la gratuité scolaire pour les études supérieures est encore loin d’avoir été vidée au Québec…

L’assiette de Pierre Duchesne risque fort de déborder encore… et souvent.

Et pourtant, le sujet de l’éducation supérieure est crucial pour le Québec.

 

Laisser un commentaire

C’est bien beau les étudiants, mais il n’y a pas que des étudiants au Québec. Parmi les étudiants, il n’y a pas que des étudiants pauvres. Parmi les étudiants qui ne sont pas les plus riches, les plus pauvres auront droit à des bourses, les autres auront droits à des prêts. Les critères d’admissibilité ont déjà été élargi. Je veux bien croire qu’avoir des dettes, ce n’est pas plaisant. Mais avoir des paiements de dette de 300/mois quand on a des revenus de 40 000$/an en finissant ses études, c’est toujours plus gagnant que de ne gagner 30 000$ à vie.

Tout ça pour dire, que je n’embarque pas dans la rhétorique des étudiants. Les carrés rouges, je les trouves ÉGOÏSTES.

On nous rétorquera que les diplômés gagneront de meilleurs salaires et par conséquent paieront plus d’impôt. Ce calcul serait vrai si et seulement si le nombre de diplômés gagnant de meilleurs salaires augmentait à cause de la baisse des frais de scolarité. Ce ne sera pas le cas. Si les frais de scolarité ont des répercussions négatives pour certains étudiants, trouvons des mesures ciblées pour ceux-ci.

Je suis outrée ce matin de lire qu’on demande aux services de santé de réduire de 25% les budgets consacrés aux chirurgies. C’est 50 000 000$. Tout ça pcq on manque d’argent. Cela veut dire que plus de gens attendront sur des listes d’attente. Plus de gens souffriront inutilement.

À chaque coupure qu’on annoncera, je ne pourrai faire autrement que d’en accuser les cadeaux, les promesses irresponsables qu’on a fait aux étudiants.

Étant donné que le budget d’infrastructures du MTQ est d’environ 800 000 000$ incluant les salaires des employés et l’entretien régulier, cette année. À supposer que la corruption nous aurais coûté 15% ou même 20% de ce budget, on est loin, très loin des 2 500 000 000$ que nous coûtent à ce jour les promesses irresponsables d’abolir l’augmentation des frais de scolarité et la taxe santé.

Le PQ me coûte plus cher que la corruption des libéraux. J’ai vraiment l’impression qu’on a acheté des votes avec mon argent.

Qu’on nous présente ladite lettre envoyée au CSE. On verra bien si Duchesne s’est mis un pied dans la bouche ou si c’est Fournier qui tente de gonfler une baloune.

«L’esclave n’a qu’un maître ; l’ambitieux en a autant qu’il y a de gens utiles à sa fortune.»
[Jean de La Bruyère]

J’ai énormément de difficulté avec le discours que les étudiants sont égoistes. Surtout au Québec alors que nous étions encore complètement ignorant de tout il y a à peine 50 ans. L’éducation n’est pas une marchandise, c’est une richesse collective non pas économique mais une liberté en soi. Plus il y aura de gens instruits plus nous serons capables de nous épanouir sur le plan social. Il y en a de $ au Québec, elle est mal gérée et on se fait voler. Avant de demander à ceux qui on le potentiel pour les études de vivoter, regardons plutôt les salaires parfois honteux de ces banquiers, présidents d’entreprises publics ou privés, les paradis fiscaux, les subventions aux entreprises, tous ces riches qui ne paient pas leur part d’impôts et ces recteurs qui en plus d’être gracement payés se font payés des autos, se donnent des bonus et même en quittant se font donner des primes de départ et je pourrais continuer. Alors bien avant de taper sur la relève soyons plutôt heureux que ces jeunes veulent faire de l’éducation une priorité au Québec.

Les Libéraux ayant été presque réélus ne voient surtout pas pourquoi ils changeraient une formule gagnante. Ils demeurent fidèles à eux mêmes. Le mieux est l’ennemi du bien. 🙁

L’interprétation de la lettre du ministre est malhonnête. Cela ne doit pas nous surprendre. Les Libéraux sont ce qu’ils sont : méprisables et sans vergogne.

Avant tout, changer la fiscalité. Aller chercher l’argent là où il se trouve : banques, institutions financières, compagnies d’assurances, grosses nationales, multinationales, etc

Cela fait, l’argent sera dans les coffres de l’état.

@Lucie : Je constate que la rhétorique de Jean Charest a malheureusement réussi à réduire, voire infantiliser, les enjeux entourant les frais de scolarité. Selon cette rhétorique, le conflit étudiant n’aurait été qu’un vulgaire bras de fer entre, d’une part, un gouvernement qui « sait ce qui est bon » et, d’autre part, des étudiants « irresponsables et égoïstes » qui refusent de payer la facture qui leur revient.

Le Québec est maintenant fracturé sur cette question et, même si le sommet sur l’enseignement supérieur pourrait être l’occasion de faire les réflexions nuancées qui s’imposent, il sera extrêmement difficile d’amener le débat public ailleurs. L’annulation de la hausse de 75%, peu importe si la décision est bien fondée, laissera désormais l’image d’un gouvernement faible qui cède aux pressions barbares de la rue.

« Le PQ me coûte plus cher que la corruption des libéraux. J’ai vraiment l’impression qu’on a acheté des votes avec mon argent. »

@lucie : Mauvais, très mauvais calculs.

——————————————————————————–

@Lucie

« Les carrés rouges, je les trouves ÉGOÏSTES. »

Je trouve dommage de lire ce genre de généralisations. Plusieurs étudiants qui faisaient la grève le faisaient bien plus pour les génératiosn qui suivent que pour eux-mêmes. La hausse s’appliquant sur plusieurs années, le débat dépassait largement le simple cas des personnes qui sont actuellement aux études. D’ailleurs, plusieurs étudiants en fin de parcours académique, et qui n’étaient donc pas concernés par cette hausse, ont été solidaires.

Quand à l’impact des frais de scolarité sur les finances publiques du Québec, il est minime. La hausse que voulait mettre en place le gouvernement précédent ne représentait même pas 0,1 % des dépenses annuelles du gouvernement. On donne vraiment une importance démesurée à l’impact de ce genre de décision sur les finances publiques.

Il y en a beaucoup qui en sont encore à discuter du phénomène des carrés rouges. Hé les amis ! Cette crise a été montée, instrumentée et utilisée par le PLQ afin d’avoir une petite chance de se faire réélire malgré les odeurs pestilentielles de collusion et de scandale en son sein. Et vous êtes encore restés accrochés à cette manigance de Charest.

Le seul vrai problème dans toute cette merde montée montée de toute pièce par le PLQ c’est le financement des universités qui peut être analysé et étudié sur une base plus large.

Alors je rie bien d’en voir autant encore accroché à la stratégie de Charest pour gagner ses élections. C’est terminé et il a perdu. Alors, est-ce que nous pouvons changer de disque ?

«Le bruit de la vérité les épouvante comme la crécelle d’un lépreux.»
[Henry de Montherlant]

Il n’y a pas seulement des universités qui peuvent former des étudiants et étudiantes, c’est vrai pour former des élites…et pour les professions de haut niveau.

Avons-nous pensé que des études techniques et professionnelles sont plus que nécessaire qu’il manque de mains-d’œuvre dans la plupart des métiers ouvriers et techniques….

Ces formations sont moins onéreuses pour ne pas dire complètement gratuites à part quelques frais liés au domaine choisi….

Le gouvernement Marois s’est peut-être peinturé rapidement dans le coin en prenant position dès le printemps en ce qui concerne les frais d’accès à l’université pour tous et toutes….

Aurons-nous besoin qu’un plombier, un électricien une préposée, une téléphoniste, etc ait son BAC pour exercer un métier qui sera nécessaire pour combler les besoins de notre société?

Dans ce sens, il faudra que le nouveau ministre de l’éducation ajuste ses lunettes pour mettre plus d’emphase à la formation non universitaire. Est-il nécessaire d’ouvrir les portes des universités à tous et toutes dans une perspective de gratuité?

M. Duchesne a semblé se faire prendre, à notre Assemblée nationale, AU SUJET DU GEL DES FRAIS DE SCOLARITÉ PENDANT 2 ANS, les culottes à terre, à côté de ses pompes, pas tellement dans son assiette.

Dur métier que celui de nouveau ministre.

Hâte de voir la tête des Péquistes lorsqu’ils lorgneront les manifs de l’ASSÉ, à la télé bien sûr (serait surpris de les voir se joindre aux manifestants comme ils le faisaient pourtant avec enthousiasme il y a moins de 4 mois!), dans les rues de Montréal…

Ressortiront-ils leurs carrés rouges?

Mme. Marois jouera-t-elle encore de la casserole avec autant de maladresse?

Le Parti québécois a trahi nos étudiants en leur promettant la lune sachant fort bien qu’ils ne pouvaient la leur décrocher.

Les étudiants québécois se sentent floués par le Parti québécois et savent maintenant qu’ils n’ont finalement que servi de tremplin aux visées expansionistes des péquistes.

Il est temps qu’ils se réveillent.

Les 68% des Québécois et des Québécoises lucides qui ont voté contre le Parti québécois savaient déjà tout ça!

@guymasson, les carrés rouges sont des égoistes dans la mesure où ils se soucient peu des 3 400 étudiants qui ont vu leur année scolaire compromise (abandon total des cours, ou retard d’un an dans les études) directement à cause de gens comme GND et Blouin: des gens qui feignaient de ne pas comprendre qu’un étudiant a le droit de boycotter ses cours mais qu’il n’a pas le droit de forcer un autre à le faire.

C’est seulement depuis qu’il est député que Blouin admet l’évidence, d’ailleurs admise par JF Lisée depuis belle lurette: ce n’est pas parce que les dirigeants ont pris l’habitude dans le passé de se comporter comme si les étudiants avaient le droit de grève qu’ils l’ont vraiment!

10 sur 10 pour Honorable. On peut boycotter son cours mais on ne peut interdire à un autre étudiant qui a déjà payé pour ce service, recevoir l’enseignement du maître, de le recevoir.

Interdire à un étudiant de recevoir l’enseignement pour lequel il a payé est un vol, purement et simplement.

Oui, on peut faire la grève de la faim, mais on ne peut imposer ce sacrifice à autrui.

Cela dit, je soutiens la gratuité scolaire, payée par une fiscalité raisonnable, juste, équilibrée.

Le bas blaisse, pour ce gouvernement, lorsqu’il néglige d’imposer un agenda. Si on laisse tous et chacuns faire la promotion de ses choix, indistinctement du contexte général, cela ressemblera à une foire d’empoigne avec un résultat embarassant pour le gouvernement.

Les thèmes qu’il faut aborder sont connus: Faire mieux avec ce que l’on a, avec une indexation. Faire des choix qui nous permettrent collectivement d’augmenter le taux de fréquentation, particulièrement chez les francophones.Les universités sont des institutions de savoir et non d’avoir. Cesser la compétition effrénée entre universités qui nous coûte des sommes folles en frais de gestion et d’administration.

Un peu de dirigisme politique n’est pas despotique, surtout lorsqu’il ait fait au nom de la majorité.Le cafouillage actuel résulte d’un manque de courage politique ou d’une illusion du type du grand soir qui n’arrive jamais.

Je suis estomaqué de prendre connaissance des propos du ministre Pierre Duchesne reativement à un gel prolongé des frais de scolarité universitaire. Il ne connait pas l’histoire de ces frais.

Tout d’abord, les libéaux ont voulu relever ces frais pour qu’ils atteignent le niveau de 1968. Avez-vous pensé que, de 1968 À 1972, j’ai étudié à l’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE. COMME MES PARENTS (CULTIVATEURS) N’ÉTAIENT PAS RICHES, J’AI DÛ EMPRUNTER UNE SOMME DE 5 200$ EN ARGENT DE 1968 À 1972, CE QUI ÉQUIVAUT À ENVIRON 35 000$ EN ARGENT DE 2012. lES BOURSES, PEU NOMBREUSES, ÉTAIENT DE L’ORDRE DE 100$ PAR ANNÉE.

QUAND JE VOIS LA MINORITÉ D’ÉTUDIANTS SE LAMENTER EN 2012, LE COEUR ME LÈVE. J’ai remboursé tous les montants dûs. Et je paye avec mes impôts poue que les enfants gâtés d’aujourd’hui voient leurs frais gelés par un ministre péquiste et un gouvernement inconscient. J’ai déjà appuyé ce parti, mais c’est terminé à jamais.

Et comme les étudiants de l’Université de Sherbrooke n’ont pas especté les injonctions des tribunaux, j’ai décidé de ne plus contribuer à la fondation de cette université. Les étudiants ne méritent plus que l’argent que j’ai dûrement gagné serve à leurs caprices.

@ Serge Gingras #15

Puisque que vous vous référez aux règles contractuelles, votre étudiant fait aussi partie d’une association qui possède également ses propres règles. Or, comme l’indique le c.c.q. : « 313. Les règlements de la personne morale établissent des rapports de nature contractuelle entre elle et ses membres. » Ne serait-il pas équitable que votre étudiant s’oblige aussi envers son association ?

@ remidam #16

J’ai aussi fréquenté la même université entre 1972-75, et j’ai également reçu des prêts-bourses. Vous pouvez ajouter un zéro à votre 100 $ de bourses annuelles, parce que c’est ce que j’ai reçu.

@ Serge Gingras (# 15):

« Cela dit, je soutiens la gratuité scolaire, payée par une fiscalité raisonnable, juste, équilibrée. » (sic)

…et qu’entendez-vous par « une fiscalité raisonnable, juste, équilibrée… » dans un Québec où près de 45% des gens ne paient aucun impôt et où 4% des contribuables paient 49% des impôts?

Juste curieux de vous lire…

Excellente chronique parue ce matin au sujet de l’assiette de Monsieur Duchesne:

« La petite noirceur. »

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201211/12/01-4592729-la-petite-noirceur.php

Extrait:

« La victoire du PQ a mis fin à la crise, parce que le gouvernement Marois a répondu positivement aux deux principales revendications des associations étudiantes, l’abolition de la hausse ainsi que la tenue d’un sommet sur l’éducation supérieure, dont les modalités ont été annoncées la semaine dernière.

Mais le gouvernement Marois ne s’est pas contenté de céder aux revendications étudiantes. Il a commencé à reprendre à son compte l’élément le plus décourageant du discours des leaders étudiants qui, pour démontrer la non-pertinence des hausses des frais, s’étaient mis à contester l’idée que les universités puissent manquer d’argent.

Officiellement, le ministre de l’Éducation supérieure, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, a choisi de ne pas prendre position sur cette question du sous-financement, par souci de neutralité dans les échanges du sommet.

En soi, ce refus de prendre position est assez stupéfiant. D’une part, parce que c’est la première fois qu’un gouvernement du Québec se lance dans un vaste sommet sans exprimer son projet, sa vision et sa propre analyse de la situation.

D’autre part, parce que cette neutralité n’est pas neutre: en soi, elle constitue un virage majeur par rapport aux positions des gouvernements du Québec, peu importe leur couleur politique. »

Fin de l’extrait.

@ Marc Sauvageau :

Pour avoir tant de bourses, soit 1 000$, vous deviez avoir un appartement 12 mois par année à Sherbrooke. Je n’en avais pas les moyens et je devais aider mes parents sur la ferme.