L’audace du désespoir

Il y a quelque chose de surréaliste à entendre la libérale Lise Thériault accuser Pauline Marois de n’avoir pas réclamé une commission d’enquête assez rapidement en 2009.

Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Lise Thériault et François Legault ont fait preuve d’audace, d’une grande audace, à la suite des écoutes électroniques entendues à la commission Charbonneau et qui ont mis le PQ sur la défensive. Usant de la langue vernaculaire, on dirait : «Ils ont du front tout le tour de la tête !»

Des questions tout à fait légitimes surgissent des travaux de la commission Charbonneau. Comme tous les intervenants, le PQ doit y répondre lorsqu’il est mis en cause. C’est également de bonne guerre que l’opposition s’emploie à mettre le gouvernement dans l’embarras. Et c’est indispensable que les journalistes continuent de poser des questions et d’exposer les faits. Tout cela est dans l’ordre des choses.

Mais il y a quelque chose de surréaliste à entendre Lise Thériault, du Parti libéral, accuser Mme Marois de n’avoir pas réclamé une commission d’enquête assez rapidement en 2009. Il faut avoir un front de bœuf, comme disaient mes aïeux.

Car à la même époque, la même députée libérale se levait tous les jours pour applaudir Jean Charest, qui résistait de toutes ses forces à la création d’une commission d’enquête, malgré les demandes répétées et les nombreuses motions déposées par la même Mme Marois.

Il faut lever notre chapeau à Lise Thériault, car ce n’est pas facile de se lancer ainsi sur le terrain de l’intégrité quand on a soi-même applaudi jour après jour Tony Tomassi, finalement accusé au criminel de fraude et d’abus de pouvoir.

Il faut respecter le «guts» de la députée, qui a dû, comme tous ses collègues ministres du gouvernement libéral, atteindre ce quota de 100 000 dollars par année pour financer le parti, regarder sans frémir la commission Bastarache mettre à jour le stratagème des «post-it» jaunes et apprendre par les médias que l’UPAC avait arrêté tous ces libéraux — y compris le bénévole de l’année au Parti. Imaginez-vous à sa place, apprenant par les médias que l’UPAC avait effectué une descente au siège social du Parti libéral et que l’unité anticorruption avait même interrogé son nouveau chef.

Mieux encore : selon ce qu’affirme Ken Pereira sur Twitter, l’informateur de l’émission Enquête, il a lui-même dénoncé les magouilles de la FTQ à Mme Thériault lorsqu’elle était ministre, sans qu’elle intervienne. Pas grave : elle ne fait ni une ni deux et elle accuse Élaine Zakaïb (qui elle n’était pas ministre au moment des faits) de ne pas avoir appelé la police !

Sachant tout cela, on lui demande d’aller attaquer les autres sur le terrain de l’intégrité et prenant son courage à deux mains, elle y va. Chapeau pour votre audace, Madame !

François Legault m’épate aussi. Ce n’est pas rien, ce qu’il a accompli, en terme de courage. Il s’est en quelque sorte passé sur le corps ! Imaginez : il soupçonne des liens étroits entre le PQ et la FTQ et il trouve que «ça sent mauvais». Pas facile comme numéro pour un ancien député et ministre du Parti québécois, qui a déjà présidé la campagne de financement de son ancien parti.

Sa députée Sylvie Roy fut la première à réclamer une commission d’enquête (honneurs lui soient rendus), mais lui-même fut l’avant-dernier à la réclamer. Encore député du PQ à ce moment-là, il était l’un des seuls au caucus à plaider contre la tenue d’une commission d’enquête.

Quand son ami Charles Sirois fut mis en cause dans l’affaire des FIERS (par nul autre que l’actuel député caquiste François Bonnardel), il a refusé de poser des questions et il a rapidement démissionné. Malgré cette vulnérabilité qui est la sienne, il a franchi le rubicond et mène dorénavant la charge avec vaillance contre le PQ.

Quand François Legault a lancé son mouvement, puis son parti politique avec son ami Sirois, il a fait de l’éducation sa priorité. Jamais la lutte contre la corruption, sans parler de l’exigence qu’une commission d’enquête soit créée, n’a figuré parmi ses priorités. Malgré cela, comme un chevalier sans peur et sans reproche, le chef caquiste fonce tête baissée dans le magma dégoulinant de la FTQ, y associant ce PQ dont il émane. Comment ne pas être admiratif devant tant d’audace ?

Mais ce qui force vraiment l’admiration, ce sont les diatribes populistes de M. Legault et ce soupçon qu’il lance à toutes forces en affirmant que le PQ serait lié par une dette envers la FTQ.

Mettez-vous à sa place. Ça prend des tripes quand on sait que l’ex-président d’Air Transat a fait sa fortune grâce à ce même Fonds de solidarité de la FTQ. Il le souligne d’ailleurs lui-même dans son livre. Et surtout, ça prend des tripes au carré quand on sait qu’il fut lui-même président du conseil d’administration du Fonds régional de solidarité FTQ des Laurentides (incroyable, n’est-ce pas ?), où il a laissé un souvenir amer. N’a-t-il rien vu, rien su, rien entendu à ce moment-là ?

Chapeau pour votre audace, Monsieur !

Pour la CAQ, ballotée comme un radeau sur la mer d’indifférence de l’opinion publique, la commission Charbonneau représente le dernier espoir. Il est loin, le temps où l’on rêvait du pouvoir dans ce parti. Aujourd’hui, l’heure est à la survie.

Que François Legault s’accroche aux moindres révélations comme à une bouée de sauvetage, il n’y a là rien d’étonnant. Il joue sa carrière politique et si rien ne change, il en sortira défait, humilié et blessé.

Or, il se bat férocement, ignorant le danger. Je le dis sans ironie aucune : sa ténacité force l’admiration.

Restent les libéraux. Ils se sont emberlificotés dans ce tchador dont ils doivent se débarrasser pour retourner sur un terrain solide pour eux : l’économie. Mais personne ne les attendait sur le terrain de l’intégrité.

Je ne sais pas si vous réalisez, chers lecteurs, à quel point les libéraux doivent être désespérés pour se pointer le nez sur ce terrain, tellement dangereux pour eux.

Les libéraux qui veulent combattre sur le terrain de l’intégrité me rappellent ces vers de Corneille :

«J’admire ton courage.
Ne cherche point à faire un coup d’essai fatal
Dispense ma valeur d’un combat inégal
Trop peu d’honneur pour moi suivrait cette victoire
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
On te croirait toujours abattu sans effort
Et j’aurais seulement le regret de ta mort

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Vous défendez la pauvre Mme Élaine Zakaïb, parfait. Est-ce que vous pouvez nous donner vos observations concernant le « deal » entre la FTQ et le mari de Mme Marois? Vous ne trouvez pas cela dangeureux? Ou bien c’est une caractéristique de notre modèle québécois qui font de nous un grand peuple ou à tout le moins qui fait en sorte que certains sont plus grands que d’autres…

Fait: Jean Lavallée a fait des voyages sur le bras avec Tony Accurso pendant 20 ans.

Fait: L’épouse de Jean Lavallée, Nicole, a travaillé à la permanence du PQ, occupant des postes stratégiques de haut niveau, pendant de nombreuses années.

Fait: Madame Lavallée a voyagé avec son mari quand ce dernier était invité par M. Accurso. Dans la photo des trois mononc’ en train de se crémer le dos, la femme dont le visage est caché serait celui de Nicole Lavallée.

Lise veut savoir si madame Lavallée a voyagé sur le bras de Tony Accurso pendant qu’elle était à l’emploi du Parti Québécois ? Est-ce trop demander ?

Source: http://blogues.journaldemontreal.com/liseravary/societe/lise-veut-savoir/

Merci monsieur Gobeil pour ce résumé bien appuyé par différentes sources. Les politiques savent que nous oublions assez vite merci et que tous n’ont pas nécessairement un suivi rigoureux de l’actualité. Mais où sont nos journalistes pour demander des explications sur tout cela.

Qui Pauline Marois rencontrait-elle au 357 C?

Combien de fois y est-elle allée?

Son mari l’accompagnait-elle lorsqu’elle y rencontrait les dirigeants des grosses centrales syndicales défilant aujourd’hui honteusement devant la commission Charbonneau?

Quels sujets y étaient abordés?

Quelles promesses leur a-t-elle faites en retour de leur aide « bénévole » lors des élections?

Pour le bien de la démocratie québécoise, nous sommes en devoir d’avoir toutes les réponses à ces questions et à bien d’autres…

M. Francois 1 virgule

Le rôle d’un troll c’est de faire passer le sujet qui est sur les libéraux au PQ. En fait s’est presque de la projection.

La panique est prise au PLQ. Couillard qui s’est fait emberlificoter comme un novice par les péquistes et qui en plus tente d’acheter l’intégrité de Mme Houda-Pépin. Les Québécois qui voient bien que Le PLQ de Couillard n’a pas de position honnête et tout ce à quoi pensent ces pauvres Don Quichotte c’est de sauver leurs têtes. Il n’y a pas à dire, ça va mal dans la cabane libérale.

Les jours de Couillard seraient comptés que je n’en serais pas surpris.

Par ailleurs, le fond de la FTQ avec ces milliards injectés dans l’économie québécoise a fait des deals avec pas mal de monde. Ce ne sont pas tous des bandits. L’insinuer est complètement stupide. Et encore une fois ça démontre la panique du PLQ. Arsenault témoignera à partir de lundi. On verra bien ce qu’il a à dire sur ce fameux deal. Et d’autres viendront par la suite. Que diront-ils ? Mais une chose est certaine, ce n,est pas de la spéculation, c’est que l’UPAC a perquisitionné les bureaux du PLQ. Est-ce que Couillard est un bandit pour autant ? Peut-être que oui, peut-être que non ! Ce petit jeu d’insinuation ça ce joue à plusieurs. Thériault et ses fans, ceux qui l’appel par son prénom, ne devraient pas lancer des pierres en l’air quand ils habitent une maison de verre.

«Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les
reconnaît»
[Michel Audiard]

Je dirais plutôt qu’elle est prise au Parti québécois, la dite panique…

Pauline qui revient en toute hâte d’Europe pour assister à la cérémonie de l’Isle Verte… Y avez-vous cru?

Ne serait-ce pas plutôt pour tenter d’endiguer la vague de scandale et d’indignation qui déferlera sur tout le Québec lorsque son t’i n’ami Arsenault témoignera devant la Commission Charbonneau crée par Jean Charest?

« On a un deal avec Claude Blanchet »!!!

« J’va parler à Pauline »!!!

« Le P.Q. va s’faire ramasser »!!!

Pauline au 357 C!!!

Les jours de Pauline seront très…très remplis ces jours-ci!!!

Nous verrons bien à la fin de la semaine mais surtout à la fin de la commission Charbonneau lequel du PLQ ou du PQ qui sera le plus malmené. Tiens nous devrions gager une bonne bière locale sur ça.

«Fais preuve de gentillesse envers tous ceux que tu rencontres, leur combat est peut-être plus dur que le tien.» [Platon]

Pourquoi Charest a attendu 2 ans ? On a pas encore eu de réponse.
Bizarre non ?

J’imagine que vous avez la réponse mais la gardez pour vous. Pourquoi ne pas nous faire profiter de vos connaissances politiques et nous pourquoi Charest a attendu si longtemps vous qui trouvez que six mois c’est long. Imaginez plus de deux ans. À mon avis c’est 4 fois plus long.

Allez mon p’tit Francois un p’tit effort.

«Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent vite leur chemin comme si rien ne leur était arrivé.»
[Winston Churchill]

Si j’étais à la place de Michel Arsenault, j’aurais agi de la même façon. Puisque Blanchet fait affaire avec nous (FTQ), on ne s’attend pas à ce que sa conjointe nous plante un couteau dans le dos.

La FTQ de M.Arseneault s’est affiliée avec le PLQ de J.Charest durant 9 longues années de pouvoir. L’empire Accurso a atteint son paroxysme durant les Partenariats publics privés de l’ère Charest qui a abouti à un summum d’incurie et de corruption dans le MTQ, les municipalités et le Fond de solidarité de la FTQ. Toutes les affaires ou allégations sont sorties entre ces milieux. Le deal il a abouti à quoi? À cette enquête réclamée par le PQ sur la corruption dans le milieu de la construction. La ministre Zakaïb si coupable pas le gouvernement cela aura été d’avoir été corporative, d’avoir fermé les yeux sur la collusion en étant employé majeure dans la FTQ. Si son esprit de clocher pour la FTQ est totalement avérée, elle démissionnera point maximal! Nous n’en sommes pas à la certitude de cette défaillance personnelle de la ministre.

@ Denis Drouin le 27 janvier 2014 à 22 h 04 min:

On a eu cette réponse à multe reprises: il y avait DÉJÀ plusieurs enquêtes en cours de route (toutes crées par Jean Charest et les Libéraux!) et la sagesse voulait que l’on attende certains résultats AVANT de débuter la Commission Charbonneau et ainsi éviter de lui nuire.

Je répète donc la question: pourquoi Pauline Marois a-t-elle attendu six (6) LONGS MOIS avant d’embarquer dans le train de l’ADQ et de demander une commission d’enquête???

ET questions complémentaires:

– Comme il l’avait annoncé sans gêne dans sa conversation téléphonique d’avril 2009 avec Jean Lavallée, est-ce que par la suite, Michel Arsenault fera en effet ses propres pressions sur Mme Marois en l’appelant pour tenter de la convaincre de ne pas «embarquer» dans cette demande d’enquête publique faite par l’ADQ?

– Si oui, cela aiderait-il à expliquer les longs six mois que prendra ensuite le PQ avant d’appuyer en septembre 2009 seulement la demande faite par l’ADQ pour une enquête publique?

– Pourquoi, une fois qu’elle décide enfin à l’automne 2009 de faire cette demande, Mme Marois sent quand même le besoin d’en informer personnellement M. Arsenault ?

– Pourquoi ce besoin d’en informer M. Arsenault si ce dernier n’avait supposément pas exercé de pressions auparavant?…

« …pourquoi Pauline Marois a-t-elle attendu six (6) LONGS MOIS avant d’embarquer dans le train de l’ADQ et de demander une commission d’enquête??? »

Qu’attendez-vous pour dénoncer votre ex-premier ministre votre chou chou que vous adulez et qui a non pas sulement demandé, mais refusé une commission d’enquête pendant deux ans???

Pour la Marois elle a laissé se pendre jusqu’à trépasser le parti libéral de votre beau frisé, que vous adorez tant.

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