L’austérité est-elle une idéologie?

Même les centrales syndicales reconnaissent que le retour à l’équilibre budgétaire est nécessaire, même si elles voudraient le remettre à plus tard — sans préciser quand, ni en quoi la tâche sera plus simple dans quelques années.

Photo: Anne-Christine Poujoulat/AFP/Getty Images
Photo: Anne-Christine Poujoulat/AFP/Getty Images

Politique

LE PROBLÈME EXISTE-T-IL?

Commençons par le commencement: existe-t-il, au Québec, un déséquilibre des finances publiques qui exige des mesures de redressement quelconques?

À cette question, certains intellectuels et économistes de gauche répondent qu’il s’agit d’un «épouvantail destiné à effrayer l’opinion publique», ou alors que la crise est «grandement exagérée». L’état des finances publiques du Québec n’aurait rien d’alarmant. Les difficultés actuelles, quand on les reconnaît, ne seraient essentiellement dues qu’à des impôts trop bas.

L’autre camp — celui qui juge la trajectoire actuelle insoutenable — inclut près de 80% des Québécois. Il compte aussi le vérificateur général du Québec, qui estimait il y a trois mois que le déficit du Québec pourrait atteindre 5,7 milliards $, et que des «mesures structurantes» étaient nécessaires.

Le rapport du vérificateur général faisait écho à celui des experts Godbout et Montmarquette, présenté quelques semaines plus tôt, et qui arrivait à une conclusion semblable. Le dernier budget du gouvernement Marois — qui omettait toutefois les crédits qui auraient révélé la nature et l’ampleur des compressions — resserrait aussi les dépenses et sonnait (entre autres) le glas des CPE à 7 $ par jour.

Dans une entrevue réalisée quelques mois avant son budget, l’ex-ministre Nicolas Marceau affirmait lui-même que le Québec est aux prises avec un «problème structurel» qui deviendra «franchement inquiétant» d’ici cinq ans, et qui pourrait forcer «une réduction majeure du financement des services publics».

M. Marceau écartait par ailleurs les solutions impliquant des hausses de taxes et d’impôts, jugeant que le Québec était «peut-être allé trop loin» à ce chapitre au fil des années. Peut-être involontairement, les propos de M. Marceau rejoignaient ceux d’Alain Dubuc qui, le même jour, attribuait les difficultés budgétaires du Québec à un problème d’origine structurelle, et non partisane.

Quelques semaines plus tard, c’était au tour de Jacques Parizeau de déclarer que le Québec vivait au-dessus de ses moyens, et qu’un «remède de cheval» était nécessaire. M. Parizeau reprenait ainsi à son compte les conclusions du Centre sur la productivite et la prospérité de HEC Montréal qui, selon l’ancien premier ministre, posait un diagnostic «dur, mais réaliste» sur l’économie du Québec.

Même les centrales syndicales reconnaissent que le retour à l’équilibre budgétaire est nécessaire, même si elles voudraient le remettre à plus tard — sans préciser quand, ni en quoi la tâche sera plus simple dans quelques années.

MISER SUR LA CROISSANCE OU SUR L’AUSTÉRITÉ?

Que faire dans ce contexte?

Faut-il espérer retrouver l’équilibre en misant sur la croissance économique qui, en gonflant le PIB, réglera éventuellement nos problèmes de déficits et d’endettement?

Faut-il plutôt réduire les dépenses publiques pour aligner celles-ci sur les revenus anticipés de l’État, sans par ailleurs s’attendre à une croissance extraordinaire?

Peut-on combiner les deux approches?

EN AVANT POUR LA CROISSANCE!

Pour sortir de la crise, les tenants de la relance croient que l’État devrait rejeter l’austérité au profit d’un fort soutien public à la croissance économique.

Or les politiques qui favorisent la croissance sont bien identifiées: certains programmes de dépenses publiques (notamment d’infrastructures) et de soutien de la demande, et des politiques (notamment fiscales) qui favorisent l’investissement.

Au chapitre de la croissance et des investissements privés — dont le Québec a bien besoin — les principales mesures fiscales à adopter sont l’abolition (déjà faite) de la taxe sur le capital, et la réduction des impôts sur les bénéfices (voir pages 69 à 71), qui ont «un impact négatif majeur sur l’investissement des entreprises». D’autres mesures pro-croissance, fiscales ou autres, sont aussi envisageables.

S’ils sont cohérents, les opposants à l’austérité qui souhaitent éviter la faillite de l’État devraient donc plaider pour une croissance vigoureuse, et l’adoption enthousiaste de politiques favorables au développement économique et aux investissements.

Autrement dit, pour échapper aux coupures et aux compressions, rien n’est plus contre-productif qu’un discours anti-croissance, hostile au développement économique et favorable à un alourdissement des impôts corporatifs.

SE SERRER LA CEINTURE?

À l’inverse, les tenants de l’austérité croient qu’il est illusoire d’espérer rétablir l’équilibre par le biais d’une croissance accélérée, et qu’il faut donc réduire les dépenses plutôt que d’attendre un improbable boom économique.

Ces attentes modestes ont trouvé des appuis importants ces derniers mois, notamment chez certains économistes, de même qu’à la Réserve fédérale américaine et ailleurs.

En contexte canadien et québécois, les prévisions n’annoncent rien d’extraordinaire non plus (une croissance entre 1,5 % et 2 %). Cette situation n’est pas étonnante considérant que les économies occidentales sont matures et leurs populations vieillissantes.

Dans ce contexte, pour éviter que le poids croissant de la dette (et des intérêts qu’elle génère) n’anéantissent complètement la marge de manoeuvre des États, les tenants de l’austérité proposent de réduire les dépenses publiques, de la manière la moins dommageable possible pour l’économie.

Mais le FMI lui-même n’a-t-il pas conclu que l’austérité était une erreur et qu’il fallait abandonner les politiques de rigueur budgétaire? Non, pas du tout.

RALENTIR LES DÉPENSES ET FAVORISER LA CROISSANCE?

Il est aussi très possible d’imaginer une approche hybride, qui mise simultanément sur une réduction des dépenses et des mesures favorisant la croissance. Cet exercice implique des réductions raisonnables dans les dépenses moins essentielles, combinées à la mise en place de politiques qui encouragent la relance. Il semble que ce soit le choix de l’actuel gouvernement du Québec.

On joue ainsi sur les deux tableaux: l’équilibre budgétaire ne dépend pas uniquement d’une relance économique miraculeuse, mais chaque gain de croissance économique réduit la sévérité des compressions nécessaires.

ET SI ON EFFAÇAIT SIMPLEMENT NOTRE DETTE?

Pour éviter ces choix difficiles, certains voudraient simplement «répudier» la dette en refusant de la payer.

La blogueuse Marie-Anne Kraft a bien résumé les conséquences qu’une telle décision aurait pour la France:

«Décréter qu’on ne rembourse plus la dette, c’est déclarer l’Etat en faillite.

C’est pénaliser les investisseurs créanciers (…). Ce sont donc d’une part les banques françaises, d’autre part les épargnants et assurés des classes moyennes qui seraient pénalisés par ces pertes. Les ménages subiraient des pertes notamment sur leurs assurances vie.

C’est aussi la certitude pour l’Etat de ne plus trouver d’investisseur disposé à lui prêter à nouveau. Or l’Etat français a un déficit primaire important (…). L’Etat ne pourrait plus payer ses fonctionnaires à moins de décréter un emprunt forcé auprès des Français ou augmenter brutalement l’impôt en doublant presque l’IR [impôt sur le revenu] ou en augmentant la TVA [taxe sur la valeur ajoutée] de presque 3 points. A moins de baisser brutalement le salaire et les retraites des fonctionnaires, comme au Portugal et en Espagne.

En conclusion, l’annulation de la dette ne paraît pas réaliste à moins de s’exposer à une ruine de notre économie, pas seulement des investisseurs non remboursés, qui sont in fine dans leur majorité les épargnants et les assurés, donc les classes moyennes, mais aussi tous les Français et notamment les plus fragiles, par une forte baisse du pouvoir d’achat, un accroissement du chômage et de la précarité.»

Avec les ajustements applicables au cas du Québec — incluant le fait que le gouvernement fédéral garantirait sans doute les dettes d’une province en échange de réformes draconiennes — l’analyse ci-dessus donne un bon aperçu des impacts d’un défaut de paiement.

ET SI ON OPTAIT POUR LA DÉCROISSANCE?

À toutes fins pratiques, les tenants de la décroissance proposent eux-aussi un défaut de paiement à plus ou moins brève échéance.

En effet, la réduction (volontaire ou non) de l’activité économique mène à un appauvrissement de la population et à une diminution des recettes publiques. À terme, cette chute de moyens engendre inévitablement des coupures dans les dépenses de l’État — alors même que la dette et ses intérêts stagnent ou continuent de croître.

Considérant que les sociétés occidentales reposent en bonne partie sur la promesse de croissance — les pensions de retraite dépendent des rendements boursiers, les augmentations salariales des fonctionnaires et les investissements des gouvernements dépendent d’un accroissement des revenus publics, etc. — l’idéologie de la décroissance propose essentiellement de jeter par dessus bord les bases des économies contemporaines. C’est un projet radical, qui mène à la faillite des États tels qu’on les connait.

(Les tenants de la décroissance justifient généralement leur programme en expliquant que, dans un monde où les ressources naturelles sont limitées, la croissance économique ne peut pas être infinie. En particulier, puisque la consommation énergétique de la planète est limitée par les lois de la thermodynamique — à un rythme de croissance annuelle de 2,3%, l’atmosphère terrestre atteindra le point d’ébullition d’ici 400 ans — il s’ensuit que la croissance économique mettra la planète en danger tôt ou tard.

Si l’argument paraît logique en surface, il repose néanmoins sur une méconnaissance de certaines notions économiques fondamentales: la croissance économique n’est pas nécessairement liée à une consommation grandissante d’énergie ou de ressources naturelles, ce qui explique pourquoi une croissance économique infinie est théoriquement possible dans un monde par ailleurs fini.)

Davantage qu’un programme politique et économique réaliste, le mouvement pour la décroissance relève plutôt de l’éthique personnelle, inspirée par la pensée néo-luddite et malthusienne. Rien de mal à cela — au contraire — mais pas de quoi fonder des politiques publiques imposées à tous, et aux conséquences dramatiques.

À CHACUN SON IDÉOLOGIE

Dans la mesure où le déséquilibre structurel des finances publiques du Québec est accepté par les uns et les autres, deux grandes options sont possibles.

On peut espérer retrouver l’équilibre en réduisant les dépenses, parce qu’on croit, avec un certain pessimisme, que la croissance économique sera insuffisante pour régler la crise. C’est le choix de la rigueur.

Ou on peut miser sur la relance en espérant, avec optimisme, que les dépenses publiques et les incitatifs feront croître le PIB suffisamment pour réduire le fardeau des déficits et de la dette. C’est le pari de la croissance.

À défaut de choisir un camp ou l’autre (ou un mélange des deux) les options se compliquent.

Propose-t-on de refuser les compressions de dépenses et d’augmenter le fardeau fiscal des entreprises du Québec, déjà le plus élevé d’Amérique du Nord? Comment, dans ce contexte, éviter un exode accéléré des investissements et des emplois, une contraction de l’économie, une réduction correspondante des revenus de l’État et un aggravement du déséquilibre actuel?

Ou alors propose-t-on de répudier la dette et de faire défaut? Plaide-t-on plutôt pour la décroissance, dont les effets seraient les mêmes?

Ce sont d’autres avenues possibles. Mais, au risque d’écrire des évidences, elles sont beaucoup plus radicales et idéologiques que la rigueur et la croissance.

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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15 commentaires
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«Pour sortir de la crise, les tenants de la relance croient que l’État devrait rejeter l’austérité au profit d’un fort soutien public à la croissance économique.»

Le problème, c`est qu`au Québec, on crée de la croissance économique avec de l`endettement. Et très souvent dans des secteurs pas rentable(en plus). On voit ou nous mènent le surendettement. On paye 10 milliards d`intérêts par année sur la dette. En payer 15 milliards, ça nous aidera pas. En passant la France avec un déficit éternel n`arrive pas à créer de la croissance. Le Canada, lui, qui élimine son déficit crée plus de croissance qu`en France et à un taux de chômage inférieur à la France. La France qui devra faire des grosses réformes prochainement parce que surendetté et constamment en déficit.

Beaucoup de mots pour plaire à tout le monde. Notre problème est que nous vivons à crédit et cela depuis trop longtemps et que là c’est le moment de passer à la caisse. C’est plate, mais c’est inévitable.

C’est pas la rigueur qui horripile la population. C’est le fait que ce gouvernement qui s’est permis de piger dans l’assiette à beurre depuis au moins une décennie s’apprête à passer tous nos services à la tronconneuse sans avoir mis fin au gaspillage, à la corruption, à la collusion. Tant qu’il n’aura pas scruté tous ses dépenses dans tous les domaines et ne se sera pas assuré qu’après la construction, il reste une multitude de secteurs d’activités du gouvernement où fleuri le gaspillage, comme par exemple en informatique, en communication, en santé, multiplicité de tests, médicaments payés 2, 3, 10 le prix que ça vaut, etc. Alors avant de venir tout saccager, qu’il fasse le ménage.

« C’est le fait que ce gouvernement qui s’est permis de piger dans l’assiette à beurre depuis au moins une décennie »

Euh… Ça fait beaucoup plus de trente ans que LES Gouvernements pigent dans l’assiette à beurre, autant Libéral que Péquiste et pas seulement au niveau provincial, au municipal et au fédéral aussi.

Façon facile et rapide de « faire le ménage »: RÉDUIRE la taille de l’État obèse et tentaculaire.

«Ce sont d’autres avenues possibles. Mais, au risque d’écrire des évidences, elles sont beaucoup plus radicales et idéologiques que la rigueur et la croissance.»

Mais non, mais non, toutes les options sont également idéologiques. M. Lussier reprend un vieux truc rhétorique qui consiste à qualifier d’idéologie seulement l’idéologie adverse. Par exemple, le blabla libériste (aka néolibéral) sur la « main invisible du marché » est non seulement tout aussi idéologique, mais de plus tout aussi liberticide que le blabla marxiste sur la « force inexorable de l’histoire ». Toutes deux sont des tartes à la crème qui croient en « une force agissant pour ainsi dire dans le dos des hommes », comme disait l’excellent Tocqueville. Toutes deux croient que l’économie est « le moteur de l’histoire » (évidemment, conçues qu’elles sont par des économistes!) alors qu’il n’y a pas de prétendu moteur de l’histoire.

Malgré sa sophistication, il ne faut pas perdre de vue que l’économie ne concerne que la survie, au sens du « métabolisme de l’Homme avec la nature », et non la vie. Réduire la vie humaine à la survie, c’est enfoncer l’humanité dans la nature. La croissance ne saurait donc être une fin en soi. L’économie, n’en déplaise au pouvoir de la caste des économistes, ne saurait être une fin en soi.

Et tout ça pour ajouter que finalement, je suis bien d’accord avec l’objectif de finances équilibrées, exactement comme le brave monsieur Lussier ! C’est juste que mon idéologie – car moi, je ne la rebaptise pas autrement pour des fins de propagande – c’est juste que mon idéologie, dis-je, me commande ce léger bémol en passant.

Comme l’écrivait pendant la Seconde Guerre mondiale l’homme de droite Benedetto Croce, qui refonda le Parti libéral italien en 1943:

« Affirmer, comme on l’a fait, l’union indispensable entre les forces morales et économiques, équivaut à proclamer non pas la soumission des premières aux secondes, mais au contraire l’hégémonie des forces morales sur les forces économiques. Il ne faut pas que les forces économiques déterminent les forces morales, ainsi qu’il arrive, par exemple, lorsqu’on établit des relations de dépendance entre la liberté – qui est vie morale – et certains systèmes économiques, entre le Libéralisme et la libre concurrence manchestérienne. »

C’est le comte Sforza, alors ministre des Affaires étrangères d’Italie, qui cite ce passage dans un livre de 1948 avant d’ajouter : «On chercherait vainement ailleurs une déclaration aussi autorisée sur le manque de toute valeur de la prétendue « liberté économique » vis-à-vis de la liberté tout court.»

Benedetto Croce, Carlo Sforza : voilà deux phares de la pensée vraiment libérale – et pas néolibérale.

Petit correctif, ici : Là où il est écrit :

«Benedetto Croce, Carlo Sforza : voilà deux phares de la pensée vraiment libérale – et pas néolibérale », il faudrait plutôt lire, pour plus de sûreté:

« Benedetto Croce » à partir de 1925… »

Car d’octobre 1922 (arrivée de Mussolini au pouvoir) jusqu’à la publication du Manifeste des intellectuels antifascistes courant 1925, le libéral Croce avait eu vis-à-vis du fascisme une attitude de « neutralité » particulièrement dommageable vu sa grande influence en Italie et sa renommée hors d’Italie. En revanche le comte Sforza, lui, ne mangeait pas de ce pain-là. Le jour même où le Roi appela Mussolini à former le gouvernement, il démissionna avec fracas de son ambassade à Paris..

Le Québec est cassé ! Ses déficits sont chroniques et systémiques. Ou bien le gouvernement fait face à la musique et redresse ou bien il trouve l’arbre dans lequel pousse l’argent. Déjà que le service de la dette est le troisième compte le plus important après la santé et l’éducation, une décote coûterait énormément cher et rendrait la sortie de crise encore plus difficile.

Y aura-t-il des pleurs et des grinements de dents, sûrement.

Une idéologie est un « [e]nsemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales, propre à une époque, une société, une classe et qui oriente l’action. » (CNRTL) Lorsque l’austérité (croyance pas tout à fait cohérente ) devient une « [a]ffirmation, thèse, opinion émise sur le ton de la certitude absolue et imposée comme une vérité indiscutable. » (CNRTL) c’est un dogme.

La question du « déficit structurel » qui serait responsable de tous nos maux ; cela est devenu ces dernières années une sorte de « classique » en économie politique. Hors, c’est un « faux semblant ». Il convient dire que très nombreux sont les pays qui en souffrent ou des entités fédérales comme les provinces qui en souffrent également…. Mais tous, pas de la même façon.

Il reste un fait à noter, c’est que les actuaires, comptables, économistes et autres analystes ne s’entendent que très rarement sur les chiffres précis de ces déficits de structure. En ce sens, il est possible de dire que les coupures de l’État peuvent faire mal, puisque lancées d’une certaine manière à l’aveuglette. On ne sait pas exactement où couper et combien, pas plus qu’on ne saura les conséquences des dites coupures avant de les avoir effectuées.

Faute de chiffres précis et d’une pondération exacte, on évalue seulement le poids du déficit structurel en points de pourcentage du PIB. À ce titre, on comprendra bien qu’un déficit structurel qui serait maintenu chaque année en-dessous de 1% ou moins du PIB, ce ne serait pas la mer à boire puisque relativement facile à gérer.

De la même façon, on pondère la proportion du déficit structurel par rapport au déficit conjoncturel. Le déficit conjoncturel qui est liée bien sûr à la conjoncture économique, ce qui veut dire aux aléas de l’économie. Ce qui signifie qu’il est lié à un faible taux de croissance de l’économie. — Ainsi, l’élimination du déficit conjoncturel, devient-il plus important que l’élimination du déficit structurel surtout lorsque l’accroissement du dit déficit sert en premier à financer l’accroissement du déficit structurel au lieu de bonifier les sommes supplémentaires allouées à l’investissement. En clair, l’élimination de toutes formes de déficits conjoncturels aura pour effet naturel de réduire le déficit structurel.

L’une des sources présentes de nos tourments, c’est qu’il est difficile de prévoir avec justesse le taux de croissance de l’économie. Les économistes — qui usuellement prônent la croissance — sont en délicatesse pour prédire des niveaux de croissance annuels à long terme qui soient comparables à ceux qui existaient auparavant. C’est ce qui explique — je suppose — pourquoi tout le monde ne soit pas d’accord sur le remède.

Pour cette raison, ceux qui évoquent la gestion de la décroissance, s’inscrivent dans un certain réalisme ; le choix d’une forme de décroissance créative qui n’affecterait pas le niveau d’emploi. Une société en décroissance peut néanmoins rester prospère lorsqu’elle doit dans ce cas impérativement contrôler ses finances publiques et travailler sur une plus équitable répartition du bien commun. Il s’agit de ce qu’appelle entre autre l’économiste Joseph Stiglitz du : « ruissellement de l’argent » ; la décroissance, la réforme puis l’abolition à plus ou moins moyen-long terme, de toutes formes inappropriées de l’économie, favorisent l’émergence de formes neuves d’économies. C’est la relation d’équilibre avec notre environnement notamment qui dans ce cas doit-être considérée.

À toutes fins pratiques. L’accroissement des dépenses de l’État ne pourrait s’élever en permanence au-dessus de la croissance économique, sinon en grevant continuellement l’élévation du ratio d’endettement en proportion du PIB (déficits primaires + intérêts sur la dette cumulés). Lorsqu’idéalement, l’État devrait pouvoir constituer des excédents budgétaires régulièrement sans devoir accroître le poids de toutes sortes de prélèvements.

Pour aussi paradoxal qu’il puisse en paraître, un État devrait-il être le plus frugal possible (austère en d’autres termes), pour préserver le bienêtre et la prospérité intrinsèque de l’ensemble de ce ses « cons-citoyens » (peut-être que le dernier mot est mal orthographié :-).

Nos idéologues sont toujours en retard d’un cycle économique, parce que leurs convictions viennent non pas de l’expérience, mais de l’écrit. Or écrire un nouvel opus idéologique, le publier et trouver ses lecteurs prédisposés cela prend au moins trois ans.
C’est ainsi que l’on réclame des mesures de relance alors que la crise est passée. Les gouvernements du Québec et d’Ottawa, suite à la crise de 2008, ont multiplié les dépenses en infrastructures et les interventions de soutien économique. Avec la fin de la crise est venu le moment de résorber la dette qui, avec la négligence passée et les mesures contre-cycliques de 2009-2011 avait augmenté de manière déraisonnable.
La gauche, toujours aussi entichée de l’interventionnisme étatique et de l’égalité parfaite, condamne ce qu’elle voit comme un complot de la bourgeoisie, une politique d’austérité, alors qu’il s’agit simplement de rétablir les comptes nationaux, avant la prochaine crise, au risque de ne pas disposer d’une marge de manoeuvre suffisante lorsqu’elle viendra. La droite populiste, qui ne sert que les riches en s’adossant au mécontentement de la classe moyenne, réclame de son côté un retrait excessif de l’État pour maintenir le sacro-saint pouvoir d’achat (mon char, ma piscine, mon spa).
Nos gouvernements présentement agissent de manière responsable en limitant la croissance des dépenses de l’État pour résorber la dette, et pour protéger l’essentiel de nos programmes sociaux.
Mais voilà: la CAQ et le PLQ, c’est comme le Front national et la gauche traditionnelle en France: servir ses clientèles électorales en promettant de les protéger contre les aléas du commerce et de l’industrie. Cela s’appelle anti-libéralisme et protectionnisme. Les deux font une belle paire.

Alors ce seraient le PQ et le QS qui seraient porteurs de la vérité idéologique socilaliste économique??? Vraiment???

Le jovialisme idéologique semble vouloir embrouillé certains esprits ..

L’austérité une idéologie? Perlez-en aux Grecs, Islandais, Portugais et autres pour qui cette « idéologie » est devenue une RÉALITÉ parce qu’ils ont trop tardé à prendre les mesures nécessaires pour ramener les socialistes interventionnistes sur terre.

« le fardeau fiscal des entreprises du Québec, déjà le plus élevé d’Amérique du Nord? » Comprends pas! Les USA doivent passer des règlements pour empêcher leurs entreprises de se délocaliser au Canada pour payer moins d’impôts. (Burger King – Tim Horton). Qui ment? Le gouvernement américain ou nos gouvernements. le fardeau fiscal des entreprises du Québec, déjà le plus élevé d’Amérique du Nord?

Je persiste à croire qu’il y a de la place pour l’augmentation de certains impôts, ce qui règlerait une bonne partie du déficit structurel.

Sans même s’attaquer directement aux paradis fiscaux (ce qui s’impose par ailleurs) on peut trouver plein de trou dans nos lois et règlements.

Professionnels (médecins, comptables, etc) qui s’incorporent pour ne payer que la moitié des impôts sur les « dividendes ».

Plafond de cotisation des REER trop haut. Qui dans la classe moyenne peut mettre 18 000 $ de REER par année?

Subventions de toutes sortes à des compagnies, par ailleurs rentables, comme les pétrolières, les minières, et j’en passe.

Crédit pour recherche et développement qui sont souvent de l’aide directe, la recherche n’étant pas au rendez-vous.

Et on pourrait continuer.

Cesser de traiter de rêveurs ceux qui pensent qu’on peut régler le déficit structurel en ne coupant pas à tort et à travers.

N’oubliez jamais que les gens RÉAGISSENT lorsque l’État vient leur voler leur bien.

Ils ne demeurent tout simplement pas stoïques et immobiles sans riposter.

Certains décrochent totalement et s’installent au noir, d’autres déménagent leurs pénates ailleurs, d’autres modèrent, etc…

La France est un parfait exemple de ce que j’affirme. Les riches s’en vont entraînant avec eux leurs richesses et influencent leurs connaissances les poussant à en faire autant. De plus, 75% des jeunes Français quitteraient la France s’ils le pouvaient. La vague d’immigration des jeunes Français vers d’autres endroits dont le Québec en est la preuve.