L’automne de la grande frustration

La session parlementaire à Ottawa a pris fin et il était temps. Pour quiconque se soucie de la santé de notre démocratie, les derniers mois n’ont fait qu’ajouter à l’inquiétude des dernières années. Il n’y a pas eu de bouleversements soudains, seulement une lente érosion de nos institutions et une concentration accélérée du pouvoir auxquels on assiste depuis des années et qui ont atteint des proportions inégalées depuis l’arrivée des conservateurs au pouvoir en 2006.

Petit à petit, ce gouvernement a restreint l’accès de la presse au gouvernement. Il a intimidé ou tenté de mettre au pas les chiens de garde parlementaires ou quasi judiciaires, comme la présidente de la Commission de la sûreté nucléaire ou le directeur général des élections. Les conservateurs ont créé un bureau du directeur parlementaire du budget pour ensuite lui refuser les documents nécessaires à son travail. Des postes clé ont été laissés vacants pendant des mois.

Les élus ont eu beau demander des comptes, ils se sont fait rabrouer, insulter, accuser de préférer les talibans aux soldats canadiens, les criminels aux victimes. Le mensonge est devenu acceptable pour ce gouvernement qui le manie volontiers et ne punit jamais ceux qui s’y adonnent. Tony Clement a même eu droit à une promotion alors que ses fausses déclarations au sujet du recensement ont poussé à la démission le statisticien en chef. À cela s’ajoutent des scientifiques muselés ou écartés, des études qu’on cache pour mieux les ignorer, en particulier en matière d’environnement et de justice.

Et il y a le Parlement que les conservateurs enduraient de peine et de misère quand ils étaient minoritaires. Un Parlement qu’on déjouait en transformant les projets de loi budgétaires en cheval de Troie, y insérant des projets de loi controversés qui profitaient ainsi de la protection du vote de confiance. Le gouvernement a tant et si bien résisté à fournir aux députés les documents qu’ils exigeaient, que le président de la Chambre a jugé à deux reprises qu’il faisait affront au Parlement. Parallèlement à cela, les députés conservateurs minaient les travaux en comités en s’inspirant d’un guide à cet effet préparé par leur bureau de recherche. Et ils ne semblent pas l’avoir rangé depuis qu’ils sont majoritaires.

Si cette session a révélé quelque chose, c’est qu’il ne s’agissait pas d’une tactique dictée par les circonstances, mais d’une approche délibérée. Forts de leur majorité, les conservateurs limitent les débats, bousculent les témoins quand ils veulent bien les entendre, imposent le huis clos quand ça leur chante.

Lorsque Stephen Harper avait ignoré sa propre loi sur les élections à date fixe et déclenché les élections de 2008, il avait affirmé que le Parlement était dysfonctionnel. Il omettait de dire que la plupart des problèmes qu’il évoquait étaient le résultat des actions de ses propres députés. Aujourd’hui, c’est encore le cas. En sera-t-il ainsi pendant quatre ans?

D’ici janvier, je vous convie, à travers ce blogue, à une réflexion sur le sujet. À travers, entre autres, la mise en relief d’événements qui ont peu attiré l’attention, des rappels et des suggestions de lecture.

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Écoutez c’est très simple, le système parlementaire actuel tel qu’il est conçu ne peut conduire qu’à une chose qui se traduit en un mot, et cela quel que soit le parti au pouvoir: ce mot c’est arrogance.

À partir du moment où le pouvoir est absolu, il ne peut que mener à l’abus.

Dans lepassé quand des valeurs affirmées tenaient lieu d eprincipe, en général les Politiques avainet le souci de respecter la démocratie.

Aujourd’hui on peut facilement avoir l’impression que la jungle a gagné toutes les institutions.

Le bon sens, le respect de l’opinion d’autrui, la recherche d’un compromis acceptable on peut avoir le sentiment que ça ne fait plus partie des valeurs qui gouvernent les oligargques qui sont maintenant au pouvoir.

Et c’est parti pour au moins une bonne dizaine d’années.

Le pire c’est que l’Alliance canadienne déguisée en PCC serait à nouveau élue si des élections avaient lieu demain. Comme quoi le Canada de Harper nous ressemble de moins en moins.

En sera-t-il ainsi pendant quatre ans?

Absolument. Bien sur que Oui. Pour quelle raison ils s’en priveraient?

Vous ne les avez pas vue venir de loin?

Mais les canadiens les aiment eux, si l’on s’en tient aux sondages, ils seraient reportés au pouvoir…

Il semble que le gouvernement Harper soit immunisé contre la dénonciation publique de ses excès et de ses comportements inappropriés. Ils s’en fout royalement et cela ne semble pas affecter sa popularité.
Les partis d’opposition sont muselés et les médias n’arrivent pas à percer l’apathie de la population.
Alors qu’est-ce que les citoyens « ordinaires » peuvent faire d’ici 2015?
Je crois qu’il faut que tous ceux que cette situation dérange utilisent les médias sociaux et les contacts individuels pour réveiller la masse silencieuse de sorte qu’on s’assure de faire sentir notre opposition au gouvernement.

On a voté pour eux et on a le gouvernement qu’on mérite. Le PC avait promis de voter ces lois et les gens étaient d’accord puisqu’ils ont voté pour ce parti

Il ne faut surtout pas avoir peur des mots: une dictature est une dictature même si elle se retrouve dans un pays au passé démocratique.Tout se passe actuellement à Ottawa pour permettre à Harper de gouverner dans les limbes les plus obscurs.Votre article et d’autres, nous amènent à dénoncer vertement ce pseudo gouvernement mandaté par seulement 39% de la population grâce a un système électoral archaïque.Les pétrolières ont le haut du pavé et les ministres comme MacKay et Clement peuvent commettre n’importe quels délits sans la menace de la moindre sanction.
Belle démocrassie!

Le gouvernement Happer fait beaucoup de morale peu de politique. Rien qui ressemble à un geste fondateur comme Pierre Trudeau quand il a mis en place pour l’ensemble du Canada une charte des droits et des libertés par exemple. Le bilan de ce gouvernement est très mince en politique, mais énorme en politicaillerie :

Est-ce qu’ajouter la royale armée et la royale marine devant nos forces de défense va terrifier nos ennemis? Est-ce que le Canada anglais dont la majorité n’est pas d’origine britannique marque leur imaginaire assez pour en faire des fidèles sujets de notre reine bien aimés? De mettre des millions de dollars pour la célébration de victoire militaire dont la plupart des Canadiens ne s’y intéressent même pas…

Le refus de prolonger comme cadre de discussion Kyoto. Le problème de GES reste entier pour le Canada quand la poussière rhétorique sera retombée… Quand on coupe les fonds de recherche particulièrement sur l’environnement…

Quand le financement des ONG est fait sur une base morale excluant volontairement les organismes qui font de l’avortement un choix possible dans la planification familiale. Son refus obstiné envers les lieux à injection supervisée…

Les moralistes ont tendance à vouloir occuper tout l’espace public, d’être très combatif.
Comme vous savez, les moralistes ont leurs raisons pour nous défendre contre nous-mêmes. On ne peut pas leur demander d’ouvrir un réel dialogue qui serait un geste politique puisqu’il accepterait un différend à résoudre pour le bien commun. La surdité est une autre façon des reconnaître. La négociation et la discussion sont une perte de temps pour eux, la plupart du temps ils sont dans l’urgence d’agir… La démocratie relève plus d’un problème de gestion qu’une parole libre et argumentative pour le service du plus grand nombre…

Les faits et gestes au Parlement sont similaires de l’époque de Jean Chrétien. Au Canada peut de volonté de vouloir changer notre système parlementaire et démocratique vers une plus grande transparence et une plus grande pluralité politique. On préfère faire cela à l’américaine avec les groupes de pression dont le lobby du pétrole est fortement consulté par ce gouvernement.

Très déçu par l’opposition qui a laissé un juge unilingue anglophone être nommée à la Cour suprême du Canada, la même chose pour le vérificateur général du Canada

Happer prend le temps de dire au journaliste tout le mal qu’il pense du dictateur de la Corée du Nord, mais rien sur Vaclav Havel qui est un modèle d’homme politique que l’Europe rend hommage.

L’effet sur le Québec de la façon que le gouvernement Happer se comporte dans la gouvernance l’isole de plus en plus du reste du Canada et le marginalise dans ses valeurs.

Happer est le plus républicain dans le sens américain du terme dans son style de faire de la politique belliqueuse et déterminée quoi qu’il arrive. J’aurais raison majoritairement. Une raison politique qui se construit pour la plupart du temps par l’exclusion des discours scientifiques. On est loin du gentleman britannique avec son Fairplay légendaire comme Jack Layton ou Gilles Duceppe à sa manière.

Ma suggestion de livre La refondation du monde de Jean-Claude Guillebaud, Seui

Plus ça va, plus on voit quel est l’esprit « canadian »…

Je ne me suis jamais aussi senti québécois!

Je constate aussi ce qui se passe avec ce gouvernement qui n’en fait que selon ses intérêts.
Pourquoi n’y a-t-il pas d’homme fort dans l’opposition? Les secteurs clés sont infiltrés par ces conservateurs et empêchent l’action.
Quelles sont les solutions?
Un scandale absolument scabreux ou Harper serait impliqué jusqu’au cou! Ca a quand même fonctionné avec DSK.
Mais, on peut toujours rêver… on ne voit rien a l’horizon a cet effet!

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