L’avance « covidienne » des libéraux a fondu

Si des élections avaient lieu demain, le scénario le plus probable serait tout de même la réélection du PLC, avec la balance du pouvoir au Bloc et au NPD. Soit exactement l’état actuel des partis à la Chambre des communes.

Crédit : L'actualité

Le discours du Trône aura lieu la semaine prochaine à Ottawa. Il s’agira de la première occasion pour les partis de l’opposition de faire tomber le gouvernement de Justin Trudeau depuis le début de la pandémie. Conservateurs, néo-démocrates et bloquistes affirment tous d’une façon ou d’une autre que leur soutien demeure conditionnel et qu’ils seraient prêts à plonger le pays en élections s’ils jugent que les objectifs des libéraux sont inacceptables.

S’agit-il d’un bluff bien calculé ? Les conservateurs viennent tout juste d’élire leur nouveau chef, Erin O’Toole, et ce dernier pourrait vouloir prendre le temps de bien s’installer aux commandes de la formation avant de retourner aux urnes. Au NPD, les difficultés financières du parti ont été bien documentées dans les médias ces derniers mois. Quant au Bloc québécois, selon les intentions de vote actuelles, il y aurait bien peu de gains potentiels pour lui à l’horizon. Donc, bien que la joute politique puisse parfois nous surprendre, une élection fédérale automnale semble, du moins pour l’instant, peu probable.

Néanmoins, les chiffres des dernières semaines nous indiquent que l’avance « covidienne » des libéraux fédéraux a fondu comme neige au soleil. Voici les projections Qc125 du vote populaire fédéral au Canada depuis janvier 2020 :


On remarque une presque égalité entre le PLC et le PCC à l’hiver, puis, une montée abrupte du PLC à partir de mars et avril. Toutefois, depuis la fin juillet, moment coïncidant avec les allégations de copinage du Parti libéral avec l’organisme de charité UNIS, les libéraux sont redescendus à leur niveau « pré-pandémie ».

Les sondages des dernières semaines accordent toujours un léger avantage au PLC au pays, mais les prévisions de vote actuelles montrent maintenant une égalité statistique entre le PLC et le PCC :

Depuis l’arrivée d’Erin O’Toole au poste de chef de l’opposition, le PCC a rétréci l’écart qui séparait son parti des libéraux en Ontario. En moyenne, le PLC est en tête des intentions de vote par cinq points en Ontario (alors qu’il a remporté les élections dans cette province par près de 10 points en octobre 2019). Conséquemment, les prévisions du nombre de sièges se sont, elles aussi, resserrées considérablement :

Selon les chiffres actuels, le scénario le plus probable serait une pluralité de sièges pour le PLC avec la balance du pouvoir au Bloc et au NPD… soit exactement l’état actuel des partis à la Chambre des communes.

Au Québec

Les intentions de vote fédérales au Québec ont peu bougé depuis l’élection de l’automne 2019. Après une montée modeste des libéraux au cours du printemps — principalement aux dépens des conservateurs et du NPD — nous retrouvons le PLC et le Bloc à seulement trois points d’écart en moyenne.

Il faudra assurément surveiller si l’aiguille bougera au Québec pour les conservateurs au cours des prochaines semaines. Erin O’Toole a remporté la chefferie du PCC en grande partie grâce au soutien des membres du Québec et il semble avoir la province dans sa mire, principalement ces régions hors de la métropole qui ont appuyé massivement la CAQ en 2018 et le Bloc en 2019. (O’Toole a d’ailleurs rencontré le premier ministre Legault ce lundi.)

La moyenne actuelle du PCC n’est que de 16 % au Québec selon le modèle Qc125, mais notons que le sondage pancanadien Léger de la semaine dernière classait les conservateurs juste au-dessus de la barre des 20 % dans la province. S’agissait-il d’une simple fluctuation ou d’une nouvelle tendance ? Nous le saurons sous peu.

Voici les prévisions du nombre de sièges au Québec. Vous remarquerez qu’elles sont quasi identiques aux résultats de la dernière élection :

[Sur le graphique ci-dessus, les barres de couleurs indiquent les intervalles de confiance actuels et les points noirs, les résultats de l’élection fédérale de 2019 au Québec.]

Somme toute, le PLC demeure favori pour remporter le plus grand nombre de sièges au Canada si une élection avait lieu aujourd’hui. Lors des 250 000 simulations d’élections générales effectuées par le modèle, les libéraux remportaient le plus grand nombre de sièges dans 84 % des simulations. Le PCC remportait le plus grand nombre de sièges dans environ une simulation sur six :

Ces prévisions quant aux élections fédérales agiront donc comme le point de départ de l’ère O’Toole pour les conservateurs. Si nous comparons ces chiffres avec ceux de 2017, il est indéniable qu’Erin O’Toole prend les rênes d’un parti dans un bien meilleur contexte que lors de la victoire serrée d’Andrew Scheer contre Maxime Bernier, alors que les libéraux de Justin Trudeau surfaient toujours sur une vague de sympathie auprès de nombreux électeurs canadiens. Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis.

Alors qu’une élection automnale semble peu probable en regardant ces chiffres, il n’est certainement pas exclu que le pays soit plongé en élection au printemps prochain — juste avant le dépôt du budget —, particulièrement si la propagation de l’épidémie est maîtrisée au Canada. Nous continuerons donc de suivre la progression des intentions de vote au pays d’ici là.

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On veut changer mais quels sont les motifs ? Trop de dépenses ? Trop de complaisance avec les amis du Parti ? Trop de ceci ? Pas assez de cela ? Tant qu’à changer, votons tous conservateurs pour les prochaines élections et après 4 années de laisser-faire, de réduction des dépenses et d’austérité, de diminution de la TPS, de l’impôt sur le revenu et de vote(s) libres sur l’avortement, débarrassons-nous des conservateurs et votons pour un autre parti (ainsi nous éviterons de payer des pensions aux députés). On change mais pour quels motifs ? Pas assez de dépenses ? Trop de complaisance avec les amis du Parti ? Trop de ceci ? Pas assez de cela ? Changeons pour changer et ce jusqu’à la fin des temps! Comme on disait dans le temps: Ad vitam aeternam. CHURCHILL : « La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes.» SCHICKLGRUBER :« Je compris l’infâme terrorisme intellectuel qu’exerce ce mouvement surtout sur la bourgeoisie qui, ni moralement ni physiquement, n’est de taille à soutenir de semblables assauts. La tactique de la Social-Démocratie consiste à faire pleuvoir, à un signal donné, une véritable averse de mensonges et de calomnies sur les adversaires qui lui semblent les plus redoutables, jusqu’à ce que leurs nerfs soient brisés, et qu’ils se soumettent à l’odieux dans le fol espoir de recouvrer la tranquillité.» AMEN

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Aujourd’hui, il dirait sûrement que nous apprenons vite à devenir un des meilleurs joueurs, en ce sens !?. Amen…

Il n’y a guère de certitude que la propagation de l’épidémie soit effectivement au printemps prochain maîtrisée au Canada, dans le meilleur des cas (et seulement le meilleur) une campagne de vaccination massive commencerait à être en cours.

Plusieurs questions se posent encore sur WE Charity et… ce pourrait-être un douloureux caillou dans le soulier de monsieur Trudeau.

Théoriquement sous la houlette de monsieur O’Tool, les conservateurs sont susceptibles de faire des gains notamment dans l’Atlantique, au Québec peut-être ; c’est encore en Ontario tout particulièrement dans le Grand Toronto que tout devrait se jouer. Il y aura probablement comme c’est souvent le cas, une bataille de l’Ontario.

La question de la reprise économique sera sous-jacente, or selon la Banque du Canada certains secteurs pourraient être déprimés jusqu’en 2022 ou 2023. Plusieurs économistes dans le monde ne croient pas en un retour à la normale avant 2024.

Pendant ce temps, des mutations déjà amorcées au cours de ces six derniers mois, pourraient devenir permanentes, tant au niveau de l’organisation du travail, des transports, du commerce ou même du tourisme. Tout redeviendra-t-il comme avant ?

Même les partis politiques devront peut-être se réinventer.

Ainsi compte-tenu de la conjoncture, la survie du gouvernement pourrait très bien durer plus longtemps. Aucun parti n’a vraiment intérêt pour le moment à partir en élection, s’il ne croit pas qu’il soit susceptible de faire des gains significatifs à un quelconque moment.

Les résultats de l’élection américaine devraient également être pris en considération.

La patience reste encore la mère de toutes les vertus. N’oublions pas que réglementairement, il y aura tôt ou tard une prochaine élection à moins qu’on ne décide en catimini de modifier la Constitution….

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