L’aveu de faiblesse de Duchesneau

Duchesneau a précisé qu’il n’avait pas l’intention de «salir ou de ternir la réputation d’André Boisclair». Heureusement, diront les cyniques. 

Pendant un moment, j’ai cru qu’il annonçait sa démission. En plein milieu du témoignage de Ken Pereira à la commission Charbonneau, alors qu’il est question des Hells Angels pour de vrai dans l’industrie de la construction, Jacques Duchesneau a débuté son cours point de presse à l’Assemblée nationale.

Son ton grave, son visage solennel et ses quelques remarques préliminaires sur les choix qui l’avaient amené à se lancer en politique au sein de la Coalition avenir Québec (CAQ) m’ont donné brièvement l’impression d’entendre un homme qui jetait l’éponge.

Poursuivi en diffamation par André Boisclair pour avoir fait des liens maladroits entre la consommation de cocaïne de l’ancien chef péquiste, l’octroi d’une subvention favorisant l’entreprise de son ami Paul Sauvé et la présence des Hells Angels dans la compagnie de maçonnerie de M. Sauvé, Jacques Duchesneau a réitéré son droit «de poser des questions et de soulever es interrogations».

Hélas, même sous la forme d’interrogations, des insinuations gratuites peuvent entraîner une condamnation en diffamation. Il reviendra aux tribunaux de trancher la question… si les belligérants vont jusque là.

M. Duchesneau a précisé qu’il n’avait pas l’intention de «salir ou de ternir la réputation d’André Boisclair». Heureusement, diront les cyniques. Sinon, qu’est-ce qu’il aurait bien pu balancer au visage du délégué général du Québec New York, rentré d’urgence au pays pour rétablir sa réputation?

M. Duchesneau persiste et signe. Il trouve «dommage» que l’ex ministre des Affaires municipales a choisi de se tourner vers les tribunaux au lieu de répondre à ses questions dites «légitimes».

En effet, il y a lieu de se questionner sur une promesse écrite de subvention de 2,6 millions de dollars, faite par M. Boisclair à quatre jours des élections de 2003. Surtout quand l’ultime bénéficiaire des fonds destinés à l’Église Saint-James, Paul Sauvé, était un ami de l’ex ministre.

«N’êtes-vous pas d’accord avec moi que l’attribution d’un contrat à quatre jours d’une élection est contestable, troublante et mérite d’être débattue?», a demandé Jacques Duchesneau. Toujours cette propension à charrier. Il n’est pas question d’un contrat dans le dossier de l’église Saint-James, mais d’une subvention. Et elle n’a pas été attribuée à quatre jours de l’élection. Une promesse a été faite, comme c’est souvent le cas en pré campagne. Les libéraux officialiseront l’octroi de la subvention en décembre 2003.

Le débat aurait été si simple et si serein si le député s’était limité à des critiques sur l’opportunisme électoral du Parti québécois, au lieu d’inviter les Hells Angels, la cocaïne et les années folles d’André Boisclair dans le débat. Comme l’écrivait sur Twitter un de mes abonnés, @cplos, M. Duchesneau a essayé d’allumer un incendie avec de la boue.

Je retiens du point de presse de Jacques Duchesneau un seul détail, fort significatif. Il a gommé de son vocabulaire les associations entre André Boisclair, les Hells Angels et la cocaïne.

C’est un en soi un aveu de la faiblesse de ses accusations.

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Pour ma part, je pense qu’il y a laissé sa crédibilité et celle de son parti. Lui et Éric Caire ont voulu emprunter les sales pratiques conservatrices, mais il leur en coûtera.

Concernant une subvention accordée en fin de mandat, il me semble qu’il doit y avoir des exemples où ces choses se sont passées.
N’y a-t-il pas une subvention accordée par Jean Charest à la compagnie Sapputo à la tout fin d’un mandat du PLQ?
De plus, André Boisclair n’a-t-il accordé une autre subvention à peu près dans le même temps à une personne de l’Est du Québec et cette personne était du parti libéral.
Pourquoi Duchesneau s’acharne-t-il sur André Boisclair?

Moi aussi j,ai cru un instant que monsieur Duchesneau allait nous annoncer sa démission. C,est peut-être ce qu’il aurait du faire car ce qu’il a sous-entendu sur monsieur Boisclair sans apporter de preuves est digne des méthodes de salissage des républicains aux États-Unis et nous n’avaons pas besoin de ces méthodes au Québec et au Canada même si nos braves CON servateurs s’en rapprochent dangeureusement.
Vive déception à l’égard de monsieur Duchesneau pour qui j’avais du respect même si je ne suis pas un caquiste.
GillesL.

M.Duchesneau perd beaucoup de chance de se taire depuis quelque temps,il fait plus de tord que d’aide a son parti politique.Je suis né en milieu rural il y a plus de 75 ans,et les vieux sages disaient :Celui qui brasse la MARDE pue beaucoup plus que celui qui la reçois .C’est vrai au sens propre et aussi au sens figuré.

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