Denis Coderre, Régis Labeaume et l’axe Québec-Montréal

Les maires de Montréal et Québec viennent d’annoncer la naissance d’une alliance qui va redéfinir les rapports de force dans le monde municipal.

Photo: Graham Hughes/Presse canadienne
Photo: Graham Hughes/Presse canadienne

Deux rencontres au sommet en une semaine, et une entente à la clef sur l’urgence de faire front commun dans le dossier des régimes de retraite. Denis Coderre et Régis Labeaume viennent d’annoncer la naissance d’un axe Québec-Montréal qui va redéfinir les rapports de force dans le monde municipal.

Oubliez le duo comique esquissé par les caricaturistes depuis les élections du 3 novembre. MM. Coderre et Labeaume ne manqueront pas de faire sourire avec leurs bouillants caractères. Les deux maires populistes sont rompus à l’art de la politique. Ils n’ont pas besoin d’un dessin pour comprendre l’importance des rapports de force, à plus forte raison dans le climat

actuel de méfiance à l’égard des municipalités. Les villes sont sorties grandement affaiblies des révélations accablantes de la commission Charbonneau sur la corruption, la collusion et le vol des élections municipales. Il est grand temps qu’elles retrouvent un peu de leur prestige… pour ce qu’il en reste.

Ce n’est pas pour rien que Régis Labeaume et Denis Coderre se vantent de parler au nom de plus de 4,5 millions de citoyens. Oui, leur alliance est «incontournable». Devant ce one-two punch, le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Eric Forest, aura l’impact d’un quatrième joueur de trio.

Dans l’immédiat, l’UMQ, les villes de Québec et de Montréal s’entendent pour mettre de l’ordre dans les régimes de retraite. Ils divergent d’opinion sur les stratégies à adopter, mais ils pressent tous trois le gouvernement provincial de leur donner un coup de main.

Après que les maires Labeaume et Coderre eurent scellé leur alliance, ils sont apparus aux côtés de M. Forest et d’une dizaine d’homologues, pour exiger de Québec une loi sur les régimes de retraite. Ils suggèrent de donner un an à la négociation avant de forcer une intervention plus musclée de l’État.

L’axe Québec-Montréal pèsera lourd dans la balance au cours des prochains mois. Le gouvernement Marois, minoritaire, n’a pas le luxe de faire un affront aux deux plus importants maires du Québec. Tôt ou tard, le gouvernement devra se pencher sur la question.

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