Le bingo de l’austérité

De «tous devront faire leur part» jusqu’à l’inévitable mention des «générations futures», les clichés abondent dans les discours du gouvernement Couillard. Et je ne vous parle même pas de la «ceinture» qu’il faut se serrer, et ce, même si on «met les bouchées doubles».

PolitiqueLors de la dernière élection, je vous avais concocté un bingo pour accompagner le débat des chefs. La campagne est terminée, mais on peut encore s’amuser.

Voici donc un deuxième bingo, cette fois-ci pour accompagner les discours de n’importe quel membre du gouvernement libéral.

L’idée m’est venue en écoutant un point de presse du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Au-delà de l’impression d’écouter une calculatrice parlante (un «hELLO» écrit à l’envers avec des chiffres nous aurait même plu davantage), j’ai été frappé par la quantité de clichés dans son discours. De «tous devront faire leur part» jusqu’à l’inévitable mention des «générations futures», ils étaient tous là.

Et je ne vous parle même pas de la «ceinture» qu’il faut se serrer, et ce, même si on «met les bouchées doubles».

Petit conseil pour Philippe Couillard : demandez à Fred Pellerin de vous trouver quelques nouvelles images. Je ne pense pas que le Québec puisse vraiment passer quatre années à entendre parler de la sempiternelle carte de crédit avec laquelle on hypothèque le futur et du proverbial mur dans lequel on fonce.

D’ici là, voici :

Le bingo de l’austérité

– Au diable les dépenses : vous obtenez une nouvelle carte à chaque rafraîchissement de la page.

Interactif ! Si, pendant une entrevue ou un discours, vous entendez la citation ou le concept mentionnés dans une case, il suffit de cliquer sur la case pour l’«étamper».

– Vous avez une ligne pleine ? Levez les bras en l’air et criez «Mort au déficit !», puis retournez travailler pour payer la garderie du petit dernier.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web et ex-chroniqueur musique à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il a aussi participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut l’entendre régulièrement à La soirée est encore jeune, et le suivre sur Twitter : @OursMathieu

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21 commentaires
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« Cliché : Lieu commun, banalité qu’on redit souvent et dans les mêmes termes ; poncif.. » (Larousse)

Dans quelle époque vivons-nous où mentionner « l’équité intergénérationnelle » (en termes de services et de finances) ou l’atteinte de « l’équilibre budgétaire » (ne pas dépenser plus que l’on gagne) sont devenus des sujets banals qui ne méritent plus d’être discutés? Est-ce parce qu’on en a beaucoup parlé, pendant longtemps, sans qu’un gouvernement élu ne réusisse à résoudre les problèmes? Où est-ce parce que la majorité des gens qui les élisent est incapable d’entendre décrire une situation par des chiffres sans décrocher immédiatement et jouer avec sa calculette?

Amusant, votre bingo. Mais en même temps, très déprimant. Parce qu’il illustre comment il est difficile de lancer une véritable réflexion sur des sujets qui peuvent avoir un impact réel sur nous. On préfère rapidement tourner au ridicule ou crier à l’idéologie, sans approfondir la réflexion…

Si les gens ont de la difficulté à lire (49% d’analphabétisme fonctionnel au Québec) et qu’un bon tiers a de la difficulté à gérer un simple budget familial, pas étonnant que le gouvernement et tous les gens ayant des intérêts financiers tombent dans le cliché et la facilité au lieu de s’adresser à l’intelligence des gens. Déprimant effectivement. Maitenant, qu’est-ce qu’on fait pour que ça aille mieux ?

L’analphabetisme au Québec est de 17% selon Statistiques Canada et le Bureau de la Statistique du Québec

FAUX!

Camilla A a raison:

http://www.ledevoir.com/societe/education/330606/l-analphabetisme-au-quebec-un-fleau-pour-toute-la-societe

Extrait:

« Ce sont 49 % des Québécois qui ont des difficultés de lecture, qui cherchent à éviter les situations où ils ont à lire et, lorsqu’ils parviennent à décoder une phrase, qui n’en saisissent pas forcément le sens.

Or l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA, 2003) a révélé que, au Québec, près de la moitié de la population n’atteint pas ce niveau 3, que 16 % des 16-65 ans, soit 800 000 personnes, se classent au niveau 1 de l’échelle de compréhension des textes et qu’ils sont donc considérés comme analphabètes. Une situation en deçà des résultats obtenus pour l’ensemble du Canada, où 42 % de la population est de niveau 1 ou 2 et où seules les provinces maritimes affichent des statistiques plus inquiétantes que dans l’ensemble du pays. »

Ce n’est pas parce que le sujet est sérieux qu’on ne peut pas le doser d’humour pour mieux faire passer la pilule.

Les mots et les expressions en eux-mêmes sont neutres. On peut les utiliser pour illustrer des concepts nobles.

J’en ai fait un bingo parce que j’ai l’impression que ces mots et ces expressions sont utilisés pour faire du remplissage, pour fait semblant d’exprimer des idées, pour éviter d’avoir à expliquer pour vrai certains concepts, pour maquiller des réalités.

Tout à fait d’accord avec vos commentaires M. Bourdeau. Il faut faire confiance à l’intelligence des gens et à la »sagesse » de la population.

C’est certain qu’il faut faire face à la réalité et que le gouvernement n’as pas le choix de couper dans les dépenses et ça ne me dérange pas en autant qu’ils ne coupent pas les vieux car j’en suis un. Alors on ne coupe pas les gens du troisième âge, les enfants, les étudiants, les handicapés. les femmes seules, les adolescents, les chômeurs, les syndiqués, la santé, les hôpitaux, les spécialistes, les professeurs, les policiers, les pompiers, le système scolaire, etc. etc. etc. Si vous voulez mon conseil il faudrait défaire l’aéroport de Mirabel, le stade olympique, bâtir des centres d’achats, fermer les mines, ne pas prospecter pour du pétrole, on devrait vendre toutes nos autos, donc plus de pétrole à acheter alors on pourrait payer notre dette et vivre en paix dans notre beau pays.

Franchement, je ne voudrais pas être votre patron, monsieur le blogueur. J’ai vécu toute ma vie dans une maison de 24 pieds sur 36 pieds, payée 29 000 dollars. Mon actif a toujours dépassé mon passif. Je savais compter et vivre selon mes moyens. Aujourd’hui, cela serait très mal vu. Les employés municipaux sont outrés qu’on leur demande de vivre selon leurs moyens, lesquels sont les moyens de toute une population. Faut le faire ! Enfin, c’est vrai que peu habitués à transiger avec la réalité, le peuple aussi bien que les journalistes préfèrent se cantonner dans un monde virtuel. Pendant ce temps, les gens d’affaires et les financiers triment dur et engrangent des profits bien mérités. Le prix de consolation réside dans le fait que le Parti québécois s’est momentanément réveiller pour laisser la réforme se faire adopter la semaine prochaine.

J’aurais dû écrire : le Parti québécois s’est momentanément réveillé (avec un é). Je vous remercie de m’offrir la chance de me corriger…

Bonjour M. Simard,

Si je peux me permettre, il m’avait semblé que la réforme serait adoptée avec ou sans l’appui du PQ puisque le gouvernement est majoritaire.

Dans un autre ordre d’idée, je ne pense pas que M. Charlebois remettait en cause l’importance de vivre dans la mesure de ses moyens. Il met plutôt exergue, sur une note humoristique ma foi très réussie, le fait que la rhétorique politique actuelle est tout à fait déprimante.

@Denis Bourdeau : je n’aurais su mieux dire!

Juste pour rire, voici un exemple de programme politique BINGO d’une certaine gauche de très bonnes mœurs. Toute ressemblance avec des partis actuels est fortuite.

« Taxons les riches » « Taxons le capital » « Justice sociale » « Taxons la malbouffe » « Taxons les entreprises » « Taxons les dividendes » « Taxons les minières » « Taxons le carbone » « Éliminons la pauvreté » « Éliminons les paradis fiscaux » « Redistribution de la richesse » « Soyons verts » « Social-démocratie » « Gratuité » « Équité » « Nationalisation »

J’aurais pu ajouter « Taxons la taxe », mais je me suis gardé une petite gêne…

Il n’y a là aucun cliché permettant d’aller chercher des votes chez des électeurs analphabètes au niveau économique bien entendu. Aucun parti ne faisant ces promesses ne serait forcé de reculer une fois au pouvoir, ce serait impensable…

Le jour où la gauche va être au pouvoir, mon bingo risque en effet de ressembler à ça.
En attendant (mais en ne retenant pas notre souffle non plus)…

Moi aussi je suis vraiment tanné d’entendre ces phrases creuses. J’aimerais que l’on s’adresse un peu plus à mon intelligence et que l’on m’explique avec des faits vérifiés les enjeux de notre société. Si j’étais PM, j’enfermerais tous mes ministres dans une salle pour visionner ad nauseam comment René Lévesque a expliqué à la population les enjeux et les chiffres du projet de nationalisation de l’électricité.

Les gens ne sont pas des «caves», nous savons tous qu’il faut un redressement des finances publics.

Cependant. Lucien Bouchard nous a déjà amené au déficit zéro et regardez où nous en sommes. Le privé fait mieux que le public … sauf pour les ambulances, les PPP de nos 2 grands hôpitaux, les routes … On veut réduire la taille de l’État, mais on nous propose deux projets d’hyperconcentration des pouvoirs et tous les experts vous diront que l’on va augmenter la fonction publique avec ces façons de faire. On nomme, et par le fait même on paie, des gens sur des comités pour nous aider à cheminer, mais les décisions sont prises avant que lesdits comités accouchent de leurs propositions. On ne pensait pas que les finances publiques étaient dans un aussi mauvais état, mais on a gouverné 95 % du temps pendant les 15 dernières années. Je ne parlerai même pas des garderies. On veut, on veut … mais visiblement on ne semble pas savoir comment.

Lucien Bouchard, que je n’admire absolument pas, avait au moins eu l’intelligence de mettre le monde de son bord. Les gens sont simplement cyniques et ils ont bien raison.

Quand je vois des gens qui gaspillent de l’eau potable en arrosant leur stationnement pour y placer leur gros pick-up à 60,000$ et décorent leur maison comme un sapin de Noël mais critiquent toujours le gouvernement et les baisses d’avantages sociaux, je ne me pose plus de questions !

Lorsque j’entends des gens dire que leurs deux ou trois semaines de vacances sur quatre ou cinq alors qu’ils ont voyagé à l’étranger ce n’est pas suffisant, je ne me pose plus de questions !

Lorsque j’entends des couples de moins de 30 ans qui disent ne pouvoir acheter un château de carte mal construit et beaucoup trop grands pour leurs besoins (et certes moyens), je ne me pose plus de questions !

Lorsque les grandes gueules comme Dubois Nadeau vivait dans un logement de 800$ qu’il ne payait pas alors que ses parents vivent à ville St-Laurent et qu’il étudie à Montréal, je ne me pose plus de questions !

Lorsque j’entends parler les saloperies des policiers qui ne sont jamais remis à leur place et les pompiers qui dorment sur la switch en invoquant que leur métier est dangereux et oublient que le pourcentage de morts sur la construction est quatre fois plus élevés, je ne me pose plus de question !

Mon père né en 1911 répétait sans cesse que les adultes sont comme les enfants. Lorsque tu as donner un suçon à un enfant et qu’il l’a depuis deux minutes, ne tente pas de lui arracher car il te pétera une crise magistrale. En comparant cette “maxime” à ce qui se passe en 2014, je ne me pose plus de question !

Nous aurons beau péter des crises les unes après les autres, c’est le temps de passer à la caisse et ce n’est pas trop tôt.

Un peu idiot comme commentaire. Les mots sont les mots et je crois que s’il y a un constat à faire c’est que ce gouvernement passe des mots à la réalité et c’est cela qui fait mal. On a beau dire , on a beau faire (beau cliché), les citoyens qui critiquent le gouvernement actuel sont les mêmes qui prétendent vouloir que le Québec prenne un virage vert, écosocial et pourquoi pas un virage solidaire et qui souhaitent garder le cap sur une consommation effrenées . Un état obèse, un filet social démesuré et des impôts à la baisse, voilà le rêve de plusieurs. La réalité est tout autre. Et croyez moi, beaucoup de Québécois de la classe moyenne n’ont plus envie de jouer au bingo à crédit!

BINGO 2015. Vous naisssez au Québec: Voici le Bingo de l’accès à la gamme de services: ! État civil. 2. Congé parental pour maman et papa. 3. Place dans une ou l’autre des bonnes garderies du Québec. (Sauf que la vertu des CPE ne devient pas une religion et ne fait pas passer les utilisateurs des autres sercices -dont le privé- pour des galleux!). 4. Passage à l’école publique ou privé (C’est en liaison directe avec les choix budgétaires des familles…).5. ÉCONOMIE SOCIALE POUR AIDER des personnes âgées à rester à la maison.
6. Possibilités au niveau sportif (arenas, ski, patin sur glace, tennis, hockey, quilles, curling… etc…). 7 Écoles secondaires privées et publiques. CEGEP privés et publics. 8. Universités -dont 2 parmi les meilleures au monde. Des formations professionnelles au secondaire et au CEGEP, le plus souvent dans votre région. 9.Un choix identitaire parmi les plus libre du monde. 10. Logements et maisons parmi les plus disponibles et en bon état. 11. Services sociaux développés pour ceux et celles qui sont malchanceux: Loi pour les handicapés (es), allocations spéciales aux familles, aides diverses: dont le répit. 12. Assurance chômage et aide sociale. 13. revenus provenant à près de 80% des femmes et des hommes pour un revenu famillial à la moyenne du Canada après redistribution par les Gouvernements (dixit; PierreFortin). 14. Tourisme et vacances pour quantités de gens.
15. Possibilités d’épargner avec le REER. 16 Retraites en bas de 60 ans au Québec:un des plus bas au Canada. Etc… Etc… Avec ce bingo en 2015 -à
16 vollets, on devrait s’en sortir. P.S. Oui, je sais, il y en a encore trop de gens qui passent sous le radar et il faut les aider par une JUSTICE SOCIALE VRAIE ET RÉELLEMENT APPLIQUÉE.. Après, les diverses Moissons de chaque région et les divers clubs qui aident les démunis font de nous une province avec un tissu social assez riche et bien maillé. Bref, le Québec doit se doter des moyens pour équilibrer ses comptes au PC. S’il y a des énormités on corrigera le tir. Pensons à cette maxime: Il pensait que c’était impossible et … ils l’ont RÉALISÉ!!!. Il faut donner à l’Équipe Couillard la
chance de remettre le Québec sur les rails… Car en 2025, même le bingo deviendra inabordable… CQFD.

a mon age pis chu deja assez vieux que les gouvernements tous confondus….ne me feront plus avaler aucune couleuvre