Le Bloc québécois et l’indépendance expliqués aux jeunes

La question de l’indépendance du Québec emballe les moins de 30 ans à peu près autant que les reprises du Temps d’une paix, à ICI ARTV. Comment donc ramener les jeunes dans le giron souverainiste ? Un billet humoristique de Mathieu Charlebois.

PolitiqueLe Bloc québécois est de retour ! De retour dans les médias, on s’entend.

L’élection d’un nouveau chef (à main levée, qui se souvenait que le précédent avait quitté ?), en la personne de Mario Beaulieu, aura créé quelques remous. Comme le chanteur Boom Desjardins, le Bloc était disparu de l’écran radar et, comme Boom Desjardins, c’est une déclaration-choc qui le fait revenir à l’avant-scène.

Si Desjardins (dont le vrai prénom est Bedang) a créé l’émoi en disant qu’il n’avait rien entendu qui se démarque en musique depuis le groupe Kaïn, le nouveau chef du Bloc, lui, a plutôt déclaré qu’il n’avait rien entendu d’assez souverainiste à son goût depuis 20 ans.

«Nos adversaires ont souvent annoncé la mort du mouvement souverainiste, mais j’ai une surprise pour eux. Notre résilience et notre retour en force, plus énergique que jamais», a déclaré M. Beaulieu devant une foule survoltée qui criait son nom.

«Nous attendons ce moment depuis 20 ans. Le temps de l’attente et du défaitisme est terminé. Le temps de rêver à la liberté et de croire en l’avenir est revenu», a-t-il poursuivi, alors que les militants scandaient haut et fort «Nous vaincrons !».

Wouuuuuhou ! L’indépendance est à nos portes ! Tous les millionnaires du Québec auront bientôt le poing patriotique dans les airs ! Le référendum, c’est lundi après-midi, pis mardi soir, on est un pays membre du G8 ! Oui, et ça devient possible !

Oups. Pardonnez-moi, je me suis un peu emporté.

Ici, j’aimerais que nous, les ancêtres de plus de 30 ans, prenions une petite pause pour que les plus jeunes puissent nous suivre.

Petit rappel pour les plus jeunes d’entre vous : le Bloc québécois est un parti souverainiste œuvrant sur la scène fédérale. Je sais, ça sonne comme si des végétariens se faisaient engager chez Joe Beef, mais il fut une époque où tout ça avait du sens.

Comme les bisons et les voitures avec du faux bois sur le côté (sérieux, pourquoi ?), les élus bloquistes ont déjà été très nombreux. En 1993, ils formaient même l’opposition officielle à Ottawa !

C’était une période étrange. Le Kanye West de 1993, c’était ce type. Stephen Harper, c’était Jean Charest, qui était alors chef du Parti conservateur du Canada. Les Canadiens remportaient la coupe Stanley face aux Kings, et demander plus de pouvoirs à Ottawa faisait encore partie des «vraies affaires» au Québec.

Mais aujourd’hui, les jeunes sont rendus ailleurs, selon un grand sondage de La Presse. Vous êtes rendus ailleurs, d’accord, mais où ? La réponse : un peu nulle part, comme tout le monde.

Car s’il y a une chose que nous aura appris ce sondage, c’est que votre génération n’est pas plus cohérente que celles qui l’ont précédée quand vient le temps de faire des choix politiques. Comme tout le monde, vous voulez moins d’impôts ET plus de services, et vous choisissez vos politiciens au «feeling».

Néanmoins, l’indépendance du Québec emballe votre génération à peu près autant que les reprises du Temps d’une paix, à ICI ARTV. Comment vous ramener dans le giron souverainiste ? C’est la question à 100 dollars. (En 1993, 100 dollars, c’était quand même pas mal d’argent.)

Selon une école de pensée, si de moins en moins de gens veulent la souveraineté, c’est parce qu’on ne parle pas assez de souveraineté. C’est peut-être vrai. Ça dépend. La souveraineté est-elle un iPhone ou une télé en noir et blanc ?

Si c’est un iPhone, on peut en changer la couleur, ajouter une fonction ou deux, en parler et créer un «buzz».

Si c’est une télévision en noir et blanc, on peut bien vanter sa simplicité et son côté rétro : je doute que les ventes augmentent.

Sur la question de la souveraineté, Mario Beaulieu est décrit comme un radical. Sauf qu’être radical dans un monde où la personne qui parle le plus de souveraineté dans la sphère publique, c’est le chef du PLQ pendant une campagne électorale, ce n’est pas trop difficile.

Cet accent renouvelé sur l’indépendance risque-t-il de nuire au Bloc aux prochaines élections ? Franchement, c’est un peu étonnant d’entendre des gens qui ont perdu 45 sièges sur 49 aux dernières élections s’inquiéter qu’on change de stratégie.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. Il est aussi chroniqueur musique pour le magazine L’actualité depuis 2011 et collabore au webmagazine culturel Ma mère était hipster, en plus d’avoir participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut le suivre sur Twitter : @OursMathieu.

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Après toutes ces années d’endoctrinement, nous sommes tannés d’entendre parler d’indépendance du Québec. Cependant votre article, au lieu de jeter de l’huile sur le feu, calme les esprits en utilisant l’humour. Merci et continuez de bloguer sur des sujets sérieux mais en y apportant le côté comique de la vie.

Une grosse erreur m. Charlebois et un manque de recherche de base de votre part qui est difficilement pardonable puisque vos affirmations confrontent la réalité. Le vote a été très démocratique et fait par les membres en r`gles et par yb système électronique couplé avec un système de téléphonie. Wouuuuuhou comme vous dites, cette espace d’opinion que vous occupé dans une revue de qualité commande de la rigueur, alors vivement une mise en garde.

Vous avez fait une erreur de lecture, mais c’est une phrase pas évidente à lire. Il demande à ses lecteurs qu’il ne voit pas, de dire « à main levée » s’ils se souviennent du départ de Daniel Paillé.

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