Le Bloc québécois : un parti sans député ?

Le Bloc québécois n’a jamais été un parti sans député à la Chambre des communes. Il faut toutefois envisager sérieusement cette possibilité d’ici au déclenchement des prochaines élections fédérales, dit le blogueur Alec Castonguay.

Le député bloquiste Jean-François Fortin, lors d'une intervention à la Chambre des communes. (crédit photo: Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne)
Le député bloquiste Jean-François Fortin, lors d’une intervention à la Chambre des communes. (Photo : Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne)

Le Bloc québécois n’a jamais été un parti sans député à la Chambre des communes. Il faut toutefois envisager sérieusement cette possibilité d’ici au déclenchement des prochaines élections fédérales, en octobre 2015.

Le Bloc québécois est né de haut en bas. Il est la création de députés à Ottawa, qui, le 23 mai 1990, en réaction au refus de Terre-Neuve-et-Labrador et du Manitoba d’adhérer à l’accord constitutionnel du lac Meech — faisant voler en éclats les espoirs de ces élus nationalistes —, ont claqué la porte de leurs partis respectifs. Le conservateur Lucien Bouchard sera le chef de file, suivi par les élus libéraux Jean Lapierre et Gilles Rocheleau, et les députés progressistes-conservateurs Nic Leblanc, Louis Plamondon, Benoit Tremblay, Gilbert Chartrand et François Gérin.

Ils étaient assis au fond de la Chambre des communes, près des rideaux, pratiquement sans temps de parole, regardés comme des parias par leurs anciens collègues.Politique

Le Bloc québécois deviendra officiellement un parti lors d’un congrès de fondation, le 15 juin 1991.

De cette vague, il ne reste que Louis Plamondon, toujours député de la circonscription de Bas-Richelieu–Nicolet–Bécancour.

Le départ du jeune député Jean-François Fortin du Bloc québécois est un coup dur.

Le député de 40 ans, père de famille, ancré dans sa région, représentait l’avenir de la formation. Il avait participé à la course au leadership après l’hécatombe de mai 2011, terminant troisième derrière Maria Mourani et Daniel Paillé.

Il quitte en faisant des déclarations qui peuvent suivre un chef pendant un bon moment. Il parle de «radicalisation» et de «folklorisation» du Bloc québécois.

«Le Bloc québécois auquel j’ai cru, auquel nous avons cru, n’existe plus. L’arrivée du nouveau chef, Mario Beaulieu, qui met de l’avant une approche unidimensionnelle, peu rigoureuse et intransigeante, a mis fin à cette crédibilité établie par Gilles Duceppe et poursuivie par Daniel Paillé »
Jean-François Fortin

En politique, les tirs amis font toujours beaucoup plus mal que les attaques des adversaires.

Mario Beaulieu n’a certainement pas aimé que Jean-François Fortin laisse flotter l’idée de créer un nouveau parti centré sur les régions, sans ligne de parti. Une telle tâche serait toutefois herculéenne à un an des élections, alors que ce nouveau parti serait sans moyen financier, avec un chef au faible taux de notoriété.

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Jean-François Fortin parti, c’est le quart du caucus qui disparaît.

Un caucus qui pourrait continuer à diminuer dans les prochains mois.

Est-ce que Louis Plamondon, 71 ans, voudra se présenter aux prochaines élections, lui qui avait jonglé avec l’idée de ne pas se représenter en 2011 ? Pour l’instant, il joue les bons soldats, mais peu de gens lui reprocheraient de quitter la vie politique après 30 ans de service (il a été élu pour la première fois en 1984).

Claude Patry, député de Jonquière-Alma et transfuge du NPD, mécontent de la tournure des événements, a dû réfléchir à son avenir à la suite de l’élection de son nouveau chef, Mario Beaulieu, en juin dernier. Lui qui n’aime pas particulièrement la vie de député à Ottawa voudra-t-il briguer un nouveau mandat ?

André Bellavance, élu dans Richmond-Arthabaska depuis 2004, a affronté Mario Beaulieu lors de la course au leadership. Le ralliement n’est pas facile. Il pourrait très bien décider de réorienter sa carrière.

Bref, le caucus du Bloc n’est pas des plus solides.

Le parti a économisé beaucoup d’argent depuis 2011 dans le but de mener une campagne à travers le Québec, avec autobus et publicités, en 2015. À l’interne, on entend souvent dire que lors du prochain scrutin, «ça passe ou ça casse». On jouera le tout pour le tout.

Mais lancer la course électorale sans député, même avec un bel autobus, aurait certainement moins de portée. Et sans élu, la possibilité de participer au débat des chefs télévisé est improbable. Elizabeth May, leader du Parti vert du Canada, s’était fait dire «non» en 2011 parce qu’elle n’avait pas de député aux Communes. Inutile de dire qu’un tel débat amène beaucoup de visibilité.

Malgré les appuis répétés de Bernard Landry envers Mario Beaulieu, le départ de Jean-François Fortin s’ajoute à la grogne de l’ancien chef Gilles Duceppe et d’anciens députés et candidats du Bloc. Sans compter l’appui plutôt froid qu’a reçu Mario Beaulieu au Parti québécois. (Mario Beaulieu affirme que la majorité des militants s’est rallié depuis juin).

Le compte à rebours vers le scrutin d’octobre 2015 est commencé. Mario Beaulieu devra retenir les autres élus, tout en ramenant le calme au sein des troupes.

Les électeurs n’ont pas l’habitude de voter pour un parti miné par la discorde.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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Pauvre Mario. Je me souviens de la campagne-bulldozer qu’il avait menée, en 1993, pour ravir la place de Marc-André Roche, alors président de l’association de comté péquiste de Laurier-Dorion, une circonscription pratiquement imprenable où même René Lévesque s’était fait battre deux fois et dont le ministre libéral Christos Sirros était député depuis des lunes. Mario avait abondamment «paqueté» l’assemblée pour réussir son coup, se mettant par la même occasion la base militante à dos. J’ignore comment il a manoeuvré pour arriver là où il est, mais s’il a conservé la même attitude qu’autrefois, l’effet de son leadership sur la famille bloquiste a dû être dévastateur.

« Nous mesurerons notre succès à la brièveté de notre mandat » – Lucien Bouchard lors de la création du Bloc…

Ça veut tout dire.

Ça fait presque 25 ans que ces profiteurs du système, (Duceppe le premier!!!) nous font perdre un temps incroyable avec leurs éternels gémissements contre Ottawa tout en prenant bien soin de profiter pleinement de tous les privilèges que leur procure le pays qu’ils veulent détruire.

N’en reste que trois (3)… La beauté? Ils pourront aller à Ottawa dans la même voiture et ainsi « splitter le gaz » et réduire leur « empreinte de carbone »!

Ce qui arrive au Bloc est un prélude à ce qui arrivera au PQ.

Bravo François ! Bien sûr la vérité va déranger un peu mais que veux-tu c’est l’histoire du BQ et prochainement du PQ. Beaucoup trop de $ dépensés inutilement tout en payant des retraites dorées à ces gens.

Ce chef du Bloc est plus clair que jamais sur sa priorité : Faire du Québec, un pays.

Si ce message très clair ne passe pas au fédéral, en face de 3 grands partis fédéralistes, qui vont se diviser les votes fédéralistes québécois, ça voudra simplement dire que l’indépendance du Québec, c’est fini. F-i fi,, n-i ni.

Il est aussi clair que M. Fortin est viré full-fédéraliste. Quand tu blâmes ton chef d’être trop axé (radical) sur l’indépendance du Québec et sa protection du français…La conclusion vous vient rapidement.

Réveillez-vous Gilles, « l’avenir » de l’indépendance du Québec est DÉJÀ derrière lui.

Vous avez déjà oublié l’effondrement des appuis au PQ lors des dernières élections? La cuisante défaite de votre propre cheffe? La perte de Borduas (comment avez-vous fait pour PERDRE Borduas sacram…??? C’est comme si les Libéraux avaient perdu Saint-Laurent ou Mont-Royal!!!).

Il me vous reste qu’à venir nous joindre dans le XXIe siècle et à jouir, comme la vaste majorité des >Québécoises et des Québécois, de notre solide appartenance au beau et grand pays qu’est le Canada qui fait l’envie de toute la planète.

bla, bla, bla…

« Vous avez déjà oublié l’effondrement des appuis au PQ lors des dernières élections? »
Les libéraux ont donné l a cuisante défaite avec un peu plus de 30% de la population qui ont voté pour lui.
Allo cuisante défaite?
+ou- 40% de la population appui toujours l’option sans que la promotion en soit faite depuis des années et ce malgré les dénigrements et toutes les faussetés qui lui sont adressés!

« …au beau et grand pays qu’est le Canada qui fait l’envie de toute la planète. »
Oui c’est vrai, c’est ce que je vais faire…car ça me fait des envies de vous lire.

Ah never mind!

Dommage.
L’avenir semble difficile.

On reproche aux hommes politique la gueule de bois. Ceux qui disent ce qu’ils pensent ont souvent de la difficulté.
Le peuple laisse nos politiciens nous raconter des phrases creuses qui laissent beaucoup de place à l’interprétation.
Va-t-on en politique pour chercher des appuis à ses idées et à se faire élire sur cette base ou pour faire plaisirs à la population, comme dans cette autre phrase creuse: pour servir la population du Québec, du Canada?

Mario Beaulieu tant qu’à moi n’a rien de prestigieux et de flamboyant qui invite à le suivre.

Maria Mourani, heureusement la controverse de la charte nous l’a fait voir sous son vrai jour…qui n’était pas exactement conforme à ce que j’avais l’impression qu’elle défendait jusqu’à là et sa faible allégeance à la souveraineté.

Jean-François Fortin qui sort comme d’une boîte à surprises…des surprises qu’il vaut mieux connaître maintenant qu’après les élections.
1-Car il semble claire qu’il ne veut pas à l’image de trop nombreux souverainistes, il ne veut pas en parler.
Pas maintenant!
Mais quand?
Pas l’an passé non plus!
Mais quand?
Il y a cinq ans?
Non plus!
Mais quand?
Lorsque la population sera prête!
Ah bon! Un jour la population s’agenouillera dans les rues de toutes les villes et les villages du Québec pour supplier le parti Québécois et le Bloc Québécois de nous parler de souveraineté et de séparation???? Je savais pas. Ça se peut à part dans des films?
Non?
Mais quand?
Lorsque la population sera prête! Va te faire cuir un oeuf. T’es un deux de pique.
2-Les régions. Il veut mettre à l’avant plan les régions. Il voudrait que chaque député élu parle et défendre sa région…sans ligne de parti… Beau free for all en vue. Vive la cacophonie! Et pourquoi pas? Un parti sur la scène nationale, qui se présente à l’échelle du Canada mais qui présente et pourrait avoir des députés qu’au Québec, voudrait que chaque député vienne à Ottawa parler de sa région. Comme plus petit dénominateur commun, comme petite vision nombriliste qu’un député peut viser et avoir, c’est difficile à battre. Dans le sens Fortin, un député a des œillères régionales.
Ça vaut bien deux oeufs. Fortin va te faire cuire deux oeufs! Retourne comme maire d’un village de 10 habitants! Oui c’est ça, fonde un nouveau parti.

À tous les niveaux politiques, s’il y a un parti qui doit avoir une crédibilité et une cohésion que seule une ligne commune peut apporter c’est bien le Bloc Québécois. Il est censé être le seul vrai parti à Ottawa à défendre déjà d’abord et avant tout une région du pays, la province de Québec. Comment minimiser encore en parlant que de la Gaspésie dans le peu de temps accordé…s’il y aura assez de députés élus pour dire plus qu’une introduction?

Mario Beaulieu à bien des égards me convient bien. Parler des vrais préoccupation du Québec en remettant à l’ordre du jour ailleurs que sur un papier classé la souveraineté m’apporte un peu d’espoir. Mais tout cela reste à voir. Et surtout, qui pourra s’impliquer à ses côtés? Qui aura plus de prestige et de charisme, plus de panache?
Un deux de pique qui vient de quitter, un 10 de carreau, une dame de coeur qui déjà est tombée et un roi de trèfle ne feront pas la main! J’espère qu’il trouvera d’autres cartes pour compléter!

J’ai eu un rêve amusant la nuit dernière. J’étais à la tête d’un parti canadien qui présentait des candidats dans tout les comtés. C’était le parti souverainiste qui prônait la souveraineté de chaque province…et qui une fois réalisée, elles se réunissaient ensemble pour former une fédération, et ensemble décideraient à l’avenir des règles et des lois de cette fédération !!!
Mon opposant principal, lui, un certain Fortin, avait aussi formé un nouveau parti mettant de l’avant la séparation… de chaque région du pays!
Je me suis réveillé en sursaut.

On vous sent un tantinet tristounet, voire abattu Sir. Je me trompe?

Le Bloc est fini. Fi-ni et ce n’est pas avec le bouffon qui leur sert de chef que les choses vont s’améliorer.

Le PQ? Idem. Votre dérouillée d’avril n’est qu’un prélude à la débâcle qui vous attend dans 4 1/2 ans et les candidats a la chefferie n’ont rien pour réjouir ce qui reste de vos misérables troupes.

La possible fenêtre qui aurait pu faire gagner votre option est fermée depuis longtemps (depuis le premier référendum) et le demeurera pour des siècles.

La chose qui vous reste à faire? Prendre une grande respiration, analyser honnêtement et honorablement vos erreurs, les reconnaître franchement et enfin venir nous rejoindre dans le beau et grand pays qu’est notre Canada et qui fait l’envie de toute la planète.

Bien sûr, ça vous prendra du courage, de l’humilité et l’intelligence suffisamment allumée pour vous permettre de faire face à l’évidence mais si vous avez besoin d’aide pour accomplir ce miracle, soyez assuré que je suis à votre entière disposition.

Bien à vous,

François 1

Le seul gros bouffon que je constate ici, c’est vous!

bla, bla, bla, bla

Que faites vous donc dans la vie François 1?
Vous avez tellement de temps à perdre!

L’Histoire nous apprend qu’elle n’est pas linéaire comme votre façon de penser, sinon le mur de Berlin serait encore debout. L’Histoire, c’est comme les montagnes russes, elle est faite de moments de guerre suivis de moments de paix, elle est faite de moments de prospérité suivis de crises économiques, les périodes de famine suivent les périodes d’abondance. L’histoire politique, c’est même pire. Auriez-vous pu prédire, il y a cinq ans, que l’Écosse demanderait à ses citoyens de se séparer du Royaume-Uni ? Vos prédictions ne valent pas plus que celles qu’on écrit dans les horoscopes.

Un parti sans député? Effet nul: nous avions depuis vingt ans un parti sans l’once d’un programme politique qui soit congruent avec la Chambre où ses membres siégeaient! Ces députés s’exerçaient à critiquer les gouvernements qui se succédaient à Ottawa en ne proposant rien pour le long terme, qui devait nécessairement relever du pays du Québec!
Du vent, et encore du vent.

Ah…ah…ah… en v’là une bonne: le Bloc est le parti qui dépend le PLUS D’OTTAWA pour sa survie financière.

Oui!!! Oui!!! vous avez bien lu:

http://www.antagoniste.net/2014/08/14/le-plat-de-bonbon/

Extrait:

Quand Jean-François Fortin a quitté le bloc en début de semaine, la majorité des Québécois s’est probablement demandé « le bloc, pourquoi ça existe encore ». La réponse est assez simple, le système de subvention aux partis politiques n’était pas encore totalement éliminé, le Bloc pourra mettre la main sur près de 570 000$ cette année… Tant et aussi longtemps qu’il va avoir un plat avec des bonbons fédéraux, il va avoir un séparatiste pour se mettre la face dans l’assiette et manger comme un cochon.

Le cas du Bloc relève de la tragi-comédie. Nous avons un parti souverainiste qui dépend à 64% de l’argent d’Ottawa pour survivre. Les contributions directes des Québécois à la cause bloquiste ne représentent que 36%.

En bref, le Bloc existe surtout grâce à l’argent du reste du Canada et non pas grâce à l’argent des Québécois. En ce sens, le Bloc est au diapason avec la société québécoise, une société construite sur des valeurs de dépendances et de mendicité. »

Pas beau tout ça???

Pourquoi discuter du bloc! Il n, existerta plus aux prochaines élections ou a tout le moins 1-2 députés élus par des québecois qui rêvent encore au programme développé par leur nouveau chef! Le phénomene de séparation ne fait plus peur aux canadiens!

« Le phénomene de séparation ne fait plus peur aux canadiens! »
Et voilà une très bonne raison pour le Québec de devenir un pays au plus vite.
Cette seule priorité à cause aussi de son poids à la baisse constante à moins de 23% dans la fédération de cons puisqu’elle en est pas une en fait.
Dans ce pays multiculturel dans lequel un des deux peuples fondateurs ne sera plus qu’une ethnie comme les autres.
La où les chinois de l’ouest auront très bientôt plus d’importance que les francophones de tout le pays.
Au pire, la où un jour il ne serait pas impossible qu’ils demandent de se séparer du Canada pour devenir une province chinoise!

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