Le Bonhomme contre-attaque – en français

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Le Bonhomme: ange ou démon ? Illustration A-P Côté

(Voici la version de ma réplique à Maclean’s telle que trouvée dans le numéro courant de L’actualité. La réplique anglaise était plus longe — on la trouve ici — mais l’essentiel est repris dans ce qui suit.)

J’ai une super-bonne idée de couverture pour le magazine Maclean’s. Imaginez un Bonhomme Carnaval coiffé d’une auréole. Attendez, non ! Des Bonhomme auréolés, mais à perte de vue. Avec, en gros titre : « Les Québécois, les plus incorruptibles d’Amérique ! »

L’article offrirait une thèse originale et décapante, propice à l’augmentation des ventes en kiosque : il existe en Amérique du Nord un petit peuple quasi incorruptible. Son indignation contre le trafic d’influence et les pots-de-vin est atavique, sinon généti-que. Ses héros sont autant d’Eliot Ness dressés contre le mal corrupteur.

Les Québécois ne sont pas invincibles. Dans les années 1930 et 1940, ils croient en Maurice Duplessis. L’homme manie l’arme du ridicule pour embrocher les libéraux et leurs médiocres trafics. Mais il les surpasse ensuite au championnat du favoritisme et du clientélisme. Pendant les années 1950, les Québécois trouvent d’autres héros : l’enquêteur Pax Plante et l’avocat Jean Drapeau, contrepoisons vivants à la débauche et au crime montréalais. À tel point que Drapeau devient maire pour 30 ans, portant les habits du visionnaire autocrate — et parfois incompétent —, mais jamais corrompu.

Chaque décennie voit surgir son redresseur de torts. En 1960, René Lévesque entre, les mains propres, propres, propres, dans « l’équipe du tonnerre » libérale. Il s’oppose à la fraude électorale, à la fraude tout court. Cette équipe transforme le Québec en un énorme chantier de modernisation, et 10 ans durant, les corrupteurs sont muets ou discrets. Ils sortent la tête au début des années 1970. La collusion entre le gouvernement libéral et une FTQ-Construction aux mains de brutes sert de tremplin à de nouveaux champions de l’honnêteté, lors d’une commission d’enquête plus suivie que La soirée du hockey. Les popularités des Brian Mulroney et Lucien Bouchard trouvent leurs origines là, dans leur combat contre la pègre et la brutalité. (Le premier s’est perdu sur le chemin du pouvoir et des enveloppes bien remplies. L’autre est resté un modèle d’intégrité, sa rectitude confinant à la pingrerie.)

Dans la foulée, en 1976, l’odeur du scandale empeste le gouvernement de Robert Bourassa. Les électeurs l’éjectent de son siège — lui préférant même, dans sa circonscription, un poète qu’il avait fait emprisonner — et la presse l’affuble du titre de « politicien le plus méprisé du Québec » (il allait faire un étonnant retour). Il fut remplacé par celui qui est encore aujourd’hui le plus admiré : René Lévesque. Plus intègre qu’indépendantiste, plus rebelle que chef de gouvernement, celui-ci réforme de bout en bout le régime des contrats publics et fait adopter la loi sur le financement la plus sévère du continent. La France et, 25 ans plus tard, le Canada s’inspireront de son audace. Audace insuffisante pour contenir indéfiniment les magouilleurs. Ils contourneront graduellement les articles et alinéas de cette loi, le filet d’eau sale devenant ruisseau dans les années 1990, torrent dans les années 2000.

Mais on anticipe. Le fait majeur est celui-ci : de 1976 au début des années 2000, l’aversion viscérale des Québécois pour la corruption fut la plus forte. Sous quatre premiers ministres de deux allégeances et trois maires de Montréal successifs, que de calme ! Outre quelques médiocres écarts de lobbying, l’inté-grité fait loi. Un peu plus, on aurait pu en faire état à la une d’un grand magazine canadien.

Oui, au cours des années 1990, le mépris de l’éthique a une ville : Ottawa. Le gouvernement Chrétien est élu en 1993 grâce à l’appui massif des Ontariens, mais contre le vœu des électeurs du Québec — qui lui préfèrent le Bloc, de Lucien Bouchard. Dans une chaîne de commandement qui allait du bureau du premier ministre canadien aux entrailles de l’administration publique, Ottawa tente littéralement d’acheter l’identité des Québécois à coups de feuilles d’érable et de commandites, huilant au passage les rouages d’un Parti libéral canadien déconsidéré. Informés de ce double trafic d’influence, identitaire et pécuniaire, les Québécois voient… rouge ! Au point de vouloir, à 55 % en 2005, se séparer sur-le-champ d’une capitale fédérale génératrice d’autant de boue. (Malheureusement, les indépendantistes n’étaient pas au pouvoir à Québec pour transformer ce vœu en réalité.)

Écœurés, les Québécois avaient besoin d’un nouvel Eliot Ness. Ils le trouvèrent et en firent l’Anglo-Québécois le plus populaire de tous les temps : John Gomery. À l’élection fédérale suivante, ils votèrent encore plus fort pour les candidats dont le slogan était « Un parti propre au Québec ».

À peine remis des odeurs de ce qu’un ex-libéral-bloquiste-commentateur-libéral-commentateur (vous l’avez reconnu ? Jean Lapierre) a appelé « le poisson mort » pourrissant outre-Outaouais, les Québécois se voient aujourd’hui secoués par une nouvelle vague de corruption. Leur colère est à la hauteur des fautes qu’ils découvrent dans les copinages du gouvernement libéral, dans les contrats frauduleux accordés par la métropole, dans les pratiques brutales, encore, de la FTQ-Construction, dans la collusion des entrepreneurs membres du « Fabulous 14 » pour se partager le gâteau des contrats publics.

Comment la population du Québec réagit-elle ? Jamais elle ne fut plus dégoûtée. Jamais elle n’a voulu autant en découdre avec ceux qui contredisent à ce point leur sens inné de la probité. Quelque 80 % des Québécois demandent une enquête complète et implacable, 58 % souhaitent le départ de Charest, de préférence dans l’heure. Ils veulent cette enquête en bloc. Ils la veulent en détail : ingénieurs, policiers, associations d’avocats, conseil municipal de Montréal, à l’unanimité, tous ragent de ne pas obtenir une enquête salvatrice et un nettoyage en profondeur. Les journalistes sont aux aguets et au travail comme s’ils avaient encore 20 ans, et ils sont applaudis par les lecteurs et les téléspectateurs dévorant leurs reportages. « Ça ne m’était jamais arrivé que les gens me fassent des pouces en l’air », s’étonne la journaliste Marie-Maude Denis dans le Trente, le magazine de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. « C’est tellement gratifiant ! » Elle est une des investigatrices de l’émission-vedette de Radio-Canada Enquête, que chaque corrompu de l’État, de l’entreprise et du monde syndical regarde chaque semaine, dans l’angoisse de celui qui craint d’entendre son nom, de voir son visage, d’être surpris en flagrant délit. Les coupables ont le même sentiment en écoutant la période de questions, tant l’opposition est elle aussi à l’offensive, implacable, jour après jour.

Telle une multitude de saints Bonhomme enragés, les Québécois meurent d’impatience de mettre les vauriens à la porte et les escrocs en prison. Si des élections avaient eu lieu au cours des 18 derniers mois, leur vœu aurait été exaucé. Ils s’ennuient de Pax Plante, de Lévesque, de Bouchard, n’ont que faire d’un Bastarache aux jupons trop voyants. Certains rêvent de remettre Gomery en service, à la tête de la Direction générale des élections, pour faire un grand ménage. En plus, il est volontaire. Mais qu’importent les noms. Ce n’est qu’une question de temps avant que la longue tradition québécoise d’intégrité reprenne encore une fois le dessus.

Voilà mon idée pour une couverture-choc de Maclean’s. Vous trouvez mon récit partial, tiré par les cheveux ? Ai-je fait la démonstration chiffrée que les Québécois sont plus méritants, au palmarès de l’intégrité, que leurs voisins du continent ? Non ? En effet. Pas plus, certainement, que Maclean’s n’a fait une telle démonstration chiffrée, lui qui nous donne la dernière place au Canada.

Gilles Duceppe a répondu à la couverture du Bonhomme corrompu en citant la défini-tion de la xénophobie que donne le Conseil de l’Europe : « Hostilité systématique ou irrationnelle à l’égard d’une ou plusieurs personnes, essentiellement motivée par leur nationalité, culture, genre, religion, idéologie ou origine géographique. » Alors posons la grande question : les auteurs du dossier de Maclean’s, le chroniqueur et directeur de l’information nationale Andrew Coyne en tête, sont-ils xénophobes à notre égard ?

Jugeons d’abord au mérite. Le Québec est-il vraiment la province la plus corrompue ? À première vue, cela paraît plausible, et le seul défi posé à Maclean’s fut de faire tenir en un seul article la série d’allégations et d’affaires louches qui planent au-dessus du gouvernement Charest, de Montréal et de la FTQ. Curieux de nature, j’ai voulu découvrir dans les pages de cet article les critères utilisés pour nous attribuer la première place. Nombre d’infractions ? Montant des pots-de-vin ? Fréquence des démissions d’élus ripoux ? Et si nous sommes « number one », qui est le numéro deux, et avec quel écart le devançons-nous ? Vous connaissez déjà la réponse. Maclean’s, qui publie pourtant chaque année un palmarès chiffré des meilleures universités, n’étaye son accusation de championnat québécois de la corruption sur aucune mesure comparative, quelle qu’elle soit. Soyons clairs : en journalisme, cela s’appelle une faute professionnelle grave.

Mais est-ce la peine de lever tous les boucliers du Québec ? Pour un titre sensationnaliste ? On en voit à la pelle. Ils font vendre plus d’exemplaires. Et Maclean’s est dans le commerce des exemplaires. Le premier réflexe est de jouer l’indifférence. Jusqu’à ce qu’on lise, dans la prose acide d’Andrew Coyne, que les Québécois sont imperméables à la « critique constructive ». Jouons avec lui :

Coyne aux Québécois : « J’ai une critique constructive à formuler à votre endroit. »

Les Québécois : « Génial, nous écoutons. »

Coyne : « Vous êtes pathologiquement corrompus. »

Les Québécois : « Hum. Comment vous remercier ? »

Les auteurs de Maclean’s prétendent démontrer — et affirment brutalement — que les Québécois sont naturellement, historiquement et systématiquement corrompus. Pas ces temps-ci, de tout temps. Ils souffrent d’un manque d’éthique « inévitable », « profondément ancré » ; c’est « une corruption bien enracinée », « une constante », « un ensemble particulier de pathologies », écrit Coyne. « Une longue tradition de corruption made in Québec qui a imprégné la culture politique de la province à tous les niveaux », écrit Martin Patriquin. (Oui, à tous les niveaux.)

Le test de la xénophobie est simple. Le voici : si Coyne avait écrit que les Juifs sont pathologiquement cupides, les Noirs pathologiquement paresseux ou les Terre-Neuviens pathologi-quement niais, son commentaire aurait été lancé par la fenêtre.

La triste vérité est que, depuis 1990, le niveau de tolérance du Canada anglais à l’intolérance envers le Québec est en forte hausse. Il est devenu acceptable et accepté de considérer le Québec, en bloc, comme un lieu inférieur, malade, méprisable.

Jan Wong a écrit dans le Globe and Mail que les tueries de Dawson et de Polytechnique trouvaient leurs sources dans… les lois linguistiques du Québec. Cette ineptie nourrie de préjugés a été cautionnée par les éditeurs du Globe. Lawrence Martin a fondé une partie de sa biographie diabolisant Lucien Bouchard sur l’opinion de psychologues alléguant que le chef séparatiste avait l’esprit dérangé. (Attendez : séparatiste et dérangé ne sont-ils pas synonymes ?) Dans le reste du Canada, aucun essai sur le Québec n’a été plus lu que celui de Mordecai Richler, avec ses 85 000 exemplaires vendus. L’écrivain y soutenait que 66 % des Québécois étaient « extrêmement antisémites » — un pourcentage plus grand que dans l’Allemagne des années 1930. Même le regretté Peter Gzowski, la voix de la raison journalistique canadienne, l’a défendu. La chroniqueuse du National Post Diane Francis a affirmé, par écrit, regretter que les chefs séparatistes ne puissent être pendus. La version torontoise de Châtelaine l’a nommée femme de l’année.

Ces gens-là ne sont pas des rednecks des Prairies ronchonnant contre les menaces diaboliques du bilinguisme ou du système métrique. Ce sont des plumes lues et respectées, publiées dans les plus importants médias du Canada. Et elles n’ont pas hésité, en septembre dernier, à crier au chantage quand le Québec a demandé au gouvernement Harper de financer son futur Colisée. La requête était discutable — je l’ai moi-même critiquée dans mon blogue, comme mille autres journalistes locaux. Or,  le réflexe de la presse canadienne et des élites politiques n’a pas été de simplement mettre en doute le bien-fondé de la subvention, mais plutôt d’insulter les Québécois en bloc pour leur attitude de quêteurs traditionnels.

Voilà où nous en sommes. À la xénophobie ordinaire, assumée. Étalée à la une de Maclean’s pour promouvoir ses ventes, avec pour effet direct de renforcer la détestation du Québec. Moi, vous le savez, je veux l’indépendance du Québec. Comme environ la moitié de mes compatriotes francophones ces jours-ci, je voudrais que ma nation soit entièrement redevable de ses succès et de ses échecs — au diable la péréquation. Mais la route vers cet idéal est longue, et parfois, je me sens las. J’ai un truc. Je lis la presse torontoise et je sens le dédain, le mépris à l’égard du Québec qui y sont maintenant monnaie courante. Il ne m’en faut pas plus pour me remémorer une autre bonne raison de sortir du Canada. Je rêve de vivre dans un pays qui me respecte. Ça, je ne l’ai pas.

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C’est très heureux que les francophones qui ne parlent que le français, à ce jour au Québec, parce qu’ils n’ont pas eu l’opportunité de pouvoir l’apprendre et le pratiquer parce que leurs concitoyens francophones les ont empêché de le faire pour ne pas qu’ils s’anglicisent,

puissent avoir accès, en français, à au moins l’essentiel de l’excellente réponse en anglais de Jean Franços Lisée au(x) journaliste(s) concerné(s) de la revue Maclean’s.

N.B.: Tant que les francophones empêcheront les enfants d’apprendre l’anglais, la langue de communication inter-culturelle partout sur la planète, dès leur entrée à l’école, sous prétexte que ça pourrait nuire à l’apprentissage d’un français correct, ce qui est entièrement faux, cette ghettoïsation et cette sous-qualification générale des francophones unilingues va perdurer.

Et il ne faut pas attendre après la réalisation du rêve d’indépendance du Québec pour enfin donner des ailes à tous les enfants du Québec en leur permettant de devenir bilingue dès l’école élémentaire.

Correction à mon commentaire précédent :

‘… parce qu’ils n’ont pas eu l’opportunité de pouvoir l’apprendre et le pratiquer … »

est remplacé par

… parce qu’ils n’ont pas eu l’opportunité d’apprendre et de pratiquer l’anglais …

«Je rêve de vivre dans un pays qui me respecte. Ça, je ne l’ai pas.» dites vous. C’est certain que ça n’arrivera pas dans le Canada tel qu’il est et tel qu’il évolue.

Alors c’est bien simple, retroussons nos manches et donnons nous le pays que nous voulons.

Je n’ai pas détesté, loin de là, la chronique de Foglia du 28 septembre où il souligne que « Le Québec bashing, c’est « le trop ». Ce n’est pas ce qui est dit, c’est le plaisir qu’on prend à le dire. …Une petite shot de Québec bashing comme celle-là ravive la flamme de l’indépendance au Québec plus que les 50 derniers discours de Mme Marois. Même Marc Garneau comprend ça. Dans son charabia habituel, il dit de l’article du Maclean’s qu’il est « divisif ». » Je me suis effectivement senti conforté dans mon orientation politique. Toutefois, cette réaction en général au Québec face aux insultes subies, ne fait que démontrer notre capacité à encaisser les coups. C’est sublime, sans doute, mais je préfère votre attitude de contre-attaque, laquelle démontre clairement pour le moins la xénophobie du ROC à l’égard des Québécois en stigmatisant leur nationalisme légitime.

Le Quebec bashing, à mon avis, ce serait plutôt justement ce qui est dit ou écrit et qui dévoile cette xénophobie du ROC. Entre autres, le fait pour les deux journalistes du Maclean’s d’avoir sous-entendu dans leur article que la « classe politique québécoise » comme l’a spécifié l’un d’eux invité à TMEP le 10 octobre, est congénitalement – i.e. par atavisme inné ̶ portée à la corruption. Ce qui, bien qu’il s’en défendait, est une façon de dire que les Québécois dans leur ensemble sont héréditairement corrompus, se sont manifestés tels historiquement en politique et, bien entendu, récidiveront inéluctablement. Et ça c’est pire que de la xénophobie, c’est du racisme à l’état pur.

Je me souviens, en 1980, le soir du référendum, René Lévesque avait demandé à la foule catastrophée de chanter aux vainqueurs « Gens du pays ». Et ce soir-là, il a dit « La balle est maintenant dans le camp fédéraliste. »

Trente années plus tard, où en sommes-nous? Qu’ont fait les fédéralistes pour nous prouver le bien-fondé, l’avantage que représentait leur option, mise-à-part toute une panoplie de coups-fourrés!…

Aujourd’hui, ils ont l’outrecuidance d’affirmer que nous sommes corrompus, ou encore de prétendre que notre option est dépassée. Notre projet actuel est toujours le même, l’indépendance. Nombre d’autres pays le sont devenus et d’autres les rejoindront. Pourquoi? Parce que nous formons une nation, que nous disposons d’un État et qu’il y a de la place aux Nations-Unies pour de nouveaux pays. Selon la charte des Nations-Unies, tous les peuples de la terre ont droit à l’autodétermination. Donc, aucune force, aucune autorité ne peut nous obliger à accepter notre statut de colonisés, inféodés à une nation qui nous méprise sans vergogne, depuis beaucoup trop longtemps.

Ottawa ne nous aide pas, il nous nuit. Pendant que les fédéralistes d’Ottawa nous trahissent cent fois par jour, les fédéralistes du Québec dilapident scandaleusement notre patrimoine.

Assez, c’est assez!

Nous pouvons leur dire: »Vous avez eu votre chance, maintenant, c’est à notre tour… ».

Joseph Facal a écrit qu’en fin de compte,la souveraineté c’est la seule chose que nous n’avons pas essayé. Et je suis entièrement d’accord avec ce constat. Je suis absolument persuadé que le Québec a tout ce qu’il faut pour réussir. La preuve, nous parvenons à nous en tirer malgré cet énorme boulet fédéral qui nous entrave depuis assez longtemps. Si seulement nous rompions avec l’aliénation fédérale, enfin libérés du carcan constitutionnel canadian, nous volerions enfin de nos propres ailes. Nous serions maîtres chez nous!

Serait-ce la fin de touts nos problèmes, certainement pas, toutefois, ce serait le début de leurs solutions!

Sortons le Canada du Québec, récupérons les pleins pouvoirs et assumons les responsabilités de l’État du Québec. Deux gouvernements, c’est un gouvernement de trop, un terrible gaspillage d’argent, de temps et d’énergies. Oui, nous sommes fatigués/es.

Notre pays n’est pas à faire, il est déjà là. Il ne nous reste plus qu’à le reconnaître nous-mêmes, les autres prendront acte.

Au cours des années 1990, le mépris de l’éthique a deux villes : Ottawa et Québec. Dans une chaîne de commandement qui allait du bureau du premier ministre québécois aux entrailles de l’administration publique, Québec tente littéralement d’acheter l’identité des Québécois à coups de fleur de lys et de commandites, rebaptisant ‘national’ de tout ce qui se trouve sur leur route, huilant au passage les rouages du Parti québécois à coups d’enveloppes brunes contenant des chèques d’employés de compagnies faisant affaire avec le gouvernement québécois. En retour la compagnie remettait à l’employé un chèque avec l’ajout d’un montant pour compenser l’impact fiscal.

Qui a gagné cette guerre de visibilité ? Nul doute, les nationalistes québécois quand la chambre des communes reconnait que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni. Ils se frottèrent la bedaine : l’utilisation de fonds publics pour la visibilité du fleur de lys a porté fruit.

Le processus de nomination des juges a un objectif précis. Non pas celui de donner des jobs payantes a leurs petits amis, on sait bien que ces gens gagneraient plus dans le privé. C’est celui que controler l’administration de la justice et influer sur les jugements en faveurs des amis des vrais décideurs… ceux qui paient pour supporter la classe politique. Combien de causes reportées aux calandres grec, de libérations, de jugements avec sanctions ridicules, d’acquitements et de conditions exceptionnelles pour des individus qui n’en ont rien a foutres des lois et font la dolce vita et la pluie et le beau temps avec nos richesses, ressources et droits collectifs. Avez-vous déjà essayer de poursuivre un petit nami… premièrement votre dossier sera ‘hilighter’ au gouvernement, on vous coupera de vos droits, recours et utilisera tous leur réseaux sociaux pour vous limiter dans vos actions professionnelles et personnelles. Contraventions, intrusitons de domicil, visites et lettres de fonctionnaires cherchant à vous couper tout vos moyens allguants mensonges par dessus mensonges. Bellemare n’a pas le choix d’aller jusqu’au bout s’l veut pouvoir vivre et respirer à nouveau. Moi les abus du système, le gaspillage et la corruption ça ne me fait pas rire. Le je m’en foutisme et les jeux d’autruches tuent et détruisent non seulements les efforts de développements mais nos richesses si chèrement développées par nos ancêtres. Le ridicule ne tue pas? Tout à un prix et quand on laissent des mafieux s’approprier et controler nos ressources ce sont nos enfants qu’on dépossèdent.

Votre article est beaucoup meilleur en français. Il me parle beaucoup plus que l’original qui était en anglais.

Pourtant je prétends posséder assez bien l’anglais pour être en mesure de comprendre un texte dans cette langue.

Il y a donc là plus qu’une question de langue.

Mais quoi?

La question nationale au Québec n’est pas règlé et tout reste à faire pour que le Québec devienne un pays.

Cependant il n’est pas normal que des chroniqueurs Canadians aient autant de mépris pour tout un peuple. Si les Québécois savaient tout se qui s’écrient sur eux dans le ROC ,la souveraineté serait à 60% dans les sondages.

Mr Lisée vous êtes un des seuls à dénoncer ce fait et à le démonrer parfaitement,il se devrait d’y en avoir d’autres, on dirait qu’ils ont peur ,qu’ils sont pris dans un système,ce maudit establishment qui nous endort collectivement et qui semble vouloir nous écraser.

Perso je vous verrais comme élu à l’assemblé
nationale. Vous seriez un incorruptible comme on les aime au Québec!

Tant qu’aux orangistes Canadians le mépris se transformera un jour en hystérie collective lors du grand retour de la question nationale.Là ça va faire mal,mais il sera trôp tard.Just too late Coyne,Francis,Johnson,Ibbitson,MacPherson,L Martin et tout les autres.

Vous nous faites rêver Mr. Lisée… J’espère bien la souveraineté, mais la route semble bien longue et on sait que le temps joue contre nous. Peut-être que si les Québécois ne se donnent pas un pays, le Canada finira t-il par nous mettre dehors ?

Un texte merveilleux, un baume tant espéré sur ma fierté québécoise, qui malgré tout, demeure inatteignable.

Vous dites : La triste vérité est que, depuis 1990, le niveau de tolérance du Canada anglais à l’intolérance envers le Québec est en forte hausse. Il est devenu acceptable et accepté de considérer le Québec, en bloc, comme un lieu inférieur, malade, méprisable.

Ah! seulement depuis cette époque? Je croyais que ça avait toujours été le cas? Que c’était juste un peu plus insidieux maintenant.

De toute façon, le canada anglais n’a pas de leçons à donner étant donné toutes les magouilles dont il a été l’auteur tout au long de l’histoire du Canada afin d’entraver les Québécois dans leur tentative d’atteindre leur autonomie et dans le respect de leurs droits.

Moi, ce que j’aimerais voir à la une du Mclean ou de l’Actualité, c’est un agent de la GRC dans son célèbre habit d’apparat rouge avec un chapeau pointu du KKK sur la tête. On verra bien comment vont réagir nos amis Canadiens. Voilà ce qui serait une réponse adéquate.

Excellent texte, un résumé édifiant de l’histoire récente du Québec, qui devrait servir de base ou plutôt de matériel de remplacement à bien des manuels actuellement diffusés dans nos écoles…

Liane a bien raison. Cela fait des lustres que les médias anglais nous rabaissent, nous insultent et nous dénigrent. À ce sujet lire les bouquins de Normand Lester: »Livre noir du Canada Anglais » ( 3 tomes ) Tout Québecois qui se respecte devrait lire ces 3 livres. On sait à quoi s’en tenir sur l’opinion qu’ils ont de nous.