Êtes-vous Trudeaumaniaque?

Prenez des notes, futurs élus: les politiciens ne sont jamais aussi populaires que lorsqu’il n’ont encore rien accompli. C’est toujours après, que ça se gâche.

PolitiqueLa sentez-vous, la vague d’amour, la presque Trudeaumanie? Si le Canada et Justin Trudeau étaient invités la même semaine à Tout le monde en parle, Guy A ferait à coup sûr jouer du Martine St-Clair.

C’est une vague où les compliments débutent souvent par «Je ne pensais jamais dire ça, surtout d’un Trudeau, mais…», mais c’est une vague quand même. On raconte que certains seraient même prêts à acheter ce chandail fabuleux:

Noël approche. Je dis ça comme ça.
Noël approche. Je dis ça comme ça.
Prenez des notes, futurs élus: les politiciens ne sont jamais aussi populaires que lorsqu’il n’ont encore rien accompli. C’est toujours après que ça se gâche. Même que, si j’étais Justin Trudeau, je démissionnerais tout de suite, alors que je suis encore au sommet. Le pauvre ne peut que descendre à partir de maintenant.

Comme il l’avait promis, le nouveau premier ministre a nommé un cabinet de ministres paritaire, ce qui a fait plaisir à plusieurs. Évidemment, il s’est trouvé des pisses-vinaigre (qui pissaient généralement leur vinaigre debout) pour s’inquiéter de la compétence des ministres choisies. Mais, dites-moi, chers «La compétence d’abord!», où étiez-vous quand Steven Blaney était nommé ministre? C’est là qu’on avait besoin de vous!

En plus d’un ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, le Canada a maintenant une ministre des Sciences (tout court), dans un cabinet qui compte aussi un ancien astronaute. C’est dire que la science revient à Ottawa par la grande porte. Si la téléportation n’est pas une réalité avant la fin de l’ère Trudeau, je vais être un peu déçu. Notez que je pourrais aussi me satisfaire d’un hoverboard canadien.

Et pour poursuivre cette journée où tout ce qui est parfaitement normal (la diversité, la science, des gens qui sourient à Ottawa…) semble être la chose la plus incroyable au monde, notre premier ministre fraîchement assermenté a répondu à des questions des médias.

«Quoooooi? Quelle est cette sorcellerie?», s’est alors exclamée la presse parlementaire, qui avait complètement perdu l’habitude. Pour ne pas que la transition soit trop abrupte, Justin Trudeau a pris des questions, mais il s’est bien efforcé de ne pas trop répondre, préférant servir sa spécialité: la salade de mots à la Justin. Ne soyons pas trop difficile: il a parlé après chaque question, c’est déjà ça.

Sa réponse la plus percutante est allée à une journaliste qui lui a demandé pourquoi c’était important pour lui, un cabinet paritaire. «Parce qu’on est en 2015», a-t-il répondu, avant de lever le micro dans les airs, de le laisser tomber par terre en fixant le public dans les yeux et de quitter la scène d’une démarche assurée.

because-2015

Cette réponse a fait grande impression. Au point où je compte moi-même l’utiliser le plus souvent possible.

Pourquoi je n’ai pas amené le recyclage au bord du chemin? Parce qu’on est en 2015.

petit-trudeau

Pourquoi est-ce que je suis toujours sur Facebook? Parce qu’on est en 2015.

petit-trudeau

Où j’étais hier soir? Parce qu’on est en… Ouin. Je vais devoir revoir mon plan.

Du côté de l’opposition, Thomas Mulcair est finalement sorti de son mutisme. Bien que le NPD ait perdu la moitié de ses troupes, le chef a tenu à lancer un fier «Mission accomplie! »

Le but était de sortir Stephen Harper, et Stephen Harper a été vaincu. C’est un peu comme se féliciter d’avoir eu un accident d’auto en expliquant qu’on avait justement pris la résolution de marcher plus, mais bon… Mission accomplie, Thomas! Mission accomplie!

Nonon, je n'ai pas photoshoppé Mulcair sur une photo de George W. Bush annonçant en 2003 que la guerre en Irak, c'était «Mission accomplie». Mulcair a vraiment fait sa conférence de presse sur un porte-avion.

Chez les Conservateur, c’est Rona Ambrose qui a été choisie cheffe par intérim. Si vous lui demandez si elle est contente d’avoir obtenu le poste, madame Ambrose vous répondra sans doute: «Can you repeat that in English, please?» Le français cassé de Stephen Harper nous manque déjà.

Parlant de lui, notre ex premier ministre est entré au Parlement par la même porte que les camions de recyclage. Ça ne s’invente pas.

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4 commentaires
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Trudeau? On verra à l’usure mais je trouve tout de même inquiétant le fait que tous les médias semblent subjugués par ce personnage. Je lui souhaite bonne chance car tenir ses promesses sans amener le canada au bord du gouffre financier sera tout un défi.

Mulcair, qui a PERDU la moitié de ses comtés devrait imiter Harper et se retirer. Il n’a plus sa place au sein du NPD.