Le capitalisme : en sortir, le dompter ou le dépasser ?

(Maintenant que vous êtes de retour de vacances, je vous propose, en feuilleton, des extraits du livre Imaginer l’après-crise, légèrement retouchés,
pendant quelques jours.)

La Grande Crise du début du XXIe siècle est accompagnée, dans les librairies, chez les auteurs et organisations de gauche, de la résurrection d’une idée : sortir du capitalisme.

Dans la seule première moitié de 2009, cette ancienne « idée neuve », selon l’expression fameuse de Marx et d’Engels, s’est retrouvée sous des formes renouvelées, en France dans le livre du journaliste du Monde Hevé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme et dans la création du Nouveau Parti Anticapitaliste animé par Olivier Besancenot; au Royaume-Uni sous la plume de l’ancien conseiller de Tony Blair, Geoff Mulgan, dans un texte intitulé After Capitalism ; au Québec dans le manifeste publié par le parti Québec Solidaire, Pour sortir de la crise : dépasser le capitalisme ?

Ces écrits sont accompagnés d’un grand nombre d’autres qui proposent, non de sortir du capitalisme, mais de le réformer en profondeur. Ces derniers auteurs doutent de notre capacité collective de sortir réellement du capitalisme, du moins d’échapper à ses ressorts principaux, ou n’en voient pas la nécessité.

Ce texte-ci examinera d’abord les propositions de sortie de capitalisme et tentera de déterminer si leur application permettrait l’atteinte du but affiché. Il voudra ensuite sérier les principales propositions de réforme majeure du capitalisme énoncées à la faveur de la crise et offrira des pistes de réflexion sur leur efficacité et leur faisabilité. Le champ étant vaste, ce texte n’a aucune prétention à l’exhaustivité mais se présente comme la tentative d’un généraliste de mettre un certain nombre d’idées en ordre. Il répond aussi à l’appel lancé en conclusion de mon essai de 2008 Pour une gauche efficace, selon lequel il est du devoir des intellectuels de gauche de réfléchir sérieusement à l’après-capitalisme, ce dernier étant, du moins dans sa forme actuelle, incompatible avec la survie de notre environnement et avec notre bien-être même.

Mais sortir de quoi, au juste ?

Un problème clé se pose d’emblée : qu’est-ce que le capitalisme ? Depuis les économistes socio-démocrates jusqu’aux président français Nicolas Sarkozy – non suspect de vouloir sortir du capitalisme – on voue aujourd’hui aux gémonies le capitalisme financier développé depuis les années 1980 et on réclame un retour au « vrai » capitalisme, celui de la livraison de biens et de services, qui fut garant de la croissance économique ayant eu cours depuis la seconde guerre jusqu’aux chocs pétroliers du début des années 1970. L’idée de purger le système de son hypertrophie financière est incarnée par l’expression « refondation du capitalisme » : il s’agit en quelque sorte de couper les cordes qui le lient depuis 30 ans à des montgolfières financières gonflées artificiellement, pour la remettre sur ses fondations réelles, solides, quantifiables : la production. Cette volonté est accompagnée de propositions de « civiliser » la mondialisation en cours.

À preuve cette citation :

« Ce qui est chimérique et ce qui est irresponsable, c’est de croire que ce système de spéculation, de rentes et de dumpings qui a enfermé la mondialisation dans l’impasse dans laquelle elle se trouve va pouvoir continuer indéfiniment, que l’on va pouvoir continuer de tout donner au capital financier et rien au travail, que les marchés financiers vont pouvoir continuer à imposer à toute l’économie, à toute la société, leur obsession de la rentabilité à court terme dopée par de gigantesques effets de levier d’endettement (…) Je le dis en pesant mes mots : Ou nous aurons la raison ou nous aurons la révolte. Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence. »

Ces mots, prononcés par Nicolas Sarkozy, en présence du président brésilien Lula da Silva, lors du congrès de l’Organisation Internationale du Travail en juin 2009, indiquent dans quelle mesure le refus du capitalisme financier atteint, du moins dans la rhétorique, les cercles du pouvoir en Europe. C’est le bon capitalisme contre le mauvais capitalisme.

Cela nous donne une idée de l’ampleur de la tâche lorsqu’on souhaite sortir complètement du capitalisme. On peut vouloir réformer en profondeur le système pour le sauver – c’est toute l’œuvre de Franklin Roosevelt dans les années 30 (cité d’ailleurs par Sarkozy à l’OIT). Le fait que l’élite économique américaine ait développé, jusqu’à Pearl Harbor, une détestation paroxystique du président qui lui avait pourtant sauvé la mise– mais l’avait ensuite lourdement taxée – ne change rien à l’affaire.

Le capitalisme lui-même, et non ses seules dérives, est aujourd’hui au banc des accusés dans les textes précités. Quand bien même on arrivait à mitiger, voire à éliminer, par une intervention du politique local et international, ses conséquences néfastes – marchandisation des secteurs de la santé, de l’éducation, de la culture ; mauvaise répartition de la richesse dans le monde et dans les nations, financiarisation, etc. – il en resterait le péché originel, aujourd’hui plus néfaste qu’hier.

Et si on souhaite « sortir du capitalisme » et non seulement du capitalisme financier, il faut quitter les règles qui le gouvernaient pendant les années 1945-1970 où s’est imposé le keynésianisme et une redistribution considérée a posteriori plus équitable de la richesse entre capital et travail.

Le ressort principal du système voulant qu’un capitaliste – individu ou compagnie – ne s’engage dans la production de biens que pour en tirer un profit, même raisonnable, entraîne nécessairement une croissance constante de la production, au-delà même de ce qu’impliquerait la satisfaction des besoins individuels et collectifs. Cette course sans fin provoque aujourd’hui deux effets, peu visibles au temps de Marx et Engels, mais omniprésents dans le discours anticapitaliste courant :

1) L’hyperconsommation, par lequel la publicité et la volonté du consommateur de « rester au niveau » de ses semblables en possédant au moins les mêmes biens qu’eux poussent la collectivité à augmenter sans cesse le nombre de ses biens, dans un cycle où s’installe l’insatisfaction permanente. Ce cycle est tenu pour au moins partiellement responsable d’une montée de phénomènes de mal-être observable notamment en Occident : décrochage, épuisement professionnel, dépression, obésité.

2) La destruction de l’environnement. Ce cycle d’augmentation continue de la production, même s’il était balisé par de sévères normes environnementales, implique nécessairement une utilisation croissante des ressources de la planète. Ce serait vrai même si tous les habitants de la Terre avaient déjà atteint le niveau de vie des Américains car le capitalisme, comme le vélo, ne peut s’arrêter sans tomber – pour emprunter une métaphore au Che qui, lui, parlait de la révolution. Aujourd’hui, des milliards d’humains – en comptant seulement les Chinois et les Indiens – aspirent à ce niveau de vie et plusieurs centaines de millions y accèdent effectivement. Ce processus mènera nécessairement à un niveau d’empreinte environnementale (euphémisme pour « destruction de l’environnement ») incompatible avec le simple maintien du niveau actuel de bien-être/mal-être de l’humanité.

Le capitalisme, une définition

Définir le capitalisme est moins simple qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas du commerce, car l’échange se pratiquait déjà entre les tribus préhistoriques. Ni encore du crédit, dont on trouve des traces même dans la mythologie grecque et égyptienne. Dans un essai érudit et instructif, sous-titré « la dette et la face cachée de la richesse », la romancière et essayiste canadienne Margaret Atwood démontre que l’idée d’échange égal et inégal – donc de la justice et de l’injustice, de la valeur, du prêt et de la dette – sont  probablement inscrit dans nos gènes.

Il ne s’agit pas du marché. Des Phéniciens à l’empire Romain, précapitalistes, les marchés, donc un lieu réel ou virtuel d’échanges nombreux et continus de biens et de services, servaient déjà à établir les prix. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le mot « marché » n’apparaît pas dans les écrits d’Adam Smith, vu comme le théoricien zéro du capitalisme moderne.

Il ne s’agit pas de la banque ou de la finance. Les Templiers puis les banquiers italiens persécutés par Philippe le Bel au Moyen-âge avaient du capital, mais habitaient l’époque féodale.

L’historien Fernand Braudel, à qui on reconnaît une des meilleures tentatives de définition, distingue le capitalisme de l’« économie de marché ». Cette dernière assure la liaison entre producteurs et consommateurs et son essor est visible depuis le XVe siècle. Puis vient la figure du « capitaliste », distinct des producteurs qui vendent au marché, non seulement parce qu’il s’insère comme intermédiaire, ce qui était courant, mais parce qu’il réussit à amasser un « capital » qu’il investit et désinvestit à loisir, sans être lié à une production en particulier. Il détient du capital et souhaite le voir croître en soi. Il achète des moyens de production et embauche d’ex-artisans et ex-agriculteurs devenus « salariés ». Ils ne sont donc ni esclaves, ni serfs, mais liés au capitaliste par l’échange de leurs bras, et parfois de leur tête, contre rémunération. Les banques sont indispensables au capitaliste, évidemment, comme le marché, le crédit et la dette. Mais ce sont des outils qui ne le définissent pas.

Braudel note la progression entre les individus « capitalistes » et « le capitalisme » dans les Provinces-Unies (Pays-Bas) du début du XVIIe siècle, car Amsterdam est alors le centre du monde économique, où les capitalistes ont atteint la masse critique nécessaire pour conquérir l’État. (Ce centre du monde capitaliste se déplacera au Royaume-Uni au XIXe siècle, aux États-Unis au XXe. En Chine au XXIe ?) « Le capitalisme, écrit Braudel, ne triomphe que lorsqu’il s’identifie avec l’État, qu’il est l’État. » Pour s’épanouir, il a en effet besoin de règles uniformes et stables, qui à la fois incarnent dans les lois et règlements son mode de fonctionnement optimal, ce qui est un progrès pour lui, et fixent les droits, devoirs et responsabilités de chacun, ce qui est un progrès pour tous, car la sortie de la féodalité signifie aussi sortie du règne de l’arbitraire. L’idée que des règles puissent être établies pour tous, donc aussi pour les puissants, aura des conséquences majeures pour tous les réformistes et tous les révolutionnaires à venir, mais nous nous égarons.

Le droit de propriété est, disons-le, capital. C’est la pierre sur laquelle se construit l’édifice. Le droit de propriété intellectuel l’est aussi – le brevet apparaît à Venise dès 1421. L’existence de tribunaux aptes à trancher des litiges entre capitalistes et entre eux et les autres l’est également, quoiqu’on observe encore aujourd’hui, à l’international, de nombreuses chambres d’arbitrages privées non appuyées sur un État. La capacité d’ouvrir ou de fermer les frontières du territoire national pour faire succéder des phases de protectionnisme – donc de croissance « en serre » des jeunes pousses capitalistes – et de libre-échangisme – donc d’exportation dans des marchés non protégés des avantages comparatifs accumulés pendant la période de serre –, sont impensables sans la collaboration active de l’État.

Un autre élément est essentiel pour la compréhension du capitalisme moderne : la distinction apparue, au tournant du XIXe et XXe siècle, entre d’une part l’individu – ou la famille – capitaliste et l’entreprise capitaliste. En effet, la création légale de la corporation, ou de la Société anonyme, fait naître un nouveau type de personne, une « personne morale », qui possède et gère le capital au nom de propriétaires nombreux et changeants : les actionnaires. La législation entourant ces nouvelles personnes a pour effet de les soustraire à un certain nombre de responsabilités qu’encourrait une personne normale – avoir pollué un cours d’eau, produit un bien défectueux ou dangereux ou maltraité un jeune salarié. Il faut pour modifier ce statut qu’une loi spécifique les rendent responsables, ce que l’essentiel de la législation, depuis le New Deal jusqu’aux règlementations environnementales, prendront un siècle à faire, bien imparfaitement. Ces personnes morales peuvent certes être tenues légalement responsables d’infraction à la loi, et donc contraintes à verser amendes et compensations. Cependant leurs cadres supérieurs, donc les décideurs, ne peuvent généralement pas être jugés personnellement responsables d’infractions pénales, et donc incarcérés, comme ce serait le cas pour une personne physique. De plus, en cas d’échec économique, la corporation peut fermer ses portes, disparaître, et s’extirper ainsi de toute responsabilité qu’on pourrait lui imputer par la suite. L’impunité est donc une caractéristique essentielle de l’entreprise incorporée (ci-après nommée : corporation).

La création puis la domination de la corporation crée, ou du moins amplifie, plusieurs dynamiques.

La liberté de l’actionnaire d’acheter et de vendre ses actions en bourse rend la corporation plus aveuglément concentrée sur l’obligation de fournir à ses actionnaires actuels et potentiels un profit net, un rendement sur son action, au moins aussi important que ceux des autres entreprises. Sinon, les actionnaires vendront leurs actions pour en acheter ailleurs, au détriment de la valeur de la corporation d’origine et de l’emploi de ses cadres supérieurs, interchangeables.

Cette obligation, combinée à l’impunité personnelle, incitent les corporations à réduire le coût de leurs produits – pour les rendre plus concurrentiels – en rejetant vers d’autres, à l’extérieur de l’entreprise, plusieurs des coûts. Ce qu’on appelle les « externalités ». Ainsi, à moins d’obligation légale, les coûts environnementaux sont laissés en plan, les coûts d’infrastructure sont laissés à l’État, les coûts de santé découlant d’accidents du travail également, etc. Il s’agit d’un principe où, sans intervention légale, la corporation a intérêt à ne pas être un citoyen modèle, sous peine de perdre ses actionnaires.

Ce processus a des conséquences logiques. Si un État veut intervenir pour lui imposer des obligations – rendre « internes » les « externalités »– la corporation aura intérêt à user de ses ressources financières pour influencer la décision politique en sa faveur : lobbying, financement électoral, corruption. Si elle n’y arrive pas dans son pays d’origine, la corporation a intérêt à déplacer son activité de production dans un autre État où ces obligations n’existent pas.

La corporation a intérêt à trouver quelque part sur le globe des zones où elle obtient un avantage quelconque sur ses coûts, y compris fiscaux. D’où la popularité et la croissance des paradis fiscaux, véritable trou noir de la fiscalité internationale.

L’ensemble des corporations, valorisant la stabilité de règles existantes plutôt que l’inconnu de règles qu’elles ne connaissent pas, ont également intérêt à empêcher l’adoption de normes internationales, qui auraient au moins le mérite de les traiter toutes sur le même pied. Elles craignent – non, elles savent – qu’il se trouvera toujours parmi elles des concurrentes qui réussiront à contourner ces règles et à en tirer donc un avantage comparatif.

On constate donc que, tapie dans la logique de ce qui est devenu le principal cadre légal du développement économique, se cache un incitatif fort vers le comportement le moins éthique et le moins socialement responsable possible. Toutes les avancées sur les lois du travail, la protection du consommateur ou de l’environnement sont des amendements à cette règle.

Nous en sommes donc à une version épurée de notre définition du capitalisme :

1)      La création d’une somme de capital gérée en soi, investie et réinvestie librement, dans le but d’en accroître le montant ;

2)      La création d’un véhicule, la corporation, dont la raison d’être est la maximisation du profit sans égards envers les impacts sociaux ou environnementaux et dont la situation par défaut est l’impunité.

Ce capitalisme, en compétition forte pour l’accumulation de profit et l’attraction d’actionnaires, est constamment à la recherche de nouveaux espaces d’action et tend donc à vouloir transformer en marchandise l’ensemble de l’activité humaine et de l’environnement : de l’eau à la santé, de la culture aux rapports sexuels, sans oublier les salariés, réduits à un coût parmi d’autre, un intrant. (Quoique toute une industrie de la consultance estime que des salariés traités comme des partenaires génèrent la moitié de l’innovation de chaque entreprise, donc de son potentiel de croissance. Une variable qui ne semble cependant jamais passer au premier rang, lorsque vient le temps des restructurations et des délocalisations.)

Ces mécanismes ont les effets pervers que l’on sait, mais également pour résultat une explosion de la richesse. Comme l’écrit la politologue Sheri Berman, « sans les incroyables résultats économiques générés par le fonctionnement de marchés relativement libres, les améliorations majeures des conditions de vie de la grande majorité des habitants d’Occident n’auraient pas été possibles. Sans les protections sociales et les réglementations des marchés imposés en retour par les États, les bénéfices du capitalisme n’auraient pas été aussi largement répartis. » Le débat à gauche fut longtemps de savoir si cette richesse n’était finalement que le résultat du pillage du Sud par le Nord, donc un déplacement plutôt qu’une création de richesse. La remontée des niveaux de vie de plus de la moitié de l’humanité au cours du dernier quart de siècle – Inde, Chine, une partie de l’Asie du Sud Est, les progressions enregistrées en Amérique du Sud – invalide cette hypothèse.

Selon Gary Gardner, du Worldwatch Institute de Washington, la richesse mondiale moyenne par personne a augmenté de 500% entre 1900 et 2000. Cette richesse est certes absurdement inégalement répartie – selon l’ONU, les 2% de la population les plus riches détiennent la moitié des avoirs mondiaux. Reste que « plus d’un quart de la population du globe, ajoute Gardner, appartient maintenant à la classe mondiale des consommateurs – des gens qui vivent au-dessus du seuil européen de la pauvreté. Presque la moitié se trouvent dans les pays en développement ». Ce qui équivaut à 750 millions dans les pays en voie de développement. L’argument ultime est celui de l’espérance de vie. Au début du 20e siècle, l’espérance moyenne mondiale de durée de vie était de 30 ans. Au début du 21e siècle, de 67 ans.

Le pillage existe, à grande échelle. Mais, comme l’écrit Berman, « le capitalisme n’est pas un jeu à somme nulle – à long terme les marchés relativement libres peuvent produire de la richesse nette plutôt que simplement la déplacer d’une poche à une autre. »

Nulle part en Occident, nulle part sur le globe, il n’existe de société capitaliste pure. Toutes les économies sont mixtes. Dans chaque nation, une partie de l’activité appartient à l’État – éducation, voirie, santé – même si les tentatives de « marchandisation » de plusieurs de ces services sont en cours. Dans chaque nation, une partie de l’activité est produite par des coopératives, groupes sociaux, par le bénévolat. Même la corporation contient, en fait invite, une participation publique par le biais de subventions, de garanties de prêts, de financement d’infrastructures publiques. Seuls les libertariens sont des capitalistes conséquents lorsqu’ils rejettent toute intervention de l’État, subventions ou réglementations, dans la marche de l’entreprise. Ils ne lui confèrent que l’obligation de soutenir le cadre légal et d’assurer la sécurité publique.

Nous avions l’habitude de dire, avec Lionel Jospin, « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché ». Certes, mais cela implique que l’économie n’est que de marché. Il est plus juste de dire que nous vivons dans des économies avec marché et intervention publique. Comme l’explique l’économiste français Christophe Ramaux, « raisonner en termes d’économie de marché, c’est ravaler au rang de simples accessoires ce qui lui échappe pour tout ou partie : l’État social, en particulier,  avec ses quatre piliers que sont les services publics, la protection sociale, le droit du travail (et à la négociation collective) et les politiques économiques (monétaires, budgétaires, industrielles, commerciales, etc.) de soutien à l’activité et à l’emploi. »

C’est pourquoi Geoff Mulgan, l’ancien conseiller de Tony Blair, a raison d’écrire que « les démocraties ont plusieurs fois réussi, dans le passé, à dompter, guider et raviver le capitalisme. Elles ont empêché la vente et l’achat de personnes, de votes, de ministres, du travail des enfants et des organes et elles ont imposé droits et règles, tout en investissant des ressources pour financer les besoin du capitalisme en innovation technologiques et en formation de la main d’œuvre. De ce mélange de conflit et de coopération, le monde a accompli les extraordinaires progrès du dernier siècle. »

La difficulté supplémentaire, aujourd’hui, tient au fait que les « externalités environnementales » viennent demander paiement. Selon le GIEC, (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), le maintien ou le prolongement de l’activité économique humaine sur sa trajectoire actuelle mènera à une augmentation du climat de plus de 2° centigrades, au-delà duquel est franchi un seuil de non-retour vers des perturbations climatiques provoquant un coût humain massif, dont un milliard de réfugiés environnementaux. Et un coût économique, selon le rapport britannique Stern de 2006, d’une contraction de 5 à 20% de l’économie mondiale, soit l’équivalent de la crise de 1929.

Pour l’éviter, l’Union européenne, se basant sur les hypothèses médianes du  GIEC, estime qu’il faudrait réduire d’ici 2050 de 50% les émissions globales de gaz à effet de serre par rapport aux émissions de 1990. Ce qui signifie une réduction de 80% en Occident – ce qui semble outrageusement optimiste – et une réduction significative dans les pays émergents – ce qui semble contraire à la réalité de l’augmentation forte d’utilisation du charbon en Chine et en Inde. Si l’objectif était cependant atteint, la planète n’aurait que 50% de chances, toujours selon le GIEC, d’éviter le dépassement de 2°.

Voilà pour l’effet de serre, mais il faut y ajouter la protection de la biodiversité. Selon les indicateurs développés depuis la signature de la Convention sur la biodiversité de 1992, la planète peut offrir globalement à l’humanité une « moisson » annuelle de 2,1 « acres globaux » par personne. Jusqu’au milieu des années 1980, malgré des destructions locales massives et souvent irréversibles, nous étions, globalement, en-deçà de cette récolte. Depuis, nous avons largement dépassé ce point d’équilibre, atteignant 2,7 en 2005, soit 30% de trop. Les Américains sont les plus gros consommateurs (à 9,4 par personne), les Canadiens à 7,1, les Québécois à 6. Les Européens sont à 4,1 et les Chinois viennent tout juste de franchir, vers le haut bien sûr, la barre des 2,1. Si la tendance actuelle de la production et de la consommation humaine se maintient, la surconsommation sera, en 2030, de 100%, provoquant un risque d’effondrement de plusieurs écosystèmes.

Déjà, les indices composites mesurant le niveau de renouvellement des espèces chutent dangereusement, Entre 1970 et 2005, les espèces terrestres ont chuté de 34%, des espèces marines de 14% et des espèces d’eau douce de 35%. Sur la même période, l’indice de renouvellement des espèces vivant dans les forêts tropicales a chuté de 66%. L’indice pour les oiseaux a chuté de 20% et celui des mammifères de 19%. Selon les estimations, de 5 à 20% des 14 millions d’espèces (faune et flore) sont menacées. La santé humaine est affectée : au moins deux millions de personnes meurent prématurément chaque année de la pollution de l’air, la disponibilité d’eau potable par personne est en déclin dans plusieurs régions et l’eau contaminée est toujours la première cause de maladie au monde. En occident en particulier, les maux sociaux tels l’obésité et la dépression atteignent des niveaux jamais observés dans l’histoire humaine. (En 1967, 2% des Américains de 35 ans avaient connu un épisode dépressif. En 2007 : 15%.) Un freinage rapide et multiforme est nécessaire.

Ces éléments nouveaux, ces périls imposés à l’humanité par le fonctionnement actuel du capitalisme, ajoutent des défis colossaux à toutes les tentatives précédentes de réforme et posent avec plus qu’acuité qu’auparavant la question de l’organisation de l’activité économique.

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Hmmm Lisée donne son avis d’expert sur l’économie?! Puis quoi encore? Pol Pot qui donne des leçons de compassion? Castro qui fait l’éloge de la democratie?

« chez les auteurs et organisations de gauche, de la résurrection d’une idée : sortir du capitalisme. »

résurection? La gauche n’existe que dans un but : saboter le capitalisme et y mettre la mainmise de l’État. rien de nouveau sous le soleil.

» au Québec dans le manifeste publié par le parti Québec Solidaire, »

j’ai bien ri en lisant ce document. C’est plein de fausseté et de sophismes du genre la déréglementation a causé la crise actuelle

« On peut vouloir réformer en profondeur le système pour le sauver – c’est toute l’œuvre de Franklin Roosevelt dans les années 30 »

MOuahaha. Je ne m’attendais pas à moins venant de M. Lisée. FDR s’est carrément inspiré de Mussolini pour créer son New Deal en cartélisant à peu près tous les domaines de travail, et ceux qui osaient vendre sous le prix plancher étaient des criminels

« La destruction de l’environnement »

j’invite tout le monde à se renseigner sur le triangle de la mort en Europe de l’Est, pour prouver que le capitalisme ne serait JAMAIS capable de tels atrocités (à moins, bien sûr, que des politiciens en soif de votes veuillent le faire)

Bref, nous nous retrouvons au même point qu’à l’époque de Bastiat : une gauche à l’imagination trop fertile qui espère remodeler le monde à son image avec l’intervention massive (et néfaste) des gouvernements. Mais bon! chacun ses illusions!

Sortir du capitalisme pour entrer dans quoi exactement ? Ceux qui s’y sont activé, dans le passé, y ont perdu des dents.

Ce n’est pas tant du capitalisme qu’il faut sortir mais plustôt d’une ceertaine idée que nous avons de la façon dont nous devons vivre.

Des alternatives à la folie de l’économie moderne, qui a perdu son sens initial quand c’était une branche de la philosophie morale, il en existe.

Entre autres choses celle du Revenu de base :
http://le-revenu-de-base.blogspot.com/

Ce texte a plutôt mal vieillit.

On parle plus de sortir de l’état-providence…

C’est de la dette des gouvernements que vient la menace.

Dans un TED Talk j’avais été intéressé par l’idée qu’on ne peu modifier des systèmes complexes que par essaie/erreur, et c’est le même mécanisme que la nature utilise.

Surtout à l’age de l’information où à tous les jours des rapports de thèse sont déposé pour rendre ce monde plus complexe et plus technique.

Je pense que démocratie et capitalisme sont intimement liés. C’est un duo qui va de soi pour d’innombrables raisons que je ne listerais pas. Changer un c’est changer l’autre.

Henry Mintzberg fait une comparaison des organisations mécanistes (bureaucratiques) avec l’état soviétique. Par exemple McDonald, la poste ou les conglomérats. C’est à dire très hiérarchisé, très segmenté et spécialisé, et une source de problèmes humain immenses qu’on règle avec un syndicat lui-même bureaucratisé. Chaque département tend à filtrer l’information pour s’éviter un contrôle de l’échelon supérieur. Finalement tout ce que peut voir et contrôler le sommet de la hiérarchie ce sont les résultats financiers.

Le gestionnaire qui se fait contrôler par les finances comprend la fragilité de sa position et il est incité à négliger les aspects sociaux ou environnementaux pour satisfaire à ce qu’on attend de lui. Car les problèmes sociaux ou environnementaux hélas ne se mesurent pas aussi clairement que l’aspect financier.

Dans un tel contexte des hypers organisations comment s’assurer du respect des droits humains et de l’environnement autrement qu’en légiférant et par dénonciation? Là dessus l’informatique est à la rescousse.

Pour ce qui est de la crise récente et du capitalisme. Une bonne raison pourquoi le capitalisme n’a pas joué pleinement son rôle c’est à cause de ces institutions « trop grosses pour tomber », l’état est intervenu pour transformer ces faillites privé bancaires en faillites publiques.

Je crois que dans le lot de mesures à prendre il faudrait revoir les réglementations qui ont été retiré de l’époque Roosvelt. Distinctions entre banque de dépôt et banque d’investissement et assurance. Surtout s’assurer qu’aucune de ces entreprises clefs ne deviennent « too big to fail », ce qui par défaut revient à prendre l’État comme assureur. Ce n’est pas du capitalisme à proprement parler.

La réglementation doit pouvoir stopper les effets domino.
La réglementation et la politique sont trop souvent en retard sur l’évolution des comportements économique. Comment s’assurer qu’un ministre ait la compétence nécessaire pour gérer un ministère?

« Le capitalisme : en sortir, le dompter ou le dépasser? » (sic)

Y demeurer Monsieur Lisée…y demeurer!!!

@lemoutongris

Avez-vous un lien pour votre triangle de la mort en Europe de l’est? Celui qui sort le plus concerne les camps de concentration, sinon du Maroc. Je ne trouve rien sur le votre…

A voir avec quelle ardeur désespérée certains commentateurs (toujours les mêmes) se débattent, on sent bien que le message de remise en question du capitalisme, et par le fait même de notre mode de vie, porte et touche à quelque chose de sensible et de fondamental dans leur univers idéologique. Et tous les moyens sont bons pour tenter de rapailler ce système qui ressemble de plus en plus à un gruyère.

Il faudrait peut-être sortir du capitalisme les « vers » qui rongent son fonctionnement. A cet effet, il faut voir ce qui suit:

The money system demustified and debunked.
Le système monétaire démystifié et dénoncé.

A must-read for every citizen…of the whole world.
Une lecture obligatoire pour tous les citoyens du monde.

http://video.google.ca/videoplay?docid=6507136891691870450

Excellent texte Monsieur Lisée ! Dommage que certains de vos lecteurs soient aussi endoctrinés.

Le probleme ce n’est pas le capitalisme, puisque le socialisme a deja fait la preuve qu’il ne fonctionne pas, mais s’en est un de reglementation.

Reglementation des marchés financiers ainsi que de l’acces au credit.

Le dompter d’abord et le dépasser certainement.

Avant qu’il soit trop tard, puisque la croissance à tout prix tire à sa fin. Les ressources étant un univers fini, la croissance sans fin est une lubie.

Mais la cupidité aura raison de l’homme qui devra céder sa place à une espèce intelligente…

M. Lisée,

Je ne suis pas un économiste, mais la situation actuelle m’inquiète au plus haut point. Je suis récemment tombé sur ce documentaire troublant:

http://profsolitaire.blogspot.com/2011/08/collapse.html

S’agit-il des élucubrations d’un hurluberlu ou de l’avertissement sérieux d’un visionnaire?

Comme je l’ai dit, je n’ai pas la prétention d’être un expert, mais ses arguments me semblent être solides… et très inquiétants.

J’aimerais beaucoup vous entendre sur la question.

@Gilles Bousquet

« Sortir du capitalisme pour entrer dans quoi exactement ? Ceux qui s’y sont activé, dans le passé, y ont perdu des dents. »

Ce n’est certainement pas avec des réflexions comme celle-ci qu’on en sortira.

Le capitalisme est malade. Il ne fonctionne plus. Il faut le changer en ramenant une certaine réglementation.

On ne parle pas d’anéantir le capitalisme (comme le communisme), mais bien de le modifier en profondeur.

Personne ne parle de le remplacer par autres choses.

Ce n’est pas parce que certains se sont cassés la gueule en tentant de l’anéantir, qu’il est impossible de le réformer.

Le Vénézuéla, malgré ses nombreux défauts, est en train de modifier les façons de faire en redirigeant le système capitaliste vers le bien commun et non pas les intérêts personnels des corporations. D’autres pays d’Amérique latine, comme la Bolivie, suivent la même voie avec un certain succès.

Il y a de bonnes idées et de grands projets en branle dans ce coin du monde. On devrait ouvrir nos yeux.

Votre texte est une excellente revue de l’évolution du concept de capitalisme, Mr Lisée.
Personnellement, je ne pense pas qu’on peut sortir du capitalisme mais on peut le façonner, faire du capitalisme autrement en revenant à l’essentiel. Cela signifie de replacer au cœur du capitalisme, la production des biens et services pour répondre à des besoins des gens, une finalité qui a perdu de sa splendeur. Le capitalisme financier sauvage qui est au banc des accusés aujourd’hui n’est pas que le fait de quelques riches et des institutions qui ont favorisé son importance démesurée par rapport à l’économie réelle. Une grande partie de la population et des petits épargnants est embarquée dans le système. Nous avons tous intégré que c’est la seule voie du succès, tout le monde peut désormais s’enrichir sans limite.
On a déifié l’idée que sans l’objectif de maximisation de profit, il ne peut avoir d’entrepreneuriat, donc pas de création de richesses. C’est en grande partie vrai, l’être humain est vénal de nature, il est en général attiré et motivé par l’appât du gain. Le contraire est à mettre dans la colonne des exceptions. Pourquoi investirait-on dans une entreprise qui ne nous enrichit pas individuellement ? Ma réponse de gauchiste : si elle peut nous enrichir collectivement. Heureusement, il y a de plus en plus de gens qui pensent qu’on peut faire l’économie autrement et qui propose des alternatives. Mais aller au-delà du capitalisme implique un changement de mentalités et de paradigme à grande échelle. Ca va être difficile car le capitalisme financier n’est plus limité à une élite constituée par les plus riches mais il est devenu aussi un capitalisme de masse permettant à Mr et Mme tout le monde de pouvoir investir ses maigres capitaux en bourse ou du moins d’avoir l’impression de jouer aux capitalistes.
J’en connais des gens qui ont laissé tomber le boulot à 35 ans pour s’investir à temps plein dans la spéculation boursière. Ils passent leurs journées devant une dizaine d’écrans à acheter et vendre des actions et ils se font assez d’argent ou plus d’argent que ce que leur rapportait leur travail. Les gens ont compris maintenant qu’ils n’ont plus besoin de produire un bien ou service pour s’enrichir, ils peuvent se contenter de jouer en bourse. Comme si cela pouvait durer éternellement. Moraliser le capitalisme aujourd’hui implique aussi une moralisation du peuple. Le monstre est devenu plus fort parce ce n’est plus l’affaire d’une minorité, au contraire.
Pour faire un clin d’œil à l’actualité, j’ai lu ce matin que « L’investisseur milliardaire Warren Buffett a appelé lundi les parlementaires américains à augmenter les impôts pour les plus riches afin de réduire l’énorme déficit budgétaire du pays, affirmant que cela ne nuira ni aux investissements, ni aux emplois ». Le roi du capitalisme financier est-il devenu un socialiste gauchisant ?
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/201108/15/01-4426069-buffett-appelle-a-taxer-plus-lourdement-les-richissimes.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO4_la_2343_accueil_POS1
Déjà, le Patriotic Millionaires for Fiscal Strength a déjà fait un appel similaire il y a quelques jours http://www.lepoint.fr/monde/aux-etats-unis-les-milliardaires-au-secours-de-la-dette-04-08-2011-1359594_24.php
Tous ses milliardaires qui se regroupent pour exiger une meilleure répartition des richesses, qui reconnaissent que le système les favorise de façon éhontée, c’est peut-être le début d’une prise de conscience non ?

Je ne trouve rien sur le triangle de la mort, mais voici un article sur la pollution socialiste : http://www.thefreemanonline.org/columns/why-socialism-causes-pollution/
un autre, de Florida State University : http://www.rinr.fsu.edu/fallwinter99/features/sb_cleaningup.html

» Et tous les moyens sont bons pour tenter de rapailler ce système qui ressemble de plus en plus à un gruyère. »

cette description s’applique à l’interventionnisme.

« If I had a nickel every time capitalism was blamed instead of the government, I’d be a fat film maker producing movies denouncing capitalism »

@ M. Kevin, attendons de voir ce que fera le Venezuela. Si ça marche, nous pourrions nous inspirer de leur modèle. Un vrai bon mix serait : Un tiers d’entreprises capitalistes, un tiers d’entreprises d’état et un tiers de coopératives incluant des coopératives de travailleurs.

je vous conseillerais de lire
After Capitalism: From Managerialism to Workplace Democracy, de Seymour Melman, qui propose des solutions.
pa

Franchement vous n’aurez pas de félicitations pour vos liens.

Cleaning up After Communism

En avez-vous sur Cleaning up After Alberta capitalism.

Au mois ce serait plus nouveau que 20 ans comme nouvelle.

Très long à lire. Vous devriez lire « L’Émeraude Plus » de juillet 2011 (journal gratuit dans les magasins l’alimentation naturelle – journal non religieux, i.e. pas question de religion) page 9 « Krach économique gigantesque et 3e Guerre mondiale à l’horizon ». Lettre ouverte à toutes celles et tous ceux qui se sentent plutôt concernés par les temps incertains que nouvs traversons.

Les « 13 Familles Illuminati Trillionnaires et Quadrillionnaires » qui contrôlent le Monde entier s’apprêtent à porter un grand Coup Fatal à toute la Structure Économique Globale Actuelle, et ce, dans le courant des années 2011 à 2013…
Comme ils avaient fait pour l’Argentine en 2000-2001 (qui n’était rien d’autre qu’un banc d’essai pour ces crapules richissismes), ces gens vont bientôt dévaluer de force toutes les monnaies nationales, provoquant ainsi des Krachs boursiers à gauche et à droite (pour suite lemeraudeplus.com et encore plus infowars.com ou bien « The Alex Jones Show »)

Ma question est celle-ci : Qui est derrière ou toujours la même chose qui se cache derrière les « 13 Familles Illuminati Trillionnaires et Quadrillionnaires » qui contrôlent le Monde entier? DES PERVERS OCCULTÉS PAR LE DIABLE, VOILÀ, MAIS PAR QUELLE ORGANISATION? ORGANISATION RELIGIEUSE? JE NE SAIS PAS DU TOUT, MAIS JE LE PENSE.

« En avez-vous sur Cleaning up After Alberta capitalism. »

oui : http://www.ethicaloil.org/

« Au mois ce serait plus nouveau que 20 ans comme nouvelle. »

peu importe l’âge, ça montre mon point : le socialisme est hyper pollué

@lemoutongris

Vous citez un prêcheur blogueur.

«EthicalOil.org began as a blog created by Alykhan Velshi to promote the ideas in Ezra Levant’s bestselling book Ethical Oil: The Case for Canada’s Oil Sands»

Prof Solitaire

Je m’attendais à voir une autre stupidité sur la conspiration, mais au contraire, j’ai trouvé ce documentaire vraiment impressionant. Ce gars pense presque exactement comme mes financiers, économistes, visionnaires et scientifiques préférés, qui sont Jim Rogers, Peter Schiff, Max Keiser, Marc Faber, Jacques Attali, Gerald Celente,et Anne Lauvergeon.

Gilles Bousquet:

Le Venezuela est un echec sur toute la ligne. Demandez au Venezueliens. Non seulement les reformes n’ont rien donne du tout, mais la population s’est appauvri.

De plus, c’est le pays d’Amerique du Sud qui a le plus de difficulte a redemarrer son economie.

Le socialisme/communisme/distribution des richesses ne fonctionne pas. C’est encourager le mediocrité. La nature humaine etant ce qu’elle est.

Bel exercice que d’avoir d’abord pris le temps de définir dans son évolution et succinctement le capitalisme pour que nous sachions de quoi il est question de nous sortir, quoi dompter ou quoi dépasser.

Je suis d’accord avec Lorraine Bernier que ça puisse paraître long à lire. Je suis d’accord avec Mathieu #11 et Raphaël Erkoréka #20 que votre texte est excellent ainsi qu’avec Rachad Lawani #16 qu’il expose dans le cadre éditorial retenu l’évolution du concept de capitalisme.

Je crois comprendre qu’à l’époque féodale, la dette s’éteignait avec le souverain; ceux qui lui prêtaient en étaient dépouillés et ils se sont arrangés pour faire évoluer les choses à leur profit au début du XVe siècle en obtenant des titres de propriétés. Au tournant des XIXe et XXe siècles, la création de Sociétés anonymes à responsabilités limitées a ouvert la porte aux impunités de leurs actionnaires pour les dommages causés aux personnes et à l’environnement dans leurs opérations audacieuses.

Vous nous invitez à nous en tenir à deux effets déplorables du capitalisme, l’hyperconsommation et la destruction de l’environnement en raison des règles qui le gouvernaient pendant les années 1945-1970, non seulement au néolibéralisme des années suivantes. Vous y allez en profondeur.

Le capitalisme ne me semble pas particulièrement responsable de la croissance démographique qui a vue la population mondiale passer de un à six milliards au XXe siècle. Conséquemment, méchante progression de l’empreinte humaine attribuable à autre chose que le capitalisme. Il ne faut pas rendre au capitalisme ce qui appartient à d’autres comme la sexualité, le nationalisme ou la religion.

En déclin démographique, le capitalisme n’a pas d’autre choix que la délocalisation des capitaux et des personnes « talentueuses ».

« Vous citez un prêcheur blogueur. »

prouve le contraire. Prouve que le Canada détruit constamment l’environnement sans reboiser, qu’il pend les homos, qu’il lapide les femmes…

« Le capitalisme ne me semble pas particulièrement responsable de la croissance démographique qui a vue la population mondiale passer de un à six milliards au XXe siècle. »

Le fait que la richesse se soit multipliée exponentiellement malgré l’intervention des gouvernements n’est pas un signe que le capitalisme fonctionne? Hé ben…

» Le fait que la richesse se soit multipliée exponentiellement malgré l’intervention des gouvernements n’est pas un signe que le capitalisme fonctionne? Hé ben… » lemoutongris

En effet, c’est si simple que nous n’avons qu’à voir où le gouvernement intervient et où il n’intervient pas.

http://www.youtube.com/watch?v=7QDv4sYwjO0

Et où intervient-ils le plus ?

« FINLAND: As in many other European social democracies, however, high government spending continues to support an extensive welfare state… »

« SWEDEN: Government spending and taxes are very high… In the most recent year, total government expenditures, including consumption and transfer payments, equaled 52.5 percent of GDP… Sweden’s labor regulations remain rigid. The non-salary cost of employing a worker is high, and dismissing an employee is costly and burdensome »

Ces citations mon cher lemoutongris viennent du Heritage Foundation et du WSJ.

http://www.heritage.org/Index/Country/Finland
http://www.heritage.org/Index/Country/Sweden

Il faut avoir pas mal d’imagination pour faire des pays ayant les taux de taxation les plus élevés dans le monde par rapport au PIB (ainsi que les dépenses sociales publiques), pour en faire dis-je des modèles économiques libertariens. Beaucoup d’imagination, pas beaucoup de modèles et la volonté d’avoir l’air fou.

Très intéressant et documenté.
L’histoire des choses est toujours révélatrice ou du moins peut l’être. J’ai hâte de lire la suite..

@ koldo

La Suède taxe beaucoup mais ils ne redistribue pas la richesse (l’un des systèmes d’impôt le plus régressifs de l’OCDE, un trat commun aux pays scandinaves).

Voilà pourquoi le système tient: ceux qui payent des impôts sont ceux qui profitent des services du gouvernement.

Tu veux que je te sorte le lien ?

Mon cher David,

Je crois sincèrement que tu devrais cesser de lire tes niaiseries d’extrême droite et revenir sur terre.

Tu écrivais récemment que le système fiscal américain est un des plus progressifs au monde et tu écris maintenant que le système suédois est un des plus régressifs et qu’il ne redistribue pas la richesse.

Or dans les faits, les données disponibles relativement au coefficient Gini avant taxes et impôts et après, indique une réduction pour la Suède de ,417 à ,232 (43%) ce qui est une des réductions les plus importantes en Europe et dans le monde (avec le Danemark et la Belgique. Les taxes et impôts dans ces pays contribuent effectivement à la redistribution de la richesse et à la réduction des inégalités.

Le système « progressif » américain a pour effet lui de faire passer le Gini de ,457 à ,381 (17%) ce qui est une des pires performances des pays de l’OCDE.

Si tu penses que le gouvernement de droite en place en Suède a changé cet état de fait, tu rêves en couleur.

http://stats.oecd.org/Index.aspx?QueryId=26068&Lang=fr
http://stats.oecd.org/Index.aspx?QueryId=26068&Lang=fr

Le Gini est un coefficient sans importance. Ces inégalités sont naturelles à toute société. Après tout, c’est pas tout le monde qui est né pour être médecin ou ingénieur

Élève koldo, vous êtes indiscipliné…

Taxation is most progressively distributed in the United States, probably reflecting the greater role played there by refundable tax credits, such as the Earned Income Tax Credit and the Child Tax Credit. After the United States, the distribution of taxation tends to be most progressive in the English-speaking countries – Ireland, Australia, the United Kingdom, New Zealand and Canada – together with Italy, followed by the Netherlands, the Czech Republic and Germany. Taxes tend to be least progressive in the Nordic countries, France and Switzerland.

Based on the concentration coefficient of household taxes, the United States has the most progressive tax system and collects the largest share of taxes from the richest 10% of the population.”

http://www.oecd-ilibrary.org/social-issues-migration-health/growing-unequal_9789264044197-en

Professeur Gagnon,

Vous écrivez » La Suède taxe beaucoup mais ils (sic) ne redistribue pas la richesse »

Mais professeur, comment se fait-il que le coefficient qui mesure les inégalités de revenus (GINI) soit nettement moins élevé après taxes et impôts qu’avant. Ne doit-on pas conclure que les inégalités ont été réduites par les taxes et impôts? Sinon par quels phénomènes magiques ?

Pouvez-vous répondre à ces questions ? Après tout, c’est vous le professeur autoproclamé non ?

Alors, la richesse suédoise elle est redistribuée ou pas ?

PS: Pour ce qui est de la « régressivité » des taxes et impôts en Suède, ne serait-ce pas du, monsieur le professeur, à la TVA de 25% ? Mais j’y pense monsieur le professeur Gagnon, n’étiez-vous pas opposé à la mise en place d’une telle taxe pour réduire le déficit de nos amis US?

@ koldo

Tu poses des questions dont la réponse se trouvent intégralement dans les source d’info que je te donne.

La Suède ne redistribue pas sa richesse, son impôts est l’un des moins progressive. Par exemple les taxes à la consommation sont dans la plupart des cas régressifs.

Mais si tu veux en savoir plus:

http://youtu.be/vG51uCrYxVM

À voir absolument si tu veux comprendre et avoir des réponses à tes questions.

David,

SVP réponds à ma question.

Comment peut-on réduire les inégalités de 45% avec les taxes et impôts si selon toi: « la Suède taxe beaucoup mais ils ne redistribue pas la richesse »

Arrête de te réfugier devant des textes tout fait et réponds à la question. J’ai ma réponse mais j’attends la tienne.

@ koldo

C’est dans le vidéo que je t’ai donné.

Il n’y a pas de redistribution de la richesse en Suède, les impôts (taxes) sont basé sur un modèle régressif.

Le faible niveau d’inégalité est surtout culturel: là bas les gens détestent vivre au crochet de l’état. Là bas il n’y a pas de BS de père en fil (c’est comme au Japon). Les gens travailles et l’état, bien que présent, est perçu comme le derniers recours, pas comme un mode de vie.

Tout est expliqué dans le lien que j’ai donné et que tu na pas pris le temps de consulter.

Cher David,

Tu as tout faux et ton site vidéo ne réponds pas à la question. Peut être ne l’as tu pas comprise? Comment peut-on réduire le coéfficient Gini de 45% après taxes impôts de ce qu’il était avant taxes et impôts si (comme tu le dis): » Il n’y a pas de redistribution de la richesse en Suède, les impôts (taxes) sont basé sur un modèle régressif. »

Mon cher David, tu devrais peut être examiner à quoi sert l’argent recueilli par l’état suédois et ça te donnerait une piste. Mais sans doute que tu sais déjà ça. En effet quand on mets dans google les mots » koldo davidgagnon les gouvernements de gauche augmentent les dépenses sociales » le premier site qui nous arrive est celui-là:
http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/2010/03/21/le-waterloo-des-republicains/
tu peux y lire ceci

le 21 mars 2010 20h37 – David Gagnon

« Les gens de gauche augmentent les dépenses sociales et les gens de droite les diminues.
Selon les chiffres de l’OCDE… Il te faut un dessin pour comprendre ? » David

Puisque la Suède a les dépenses sociales les plus élevées des pays de l’OCDE, je suis content de savoir que le modèle économique libertarien est un modèle de gauche. En tout cas, les étudiants qui combattent les hausses des frais de scolarité (décrétés par le gouvernement « syndicalo-socialiste » de Québec) seront contents d’apprendre qu’ils ont l’appui des libertariens qui veulent reproduire ici les qualités du modèle suédois, notamment la gratuité de l’éducation universitaire.

Vive les taxes élevés et les services payés par l’état, vive le modèle économique libertarien.

@ koldo

C’est simple à comprendre. Ceux qui payent des impôts en Suede sont ceux qui ont un retour du gouvernement, il n’y a pas de freeloader. Expliqué dans le vidéo que tu n’a pas pris le temps de consulter (sinon tu aurais déjà compris).

Oui la Suède a des dépenses sociale, mais elles n’ont pas comme fonction de redistribuer la richesses et les taxes qui sont prélevé sont parmi les plus régressives de l’OCDE.

CQFD !

David,

Cher professeur Gagnon je constate que vous ne répondez pas à la question. Comment le coefficient Gini peut-il être réduit de 45% en Suède après taxes et impôts de ce qu’il est avant taxes et impôts si « Il n’y a pas de redistribution de la richesse en Suède » (dixit david)..

Répondez SVP professeur parce que votre évaluation va être à la baisse (déjà qu’elle n’est pas haute)

» Le faible niveau des inégalités en Suède provient de la FORTE REDISTRIBUTION DES REVENUS, réalisée à l’aide de plusieurs types de prestations sous condition de ressources (revenu minimum versé par les autorités locales — prestation conditionnée à l’absence de revenu du travail et aussi du patrimoine —, allocation logement, subventions pour la garde d’enfants, etc.), des prestations liées au revenu d’activité (en cas de chômage, d’arrêt maladie, de retraite, d’arrêt parental), des prestations familiales qui ne sont pas taxées et aussi par l’intermédiaire de la fiscalité directe sur les salaires — entre 26 et 35 % environ au niveau local et avec des tranches de 20 % et 25 % environ au niveau national) et sur les revenus de capitaux (environ 30 %). À un niveau macroéconomique, l’importance de la redistribution peut s’évaluer en calculant LE POIDS DES PRESTATIONS SOCIALES DANS LE REVENU BRUT DES MÉNAGES. En 1970, elles représentaient environ 18 % du revenu disponible des ménages. Ce poids a continué à croître jusqu’au milieu des années 1990. La fin des années 1970 laisse apparaître un point d’inflexion. Le sursaut des années 1992-1994 (38-39 %) résulte de la crise économique. Le poids des prestations sociales diminue légèrement à partir de 1995 jusqu’en 2002 et stagne depuis autour de 35 %. »
(MES majuscules)

http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2007-1-page-31.htm

Mon cher David, pourrais-tu SVP définir l’expression: » prestations sous condition de ressources ». Merci.