Le casse-tête du gouvernement Couillard

Les politiciens ont la mauvaise habitude de penser qu’un message prononcé une ou deux fois a nécessairement atteint sa cible. Ils passent à autre chose, comme si le contribuable était suspendu à leurs lèvres, captant l’essence de l’opération du premier coup.

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Politique

Atteindre l’équilibre budgétaire dès l’an prochain, en 2015-16, impose un casse-tête complexe au gouvernement Couillard. La mise à jour économique et financière dévoilée mardi en fin de journée par le ministre des Finances Carlos Leitao le montre bien.

Les pièces tombent tranquillement en place, mais dans le désordre, ce qui cache la vue d’ensemble et explique en partie les problèmes de communication du gouvernement depuis le début de l’automne.

Depuis juin dernier, les mesures se succèdent et touchent en séquence les médecins, les crédits d’impôt des entreprises, les compressions dans les ministères, la révision des programmes, un brassage de structure en santé, une hausse des frais de garderie subventionnée… et ainsi de suite. Et maintenant, une taxe supplémentaire sur la masse salariale des institutions financières et de l’argent frais dans le Fonds vert pour lutter contre les changements climatiques. Sans compter quelques mesures ciblées, notamment une baisse d’impôt pour les PME manufacturières (de 8 % à 4 %, ce qui ramène leur charge fiscale au même niveau qu’en Ontario).

Bref, des annonces disparates, rapides ; un peu pour stimuler l’économie, beaucoup pour contrôler les dépenses et hausser les revenus… et qui se noient dans le flot de l’actualité tellement elles sont nombreuses. Il s’en dégage une impression de chaos, de trop-plein, qui, au mieux, surprend et déstabilise le contribuable et, au pire, engendre de la frustration.

Je l’écrivais au printemps, lors du dépôt du premier budget Leitao : en théorie, nous sommes tous en faveur de la rigueur budgétaire et du déficit zéro, jusqu’à ce qu’une mesure touche notre portefeuille ou un service que l’on utilise.

Un morceau de casse-tête par ci, un morceau de casse-tête par là. Un bout d’image à la fois. Difficile d’avoir une idée claire du portrait final.

Mais le gouvernement n’a que lui à blâmer.

Le gouvernement Couillard n’a pas réussi son opération «pédagogie», qu’il avait promis de lancer après le budget de juin. Son explication de la route qu’il entend emprunter pour résoudre le casse-tête des finances publiques n’a pas percolé dans l’opinion publique.

Par exemple, pourquoi faut-il revenir aussi rapidement à l’équilibre budgétaire, aux prix de choix douloureux, alors qu’en pourcentage du PIB, le poids de la dette est relativement sain ? Que souhaite faire le gouvernement une fois les surplus de retour ? À l’extérieur du cercle des mordus de la politique, qui sait que le gouvernement souhaite consacrer la moitié des éventuels surplus au remboursement de la dette, et l’autre moitié à éliminer progressivement la taxe santé? (Des sources affirment que si l’économie progresse légèrement plus rapidement que prévu, l’annonce sur la taxe santé pourrait d’ailleurs survenir dès le budget 2016-17.)

Les membres du gouvernement semblent être les seuls à savoir à quoi va ressembler le portrait final. Malgré un plan qui est probablement logique et cohérent — les forces de Philippe Couillard, très cartésien —, le gouvernement souffre des faiblesses de son chef : distant et peu instinctif dans ses communications. Ce qui complique l’opération délicate en cours. Encore davantage lorsqu’il brise une promesse aussi visible que les frais de garderie.

Philippe Couillard avait pourtant annoncé ses couleurs dans son discours inaugural, affirmant que le temps des demi-mesures est terminé et que des choix difficiles s’annonçaient pour en finir avec les déficits structurels et l’alourdissement de la dette.

Mais les politiciens ont la mauvaise habitude de penser qu’un message prononcé une ou deux fois a nécessairement atteint sa cible. Ils passent à autre chose, comme si le contribuable était suspendu à leurs lèvres, captant l’essence de l’opération du premier coup. La réalité est tout autre : il est plutôt occupé entre le travail, la maison, les cours des enfants, le souper du soir… Le premier ministre et ses plans ne sont pas des priorités. Alors que le message devrait être répété pendant des mois, le politicien s’impatiente, bifurque et pense que le travail de communication est terminé. Erreur.

Sur ce plan, la mise à jour économique est instructive. Comme si le gouvernement souhaitait faire baisser la tension en montrant pour la première fois l’image finale qu’il tente de résoudre. Une vision d’ensemble du casse-tête.

Ainsi, on affirme que 84 % des mesures pour atteindre le déficit zéro sont en place et qu’elles ont déjà été annoncées depuis le mois de juin.

C’est 6,1 milliards de dollars sur les 7,3 milliards de dollars qu’il cherchait à identifier. «Le gros du travail est fait», a dit le ministre Carlos Leitao en point de presse, ajoutant qu’il n’y aura plus de mesures importantes qui touchent les contribuables. L’objectif du déficit zéro en 2015-16 est réaliste, dit-il.

Le portrait est toutefois encore partiel. Le 16 % restant devra être déniché d’ici mars. C’est tout de même 1,2 milliard de dollars encore. Ce ne sera pas facile.

Pour y parvenir, Québec va notamment compter sur une hausse des transferts d’Ottawa, une diminution des intérêts sur la dette et une réduction des effectifs de l’État. Et va prier pour que l’emploi redémarre. Car si les dépenses ont été prises en main, et les revenus sont en hausse, les pertes d’emplois demeurent un frein à la croissance.

Un gouvernement qui se lance dans un exercice budgétaire aussi périlleux en sort rarement populaire ou indemne. D’ici au prochain budget, en mars ou avril, le gouvernement Couillard a encore devant lui des mois difficiles.

En ce sens, emprunter dès le départ une voie à la Lucien Bouchard, celle du consensus de la société civile autour de l’objectif du déficit zéro, aurait été préférable. En 1996, les choix étaient tout aussi souffrants, mais l’image du casse-tête était plus limpide. Les contribuables comprenaient où devaient tomber les morceaux.

(Il faut toutefois ajouter qu’un chef du PQ a plus facilement le bénéfice du doute de la part des syndicats qu’un chef libéral dans ce genre d’exercice, et que Bouchard était extrêmement populaire dans l’opinion publique. Il sortait d’un référendum où il marchait presque sur les eaux. Ce n’est pas exactement le cas de Philippe Couillard. Il a créé la commission de révision des programmes de Lucienne Robillard pour s’aider sur le plan des idées et de la pédagogie, mais l’exercice n’est pas un succès jusqu’à présent.)

N’empêche, la réussite d’un gouvernement ne se mesure pas qu’à l’atteinte de ses objectifs comptables, mais également à sa capacité d’amener les gens à adhérer au plan d’ensemble. Pour la cohésion sociale, c’est primordial.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

Laisser un commentaire

Et bien moi je pense que c ‘est correct ainsi… car sous d’autres cieux, on aurait fait quoi???? Qui propose un autre plan que celui-ci? Il faut rester
critique, mais la job à faire est infernale et restera toujours impopulaire. En gros, il semble qu’en 2003 on a cessé rapidement le redeseign de l’État
québécois et il résonne encore à mes oreilles la phrase juteuse de l’ex-ministre péquiste, député de Rousseau, monsieur Marceau: On n’a pas été
bien bons…Dans les 2 cas, ces Gouvernements furent finalement battus. En conséquence, on se retrouve avec une population qui s’est fait vendre
par la CAQ qu’on s’en allait dans le mur et qu’on pouvait assainir les finances publiques sans toucher à la classe moyenne. Depuis le temps qu’on
en parle, je pense que ce Gouvernement n’a pas le choix de passer à l’acte… because le cotes de crédits!!!!! Suis-je endoctriné? Suis-je en train d’en
fumer du bon? Non, je dis tout simplement, qu’il est rationnel voire carthésien -dites-vous- d’essayer de prendre le taureau par les cornes. On
n’est pas à mon sens dans l’austérité… Mais si on prend des années à réaliser un début de discussion sur l’équilibre fiscal… Viendra un temps où
ce ne sera pas nous qui discuteront des conditions, mais des firmes externes qui à grands frais nous DICTERONS la taille de notre État québécois.
Oui, j’aime tellement le Québec, que le passage d’un hiver dans les finances publiques peut m’amener à saisir que les printemps et les étés qui
se dégageront d’un budget équilibré, en vaut le coup. Il ne faut plus devenir des abonnés à des déficits récurents. Le grand économiste qui a dit que des déficits AFECTÉS à des dépenses publiques pour stimuler l’économie… doivent être suivis par des rembousements de cette dette… dans les bonnes années. Comme, la meilleure année fut un déficit zéro, il y a encore du chemin à faire… Soyons réalistes, il faut être assez patients pour passer
le prochain 6 mois… avant de sortir des milliards QUE L’ON N’A PAS, pour relancer (soit disant) l’économie. La grande peur des Oppositions:
C’est que ça redémarre d’ici 6 mois… Avec un bugget équilibré et des entreprises PAS PLUS TAXÉES qu’en Ontario. Lâchons pas. On est capables!

“emprunter dès le départ une voie à la Lucien Bouchard, celle du consensus de la société civile autour de l’objectif du déficit zéro, aurait été préférable” dites-vous !

Le consensus de la société civile n’est rien d’autre que des paroles sans fondement pour dire aux citoyens ce qu’ils veulent entendre pourtant bien connu de la part du PQ pour se faire réélire et creuser encore plus le fossé de la dette.

Les citoyens voudraient bien que le Québec n’ait pas de dette mais non de la payer tout comme si l’argent poussait dans les arbres. Nous n’avons qu’à constater le bilan personnel des familles du Québec qui ne cesse d’augmenter alors que la moyenne de rémunération diminue.

Nous ne sommes plus au temps de l’inertie qui a conduit le Québec dans l’état lamentable qu’il est devenu. La social-démocratie tant prisée par le PQ n’a mené nul part autre que dans des déficits accumulés en dette catastrophique.

Nous n’en sommes pas plus à l’époque de la comparaison du pourcentage du PIB, un mirage qui a suffisamment duré et ne sert qu’à augmenter la dette et payer de plus en plus d’intérêts annuels (près de 11 milliards) qui pourraient servir à payer pour des services. Nous ne sommes plus à l’ère révolue des années 1970-2010.

Il faut se faire une idée et ne pas changé aux cinq minutes selon notre humeur du moment ou lorsqu’une mesure ne fait pas notre affaire sinon il faudra des centaines de milliers de garderies pour adultes qui raisonnent comme des enfants.

Le Québec fait face à 40 ans d’incurie sur l’entretien des infrastructures. Selon toutes attentes, il s’agit de plus de 5$ milliards pour 2014-2015 et de près 8$ pour 2019-2020. Cette facture faramineuse exigera des déboursés durant une période de plus de 15 ans.

Si les journalistes dépensaient autant de temps pour faire connaître à leurs lecteurs, les tenants et aboutissants des mesures mises en place au lieu de passer leurs temps à poignarder à tort et à travers tous ceux qui ne disent pas ce qu’ils veulent entendre, l’information circulerait.

Ceci me fait penser au pont de Québec que le maire Labaume veut faire peinturer. Hors le CN sait très bien que peinturer une structure de plus en plus défaillante et rouillée ne comporte aucun correctif. De plus, le CN a peut à gagner en terme de revenu mais beaucoup à perdre en terme de dépenses pour traverser sur la rive Nord pour desservir la ville de Québec, où les secteurs industriels et manufacturiers sont carrément inexistants.

D’ailleurs le Lac St-Jean est desservi par le CN par la rive Nord. Il suffirait que le CN s’entende avec le CFQG pour desservir la ville de Québec par la rive Nord. Si ce n’était des provinces maritimes, la région de la ville de Québec ne serait plus sur la carte ferroviaire depuis longtemps.

Le train n’est pas un service public mais un mode de transport servant au développement économique, il n’est donc plus depuis un demi siècle tributaire de dépenses inutiles causé par le déplacement et développement du bassin de production secondaire vers la grande région de Montréal.

Je suis entièrement d’accord avec vous. La gros de la population a besoin de se faire répéter plusieurs fois les nouvelles règles du jeu . Mais ceci ne sera efficace que si parallèlement le gouvernement est à l’écoute des réactions du peuple.
J’ai cru au début que Mr. Couillard agirait en bon père de famille, i.e. qu’il prendrait le temps de nous exposer les tenants et aboutissants de la situation, de sorte à nous faire cheminer avec lui, en ne perdant pas de vue les objectifs finaux.
Merci, Rami Hamam

Votre texte contient de nombreux points sur lesquels j’aimerais revenir, mais je vais me contenter du suivant : « En ce sens, emprunter dès le départ une voie à la Lucien Bouchard, celle du consensus de la société civile autour de l’objectif du déficit zéro, aurait été préférable. » Ah la société civile, le beau concept! Il faut comprendre deux choses ici : 1) en 1996, Lucien Bouchard n’avait pas été élu pour faire le ménage dans les finances publiques et il avait besoin d’aller chercher une forme de légitimité et 2) Bordel, on as-tu eu des élections le 8 avril dernier? On a voté pourquoi alors? Il me semble que les partis anti-rigueur budgétaire ont lamentablement perdu leurs élections (QS et PQ)! Donc le gouvernement devrait s’assoir avec ses opposants idéologiques. Hmmm alors abolissons les élections et organisons des tables réunissant la société civile à la place…

Quelle société civile? Je me rappelle en 1996 qu’il y avait autour de la table la FTQ, l’Alcan, le président du mouvement Desjardins, etc. Qaund on additionnait le membership de chaque organisation on se rendait compte que 12 millions de québécois étaient représentés à cette grande messe! Le type qui travaillait à l’Alcan qui était syndiqué à la FTQ et qui avait un compte à la caisse Desjardins était représenté par 3 personnes qui avaient chacune leur intérêt personnel en tête ou leur grille de lecture respective. Il me semble qu’on a des élections justement pour élire des représentants du peuple qui seront au-dessus des considérations propres à chaque groupe d’intérêt (ou de pression).

Le processus électoral aurait plus de poid si les partis politiques peuvent développer des plate-formes claires et distinctives et aplliquer leur programme une fois élu. Le problème au Québec est que tout le monde a sensiblement les mêmes politiques et que tous ont le réflexe de venir piger dans les poches des contribuables, car il ne faut pas déplaire à la société civile..

À cet effet, j’invite tout le monde à lire l’excellent blogue de Mario Roy et de sa dénonciation de ce concept de société civile.
http://marioroy.info/2014/12/01/apres-le-petit-robert-voici-le-petit-gabriel-1/

L’exercice est probablement périlleux voire suicidaire parfois, la manière n’est pas celle dont on voudrait se le faire dire sauf que nous avons affaire à des économistes de très hauts niveaux qui n’ont pas l’habitude de prendre 4 chemins. Je ne vois pas beaucoup de grognes dans les différents blogues, elle se situe plus dans les médias et les syndicats, bien sur. L’opposition officielle selon le constat de Nicolas Marceau me donne l’impression qu’il n’aurait pas eu ce courage d’aller jusque là. J’affirme depuis toujours comme vous le soulignez si bien d’entrée de jeu que oui l’état c’est nous le contribuable alors on ne peut pas virer le problème à l’envers car plus on demande de services avec une certaine gratuité, on sera le contribuable qui paiera la note de toute façon, ce n’est pas sorcier. L’épuration des programmes est en soi un très bon exercice car ça fait tellement longtemps qu’on ajoute ci ou cela, une contribution par ci, une autre par là, idem pour les subventions à tout vent. Pourquoi lorsque les gouvernements financent un projet, y-a-t-il toujours de l’abus? Sans gravité, c’est le gouvernement qui paie. Ex: le dossier des garderies, les CPE coûtent une fortune au gouvernement comparativement à une garderie privée, Pierre-Yves McSween en fait la démonstration dans l’édition de La Presse du 3 décembre.

Il faut laisser la chance au coureur. Le PLQ a été élu majoritaire.. il n’y a que 8 mois.. Il faudrait faire preuve d’un peu plus de maturité.. Du ménage mais pas dans ma cour? Un peu de cohérence, svp.

Ce qui m’indigne le plus, c’est la tolérance des journalistes envers l’opposition péquiste, laquelle, dans son délire nationaliste transgresse à qui mieux mieux les règles démocratiques et met toutes ses énergies dans l’avènement de l’enfant prodige du Québec à la présidence de leur pays imaginaire.. Les élus péquistes dérogent du rôle de l’opposition pour lequel ils ont été élus.

C’est complètement irresponsable. Le code de déontologie est absent chez nos diffuseurs de l’information. Qu’est devenue la rigueur journalistique?

Notre élite est malade de sa souveraineté et notre démocratie menacée.. Il est là le cœur du problème au Québec..

Honte aux boomers égocentriques qui en restant accrochés à leur rêve dépassé nuisent aux jeunes générations.

chère libéral vous avez élue le doc après avoir voté Charest et ses dépenses sans fin. ses petits amis alors les gens ont voulu avoir un autre gouvernement mais ils n’ont pas choisi le bon là non plus Le seul qui aurait pu nous sortir du pétrin c’est François Legault, mais les gens ont peur du changement, moi j’ai déjà voté libéral, et PQ je vote pour la tete dirigeante et un médecin? il est peut-être bon médecin mais comme premier ministre! Quand on a eu une compagnie florissante ont peu faire confiance qu’il sera capable de gérer le Québec

Vous savez ce qui vous disent les »baby boomers » ? Les jeunes générations si critiques de leurs prédécesseurs sont nées »une cuillère d’argent dans la bouche », profitant des acquis chèrement obtenus par les efforts et sacrifices des générations précédentes. Habituées à une consommation ridicule, limitant leurs ambitions au court terme, elles ne n’ambitionnent trop souvent que les apparences et les profits immédiats, fruits de leur individualismes d’enfants gâtés, sans adhésion à des projets de société ambitieux. Pourtant ce ne sont pas les défis qui manquent : plus de convivialité, de justice, d’éducation (50 p.c. des québécois souffrent »d’illettrisme fonctionnel », voilà qui ne présage pas d’une société »allumée », un environnement préservé, bref, bien des objets de réflexion, d’action, pour une jeunesse dynamique, plutôt que d’échafauder des fantasmes de »Soleil vert » àl’encontre de leurs prédécesseurs.

Mon commentaire sera simple mais élogieux pour M. Castonguay.

Votre texte est vraiment instructif, remplis d’éléments d’informations et de conseils judicieux pour un Gouvernement peu importe la couleur car votre constat et vos suggestions sont très pertinents pour un environnement politique de de communication.

Votre analyse dépasse les simples constats et commentaires de 1er niveau que l’on retrouve trop souvent, un véritable travail journalistique.
Merci M. Castonguay

« Par exemple, pourquoi faut-il revenir aussi rapidement à l’équilibre budgétaire, aux prix de choix douloureux, alors qu’en pourcentage du PIB, le poids de la dette est relativement sain ? »

Présentement, si on compte la dette de la province et la part de la dette fédérale qui revient au Québec, je crois qu’on pète le 100% du PIB. Ce n’est pas relativement sain, quand les économiques disaient qu’en haut de 70% on fait faillite!

Le gros problème avec la dette, c’est pas la dette elle-même, le problème ce sont les intérêt de la dette. Au Québec, c’est le troisième poste de dépenses après la santé et l’éducation. Les paiement d’intérêt sont de 11 milliards de dollars alors que les taux d’intérêt sont au plancher. Quand les taux vont remonter, et ils vont remonter un jours, ce seront plusieurs centaines de millions qui vont s’ajouter et là on sera vraiment dans le gros trouble!

La réponse à votre question, vous en retrouverez les détails dans mon commentaire, deuxième de la première page.

Votre billet est on ne peut plus juste, il établit de manière pertinente que le premier défi du gouvernement est de soigner la qualité de sa communication de manière à construire un climat de confiance avec la population. Ce qui est aussi un prérequis indispensable pour relancer l’emploi.

À ce chapitre de l’emploi, il existe un quasi consensus dans la sphère économique un peu partout dans le monde, quant au fait que c’est maintenant qu’il faut prendre des mesures de relances significatives pour les entreprises. Ce sont des mesures fiscales, mais aussi des mesures qui facilitent l’accès aux capitaux pour : les entreprises en devenir, en démarrage et encore les entreprises établies pour qu’elles puissent se doter des outils et former leurs employés en fin de progresser sur la qualité et la productivité.

Je comprends que les mesures envisagées par le gouvernement sont conditionnelles au retour de l’équilibre fiscal, si ce n’est comme vous le mentionnez, que la marge de manœuvre supplémentaire ne sera disponible dans le meilleur des cas que d’ici le 31 mars 2016, comme cette marge ne représentera encore pas une manne assez substantielle pour doper l’emploi.

À ce train-là, lorsque de nombreuses économies auront gagnées du mieux, nous continuerons encore à tirer de l’arrière. C’est sur la colonne des revenus que le gouvernement doit en priorité pour son prochain exercice budgétaire concentrer toute son attention.

Cette solution que nous observons actuellement, laquelle consiste à augmenter toutes sortes de petits prélèvements par-ci par-là, cela ne relève à toutes fins pratique que des expédients.

Si vraiment nous n’avons réellement plus les moyens de fournir des services adéquatement. — Eh bien abolissons-les ! Cela créera automatiquement de nouveaux emplois pour offrir des services privés de substitution. La nature par principe a horreur du vide !

Que le gouvernement veuille rapidement atteindre un hypothétique équilibre pourquoi pas ? C’est un objectif légitimement acceptable. Que pour obtenir ce résultat, il saccage le tissus social existant, c’est une affaire de politique et c’est aux électeurs de juger de cette opportunité. Mais qu’il veuille nous faire prendre »des vessies pour des lanternes », en s’arrogeant une part de l’effort par le transfert de certaines dépenses aux échelons régionaux donc de nos taxes, c’est déjà plus discutable, mais quand il prétend obtenir un effort du capital en feignant d’ignorer que celui-ci se traduira sans contrainte aux utilisateurs, c’est prendre les québécois pour des imbéciles. Le courage réel, celui de la vérité n’est, à l’évidence, pas l’apanage de certains politiques…. Un acte de gouvernance eut été d’expliquer jusqu’à l’adhésion la nécessité de la liquidation du déficit de la province, légitimant un effort collectif équitable, partagé réellement par tous, y compris par le capital et par les revenus du capital, pour en faire une cause nationale. On est hélas dans la friponnerie de la dissimulation et du favoritisme