Le chiffre: la deuxième mort de Gutenberg

50 % + 1

Proportion de livres électroniques vendus par amazon.com le jour de Noël. Autrement dit, le 25 décembre, Amazon a reçu pour la première fois de son histoire davantage de commandes de livres électroniques (à télécharger sur Kindle, par exemlpe) que de commandes de livres imprimés. (Amazon n’a pas indiqué la proportion exacte.)

Comme le note Charlie Sorrel, de Wired.com, cela signifie surtout que les personnes ayant reçu un Kindle ou autre lecteur électronique à Noël se sont jetés sur leurs ordinateurs pour acheter du contenu.  Cette pointe est donc exceptionnelle. Elle n’en reste pas moins un repère dans la transformation de notre façon de lire.

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9 commentaires
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Alors les gens lisent dans la même proportion mais sur un support différent. Que lisent-ils ? Le support nouveau et la facilité d’accès à la littérature auront-ils une influence sur la qualité du contenu ? Roman, essai, littérature savante, etc ?

Si l’écran pouvait voir s’écraser les oiseaux qui se cachent pour mourir…

Je pense que nous n’avons rien vu.

Attendez que l’encre électronique qui se plie comme une feuille de papier se propage.

Les livres électroniques actuels sont lourds et encombrants.

Cela me fait penser au début de la télévision qui devait sonner la mort du cinéma. Rien ne peut remplacer un vrai livre. C’est une mode et je ne crois pas que ce truc va persister.

Espérons que le message sera entendu du ministère de l’éducation, au lieu de s’arracher le dos avec des sac à dos gigantesques, ils pourront peut-être lire d’avantage en autobus durant les trajets jusqu’à l’école. On ne peut être contre la vertue tout de même.

@Mme Legault, j’espère qu’on pourra lire sur nos téléphones bientôt malgré que mes salles de bains ressemble d’avantage à des salles de lecture, ça serait plus écologique si sur un même support nous avions tous nos médias, outils de communication, documents personnels et professionnels, carte d,autobus, de guichet, dossier médical, dossier criminel et de conduite, cartes d’affaires, gps etc ainsi que tous les logiciels personnels et professionnels. Un format du type carte de guichet accroché sur une chaine pourquoi pas serait encore plus appréciable. Les optométrices ont un bel avenir en perspective.

Ces chiffres sont trompeurs car ils sont le fruit que des bas prix de départ qu’offre la nouvelle technologie .
Un livre de 40$ vaut 10$ lorsque numérisé
Le livre ne sera jamais remplacé mais il devra se bonifier en illustrations ,en qualité de papiers rares et en reliures
Les collectionneurs des 500 années de publications ne cesseront pas d’exister
Étant libraire de livres rares la clientèle régionale que nous perdons à cause
d’internet nous la doublons encore à cause d’internet
Au lieu d’avoir 7 millions de francophones comme clients potentiels pour les livres français nous avons 400 millions de Québecois français francophones et francophiles de toute la Planète
Certains livres trop scientifiques ou trop artistiques ou rares ne seront jamais numérisable et il y aura toujours autant de différence entre une peinture numérisée et une véritable peinture .
Cette mode actuelle de livres numérisés est surtout pour les romans éphémères ou pour les livres documents très anciens pas du tout accessibles
Gutenberg peut dormir en paix et s’occuper de dépoussérer la bilblio céleste

Reste à voir si les livres électroniques suivront la même voie que la musique. Ce qui manque je crois, c’est un format de fichier pour les unifier tous, comme le mp3 l’a fait pour la musique.

La gente féminine: « Espérons que le message sera entendu du ministère de l’éducation, au lieu de s’arracher le dos avec des sac à dos gigantesques, ils pourront peut-être lire d’avantage en autobus durant les trajets jusqu’à l’école. »

Comme ça, mes garçons n’auront plus l’excuse d’avoir « oublié » un livre à l’école! :o)

christian

J’ai fait le saut moi aussi pour noël… avec un lecteur de livre électronique Sony (le Kindle n’étant pas disponible ici).

Je trouve la chose intéressante, mais ça ne me convainc pas encore. Un livre, c’est une technologie superbe. Tu peux l’ouvrir, sauter directement à la page 150 et le refermer.

C’est bien donc pour lire des romans, de la première à la dernière page, mais pour bien d’autres choses, ça ne remplace pas le livre. D’ailleurs, on sait tous ce que cela laisse présager. Malgré toutes les bonnes intentions de commercialiser, de vendre le livre, la majorité vont utiliser ces lecteurs pour télécharger des livres gratuitement. Non seulement ça, même si on les paye ces livres, ça cause aussi problème. Un peu comme les clubs vidéos, dans les années 90, il y en avait un dans tous les petits quartiers, dans toutes les villages. Ces commerces se font de plus en plus rare aujourd’hui.

Bon, on s’en fout un peu des clubs vidéo. Mais les librairies, c’est autre chose complètement. Alors, qu’est-ce qui arrivera si le marché du livre se retrouve en ligne comme celui du film et de la musique?

C’est une question pour Internet aussi. Veut-on vraiment d’une économie aussi centralisée que cela, comment la richesse se redistribue si elle revient à un distributeur qui n’a besoin d’aucun personnel. Il n’y a plus de chaîne de distribution ici. Que le livre écrit… et revendu tel quel, en format digital, sur le web. Le commerce est une source importante de l’économie postindustrielle. Si l’internet commence à bouffer toutes les autres formes de commerces… qu’est-ce qu’il restera de nos communautés hors ligne? Des restaurants et des dépanneurs?

L’Internet non seulement engouffre la somme des activités et des interactions humaines, mais tend aussi à rendre le simple fait de sortir de la maison inutile. Le travail, en tant que tel, si on réussit vraiment cette transformation, que restera-t-il? C’est très bien, éliminer le besoin du travail superflus. Qu’importe si on a plus besoin du vendeur au coin de la rue pour nous vendre un disque? Mais comme l’industrialisation a éliminer l’esclavagisme, comme l’automatisation, la robotisation et le perfectionnement des procédés nous a emporté dans l’ère postindustrielle (où les services étaient supposés remplacer la vieille économie), maintenant c’est au tour d’Internet d’étendre son potentiel et de transformer la société. Une société qui verra probablement de plus en plus de centre commerciaux fermer leurs portes, par manque de marchandise à vendre qui ne se vend pas déjà mieux en ligne.

Ce qui est certain, pour l’instant, c’est que l’Internet est hypercentralisé. Une majorité des grappes de serveurs est entre les mains de quelques géants: Google, Amazon, Microsoft, etc.

C’est comme la musique… Un jour tu as toutes sortes de petits commerces qui gagnent leur vie à vendre des disques. Le lendemain, pratiquement tous ces profits reviennent à une seule entreprise, Apple. C’est bien dans un sens, je ne suis pas néo-luddiste ou Kaczynskiste, je ne m’attache pas au «bon vieux temps». S’il y a moyen de faire mieux, on le fait… et on trouve autre chose pour faire rouler l’économie. Même si la nécessité pratique du travail devient toujours moindre dans l’absolu.

La propriété intellectuelle dans tout cela est crucial, car si le travail commerciale et industrielle se réduit, de plus en plus notre économie en sera une d’idées. La fameuse économie créative. Mais en même temps, dans ce Nouveau Monde, il y a un acharnement simultané à libérer l’information. À rendre tout gratuit. Donc, non seulement le travail «productif» disparait, mais celui «créatif» se partage. C’est un point de bascule qu’il faudra éventuellement adresser de façon lucide, car le livre n’est que la pointe de l’iceberg. Il y a des tensions de tout côté qui affectera l’économie, le savoir et son partage, le commerce et l’industrie, jusqu’aux économies du néant, celle des banques, des assureurs et des publicitaires, qui dépendent entièrement de l’économie réelle. Pendant ce temps, on nous présente des graphiques qui expliquent la crise économique et ce qu’on doit faire pour la «création d’emplois», mais on ne questionne pas trop le fait qu’au coeur de l’économie, il commence à y avoir une désintégration de la société postindustrielle. On entre dans une société hyperréaliste, selon la terminologie de Baudrillard. Le Libre-Marché du monde hyperréel sera une élucubration fascinante, car elle comptera encore ses détracteurs qui défendront de vieilles idées (ie le socialisme) dans un monde qui ne requiert plus tellement notre présence pour fonctionner. Sauf dans les détails… et le besoin toujours présent de créativité, qui malheureusement ne sera pas justement récompenser et dont les profits ne se répandront plus sur un groupe tellement large de personnes.