Le Congrès prêt à soutenir des frappes contre l’État islamique en Syrie

Ces dernières semaines, républicains comme démocrates ont fait pression sur Obama pour qu’il étende sa campagne contre l’État islamique (EI) en Irak jusqu’en territoire syrien. Une tendance interventionniste qui n’est pas étrangère au fait que près de 7 Américains sur 10 estiment que l’EI représente une menace pour les États-Unis.

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Photo : AFP/Getty Images

Représentants et sénateurs retournent au travail, ce lundi, pour une session parlementaire écourtée par la tenue des élections de mi-mandat, prévues le le 4 novembre prochain.
Politique

Au cours des dernières semaines, plusieurs membres du Congrès des partis démocrate et républicain ont critiqué l’administration Obama en invoquant l’absence de stratégie pour lutter contre les militants de l’État islamique (EI).

Mardi dernier, le sénateur démocrate Bill Nelson (Floride) affirmait qu’il comptait proposer une résolution accordant à Obama l’autorité du Congrès pour frapper des cibles de l’EI en Syrie.

À la Chambre des représentants, le président de la commission des affaires étrangères, le républicain Ed Royce (New York), tout comme le démocrate Eliot Engel (New York), ont aussi manifesté leur appui à des frappes aériennes.

À la suite de cette déclaration, le républicain Frank Wolf (Virginie) a signifié qu’il allait mettre sur pied un projet de loi permettant au président Obama de recourir à la force pour combattre l’EI et d’autres groupes terroristes, comme al-Qaida, Boko Haram et Al-Shabbaab.

Contrairement à ce à quoi les élus du Congrès nous ont habitués dans les dernières années, l’appel à une intervention militaire pour combattre l’EI, dans la foulée de l’exécution de deux journalistes américains, n’est pas uniquement venu de faucons du Parti républicain, comme les sénateurs John McCain (Arizona) et Lindsey Graham (Caroline du Nord). De nombreux démocrates et républicains du Sénat et de la Chambre des représentants ont fait pression sur Obama pour qu’il étende sa campagne contre ce groupe terroriste en Irak jusqu’en territoire syrien.

Cette tendance interventionniste n’est pas étrangère au fait que 67 % des Américains croient que l’EI représente une menace pour les États-Unis. À la fin du mois d’août, c’était 63 % de la population américaine qui était en faveur de frappes contre les militants de l’EI en Syrie, alors qu’à pareille date l’an dernier, seulement 20 % souhaitaient voir la tenue de frappes contre le régime de Bachar al-Assad.

À moins de deux mois des élections de mi-mandat, sénateurs et représentants sont plus que jamais à l’écoute des inquiétudes de leur électorat. C’est en bonne partie la raison pour laquelle plusieurs d’entre eux n’hésitent pas à se positionner en faveur de frappes aériennes en Syrie.

Malgré que ces législateurs réclament une intervention et qu’ils envisagent de débattre de la stratégie de l’administration Obama une fois qu’elle sera rendue publique mercredi, il se peut qu’aucun vote sur la question n’ait lieu au Congrès.

Le risque de la prise de position

Tenir un vote sur une intervention militaire, alors que les élections approchent à grands pas, pourrait s’avérer trop risqué pour plusieurs élus dont le siège est en jeu.

Bon nombre d’entre eux ont retenu quelques leçons de la débâcle américaine en Irak et agissent avec prudence afin de ne pas voir leur nom associé à une opération militaire qui aurait tourné au vinaigre. Ils préfèrent rendre public leur appui à des frappes pour démontrer aux Américains qu’ils prennent au sérieux la menace de l’EI sans avoir à se prononcer par le biais d’un vote qui, en cette saison électorale, retiendrait beaucoup d’attention médiatique.

La rencontre de mardi entre Obama et les leaders démocrates et républicains des deux chambres du Congrès sera l’occasion, pour les législateurs, de se familiariser avec la stratégie du président et de tenter de minimiser les conséquences électorales de leur appui à une lutte contre l’EI en Syrie.

Barack Obama rendra publique sa stratégie mercredi, et il serait peu probable qu’il demande l’aval du Congrès, puisqu’il affirme déjà détenir l’autorité nécessaire pour défendre la population américaine.

Vincent Boucher
Chercheur en résidence, Observatoire sur les États-Unis
Chaire @RDandurand @UQAM

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À propos de la Chaire Raoul-Dandurand

Créée en 1996 et située à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques compte une trentaine de chercheurs en résidence et plus de 100 chercheurs associés issus de pays et de disciplines divers et comprend quatre observatoires (États-Unis, Géopolitique, Missions de paix et opérations humanitaires et Moyen-Orient et Afrique du Nord). On peut la suivre sur Twitter : @RDandurand.

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Il est évident que l’on s’applique à frabiquer notre consentement pour aller bombarder la Syrie.
Depuis trois ans on cherche le moyen d’obtenir le feu vert de la part de l’ONU et de la population pour de nouveaux bombardements « humamnitaires » en Syrie afin de déloger Assad et y installer un pion servile et docile du genre islamiste dit « modéré ».

Plus de détails ici:

https://www.facebook.com/notes/serge-charbonneau/on-sapplique-%C3%A0-fabriquer-notre-consentement-pour-les-bombardements-syriens/954111837938746

Serge Charbonneau
Québec

La guerre sainte est enfin reconnue. Il y va de notre survie à tous. Il faut éliminer les sous-humains qui se comportent comme des animaux. Combattre les extrémistes islamiques est le devoir de tous les habitants de la terre.

Les États-Unis vont au secours de Bachar El Assad! On aura tout vu. L’Axe du Mal devient graduellement l’Axe du Bien (l’Irak des « bons » sunnites, l’Iran, la Syrie « autoritaire »…).