Le danger des accommodements déraisonnables

Le principe — souhaitable — des accommodements raisonnables est menacé tant par l’ouverture déraisonnable que par la fermeture déraisonnable, explique Jérôme Lussier.

L’Université York fait les manchettes depuis une semaine avec l’histoire de cet étudiant qui a demandé d’être exempté d’un travail de groupe parce qu’il aurait à interagir avec des femmes — demande à laquelle l’université a eu la mauvaise idée d’accéder. (Dans les faits, le professeur a ignoré l’avis de l’université et refusé la demande de l’étudiant, mais c’est une autre histoire. L’université, elle, maintient sa décision.)

La demande de l’étudiant était déraisonnable et la réponse de York a soulevé un tollé général. À tel point que tous les partis politiques fédéraux — conservateurs, libéraux et néodémocrates, croque-mitaines unis contre la Charte péquiste et épouvantables porte-étendards du multiculturalisme islamisant — ont dénoncé la décision de l’université.

Cette décision est effectivement erronée, pour deux raisons.

D’abord, sur le plan des principes, parce qu’elle accorde trop d’importance à certaines prescriptions religieuses, à l’encontre de la norme occidentale d’une société où hommes et femmes peuvent travailler ensemble et occuper les mêmes espaces publics jusqu’à preuve du contraire.

Quand il s’agit d’examens médicaux, voire de baignade, l’argument de pudeur peut certainement justifier des accommodements. Mais quand il s’agit de participer à un exercice de groupe, dans une institution publique mixte, tout habillé et à la distance voulue de l’autre sexe, cette ségrégation n’a pas à être sanctionnée par l’État. Le critère de raisonnabilité ne semble pas satisfait.

Au plan plus politique, la décision de l’Université York est problématique dans la mesure où, en étirant à ce point la notion de raisonnabilité, elle accrédite involontairement les thèses rigides des opposants à toute forme d’accommodement.

Bien que motivée par un désir évident d’ouverture et d’inclusivité, cette décision aberrante fait le jeu des chantres de l’intolérance, qui l’invoquent pour fouetter leur base et attaquer les notions mêmes d’accommodements et de liberté religieuse.

À la manière des climatosceptiques qui pointent une tempête de neige pour réfuter le réchauffement de la planète, certains commentateurs favorables à la Charte des valeurs ont brandi l’incident exceptionnel de York pour jeter le bébé avec l’eau du bain, justifier leur hostilité envers les accommodements et insister sur l’importance des «balises claires» (qui, dans les faits, remplaceraient le critère souple et ouvert de raisonnabilité par des restrictions rigides et uniformes).

Or, le principe des accommodements raisonnables, bien compris et correctement appliqué, demeure le seul qui soit compatible avec les démocraties libérales contemporaines.

Dans son essence même, cette règle stipule que certains accommodements seront jugés raisonnables — et que d’autres ne le seront pas. La kippa ou le hidjab d’un(e) fonctionnaire ne dérange personne et il est parfaitement raisonnable de les tolérer.

Par contre la demande hypothétique d’un conducteur de métro d’arrêter son train cinq fois par jour pour prier serait déraisonnable et devrait être refusée.

Le principe — souhaitable — des accommodements raisonnables est en effet menacé tant par l’ouverture déraisonnable que par la fermeture déraisonnable : l’accommodement universel au nom d’une tolérance déboussolée viole autant la norme de raisonnabilité que le refus de tout accommodement au nom du malaise et des préjugés de la majorité traditionnelle.

Depuis des mois, le projet de Charte des valeurs du PQ offre le spectacle d’une dérive politique vers le nationalisme ethnique, l’intolérance et la démagogie. Malheureusement, la décision malavisée de l’Université York, inspirée par un désir d’inclusion et assurément bien intentionnée, risque fort d’alimenter le même esprit rétrograde qui a donné naissance à la Charte.

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« Quand il s’agit d’examens médicaux, voire de baignade, l’argument de pudeur peut certainement justifier des accommodements. Mais quand il s’agit de participer à un exercice de groupe, dans une institution publique mixte, tout habillé et à la distance voulue de l’autre sexe, cette ségrégation n’a pas à être sanctionnée par l’État. Le critère de raisonnabilité ne semble pas satisfait. »

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(1)

» Le critère de raisonnabilité ne semble pas satisfait. »

le critère de raisonnabilité ….

C’est rendu que même les charteux utilisent même plus leur fameux critères ….

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accommodement_raisonnable

Moi qui pensait qu’un accomodement etait raisonnable si

les limites des ressources financières et matérielles ;
les atteintes aux droits des autres personnes ou du public ;
le bon fonctionnement de l’entreprise ou de l’institution.

Et donc en regard de cela …

qui sont les criteres dit dit et redit et redit par la commission des droits de la personne et le barreau …

Essayez de raisonnablement me justifier pourquoi le cas de l’universite de York devait pas etre accomoder ….

C’est parce que les critères sont foireux que maintenant vous utilisez

» Le critère de raisonnabilité ne semble pas satisfait. »

(2)

Essayer en regard des criteres de l’accomodement raisonnable de faire la différence entre segregation a l’universite et une piscine …

Parce que votre histoire de l’un est raisonnable l’autre non c’est broche a foin pas a peu pres.

(3)

le critere de l’accomodement raisonnable sont foireux de meme que cette analyse au cas par cas …

Pour ca que les liberaux savent plus ou donnez de la tete …

tchador oui …

tchador non pour les candidate liberale …

pu sur c’est quoi la position …

puis non le tchador pour les enseignante et dans les garderies ….

C’est ca le cas par cas …..

« Quand il s’agit d’examens médicaux, voire de baignade, l’argument de pudeur peut certainement justifier des accommodement’

lol Voyons donc! Les baignades séparées comme les examens médicaux par des femmes seulement, sont des demandes d’islamistes qui ont tout un agenda politique. Rien à voir avec la pudeur.

Lisez-vous la presse anglophone? C’est drole mais je sens un début de courant de sympathie vers la Charte. L’appui est encore plus évident lorsqu’on lit les forums. L’Anglo moyen a tendance à penser comme le Québécois moyen: fini les folies.

http://fullcomment.nationalpost.com/2014/01/14/chris-selley-does-canada-need-a-hierarchy-of-rights/

L’une des problématiques de « l’affaire de l’Université d’York » est qu’on ne connait pas la religion de l’étudiant demandeur d’accommodements. Hors en faisant une petite recherche par Internet, je me suis aperçu qu’il n’y a pas à proprement parler de religion qui interdise la mixité, seule une partie des pratiquants de l’Islam sont opposés à cette mixité.

Cette opposition à la mixité est un sujet houleux au sein même de l’Islam, comme le sujet ne fait pas l’unanimité, plusieurs avis juridiques diffèrent.

Pourtant lorsqu’on observe les paroles (adiths) attribuées au prophète Mahomet — et ce dans la limite de mes connaissances -, il mettait lui-même en garde ses semblables déclarant : « Malheur à ceux qui tombent dans l’excès. » À ce titre on pourrait concevoir que si le prophète se trouvait dans l’époque contemporaine, il inviterait probablement les gens à agir de manière positive dans la société tout en respectant les principes de la religion.

C’est ce que font d’ailleurs très majoritairement les pratiquants de l’Islam qui ne voient aucun problème à exercer leur profession ou leurs études en compagnies des personnes de l’autre sexe. Tout cela dans le respect d’autrui qui convient normalement.

Aussi même les excès religieux ne sont en général pas bien vus par les musulmans. Selon plusieurs historiens de l’Islam, les femmes à l’époque de Mahomet étaient actives dans plusieurs domaines, y compris social, professionnel et politique. Ce qui n’est pas permis par l’Islam, ce sont les contacts physiques avec toute personne y compris du sexe opposé en dehors du mariage. Ce qui n’est pas conseillé pour cette même raison, c’est qu’un homme se trouve tout seul en présence d’une femme et vice versa. Il n’y a en revanche aucune interdiction spécifique pour le reste. Et rien d’après ce que je comprends, n’empêche un pratiquant de l’Islam de se joindre à des travaux pratiques dans un cadre universitaire.

Un autre adith attribué à Mahomet dit la chose suivante : « Enseignez, facilitez et ne compliquez pas les choses ! »

— Je conclurais par la chose suivante : Ce qui rend la vie des gens plus facile est de toute évidence raisonnable et ce qui complique la vie des gens est suivant toute vraisemblance plutôt déraisonnable. Aussi cet étudiant est déraisonnable envers lui-même et l’accommoder ne sert qu’à affaiblir la profondeur de ses préceptes religieux. En quelques sortes, la décision de l’Université d’York d’agréer la demande de cet étudiant ne cause pas de tort à l’institution, elle ne sert qu’à confronter l’étudiant demandeur à la vacuité de ses propres convictions.

Dernièrement le synode de l’Église anglicane d’Angleterre a approuvé avec une écrasante majorité le principe de l’ordination de femme évêque. Voilà une avancée importante qui montre que la foi, la croyance et l’institution changent dans le temps.
Cela aurait été ironique que l’église anglicane dont la chef est notre reine interdise la nomination de femme évêque! Les monothéismes prescrivent une égalité de l’homme et de la femme devant Dieu. Alors pourquoi les monothéismes n’arrivent pas à prescrire aussi une égalité entre les hommes et les femmes dans leurs institutions religieuses autant dans leurs rôles que dans les fonctions?

Tenir un discours sur la liberté religieuse jusqu’à en faire une profession de foi sans tenir un discours aussi fort et ferme sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans les institutions religieuses devient d’un opportunisme éthique simpliste et facile et d’une lâcheté philosophique.

Est-ce que nous allons attendre que les monothéismes reconnaissent la même valeur aux femmes qu’aux hommes dans leurs institutions respectives. Notre charte canadienne protège cette inégalité de fait comme si les institutions religieuses seraient au-dessus de nos lois, de nos principes !

Le conservatisme ambiant gagne du terrain et votre article en est une preuve .

M. Lussier, moi aussi j’ai de la pudeur. Pourtant on n’en tiendra pas compte parce que je ne suis pas une musulmane. Vous trouvez ça raisonnable?
Avec les accommodements on perpétue les inégalités, tout simplement! Il y a quelques années l’assurance maladie avait refusé une photo de moi parce que je portais un bandeau. Pourtant on voyait mes cheveux de chaque côté de mon visage. Mais n’étant pas une musulmane voilée, je n’avais
pas même droit à un simple bandeau! Nadine Magloire

Voila exactement pourquoi la charte est nécessaire, le raisonnable des uns est le déraisonnable des autres et de la les précédents sont créés c’est la même chose pour l’interpretation de la charte , certain y voit du racisme d’autres du laxisme . Une chose demeure la montée de l’islamisme est a craindre pour les pays comme le nôtre tel que démontré en Europe ( Voila les naif appelleront cette référence a l’slamophobie )

La derniere réussite du multiculturalisme britannique: des quartiers de Londres sont maintenant des no-go zones pour la police!
On connaissait l »existence de pareille zone en France. Mais jamais en GB ou, my dear, le multicul est une telle réussite!

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2541635/Murders-rapes-going-unreported-no-zones-police-minority-communities-launch-justice-systems.html

Murders and rapes going unreported in no-go zones for police as minority communities launch own justice systems
Rise in ‘community justice’ in Midlands cutting number of police calls
Forces warn genital mutilations and honour killings are being kept hidden
Follows conviction of Muslim Patrol group last year for ‘enforcing sharia law’

Pourquoi est-ce si facile de pratiquer une religion pour certains et si contraignant pour d’autres ? Votre raisonnement sur les critères de raisonnabilité relève d’un pur sophisme qui met encore plus en évidence votre propension à penser que la religion ne peut pas vivre sans l’humain et qu’il faut céder aux pouvoirs des religions pour vivre en société. Je ne sais pas qui est le plus rétrograde dans le billet que vous nous présentez ?

Les questions qui se posent sont les suivantes.
Que va faire cet étudiant sur le marché du travail? Va-t-il être capable de travailler avec des femmes? Va-t-il promouvoir un milieu dans lequel les femmes sont dévalorisées ou défavorisées? Il n’y a que s’il travaille seul ou dans un milieu strictement masculin qu’il pourra éviter de travailler avec des femmes. Dans ce cas, que fait-il à l’université? Tous les diplômes universitaires emmènent les gens à travailler dans des milieux mixtes Peut-être devrait-il être expulsé de l’université…

Je me suis abonné à L’Actualité hier mais je viens de prendre conscience que ce fut une erreur : ce magazine, tout comme La Presse des Desmarais, est un outil de propagande pour le fédéralisme et le multiculturalisme. Jamais cette situation ne fut aussi claire que depuis l’élection du PQ et la proposition d’une charte de la laïcité.

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