Le débat de l’avenir? Développement durable vs décroissance

À Planète Terre cette semaine mes deux invités sont des tenants de la décroissance. Ils expliquent pourquoi et critiquent, entre autres, le concept de développement durable. Parmi les faits étonnants: le caractère très énergivore de la recherche. (Allez à 17’57 »)

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L’idée de croissance continue s’apparente au phénomène de la vente pyramidale où on recherche l’existence d’un seul produit à vendre, le sien.

Au stricte point de vue logique l’idée de la croissance continue n’a pas de sens.

J’attribue à l’idée de croissance continue des comportements très discutables qui en sont en quelque sorte des corollaires. Par exemple la surconsommation qui doit être encouragée par des campagnes publicitaires agressives qui nous demandent d’assimiler la consommation de certains produits à une image idéalisée de la personne (la bière par exemple: si vous buvez telle bière, votre vie sociale changera). Ce message, s’il ne correspond pas à la réalité de l’individu, lui dit : tu es un raté car tu devrais être le centre d’intérêt de ton entourage en utilisant ce produit, or tu ne l’est pas donc tu es un raté.

La croissance continue pourrait donc mener à des comportements sociaux non souhaitables, tant pour son impact négatif sur l’individu que pour la société.

Et d’où vient cette idée de croissance continue ? Cette question pourrait être répondue simplement en pointant le capitalisme et la recherche cupide du profit. Nous pourrions le faire si nous trouvions le moyen d’y inclure le communisme idéologique que nous avons connu principalement par l’URSS. L’un comme l’autre sont, sous bien des aspects, des frères jumeaux.

N’étant pas un expert, j’en suis à intuitivement penser que la question est aussi complexe que les méfaits de la croissance continue sont réels et inéluctables.

«Il est fréquent qu’un homme évite de se poser les questions qui comptent vraiment, pour ne retenir que les réponses qui lui plaisent.»
[François Barcelo]

Vraiment très intéressante cette entrevue. Ça fait changement du discours habituel qu’on nous bombarde de toutes parts.
En même temps, j’aurais souhaité ne pas l’avoir écoutée cette entrevue… Pourquoi? Parce qu’à 16 ans, à chaque fois que je m’intéresse à ce qui se passe dans notre monde un peu fou, je me rends compte de tous ces murs dans lesquels nous fonçons collectivement, et ça me fait le plus honnêtement craindre pour mon avenir. Je m’entends souvent dire ces temps-ci que je perds confiance en l’humanité, et malheureusement, je deviens de plus en plus pessimiste. Or, être pessimiste et totalement désabusé, surtout à 16 ans, n’est pas quelque chose que je souhaite à personne.
Voilà pourquoi j’aime bien rêver d’un monde meilleur et d’un Québec souverain, car pour moi, seul un changement d’envergure tel que l’autodétermination du Québec en tant qu’État souverain permettrait de se reposer les bonnes questions et de nous remettre sur le bon chemin. Le Québec de 2020, une société modèle? J’ai 16 ans, j’ai le droit d’y croire…

Vous connaissez peut-être le « transition movement’ dont quelques municipalités québéquoises font partie? À consulter.

L’universalité des défis qui se présentent à l’espèce humaine (et la biosphère en général) me font souvent relativiser les menaces perçues (et bien réelles) décriées par les souverainistes. La disparition du fait français en Amérique de Nord, c’est des peccadilles devant l’extinction de l’Homo Sapiens Sapiens.

Quel beau débat de société… Je trouve leur vision réaliste, mais en même temps pessimiste à mourir et de très court terme. Il est certain que pour certaine sources d’énergie, comme les fossiles, les limites sont proches, mais pour d’autre, elles sont de l’ordre du million d’années. L’exemple parfait est les nouvelles recherches sur le Thorium (http://bit.ly/lX77sB).

Nous devons aussi considérer que l’humanité est capable aujourd’hui de « recycler » TOUT à 100% ou presque, par des technologies implantées actuellement ici même au Canada.

Voir cette conférence sur un sujet relié à ceci : Pour en finir avec les pénuries Une chronique des bonnes nouvelles pour l’humanité http://batisseursdenations.org/11mars09.php.
La première question qui se posent alors, après l’écoute des bonnes nouvelles :
Mais comment financer tout ceci? C’est ici que nous avons besoin des plus grands changements de paradigme, le système monétaire actuel est voué à sa perte.

Sur ce sujet, je vous invite à lire un projet québécois sur une nouvelle façon de financer nos infrastructures et voir nos sociétés (http://www.banqueduquebec.ca/).

Et ensuite la question suivantes est : Mais comment nos sociétés et politique feront-elles pour mettre en place ces changements sans passer par une, voire des crises de décroissances? Cette question est la plus difficile à répondre et ca sera peut-être inévitable, car la propension aux changements de l’humanité est particulièrement lentes et peux prendre plusieurs générations.

Peut-être devons nous tous, nous prendre en mains et faire de la politique?

Il ne faut pas qu’être l’inventeur du jeu d’échec (*) pour comprendre l’effet d’une croissance exponentielle. Ainsi, un taux de 3,5 % de croissance annuelle fait en sorte que la somme au bout de 20 ans équivaut au double du total de tout ce qui avait été entièrement consommé 20 ans plus tôt.
Au rythme actuel de l’exploitation des ressources de la planète dictée par un système économique, établi sur le consumérisme, qui n’a que le credo de la croissance tous azimuts comme moteur, pas besoin d’être grand devin pour prévoir ce qui va survenir d’ici un ou deux cycles de croissance.
Commençons par celui qui s’emballe le plus vite, le marché financier. En 2008, la leçon n’a pas porté. Ce marché demeure toujours aussi débridé, décollé de la réalité économique. Alors, avant la fin de cette décennie, attendons-nous à une deuxième crise financière. Mais cette fois-là, les États ne seront plus en mesure de venir voler au secours des « traders », des spéculateurs et de banquiers avides, à coup de milliers de milliards de dollars. La conséquence: de crise financière, l’effondrement se traduira en crise monétaire et celle-ci viendra gripper durement l’activité économique: plus de crédit, des monnaies dévaluées, des épargnes fondues viendront affecter solidement la consommation. Nous serons passés d’une crise financière à une véritable crise économique.
Celle-ci, paradoxalement, ralentira la flambée des cours de l’énergie… pour un temps seulement. Parce qu’avec près de 90 millions de barils de pétrole consommé chaque jour sur cette planète, avec un consommation de charbon qui augmente en flèche (37% de 2002 à 2008) avec une demande dopée par le rattrapage des pays émergents, nous avons atteint un plateau duquel ne peut suivre qu’une déplétion de l’offre. Car le pétrole, le gaz naturel et le charbon, des ressources qui se renouvellent sur des millions d’années, auront été bradés en moins d’un siècle. Aussi, il n’y aura pas de sortie facile, comme lors de la crise de 1929, parce que l’abondance des sources d’énergie fossile ne sera plus au rendez-vous. Qui plus est, l’effet combiné de l’épuisement des écosystèmes ajouté au stress climatique induit par la civilisation industrielle créera des contraintes analogues à celles qui s’exercent sur tout système complexe, entraînant un réajustement brusque de l’état d’équilibre de celui-ci.
Il faut donc s’attendre à un avenir plus difficile que celui promis par les diseurs de bonne aventure économique. Sans prétendre jouer aux prophètes de malheur, je suggère tout de même qu’on se penche dès maintenant, dans les officines politiques, un peu plus sérieusement sur des modèles moins jovialistes que ceux de nos économistes en chef, tel celui issu de la « Olduvai Theory » de Richard Duncan ou celui de Nicolas Georgescu-Roegen, ainsi que de Serge Latouche sur la « décroissance »… Parce que, plus j’y pense et plus il me semble que les économistes orthodoxes sont aux écologistes, ce que les astrologues sont aux astronomes!

(*) La légende la plus célèbre sur l’origine du jeu d’échecs raconte l’histoire du roi Belkib (Indes, 3000 ans avant notre ère) qui cherchait à tout prix à tromper son ennui. Il promit donc une récompense exceptionnelle à qui lui proposerait une distraction qui le satisferait. Lorsque le sage Sissa, fils du Brahmine Dahir, lui présenta le jeu d’échecs, le souverain, enthousiaste, demanda à Sissa ce que celui-ci souhaitait en échange de ce cadeau extraordinaire. Humblement, Sissa demanda au prince de déposer un grain de riz sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l’échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince accorda immédiatement cette récompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu’il venait de signer la mort du royaume car les récoltes de l’année ne suffiraient à s’acquitter du prix du jeu. (Wikipedia)

Très intéressant. On me regarde parfois bizarrement quand je parle de décroissance. Cela dit, le terme croissance est trompeur. Il est lié au PIB qui et un indicateur bien imparfait.

On pourrait avoir une croissance du PIB en comptabilisant le travail non rémunéré ou en le transformant en travail rémunéré, ou encore en misant sur les services aux personnes. Il n’y aurait, à ce moment là, aucune croissance de l’exploitation des ressources, et même une décroissance, tout en ayant une croissance des indicateurs. Cela demanderait bien sûr un changement majeur, pour ne pas dire révolutionnaire, de la structure de l’économie.

En passant, ce n’est pas Galbraith qui a dit «à long terme, nous sommes tous morts», mais Keynes… Cela dit, Galbraith l’a sûrement déjà cité !

À Québec, nous sommes en processus de décroissance démographique. À ce sujet, le 28 septembre 2007, je déposais à notre conseil de ville un document que j’ai résumé ainsi :

Si la tendance se maintient en natalité et en migration internationale, la population de Québec ne comptera plus que 200 mille habitants en 2108. Un sommet de 543 200 serait atteint en 2018 d’où s’amorcera une décroissance lente mais certaine.

Ce dépeuplement de Québec de 2018 à 2108 va prendre place dans un contexte énergétique de sevrage d’un pétrole devenant de plus en plus rare et cher, de recherche de formules à son remplacement comme source d’énergie et de découverte d’un art de vivre axé sur un essentiel qui reste à concevoir, adopter et mettre en oeuvre.

Après avoir connu une forte natalité des années 40 à 70, la ville de Québec présente un indice synthétique de fécondité inférieur à celui qu’il faut pour assurer le renouvellement de sa population. Il s’en suit maintenant une perte de puissance à notre force de travail et à notre force d’engendrement.

À l’extrémité est des terres basses du Saint-Laurent, la ville de Québec ne sera jamais un centre économique important, le développement étant beaucoup plus facile à réaliser à leur centre. Elle est sur un chemin naturel de migration interrégionale et occasionnellement d’émigration interprovinciale.

Il faut admettre que l’Ordre politique et l’Ordre médiatique n’ont pas pris la relève de l’Ordre religieux en matière de promotion de l’engendrement ce qui fait que l’on se retrouve dans la situation que mes textes décrivent. La dynamique a été brisée et elle sera longue à relancer sinon impossible. À cet égard, je m’instruis sur les communautés intentionnelles non-sectaires et non-religieuses comme moyen de repeuplement.

En gros, si la famille nucléaire et instable ne suffit pas à régénérer une population, doit-on rechercher cette régénération au sein d’entreprises communautaires à concevoir, financer et expérimenter? Autrement dit, faire du peuplement une industrie aussi séduisante que celles du bâtiment, du divertissement, de la santé, de l’éducation ou de la communication. Texte au long

Deux cent mille, c’était exagéré comme profondeur de décroissance, compte tenu de statistiques ultérieures mais l’orientation demeure. L’idée de décroissance ne me fait pas peur, il faut l’envisager et voir comment faire avec.

Décroissance versus développement durable : débats pour la suite du monde sous la direction d’Yves-Marie Abraham, Louis Marion et Hervé Philippe est en transit à ma bibliothèque municipale.

De retour après le temps d’avoir et de lire.

Les auteurs opposent le développement durable et la décroissance. Bien. Il faut d’abord saisir pourquoi le concept de développement durable a été développé.

«Notre» système économique capitaliste carbure à la croissance. Sans croissance, il s’effondre. Ralentissement économique, pertes d’emplois, baisse de la consommation, perte de rentabilité des entreprises, à nouveau pertes d’emplois etc. Crise donc.

La grande difficulté à développer un autre système économique et l’échec de l’économie planifiée à la soviétique nous rendent dépendant du capitalisme. Pour l’heure, le capitalisme est le pire des systèmes, à part tous les autres…

Le «développement durable» a été imaginé par des scandinaves (commission Bruntland), pragmatiques au coeur pur. Avouons cependant qu’il tarde à devenir la norme et qu’il est souvent galvaudé. Il faut souligner à quel point les USA, le Canada et l’Australie ont été réactionnaires par rapport au concept de développement durable. Leurs dirigeants s’en remettent au marché pour orienter le développement économique. Le Canada, d’abord avec le gouvernement Chrétien, accorde même des réductions d’impôt aux entreprises qui développent l’exploitation des sables bitumineux. On est très loin du développement durable.

Selon les auteurs, il est déjà trop tard pour faire du développement durable un modèle. Il faudrait donc se passer du capitalisme. Mais pour quoi (en 2 mots)?

Faut-il un nouveau système économique? Peut-on réformer le capitalisme? Ou alors, les solutions sont-elles en dehors de tout système économique, dans d’autres dimensions humaines et sociales?

Finalement peut-on espérer que des gens intelligents répondent à ces questions avant une crise majeure du capitalisme? Se pourrait-il que la plupart des Occidentaux les plus intelligents manquent de motivation à chercher des solutions parce qu’ils arrivent à trouver une niche confortable pour eux, leur famille, leurs amis? Beaucoup de scientifiques sont des sur-spécialistes qui n’arrivent pas être conscients de l’humanité et de la planète dans leur ensemble. Et donc n’arrivent pas à définir le bien commun.

Le rôle de la science

Ce sont les scientifiques et les ingénieurs, en développant des machines, qui ont permis l’intervention brutale de l’homme sur la planète. Ils ont créé un monstre et beaucoup de gens ont cru ou croient encore que la science permettra de dompter le monstre. C’est une croyance. On l’appelle le scientisme.

Le scientisme est très présent chez les néo-libéraux. La croyance dans le marché et dans la science est un «package» inhérent au «wishful thinking» des néo ou ultra libéraux. Cette croyance est irrationnelle et dangereuse.

NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FORER !!!

Bonjour, samedi le 18 juin à 14h devant les bureaux d’Hydro-Québec (René-Lévesque coin St-Urbain) aura lieu une marche citoyenne TRÈS IMPORTANTE: Nous marcherons pour illustrer notre solidarité avec les habitants de partout au Québec qui sont aux prises avec les entreprises de gaz de schiste car le gouvernement ne les protège pas, ne les écoute même pas.

CETTE MARCHE EST DES PLUS IMPORTANTES!!!!

C’EST POURQUOI J’INSISTE.

FAITES UN EFFORT SPÉCIAL!
C’EST TROP IMPORTANT !
VENEZ ET AMENEZ VOS AMI(E)S !
IL S’AGIT ICI DE L’AVENIR ÉCONOMIQUE, ÉCOLOGIQUE ET DÉMOCRATIQUE DU QUÉBEC !!!

NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FORER !!!

infos: http://www.aqlpa.com/nous-ne-nous-laisserons-pas-forer.html

Après nous le matin suivant point. Pas le déluge. Et de nous perpétuer comme si nous vivions qu’une seule journée durant.

Je cite Janis Joplin.

Elle en fumait du bon. Elle…

Décroissance ou développement

Le livre d’Yves-Marie Abraham, Louis Marion et Hervé Philippe que j’avais réservé à ma bibliothèque municipale au milieu de juin est devenu disponible et je suis allé le chercher.

L’intérêt pour la suite du monde ne remonte pas à 2011, Pierre Perrault en a fait un film en 1963, Pour la suite du monde et B.F Skinner dans son roman utopique Walden Two en 1945 aborde le sujet. Abraham, Marion et Philippe invite à un débat sur la question avec leur livre.

Je vous cite cet extrait :

Il y a donc quasi-unanimité en Occident, et depuis bientôt trois siècles, sur cette question : il est essentiel de toujours produire plus de biens (et de services) pour satisfaire toujours plus de besoins; le débat porte sur le mode de production et de répartition de ces biens, pas sur la raison d’être de leur création. Prôner la décroissance ou l’objection de croissance constitue donc une remise en cause fondamentale de notre monde.

Cela dit, il reste à savoir à quoi pourrait bien ressembler une société de décroissance et comment s’engager sur cette voie. … Sa mise en oeuvre peut-elle éviter l’écueil des solutions autoritaires ?

Walden Two est le récit de la visite guidée d’une communauté laïque intentionnelle d’environ 1000 personnes conçue par un ingénieur de l’humain. On peut y reconnaître une base de fonctionnement et d’implantation d’une société de décroissance. Par exemple, à l’admission, les recrues s’y engage à quatre heures seulement de travail par jour. Le temps libre y est abondant pour la connaissance, l’accomplissement personnel et la socialisation. Pas de pression médiatique à la consommation. Pas de révélation. pas d’élection. Peu d’alcool, peu de tabac, peu de sports professionnels, peu de spectacles rassembleurs de foule autour de veaux d’or pompes à fric.

Je vois des cous qui s’allongent comme ceux de girafes. On sait qu’elles sont comme ça parce qu’un jour Dieu leurs aurait dit « Vous ne ferez plus jamais l’amour ». Elles ont fait un long Hein et l’allongement du cou leur est resté.

Chapitre 1

Cette étude inachevée d’Andreu Solé présente en première partie une grille d’analyse matricielle. Le lecteur y retrouve à l’égard de cinq rangées trois niveaux d’attitude et en regard de trois colonnes cinq positions par rapport au développement durable ou à la décroissance. Selon que les auteurs de textes surtout français se révèlent également sensibles ou plus ou moins ouverts à la conservation du système économique, social et politique existant ou au contraire à la protection de l’environnement, il se retrouvent grâce à cette grille d’analyse à l’une ou l’autre des cinq positions définies.

En deuxième partie l’auteur m’apprend que le point aveugle du débat, qui ne laisse pas passer le jour (?), est l’entreprise. Il ne faut pas confondre entreprise et marché; le problème est que les économistes emploient souvent le mot marché au lieu de celui d’entreprise. Le marché et l’entreprise sont en concurrence selon Ronald Coase, prix Nobel d’économie 1991. L’entreprise détruit le marché. L’entreprise mène le monde, à preuve les prêts des gouvernements aux banques, à des organismes de crédits et à des constructeurs automobiles n’ont pas été faits au marché mais à des entreprises.

De façon similaire à l’Église-Monde médiévale qui du Ve au XVe siècle menait en définissant les comportements qui menaient au Ciel ou à l’Enfer, l’Entreprise-Monde de nos jours rémunère les travailleurs et cadres qui la constituent leur permettant de s’acheter le bonheur que les biens et services qu’elle produit et diffuse procure.

Voici un extrait de la troisième partie de l’article qui porte sur des modifications à apporter au cadre de l’étude rapportée:

… L’attitude conservatrice est celle qui vise la conservation d’un monde organisé par et pour l’entreprise. Bien que supposant une demande de réforme affectant (directement ou indirectement) l’entreprise, l’attitude réformiste contribue au maintient de l’Entreprise-Monde. Attitude révolutionnaire veut dire souhait de sortir de l’Entreprise-Monde.


Chapitre 2

Le progressisme technocratique, j’imagine que vous ignorez d’emblée de quoi il s’agit, a un côté sombre et Louis Marion, philosophe, essayiste et conférencier, nous en dévoile la teneur en moins de 10 pages.

Titré Critique du progressisme technocratique, le chapitre se présente en trois parties, un exposé sur l’idéologie moderne du progrès et la prééminence du présent, précédé et suivi respectivement d’une question : un obstacle à l’émancipation ? et Neutralisation cybernétique du symbolique ?

De la première partie, je me borne simplement et brutalement à vous écrire à la suggestion de l’auteur que pour diverses raisons: notre époque semble très mal préparée aux conséquences de son idéologie progressiste. Je répète tout de même: notre époque semble très mal préparée aux conséquences de son idéologie progressiste.

Voici deux paragraphes éclairants de la seconde partie :

Nos actions collectives de production et de consommation ont des conséquences qui se répercutent pour des millénaires et, pourtant, nos actions et préoccupations se limitent à des perspectives relativement insignifiantes vis-à-vis des enjeux éthiques. Nous semblons prisonniers d’une temporalité sans envergure.

Le présent semble en effet omniprésent dans la société de consommation. Il s’accapare le futur lui-même par la médiation des règles sociales de la production de la valeur, par le capital et la spéculation, qui exproprient l’avenir aux intérêts de la poursuite impossible des conditions de la reproduction du présent.

Un extrait signé Michel Freitag dans la troisième partie :

L’automatisation, l’informatisation et la cybernétisation des procès productifs quelquonques équivalent à l’objectivation et à la réification, dans des systèmes situés et opérant hors de nous, de cette dimension la plus spécifique de notre nature qu’est la faculté de juger et de penser. Nous nous en « libérons », « déchargeons » ou « exonorons » – entlasten – alors sur des artefacts informatiques cybernétisés.

Et conclusion de Louis Marion :

Un abîme de plus en plus grand se creuse entre les finalités politiques, les projets conscients d’émancipation humaine et « l’indifférence des procès techniques et opérationnels ». Nous avions invité la technique à modifier notre relation au monde, pas à prendre sa place.


Je me demande si ben Laden a eu le temps de lire et alors si, ce qu’il en a pensé.


Chapitre 3

Ce troisième chapitre est le dernier de la première partie du livre qui porte sur la question l’avenir de notre monde est-il menacé. En 14 pages, denses, Catherine Beau-Ferron se penche, planche et sculpte et digère finalement sur l’abstraction ou le détachement comme explication du fait que l’humain a oublié qu’il a y des limites. L’auteur est diplômée en sculpture et histoire de l’art et en gestion d’organismes culturels. Depuis peu, elle fait de l’utopie en Haute-Gaspésie.

Demande d’indulgence : « … que l’on pardonne à ce texte les détours et les suppositions parfois ambitieuses qui n’auront pour but que d’ébranler des certitudes et de soulever des questions, sans avoir l’orgueil d’y répondre ».

Dans son rapport au monde, l’humain occidental se serait détaché de son univers concret, tangible, dérivant vers une perception de plus en plus abstraite des limites physiques, biologiques et même temporelle de son environnement. Sans en faire l’historique, Beau-Ferron se contente ici à « examiner les répercussions de cette attitude sur notre monde actuel, sur sa perception et sur la direction qu’il est en train de prendre en réaction à l’impasse de la croissance ».

Tour à tour, de nombreuses limites physiques, biologiques, temporelles ont été transcendées, (transgressées ?) l’immortalité serait à portée d’ordinateur si la recherche était moins énergivore. Nous sommes loin de çà nous indique Hervé Philippe après avoir estimé que le Co2 généré par sa recherche s’élève à deux fois celle d’un Américain moyen. L’abstraction a maintenant atteint la sphère économique et cette entité semble voler au-delà de toute considération concrète, ce que moi j’appelle voler au dessus de ses moteurs. Ça gaze !

Ce qui l’amène à écrire que ce qu’elle appelle abstraction, Karl Polanyi nomme ça un désencastrement de l’économique de la substance de la société. L’économique se transforme en un système :

… « commandé, régulé et orienté par les seuls marchés, la tâche d’assurer l’ordre dans la production et la distribution des biens étant confié à son mécanisme autorégulateur »? Or, cette autonomisation de la sphère économique du tissu social dont on constate les effets aujourd’hui, ne ferait pas, comme on pourrait le croire, partie de l’ordre des choses.

… La conscience humaine se serait envolée vers le sublime, loin des contraintes physiques de son environnement et de son corps.

… En croyant s’émanciper de plus en plus des déterminismes naturels, l’homme se serait-il plutôt enfoncé dans un mythe – le mythe de sa propre suprématie sur un monde qui, en fin de compte, le dépassera ?

C’est à peu près là qu’elle est rendue !

Commentaire,
première partie du livre
chapitre 1, 2, 3

La question de cette partie du livre est : pourquoi l’avenir de notre monde est-il menacé.

Pour situer plus précisément ma compréhension de « notre monde » dont il est question là là là, il ne s’agit pas strictement de la nation Québécoise, il ne s’agit pas du peuple Québécois pluriel, il ne s’agit pas du monde habitant leur capitale Québec ou leur métropole, Montréal. Il ne s’agit pas non plus de l’humanité totale, bientôt huit milliards d’humains. Il s’agit principalement du monde occidental, entre 1,5 et 2 milliards de personnes sur ces huit milliards d’humains habitant principalement l’Europe et l’Amérique du Nord mais aussi un peu partout sur la planète qui la tentacule, la métastase. Ma compréhension tient la piste ?

La question ainsi délimitée, la menace la plus évidente à notre monde occidental est une famine de pétrole. Autre menace plus certaine moins débattue, celle d’une famine en ressources humaines endogènes judéos-chrétiennes-laïsisées, jeunes et super-alphabétisées. Ensuite, selon leurs fins propres que l’occident serait mal placé pour contester, il faut appréhender les concurrences de nos semblables asiatiques, africains et sud-américains.

Le monde occidental est en trajectoire et son parcours déclinant sera principalement déterminé par le manque d’abnégation et de vigueur de ses populations vieillissantes. La spéculation de ses riches et la préservation d’acquis de moins riches seront sources d’enlisement dans l’endettement. Des énergies fossiles de plus en plus rares et chères seront nécessaires au maintien et l’utilisation d’infrastructures d’habitation et de déplacement rendues désuètes par les nouvelles exigences écologiques curatives ou préventives.

Les opérations de rattrapage concurrentes à caractère égalitaires et humanitaires en Asie, en Afrique et en Amérique centrale et du Sud, exigibles avec la mondialisation des opérations et des communications seront l’occasion de conflits importants justifiant des investissements en sécurité défensives, voir offensives.

Pardonnez-moi de paraître pessimiste, concret, incomplet et autre apparence chagrinante; s’il vous semble.

Le 4 juin 1972, Huguette Gaulin Bergeron s’immolait à l’âge de 28 ans.

Ses dernières paroles au personnes présentes furent ce cri d’amour déchirant au développement écologique je dirais:

Vous avez détruit la beauté du monde. Wikipedia

L’année suivante Luc Plamondon a confié à Renée Claude une chanson qui tragédise, développe de façon durable ce cri.

Si j’étais l’invité à une entrevue de Planète Terre, je vous offrirais cette interprétation de Le monde est fou « spectaculairement tragédisée » par une championne dirait Régis Labeaume, la plurielle Diane Dufresne.


Chapitre 4

Très instructive cette contribution de Pascal van Griethuysen, docteur en économie politique qui enseigne aux universités de Genève et de Lausanne.

Le concept d’écodéveloppement élaboré vers 1970 a été éclipsé par celui de développement durable suite à la publication du rapport Brundtland en 1987, possiblement en raison de la compatibilité de son contenu avec la logique d’expansion du système économique capitaliste qui caractérise les années 1980, non de la pertinence de son contenu conceptuel et normatif en regard des enjeux de soutenabilité écologique et d’équité sociale.

La présente contribution tentera de répondre à … deux questions. La première partie s’efforcera d’identifier, par l’entremise du rôle joué par l’institution de propriété dans l’orientation de l’économie capitaliste, les origines de la rationalité économique singulière qui contraint les acteurs économiques à subordonner les considérations écologiques et sociales aux impératifs de croissance économique, de rentabilité monétaire et de pression temporelle. La seconde partie mettra en lumière, au moyen de l’itinéraire conceptuel et institutionnel du développement durable, la dépendance envers la rationnalité capitaliste qui caractérise les modalités institutionnelles élaborées par la communauté internationale en réponse aux problématiques environnementales mondiales.

Elle sera suivie de quelques remarques conclusives sur l’impasse écosociale à laquelle conduit une orientation culturelle toujours plus soumise à la rationalité capitaliste.

L’économie évolutive se démarque de l’économie conventionnelle par le fait qu’elle conteste la pertinence d’une analogie mécaniste (à l’instar du modèle de l’équilibre général, référence théorique de l’économie néoclassique) et ancre son épistémologie heuristique sur une vision d’un monde en évolution permanente, en perpétuel devenir.

Partageant avec d’autres disciplines scientifiques une perspective évolutive, l’économie évolutive s’en différentie par la reconnaissance explicite de la spécificité des relations sociales et économiques. Cette spécificité qui tient au fait que le système économique est en relation continue avec son milieu naturel et son contexte socioculturel, et que les modalités de ces relations sont définies par les institutions.

L’itinéraire institutionnel du développementdurable
– L’ancrage écosocial de l’écodéveloppement
– Le contexte d’émergence du développement durable et le Protocole de Montréal
– L’adoption du développement durable interprétation capitaliste de la soutenabilité
– De Rio à Johannesburg: la diffusion d’une doctrine

… Mais en s’enfermant toujours davantage sur son interprétation capitaliste, la notion de développement durable évolue au détriment d’une réelle prise en compte des impératifs écologiques et sociaux contemporains et de la réorientation nécessaire du mode de développement sur les principes de soutenabilité écologique et de justice sociale.


C’est là qu’il est rendu; je suis moins loin d’être rendu là après avoir lu. D’où je viens, je ne voyais pas. Je vois un peu maintenant. J’imagine que j’évolue tranquillement. Je suis tenter d’aller relire une fable de Lafontaine, Le Coche et la Mouche. J’ai lu.

Le titre du chapitre est Pourquoi le développement durable s’est-il imposé là où l’écodéveloppement a échoué ? La question de cette deuxième partie du livre qui compte trois autres chapitres est Quelles sont les raisons de notre inaction ?

Avant mon voyage récent de neuf jours en Californie, j’avais eu le temps de lire le chapitre 5. De retour, plutôt que de le relire pour vous en rendre compte comme des précédents, j’ai lu les 6 et 7. Le prêt étant parvenu à terme, j’ai remis le livre à la bibliothèque cette avant-midi. Je n’ai pu renouveler hier, le livre est en demande.

Au départ, j’aurais mieux fait d’acheter le livre que de risquer la contravention de 37 $ qui m’a été accrochée à l’essuie-glace lors de l’emprunt; la nouvelle formule de sortie de livre genre auto-service m’a retardé; couplé à l’efficacité du préposé aux contraventions, j’ai été déjoué dans ma prise de risque.

Le chapitre 7 de Claude Villeneuve à lui seul vaut le coût et le coup: une base de données, cohérence, persistance, pragmatisme et longueur de vue.

– Fauxglia, sors de ce corps.

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