Le DGEQ, le PQ, Harper et Élections Canada

Si le PQ file encore vers le pouvoir et une majorité, il le fait en filant un mauvais coton.

PolitiquePersonne, y compris son auteur, ne jure que la projection électorale que publie L’actualité et qui prédit un gouvernement majoritaire au PLQ correspond exactement à l’état des lieux.

Elle est fondée sur une moyenne des sondages disponibles en date du 21 mars, et il suffirait que l’un d’entre eux ait été vraiment dans le champ pour fausser le résultat.

Le dernier sondage public disponible, réalisé avant le débat de jeudi dernier par la firme Forum Research, avait surpris justement à cause de l’ampleur de l’avance qu’il accordait au PLQ.

Mais ce qui est certain, c’est que la tendance pré-débat allait dans le sens du Parti libéral.

Si l’après-débat est plus ensoleillé pour le PQ, cela n’a pas de répercussion positive sur l’humeur de sa campagne. Elle est de plus en plus grinçante.

L’épisode qui a vu le ministre de la Justice et ses collègues crier au vol de l’élection par une armée d’étudiants ontariens seulement pour se faire rabrouer publiquement quelques heures plus tard par le Directeur général des élections (DGEQ) n’était pas symptomatique d’un parti confiant en son plan de match et satisfait de son exécution.

Si le PQ file encore vers le pouvoir et une majorité, il le fait en filant un mauvais coton.

Il se trouve parmi mes collègues des optimistes qui pensent que cette vignette de la campagne électorale québécoise devrait convaincre les conservateurs de Stephen Harper des vices plus ou moins cachés du projet de réforme électorale qu’ils pilotent tous azimuts actuellement.

L’intervention du DGEQ a illustré le rôle éclairant qu’un arbitre indépendant peut être appelé à jouer pour éviter que la campagne ne déraille sur une voie de garage.

En vertu de la loi à l’étude à Ottawa, il est loin d’être certain qu’Élections Canada aurait le droit, comme l’a fait le DGEQ ce week-end, de rappeler à l’ordre un parti qui jetterait un doute sans fondement sur l’intégrité du processus électoral en remettant les pendules à l’heure.

Dans sa version actuelle, Élections Canada ne pourrait même plus mener des campagnes pour encourager la participation au vote.

Mais après avoir vu le DGEQ pourfendre l’épouvantail péquiste d’une élection volée par le ROC, les conservateurs de M. Harper ne sont-ils pas plutôt davantage susceptibles de s’imaginer à la place du PQ et de se féliciter doublement d’avoir entrepris de soumettre Élections Canada à la loi du silence ?

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À propos de Chantal Hébert

Chantal Hébert est chroniqueuse politique au Toronto Star depuis 1999. Elle signe également une chronique dans le magazine L’actualité et commente la politique à la radio (C’est pas trop tôt sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première) et à la télévision (Les coulisses du pouvoir à RDI / ICI Radio-Canada Télé et At Issue à CBC). On peut la suivre sur Twitter : @ChantalHbert.

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Est-ce que nous nous dirigeons de plus en plus vers un régime de droite totalitaire avec Harper au fédéral ???? Pour ma part, ce qui m’inquiète le plus, surtout que cela peu sembler anodin, ce sont les efforts du secteur industriel (lire les pétrolières) de s’ingérer dans le choix des Programmes d’éducation en Alberta !!!!!

Ils pourraient même être acceuillis à bras ouvert avec leurs GROS DOLLARDS…..

Je n’ai jamais sérieusement songé à voter PQ à cette élection – tout indique que je vais encore voter libéral, [gros soupir] malgré leur manque périlleux d’idéal, qui est une vraie machine à fabriquer des séparatistes. Alors je n’aurai pas l’hypocrisie de dire que le PQ «vient de perdre mon vote».: ils ne l’avaient pas de toute façon.

Mais tout de même, ils viennent de se tirer bêtement dans le pied. Il aurait été tellement plus habile de la part du PQ d’exploiter le début de manie de la persécution qui (re)pointait son nez dans le camp d’en face, chez certains would-be électeurs étudiants « rejetés » par le cruel DGE qui larmoyaient quasiment, et même une would-be électrice clipée en ondes sur CJAD qui a commencé sa phrase par «I don’t believe in conspiracy thoeries, but…». D’après moi, il aurait suffi d’attendre un jour ou deux encore, le temps que CJAD s’auto-pompe et c’était prêt à servir. Au lieu de quoi, les péquistes – ministre de la Justice inclus – s’enferrent, s’autopeluredebananisent même.Ts, ts, ts.

Cette hystérie n’est pas le monopole des séparatistes québécois, (il n’y a qu’à penser à l’antifascisme d’opérette à la canadienne), mais de voir le PQ partir en baloune en pleine élection, sur la base de quasiment un seule source – le président démissionnaire de la Commission de révision dans Ste-Marie-St-Jacques – c’est vraiment mauvais signe, madame Hébert, vous avez mille fois raison. Le discernement, le jugement sont des qualités que je recherche dans un candidat et là, franchement, trouver moyen de se faire rabrouer par le DGE en pleine campagne comme ça, j’ai honte pour eux tellement c’est malhabile.

Marc pas besoin de justifier votre vote !!!! Que pouvons-nous contre le viscéral…. Comme je l’ai écrit: c’est du devoir du citoyens de vérifier surtout avec l’historique des pratiques douteuses fédérales….. Maintenant si les médias en font un bon show-vendeur qui s’en plaindrait n’est-ce-pas… 🙂

Mais le DGE aurait-il le droit, quelque jours avant ou le jour du vote, de s’adresser aux radio, télé, pour alerter les citoyens d’être vigilants s’ils reçoivent des appels de personnes prétendant représenter Élections Canada qui les avisent que leur poll a changé d’adresse ?

Présentement, oui… Mais Harper s’en occupe et bientôt il n’en n’aura plus le pouvoir…. Efficacité, toujours l’efficacité qui doit primer:-)