Le «facteur» des jeunes

 

Photo: Alexandre Guédon / CC2.0

Pour faire suite aux deux billets précédents d’une série de trois sur les «voix essentielles» au paysage politique québécois – le facteur Option nationale et le facteur Québec solidaire – passons au troisième volet: celui du vote des jeunes.

On sait que le taux de participation des 18-24 ans aux élections québécoises chutent inexorablement depuis plusieurs années pour atteindre un plancher historique tournant à peine autour des 30% à l’élection de 2008.

Or, avec le «printemps érable» de cette année, la grève étudiante a enfanté une mobilisation citoyenne set sociale sans précédent. En fait, comme le Québec n’en avait jamais vécu.

Les manifestations furent quotidiennes, étendues sur plusieurs mois et avec des participants provenant de plus en plus de toutes les générations, les origines et les couches de la société québécoise.

En réaction à la «loi spéciale» du gouvernement Charest qui, pour contraindre les étudiants en grève, restreint les libertés fondamentales d’expression, d’association et de réunion pacifique, ce sont en fait des familles entières, à travers le Québec, qui ont jouer de leurs casseroles pour signifier leur colère au premier ministre.

Bref, en quelques semaines, la grève étudiante a muté en une crise et une mobilisation sociales majeures.

Et pourtant… Et pourtant…

Les thèmes mêmes de l’éducation, de la grève et de ses ramifications politiques, furent à peine mentionnés par les principaux partis. Un peu comme si les derniers mois n’étaient plus pour eux qu’un vague souvenir…

Et pourtant… Et pourtant…

Le premier ministre sortant aura tout fait en son pouvoir pour tenter d’imposer comme thème principal de l’élection la «loi et l’ordre» contre ce qu’il appelle «la rue». Pas l’éducation, on s’entend, mais la loi et l’ordre.

Or, l’arrivée fracassante de Jacques Duchesneau comme candidat de la CAQ  dès la première semaine de campagne a balayé le thème souhaité de M. Charest pour le remplacer par celui de la corruption et du «grand ménage»

Et pourtant… Et pourtant…

***

3e partie: le vote des jeunes

La mobilisation citoyenne exceptionnelle de ce printemps n’est pourtant pas qu’un vague souvenir pour tous et celles qui y ont pris part. Surtout, chez les plus jeunes.

Sur le site de Libération, un article y pose directement la question: «que reste-t-il du printemps érable»?

Ceux et celles qui m’ont lue dans le Voir tout au long de la gréve étudiante savent que mes analyses rencontraient  celle que fait aujourd’hui la politologue Diane Lamoureux, citée dans l’article du Libé:

Ce mouvement, c’est la politisation d’une génération qui a été amenée à réfléchir en termes de projet de société. Mais pas seulement les jeunes. Les gens se sont mis à parler politique plutôt que météo ou sport, ce qui ne s’était guère vu au Québec depuis le référendum sur l’indépendance de 1995. Le débat sur les frais universitaires a permis, plus largement, de faire émerger un débat sur la tarification des services publiques dans leur ensemble et, au fond, une critique collective du néolibéralisme. Cela laissera des traces.

Dans un tel contexte, il y a lieu de s’attendre à ce que le taux de participation des 18-24 ans grimpe. Peut-être même considérablement. Qui sait? Ce qui, pour le PLQ, serait une mauvaise nouvelle de plus.

Les initiatives de sensibilisation à l’importance du vote des jeunes se sont d’ailleurs multipliées sur toutes les plateformes.

Cela étant dit, l’importance du vote comme geste de changement social ne fait pas non plus l’unanimité dans le mouvement étudiant.

Face à l’«offre politique» existante, plusieurs doutent du changement réel – allant dans le sens d’un rétablissement des valeurs social-démocrates et de la défense du bien commun -, qui pourrait, en bout de piste, émerger de l’élection actuelle.

Ainsi, lorsqu’en début de campagne, Gabriel Nadeau-Dubois quittait son poste de porte-parole de la CLASSE, il livrait un discours où il semblait peu compter sur ce scrutin pour changer les choses en profondeur:

À entendre parler nos experts, nos journalistes et nos analystes, on a l’impression qu’il suffirait de remplacer le personnel des ministères et de renouveler les élu-e-s de l’Assemblée nationale pour que tout cela cesse. Si on les attrapait tous, ce serait terminé! Cela me semble plutôt superficiel comme explication.  (…)

Ce qu’on appelle communément « corruption » -le petit détournement de fonds, le copinage- ne me semble être en fait que la face visible d’une autre corruption, d’une vraie corruption. (…)  Ce qui est unique dans notre situation, c’est ce que ce sont dorénavant les institutions elle-mêmes qui sont corrompues.

La corruption, c’est le résultat nécessaire d’institutions rongées de l’intérieur par l’économie. Dans une société où la recherche du profit s’impose progressivement comme seule valeur partagée, le bien commun n’a plus de sens. Dans une société où le bien commun n’a plus de sens, les institutions se vident de leur sens. Lorsque les institutions se vident de leur sens, elles deviennent disponibles. Disponibles aux intérêts qui l’entourent et qui ont vite fait de mettre la main dessus. (…)

La grève peut reprendre, comme elle peut se terminer cette semaine. Peu importe. Il s’agit déjà de bien plus que d’une grève: les choses sont en train de changer. (…)

Personne n’a jamais vu une telle mobilisation, pas même vous. Nous avons été plus de 200 000 à marcher à Montréal, trois mois de suite. C’est une question de chiffres. Sur une société de 7 million de personnes, cela ne peut pas ne pas avoir d’impact. Ce n’est qu’une question de temps et vous le savez.

La question ici devenant: cette analyse table sur le plus long terme et  parle en fait de ce que le printemps 2012 aura semé comme espoir de changement réel chez de nombreux Québécois. Cela étant dit,  est-elle pour autant incompatible avec le geste, plus immédiat, de voter?

La réponse, tout en respectant le choix légitime de ne pas voter, est sûrement que les deux peuvent être compatibles.

En gardant pleine conscience, par contre, que c’est en fait la société civile  –  dont une partie de sa jeunesse – qui, en 2012, aura initié un des mouvements sociaux les plus importants et peut-être même, les plus prometteurs pour l’avenir, de toute l’histoire moderne du Québec.

Bref, qu’il arrive que le changement, le vrai, celui pour le mieux-être d’une société et non pour le pire, soit initié non pas par des partis politiques, mais par des citoyens mobilisés ensemble.

Mais il arrive aussi qu’il soit enclenché par des partis. Ce fut le , entre autres moments forts, en 1960 et en 1976. Même en 1995, avec le référendum, le Québec est passé à un cheveux de ce qui aurait été le plus grand changement de son histoire.

Même si 2012, pour ce qui est des trois principaux partis, ne s’engagent ni à une Révolution tranquille, ni à faire l’indépendance, n’y a-t-il pas néanmoins quelque part dans l’éventail complet de l’«offre» politique actuelle de quoi à commencer, tout au moins, à s »intéresser à la politique et au politique? Incluant pour les plus jeunes?

Or, que l’on vote, ou non, le «printemps érable» aura tout au moins su nous rappeler que la prise de parole citoyenne, la prise de parole politique, ça ne se fait pas seulement qu’à tous les quatre ans dans un isoloir.

Mais ça se fait, aussi, aux élections.

D’ailleurs, en cette veille de jour d’élection, Gabriel Nadeau-Dubois, sur les ondes de la Première chaîne, soulignait lui-même l’importance d’aller voter.

Et il le faisait en plaçant cet enjeu du vote dans une perspective politique et sociale nettement plus large :

Je ne dis pas qu’il ne faut pas aller voter. Moi, je vais y aller. Je crois que c’est important. C’est un moyen de se faire entendre. Il y en a beaucoup d’autres. Le vote, ça en est un. C’est important, il faut le faire. Cela dit, ce que je dis est qu’il faudrait essayer de comprendre pourquoi il y a une partie de la jeunesse qui s’est désintéressée des institutions. Au lieu de dire que c’est de la faute de la jeunesse, on devrait peut-être essayer de trouver quelle est la part de responsabilité de nos institutions dans ce phénomène-là. On nous demande notre opinion une fois aux quatre ans. Et même quand on nous la demande, on nous dit qu’en fait, il faudrait pas vraiment la donner parce qu’il faudrait voter pour le moins pire.

Et sur ce, bonne réflexion à tous et toutes…

 

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19 commentaires
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On ne peut, en général, que se réjouir d’un taux de vote peu élevé chez quiconque n’a jamais payé d’impôts, ou chez quiconque a peu d’expérience de vie. En somme, il est tout à fait sain que peu votent dans le groupe 18-24 ans, et très peu dans le groupe 18-21 ans. Le contraire serait inquiétant.

Votre raisonnement induit que l’électorat idéal serait constitué d’électeurs principalement âgés et donc expérimentés. Voilà justement un des problèmes qui gangrènent la politique au Québec: un rapport au politique formaté par les seuls intérets de ceux qui auront le plus profité d’acquis sociaux qu’ils ne souhaitent désormais plus payer. Contrairement à vous, je me réjouis de voir les jeunes se lever contre une telle injustice.

Excellente analyse Mme Legault ! Par ailleurs, j’appelle au vote stratégique des jeunes dans Nicolet-Bécancour en faveur de Jean-Martin Aussant étant actuellement nez-à-nez dans les intentions de vote face au candidat de la CAQ. Obtenant un appui stratégique de tous les partisans de QS, qui n’a aucune chance de faire élire sa candidate, Jean-Martin Aussant sera, sans coup férir, élu.

La gouvernance démocratique pose un défi considérable aux institutions sociales et politiques et elle induit désormais d’autres voies et formes de gouvernance à imaginer dans les meilleurs délais pour conserver l’élan que la société québécoise a semblé vouloir prendre le printemps dernier.

À cet égard, l’action de l’Institut du Nouveau Monde est à suivre de près.

La jeunesse ne rend pas immature, enfin pas tout le temps.
Avez-vous vu à TVA le jeunot hurler « CANADA » pendant que ses chums huaient Pauline Marois à sa visite lors de la première pelletée de terre du futur amphithéatre à Québec.
Faut pas généralisé, je sais mais voyez ce que ça fait trop de radio-poubelle sur la cervelle d’un ado.

Il y a les jeunes, mais en plus il y a les parents des jeunes, leurs frères et soeurs. Seront-ils influencés par la politisation plus grande de ces jeunes du printemps érable ?

J’ai bien hâte de voir les analyses fines des résultats du vote. Je ne serais pas surpris qu’on ait quelques surprises concernant l’impact du vote des jeunes comme conséquences à l’abjecte stratégie de Charest de créer et entretenir une crise sociale pour des fins strictement électorales.

Au fond de moi-même je serais tellement heureux qu’on puisse constater que telle un boomerang la crise étudiante montée de toute pièce par le gouvernement Charest lui est finalement revenue en pleine gueule.

«Où ils font un désert, ils disent qu’ils ont donné la paix.»
[Tacite]

@ honorable

Êtes-vous sérieux ? Vaut mieux être sourd que d’entendre ça !

Si je suis votre raisonnement, il n’y a qu’un pas pour enlever le droit de vote à toutes ceux et celles qui n’ont pas tel ou tel QI.

Vous nous avez habitués à vos sophismes alambiqués. Mais là vous vous surpassez.

Bonsoir .

je me souviens l’été 2012 le gouvernement libéral de Jean Charest à fait une loi pour mettre nos jeune dans les prison des amendes et des amendes, et plus encore la matraque sur notre jeunesse un honte pour toute la population entière qui a été vue à travers le monde le gouvernement de Jean Charest à choisi la division ,la peur,et surtout la matraque au lieu de la négociation et épanouissement vraiment il faut faire en 2012.

Question?

Comment un gouvernement peut protéger nos ressources naturelles,notre environnement,la dicriminition entre homme et femme,nos lois,le partage,la violation de nos droit et protéger nos spécificités de nations quand il matraque notre jeunesse se qu’il y a de plus précieux au québec et a la population Franchement un réveil s’imposent et mon vote en sera un de sanction.

Pour moi la matraque sur notre jeunesse je me souviens.

Bonne réflexion et bon vote.

Il n’y a pas que la réflexion des jeunes, bien sûr, comme le dit M. Drouin, les parents étaient souvent dans la rue aussi et ont accompagné leurs enfants. Mais les jeunes ont démontré un courage peu commun. Comme en Tunisie, ils ont démontré que la peur ne les ferait pas reculer. Ils se sont montrés fermes dans leurs positions, et avaient un discours très structuré. Ils ont accepté matraquage, poivrage, arrestations, amendes salées, etc… Ce que leurs parents auraient refusé. Les jeunes ont exigé, alors que leurs parents auraient demandé. Il y a une différence de degré majeure entre les deux. De ce fait, les jeunes ont eu un effet de locomotive sur l’ensemble de la société.

Ce mouvement n’en est qu’à ses balbutiements.

A ce compte-là, pourquoi ne pas imposer l’âge admissible au vote à 26 ans?

A 26 ans, le cerveau est finalement formé, chez les garçons, 23 ans chez les filles.

Mais à 18 ans on est assez vieux pour aller se faire tuer sur les champs de batailles… 🙁

Pendant la seconde guerre mondiale, on formait des pilotes de B29 à l’âge de 19 ans…

Il faudrait savoir ce que l’on désire chez des jeunes de moins de 26 ans.

J’ai entendu tellement d’adultes s’exprimer de façon immature au cours de cette campagne que le vote des jeunes ne me fait pas perdre le sommeil.

Je souhaite que 100 % des jeunes se prononcent. C’est ça la démocratie. Extrêmement irritant pour certains, mais préférable à la dictature que souhaitent certains, même certains au pouvoir présentement, surtout à Ottawa

Si le PLQ avait eu l’intelligence d’attendre la fin du mandat de cinq ans que la loi lui accordait, il aurait pu partager l’assiette au beurre pendant un autre 18 mois. Au lieu de cela, le PLQ passera la main au suivant, et les petits amis devront faire de l’antichambre pour reconstruire les ponts.

Bonsoir.

Mne.Legault les politiciens quand ils donnent leurs prévisions budgétaires et que le PIB est à la baisse ils endettent qui ?

Une bonne discussion avec Alec et Mne.Hébert pour avoir une bonne conclusion car le gouffres que nos politiciens sont en train de nous causées est immense et le gouffre grossis de plus en plus et la nation québécoise ne saura même pas capable d’investir dans ses ressources naturelles car elle va être pris à la gorge laissant toute la place à l’entreprise privé ou vont siégé plus tards vos humbles serviteurs.

Bonne réflexion.

Bonsoir.

Question Mne.Legault comment va faire le gouvernement de M.Charest qui n’a pas réussi à négocier dans l’harmonie et épanouissement d’une saine négociation sur les droits de scolarités avec les étudiants.

Comment va-il faire pour négocier le GRAND NORD avec les autres nations?

Bonne réflexion.

Trois grands mouvements sociaux de revendication ont traversé le Québec ces dernières années : celui sur la langue (MQF, IM), celui des gaz de schiste (et le mouvement écologique) et celui des étudiants.

Deux partis ont appuyé ces luttes concrètement, soit QS et PQ. QS a pris une part active peut-être même organisationnelle au mouvement étudiant. Le PQ a su intégrer des acteurs de ces mouvements sociaux (Daniel Breton, Léo Bureau-Blouin ) et les revendications de ces mouvements sociaux dans sa plateforme.

Le PQ s’étant positionné en faveur de certaines revendications de ces mouvements sociaux devient un relais politique crédible de ces revendications. Un appui au PQ devient un appui à ces mouvements sociaux qui par ailleurs se doivent de continuer leur lutte. Si le PQ est porté au pouvoir il faudra que les mouvements sociaux maintiennent la pression et ils pourront effectivement voir se concrétiser certaines de leurs demandes : pas de hausse importante des frais de scolarité, interdiction de la fracturation hydraulique, renforcement de la loi 101 et pour les casseroles, fin de la loi 78. Dans le cas de luttes écologiques elles pourront alors se déployer sur d’autres enjeux comme la défense de l’île d’Anticosti. Je pense qu’il est nécessaire pour ces mouvements sociaux de voir aboutir leurs revendications concrètement afin de poursuivre la lutte et de faire avancer le projet de société écologique.

Cependant, les médias ont beaucoup de difficulté à intégrer dans leur couverture de presse et dans leur réflexion la question des mouvements sociaux. Il faut donner crédit au PQ et à Pauline Marois d’avoir su repositionner le PQ au centre-gauche ( et d’avoir maintenu le cap pendant la campagne) en s’associant aux mouvements sociaux. Il reste que ceux-ci seront la principale voix d’opposition quelque soit le gouvernement en place et n’en déplaise à QS et à ON qui soit dit en passant n’a pas passé le test de l’écologie dans son programme ( 50% ON et 72% PQ). Les mouvements sociaux sont actuellement en pause dans l’attente de la stratégie à adopter après l’élection.

En passant, la chef du PQ a dénoncé plusieurs fois pendant la campagne la loi 78 et affirmé vouloir son abolition et a promis d’annuler la hausse des frais de scolarité tout en maintenant le scénario de l’indexation. Si les médias n’ont pas sur faire les débats et poser les bonnes questions est-ce de la faute aux partis? Deux partis se sont positionnés en faveur d’une vision écologique de la société, faire porter les questions sur ces enjeux n’était-il pas favoriser ces deux partis? Et favoriser ces deux partis n’était-il pas contraire aux politiques des grands médias, qui visiblement n’ont rien à faire de l’écologie. À propos, à 30% de l’électorat en faveur du PQ, soit environ 40% de l’électorat francophone, combien de journaux et de médias se sont prononcés en faveur du PQ ? Un seul. C’est cela la démocratie? Comique dans ces conditions d’entendre des journalistes reprendre les revendications de QS sur le vote proportionnel. alors qu’il y aurait aussi une enquête à faire sur le rapprochement – ne parlons pas de collusion – entre certains médias et certains partis.

Excellente analyse madame Legault concernant le vote des jeunes.
Je serais très déçu si les jeunes n’allaient pas voter en grand nombre. De même il est à espérer que la « parenté » de ces jeunes va se rendre aux urnes.
Cette campagne-ci a été d’une grande importance: Pour moi c’est la révélation claire de l’axe gauche-droite dans le paysage québécois ai lieu de la « chicane » souveraineté/fédéralisme que nous avons connue depuis longtemps. L’un n’empêche pas l’autre mais il y a un réalignement politique que la crise étudiante et les casseroles nous ont fait découvrir et que je trouve porteur d’espoir. Les désobéissants à la loi 78 peuvent changer le cours de notre histoire.
Le vote d’aujourd’hui est, bien sûr, important car ça c’est peut-être le début de la fin du néolibéralisme qui enrichit le 1%. L’avenir nous dira si les jeunes poursuivront le printemps érable pour nous suggérer d’autre chose de moins sauvage et qui va dans le sens du bien commun.

J’espère que les jeunes du comté de Sherbrooke vont se donner le mot pour faire battre Jean Charest. Ça serait au moins ça.

Je partage votre point de vue sur ce mouvement citoyen qui prend de plus en plus racine. Je pense aussi que ce n’est pas nécessairement via les partis politiques que ce mouvement trouvera son expression.

S’intéresser à la chose publique et tenter de la définir à travers notre réalité, sont des éléments fondamentaux de la prise de parole citoyenne. Si le printemps érable a servi à ça, et bien bravo et espérons pour le mieux.

Je souhaite aussi que les jeunes votent en plus grand nombre. Il en va de la qualité de notre vie démocratique.

Merci Mme Legault pour l’abondance et la qualité de vos analyses. Nous vous suivrons pour la suite à moins que l’actualité vous garde!! Nous aurons besoin de références pour mieux comprendre car l’actualité politique sera chargée.

@Denis Drouin: si la connaissance élémentaire des dossiers ou payer des impôts n’a aucune importance pour vous, alors pourquoi ne militez-vous pas en faveur du droit de vote à 12 ou 14 ans?

Comment expliquez-vous qu’il y a des restrictions à la conduite automobile pour les jeunes de 21 ans et moins?

Jamais je ne serait déçu de constater qu’un jeune de 18 ans fait moins de km en une année qu’un adulte de 40 ans. De même, jamais je ne serai déçu de constater que les jeunes de 18 ans votent moins fréquemment que les adultes de 40 ans. Il est normal que le plus grand kilométrage soit fait par ceux qui ont de l’expérience; de même il est normal qu’une haute fréquence de vote soit l’apanage de ceux qui paient ou ont déjà payé des impôts, ou qui ont de l’expérience.

@Denis Drouin
Ne donnez pas des idées de catégorisation et de hiérarchisation sociale à honorable qui en a déjà beaucoup trop. 😉
Si on suit son idée, après les jeunes, on pourrait aussi se réjouir d’un déclin du vote des femmes… trop émotives. Et pourquoi pas ensuite des locataires… trop à gauche. À la fin, il ne pourrait rester que les élites. Et encore pas n’importe laquelle. Je crains surtout que dans son monde idéal il soit le seul à se qualifier pour le vote. Et ça c’est inquiétant. Les mononcles au pouvoir m’inquiètent infiniment plus que les jeunes de la rue.