Le flegme nouveau de M. Legault

Parti Mr Hyde, voici Dr Jekyll

J’ai toujours cru qu’ils avaient tort, ceux qui ont attribué à l’arrivée de François Rebello à la CAQ en janvier et à ses déclarations souverainistes le début du désamour entre l’opinion publique et le parti de François Legault.

J’ai toujours cru que les extraits, très médiatisés, d’un discours prononcé par M. Legault au même moment avaient fait encore plus pour dégonfler les enthousiasmes. On y voyait un François Legault pompé au max, lisant sur des téléprompteurs un texte enflammé, et jetant du haut de son spectre vocal des anathèmes à tous les gouvernements qui l’avaient (l’auraient?) précédé.

La performance était si stridente qu’elle provoquait un mouvement de retrait littéralement physique. Pas question de se taper ça pendant une campagne électorale, nos oreilles ne tiendraient pas. Deux spécialistes de la communication rencontrés depuis partagèrent avec moi leur avis que ce moment avait beaucoup nui au nouveau chef du nouveau parti.

Il faut croire que les conseillers de communication de l’époque de François Legault ont été virés et remplacés par des gens d’une autre école: celle du calme. Et au congrès de fondation de la CAQ ce week-end, Mr Hyde/Legault avait disparu, remplacé par Dr Jekyll/Legault.

Rien de très différent dans le contenu, mais un autre ton: posé, délibéré. Reposant pour les oreilles.

L’entrée en bourse de CAQ-INC

Cette correction est bienvenue et prouve, au moins, que François Legault sait apprendre. Mais c’est bien la seule nouvelle du week-end — outre la proposition de demander un amendement constitutionnel sur le sujet de la langue, ce qui semble contredire le mantra central d’éviter de nouvelles chicanes avec Ottawa. Passons.

Pour le reste, on a assisté à la poursuite de l’opération CAQ-INC. Des membres qui ont versé 0,00 dollars pour obtenir une carte de membre furent réunis pour une brèvissime session de non-discussion, visant à estampiller les propositions imaginées en vase clos par l’équipe de direction.

Le tout adopté dans une quasi-unanimité qui aurait semblé louche, même chez les Libéraux de Jean Charest.

On comprend que les gens adhèrent à la CAQ parce qu’ils en partagent les propositions principales et parce qu’ils en apprécient le chef. Normal qu’il n’y ait pas beaucoup de tourmente sur les virgules. Mais si ce parti lancé du haut vers le bas a désormais des pieds, force est de constater que ce sont toujours des pieds d’argile. Raison de plus pour garder son calme, au sommet.

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Il fut en fin-de-semaine, complètement éclipsé par:

1) Le plan Nord, Charest et les émeutes.

2) La manifestation monstre du jour de la terre.

Éclipse totale.

Legault: une image dépassée de parvenu affairiste, vent et de vains mots sur quelques lieux communs de la droite aux allures populistes. Je lui souhaite moins de 10 % des votes!

M. Lisée: je ne partage pas votre avis au sujet à propos de la « brèvissime session de non-discussion ». J’ai participé au congrès en fin de semaine en tant que délégué (ma première expérience dans un parti politique, je dois l’avouer) et pendant les ateliers, il y a de bons débats, et il y a aussi eu quelques revirements de situation.

Oui, le tout a été bref, mais il y a eu des propositions qui ont été amendés et certaines ont été retournées en commission politique. Les amendements trop à droite ou trop à gauche ont été rejetés par la très grande majorité.

« une brèvissime session de non-discussion »…

Depuis des mois, plusieurs groupes de militants, chacun de leur côté, travaillent sur le programme. La commission politique du parti a fait une tournée des régions, récoltée trois-cent-deux propositions et en compagnie de la direction, est arrivée à fusionner tout cela dans le cahier des participants. Certaines pistes ont été mises de côté, des amendements ont été proposés, certains battus, d’autres adoptés. Il devenait prévisible que les chances de s’entendre assez rapidement augmentaient à partir du moment où les cinquante-neuf items choisis pour le menu faisaient déjà pas mal consensus dans le groupe des militants présents à Victoriaville.

Il y a eu discussions.

Pas assez longues aux yeux de certains observateurs ?

Possible.

Mais fallait être sur place pour voir qu’il y a bel et bien échanges et débats.

Et merci pour avoir remarqué le changement de ton dans les discours de notre chef 😉

Plutôt un M. Jekyll, avec un « y ».

N’empêche, l’analogie est bonne, car dans le roman de R.L. Stevenson, le côté Mr. Hyde (méchant) prend éventuellement le dessus sur le Dr. Jekyll (bon). Je crois que c’est ce qui arrivera à M. Legault… le côté obscur finira par l’emporter, la déchéance est déjà amorcée.

M. Asselin, si tout était écrit d’avance pourquoi avoir organisé ce show ?

Voilà bien dont ce qu’il est question. Premièrement c’est bien de haut en bas que la CAQ fonctionne. Deuxièmement, c’est encore de la politique spectacle que la CAQ a organisé.

Non vraiment si c’est ce que vous appelez du changement, vous repasserez!

En passant, la CAQ a-t-elle vraiment l’intention de faire une exception concernant le moratoire de 10 ans sur les questions constitutionnelles concernant le dossier de la langue ? La CAQ aurait-elle été déjà rattrapée par la realpolitik?

Qu’est-ce que ce serait si la CAQ prenait le pouvoir ou même si seulement elle devenait l’opposition officielle ? La CAQ devrait sans doute ré-écrire les bases mêmes ayant présidé à sa création. Pas fort pour un nouveau né !

«On ne saurait stigmatiser par trop d’expressions le vice de ces hommes souples et trompeurs toujours prêts à parler comme vous le voulez, non comme la vérité l’exige.»
[Cicéron]

Amusant! N’empêche que s’il devenais vraiment bon communicateur, ça serait plutôt malvenue!

« Mais si ce parti lancé du haut vers le bas (…) »

J’aime bien cette image. Et j’ajouterais « et qui se veut rassembleur »… 😉

Le gros bon sens

« Les faits existent, mais ils sont toujours interprétés. C’est la raison pour laquelle, en matière de convictions politiques, sociales et économiques, le gros bon sens, qui est une sorte de version populaire de la neutralité scientifique, n’existe pas.

En appeler au gros bon sens en matière politiques, sociales et économiques, c’est croire en l’existence d’une solution vraie et unique que tous devraient pouvoir reconnaître avec un peu de bonne foi. Or, on le constate, le bon sens, tous croient l’avoir de leur côté, mais tous n’ont pas le même. Aussi, le croire unique et partagé relève donc du fantasme. »

http://www.ledevoir.com/culture/livres/298121/essais-quebecois-le-gros-bon-sens-n-existe-pas

Si M. Legault a regagné son flegme, c’est qu’il a contrôlé M. Rebello ou qu’il lui a barré l’accès au congrès de fondation, afin qu’il n’aille pas encore décourager les fédéralistes caquistes, comme Messieurs Deltell et Caire, en déclarant, comme il l’a déjà fait, quand il a adhéré à la CAQ, qu’il a choisi, comme séparatiste, ce parti parce que c’est celui qui a plus de chances de mener les futurs Québécois vers la séparation du Québec du Canada « s’ils sont, encore francophones…majoritairement, on s’entend ».

Puisque le Québec change de ton ! (soupir)

Carburer aux émotions. C’est cela que le Québec vit actuellement. Aucune logique nulle part et je dis bien nulle part.

Prix de consolation, souvenons-nous du 2 mai et du NPD. Aux prochaines élections et avec ÉMOTION, le Québec refera la même chose élection. Bye Bye « Blocage » en commençant par le PQ (bla bla de promesses sans pouvoir, électoralisme et cousin du « Bloc » )suivi du PLQ qui a raté la ré-ingénérie de l’État 2 fois : en 2003 et maintenant (plan Nord et Étudiants)et le manque de transparence et les cachettes (il faut tout de même admettre que le PLQ essaie actuellement de mettre ses culottes (trop peu, trop tard). Dommage que tous les élus n’ont pas réussis encore une fois à se définir comme Gouvernement mais seulement comme un affrontement de partis politiques (une faiblesse de résultats et d’écoute): l’unicité gouvernementale c’est une force, l’unicité d’un pays (Canada et Provinces) c’est aussi une force.

Bonne chance et que le Pouvoir soit avec vous aux prochaines élections.

Note: faire sa juste part s’adresse également aux syndicats

@ Paul-W Parent (# 10):

« Carburer aux émotions. C’est cela que le Québec vit actuellement. Aucune logique nulle part et je dis bien nulle part. » (sic)

Je dirais même qu’il vit d’émotivité et surtout pas de logique depuis que le Parti québécois existe.

Cependant, avec l’élection probable du Wild Rose Alliance en Alberta, notre principal fournisseur de fonds, les choses risquent de changer au Québec qui ne pourra plus compter sur l’extrême générosité presque naïve de nos frères anglophones de l’Ouest Canadien, ce qui nous permet de vivre bien au-dessus de nos modestes moyens et de carburer aux émotions.

Nous devrons apporter un brin de logique et de raisonnable dans nos « choix de société » sinon, ce seront eux qui nous crisseront dewors du Canada!

Il ne nous restera plus alors qu’à partager le sort pitoyable de la Grèce…et de mendier, tels de lamentables loqueteux, l’aide internationale avec toutes les conditions draconniennes qui s’y rattachent.

C’est là que nous a emmené le gauchisme-interventionisme.

La majorité des Caquistes sont la pour les bonnes raisons. Beaucoup de militants ou de futurs candidats brillants, qui s’illustrent dans de nombreux domaines, sans être des politiciens de carrière. Beaucoup de gens qui ne sont pas issus des mouvements politiques étudiants comme au PQ ou PLQ, la ou la plupart des militants ou dirigeants sont dans dans la machine depuis qu’ils ont 16 ans. C’est donc oui moins expérimenté, moins »compliqué », moins long, davantage Inc., que le PQ. Mais je trouve la CAQ a la fois ambitieuse et sans prétention, et assez crédible pour former un gouvernement compétent.

@francois 1er

Décidément vous avez le piton collé sur la peréquation. Vous ne vous lassez jamais de votre désinformation pour les nuls ?
Je vous mets en lien une série d’article que vous ne lirez pas ,mais qui informeront les autres intervenants de ce blogue:

1. Un article de Michel C. Auger d’avril 2010 à ce sujet : Péréquation : Quelques mythes dégonflés
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2010/04/06/128553.shtml?auteur=2094

2. Un article plus récent suite au récent budget du Ministre Bachand ( Plq / Fédéraliste ): Le « ROC » ne subventionne pas le modèle Québecois
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/319057/transferts-federaux-le-roc-ne-subventionne-pas-le-modele-quebecois

3. Une analyse hyper détaillées du Cirano concernant la péréquation.
http://www.cirano.qc.ca/fin/quest_Perequation_q4.php?lang=fr

Une formidable mine d’information qui permet de déboulonner le mythe de la péréquation utilisé par nos colonisés manipulateurs comme argument de peur.
C’est ainsi qu’on apprend que :
– Le Québec est la seconde province qui participe le plus aux revenus fédéraux
– et au cinquième rang au niveau des revenus fédéraux perçus par habitants
– Que l’importance de la péréquation dans les dépenses fédérales est relativement faible ( de 5 % à 7 % du total des dépenses )
– Que la péréquation ne représente que 18 % de tous les transferts fédéraux
http://www.cirano.qc.ca/fin/quest_Perequation_Importance14.php
– Que ce sont les provinces de l’Atlantique et le Manitoba qui bénéficient des droits de péréquation par habitant les plus élevés ( pas le Québec )
– Que la péréquation octroyée au Québec ne représente qu’environ 5 % de tous les revenus de « La Belle Province ».

5 % de tous ces revenus !
pas 35 %
pas 25 %
pas 15 %
mais bien 5 % !

En conclusion, utiliser systématiquement ( comme argument de peur ), la péréquation de manière isolée sans tenir compte de tous les autres éléments économiques qui régulent les relations Québec-Canada est un argument totalement vide de sens.

Vous écrivez: »Pour le reste, on a assisté à la poursuite de l’opération CAQ-INC. Des membres qui ont versé 0,00 dollars pour obtenir une carte de membre furent réunis pour une brèvissime session de non-discussion, visant à estampiller les propositions imaginées en vase clos par l’équipe de direction. ».

C’est un peu caricatural mais c’est exactement ce qui s’est passé.

Le plus paradoxal, c’est que après avoir dit fonder son parti pour ne pas parler constitution pendant 10 ans…il en soit rendu à en parler. Illogique 101!

Vous avez bien raison, l’effet Rebello et l’effet Legault sont les deux faces d’une même pièce. Et ne croyez pas que l’influence du premier sur le deuxième a diminué depuis son arrivée avec la CAQ, bien au contraire. Il s’est fait plus discret parce que ses conseillers lui ont dit de laisser Legault en avant, pour le meilleur et pour le pire. Maintenant, on leur souhaite le meilleur pour la suite des choses et le contenu devrait rapidement s’ajouter au contenant…

Si comme le suggère François 1, nous devions nous comparer à la Grèce, ce serait essentiellement parce que comme en Grèce le gouvernement Charest au pouvoir depuis toutes ces dernières années, aurait manipulé les chiffres et la réalité financière et économique du Québec.

Mais à bien y penser peut-être que François 1 a-t-il raison en ce qui concerne la corruption endémique ici comme en Grèce. La corruption nous coute terriblement cher en terme d’argent et également en terme d’énergie perdue et de démotivation. Dans ce sens sans doute les dernières années de gestion libérale de Bashar Charest nous rapprochent-elles de la Grèce.

Autrement, la situation du Québec n’a rien à voir avec celle de la Grèce.

Mais au lieu de mendier comme il le suppose l’aide extérieure, pour changer la donne, le Québec n’aurait qu’à changer de gouvernement dans un premier temps et ensuite s’extraire de cette fédération qui nous nuit plus qu’elle nous aide. Récupérons toutes nos taxes et tous nos impôts ainsi que tous les pouvoirs d’une nation souveraine et nous n’aurons plus à recourir à la péréquation pour palier au déséquilibre structurel issu des bases mêmes de cette fédération canadienne qui essaie de nous tenir en sujétion.

Alors si vous n’avez pas le courage de prendre votre propre destinée en main, laissez au moins ceux celles qui ne sont pas des couards le faire à votre place.

«Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si l’on t’écrase d’un pied»
[Emmanuel Kant]

ADMIN : Et après cet interlude sur la Grèce et la péréquation, revenons au sujet principal de ce billet : le congrès de fondation de la CAQ.

Flegme? Vous l’avez vu pleurer en fin de semaine? Ca ne vous inquiète pas un homme qui pleure sur scène pour rien? Vous voyez ca comme premier ministre?

Plus haut monsieur Drouin demande si la CAQ a vraiment l’intention de faire une exception concernant le moratoire de 10 ans sur les questions constitutionnelles ?

La question est bonne en maudit, au moment ou Michaël Ignatief lui-même déclare que l’Indépendance du Québec est inévitable.

Questionné par Anne-Marie Dussaultà 24/60 sur ce pavé fraîchement lancé dans l’arène politique, quelle fut la réponse de F Legault? Qu’Ignatief était redevenu professeur d’Université et donc qu’il était déconnecté…

Lui Legault, il est connecté à quoi au juste ?

Les propos de Francois Legault sur Ignatieff en révèlent beaucoup plus qu’il ne le pense. Dire qu’un prof d’université est « déconnecté », ça ressemble grosso-modo aux arguments dretteux quand une étude de Pierre Fortin remet en question leurs dogmes. Ce qui est curieux, c’est que les propos d’Ignatieff n’étaient pas supposés attaquer de front une conviction profonde de M. Legault, bien au contraire. Pourquoi s’est-il senti obligé de s’en dissocier à ce point?
Je pense que Francois Legault a enfin compris la signification du taux d’insatisfaction. Il a fait le plein des votes nationalistes et il n’en aura pas plus parce qu’il n’offre tout simplement pas ce que veulent les gens qui sont favorables à l’indépendance. Par contre, les fédéralistes, y compris les anglophones et allophones, aimeraient beaucoup avoir une solution de rechange. Vous pensez qu’ils n’écoutent pas Enquêtes et les différents reportages? Le déni a ses limites!
Ne leur dites plus que le PLQ est corrompu: ils le savent! Le 30% de Libéraux qui reste est uni par une seule conviction, l’opposition à la souveraineté. Si Legault se déclare fédéraliste, même à demi-mots, il offre une alternative. Pas grave qu’il propose des demandes constitutionnelles vaseuses – il ne fait ça que pour attirer quelques nationalistes naïfs. Le PLQ ne doit plus son succès qu’aux épiphénomènes sporadiques et à la division d’un électorat qui veut n’importe qui sauf eux. Il n’y a pas de cause Libérale, pas de valeur libérale, et ce qu’il entreprend est presque automatiquement suspecté de corruption. On n’est plus libéral par conviction ou par amour mais par intérêt ou habitude.
Ce parti est dû pour une plonge aux proportions bloquistes. J’ose croire que François Legault l’a compris lui aussi.

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