Le génie maléfique

Les principaux artisans du scandale des commandites ont l’air d’une bande d’amateurs à côté des firmes de génie conseil qui ont fait main basse sur les contrats de la Ville de Montréal, de 2004 à 2009, avec la complicité d’entrepreneurs, de fonctionnaires, d’élus et de collecteurs de fonds.

Une poignée de publicitaires dépourvus de tout ressort éthique ont traité comme un buffet ouvert le programme fédéral visant à accroître la visibilité d’Ottawa au Québec, au lendemain de la courte victoire référendaire de 1995. Les goinfres ont facturé trop cher l’exécution de contrats souvent bâclés, poussant même l’arrogance, chez Groupaction, à faire payer le ministère des Travaux publics trois fois pour le même rapport. Ils ont aussi inondé le Parti libéral du Canada, section Québec (PLC-Q) en contributions illégales.

Pendant que la commission Gomery achevait la réputation de la famille libérale au Québec, en 2004, le directeur du financement d’Union Montréal, Bernard Trépanier, a mis en place un système de ristournes encore plus sophistiqué, avec l’assentiment des firmes de génie conseil, ces entreprises qui ont fait la fierté du Québec moderne, ici comme ailleurs avec leurs ouvrages spectaculaires.

Tel que l’explique devant la commission Charbonneau le p.-d.g. de Genius (l’ex groupe Séguin), Michel Lalonde, les principale firmes (SNC-Lavalin, Dessau, CIMA, Tecsult, Genivar, SM, BPR, Séguin, Roche, Leroux Beaudoin Hurens, HBA Teknika et Claulac) ont fait partie d’un cartel qui se partageait les contrats de la Ville de Montréal. Les plus importantes firmes auraient versé une ristourne de 3 % en liquide à Union Montréal, pour avoir le privilège d’un quasi-monopole sur les contrats d’infrastructures, avec l’assentiment du numéro deux de l’administration Tremblay, Frank Zampino.

Contrairement aux fraudeurs du scandale des commandites, les ingénieurs ont eu le génie de ne pas faire de compromis sur la qualité des ouvrages. Il y a au moins quelques articles de leur code de déontologie qu’ils n’ont pas oubliés.

Ce «professionnalisme» explique en partie pourquoi leurs stratagèmes sont restés indétectables pendant plusieurs années. Même dans ce système de collusion bien rodé, les firmes de génie ne pouvaient pas se permettre de bâcler l’aspect technique de leurs soumissions, au risque d’être recalés par le comité de sélection, a expliqué M. Lalonde.

Bien sûr, les membres du comité étaient soudoyés, avec la complicité alléguée de l’ex directeur des travaux publics, Robert Marcil. Il y avait quand même des limites au nombre de couleuvres qu’on pouvait leur faire avaler.

Les travaux de la commission ont suffisamment progressé pour que se confirme peu à peu le sinistre portrait brossé d’abord par les journalistes d’enquête, et ensuite par les policiers de l’escouade Marteau.

Le Québec découvre un complot criminel d’une si vaste ampleur qu’il en donne le vertige. Des fonctionnaires de haut rang, des hommes de confiance de l’ex maire Gérald Tremblay (Bernard Trépanier et Frank Zampino), des entrepreneurs et les principaux dirigeants des firmes de génie auraient servi, en toute connaissance de cause, de rouages dans cette infernale machine à détrousser les honnêtes citoyens, derrière laquelle se profile l’ombre de la mafia sicilienne.

Et dire que la commission ne s’est même pas aventurée encore sur les autoroutes du ministère des Transports du Québec, pour traiter aussi du financement illégal des partis provinciaux, ni même sur les chantiers de construction où les fiers à bras syndicaux s’acoquinent aux truands.

C’est à se demander si les Québécois auront épuisé leur réservoir d’indignation lorsque la commission abordera enfin ces sujets tout aussi préoccupants.

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Le plus difficile sera sans doute de se rendre a l’évidence que la société québécoise est une société ou la corruption est un élément culturel. De Taschereau en passant par Duplessis a qui ont a érigé une statue, la corruption à Montréal qui a amené Drapeau au pouvoir, la commission Cliche , le scandale des commandites nous a fait constater que la société québécoise qui au faite de cette corruption généralisé a réélu et presque réélu des gouvernements tant municipale que provincial les mêmes fraudeurs. Est-ce un signe que cette société est mentalement atteinte dans sa culture de tolérance vis avis la fraude de ses élites. Je pense que c’est cette propension a glorifier la réussite de cette élite dans des galas et par la plume de certain journalistes qui a amener la (chloroformisation) du peuple Québécois vis a vis la corruption.
Mesdames et Messieurs le prix d’excellence de réussite dans le domaine de l’ingénierie revient a la firme….. pour recevoir le trophée s.v.p applaudissez le Président directeur Général……

Les compagnies conseils sont autant coupables que les compagnies de construction. On donne des cadeaux aux fondations, il y a un retour lors d’activités bénéfices, souper, voyages pour découvrir des produits, etc. – Lors de soumissions la priorité est le budget et non le soucis opérationnel. En cas de dépassement de coût, pas de problèmes on fera une correction plus tard avec une nouvelle demande. Du point de vue sécurité, c’est le minimum de la loi (sécurité dans les édifices publiques) qui fait loi.

Le véritable éclat de génie est peut-être de tirer son épingle du jeu et survivre à travers tous ces gens qui sont prêts à changer leur allégeance quand le vent commence à changer de bord.Il ne faut pas s’imagier que c’est un travail de tout repos.

Le résultat, c’est que les professionels n’appuient pas les idées des partis, comme le fait par exemple, le citoyen qui donne 25 dollars pour faire parti de Québec Solidaire,mais ils appuient le gagnant , quel qu’il soit.

Ceci fausse tout le jeu de la démocratie, de sorte que la population a beaucoup moins d’influence et est manipulée davantage lors des élections.

Le parti québécois et le parti libéral sont toujours au pouvoir alternativement grâce à ces manoeuvres financières.

Le politicien « exige » des contributions pour son élection.
La firme attend des contrats en retour après
l’élection.

Il n’y a plus de code d’éthique ni de morale.

Résultâts: Si firme n’embarque pas dans la formule, pas de contrat.

Vivre en trichant ou crever avec de la morale!

Qui peut me pointer ou ça commence à déraper et qui est le déclencheur?