Le mirage de la Charte

La laïcité de l’État n’implique pas la laïcité des individus, comme l’a d’ailleurs rappelé la Commission des droits de la personne ce matin.

Le débat sur la Charte des valeurs ne dérougit pas. Les chroniques, vox pop et lettres ouvertes continuent de s’accumuler. Sans compter les sondages et les sorties publiques presque quotidiennes, qui n’amènent plus de nouveaux arguments mais qui creusent davantage le clivage entre les ouverts et les fermés, les inclusifs et les intolérants, les progressistes et les conservateurs.

On aurait souhaité qu’il en soit autrement. Après deux mois de déchirements, on aurait souhaité que le PQ entende raison, qu’il conserve les éléments consensuels de sa Charte et qu’il abandonne ses aspects choquants — en particulier l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique. On aurait peut-être évité les débordements démagogiques, les agressions et le pourrissement du débat qu’on observe depuis des semaines. (Dire qu’il y en avait au PQ pour reprocher à Jean Charest d’avoir «déchiré le tissu social» et d’avoir délibérément «fait monter la tension» dans le but de déclencher des élections.)

Le PQ minoritaire a choisi le wedge politics en opposant le «Nous» aux «Autres». Et il semble que ça marche. Les appuis à la Charte se solidifient: 46% des Québécois appuient désormais le gouvernement, soit le même pourcentage que celui des Américains qui croyaient au créationnisme en 2012.

Mais tout comme le créationnisme n’est pas valable parce que 46% des Américains y croient, la Charte n’est pas une bonne idée simplement parce que 4,6 Québécois sur 10 l’approuvent. Après des semaines de débat, cinq failles majeures apparaissent dans le projet actuel et l’argumentaire du gouvernement:

1) La Charte n’a rien à voir avec la laïcité de l’État

Contrairement à la prétention de certains militants pour qui le «combat de la laïcité» constitue une croisade sans fin, la laïcisation de l’État québécois est complétée depuis longtemps. La laïcité de l’État signifie simplement que les lois et les actions d’un État ne sont pas dictées par des motifs religieux; elle n’implique pas qu’on fasse disparaître la religion de l’espace public, ou qu’on s’immisce dans les choix ou les croyances privées des individus.

Or il n’y a plus de religion d’État au Québec depuis des décennies: nos lois ne sont pas religieuses, pas plus que les décisions administratives du gouvernement ou les jugements des tribunaux. Le dernier vestige de notre passé théocratique est le crucifix de l’Assemblée nationale — celui-là même que le PQ a choisi de maintenir en place.

L’État québécois subventionne certaines écoles religieuses. Il pourrait très bien choisir de ne pas le faire. Mais le simple fait de soutenir ces écoles, sans discrimination entre les religions, ne remet pas en cause la laïcité de l’État. Le gouvernement du Québec n’est pas à la solde de la communauté juive, musulmane ou chrétienne simplement parce qu’il subventionne certaines écoles juives, musulmanes ou chrétiennes. Le gouvernement subventionne aussi des écoles à vocation sportive, artistique, internationale ou scientifique, sans parler d’une multitude d’organismes et d’individus plus ou moins politisés et/ou militants. Il pourrait aussi choisir de n’en soutenir aucun. Mais le gouvernement n’est pas davantage pollué ou asservi par les organismes et les individus qu’il soutient que par les écoles qu’il subventionne.

La même logique vaut pour les employés de la fonction publique. Un fonctionnaire qui porte la kippa ou le turban n’a pas pour effet de transformer le gouvernement québécois en organisation juive ou sikhe. La laïcité de l’État n’implique pas la laïcité des individus, comme l’a d’ailleurs rappelé la Commission des droits de la personne dans un avis dévastateur publié ce matin. Dans une société libérale, ceux-ci conservent leur liberté de conscience et de religion, et l’exercice ou l’expression de cette liberté ne menace en rien la laïcité de l’État. La laïcité de l’État signifie que l’État n’épouse aucune religion; elle ne signifie pas qu’il leur fasse la guerre.

2) La Charte fait reculer la neutralité de l’État

L’État doit être neutre, tout le monde est d’accord sur ce point. Et cette neutralité concerne tant les religions que l’absence de religion.

En vertu du principe de laïcité, l’État ne peut épouser aucune religion. Mais il ne peut pas non plus s’opposer à elles, ou autrement prendre parti pour ou contre une ou plusieurs croyances, sans perdre sa neutralité. Un État neutre ne peut discriminer entre les individus selon la religion qu’ils pratiquent, ou encore selon la manière qu’ils ont de vivre ou d’exprimer cette allégeance (sous réserve des limitations d’ordre ou de sécurité publique).

En somme, un État neutre ne fait pas de théologie. Le gouvernement n’a pas à se prononcer sur la pertinence des encycliques papales, sur l’interprétation rabbinique de la Torah, sur la valeurs respective des branches shiite, sunnite ou soufie de l’islam, sur la virginité de la mère de Jésus Christ, sur la longueur acceptable des cheveux sikhs, sur la couleur des kippas juives, sur la conception de la réincarnation hindoue, sur le refus technologique des Amish, sur les chapeaux et les perruques des juifs hassidiques, sur l’importance et la signification du voile ou de la barbe pour les musulmans, ou sur le sexe des anges. Ces questions relèvent des choix individuels et des croyances de la sphère privée, et l’État doit demeurer totalement neutre face à celles-ci.

Privément, les individus sont évidemment libres de critiquer ce qu’ils veulent. Les tenants de diverses religions peuvent considérer les dogmes des autres comme autant d’hérésies. Les athées peuvent assimiler les religions à des superstitions ridicules, et les croyants peuvent se désoler de la pauvreté spirituelle des athées.

Mais l’État n’a pas davantage affaire à s’ingérer dans ces débats que dans la chambre à coucher des gens. Il ne peut pas agir comme prolongement des préjugés des uns ou des autres, et endosser une position favorable ou critique face aux choix particuliers d’un groupe. Tous les citoyens — athées, agnostiques ou croyants, peu importe leur religion — doivent être égaux face à un État neutre.

Or en interdisant le port de signes religieux chez les employés de l’État, le gouvernement abdique sa neutralité. Il prend parti contre les tenants de religions qui imposent ou suggèrent certaines pratiques vestimentaires. Loin de considérer toutes les pratiques religieuses et tous les individus comme égaux, l’État choisit ainsi d’en exclure certains, introduisant une discrimination là où il ne devrait pas y en avoir.

3) La Charte exclut des citoyens de la fonction publique pour des raisons identitaires sans lien avec leur compétence

Certains défenseurs de la Charte prétendent que l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique n’empêcherait personne de travailler puisqu’il suffirait de retirer ses signes religieux pour conserver son emploi.

L’argument est simpliste et fallacieux, et particulièrement quand les théologiens d’estrade ajoutent que «de toute façon le port du voile n’est pas une vraie obligation selon le Coran». (Là n’est pas la question: les individus sont libres de choisir eux-mêmes comment ils vivent leur foi et, outre les limites d’ordre ou de sécurité publique, l’État n’a pas à se prononcer sur la nature des prescriptions de diverses religions et les choix individuels des croyants.)

Dans les faits, la Charte impose un choix aux citoyens qu’elle vise: ils devront choisir entre leur pratique religieuse ou leur emploi. C’est l’équivalent moderne du Serment du Test qui, à une autre époque, cherchait à exclure les catholiques de la fonction publique britannique en leur donnant le choix entre leur emploi et leur identité religieuse.

Les ténors nationalistes qui défendent la Charte considèrent-ils que le Serment du Test n’était pas injuste et discriminatoire? Considèrent-ils qu’il n’a pas eu pour effet d’exclure une certaine catégorie de gens de la fonction publique, sur la base de motifs identitaires sans lien avec la compétence?

4) Le débat actuel n’a rien à voir avec les accommodements raisonnables

Un État laïc et tolérant de la diversité culturelle devrait normalement pouvoir accommoder — dans les limites du raisonnable — certaines demandes de groupes particuliers. (S’opposer à ce principe, c’est essentiellement plaider pour un État où le one size fits all s’applique de manière rigide et où un moule identitaire unique est imposé à tous.)

Les organismes publics proposent régulièrement des tarifs ou des accommodements spécifiques pour les personnes âgées ou les enfants, et ils prévoient régulièrement des accès ou des services pour les personnes handicapées, sourdes ou aveugles. Je ne vois pas pourquoi — dans les limites du raisonnable — ils ne seraient pas aussi ouverts à certains accommodements religieux quand ceux-ci n’imposent pas de fardeau particulier ou d’injustice quelconque au reste de la communauté.

Il va de soi que certaines demandes d’accommodements seront raisonnables et que d’autres ne le seront pas. Et il serait sans doute utile de répertorier et de publier les principes applicables à ces demandes. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Charte propose d’énoncer les critères applicables aux demandes d’accommodements religieux pour les organismes de l’État.

Pratiquement tout le monde est d’accord. Même les Libéraux, qui avaient essentiellement proposé la même chose dans leur défunt projet de loi 94. La controverse actuelle ne concerne pas l’encadrement des accommodements raisonnables mais le port de signes religieux dans la fonction publique. Dans le débat actuel, les accommodements raisonnables font office de distraction.

5) Il n’y a pas de lien rationnel entre la Charte et la lutte à l’islamisme radical

Il suffit de consulter les commentaires de blogues et d’écouter les lignes ouvertes pour constater que l’appui à la Charte vient en grande partie de gens qui semblent croire qu’elle constitue une réponse intelligente et efficace à la menace de l’islamisme. Plusieurs chroniqueurs et militants pro-Charte alimentent régulièrement ce sentiment en invoquant des lapidations en Afrique, des attentats au Moyen-Orient et autres actes de barbarie — comme s’il y avait un lien logique entre l’adoption de la Charte et la prévention de ces horreurs.

Or c’est de la pure foutaise. En réalité, la Charte des valeurs ne fait strictement rien pour protéger le Québec d’une prétendue menace islamiste.

En quoi l’interdiction des voiles dans la fonction publique freinera-t-elle le recrutement, par des groupes radicaux, d’adolescents musulmans aliénés? En quoi l’interdiction du voile chez les éducatrice en CPE réduira-t-elle les risques d’attentats terroristes au Québec? Quel est le lien rationnel entre le voile d’une fonctionnaire de la SAAQ et une hypothétique lapidation, à Hérouxville ou ailleurs? Aucun.

Depuis l’an 2000, les villes de New York, Londres et Madrid ont été victimes d’attentats terroristes majeurs, tous issus d’un islamisme radical. La menace existe, et peu de gens le savent mieux que les Newyorkais, les Londoniens et les Madrilènes. Or aucune de ces villes, ou des États correspondants, n’a jugé utile de réagir à ces attaques par une interdiction des signes religieux dans sa fonction publique. Cette possibilité n’a sans doute jamais été considérée.

La réalité — loin des stratégies politiques de bas étage — c’est qu’une réponse intelligente à la menace de l’islamisme passe par une meilleure intégration socioéconomique des jeunes, une ouverture et une collaboration plus grandes entre la communauté musulmane et les administrations publiques, et la surveillance ciblée et efficace des suspects par la police et les services de renseignements.

L’idée qu’on puisse faire échec à une quelconque montée de l’islamisme au Québec par l’interdiction du voile dans les hôpitaux, les ministères et les garderies est — pour rester poli — totalement sans fondement.

*****

L’intégration de la diversité culturelle et religieuse au sein de sociétés traditionnellement homogènes constitue un défi politique réel, et les questionnements qui l’accompagnent n’ont rien de risible. Mais toutes les réponses ne sont pas également crédibles ou respectables pour autant.

Le Québec est une petite société, linguistiquement distincte et relativement pauvre par rapport à ses voisins. Il est normal que l’inquiétude existentielle y soit plus prononcée qu’ailleurs, et que des propositions de réglementation identitaire y recueillent beaucoup d’appuis.

Mais dans bien des cas — incluant celui de la Charte — ces idées sont des mirages, issus d’une pensée magique où l’insécurité historique des Québécois pourrait disparaître grâce à une loi. Comme si l’Assemblée nationale pouvait interdire la peur du noir ou les peines d’amour.

On nous vend la Charte en parlant de laïcité, mais il n’en est rien. On nous vend la Charte en parlant de neutralité, mais il n’en est rien. On alimente la frayeur de l’islamisme, mais la Charte n’y peut rien.

La Charte discrimine et exclut. Elle déconsidère le Québec. Et elle représente un nouveau mirage pour une population qui ne sait plus à quel saint se vouer pour préserver son identité traditionnelle, et qui n’a rien trouvé de mieux que d’interdire celle des autres.

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« C’est l’équivalent moderne du Serment du Test »

Ma foi(s), vous délirez!

Le serment du Test obligeait TOUS les Acadiens à renier leur foi. Rien de tel avec la charte. La charte demande seulement aux ultras de ne pas afficher leur attirail religieux au travail, lorsque payés par les contribuables québécois. Rainville mentionnait ce matin que beaucoup de parents sont tannés d’aller porter leur enfant (ce qu’ils ont de plus précieux au monde) dans des CPE où les éducatrices sont voilées.

Le Charte n’oblige personne à renier sa religion.

—-

Parlant de terrorisme local, on vient de donner le nom du gars qui a laissé un colis suspect au bureau de Harper.
Non il ne s’appelle pas Tremblay ou Thompson.

http://www.lapresse.ca/actualites/national/201310/17/01-4700662-colis-suspect-au-bureau-de-stephen-harper-un-homme-accuse.php

Est-ce que ça veut dire que la France, contre le port du voile islamique, est discréditée itou ?

La France est un bordel ingérable et irréformable. On se dirige vers là au Québec mais personnellement je ne suis pas pressé….

Hé ben, un blogueur qui ne voit pas plus loin que son nez…

Supposons que je suis un Juif et que je vais à la SAAQ pour mon permis de conduire. Et là, il y a une femme voilée qui est au comptoir. Je refuse qu’une femme voilée me serve, je demande un homme juif. Et tout la pagaille qui s’en suit. POur rafraichir votre mémoire, il y a quelques années, une policière a voulu arrêté un homme juif et celui ci a demandé la présence d’un homme à la place. Pas facile d’appliquer la loi avec ce genre d’individu. Alors, cela va devenir une tour de babel lorsque tout le monde aura ses choix lorsqu’il viendra le temps de se faire servir. Et si moi, je ne suis pas intéressé de me faire servir par une femme voilée, ou un homme avec un turban. Je suis un xénophobe ou je suis une personne qui veut faire respecter ma croyance religieuse.

Vous prenez des exemples de villes qui selon moi, n’ont pas d’accommodement raisonnable. Tu vis à NY, vis comme les New Yorkais. C’est simple. Je ne vois pas dans la charte, l’interdiction de porter des signes religieux au travail. Elle demande d’en porter un plus discrait.

Vous parlez des handicapés, des personnes agées ou autres. C’es quoi ces exemples? On peut pas demander aux handicapés d’être pas handicapés. C’EST QUOI VOTRE LIMITE DU RAISONNABLE? C’est le fun de mettre des lettres sur du papier…

Le Québec est une petite société, linguistiquement distincte et relativement pauvre par rapport à ses voisins. C’est con comme commentaire. Aux États-Unis, dans l’état de Californie, ils ont décrété que l’anglais était la langue officielle. Car les hispanos utilisaient plus l’espagnol.

Mais, c’est plate j’ai perdu du temps à lire votre délire… Je me corrigerai donc jamais.

Et voilà que notre Commission québécoise et nationale des droits de la personne qui rembarre Drainville et sa charte péquiste.

BRAVO!!!

L’État est neutre mais les gens qui y travaillent ne sont pas tenus d’afficher cette neutralité.

Imaginez une personne qui ne connait rien à cette problématique et à qui on dit qu’au Québec l’État est neutre, et par la suite il aille dans un bureau quelconque du gouvernement et qu’il constate que tous les employée affichent un signe religieux ostentatoire.

La seule réaction de cette personne…. Quelle bouffonnerie!!!

En vue d’éclairer le débat sur le projet de Charte du gouvernement, pourquoi ne pas revoir brièvement les étapes historiques de cette entreprise d’essouchage. Une entreprise qui ressemble à une fuite en avant face à une réalité qui va nous rattraper inévitablement. Cela a commencé par un coup de barre, une sorte de règlement de compte avec notre histoire lors de la Révolution tranquille où l’on nous proposait d’effacer de notre mémoire tout un pan de notre passé. Un passé qualifié de grande noirceur qui bloquait l’entrée de la modernité. Par ce jugement sommaire, on nous a fait comprendre que l’Église et la religion étaient en somme les premiers responsables de ce malheur. Ce jugement signé par nos penseurs progressistes a servi à propulser un mouvement déjà sensible d’abandon de la pratique religieuse dans certains milieux dits évolués. Faute de balises pour faire un inventaire sérieux des faiblesses, mais aussi des richesses de cet héritage religieux, de ce qu’il représentait au plan social et humain, on l’a traité avec mépris et indifférence.Dans un tel climat, nos élites progressistes, forts de leur nouvelle position politique, se sont mises à la tâche pour achever l’oeuvre. Cela s’est manifesté surtout au moment de grandes réformes de notre système d’éducation, d’abord dans ses structures et ensuite dans sa vision de l’école. C’est à ce moment que le cycle de déracinement a pris toute son ampleur. On a même assisté à un moment donné à la disparition de l’histoire dans nos programmes. Ce fut ensuite l’abandon des enseignements formels du christianisme remplacé par le cours de morale laïque et plus récemment par le programme d’Éthique et de culture religieuse, programme fondé sur une nouvelle croyance, celle du relativisme, visant finalement à placer toutes les religions sur un même pied pour mieux les interdire dans la vie publique. Maintenant, le temps est venu de se demander si nos enfants, totalement coupés de leurs racines historiques, donc chrétiennes, sont en mesure de saisir toute la portée du débat actuel. Un de ces jours, il faudra bien leur expliquer et accepter de reconnaître notre part de responsabilité dans leur immense désarroi. Claude Poulin Québec

Pour citer C. Rioux Devoir 2013-10-18: « Pour l’islam, dit le philosophe Rémi Braque, la séparation du politique et du religieux n’a pas le droit d’exister. Elle est même choquante…. »

« l’islam n’a donné naissance à aucun État laïque (hormis la Turquie et la Tunisie) »….

« L’apostasie y est toujours considérée comme un crime »….

« ce n’est pas d’abord la laïcité qui a un problème avec l’islam, mais, l’islam qui a un problème avec la laïcité »

La pratique religieuse pour moi relève de l’espace privé. Quand on affiche des signes ostentatoires c’est comme un panneau-réclame. C’est de la publicité ou du marketing de religion . Il n’y a pas de problèmes avec ça dans la rue, les parcs publics, les édifices et les centres-d’achat privés etc.
Cependant lorsqu’on s’affiche de façon ostentatoire dans l’espace de l’État, cela est inacceptable. La majorité qui a accueilli détient également des droits: celui d’être respecter dans son désir de laïcité . Une charte nous donne un encadrement pour un traitement équitable de tous.
Le Vancouver Sun il y a deux semaines louangeaient la Charte québécoise car Vancouver est affligé de problèmes d’accommodements et de signes ostentatoires. J’en sais quelque chose car j’y ai vécu pendant de nombreuses années. Ce qui se dit tout bas vous effrayerait.
Les Britanniques eux, selon un dernier sondage , sont à plus de 80% contre les accommodements et les signes religieux. Ils n’ont pas légiféré cette année mais le feront sûrement l’an prochain. Je soulignerais également les Pays-Bas, la Belgique, la France qui se sont votés des lois beaucoup plus contraignantes que la Charte québécoise qui est proposée.
En dernier lieu je mentionnerais un cas frappant: En Turquie ( surtout Istanbul) il est étonnant de voir très très peu de voiles ou autres signes religieux, pourquoi: c’est un état à 95% musulman mais les signes ostentatoires religieux sont proscrits dans la plupart des lieux publiques ! M. Lussier, nous désirons l’harmonie dans notre société . Je ne pense pas que 240,000,000 de personnes dans 6 pays se trompent complètement.

Je n’ai pas lu tout l’article parce que déjà le premier énoncé est complètement faux. Au Québec, l’état n’a pas été complètement séparé de l’Église comme certains prétendent. Voilà le problème: on n’a pas d’autorité pour interdire quoi que ce soi sous prétexte de la laïcité quand elle est inexistante.
Que « les lois et les actions d’un État ne sont pas dictées par des motifs religieux » et que « nos lois ne sont pas religieuses, pas plus que les décisions administratives du gouvernement ou les jugements des tribunaux » s’appelle démocratie. La laïcité va plus loin que ça. D’où je viens (évidement je n’ai pas grandi ici) l’exemple le plus évident de laïcité est qu’il n’y a pas des croix dans les hôpitaux publics, les croix dans les écoles publiques sont interdites par définition et une croix au parlement ce serait quelque chose d’inconcevable. Il ne s’agit pas de bannir les croix dans les espaces publiques mais dans les services publiques. (Comment un hôpital public peut s’appeler Saint-Luc ou Notre Dame ?). Pire encore, il y a à peine quelques mois, la Première Ministre s’affichait à la messe (!) et ça fessait la une des journaux puisqu’il s’agissait d’une cérémonie « officielle » en hommage aux victimes d’une « tragédie nationale ». Cela ne rentre dans aucune définition de laïcité possible. Dans n’importe quel état laïc une chose comme ça serait impensable.
Ce n’est pas cette pseudo laïcité québécoise qui me dérange. Pas non plus que les gens soient ignorants ou naïfs pour croire que l’église a été bel et bien séparé de l’État. Ce qui me préoccupe c’est qu’il a des gens qui contribuent à répandre ce mensonge. Et que le gouvernement change la définition d’un mot dans le but de faire passer une loi, je trouve ça dangereux. J’imagine que c’est comme ça que les régimes totalitaires commencent.

« …clivage entre les ouverts et les fermés, les inclusifs et les intolérants, … »
Quand vous charriez, vous charriez en grand. Malhonnêteté intellectuelle évidente.
Les deux camps qui s,affrontent sont ceux qui sont pour l’inclusion et ceux qui sont pour l’intégration.
Inclusion : introduction d’un élément dans un milieu de nature différente
Intégration : établissement d’une interdépendance plus étroite entre les parties d’un être vivant ou les membres d’une société.
On fait fausse route en privilégiant l’inclusion restreinte qui autorise chaque personne et chaque communauté à conserver ses valeurs intactes, encourageant ainsi un modèle de développement séparé, plutôt que l’intégration qui exige un certain cheminement pour créer des valeurs communes.
L’inclusion fait appel au multiculturalisme et est une approche communautariste où chaque groupe vit à sa façon et ne cherche en aucune manière à faire un tout avec la société.

Le gouvernement péquiste prétend pouvoir remplacer la Charte des droits et libertés par un nouvel ensemble juridique qui refléterait des valeurs soi-disant québécoises. En effet, c’est tout, ou rien. La Commission des droits et libertés l’a bien montré dans son commentaire d’hier; la charte des droits et libertés du Québec, qui préside aux décisions des tribunaux supérieurs, contient des éléments qui sont tous intrinsèquement liés et ne peuvent faire l’objet d’une modification sans que l’ensemble de ceux-ci soient affectés. Mais le gouvernement ignore volontairement ce fait incontestable, prétendant au contraire de façon simpliste que le « politique » doit tout simplement prendre la place du droit dans ce débat, et que quelques aménagements suffiront à changer le cours des choses. C’est entièrement faux, parce que cela nous mènerait, (il le souhaite sans doute, c’est la « gouvernance souverainiste » qui dicte son action), , dans un affrontement majeur avec les lois qui nous régissent et qui nous viendraient bien sûr des « méchants anglais ». Tout cela pour une fabulation, celle d’une invasion islamique, dixit Madame Bertrand. On nous réfère en plus, pour justifier le caractère légitime d’une entreprise aussi démesurée en raison des problèmes évoqués (je suis généreux), à l’exemple d’une république imaginaire calquée sur la République française, présumant que l’on pourrait, d’un seul coup, effacer 350 années de jurisprudence. C’est du Grand guignol.

Si le texte de M. Lussier a une qualité, c’est bien celle d’essayer de placer le débat sur le plan de la raison et non sur celui de l’opinion (même partagée par une majorité) et donc de la croyance (puisqu’une croyance, de quel ordre soit-elle, est toujours du domaine de l’opinion). Je ne dis pas que M. Lussier a réussi, mais il me semble qu’il a le mérite d’avoir essayé (comme d’autres l’ont fait d’ailleurs avant lui).

Selon moi (et donc je présente une opinion que personne n’a à partager), la maladresse d’une bonne partie de ceux et de celles qui, jusqu’à ce jour, ont accepté de prendre en main l’étendard de la croisade pour la laïcité et les valeurs de l’état québécois a été de placer le débat sur le plan des opinions, celui des croyances et de juger de leur valeur en fonction du pourcentage des personnes qui y adhèrent et disent qu’elles y adhèrent. Le débat devient donc une lutte où la raison tient peu de place, une lutte où chaque « croyant » est convaincu que son opinion a valeur de démonstration.

On ne peut pas mener un débat social dont on dit qu’il doit avoir un effet « rassembleur » en le laissant, même avec la meilleure volonté du monde, se dérouler sur le plan des opinions et des croyances, de quelque niveau soient-elles.

«Mais l’État n’a pas davantage affaire à s’ingérer dans ces débats que dans la chambre à coucher des gens.»

Dans une débat aussi sérieux, cette phrase m’a bien fait rire. Imaginez que les gens transportent leurs ébats à leur travail comme ils exposent leurs convictions religieuses en public…

Dans un cas, comme dans l’autre, je trouverais ce comportement fort impoli et non respectueux de la liberté des autres.

‘Scusez-la

Et bien, monsieur, c’est fou ce que vous êtes conciliant et que vous recherchez un large consensus….Je m’arrête ici.

Donc, je réclame aussi le droit de porter, en tous temps, ma tuque du CH au travail, vu que, pour moi, le hockey c’est MA religion et que je suis compétent dans mes fonctions. Peut-être bien ma ceinture fléchée itou, pour ME compléter dans mon identité.

Félicitations, M. Lussier

Votre comparaison avec les 46% de créationistes vous a valu ce matin une nomination pour le sophisme de la semaine à l,émission de Franco Nuevo

Vous devriez lire l’opinion de Pierre Marois, ancien président ou directeur de la Commission, parue dans Le Devoir cette semaine. Je crois Monsieur que vous délirez! La Charte n’empêche nullement la pratique de sa religion. Elle ne fait que concrétiser la laicité de l’État. Cette laicité doit être concrète et s’incarner, ne pas restée un principe théorique! !!! D’autre part, je suis harassée de constater que ce sont maintenant les juges qui détiennent le pouvoir de gouverner : le législateur devrait se servir de la clause « nonobstant ». Nos élus doivent avoir ce courage.

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