Terrasser le monstre du déficit commercial du Québec – 1. La prise de conscience

Pour comprendre l’origine de la nouvelle politique économique du gouvernement Marois, il faut d’abord prendre conscience des défis auxquels le Québec est confronté.

Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne
Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne

Pour comprendre l’origine de la nouvelle politique économique du gouvernement Marois, il faut d’abord prendre conscience des défis auxquels le Québec est confronté.

À l’approche de l’Halloween, nous ferions bien de commencer à nous inquiéter d’un de ceux-là, je parle du monstre qui se dresse devant nous: le déficit commercial.

Je ne m’appesantirai pas longtemps sur le défi à court terme, qui consiste à stimuler l’économie en devançant des investissements dans les infrastructures scolaires et sportives et en offrant des crédits d’impôt pour stimuler les investissements privés.

C’est autre chose pour les défis à long terme. J’en soulignerai trois:

  1. Le déficit d’investissements privés;
  2. Le déficit de productivité de nos entreprises et plus généralement de notre économie;
  3. Le déficit commercial international.

Le déficit d’investissements privés

Cela pourra en surprendre certains de voir le gouvernement péquiste essayer de stimuler avec autant de force l’investissement privé. Ce parti tient pourtant le même discours depuis des années, avant même le départ de François Legault. C’est que depuis la crise économique de 2008, la croissance économique repose de plus en plus sur les investissements publics. Le tableau suivant, tiré des données de l’ISQ, en constitue l’illustration:

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Il faut donc vigoureusement soutenir et attirer les investissements privés et c’est ce que le gouvernement a décidé de faire. Deux mesures en particulier visent à atteindre cet objectif: le congé d’impôt de dix ans pour les investissements majeurs a été bonifié et l’offre d’électricité propre à bon prix à partir des surplus. Plusieurs autres moyens sont mis en oeuvre et comme le gouvernement a déjà engrangé quelques succès, il a décidé d’intensifier ses efforts.

Le déficit de productivité

Depuis des années, toutes les études sur le sujet en arrivent à la même conclusion: les entreprises québécoises ont pris du retard en matière de productivité.

Le plan économique du gouvernement tente de faire d’une pierre deux coups avec des bonifications au crédit d’impôt à l’investissement des PME et le nouveau crédit d’impôt de 25 % sur les dépenses d’intégration des technologies de l’information dans les PME manufacturières.

Ces mesures s’appliquent immédiatement, de façon à convaincre les entreprises d’investir dès maintenant. Le gouvernement souhaite donc améliorer la productivité à moyen terme et stimuler l’économie à plus court terme.

Le monstrueux déficit commercial

Mais le plus grand défi auquel l’économie québécoise est confrontées, c’est le déficit commercial, devenu monstrueux. En 2011, il a atteint un sommet record de presque 30 milliards de dollars.

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Cela signifie que, chaque jour, il y a 82 millions de dollars qui sortent du Québec pour ne plus revenir. 82 millions de nos dollars investis hors du Québec, pour créer des emplois à l’étranger.

Il est urgent d’inverser cette tendance et c’est ce que le gouvernement tente de faire avec sa politique économique, qui repose sur une vision à long terme. On notera d’ailleurs que des deux milliards de nouveaux investissements, seulement 52 millions sont prévus pour l’année en cours. L’essentiel sera investi dans les trois prochaines années.

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Cette vision repose sur la recherche et l’innovation, la formation de la main-d’oeuvre, la productivité accrue de nos entreprises, leur accompagnement sur les marchés d’exportation et l’électrification des transports.

La prise de conscience

Dans les dernières années, nous avons pris conscience au Québec de plusieurs défis importants. Cette première étape de lucidité est essentielle si nous voulons les surmonter.

Nous l’avons fait pour les finances publiques avec le déficit zéro à la fin des années 90. Nous l’avons fait pour le choc démographique avec les politiques familiales et il reste du chemin à faire au niveau des retraites et du virage des soins à domicile en santé. Nous l’avons fait pour le déficit d’entretien de nos infrastructures avec des investissements massifs. Nous l’avons fait pour la corruption qui s’était installée au cours de la dernière décennie avec des actions vigoureuses.

Après les années de laisser-faire libéral sur cette question cruciale, le gouvernement Marois a le mérite, dans sa nouvelle politique économique, de nous faire prendre conscience du nouveau défi posé à notre économie par le déficit commercial. Extrait:

«Le déficit de la balance commerciale du Québec augmente, représentant chaque année une perte de richesse qui ne cesse de s’amplifier.»

Le déficit commercial se dresse comme un mur sur le chemin de notre prospérité et ce monstre, malheureusement, sera toujours là au lendemain de l’Halloween.

Comment le terrasser ?

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Le déficit commercial est une des conséquences directes de notre faible productivité et le la performance pathétique de l’investissement privé au Québec (encore pire depuis l’arrivée du PQ). Notez d’ailleurs que ces données seraient encore plus atroces sans un bulle d’endettement des ménages qui dure depuis au moins 10 ans et qui touche vraisemblablement à sa fin…

La réalité est que pas grand monde n’est prêt à investir ici à moins de recevoir une copieuse subvention ou bien d’y être obligé par la géographie (tourisme & ressources).

Or que propose le gouvernement? Plus de la même chose qui nous a mené où nous en somme actuellement: des subventions (avec de l’argent que nous n’avons pas) et encore plus de dirigisme économique!

Pour renverser ce déclin il faudrait d’abord faire du Québec une terre propice à l’investissement qui récompense la le travail et la productivité, et cela va du simple travailleurs aux entreprises.

Mais au lieu de nous approcher de cet objectif nous nous en éloignons, non seulement les impôts, taxes et tarifs de tous genres augmentent sans cesse mais en plus la qualité des services (santé , éducation, judiciaire …) diminue pendant que nos infrastructures, notamment dans le transport, sont dans un état de décrépitude inquiétant. Rien pour favoriser l’investissement.

Pour renverser la tendance il faudrait donc faire de douloureux sacrifices, notamment couper des services, des programmes sociaux, congédier des fonctionnaires, etc…

Mais bien sûr au Québec les rapports de force en place rendent cette voie quasiment impraticable. Il faut donc prévoir une continuation du déclin et un appauvrissement qui deviendra de plus en plus difficile à dissimuler. Éventuellement notre niveau de vie aura peut-être baissé suffisamment pour attirer des investisseurs en quête d’aubaines. Le modèle québécois est en train de faire du Québec une succursale, c’est déjà en train d’arriver et ça va empirer.

Nés pour un p’tit pain vous dîtes?

… encore pire depuis l’arrivée du PQ ? Vous aimeriez peut-être que le crime organisé continue à doper la bulle économique ?
Le PLQ a été au pouvoir pendant trop d’années. Que nous promettent les fédéralistes ? La super propérité, les amis investisseurs déversants leurs millions en investissements et la prospérité extrême. Que s’est-il passé ? Le PLQ a gonflé la dette du Québec. Selon plusieurs, le gouvernement Charest serait responsable de 33% de la dette. La dette est devenue le troisième poste budgétaire en importance. Tout ça sous les bon hospices d’un parti champion de l’économie. Parlons pas des pertes de la Caisse de dépôt sous les directives des champions.

Et tu ose critiquer les péquistes ? Après juste quelques mois de remise en ordre du Québec. Révises tes analyses mon champion car ça manque de profondeur.

Nés pour un petite pain, mais oui! Ça vient même de la bouche du vice-premier ministre:

«Écoutez, j’étais étudiant à l’École normale puis l’Ontario avait une meilleure économie que nous, a indiqué M. Gendron vendredi. Ça fait 45 ans que c’est comme ça, donc est-ce que ça me dérange? Pas du tout.»

Effectivement…quand un vice-premier ministre fait l’éloge de la médiocrité, le peuple n’a pas grand chose à attendre de ces illettrés économiques.

Le déficit commercial augmente surtout à cause des maudites « machines ».

Le prix des autos n’a jamais été aussi bas par rapport au revenu moyen. Une auto coute moins de 10 piasses par jour à louer.

D’autre part, le cout du baril de pétrole est très élévé.

Comme les autos sont fabriquées à l’extérieur du Québec et que le pétrole vient aussi de l’extérieur du Québec, l’argent sort par les portes et les fenêtres.

Que faire?
Exploiter le pétrole québécois le plus rapidement possible (ca veut dire tasser les écolos du cabinet)

Amener des constructeurs étrangers au Québec (pourquoi sommes-nous passés à coté de l’auto alors qu’on en rabrique partout dans le monde?)

Développer le transport en commun afin d’éviter l’achat de la deuxième machine dans la famille.

Par curiosité j’ai fait un estimé rapide du déficit commercial lié à la consommation d’essence et à l’achat de véhicules. Le calcul est très approximatif, mais l’ordre de grandeur est de 18 miliards $ (+/- quelques miliards 🙂 ), séparé à peu près également entre l’achat d’essence et de véhicules.

Une chose est certaine, la stratégie d’électrification des transports est certainement un pas dans la bonne direction ainsi que la production de au Québec. Compter sur les ressources naturelles non renouvelables pour équilibrer la balance commerciale, c’est une stratégie à court terme, car par définition non durable. Vaut mieux travailler sur la question de la productivité, c’est plus payant à long terme.

Celles et ceux qui comme moi-même suivent la chose économique depuis assez longtemps ; avaient pris conscience de tout cela voici déjà somme toute quelques temps. Je ne suis pas sûr que nos concitoyens auront tous pour la plupart pris subitement conscience en cette veille d’halloween 2013 que notre province devrait exporter plus, que les entreprises devraient soigner leur niveau de productivité et que des employés bien formés, ça paye justement.

— Si ce n’est qu’une prise de conscience en général, ce n’est pas un bon carburant pour faire rouler l’économie en particulier.

Quand vous prenez par exemple conscience que vous êtes pauvre. Cela ne vous rend pas subitement plus riche. Cela signifie seulement que vous allez devoir travailler, travailler probablement dur pour gagner votre pitance ; cela signifie encore que vous allez devoir mettre de l’argent de côté pour sortir un peu de la pauvreté, qu’en plus vous allez devoir consacrer aussi du temps et de l’argent pour bénéficier d’une meilleure efficacité professionnelle (formation) ; enfin au terme de l’exercice, vous allez peut-être créer votre propre entreprise pour finalement conquérir des marchés (d’où exportations).

Qu’est-ce qui fait qu’une personne pauvre sera un peu moins pauvre et pourra parer à plusieurs de ces éventualités ci-dessus mentionnées ? Eh bien deux choses au moins : elle reçoit une excellente rémunération et après l’ensemble des prélèvements de toutes sortes, il reste encore de l’argent en surplus. Favorable pour l’investissement. C’est sur notre capacité de générer des surplus que se fonde le capitalisme comme encore un socialisme bien configuré.

Difficile quand on doit partir de zéro ou presque d’avoir une excellente rémunération et plus difficile encore de dégager des surplus quand l’ensemble des prélèvements de toutes sortes, couplés au coût relativement élevé de la vie sont tels que le citoyen ou la citoyenne ne survit que par l’accroissement de son propre déficit particulier : le crédit.

Tout cela pour dire que bien qu’on ne puisse que saluer les bonnes intentions du gouvernent, ce n’est pas par cette seule politique qu’on parviendra avant quelques décennies « peut-être » à inverser cette situation. Il faudrait moins miser sur les entreprises existantes qui carburent aux subventions, ne pas trop compter sur des investisseurs si on n’a pas de nouveaux produits ou de nouvelles méthodes à offrir ; lorsqu’il faudrait bien plus miser sur les gens, sur la capacité de développement de tout un chacun, mettre sur pied la structure économique et sociale qui favorise l’autonomie et toutes les formes de productions. Car il y a un producteur ou une productrice qui sommeille en chacun d’entre nous.

C’est précisément là, à cet instant que la conscience devient intéressante lorsqu’elle récompense et donne le meilleur des rôles à l’humain.

Lorsque vous parlez de prise de conscience et de lucidité, vous ne parlez sûrement pas des québécois et du gouvernement en place ! Blotti dans notre confort, nous étirons la sauce… De plus ce gouvernement est réactif plutôt que pro actif. Rien pour donner confiance.

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