Le NPD en mode «petite séduction»

À six mois des élections fédérales, la lutte s’annonce serrée. Le NPD met les bouchées doubles, et dans ses «assemblées de cuisine», il y a parfois de drôles de surprises…

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Manifestation de soutien au NPD Vancouver – Photo : avec l’autorisation du NPD

L’assemblée de cuisine était commencée depuis 20 bonnes minutes quand la députée néo-démocrate de Rivière-des-Mille-Îles, Laurin Liu, a finalement réussi à s’imposer dans la conversation pour souhaiter la bienvenue aux participants. Les huit hommes et quatre femmes débattaient avec verve du prix de l’essence qui augmente avant les longs congés, des compressions en santé, de la trop grande place des syndicats dans la société et des « maudits journalistes qui ne font que rapporter les mauvaises nouvelles ».

« Je vois qu’on ne manquera pas de sujets, dit-elle. Comme vous le constatez, c’est très informel. Je suis ici pour parler des positions du NPD, mais aussi pour entendre vos préoccupations. » Son léger accent anglais — elle a étudié à l’Université McGill — détonne dans la banlieue francophone de Saint-Eustache, au nord de Montréal.

En ce dimanche après-midi de mars, c’est un couple au début de la quarantaine qui nous reçoit dans son bungalow : Fabrice Forget, contremaître à la Société de transport de Montréal, et sa conjointe, Frecia Guaniloh Forget, d’origine péruvienne, éducatrice en garderie. Sur la table : café, boissons gazeuses, fruits, noix et dumplings tout chauds.

La plupart des personnes présentes sont des amis ou des connaissances du couple, alors que Camil Gervais, électricien qui fait du bénévolat à l’Association de promotion et d’éducation en logement, a été invité par un adjoint de la députée. Celui-ci l’avait aidé dans un dossier et avait remarqué son intérêt pour le débat politique. « Saint-Eustache est l’une des villes du Québec où les ménages paient le plus cher pour se loger. En moyenne, 40 % de leur budget y passe. C’est insoutenable. »

Laurin Liu en profite pour parler de logement abordable, et enchaîne sur les sujets d’actualité : l’opposition du NPD au projet de loi antiterroriste C-51, « qui met en péril les droits et libertés fondamentales des Canadiens », et le laxisme de la réglementation en matière de sécurité ferro­viaire. Faisant écho aux discussions des premières minutes sur le prix de l’essence, elle explique que le NPD souhaite la création d’un poste d’ombudsman qui défendrait les automobilistes et transmettrait les possibles cas de collusion au Bureau de la concurrence.

Au fond de la pièce, debout, André écoute. Retraité, l’homme d’origine hongroise a travaillé presque toute sa vie à l’usine GM de Boisbriand, aujourd’hui fermée. Il se présente au groupe en avouant être un libéral de longue date ! Il a déjà siégé à l’exécutif de l’Association libérale fédérale de la circonscription. « Je ne suis pas spontanément NPD, mais j’aime m’exprimer, alors je suis venu », lance-t-il, mi-frondeur, mi-taquin. Laurin Liu lui envoie son plus beau sourire. « On vous accepte quand même ! »

Comme tous les élus du NPD au Québec — sauf Thomas Mulcair —, la jeune députée de 24 ans a fait son entrée aux Communes en mai 2011. Lors de cette vague orange, 59 députés néo-démocrates ont été propulsés à Ottawa, laissant le Bloc québécois, le Parti libéral (PLC) et le Parti conservateur (PC) se partager les 16 sièges restants.

Quatre ans plus tard, et à six mois des élections fédérales du 19 octobre, la bataille s’annonce plus serrée. Le NPD et le PLC se disputent la tête dans les intentions de vote depuis des mois, tandis que le PC remonte tranquillement la pente et que le Bloc se tient en embuscade, prêt à remonter. « L’Ontario et le Québec seront le théâtre des plus chaudes luttes », explique Christian Bourque, vice-président de la maison de sondage Léger.

Tous les partis convoitent une circonscription comme Rivière-des-Mille-Îles, qui renferme des banlieues où vivent de nombreuses familles de la classe moyenne, comme Saint-Eustache, Boisbriand et Deux-Montagnes. « Ça va être une bataille de tous les instants, mais on travaille fort et on est en bonne position », dit David Boire-Schwab, l’adjoint de Laurin Liu.

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Le chef du NPD, Thomas Mulcair, aura du sang neuf au Québec pour la prochaine campagne. Trois députés ont été écartés lors de l’assemblée d’investiture ce printemps, et au moins deux autres pourraient se faire montrer la sortie par les militants. – Photo : avec l’autorisation du NPD

Les néo-démocrates du Québec ont bien l’intention de prouver que 2011 n’était pas un accident de parcours. La machine électorale est en marche, la cadence du porte-à-porte et des envois postaux s’accélère, et la présence dans les médias régionaux s’accentue.

Depuis 18 mois, le NPD envoie des renforts dans la province. La permanence du parti à Montréal, boulevard Saint-Laurent, est passée de 5 à 14 employés. Des organisateurs, des experts en bases de données et en communication se sont ajoutés. Le bunker électoral du Québec comptera près de 50 personnes au moment du déclenchement des hostilités électorales. En 2011, à peine une douzaine de personnes y avaient travaillé à temps plein.

Près de 40 assemblées de cuisine se sont tenues à la grandeur de la province depuis janvier. L’ère numérique a beau avoir donné naissance aux réseaux sociaux et aux discussions instantanées, le NPD a remis au goût du jour les bonnes vieilles réunions où les débats se font face à face.

La proximité avec les élus peut avoir une influence sur le vote des gens, croit David Boire-Schwab. « On ne décide pas qui vient à ces réunions, et c’est parfois déstabilisant », convient-il, faisant allusion aux dures critiques sur la place des syndicats au Québec que les participants à l’assemblée de Saint-Eustache ont formulées, et ce, même si le NPD est historiquement proche du mouvement syndical. « L’impor­tant n’est pas que les gens soient d’accord avec toutes nos positions. Ils veulent surtout avoir accès à leur député et sentir qu’on est attentif à leurs préoccupations. On prend le pouls sur le terrain, on n’est pas dans notre bulle à Ottawa. »

La veille de la rencontre chez Fabrice et Frecia, les bénévoles de Laurin Liu avaient arpenté la cir­conscription de Rivière-des-Mille-Îles, comme ils le font depuis des mois. Cette fois, le porte-à-porte avait pour sujets la « vie abordable », le plan du NPD pour faire baisser les petites dépenses qu’on doit payer au quotidien, comme celles des taux d’intérêt des cartes de crédit ou encore les dollars exigés pour obtenir un relevé bancaire imprimé.

« La réception a été bonne. Meilleure qu’en novembre. Ça touche les gens », dit Suzanne, qui a participé à l’opération et qui profite d’un moment d’accalmie dans la cuisine pour faire rapport à sa députée. Elle est ici pour observer le déroulement de la réunion et décider si elle sera la prochaine à en organiser une.

Trois semaines plus tôt, Alexandre Boulerice, député de la circonscription Rosemont–La Petite-Patrie, était l’invité d’une telle assemblée chez un résidant. C’était un lundi soir glacial de février, dans un trois-pièces de la rue Casgrain, au cœur de la Petite Italie, à Montréal.

Les 12 participants — sept gars et cinq filles — ont moins de 30 ans, tout comme l’hôtesse, Marie-Dominique, une boule d’énergie sur deux pattes qui a surnommé son député « Boubou » et qui avoue s’être intéressée au NPD à la mort de Jack Layton, peu après les élections de 2011. « J’ai pleuré. Je suis allée sur Internet et je suis devenue mem­bre », raconte-t-elle au groupe.

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Alexandre Boulerice (troisième à partir de la gauche) a dû ramer pour surmonter le cynisme des participants lors d’une assemblée de cuisine dans la Petite Italie, à Montréal. – Photo : NPD

Un chat noir circule sous la table entre les jambes des invités, et tandis que les bottes dégoulinent dans la baignoire, chacun se présente. Alexandre Boulerice constate rapidement qu’il devra affronter un barrage de cynisme. Contrairement à ce qui s’est produit à l’assemblée de Saint-Eustache, les sujets ne fusent pas spontanément. « Je ne suis pas intéressé par la politique, dit Patrick en croisant les bras sur son t-shirt gris. J’attends la discussion pour voir si un enjeu me touche. »

Une étudiante en droit dit avoir déjà été membre du NPD, mais ne plus l’être. Elle s’intéresse à la manière d’administrer la justice criminelle. « Je déteste la partisanerie. Mais je suis contente d’être ici pour discuter, c’est plus humain », dit-elle. Fabien, professeur au cégep, estime que les politiciens passent plus de temps à parler qu’à agir.

Alexandre Boulerice consacrera les deux heures suivantes à les raccrocher à des sujets plus près d’eux, plus concrets : la transparence des institutions, l’immigration, le sort des démunis à Montréal…

À la fin, il se dit heureux de l’expérience, tant pour les débats que pour l’aspect tactique. « Ça paraît peu, 10, 12 personnes à la fois, mais à la longue, il y a un résultat. Ils s’intéresseront davantage aux débats. Le mot se passe, la toile se tisse. Une fois la campagne en marche, certains deviendront des bénévoles ou des ambassadeurs de nos positions dans leur entourage. »

De fait, quelques semaines plus tard, Fabien, qui s’avouait « cynique à fond » en ce soir de février, organisera à son tour une assemblée chez lui…

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Les députés Alexandre Boulerice, dans Rosemont–La Petite-Patrie, et Laurin Liu, dans Rivière-des-Mille-Îles, devront batailler ferme. Près de la moitié des 59 députés du NPD risquent de perdre leur siège cet automne, selon les sondages. – Photos : Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne et Elvomito -CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons

Le « bon Jack Layton », dont le décès a fait pleurer Marie-Dominique, n’est plus là. Ce ne sera pas une campagne qui carbure à l’émotion, comme la précédente, admettent les stratèges du NPD. Le parti s’est toutefois professionnalisé. Il y a quatre ans, il n’y avait qu’une vingtaine d’associations de circonscription opérationnelles au Québec. Il y en a maintenant 75.

Rééditer le quasi-balayage s’annonce toutefois presque impossible, à la lumière des intentions de vote actuelles, selon l’analyste du site ThreeHundredEight.com, Éric Grenier, qui se spécialise dans les projections électorales. N’empêche, l’avance du NPD chez les francophones pourrait lui permettre de conserver de 33 à 47 sièges au Québec en octobre prochain, alors que la fourchette de succès de ses adversaires est de 17 à 23 sièges pour les libéraux, de 13 à 18 sièges pour les conservateurs et de 1 à 5 pour le Bloc. « Le NPD pour­rait rester une force au Québec », dit-il.

En privé, les organisateurs libéraux fédéraux avouent que la bataille sera rude contre un NPD qui tente de s’incruster pour de bon dans le paysage politique québécois. Mais la popularité de Justin Trudeau les motive : ils visent un retour aux résultats de Jean Chrétien au tournant des années 2000 — de 30 à 40 sièges au Québec. Une dizaine d’investitures pour choisir les candidats du parti ont rassemblé quelque 1 000 personnes, et certaines en ont même attiré plus de 2 500, du rarement vu au PLC au Québec.

Même si les sondages mon­trent depuis plusieurs mois que Thomas Mulcair est le politicien fédéral le plus apprécié des Québécois, les libéraux considèrent qu’un seul homme ne fait pas un parti, ce qui pourrait leur permettre de faire des gains. « Thomas Mulcair a du succès aux Communes, mais ses députés restent inconnus de la population », estime Pablo Rodriguez, coprésident de la campagne libérale au Québec. « Personne ne se démarque. En tournée, je demande aux gens de me nommer quatre députés du NPD. C’est le silence. »

Les libéraux comptent sur la volonté de changement, après presque 10 ans de règne conservateur à Ottawa. « Les gens veulent mettre Harper dehors. Si ça devient l’enjeu de la campagne, nous serons bien placés, car un seul parti pourra faire élire assez de députés dans tout le pays pour y arriver », dit Pablo Rodriguez. Député d’Honoré-Mercier de 2004 à 2011, il tentera de ravir cette circonscription montréalaise en octobre.

Le Parti conservateur souhaite aussi reprendre pied au Québec afin de compenser certains des sièges qu’il pourrait perdre ailleurs, notamment en Ontario. Sur une carte du Québec, les organisateurs conservateurs ont tracé une ligne allant du Saguenay à Sherbrooke en passant par la région de Québec. La « ligne bleue » du potentiel de croissance. Sur cet axe plus favorable aux conservateurs, la députation pourrait passer de 5 à 10, voire à 15 élus.

« Ça bouge beaucoup dans la province. Ma boule de cristal est embrouillée ! Je pense que le jeu est ouvert pour les élections », affirme en entrevue le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel. Il se dit « confiant » de pouvoir faire des gains. « Les Québécois seront devant un choix simple : le leadership et l’expérience de Stephen Harper, notamment en matière d’économie et de création d’emplois, ou bien Mulcair ou Trudeau, inexpérimentés, qui veulent augmenter les taxes et les impôts. »

Le ministre Lebel croit que le NPD, « un parti bâti pour faire plaisir aux dirigeants syndicaux », ne répétera pas ses exploits de 2011.

Un sondage CROP-L’actualité montre toutefois que 61 % des Québécois considèrent que le NPD a fait un « très bon » ou un « plutôt bon » travail depuis quatre ans. Ils ne sont que 18 % à ne pas avoir apprécié le travail du parti. Au total, 37 % des répondants estiment que le NPD fera aussi bien ou mieux aux prochaines élections qu’en 2011, contre 43 % qui pensent que le parti fera élire moins de députés cette fois-ci.

Le Bloc québécois, qui a commencé très tard à choisir ses candidats, ne s’avoue pas vaincu pour autant. Le chef, Mario Beaulieu, entend miser sur sa différence. « Le Bloc est le seul parti qui pense aux intérêts des Québécois en premier. Et nous sommes le seul parti souverainiste », dit-il, avant d’ajouter : « On peut gagner une majorité de circonscriptions au Québec. »

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Le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, ne s’avoue pas vaincu. «On peut gagner une majorité de circonscriptions au Québec», dit-il. – Photo : Marie Reine Mattera

Les chefs et les candidats passeront l’été à fréquenter les barbecues et les épluchettes de blé d’Inde pour convaincre les électeurs de placer un « X » près de leur nom sur le bulletin de vote. Élections à date fixe obligent, la campagne officieuse sera longue.

« C’est un marathon », dit Alexandre Boulerice. Lui et ses collègues qui participent aux rencontres dans les cuisines et salons de la province, comme Laurin Liu, en savent quelque chose. « C’est intense, mais c’est le fun. On fait de la politique pour ça », dit-il en quittant le petit appartement de la rue Casgrain. Il est 21 h 30 en ce lundi soir glacial. « Je vais retrouver ma femme et mes quatre enfants. Ils ont aussi besoin de moi ! »

.     .     .

Sondage CROP-L’actualité

De manière générale, estimez-vous que le NPD fait un bon ou un mauvais travail sur la scène politique fédérale ? Je dirais…

TOTAL BON
61 %

Très bon
6 %

Plutôt bon
55 %

TOTAL MAUVAIS
18 %

Plutôt mauvais
15 %

Très mauvais
3 %

JE NE SAIS PAS
21 %

……..

Lors des élections fédérales du 2 mai 2011, le NPD a fait élire 59 députés au Québec. À l’approche des prochaines élections fédérales, pensez-vous que le NPD va…

… faire mieux qu’en 2011 en faisant élire encore plus de députés au Québec
16 %

… maintenir le même nombre de sièges qu’en 2011
21 %

… faire élire moins de députés au Québec qu’en 2011
43 %

Je ne sais pas
21 %

…….

Sondage réalisé du 11 au 15 mars 2015 par l’intermédiaire du Web auprès d’un échantillon de 1 000 internautes représentatif de la population québécoise.

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J’ai le sentiment que la prochaine élection fédérale sera plus algébrique que politique, à un moment où tous les partis se préparent à soupeser et à calculer leurs appuis. Puis donc d’évaluer le plus précisément possible là où il faudra mettre le paquet non seulement pour garder ses députés, mais surtout pour savoir là où les gains peuvent être réalisés.

À ce petit jeu-là, la première impression est que c’est le NPD qui a une longueur d’avance profitant en grande partie du vent qui a soufflé sur l’Alberta.

Sur le blogue de Mathieu Charlebois, je disais voici quelques semaines que cette province de l’Ouest était en train de changer de paradigme, à un moment où encore Jim Prentice semblait être l’homme de la situation.

La question est bien sûr de savoir si ce changement paradigmatique, ou si on préfère cette mutation du modèle canadien « harperien ». Si cette mutation est actuellement « à point » pour déferler sur l’ensemble des provinces canadiennes.

Alors, la question subséquente est de savoir ou de s’apercevoir quel homme politique en ce moment incarne le mieux ce souffle de changement.

Si bien sûr mon observation devait dans les mois à venir… Se concrétiser. Il faudrait en conclure alors que le joug conservateur est à « deux doigts » de se disloquer.

Pourtant la prudence me force à estimer que les jeux ne sont encore pas faits. La fragmentation du vote populaire peut toujours jouer à l’encontre des intérêts de la population. En cette occurrence, c’est bien le parti qui saura le mieux compter qui aura tout le bénéfice de pouvoir remporter au moins deux fois la mise.

— Aussi citoyennes, citoyens, sortez séance tenante vos calculettes logarithmiques, la victoire ou la défaite est à ce prix là !

Le NPD et les libéraux se grugent mutuellement une clientèle commune alors que celle des conservateurs est fidèle et déterminée. De plus les conservateurs ont une grande longueur d’avance en matière de propagande avec les fonds publics et leurs chances de gagner la prochaine élection sont grandes, surtout qu’ils surfent sur la peur des gens, peur du terrorisme, peur des criminels. La question est de savoir si ce sera encore majoritaire ou minoritaire et du NPD ou des libéraux, quel parti formera l’opposition officielle. S’ils sont majoritaires, l’opposition sera écrasée comme elle l’est actuellement… Sans une certaine forme de coalition entre le NPD et les libéraux, il est improbable que l’un ou l’autre puisse former le gouvernement mais on a vu les libéraux préférer faire la coalition avec les conservateurs pour tenter de recueillir les fruits de la terreur (bill C-51) mais en fait c’est comme cracher en l’air… ça risque de leur retomber sur le nez car il ne fait pas de doute que pour ceux qui ont peur, les conservateurs sont les maîtres en la matière!

L’Alberta néo-démocrate est probablement un blip de mécontentement, rien de plus. Sa voisine, la Colombie-Britannique a flirté avec le NPD pendant plusieurs années mais est retournée à droite avec les libéraux de CB (qui ont un agenda de droite) depuis presque 15 ans…

75 circonscriptions au Québec ont un exécutif du NPD? Pas dans mon comté en tout cas.

Je crois que lorsqu’on assistera à des débats plus serrés et que les chefs devront se montrer un peu plus vers la fin de la campagne, on pourrait voir des glissements significatifs dans les intentions de vote. L’usure du pouvoir pourrait avoir raison de Harper mais je ne crois pas que les canadiens voudront saper la condition économique enviable du gouvernement fédéral après tant d’années de sacrifice. Les libéraux devront exposer Trudeau un peu plus. Il devra montrer autre chose que des généralités s’il veut gagner des points. Les gens se rendront vite compte qu’il n’a pas la carrure du père qu’on ait été d’accord avec lui ou pas. Mulcair devra convaincre les gens qu’il ne s’apprête pas à ouvrir les vannes de dépenses pour que le pays retombe en mode déficit. Il devra aussi montrer des gens de son entourage susceptibles d’etre ministrables. Je dois avouer que ma boule de cristal est passablement embuée actuellement…

Bof! Le NPD au Québec va perdre plus de la moitié de ses députés lors des élections de l’ automne 2015! La raison est simple c’ était une voie de garage temporaire et pour plusieurs poteaux oranges un cadeau venu du ciel! A part 2-3 députés oranges les gens ne les connaissent pas et ne connaissent pas leur programme! Alors ils ont beaucoup de travail d’ image auprès de la population.

J’espère que Laurin Liu sera réélue, j’aime beaucoup son implication dans la défense de la science.