Le paradoxe conservateur

Heurté par l’affaire du rapport préliminaire de la vérificatrice générale et mis à mal par des sondages sur ses cinq années au pouvoir, Stephen Harper ne voit pas pour autant fléchir les intentions de vote à son égard.

Sondage : Le paradoxe conservateur
Photo : N. Denette / PC

La fuite d’une version préliminaire d’un rapport de la vérificatrice générale critiquant les dépenses engagées pour la tenue des sommets du G8 et du G20 a été très mal perçue par la population canadienne.

Dans ce document datant de janvier que s’est procuré la Presse Canadienne, Sheila Fraser arrive à la conclusion que les conservateurs de Stephen Harper ont obtenu sous de faux prétextes l’autorisation du Parlement de dépenser 50 millions de dollars dans le cadre du sommet du G8.

Devant le refus de la vérificatrice de publier la version définitive du rapport avant les élections, la population a manifesté une certaine méfiance envers le parti. D’après les résultats d’un sondage Web réalisé du 13 au 17 avril par le Groupe de recherche Innovative, 89 % des Québécois et 84 % des habitants du reste du Canada ayant entendu parler de cette affaire seraient moins enclins à voter pour le PC à la lumière de cette histoire.

D’une manière générale, l’efficacité de la campagne électorale des conservateurs est limitée. Seuls 23 % des Canadiens et 13 % des Québécois ont été séduits par l’information lue, vue ou entendue à leur propos, alors que respectivement 40 % et 53 % ont été influencés négativement.

Pourtant, Stephen Harper caracole en tête des intentions de vote (39 %, soit 11 points de mieux que son rival, Michael Ignatieff). Et ce, même si 43,6 % du pays a une moins bonne opinion du chef conservateur après ses cinq années au pouvoir.

Débats : pas de gagnant, mais un perdant

Les débats des chefs n’ont pas constitué un tournant de la campagne. Les intentions de vote sont restées sensiblement les mêmes qu’avant les joutes oratoires. Stephen Harper est en tête partout au pays, sauf au Québec – où Gilles Duceppe le devance largement (37 %), mais où il a rattrapé Michael Ignatieff, au deuxième rang (21 %) – et dans les provinces de l’Atlantique – où le chef libéral a pris une légère avance (38 % contre 37 % pour le conservateur).

À défaut de désigner un grand gagnant, les débats semblent avoir placé un candidat dans une position plus délicate qu’auparavant. Alors que tous les chefs – même celle du Parti vert, Elizabeth May, qui n’y a pas participé – ont vu leur crédibilité en tant qu’éventuel premier ministre augmenter, Michael Ignatieff a vu sa cote baisser. Dans les provinces de l’Atlantique, la chute du chef libéral (de 30 % à 21 % en l’espace de quelques jours) a profité à Jack Layton (de 12 % à 21 % pour la même période).

La question souverainiste

Le Groupe de recherche Innovative a demandé aux répondants quel parti fédéral serait le plus à même de gérer la question souverainiste si les péquistes accédaient au pouvoir aux prochaines élections provinciales.

Cette question divise les Québécois, dont les votes sont assez équitablement répartis entre le Bloc (22 %), le Parti libéral (19 %), le Nouveau parti démocratique (18 %) et le Parti conservateur (16 %). Ailleurs au Canada, les avis sont plus tranchés : le PC (35 %) et le PLC (30 %) obtiennent en majorité le soutien des sondés.

Signe de la montée en puissance des néo-démocrates au Québec, près d’un électeur bloquiste sur quatre ferait confiance au NPD pour administrer ce bouillant dossier.

 

* Ce sondage a été réalisé du 13 au 17 avril 2011 pour L’actualité et Maclean’s auprès de 1 897 internautes, dont 438 au Québec, par le Groupe de recherche Innovative.

 

 

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