Le pari du n’importe-quoi-pour-la-souveraineté

Pierre Karl Péladeau n’est pas qu’un candidat parmi d’autres : il déplace massivement le centre de gravité du PQ vers la droite et annonce une collision frontale avec l’influence syndicale sur le parti, dit le blogueur Jérôme Lussier.

PolitiqueOn parlera encore longtemps, et de plusieurs manières, de l’arrivée de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois.

Les répercussions à moyen et long termes sont encore difficiles à prédire, mais pratiquement tout le monde s’entend déjà pour dire qu’à court terme, au plan tactique, le PQ ira sans doute chercher des votes à la CAQ et qu’il en fera perdre quelques-uns à Québec solidaire.

Ce qui est plus clair, par contre, c’est que la candidature-vedette de M. Péladeau complète la transformation du Parti québécois en parti de n’importe-quoi-pour-la-souveraineté.

Il y eut d’abord la volte-face sur les questions identitaires.

À une époque, le PQ comptait dans ses rangs un certain Jean-François Lisée que le voile ne dérangeait pas, et qui considérait que le Québec avait d’autres priorités. On y trouvait aussi une Pauline Marois qui appuyait, entre autres, «la visibilité de la diversité ethnoculturelle et religieuse parmi le personnel scolaire».

Puis vint un certain Sylvain Gaudreault, qui faisait «une distinction essentielle entre un individu et une institution», qui attaquait «la fausse laïcité sur laquelle nous déchirons nos chemises» et qui condamnait avec éloquence l’injustice subie par ceux «qui se voient refuser l’accès à une école, à des emplois et à des logements à cause de leur croyance religieuse».

Tout ça a été jeté aux ordures. À la place, le PQ propose maintenant une Charte des valeurs démagogique qui exclut de facto, et sans justification crédible, les minorités religieuses visibles de la fonction publique et parapublique.

Les péquistes ont ouvert toute grande la porte au conservatisme identitaire — celui-là même que Françoise David dénonçait comme «caricature d’un nationalisme fermé et frileux que l’on croyait disparu depuis l’ère Duplessis» — pour envahir le terrain jadis occupé par l’ADQ et le maire d’Hérouxville, qu’ils méprisaient. Cela n’empêche évidemment pas la plupart des candidats péquistes de continuer à se présenter comme progressistes.

Puis il y eut la question environnementale.

Le Parti québécois — celui qui avait troqué le rouge-libéral de son logo pour le vert-écolo en 2007, qui avait courtisé les environnementalistes en présentant les candidats Martine Ouellet, Daniel Breton et Scott McKay, et qui avait promis une réforme en profondeur du régime minier — a, par la suite, choisi de donner le feu vert à la centrale inutile de Val-Jalbert, dilué sa réforme minière, et lancé le Québec dans l’exploitation du pétrole à Anticosti, causant la consternation de plusieurs. Il faut croire que, comme d’autres, le PQ a choisi d’être environnementaliste «en temps et lieux

Puis vint le sacrifice de la gauche syndicale.

Depuis sa fondation jusqu’à la grève étudiante de 2012, le Parti québécois a toujours revendiqué son fameux «préjugé favorable aux travailleurs». Le PQ était le parti de la FTQ et de la CSN, avec les avantages et les inconvénients que cette alliance comportait.

Pendant le dernier conflit de travail au Journal de Montréal, le PQ avait déposé une loi anti-briseurs de grève en appui aux employés lock-outés — et contre l’entreprise de Pierre Karl Péladeau.

Pendant la grève étudiante de 2012, le PQ s’était rangé sans hésitation derrière les carrés rouges, eux-mêmes soutenus et conseillés par les centrales syndicales.

Quelques mois après son élection, le PQ a même cherché à réintroduire le placement syndical — pourtant éliminé à l’unanimité à peine un an plus tôt — par l’entremise d’un règlement qui aurait redonné le pouvoir aux syndicats, dont la FTQ au premier chef.

L’arrivée en scène de M. Péladeau vient anéantir cette alliance.

M. Péladeau n’est pas qu’un candidat parmi d’autres : il déplace massivement le centre de gravité du PQ vers la droite et annonce une collision frontale avec l’influence syndicale sur le parti.

Il y a quatre ans à peine, dans une lettre ouverte publiée dans le Journal de Québec, M. Péladeau remettait ouvertement en question la formule Rand en demandant s’il n’était pas temps de réfléchir à la «liberté d’adhésion syndicale» au Québec. En 2011, en commission parlementaire sur fond de conflit de travail au Journal de Montréal, M. Péladeau plaidait — aux antipodes des centrales syndicales — pour une modernisation du Code du travail qui favoriserait davantage les employeurs. On imagine difficilement comment l’imposant M. Péladeau et l’importante aile syndicale du PQ parviendront à s’entendre sur quoi que ce soit au plan socioéconomique.

Avec un futur caucus divisé sur les questions identitaires, environnementales et économiques, le seul point de ralliement péquiste ne pourra être que la souveraineté.

Les positions et les principes de jadis ont tous été évacués au profit de l’accession à l’indépendance, qui justifie désormais le pari du n’importe quoi. Les écologistes cherchent du pétrole à Anticosti. Les pourfendeurs de la «fausse laïcité» se vautrent dans le populisme identitaire. Gérald Larose marche main dans la main avec Pierre Karl Péladeau.

Les militants péquistes se plaisent à parler d’une «grande coalition». On pourrait aussi parler d’un fourre-tout à sens unique.

Au cours des dernières campagnes électorales, il n’était pas rare de voir le PLQ (ou la CAQ) raviver l’enjeu de la souveraineté comme repoussoir.

Le PQ préférait souvent parler d’autre chose. Mais en choisissant de neutraliser tous les autres aspects de son programme au profit du seul objectif de l’indépendance, c’est le PQ qui braque soudain les projecteurs sur le prochain référendum.

Il n’y a évidemment rien de mal à devenir le parti d’une seule idée. (En semi-boutade, j’ai déjà proposé la même chose pour modifier notre mode de scrutin.) Le Parti québécois peut très bien faire porter l’élection du 7 avril sur la souveraineté s’il le désire. C’est d’ailleurs le souhait de plusieurs de ses militants, qui ont toujours vu d’un mauvais œil l’émergence de l’axe gauche-droite au Québec. C’était aussi le pari — transparent — d’Option nationale. La politique québécoise ferait ainsi un grand bond en arrière pour revenir aux tranchées usées du Oui et du Non.

Mais, dans ce cas, il faut s’assumer, cesser de souffler le chaud et le froid, et ne pas accuser ses adversaires de brandir des épouvantails quand ils ne font que pointer des évidences.

Le PQ a renié son progressisme identitaire, il est devenu écolo à temps partiel, et il vient de neutraliser son aile gauche. La seule proposition crédible qui reste au parti, c’est la souveraineté à tout prix et par tous les moyens.

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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24 commentaires
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Non Merci, sans commentaire…

Trop pondéré, Trop impartiale, Trop rempli de vérités évidentes… Donc pas assez de matières pour pouvoir s’ ENTRE-DÉCHIRER comme des demeurés convaincus de la supériorité de notre opinion..

Soyez un peu plus PROVOCATEUR que Diable, on vous pait pour quoi !!!! des clics, des clics, des clics GO GO GO La manne passe…

N’importe quoi! Le PQ s’est laissé jusqu’en 2007 absorbé par le multiculturalisme réinventé par la constitution à sens unique de P.Trudeau. La laïcité en Europe s’applique contre une laïcité supposée des individus qui ne réussit qu’à imposer une conversion passive à tous par la diffusion de signes ostentatoires.

La démocratie dans la fonction des services publics demande la neutralité et non l’expression d’un signe discriminatoire contre l’égalité des sexes.

La politique environnementale d’électrification des transports n’est pas incompatible avec l’exploration pétrolière.

Tout n’est que prétexte qu’à la disqualification du PQ.

Je ne voudrais surtout pas me transformer ici en avocat du Parti Québécois, puisqu’aux dernières nouvelles, je ne suis qu’un pauvre « fédéraleux », néo-ultra-libéral-libertarien, bleu de peur pour ne pas dire vert en raison de tout ce qui s’en vient. Bref, je ne suis qu’une ordure ; lorsque le bien naturellement est fleurdelisé, comme toute personne bien équilibrée bien informée et prévenue devrait savoir désormais.

Ne dit-on pas, j’ai lu cela quelques part que : « la politique est l’Art du possible. »

Voici presque une éternité à l’été 2012, lorsque j’étais encore du bon bord puisque je votais avec les péquistes, je remarquais nombre de voix, certainement ces méchants corrompus de libéraux qui comme chacun sait tiennent le monopôle de la corruption, tandis que jamais, jamais, jamais, grand jamais les autres….

J’entendais des voix donc, s’élever contre les aspects irréalistes de la plateforme électorale du PQ. Même vos collègues Duhamel et Castonguay en remettaient.

En dépit de de ma passion, j’avais moi-même remarqué en analysant le cadre financier présenté, qu’il n’était pas vraiment bien balancé, puisqu’il était impossible d’abolir la contribution de santé sans pouvoir la compenser par d’autres revenus additionnels. Nous connaissons la suite depuis.

Qu’on le veuille ou pas, c’est la réalité qui à un moment ou à un autre rejoint les gouvernements quels qu’ils soient. Cette réalité force les membres de cette équipe à parer à l’essentiel et au plus pressant, il devient je dirais « normal » de mettre de côté les promesses passées.

D’autant que tout le génie politique consiste à séduire pour la suite d’autres groupes d’électeurs. Votre collègue Chantal Hébert et en d’autres temps Josée Legault l’ont fort bien expliqué. Cette « Wedge-Politics » appelée plus communément : « politique de la division », nous est directement pompée du modèle conservateur.

Alors pour se faire, en toute transparence plus personne n’est plus à la moindre des petites contradictions, et chacun se regarde en « chiens de faïence » ; mieux même ces contradictions deviennent d’excellents arguments pour séduire les uns tout en frustrant les autres. Faisant de bonnes personnes, ni plus ni moins que des conjurés. Et le plus terrible c’est que certaines personnes ne voient que du bien dans cela et en redemandent.

Le PQ a comme vous le dites si bien « renié son progressisme identitaire », mais il semblerait que les mentalités depuis René Lévesque aient changées, évoluées et que maintenant les nationalistes soient rendus ailleurs. Le royaume des cieux est bleu. Quant à moi je vais continuer de me prélasser en enfer et j’invite toutes celles et ceux de bonne volonté à nous y rejoindre.

C’est exactement ce que la plupart des gens avec qui je discute en pensent: n’importe quoi pour le séparatisme…

Votre analyse est on ne peut mieux représentative de ce fouillis qu’est devenu le P.Q. et ce, en moins de quelques jours. C’est dire que la « cause » transcende l’éthique et l’honnêteté.

Je ne pensais jamais voir de mon vivant Bernard Landry, Gérald Larose et Marc Laviolette s’accroupir devant PKP. JAMAIS!!!

Mais je sais maintenant que si l’on vit assez longtemps, on peut tout voir…

On sait maintenant que le P.Q. est prêt à se souiller, à se dépraver et à trafiquer sa social-démocratie pour un plat de lentilles.

Madame Gagnon de La Presse avait déjà écrit que Pauline Marois n’avait pas de convictions. On en voit la preuve aujourd’hui.

Combien de temps avant que ce fourre-tout ne perce?

Ne t’en en déplaise mon cher ti coune Lussier,nous sommes en route pour se donner un pays.Il ne te restera qu’à déménager dans ton beau
Cacanada avc tes semblables,tu pourra continuer à écrire dans des revues de garage,comme disait Pierre Falardeau.
Jacques Cayouette

Le commentaire de M. Cayouette illustre bien l’effet recherché par la »politique de division ». Ça peut être efficace. Fin de la discussion intelligente. Dehors l’honêteté intélectuelle. À part les insultes, il y a la phrase » nous sommes en route pour se donner un pays ». Quelle sorte de pays? C’est pas important pour monsieur, on à pas de temps à perdre avec les détails insignifiant. Un sérieux virage à droite dans une monarchie parlementaire ça fait quoi? On a qu’a regarder S. Harper pour voir la dérape contre le bien commun.L’insatisfaction générale pour la gouvernance des activitées humaines sur notre territoire vient du fait qu’il n’y a pas suffisament de citoyens informés qui participent aux prises de décisions. Le PQ, pour qui j’ai voté, voudrait nous faire croire qu’en concentrant d’avantage le pouvoir au » sommet », notre société va faire de gros progrès vers son épanouissement. Moi j’entend plutôt le bruit des bottes de nos troupes d’élites qui vont nous faire comprendre la place des citoyens dubitatifs du modèle » bulldozer de la création de la richesse ».

Pourquoi se donner la peine de commenter avec une critique fouillée et argumentée quand on peut insulter le journaliste de manière totalement gratuite? Vraiment bas. M. Cayouette.

M. Cayouette, vous n`êtes là que pour attiser les braises indépendantistes et vous saouler avec vos rêves imaginaires . Oh! Le lendemain de la veille sera très dur. Parfois cracher en l`air!!!!

Je suis d’accord avec vos propos. On pourrait en dire autant de l’autre parti, celui qui nous fait peur en voulant s’occuper des « vraies affaires ». Quoi qu’il en soit j’aimerais voir le parti que j’ai chéri et avec lequel je m’étais investi en 73, 76 et 80 osé proposer une élection référendaire, ni plus ni moins. Mme Marois joue sur les mots quand elle prévoit ou pas un référendum, soyons clair une fois pour toute. Veut-elle plutôt jouer le jeu de la bonne gouvernance? En Amérique il est un peu tard pour ça, le cul de sac est atteint d’après moi, les moyens financiers manquent cruellement et manqueront jour après jour. Qu’on regarde Détroit, une ville si prospère, la capitale de l’automobile aux USA, qui est devenue une des villes les plus délabrées dans le pays de notre Oncle Sam. Je ne pense que le Québec puisse en arriver là parce que collectivement on a choisi on s’est doté d’une société plus égalitaire…mais pour combien de temps? Ça fait combien d’années que nous, les Québécois, quêtons notre pitance à notre « bourreau » d’Ottawa par le jeu de la péréquation? Les 2 vieux partis osent élection après élection revenir sur leurs promesses, changer leur fusil d’épaule et à chaque fois arrivent tout de même à nous berner. N’est-ce pas étonnant pour un peuple qui se croit intelligent? Mme Marois et vos sbires, OSEZ faire une élection référendaire, soyez honnêtes et je reviendrai au bercail car je crois toujours que nous avons droit à un pays…mais pas avec la langue de bois, pas avec les revirements de capot habituels, pas avec de faux problèmes comme la Charte, le peuple en a assez. Et je me pose toujours les mêmes questions quand je vous vois aller: « Que penserait René Lévesque du parti québécois aujourd’hui? », « Cautionnerait-il vos agissements, vos propos? ». En tout cas le 7 avril prochain je vais encore voter avec mon coeur et je vais faire comme si nous avions un mode de scrutin proportionnel, comme tous les partis qui vivent dans le purgatoire de l’opposition parlementaire. Mme Marois, arrangez-vous avec ça ou OSEZ une élection référendaire!

…j’aimerais corriger une partie de mon texte.
En tout cas le 7 avril prochain je vais encore voter avec mon coeur et je vais faire comme si nous avions un mode de scrutin proportionnel, comme tous les partis le proposent à grands cris lorsqu’ils vivent dans le purgatoire de l’opposition parlementaire. Mme Marois, arrangez-vous avec ça ou OSEZ une élection référendaire!

Essayez de prendre l’avion pour, disons, Nukuʻalofa. Vous devrez attendre longtemps, très longtemps sur les bancs de l’aéroport. À un moment donné lorsque nous voulons arriver à une certaine destination il y a comme une nécessité de prendre le bon moyen de transport. Mais peut-être préférez-vous à faire comme ceux qui n’aiment pas l’avion et qui rêve de visiter Paris. Attendez le prochain bateau …

Quand vous serez décidé à avoir un résultat vous prendrez les moyens requis. En attendant, vous devrez vivre avec vos choix.
«Les chiens aboient. La caravane passe !»
[Anonyme]

Le national-populisme du PQ, pour appeler les choses par leur nom. Marine Le Pen, Pauline Marois, même combat.

On accuse le PQ d’être a Gauche pis maintenant a Droite pis on se tire dans les jambes avec Option N. et Québec Solitaire , pas fort comme nation , on a beaucoup a apprendre des autres peuple et religion comme solidarité

Je suis tout à fait d’accord avec vous! J’ai d’ailleurs voté pour le PQ aux dernières élections, c’est le parti qui représentait le plus mes convictions, un parti assez centré, un peu à gauche, qui valorise la famille et les citoyens, qui est tolérant et ouvert. Mais que de déception après 18 mois de pouvoir. 18 mois et déclencher des eletions aux frais des contribuables pour aller chercher un gouvernement majoritaire et faire passer le maudit projet de loi de la charte des valeurs. Je n’en veux pas de cette charte, je n’en veux pas de ce Québec. Qu’il soit une province ou un pays, je ne veux pas de cette charte de l’intolérance.

Remettons les pendules à l’heure! Je vous invite à relire l’histoire du Parti Québécois sous René Lévesque: c’était un parti de Coalition qui regroupait des gens de gauche comme de droite. L’objectif commun: l’indépendance du Québec.
Je vous invite à lire cet article de Jean-François Lisée sur l’histoire du Parti québécois en espérant que vous corrigerez vos propos erronés:
« Le très pragmatique René Lévesque avait compris très tôt que l’effort de rassemblement nécessaire pour faire passer le Québec du statut de province à celui de pays exigeait de son nouveau parti qu’il ne soit prisonnier d’aucune idéologie.

Il refusa donc de se lier de trop près, contrairement à ce qu’avait fait le NPD, par exemple, aux syndicats qui constituaient pourtant sa principale base militante. Il exprima sa position plus largement, dans son habile formule du « préjugé favorable aux travailleurs ».

Mais il tendit la main également vers la droite et la fondation du PQ se fit dans la fusion du Mouvement Souverainté-Association, de Lévesque, avec le Ralliement National, créditiste, clairement campé dans la droite rurale populiste.

Il faut rappeler aussi que Lévesque a beaucoup regretté que le jeune fiscaliste marié à la richissime famille Simard, un certain Robert Bourassa, refuse au dernier moment de se joindre à lui.
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Pierre Bourgault avait sabordé le RIN pour s’allier au nouveau Parti. Il savait qu’il fallait rassembler, pas exclure.

Ces choix étant faits, il faut encore saluer le pragmatisme de Pierre Bourgault, alors chef du très socialiste Rassemblement pour l’Indépendance Nationale, de saborder son parti pour que ses militants rejoignent, sans condition, un PQ qui tenait à se présenter sous les couleurs d’une coalition.

Bourgault, comme Lévesque, savait qu’il fallait rassembler, et non diviser, pour progresser. Le centre de gravité du PQ allait donc être de centre-gauche, mais son équipe allait toujours faire une place à une aile de centre-droit. Cette cohabitation allait être parfois malaisée, mais le plus souvent féconde.

Les membres de la coalition venus de la droite se savaient en minorité, comprenaient que cette position était systémique, mais menaient leurs batailles dossier par dossier, avec suffisamment de victoires pour les satisfaire et se maintenir dans la coalition.

Cet équilibre, qui peut prendre plusieurs formes, a permis à l’idée souverainiste de partir de 6% au début des années 60 et de se rendre à 50% au référendum de 1995. C’est la seule formule gagnante.
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Au verso: l’économiste Jacques Parizeau. Pas considéré comme un gauchiste!

Parizeau, homme de gauche ?

On l’oublie aujourd’hui, compte tenu de la pré-béatification dont il est l’objet dans le mouvement souverainiste, y compris à gauche, mais l’arrivée du grand bourgeois, diplômé de Londres, professeur aux HEC Jacques Parizeau dans l’orbite de Lévesque ne fut pas perçue comme une infusion de gauchisme, bien au contraire.

Lorsque le PQ prit le pouvoir en 1976, la Pravda soviétique qualifia le parti de « petit bourgeois ». Le ministre des Finances Parizeau rétorqua: « pourquoi petit? » (Vrai, avant 1976, il avait fait un — bref — flirt avec l’idée d’autogestion.) De 1976 à 1984, Jacques Parizeau incarna, avec d’autres, dont la recrue de l’Union Nationale Rodrigue Biron, l’aile droite d’un Parti québécois alors très actif au centre-gauche: protection du consommateur, assurance-auto, zonage agricole, etc.

Mais je me souviens, étudiant de gauche, avoir manifesté contre « le budget des Banques » du ministre Parizeau début 1978.

Devenu premier ministre en 1994 (et ayant la faiblesse de me prendre comme conseiller), M. Parizeau était très conscient de l’absolue nécessité d’élargir la coalition souverainiste — dans toutes les directions idéologiques.

Avec les Partenaires pour la souveraineté, auxquels il tenait beaucoup, il a consolidé et étendu l’effort sur son flanc gauche — jusqu’à Françoise David et au-delà. Mais il fut également actif pour aller recruter à droite, par le mécanisme des Commissions sur l’avenir du Québec, des anciens ministres conservateurs de Mulroney — Marcel Masse, Monique Vézina — des anciens libéraux et autant d’entrepreneurs que possible.

La présence, dans la coalition référendaire, de l’ancien ministre conservateur, un certain Lucien Bouchard, et du jeune chef d’un parti de centre-droit, Mario Dumont, n’est pas pour rien dans la capacité de la plus grande coalition de l’histoire du Québec de porter la nation au seuil de la souveraineté au soir du 30 octobre 1995. »
http://jflisee.org/pkp-au-pq-cest-ca-rassembler/

Le PQ, dont j’étais un délégué au congrès de fondation, était d’abord, dans son esprit et ses intentions, social-démocrate, voyant dans l’État le premier entrepreneur du Québec nouveau. Ses fondements étaient l’aile gauche du parti libéral d’abord (Parizeau, Lévesque) et le R.I.N., plus étatiste encore. La droite, ce fut Gilles Grégoire (Doris Lussier) qui ne savait plus où donner de la tête et qui ne pesa jamais bien lourd au PQ. Le PQ, c’est donc l’interventionnisme étatique par dessus-tout, qui se perpétue aujourd’hui par des interventions malhabiles et incompétentes dans le ciment, le pétrole et l’électricité, le livre ou le numérique, que sais-je. L’État pourvoyeur, l’État bedon, l’État providentiel, prennent fin P.K. Péladeau. Ce sera désormais l’État des oligarques, des petits monopoles et de l’achat chez nous. Un Québec Inc. endimanché, celui de la Laurentie des années cinquante. D’ici deux ou trois ans, le grand entrepreneur, devenu chef du parti, demandera aux québécois des « sacrifices » comme il demandait à ses employés des coupures de salaires.

Jacques.. Selon Vous, M.Péladeau est si PUISSANT que cela… IL pourrait transformer TOUT le parti social-démocrate du PQ en Parti Républicain (USA) , TEA PARTY et Fox News version québécoise..

Je me demande si cela n’aurait pas été plus façile pour lui de s’associer (ou de s’acheter des parts) avec le PLQ. Tu sais le parti qui avait une bonne équipe économique, secteur que tous les fédés ensencaient et criaient l’importance…

Maintenant que le PQ veut s’occuper des « vrais affaires »… Il améliore son équipe économique; Ohh ce n’est plus bon.. On a peur..
que sa popularité augmente. On a peur qu’il puisse livrer la marchandise…

COUDONC !!, C’ est quoi la politique?. C’est quoi la démocratie? N’est pas pour là un outil pour améliorer le sort de la COLLECTIVITÉ.

Nous avons l’air de partisans de Hockey qui se disputent pour une équipe que l’on déifie, tout en démonisant l’autre…

MON PÈRE EST PLUS FORT QUE LE TIEN !!!

Moi, ce que je vois, c’est que nous ne sommes plus capable de dire ce que nous AIMONS et ce que nous aimerions voir AMÉLIORER chez le parti qui nous inspire le plus.

Tous les beaux textes ( pas ceux qui servent à ridiculiser ), tout ce temps pourrait être directement adressé à nos représentants qui devraient être à NOTRE SERVICE… Au lieu de servir de PERROQUETS à ceux qui orchestrent le » 4ième pouvoir » les médias…

C’est amusant de se cogner virtuellement dessus. On peut aussi s’en lasser..et Réfléchir… Et se rendre compte que par des TEXTES ou ÉDITORIAUX PROVOCATEURS bien choisis par certains journalistes (pas tous) nous devenons accessoirisés, pour ne pas dire aiguillonnés comme des bêtes de cirque pour un spectacle bien triste finalement.

A cette époque, de difficultés économiques mondiales, ou le choix des citoyens qui peuvent encore, chez Nous, s’exprimer librement, que le principe UN VOTE=UNE VOIX s’applique encore (mieux qu’au USA; là bas c’est devenu 1$=Voix), Il devient tellement important de s’UNIR autour d’une vision commune pour le bien de Nous tous collectivement.

QUE VOULONS NOUS.. Les réseaux sociaux, les blogues sont des outils formidables pour une collectivité quelle qu’elle soit..de les défénir et d’exiger, ce qui est IMPORTANT POUR NOUS.

Cela peut UNIR des pensées, RASEMBLER des visions, INDUIRE des changements MAIS, cela peut aussi servir à DIVISER des populations, INSTRUMENTALISER la libre-expression, STANDARDISER l’humain en consommateur-troupeau…

Moi aussi j’ai peur, J’ai peur que le pouvoir de l’argent réussisse encore mieux, avec ces nouveaux outils, de continuer à DIVISER POUR RÊGNER.

On sait depuis longtemps que le PQ est prêt (et a déjà essayé) à tromper les Québécois, à les piéger pour tenter de leur faire accepter leur option souverainiste.

C’est déjà assez écoeurant comme ça.

Mais maintenant voila qu’ils se bernent eux même, qu’ils sont prêt à trahir leur propre valeurs (y compris avec cette farce qu’est la charte des valeurs).

Quelle honte, on peut se demander dans leur désespoir jusqu’à quelle bases iront-il. Pathétique.

L’arrivée de PKP sur la scène politique québécoise perturbe grandement toutes les idées et les préjugés des uns et des autres concernant sur l’idée de l’indépendance du Québec.

Les citoyens plus à droite, comme PKP ont-ils le droit d’être également souverainistes. La présence du NPD sur la scène politique démontre clairement qu’un électorat nettement plus socialiste, donc à gauche sur l’échiquier politique, peut être viscéralement fédéraliste. Je trouve fondamentalement une erreur que de penser que la souveraineté du Québec, son indépendance par rapport au Canada ne peut être l’affaire que de la gauche.

Une fois l’indépendance du Québec faite, nous aurons tout le loisir de choisir, comme toute autre société libre et démocratique, si le gouvernement sera plus de gauche ou plus de droite. Je pense que la venue de PKP détruit ce mur qui cantonnait un Québec indépendant à la gauche de l’échiquier politique. Un mur vient de tomber. De plus en plus de Québécois s’en rendent maintenant compte.

L’arrivée de PKP est certainement perçue comme le signal que l’indépendance du Québec est clairement au dessus d’un positionnement gauche-droite. Elle démontre en plus que les épouvantails économiques brandis par les fédéralistes ne font plus peurs.

Si Couillard, pris de panique, veut jouer la carte de faire de la prochaine élection générale une élection référendaire, que dira-t-il devant les résultats donnant une majorité de sièges au PQ ? Je crois que Couillard devrait cesser de cracher en l’air.

Bien d’accord avec vous, Denis, pour la moindre importance du concept gauche – droite pour s’unir à une vision plus grande d’émancipation nationale..

« L’arrivée de PKP sur la scène politique québécoise perturbe grandement toutes les idées et les préjugés des uns et des autres concernant sur l’idée de l’indépendance du Québec. » (sic)

La seule personne qui semble perturbée par l’arrivée de PKP, c’est votre Marois qui tente, maintenant qu’elle a invité cet éléphant dans son salon, de la « tasser »…

En plus, elle est maintenant « pognée » pour parler du dernier sujet qu’elle voulait aborder dans cette campagne, soit la séparation du Québec. Sa campagne est en train de dérailler et elle perd totalement le contrôle de l’agenda.

recette parfaire pour une cuisante défaite.

En plus, avez -vous vu sa pub???

Monsieur Lussier, il me semble que ce que vous souhaitez, c’est que les partis politiques ressemblent au parti Libéral, i.e. une gang d’affairistes. C’est pourquoi il veulent parler des « vraies affaires » en attendant de faire leurs vraies affaires : placer leurs pions, nommer leurs juges, encourager leurs amis.

Le parti Québécois est un parti où les gens s’y retrouvent parce qu’ils ont des idées, qu’ils cherchent à les faire valoir, qu’ils en débattent jusqu’au moment où se dessine un consensus plus ou moins solide selon leur vision politique plus ou moins large. Ceux qui sont incapables de convaincre les autres de la justesse de leur point de vue doivent se plier à la majorité ou se démettre. C’est le sens même de la démocratie dans un parti politique. Ç’a peut-être l’air échevelé mais quant à moi. c’est plus utile pour la société qu’un parti d’affairistes.