Le pari risqué (perdu?) de Nicolas Sarkozy

Jusqu’où le président Sarkozy doit-il se déporter à droite pour remonter la pente et rester président dimanche prochain ? Un sondage publié ce lundi nous donne un début de réponse. Elle n’est pas très bonne pour le Président.

C’est pourtant toute la question de l’entre-deux-tours. Et il faut dire que Sarko y met toute la gomme, annonçant ce dimanche que la question de « la frontière » sera au cœur de son hypothétique second quinquennat.

L’enjeu est le suivant: convaincre suffisamment d’électeurs du Front National de Marine Le Pen, ils étaient 19% au premier tour, de se reporter sur lui. Mme Le Pen annoncera ce mardi quelle est sa consigne, mais on comprend que l’abstention est son intérêt premier: abstention signifie échec de Sarkozy, donc droite recomposée dans laquelle Marine Le Pen aurait une place privilégiée.

Mais qu’en disent ses électeurs ? Dans le sondage LH2 Nouvel Obs, seulement 39% des votants du Front National jugent que Sarkozy est « juste comme il faut » dans son virage à droite. 29% jugent qu’il ne l’est « pas assez » (et, bizarrement, 14% trouvent qu’il l’est trop).

Bref, avec son grand virage, Sarko pourrait attirer 7 des 19 points de pourcentage de Le Pen. Comme il avait fait 27% au premier tour, on ajoute 7, cela lui donne 34 %. (Il en faut, bien sûr, 50%.)

Cependant pour gagner, Sarkozy avait besoin de presque tous les électeurs FN et de presque tous les électeurs centristes.

Mais les électeurs de François Bayrou, du centre, ne le voient pas ainsi. Il avait 9% des électeurs avec lui au premier tour. Le sondage nous informe que 45% d’entre eux estiment Sarko désormais « trop à droite ». Et que 41% le jugent « juste comme il faut ». Le président ne peut donc charmer que 4 des 9 %.

Donc 34% + 4% = 38%

Bon, c’est la base. Les 13 sondages d’intention de vote publiés depuis le premier tour donnent Hollande gagnant entre 53 et 56%, contre Sarkozy entre 44 et 47%.

Interrogés directement sur le report de leurs voix, on note qu’effectivement moins de la moitié des électeurs FN annoncent qu’ils choisissent Sarko et on note que cette proportion ne bouge pas depuis le une semaine. L’opération de charme est donc… inopérante.

Les électeurs de Bayrou, eux, sont de moins en moins enclins à voter Sarko. Ils étaient 35% (3,2 points) à penser le faire il y a une semaine… ils ne sont plus que 27% (2,4 points).

Reste le débat, de mercredi soir, pour grapiller les points qui manquent.

Je vous offre en prime un pré-débat, monté par Libération à partir des prestations séparées des deux candidats lors d’une émission diffusée ce dimanche:

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N.Sarkozy est le champion de l’opportunisme politique, se veut le champion publicitaire du marketing politique prêt à valoriser des discours populaires pour se faire réélire pendant qu’au pouvoir il use de réalisme et d’adaptation envers les volontés de Berlin, la puissance économique de l’Europe.
Il ne croit en aucune cause juste ni même à la France qu’il aligne sans vergogne dans l’architecture technocratique de l’Union Européenne, il ne croit qu’en lui et à ce que le pouvoir présidentiel peut lui apporter afin de nourrir son narcissisme blessé.

La démocratie de représentation reste une institution démocratique de délégation de pouvoir populaire forte de sa déception courante. Les spécialistes la détournent souvent mais il arrive aussi que des petits notables ambitieux et sans grandeur d’âme réussissent à se faire élire président en prétendant rompre avec toutes le erreurs du passé pour finalement faire pire tout en représentant mal leur pays à l’échelle internationale par le comportement délinquant de leur présidence.

Il en est ainsi de Sarkozy et c’est pourquoi il doit être congédié par le peuple afin que le peuple par cette souveraineté populaire intermittente qu’il possède puisse au moins se donner le pouvoir tout au moins de se faire respecter par le président qu’il élit lorsqu’il dispose de cette faculté.

Les électeurs du Front national ont intérêt de se rappeler comment N.Sarkozy a inséré dans le tissu du pays, la matière du traité européen que le peuple français avait pourtant rejeté en 2005. Rien n’est à attendre donc de ce président dont tous les moyens sont bons pour garder le pouvoir.
On ne réélit pas celui qui est le Prince de Machiavel.

La constance des sondages dit que le président Sarkozy perçu comme un Berlusconi français sera battu. Sarkozy qui a élevé la franchise à un degré inconnu pour un chef d’État s’est aussi brûlé avec ses insultes à répétition envoyé à quiconque qui lui déplaît.

Il y a un festival Youtube de toutes les ignominies que Sarkozy a faites depuis qu’il est président et avant.
Le bilan sur le fond d’autre part en ayant baissé les impôts des plus riches en amalgame avec la crise cela a plongé dans le rouge, l’équilibre budgétaire de l’État pendant que les délocalisations ont réduits la masse industrielle française tout en provoquant un chômage notable.

Sur le plan médiatique et culturel, N.Sarkozy a fait de l’ingérence dans les rédactions des radios et télés publiques nommant directement les directeurs tout en recommandant le départ de certains chroniqueurs dont S.Guillon, humoriste politique.

Un président dont les affaires d’allégation de corruption du genre Bétencourt et libyenne (en cours d’investigation judiciaire pour la première) démontrent comment N.Sarkozy a noué des contacts étroits avec le monde des affaires à un point tel qu’aucune marge d’indépendance du gouvernement français actuel ne subsiste. Des liens sont avérés de la présidence Sarkozy avec Power Corporation que l’on connaît trop ici comme avec les principaux groupes industriels en France dont le propriétaire de médias et industriel militaire Dassault.
Et si jamais N.Sarkozy devait l’emporter avec 50.50% des voix à la présidence, sa popularité est tellement faible, son parti UMP si impopulaire davantage encore que lui qu’il se pourrait qu’aux législatives qui suivent la présidentielle; le parti socialiste profite de sa propre poussée comme parti, comme de celle du Front national pour qu’à travers des triangulaires qu’on appelle ainsi dans le système des deux tours, pour que le PS remporte les législatives et impose une cohabitation à Sarkozy réélu.
La tendance de fond reste néanmoins la victoire de F.Hollande avec 52 ou 53% des voix malgré que la France se rêve à gauche tout en se vivant majoritairement à droite. France de droite oui mais cela ne suffit pas puisque les Français apprécient le style d’un président en contrôle de soi et bien élevé. Hollande y correspond.

SARKOZZI…il veut la France forte: comme j écrivais à TVA nouvelles…n est-ce pas parce qu il l a affaiblie lui-même, cette France???…Place à HOLLANDE…pour réparer et continuer à mieux faire et plus!!!!!

« Comme il avait fait 27% au premier tour, on ajoute 7, cela lui donne 34 %. (Il en faut, bien sûr, 50%.) »

Mais ça ne veut pas dire que les 12/19 autres du FN se reporteront sur Hollande. Et s’ils s’abstiennent, ça enlève une part significative de l’écart que Sarkozy doit gagner pour avoir le 50% des voix du deuxième tour.

Nicolas Sarkozy sera probablement défait, et dans cinq ans, ce sera le tour de François Hollande et de ses alliés, car leur programme ne prend absolument pas en compte les handicaps structurels de l’économie française, aggravés par la crise, et qu’a essayé de contenir Sarkozy. Au contraire, la gauche va revenir à ses recettes de 1981: emplois artificiels, aggravation des handicaps par les prélèvements plein pot sur les entreprises, les classes moyennes, les professions indépendantes, et évidemment, mais personne ne les plaint, les riches. Le problème, c’est que les frontières terrestres de la France ne sont pas étanches.