Le parti de la honte

Alors que la commission Charbonneau terminait sa journée de travail mardi en questionnant l’entrepreneur Nicolo Milioto sur son rôle d’intermédiaire entre la mafia et le cartel des entrepreneurs, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) commençait la sienne à l’hôtel de ville de Montréal.

Quelque 125 policiers ont mené des perquisitions jusque dans le bureau du maire, Michael Applebaum, dans les mairies de six arrondissements et les locaux d’Union Montréal.

Selon mes sources et celles de collègues aguerris, l’enquête porte sur le financement occulte d’Union Montréal. L’UPAC se penche sur des allégations de fraude, abus de confiance et fabrication de faux documents, en lien avec l’élection municipale de 2009, qui avait permis au maire Gérald Tremblay de s’imposer pour un troisième mandat.

En mettant le pied à l’hôtel de ville, les policiers de l’UPAC ont confirmé ce que les observateurs de la scène politique montréalaise soupçonnent depuis longtemps. Union Montréal et ses principales têtes d’affiches, dont Gérald Tremblay, Michael Applebaum et Frank Zampino, sont des sujets d’intérêt pour les policiers depuis un bon moment.

L’enquête de l’UPAC a débuté en 2010, bien avant que la commission Charbonneau ne réduise à néant le peu de crédibilité qui restait à Union Montréal, un parti miné par les scandales. Trois témoins ont affirmé devant la commission que le parti percevait des ristournes de 3 % sur la valeur des contrats accordés au cartel des ingénieurs et des entrepreneurs: l’ingénieur Michel Lalonde, l’entrepreneur Lino Zambito, et le collecteur de fonds Martin Dumont. Ils ont tous identifié Bernard Trépanier, directeur du financement, comme le responsable de la caisse occulte.

Dès 2009, l’ex maire de l’arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté, a exposé le rôle de Bernard Trépanier dans le financement occulte du parti. C’est M. Labonté qui a révélé au public le surnom de Bernard Trépanier, «Monsieur 3 %». Coïncidence ou non, l’enquête policière a commencé quelques mois après sa sortie fracassante.

Il était plutôt cocasse d’entendre le maire Michael Applebaum, déjà sur le radar de l’UPAC et de la commission Charbonneau pour des changements de zonage douteux dans son arrondissement, banaliser l’importance de l’opération de mardi.  À ses yeux, il est «normal» qu’autant de policiers mettent le pied à l’hôtel de ville et dans les mairies d’arrondissement puisqu’il y a beaucoup d’espaces et de bureaux à fouiller.

M. Applebaum a assuré qu’il avait mené des campagnes «propres» avec de l’argent amassé «légalement». Pour le reste, il a renvoyé les questions à son ancienne formation, qu’il a quittée en novembre seulement pour se hisser à la mairie suite à la démission de M. Tremblay.

Cette rhétorique de la virginité politique retrouvée de M. Applebaum, par le miracle de sa démission tardive, a impressionné les partis d’opposition au point qu’ils ont adhéré avec enthousiasme au comité exécutif de coalition.

Il n’en demeure pas moins qu’Union Montréal est au centre d’une vaste enquête criminelle sur des opérations de financement illégal survenues à une époque où Michael Applebaum adhérait pleinement au parti de la honte.

Les politiciens éclaboussés par ces récents développements et les Montréalais sont en droit d’espérer une résolution hâtive de cette enquête, juste à temps pour l’élection de novembre prochain.

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Quand l’UPAC en aura fini avec Montréal, quelles autres villes du Québec seront visitées? M’est avis que la corruption est généralisée jusque dans le moindre village.Si les Drummondville, Granby, Québec et St-Jérôme de ce monde ne sont pas scrutés, j’aimerais en connaître la raison.

P.S. Le maire Applebaum a affirmé que rien n’a été fouillé dans son bureau. Vous soutenez le contraire. Vous avez des preuves? Si non, c’est grave que d’avancer des faussetés.

À entendre Michael Applebaum, c’est un ange, mais à mes yeux il est un ange de l’enfer.
Avec toute cette gamique qui a roulé dans l’argent sale, l’argent volé aux payeurs de taxes, on a peine à croire qu’il est possible qu’un ménage se fasse.
Plus désolant, c’est que la semence est en terre et qu’elle nous redonnera d’ici quelque temps le même genre de corruption.
Vigilence s’impose…

Je suis « écoeurée » au maximum de voir toute cette dégradation… cette manipulation… ces manigances… ces bandits à cravates, qui nous rient en pleine face, et font les « innocents » dans tout le sens du terme… Bon sang, j’en ai la nausée et c’est peu dire, pour rester polie et « politiquement correcte ».

Je m’arrête sinon, je deviendrais malicieuse, méchante et ça ne me ferait aucun bien… de plus…

Les lavallois et les Montréalais se font voler et ce qui est le plus triste personne dans la rue.
Et sortir ces politiciens, fonctionnaires à coup de pied dans le cul

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