Le pétrole de la colère : lettre à mes amis de l’Alberta

Alec Castonguay a sorti sa plus belle plume pour inviter les Albertains à mettre un peu d’eau dans leur vin. Et pour leur parler d’Ottawa, de péréquation, de pipeline et de sirop d’érable.

Photo : iStockPhoto

Chers amis albertains,

À force d’aller vous voir en Alberta, que ce soit pour des reportages, des entrevues avec vos politiciens ou simplement en vacances, j’en suis venu à vous connaître un peu. Peut-être pas assez pour vous appeler « amis », mais à l’ère de Facebook, on a l’amitié facile.

(J’ai néanmoins de vrais amis là-bas. Un bonjour spécial à Carl B., douanier à Calgary, qui a plus de talent pour arrêter les coquins que pour remporter un pool de hockey.)

En politique, amis albertains, vous avez un côté sanguin qu’un Québécois sait apprécier. En fait, j’ai toujours pensé que les Albertains sont les plus québécois de la fédération. Vous êtes émotifs, vos choix ne sont pas toujours logiques, vous vous braquez lorsqu’on vous attaque et vous êtes capables de vous mobiliser rapidement. Et vous vous méfiez presque autant que nous d’Ottawa et de ses grosses paluches. Lorsque le fédéral lorgne les champs de compétence des provinces, comme récemment pour la commission pancanadienne des valeurs mobilières, le Québec peut toujours compter sur l’Alberta pour monter au front avec lui. Parfois, à deux, on réussit même à convaincre le Manitoba de nous suivre.

Je n’ai donc pas été surpris de votre réaction ulcérée aux propos de notre premier ministre François Legault, le 7 décembre dernier, sur « l’énergie sale » que représentent les sables bitumineux. Il n’a pas tort sur le fond, puisque ce pétrole est assez difficile à extraire. Et il a raison de dire que le pipeline Énergie Est ne jouit pas de « l’acceptabilité sociale » nécessaire à sa construction, même si vous le souhaitez fort, fort. Le promoteur, TransCanada, a fait un travail de vente bâclé, et il a ensuite abandonné le projet parce qu’il n’est plus rentable. Même l’Ontario n’en voulait pas. Le Québec fait une cible bien commode.

Je vous accorde toutefois que François Legault a franchement manqué de diplomatie. Erreur de débutant sur la grande scène canadienne. Il aurait dû se douter qu’il mettrait le feu aux poudres, étant donné le contexte politique dans votre coin de pays.

Vous êtes en colère, je le comprends. Les faibles prix du pétrole plombent votre économie. L’or noir est vendu au rabais aux Américains, faute d’avoir des débouchés sur les marchés étrangers qui permettraient d’obtenir un meilleur prix. Vous avez perdu 100 000 emplois dans le secteur de l’énergie depuis trois ans, au point que votre gouvernement souhaite acheter directement 7 000 wagons pour sortir le pétrole par rails.

Et les élections générales qui se tiendront chez vous d’ici la fin mai 2019 n’ont rien pour tempérer l’ardeur du débat public. Ajouter un peu de sauce piquante « Québec » est une recette éprouvée en politique albertaine pour faire lever le gâteau.

Mais l’ampleur de la réaction me surprend un peu, je l’avoue.

Depuis quelques jours, on assiste à un concours particulier en Alberta : c’est à qui fera le plus de remontrances au Québec. De la première ministre néo-démocrate Rachel Notley jusqu’au chef du Parti conservateur Jason Kenney, en passant par l’ancien chef du Wildrose Brian Jean et le maire de Calgary, Naheed Nenshi, tout le monde participe. Il y a même un mouvement de boycottage des produits québécois, avec pour cibles Air Transat, Natrel, Saputo, les petits gâteaux Jos Louis concoctés en Beauce  — c’est Maxime Bernier, « l’Albertain du Québec », qui sera déçu — et même notre bon sirop d’érable ! Vivre sans ce nectar sucré me semble une punition auto-infligée cruelle, mais c’est votre décision après tout.

Je pense toutefois qu’il vous manque quelques informations pour comprendre que le Québec, malgré les paroles de François Legault, n’est pas à l’origine de vos malheurs. Au contraire.

Depuis l’annonce du défunt projet Énergie Est, en août 2013, la carte géopolitique du pétrole s’est transformée au Canada. À l’époque, le Québec n’importait pas une goutte de pétrole de l’Ouest canadien. Rien. Puis, la situation a commencé à changer, visiblement sans que personne vous prévienne. Un peu de pétrole nous est parvenu par train, mais le grand coup est survenu en 2015, lorsque Enbridge a inversé le flux de la ligne 9B, qui relie l’Ontario à l’est de Montréal.

Depuis, notre consommation de pétrole canadien a explosé. En 2017, selon le ministère des Finances du Québec, 47,6 % du pétrole consommé chez nous provenait de l’Alberta. Et ce n’était pas une anomalie. La Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, dans son plus récent bilan, paru il y a quelques jours, montre qu’en juin 2018, 53 % de notre pétrole provenait de l’Ouest.

À ce rythme, c’est 70 millions de barils de pétrole de l’Alberta que le Québec aura engloutis en 2018 — 53 % des 137 millions de barils consommés au total par année. À un prix approximatif moyen de 50 dollars canadiens le baril pour le Western Canadian Select en 2017, cela représente 3,5 milliards de dollars. Pas si mal pour une province qui serait à l’origine de tous les problèmes de l’Alberta. Je sais, François Legault aurait pu commencer par dire ça, mais bon…

Autre chose, amis albertains : vous seriez gentils — et plus factuels — d’arrêter d’affirmer que le Québec s’approvisionne auprès de pays douteux comme l’Arabie saoudite. C’est faux. Pas une goutte de notre pétrole ne provient de ce pays depuis 2006. Et de 1990 à 2006, les quantités étaient marginales (en 2006, c’était moins de 0,5 million de barils). Ça fait 30 ans que l’Arabie saoudite est un grain de sable sur le radar de notre consommation…

Notre plus important fournisseur après l’Alberta, c’est les États-Unis, avec 40 % de nos importations. Il ne reste qu’un maigre 7 % pour l’Algérie et le Royaume-Uni.

Voici un tableau de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, en date du 30 juin 2018.

Je ne vous parle même pas de gaz naturel, dont le Québec importe la presque totalité de sa consommation. En 2017, 40 % de l’approvisionnement venait de l’Ouest canadien et 57 % des États-Unis. Si l’usine de gaz naturel liquéfié voit le jour à Saguenay en 2025, avec sa transformation de 30 100 tonnes par année destinées à l’exportation, vous ne serez que plus heureux, car le gaz viendra entièrement de l’Ouest.

Et de grâce, pas de lamentations sur le programme fédéral de péréquation. L’économiste Pierre Fortin a très bien démontré qu’il n’existe pas de lien entre ce programme, votre solde budgétaire et les services que les Québécois se paient avec leurs taxes et impôts. S’il y a colère à y avoir sur ce front, elle devrait être dirigée vers vos choix politiques.

Le pipeline Énergie Est était mal foutu, celui de Keystone XL est encore retardé aux États-Unis et la Colombie-Britannique ne veut pas de l’élargissement du pipeline Trans Mountain, qu’Ottawa a décidé de nationaliser pour tenter de le faire aboutir. D’ailleurs, Justin Trudeau en prend plein la gueule par ici pour cette décision controversée, alors que pour vous, en Alberta, il n’en fait pas encore assez. C’est dire si la politique énergétique du Canada est compliquée…

Oh, et nous, au Québec, nous aimerions bien vendre nos surplus d’hydroélectricité aux provinces voisines, qui ne sont pas très réceptives pour l’instant.

Et je n’ai même pas abordé la nécessaire diminution de nos gaz à effet de serre au Canada afin d’atteindre les cibles de l’Accord de Paris, seule solution à adopter pour qu’il reste encore une planète dans quelques années. Sinon, comment ferons-nous, chers amis, pour continuer à nous obstiner comme d’habitude sur la péréquation et les pipelines ? Ce serait aussi dommage de s’en priver que de renoncer au sirop d’érable.

J’ai l’impression qu’on en reparlera en 2019. Joyeux Noël et bonne année, les amis.

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41 commentaires
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Tout à fait d’accord avec vous que monsieur Legault a manqué de discernement en qualifiant le pétrole des sables bitumineux de sale. Il a bien démontré son manque de réflexion et de connaissance sur le sujet en plus d’être insultant pour les Albertains.
Le pétrole quel qu’en soit la provenance n’est jamais propre de même que son utilisation. Le pétrole étasunien que nous importons extrait des schistes est probablement beaucoup plus néfaste pour l’environnement que le pétrole Albertain. Nous ne voulons même pas extraire le nôtre au Québec au nom de l’environnement.
Au niveau mondial l’électricité est produite principalement à partir de charbon, de pétrole et de gas et cette production de cet électricité produit des gas à effet de serre. Les autos électriques dans les pays oû l’électricité est produite à partir de combustibles fossiles produisent autant de gas à effet de serre que les autos fonctionnant au diésel et même peut-être plus. Tout ce que ça fait c’est de déplacer la pollution des villes vers les campagnes.
Ici au Québec on a été chanceux que Robert Bourassa ait fait la Baie James car à cette époque c’était réalisable.
Du pétrole nous en avons besoin et nous continuerons à en avoir besoin et nous sommes chanceux d’avoir ici au Canada des producteurs de pétrole pour nous fournir et ne pas avoir à tout importer ce qui a une influence sur notre balance commerciale et la valeur de notre monnaie.

La valeur de notre monnaie? D’accord si on se satisfait d’un dollar CAD valant 75 cennes US! La dégringolade du pétrole fait aussi dégringoler notre dollar car notre économie est peu diversifiée. Que ce soit le pétrole ou l’hydro-électricité, il n’est pas prudent pour un pays de mettre tous ses œufs économiques dans un même panier; faut diversifier.

De dire que le pétrole albertain est sale parce qu’il vient des sables bitumineux vous trouvez ça insultant ?? vous êtes un peu dans le délire, il me semble J’espère que vous ne trouvez pas mes propos trop insultants.

« Les autos électriques dans les pays oû l’électricité est produite à partir de combustibles fossiles produisent autant de gas à effet de serre que les autos fonctionnant au diésel et même peut-être plus. Tout ce que ça fait c’est de déplacer la pollution des villes vers les campagnes. »
Désolé de vous contredire mais ce n’est pas très vrai. Petit calcul : efficacité d’un moteur à essence 30% pour les plus efficace. Efficacité d’un moteur électrique +90%. Efficacité d’une turbine alimenté par du gaz naturel 60%. Sinon on utiliserait cette énergie pour pour alimenter un véhicule électrique :
90% X 60% = 54% d’efficacité pour un moteur électrique alimenté exclusivement d’une électricité provenant de centrale au gaz, alors il serait préférable d’utiliser ce pétrole pour alimenter des voitures électriques.
Par la suite le diesel émet beaucoup de particules fines qui sont très nocives pour la santé humaines.

Here we are again ! Le bon docteur Fortin et sa prescription quotidienne… Facile de juger ce qui se passe dans les autres provinces quand on n’y a pas vécu… J’ai vécu dans presque toutes les provinces canadiennes et je peux vous assurer qu’on voit très mal ce qui s’y passe à partir du Québec… Avant le boom passager de son pétrole très coûteux à exploiter, l’économie de l’Alberta était très fragile sinon moribonde, et dépendante d’une seule industrie, l’agriculture, soumise aux aléas que l’on sait. C’est sans doute pourquoi le gouvernement albertain a voulu « gâter » un peu les Albertains pendans que « ça passait »… Facile de juger du Québec si riche avec son hydroélectricité, ses mines, ses forêts, etc. etc… Sans doublier que plusieurs Canadiens des Maritimes et du Québec – dont plusieurs Gaspésiens et Madelinots ont trouvé en Alberta un emploi très bien payé, souvent pour première fois de leur vie…

Je me dois de vous repondre
Ayant vecus 5 ans en Alberta du temps de Peter lougheed,quand Ralph klein etais mon maire a Calgary et que Jos Clark etais elu premier ministre.Et de retour dans les annees 2000-01-02-03 a Fort McMurray
Pourquoi est ce que le heritage fund nee sous Peter Lougheed est de seulement 13 milliards?apres 40 ans
Pourquoi au premier choc petrolier l »alberta n’as pas modifier son style de developpement ?
Pourquoi Klein quand il fut elu premier ministre a ete de faire des cadeaux de $1000.oo par tete de pipe aux Albertains.Oui je sais c’est bon comme coup politique ,mais vous avez elus des politiciens qui ont toujours penser a l election suivante et non au bien de la province.Dans les annees 60 c’etais l’Alberta qui recevais de la perequation de meme que vos voisins de l est.Puis vint la richesse du petrole ,que vous n’avez jamais fait fructifier.Encore aujourd’hui pourquoi n’y a t il pas de plant de raffinage de vos produits pour en faire de l essence,a la place de faire faire ca par les americians?
vous n’avez pas faits diversifier votre economie,vous vendez un petrole qui n’est pas raffiner.
Je suis triste de voir l’Alberta aujourd’hui et je m’excuse comme Quebecois de l’expression de M.Legault qui n’etais vraiment pas necessaire.Ahh aussi mon premiers fils est nee a High river.
je connais l’aversion des taxes en Alberta ,seulement voir Edmonton apres une tempete de neige avec des rues pas nettoyer pendant des jours parce que tout a ete privatiser,et la si vous dites a un citoyen ben que la ville le fasse elle monte sur ces grands cheveaux sur le compte de taxes municipales.Je pense que si un politicien veut le bien pour les generations a venir et non pour sa reelection seulement il auras le devoir de vous instruire sur la taxation pour le bien commun de tous.
Je vous souhaite de belles Fetes

Donc l’Alberta a fait le choix de remplacer sa dépendance à une industrie, l’agriculture, par une dépendance à une autre industrie, le pétrole? Il est temps que l’Alberta arrive au 21e siècle et diversifie son économie. Sans dire que c’est de leur faute, il faudrait arrêter ce Québec-bashing puéril et comprendre qu’ils sont un (peut-être malgré eux, même si ce n’est pas très politically correct de le dire) artisans de leur malheur.

Cet article résume très bien la situation de l’énergie au Canada et a quel point les provinces sont en désaccord. Le premier ministre qui est obsédé par la prochaine campagne électorale fédérale a vu dans un de ses rêves un pays uni par un pipeline. Un rêve ce n’est pas la réalité et au réveil quand il va ouvrir son cadeau
de Noël il va réalisé rapidement de l’erreur qu’il a fait en parlant des deux côtés de la bouche, pensant que le Québec et la Colombie Britannique seraient dupes. Lors de ses visites à l’étranger il se vente que le Canada est un pays vert et quand il revient au pays il prétend que l’économie du Canada dépend du pétrole de l’Alberta. Justin Trudeau fait la même erreur que Rachel Notley en n’ayant pas de vision à long terme. Ils sont aveuglés par le pouvoir qui va leur fair manquer le virage vers l’énergie propre qui est essentiel pour sauver notre planète et en entrant dans le mur ils vont tout perdre. Le fond vert de la Norvège est un bon exemple de ce qui aurait du être fait depuis de nombreuse années, quand Stephen Harper était à la tête du gouvernement.

Est ce que cet article sera traduit en anglais? Je suis francophone en Alberta et c’est ce que je m’efforce à expliquer depuis un bon moment… pour être efficace, cet article a besoin d’être en anglais…

Vous avez tout à fait raison, Isabelle. J’imagine que Mr. Castonguay y a pensé car il s’adresse aux Albertains d’abord et avant tout. Et pour qu’ils entendent (sinon qu’ils comprennent) il faut leur parler dans leur langue.

Serait-il possible que les québécois consomment plus de pétrole de l’Alberta que les albertains eux-mêmes, 57% pour une population de 8,4 millions (QC) versus 100% pour une population de 4,3 millions pour l’Alberta???

Je trouve que M. Castonguay met tous ses œufs dans le panier albertain! S’il y a une province qui serait un peu plus près du Québec ce n’est certainement pas l’Alberta! C’est plutôt ironiquement la très britannique BC avec son lotus land et son caractère beaucoup moins « red neck » que sa voisine et qui, surtout, n’apprécie pas tellement les pipelines de tout acabit. La CB a une politique qui ressemble tellement au QC, balançant entre la droite (BC Liberals ou créditistes) et la gauche (BCNDP et Verts) pendant des décennies avec des programmes sociaux relativement élaborés (beaucoup de programmes pour les aînés par exemple et des nouvelles garderies à rabais).

Quant à mettre de l’eau dans leur vin, vous semblez oublier que Mme Notley et ses cohortes ont décidé de punir la CB qui voudrait protéger ses côtes pour les générations à venir, en boycottant les vins de CB… Savez-vous que la CB puise au moins la moitié de son pétrole d’Alberta, l’autre des ÉU? Dans le moment et pour les prochaines décennies il y a suffisamment d’oléoducs entre l’Alberta et le Lower Mainland de CB pour tous leurs besoins mais ce pétrole est surtout raffiné aux ÉU dans l’état limitrophe de Washington et revient à Vancouver au prix US… Ce qui fait que les prix de l’essence dans le sud de la province sont parmi les plus hauts au pays. Je pense que les gens de Montréal vont comprendre le malaise!

Ah oui, et du côté environnement, contrairement au QC, la CB a une taxe sur le carbone depuis plus de 10 ans… et ça fonctionne. Il y a aussi de grands parcs d’éoliennes et de panneaux solaires (la nation Tsouke est très autosuffisante grâce à ses panneaux solaires). C’est vrai que les Britanno-Colombiens sont moins taxés que les Québécois mais ils ont aussi un peu moins de services et ont leurs propres priorités et, peut-être, un peu moins d’enveloppes brunes…

Ceci dit, si vous cherchez une alliée au QC, passez les Rocheuses et allez voir à l’ouest où vous aurez plus de chances d’y voir des gens qui partagent plusieurs de vos priorités et qui en ont marre des pipelines. C’est malheureux pour l’Alberta mais ils oublient un peu trop facilement la saga du pipeline du MacKenzie dans les années 1970 alors que l’Alberta cherchait un débouché vers l’Arctique pour son pétrole, projet qui a heureusement avorté à cause de l’opposition des autochtones (merci à leur vigilance). Ils auraient dû apprendre mais ils se sont fermés les yeux et ont continué à dilapider leur patrimoine. Alors, pas de larmes de crocodiles svp.

Assez pour leur fermer le clapet ? Peut-être pas. Mais assurément assez d’ingrédients pour faire comprendre que lorsqu’on crie trop souvent au loup, il y a risque que plus personne ne veuille écouter, ni même se tourner la tête quand le vent tourne… Super bon article, très bien documenté.

Diversification, ce n’est pas juste pour la couleur des citoyens au Canada Mme Notley et les taxes et impôts ne sont pas seulement pour les pôvres qui collectent de la péréquation pour ceux qui reviennent chez eux quand il n’y a plus de jobs dans l’ouest.

Par pitié Enbridge avec un N et non un M. L’oléoduc rentre au Québec juste à ma porte et je suis celle que M Dutrisac a interrogé dans son émission des Francs Tireurs en face de la valve toujours manuelle!!sic sic d’Enbridge

https://www.republiquelibre.org/cousture/MEECH.HTM

Maintenant on devrait les aidés, les aimés comme ils nous ont aimé une fois en Octobre 1995. Vous savez mes amis «westerniens» dans la vie c’est donnant, donnant et je crois que ça vous ne l’avez jamais mais vraiment jamais compris, ça doit pas faire parti des meurs anglo-saxon et on peut le constater avec ce que vous avez fait du Canada et ses premiers habitants pour ensuite essayer de faire la même chose avec les francophones. Sortez le par la Baie James votre fioul, nous on en a rien à cirer comme vous en avez rien à cirer que le lutin d’Ottawa donne pas de contrat canadien au Québec, sinon des miettes et/ou des prêts remboursables.

Le projet de l’oléoduc Énergie Est de TransCanada nous a fait la preuve que le Canada nage en plein paradoxe quant au développement de son économie.
Jane Jacobs écrivait ce qui suit : «Le Canada exploite et exporte ses ressources et néglige le développement d’industries et de services fondés sur le secteur manufacturier ou sur les inventions qui exigent de la fabrication. Il s’agit d’une approche de l’économie profondément coloniale, mais dans le cas du Canada, le colonialisme n’est pas imposé. Le Canada préfère le colonialisme.»
Un commentaire opportun de Jean-Marc Simard qui écrivait avec raison que «le pétrole de l’Alberta est mal utilisé. Le problème de l’Alberta est d’avoir mis tous ses espoirs de relance de son économie, affectée par la baisse du prix du pétrole, dans le transport de ce pétrole.
Le gouvernement albertain s’est-il poser la question si l’exportation du pétrole brut était la solution au marasme de son économie? Pourquoi exporter ce pétrole à tout prix? Ne vaudrait-il pas mieux le garder pour développer une industrie pétrochimique efficiente liée à la transformation de son pétrole en produits connexes divers, comme les plastiques, les solvants, les engrais, les médicaments, les caoutchoucs, les polyesters, et j’en passe…
Il est beaucoup moins dangereux d’exporter de ces produits connexes que du pétrole brut. Si tout l’argent mis pour réaliser leur projet de pipeline était investi dans les industries de transformation de cette ressource, je suis sûr que l’économie albertaine renaîtrait plus forte, parce que plus diversifiée…Mais les pétrolières bloquent tout projet de transformation parce que leur idée est d’exporter leur pétrole pour que leurs actionnaires puissent récupérer leurs investissements au plus vite…Mauvais choix !»
Ces témoignages sensés parlent plus que les sophismes de nos politiciens opportunistes et de leur vision myope.
Bref, quoiqu’il en soit, «il y a en effet un prix à payer pour avoir autant misé sur la filière pétrolière au détriment d’une plus grande diversification de l’économie albertaine, » me répondait Josée legault.

Alex, your trite piece of garbage to Albertans about how you have changed your consumption in Quebec is just ridiculous. Our vision of Engery east is not the fact your or anybody else in Canada is using our gas or oil. It was the ability for us to reach the sea to ship to the EU, England and others as a possible destination. Your positioning the we in the west should embrace you goes well short of asking a chicken to kiss a fox. For years equalization payments have filled the coffers of Quebec. Why? As some sort of perverse bribe to keep you in confederation. Leave we could care less. All we ask is to have the right to cross over to a seaport to give us more access than the United States of America which has used this fact under Trump to grind us down to $10 a barrel because all pipelines out of Alberta, Saskatchewan are jammed to other destinations in Canada. Hence why a two pronged attack for pipelines started in 2010 or so. One east to the Atlantic and One west to the Pacific. Trust me my friend in our northern climate fossil fuels will not disappear as quick as well all want but the east and BC have royally screwed your partners in confederacy by block our ability to market. How would you like us to say nothing crosses Alberta to go to BC and elsewhere for consumption, whether that is that sticky sweet syrup or paper produced in Quebec. Raise your head up and think globally my friend there are those out there that will pay dearly for our fossil fuels. They are not dirty. In fact we clean it up from the environmental mess that happen millions of years ago by turning it into bitumen for refinery processing. Don’t take personally but your view is like how we view you(Quebec) and Ontario. Quebec the whinny child always asking for more because they are so unique to Ontario where the centre of the earth resides in Toronto and no where else. Get a grip the west has enough population to split from the east and become a country. On the other hand how would you survive without our transfer payments each year let alone if you became a country and left Ontario by themselves with Atlantic provinces. Not a pretty picture. So I say if you want those fat transfer payments to continue that the political and mind set of the east must think about moving our oil out of Canada because $10 a barrel is crazy as compared to $50 or more on the open market. Yours truly a Canadian who happens to live in Alberta.

« For years equalization payments have filled the coffers of Quebec. Why? As some sort of perverse bribe to keep you in confederation. »
lol… légende urbaine. Le Québec reçoit moins de péréquation per capita que le Manitoba! Une province de l’Ouest, man.

Merry Christmas from Fort McMurray Alberta
excellent Article. I suppose Albertans need a Demon to slay for political Change . Don’t be deceived by my last name .. I am first generation Canadian from Dutch Heritage.. in The meantime the news has many opinions keep garding the “.. gate .. door” eventually the Truth will come out .

En échange d’un prix régulé à la baisse par l’ensemble de l’industrie pétrolière, les provinces pourraient collaborer à une transition ‘rapide’ de l’économie de l’Alberta vers la nouvelle économie plus verte. Donnant-donnant.

Bonjour, mon fracases ne pas bon pour writing a letter so I am switching now. I just read your letter in the Macleans and agree with your statements and appreciate how we in Alberta are more in tune with you in Quebec than we are different. I appreciate your sentiment and the facts you have brought to the conversation. It is in the best interests of the politicians to keep us unaware of the true facts and pit us against each other. All that said you lost me with this statement « So I wasn’t surprised to see your bitter reaction after our premier, François Legault, talked about “dirty energy” on Dec. 7 in reference to the oil sands. He’s not really wrong, because that oil is hard to extract. And he’s right to say Energy East doesn’t have the “social acceptability” it needs to get built, even if you really really want it ». One it is obvious you don’t know the facts regarding the extraction of oil, you have seen and believe the ugly propaganda. Secondly what the hell does social acceptability mean to you? I would like you to email me your explanation. please do not publish my email is [email protected]
Merci beaucoup.

Alec. J’ai vecu jusqu’a mes trentaines au Quebec et j’ai demenage en Alberta en 2012. Je trouve une immense difference entre les societes albertaines et quebecoises.
Quant a vos points concernant la consommation quebecoise du gas et petrol albertain, je ne m’en doute pas de tes reclamations, mais il faut noter que le but du projet « Energy East » n’est pas seulement pour transferrer du petrole au Quebec mais aussi aux provinces maritimes et pour l’exportation vers l’europe et la cote est americaine. Les provinces maritimes continuent d’importer plein de petrole du moyen orient, et le Quebec du petrole des etats-unis.
Oui le Canada et l’Alberta doivent continuer a diversifier leur economies, et l’economie albertaine est plus diversifiee qu’on pense, mais le secteur petrolier continue d’etre tres important pour les citoyens d’Alberts. Pour citer ton article, les albertains sont en colere a cause de l’ignorance de certains politiciens et non pas leur manque de diplomatie. En plus, il ne faut pas oublier que c’est les transferts de perequation des 40 plus dernieres annees qui ont aide les gouvernements quebecois a subventionner les gros projets hydroelectriques, les garderies, maintenire les frais scolaires les moins eleves au Canada, et plus recemment a generer des surplus budgetaires au Quebec. Donc, c’est cette ignorence et hypocrisie qui a enerve tes amis albertains.

« seule manière pour qu’il reste encore une planète dans quelques années » Ce genre de commentaire imbécile enlève tous crédibilité à ta lettre.

J’étais pour le pipeline parce que dans l’optique de l’indépendance ca ferait un argument majeur pour faire plier l’Alberta, aussi fort que le St-Laurent.

Si vous tenez vraiment à informer vos amis albertains, M. Castonguay, faites traduire votre article et faites-le publier dans Macleans!

Tout ça est bien beau. Le problème n’est pas d’où le pétrole consommé au Québec provient, mais de là où le pétrole Canadien ne peut être exporté.
La consommation Canadienne est insuffisante pour être rentable. Le Canada doit exporté. C’est simple.

Quelqu’un a pensé de mentionner à Legault que si nous exploitions nos propres ressources québécoises d’hydrocarbure, que nous pourrions ainsi réduire nos importations de pétrole « sale » de l’Alberta?

Mais nâââôoon. Au Québec, on préfère plier servilement devant le lobby vert pour se donner bonne conscience tout en continuant de profiter des beaux dollars albertains.

J’aimerais bien savoir si votre belle lettre à été traduite et publiée d’une façon ou une autre pour les lecteurs canadiens-anglais, parce que si ce n’est pas le cas, je ne vois pas l’utilité de prêcher à des convaincus, si ce n’est que pour illustrer que vous faites aussi partie du grand consensus québécois, ce qui n’apporte rien de neuf à un non-débat ou les méchants pétroliers de l’Alberta sont bien étiquetés et les bons québécois roulent bien au chaud dans leur 4×4. Le confort et l’indifférence.

Les albertains (et leurs voisins de l’ouest du Canada) devraient comprendre que ce n’est pas en publiant de la désinformation et en lançant de la merde au visage des québécois qu’ils vont s’en faire des amis. Vu d’ici au Québec, c’est courant de tomber sur des déclarations haineuses qui déforment la réalité et accusent les québécois de tout les maux des provinces de l’ouest. Pourtant, vous nous aimiez tellement un certain soir de 1995… Et, moins d’une semaine plus tard, recommençaient les discours mensongers et remplis de haine qui n’ont jamais vraiment cessé depuis. Ici, on en a marre à l’imparfait de vos jérémiades et de votre fiel. Bonne chance si vous pensez qu’en continuant ainsi vous allez convaincre le Québec qu’un dialogue peut s’établir avec vous.