Le piège de la loi 62

Lorsque le Canada anglais dénonce à l’unisson le Québec, c’est rarement une bonne nouvelle pour le Canada, explique Karl Bélanger. Justin Trudeau et Philippe Couillard auront des choix difficiles à faire.

Warda Naili loi 62
Photo: La Presse canadienne/Graham Hughes

Sans surprise, l’adoption de la loi 62 du gouvernement libéral sur la neutralité religieuse de l’État a provoqué beaucoup de réactions au Québec et dans le reste du Canada, même ailleurs dans le monde. La situation politique est potentiellement explosive, et les premiers ministres du Québec et du Canada auront des choix difficiles à faire.

La loi 62 sera sans doute contestée rapidement devant les tribunaux. Le gouvernement Trudeau pourrait lancer lui-même cette contestation — ce qui est peu probable — ou se joindre à un processus en demandant le statut d’intervenant — ce qu’il ferait à reculons. Mais les pressions sont fortes sur Justin Trudeau, qui aime se présenter comme le grand défenseur des minorités.

Et si les tribunaux déclarent la loi 62 inconstitutionnelle en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, le gouvernement Couillard devra décider s’il invoquera l’article 33 de la Charte, la fameuse « clause dérogatoire ».

Affirmer que, nonobstant la Constitution, cette loi s’appliquerait au Québec et dérogerait à l’article 2 de la Charte, ce qui suspendrait donc la liberté de religion, serait une décision grave. Ce n’est pas par hasard si le gouvernement Couillard fait constamment allusion à la sécurité comme motivation à l’adoption de cette loi : il tente de préparer le terrain.

Mais avec les délais dans l’adoption de la loi et dans les modalités d’application, aucun tribunal devrait avoir à trancher avant les élections provinciales, prévues pour l’automne 2018.

En revanche, la levée de boucliers au Canada anglais, accompagnée des habituelles accusations de racisme, était prévisible. Mais lorsque le Canada anglais dénonce à l’unisson le Québec, c’est rarement une bonne nouvelle pour le Canada.

C’est ce qui explique le flou dans lequel nage Justin Trudeau. Après avoir affirmé qu’il respectait le droit du Québec à légiférer comme il l’entend « sur toute question touchant ses champs de compétences », le premier ministre a ouvert la porte, affirmant maintenant qu’il allait « faire ses devoirs ».

Des militants du PLC s’insurgent contre sa mollesse. Au contraire, certains de ses députés appellent à la prudence : Marc Garneau et Jean-Yves Duclos, notamment, pressent leur gouvernement de ne pas s’en mêler.

Si le premier ministre est aussi prudent, c’est qu’il a désormais non seulement 40 sièges à protéger au Québec, mais aussi la nécessité d’y faire des gains en 2019. Lors de l’élection de 2015, il a pu éviter la tempête niqab, notamment parce que les conservateurs et le Bloc avaient exclusivement pour cibles le NPD et Thomas Mulcair.

Les stratèges libéraux comprennent bien que si Justin Trudeau adoptait aujourd’hui une position trop tranchée, cela pourrait nuire au PLC. Alors qu’il avait sauté à pieds joints dans le débat sur la charte des valeurs de Pauline Marois, il préférerait ne pas embarquer dans le débat québécois actuel, malgré les souhaits de l’élite médiatique du Canada anglais et de certains députés libéraux.

Pour protéger son caucus québécois (et éviter des défections), le nouveau chef du NPD, Jagmeet Singh, a lui aussi dilué quelque peu sa position depuis la fin de la course à la direction. Singh a réaffirmé son opposition à la loi 62, mais est maintenant d’avis que le gouvernement fédéral ne devrait pas intervenir dans un éventuel processus judiciaire.

Il reste que sa position est perçue au Canada anglais comme étant plus ferme que celle de Justin Trudeau. Voilà un avantage tactique certain pour le NPD, qui espère percer dans la grande région de Toronto et de ses banlieues, agglomération qui compte une proportion très grande de communautés culturelles et qui rejette en bloc les restrictions à la liberté de religion.

Même chez les conservateurs, on sent un changement de ton. Le chef Andrew Scheer a évité la question pendant une semaine, pour finalement commenter du bout des lèvres à une station de Kitchener : « En fin de compte, ce sera aux Québécois de juger. C’est une loi provinciale du gouvernement provincial. Nous verrons ce qui se passera devant les tribunaux. »

Sa chef adjointe, Lisa Raitt, a admis que la stratégie conservatrice de 2015, qui misait sur la question du niqab, a fait long feu, malgré quelques gains au Québec.

Pour le Bloc québécois, voir Justin Trudeau contester la loi 62 devant les tribunaux, avec l’appui du NPD et d’un Parti conservateur ramolli sur les questions identitaires, serait un cadeau du ciel. Martine Ouellet, qui fait déjà campagne contre la montée de la gauche religieuse, aimerait bien être fin seule sur la patinoire identitaire à l’échelle fédérale.

La course à l’identitaire

L’enjeu est bien différent au provincial, où le PQ et la CAQ font monter la température. François Legault en fait déjà un enjeu de la prochaine élection : il veut abolir la loi 62 et faire adopter une Charte de la laïcité sans accommodements religieux. Après sa victoire sans équivoque dans le fief libéral de Louis-Hébert, la CAQ est en progression dans les sondages, désormais en tête chez les francophones, et plus populaire chez les aînés que le PLQ.

Le PQ avait poussé le bouchon trop loin avec sa charte des valeurs. Si Jean-François Lisée s’est dissocié de ce projet après coup, il semblait au départ publiquement moins ouvert à le diluer que son collègue Bernard Drainville. Il est clair que sa pensée a évolué et qu’il est bien au fait de la volatilité de l’électorat par rapport à ce dossier : le PQ a commandé des sondages pour établir sa stratégie sur la question des signes religieux. Pour Lisée, l’ouverture du gouvernement sur les demandes d’accommodements raisonnables dénature la loi 62. Le PQ déposera bientôt un projet de loi allant plus loin, en invoquant immédiatement la clause dérogatoire prévue dans la Constitution.

Pour le PLQ, la loi 62 est depuis le début une opération défensive. L’objectif des stratèges libéraux, mal à l’aise relativement aux questions identitaires, était d’en faire suffisamment pour contenir les tentatives du PQ et de la CAQ d’attirer, voire d’attiser, l’électorat francophone. La ligne est mince, puisque le PLQ ne veut pas ouvrir une brèche au sein de l’électorat anglophone et des communautés culturelles, qui, faute d’avoir d’autres options, sont habituellement gagnés aux libéraux provinciaux.

Mais en jouant défensivement, on se retrouve nécessairement sur la défensive. Cela est encore plus vrai lorsque le défenseur commet revirement après revirement : la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, s’empêtre dans les différentes interprétations, incapable de dire au départ si les musulmanes portant le niqab pourraient prendre l’autobus, avant de dire qu’elles ne pourraient pas le faire, puis de préciser qu’elles le pourraient si elles ne parlaient pas aux employés. Vous suivez ?

Les multiples changements et volte-face sur la portée de la loi soulignent la minceur de la ligne sur laquelle le PLQ marche. L’opération a été longue et pénible. La recherche d’un consensus, vaine. Et Philippe Couillard se retrouve à la fois conspué au Canada anglais parce qu’il va trop loin, et par les partis d’opposition à Québec parce qu’il ne va pas assez loin.

Mais le premier ministre n’est pas en si mauvaise posture qu’on pourrait le croire. Un sondage Angus Reid publié au début du mois d’octobre montre que 87 % des Québécois soutiennent les objectifs de la loi 62. Philippe Couillard pourrait se poser à la fois comme rempart et comme grand défenseur de la spécificité du Québec — toujours incomprise dans le reste du Canada —, et aussi comme choix raisonnable devant une opposition « radicale » et « intolérante ».

Reste que pour un premier ministre décrit comme ultrafédéraliste, la solution passe par un affrontement avec ses alliés à Ottawa. Un affrontement qui pourrait avoir des conséquences inattendues pour l’unité du pays.

***

Karl Bélanger est un ex-directeur national du NPD et président de la Fondation Douglas-Coldwell.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

29 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Au fil du temps, je me suis aperçu qu’il existe souvent un gouffre entre les lois, l’application des lois et le contrôle de l’application des lois.

Accessoirement, je me demande quelquefois si nous avons besoin de certaines lois. S’il y a consensus globalement dans tout le Canada que c’est mieux de vivre avec le visage découvert (sauf bien sûr par grands froids), à quoi cela sert-il de légiférer contre quelques-uns ou quelques-unes pour les convaincre qu’ils ou elles vivraient tout aussi bien (et probablement mieux) leur expérience de canadien ou de canadienne à visage découvert ?

Tout cela ne relève pas spécifiquement des lois, mais de l’intelligence et de la raison.

D’un point de vu philosophique, une société bien faite devrait relever du cœur et de la raison, les lois pourraient exister essentiellement pour soutenir le bienêtre, le bien commun, le bien vivre ensemble et réguler un peu la communication. Le but des lois, c’est d’être le plus légères possibles et le rôle du législateur n’est pas tant d’écrire de nouvelles lois mais plutôt de s’assurer et de s’enquérir que les lois déjà écrites vont bien et qu’elles fonctionnent bien.

Si une loi d’entrée de jeu à de sérieuses chances d’être dysfonctionnelle. Il vaudrait mieux la proscrire ou pour employer un terme plus juridique : l’abroger.

C’est le cas de la loi 62. — On pourrait dire pratiquement la même chose pour des lois et certains règlements animaliers qui sévissent actuellement. Faisant d’une seule race de chiens dont l’appartenance raciale est difficile à identifier (croisements) de véritables bouc-émissaires.

Ainsi notre excellent gouvernement est-il parvenu à cette prouesse de désigner essentiellement une seule catégorie de femmes, sans faire quelques allusions à une religion en particulier, sans se sentir obligé de devoir faire la promotion de l’ordre laïc et sans obligation de faire tinter la clause nonobstant.

À ce titre, il faut reconnaître que c’est du grand art. Ne froisser personne, tout en froissant seulement le voile de quelques-unes qui deviendront à la cause humaine ce que les pitbulls sont devenus pour la cause canine.

La Loi 62 n’est qu’un autre des multiples éléments qui contribuent à l’affaiblissement du Québec. Le Parti Libéral du Québec ne vient qu’ajouter sa voix contre la diversité Québécoise. Lorsque le Québec bafoue les droits et libertés de ses citoyens, c’est rarement une bonne nouvelle pour le Québec.

Avec la menace séparatiste qui pèse sur le Québec depuis 50 ans grâce au Parti Québécois, c’est le recul de l’impact du Québec sur l’économie Canadienne, le recul du poids démographique du Québec dans l’ensemble Canadien, le recul de l’accueil du Québec pour les immigrants non-francophones, le recul de la rétention des immigrants au Québec.

Ce n’est pas pour rien que sur les derniers 50 ans (recensements 1966-2016) la croissance de la population en Ontario a été de 200% (soit une population doublée) tandis que la croissance de la population du Québec a été de 44%.

La population Ontarienne est passée de 6,961,000 à 13,976,000. La population Québécoise est passée de 5,781,000 à 8,322,000. Voilà la réalité d’un soi-disant « Québec accueillant ».

Voilà l’effet séparatiste. Voilà la contribution faite maintenant par le Parti Libéral du Québec à cet effet.

Ca fait 15 ans que le PLQ est au pouvoir à Québec et le PQ en est rendu à cacher la souveraineté dans son programme au point d’enlever le référendum
La chute du poids démographique du Québec n’a absolument rien à voir avec la souveraineté. Elle est due aux politiques massives d’immigration du ROC, politiques à peu près uniques au monde.

Bruno Lagacé Tenez-vous le même raisonnement quant au Canada par rapport aux États-Unis? Comment votre « accueillant Canada » ne peut-il avoir aujourd’hui
que 35 millions d’habitants alors que le pays au sud de la frontière en a 225 millions? Ça n’a pas de sens votre argument de « l’effet séparatiste » quand on sait que la démographie du Québec et de l’Ontario, tout comme celle des 8 états américains bordant les Grands Lacs, est directement tributaire de l’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959, bien avant l’existence du mouvement indépendantiste québécois. C’est bien sûr un Montréal pourtant totalement anglicisé à l’époque qui écopa avec le démantèlement de son port, puis le Québec tout entier.
Comme le dit Pierre Fortin, il y a 50 ans nous formions un peuple pauvre, illettré, dépendant et en mauvaise santé. La pire performance de l’Amérique du Nord. Le salaire moyen des francophones équivalait à 52% de celui des anglophones. Le niveau de vie du Québec accusait un retard de 18% sur celui de l’Ontario. Les 2 tiers des Québécois de 30 ans ne possédaient aucun diplôme. Seulement 5% avaient un diplôme universitaire. La majorité des ados québécois savaient à peine lise, écrire et compter. Les entreprises francophones ne contrôlaient que 47% de l’emploi. La population du Quėbec était avec celle de Terre-Neuve la plus pauvre du Canada.
Aujourd’hui, après 50 ans « d’effet séparatiste » comme vous dites, le salaire horaire moyen des francophones ne le cède en rien à celui des anglophones et le niveau de vie des Québécois équivaut à celui des Ontariens. L’économie du Québec est à présent plus productive que celle de l’Ontario. 90% des Québécois ont un diplôme secondaire et 32% un diplôme universitaire. Nos jeunes de 15 ans se classent au 7ème rang mondial en mathématiques, à égalitė avec les jeunes Japonais et au 1er rang de toutes les provinces canadiennes. 67% de l’emploi au Quėbec est maintenant contrôlé par des entreprises francophones. Sauf dans les provinces riches en pétroke des Prairies, le taux de pauvreté absolue est plus faible au Québec que partout ailleurs au Canada, et c’est au Quėbec que l’inégalitė du revenu est la moins prononcée en Amérique du Nord.
Si c’est ça « l’effet séparatiste », j’ose à peine imaginer ce qu’aurait pu devenir le Québec sous l’impulsion de son indépendance, de sa liberté politique et économique.

« suspendant donc la liberté de religion »
Franchement M. Bélanger. Vs ne faites quand même pas parti de ces naifs qui pensent que la burka et le nikab c’est un signe religieux!!!!

Allez lire les forums du Canada anglais: vs allez voir que Jo Smith de Régina pense exactement comme Jo Tremblay de Chicoutimi sur la burka et le nikab

En réalité c’est une tempête dans un verre d’eau… Pour quelques femmes voilées, symbole archaïque de misogynie, on sort le livre des lois et d’autres montent aux barricades! D’abord, il ne s’agit pas de liberté de religion, la très grande majorité des musulmanes ne portent pas le niqab et ce n’est que le choix d’une secte particulière de l’Islam.

La question a déjà été soumise à la Cour européenne des droits de l’Homme car il y a déjà quelques pays européens qui ont ce type de lois et ces lois furent décrétés comme valides; alors la contestation constitutionnelle au Canada risque de décevoir bien des Tartuffes. Un parti politique qui perdrait sa cause devant la Cour suprême aurait l’air pas mal fou. Le texte parle du « Canada anglais » mais rien n’est plus faux. Oui, une espèce d’intelligentsia canadienne anglaise qui crie souvent « au meurtre » et qui comprend mal le Québec est monté aux barricades mais on oublie un peu trop facilement que le dit Canada anglais était monté aux barricades contre le port du turban chez les membres de la GRC… On n’a pas plus de sympathie pour le niqab.

Mais, dans le fond, n’a-t-on pas des problèmes plus importants à régler au Québec et au Canada?

Vous avez sans doute raison: elles sont peu nombreuses celles qui portent un quelconque voile au Québec et cette loi peut sembler être une réponse à un problème inexistant; par contre, la question que je me pose est celle-ci: à partir de combien d’individus semblables devrait-on commencer à s’alarmer? Doit-on attendre comme en Europe que le feu soit pris avant de réagir?

Savez-vous que le port du niqab n’est pas permis lors du pèlerinage à la Mecque? En plein centre de l’Arabie Saoudite, là ou le niqab est le plus porté par les femmes, elles ne peuvent pas le porter pour leur pèlerinage, pèlerinage que tout musulman doit faire au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.

Alors, s’il est permis de l’interdire en Arabie Saoudite, pourquoi cette montée de boucliers pour défendre une supposée liberté d’expression religieuse archaïque. Et c’est basée sur quoi? Il n’y a rien dans le Coran qui demande de se couvrir le visage.

L’autre problème, et cela on n’en parle pas, c’est ceux qui manifestent et qui couvrent leur visage pour ne pas être reconnus. Ceux-là devraient automatiquement aller en prison ou recevoir une amende salée. Cette loi interdit donc cette pratique, et c’est tant mieux.

Il y a des lois contre le nudisme, et même contre le fait de se dévoiler le torse pour les hommes dans les parcs. Pourquoi faire un drame avec le niqab? Ça semble être purement de nature politique…

Petite mise au point. Il n’y a pas de loi 62, mais le projet de loi 62 qui deviendra éventuellement lorsqu’il sera publié dans la Gazette officielle, la loi 19 ou chapitre 19. Juste le fait qu’à ce jour, le projet de loi n’est pas encore publié est un signe que le gouvernement désire que ce projet de loi farfelue, juste en écoutant les différentes interprétations de son auteur, se fasse oublier le plus vite possible.

Vous avez raison ; c’ est une loi déjà caduque avant même qu’ elle soit publiée! Et sans doute que les libéraux veulent l’ a poussée en-dessous du tapis jusqu’ aux élections générales !

…et pourtant, selon un très récent sondage, la vaste majorité des Québécois ET des Canadiens appuient ce projet…

Pas mal mieux que la charte de la honte péquiste non?

À la lumière de l’interprétation que fait la ministre de sa loi, le même sondage aurait un résultat bien différent.

Quant à cette honteuse « Charte des valeurs », elle avait l’avantage d’être plus simple d’application. On n’avait pas à se casser la tête, comme la présente loi, pour savoir ce qui est ostentatoire ou pas. On fournissait, en plus, des images pour la compréhension de la loi.

L’interprétation est pourtant simple: Tu donnes des services au nom de l’État? Tu DOIS le faire à visage découvert. Tu veux recevoir des services de la part de l’État où une identification est nécessaire (i.e.: passeport, permis de conduire, carte mensuelle d’autobus, etc…) tu DOIS permettre au préposé de pouvoir t’identifier. C’est pourtant pas compliqué…

À part ces circonstances, personnellement, je me fous complètement de la façon dont les gens s’habillent en public, en autant que ce soit décent (pas de nudité, etc..). Le signes religieux, c’est LEUR affaire. Pas la mienne. Ni la vôtre.

Si ça amuse certaines personnes de se promener en burka, grand bien leur fasse…et au passage, je ne crois pas que ces personnes se servent de leurs vêtements pour cacher un AK-47 au Québec. Et vous?

@ François 1
Si cette loi est simple d’application comme vous l’écrivez, on pourra compter sur vous pour expliquer les subtilités de la loi aux ministres David et Vallée qui ne s’entendent pas sur ce qu’est un « contexte d’interaction ». Le blogue de Joseph Facal est éclairant à ce propos. (Je ne suis pas une machine distributrice!)

On reconnaît votre logique impeccable : « Le (sic) signes religieux, c’est LEUR affaire. Pas la mienne. Ni la vôtre. » Alors, dans ce cas, à quoi sert le p.l. 62 – que vous défendez – qui ne fait que ça, dire aux gens ce qu’ils peuvent porter lorsqu’ils « interagissent » avec les institutions publiques ?

Toujours avec votre logique bien personnelle, lorsque certaines personnes ont une préférence pour l’« hypertextile », c’est « LEUR affaire », la société n’a pas à juger, mais lorsque d’autres auraient une préférence pour l’« hypotextile », là, c’est le contraire, ce ne serait plus de « LEUR affaire » et la société peut se permettre de l’interdire.

@ Marc Sauvageau: 30 octobre 2017, 12 h 42 min:

C’est pas la première ni la dernière fois que deux ministres ne sont pas d’accord à 100%. Il n’y a pas de quoi écrire à sa mère. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les tribunaux existent: clarifier les lois lorsque le besoin se fait sentir.

Les vêtements que les gens portent sont d’ordre strictement personnel et l’État n’a rien, mais absolument RIEN à y foutre sinon quand va-t-on règlementer la couleur, le style et la longueur des vêtements? Il y a quand même une limite non?

Selon moi, et je crois que l’esprit de la loi est que lorsque quelqu’un donne ou reçoit un service étatique, il doit s’identifier. Je ne vois rien de nébuleux de répréhensible ou de matière à scandale dans ce dossier.

Et vous…qu’est-ce que vous ne comprenez pas là-dedans?

@ François 1
Ces deux ministres ne sont pas en désaccord sur des idées ou des opinions personnelles, elles ne s’entendent pas sur l’interprétation de leur propre loi, comme quoi votre simplification à l’extrême de la loi vous discrédite.

Les tribunaux existent pour interpréter et appliquer les lois. Quand celles-ci sont trop vagues pour être interprétées et donner un résultat, les tribunaux renvoient le législateur à ses devoirs. « Les lois doivent être rédigées de manière suffisamment précise pour produire des résultats clairs. » (L.P. Lampron)

Si porter un vêtement, est une affaire « d’ordre strictement personnel », ne pas en porter est aussi du même ordre. Or, vous-même, vous êtes contre la nudité dans un lieu public. Si l’État n’a pas à intervenir sur « la couleur, le style et la longueur des vêtements », il ne devrait pas interdire certains vêtements lors de manifestation, il ne devrait pas intervenir sur la couleur des pantalon des policiers lorsqu’ils exercent leur droit de manifester. Il ne devrait pas non plus interdire les vêtements « hypertextile », lors de la prestation de services avec un officier de l’État. Il ne devrait pas aussi imposer un code vestimentaire aux élèves dans les écoles publiques. Les exemples pleuvent.

« Selon moi, et je crois que l’esprit de la loi est que lorsque quelqu’un donne ou reçoit un service étatique, il doit s’identifier. » La loi ne dit pas cela. La loi dit qu’il faut lorsqu’ « une personne qui se présente pour recevoir un service par un membre du personnel d’un organisme visé au présent chapitre doit avoir le visage découvert lors de la prestation du service. » Vous, comme la ministre, ne savez pas le sens de l’expression « prestation du service ».

Merci NPierre je suis d’accord avec vous.
Je crois que le gouvernement a autres sujets a traités que de ces quelques personnes qui se cachent par le voile ou autre. Ce n’est même pas question de religion.
Si le gouvernement mettait plus d’emphase sur l’éducation nous n’aurions peut-être plus de discutions à ce sujet.

« …lorsque le Canada anglais dénonce à l’unisson le Québec,… »
Euh! Peut-être pas si « à l’unisson » que ça!
« Or, révèle un nouveau sondage, les Canadiens anglais y sont (au PL 62) largement favorables… »
Et
« Un sondage Ipsos mené pour le compte de Global News cette semaine révèle qu’en dépit des critiques sévères, 68% des Canadiens sont favorables ou très favorables à la pièce législative.
Pour Sébastien Dallaire, vice-président d’Ipsos Affaires publiques, le constat est implacable.
«La couverture médiatique au Canada anglais n’est pas très bien alignée avec l’opinion publique sur l’idée d’une telle loi», observe-t-il. »
Et, encore
« …d’un océan à l’autre, l’appui à la prestation et à la réception de services publics à visage découvert ne se dément pas »
La Presse, le 27 octobre 2017
La kabale politico-médiatique va-t-elle cesser de nous prendre pour des co… cruches.
Ou faudra-t-il un Trump local, aussi déprimant ce prospect soit-il, pour faire cesser ce mépris?

Exact!

Le sondage était très clair à ce sujet: ET les Canadiens ET les Québécois appuient cette loi avec une FORTE majorité et ce, malgré les basses tentatives des journalistes/chroniqueurs d’un certain journal séparatiste et anti-libéral de faire passer cette loi relativement simple et limpide (faut s’identifier clairement si l’on veut recevoir et/ou donner un service public…) pour un enchevêtrement inextricable incompréhensible pour la plupart des gens.

C’est pas parfait mais c’est un début autrement plus sympathique que la Charte de la honte péquiste.

On entend souvent dire qu’on a fait une loi pour un « non problème » selon certains commentateurs gauchiste. C’est à dire qu’à peine une cinquantaine de femmes musulmanes au Québec revendiquent le port du voile intégral et que cette loi ferait en sorte de les empêcher de sortir de chez elles (ce qui est une aberration, c’est leur religion qui les en empêcherait, non pas nos lois). Et la direction de l’université Mc-Gill qui en rajoute en disant qu’elle subirait une perte de clientèle, d’achalandage, si cette loi s’appliquait. Faudrait se brancher là… S’il n’y a que 50 femmes voilées au Québec, vont-elles toutes à Mc-Gill ???
Et pour répondre aux tenants du « non problème », l’Europe a attendu très tard avant d’appliquer la laïcité dans les endroits publics et ça a soulevé des problèmes encore plus sérieux que si ces lois avaient été appliquées au début, comme ici actuellement. Et de deux, un cancer commence toujours avec une « première » cellule défectueuse qui se multiplie jusqu’à devenir incurable.
S’il faut se servir de la clause « nonobstant » pour nous faire respecter, qu’il en soit ainsi. Ce sera la preuve encore une fois que le Québec est différent et qu’il n’a pas sa place dans un Canada forcé.
Vive le Québec, Vive la Catalogne, Vive l’Écosse et tous les autres qui veulent se prendre en main et vivre selon LEURS valeurs. On ne rejette pas les minorités, on leur demande de nous suivre, d’être de notre côté au lieu d’être contre nous chez nous.

C’ est pas compliqué il me semble ; obtenir un service à visage découvert c’ est fondamental en occident! Ça n’ a rien avoir avec la religion ! Si t’ es à visage couvert par conviction religieuse , ce n’est pas la religion musulmane qui exige cela voyons-donc ! Les seuls qui exigent cet accoutrement ridicule qui rend la femme insignifiante ; ce sont les extrémistes ,tels les wabanistes, safalistes, intrégristes ect… Ce sont des demi-civilisés qui sont uniquement des hommes puissants qui veulent absolument combattre les mécréants que nous sommes!

Il ne s’ agit pas là d’ essayer d’ accommoder des extrémistes mais de rendre la normalité et défendre les valeurs d’ égalité homme-femme !!! Comme le dit si bien Couillard lui-même pourquoi s’ obstiner avec ce qui n’ existe pas ou si peu ! Si une femme se sent nue sans son nihkab ou sa burka qu’ elle aille habitée dans des pays ou la coutume est institutionnalisée et nous n’ avons pas à nous faire importuner par ces petits détails ! Alors pourquoi nos premiers ministre cafouillent et marchent sur des oeufs avec une logique aussi simple ! La solution c’ est la laicité de l’ état !!

En passant, ce sont les Wahhabites et Salafistes , deux termes qui veulent dire à peu près la même chose selon « wikipedia ».
Quant à savoir s’ils sont riches, j’en doute, car la majorité se laisse dicter leur conduite par ignorance et crainte de leur dieu Allah et son porte-parole Mahomet qui semble être plus vénéré et aimé que leur dieu lui même.

Bon sujet et beaucoup de commentaires que j’approuvent.
On dirait qu’au Québec, on n’a pas de colonne vertébrale.
Il y a un dicton comme suit: « Si à Rome, on fait comme les Romains », pourquoi ici c’est « Au Québec, on fait comme les musulmans »…. surtout dans le grand-Montréal ».

Nos élus fédéraux et provinciaux doivent défendre la modernité. Pas les religions misogynes, obscurantistes et pique-assiette des fonds publics.

Les voilées ne sont pas toutes contraintes, donc il appartient à la loi de leur faire savoir que leur caprice religieux n’a aucune valeur dans une démocratie laïque et qu’elles ont donc la capacité d’enlever leur voile pour simplement obéir à la loi, tout comme toi et moi nous respectons la loi même si nous avons envie de nous promener tout nus dans la rue quand il fait 35 degrés.

Le caprice religieux doit céder devant la laïcité de nos lois et leur obéir.

La Cour suprême doit trancher et affirmer que dans la Charte la «suprématie de Dieu» a moins d’importance et de valeur que «la suprématie de la loi» qui la jouxte dans le texte de Trudeau père en 1982.

La laïcité est une nécessité politique sinon la culture canadienne va régresser au 17e siècle avec des bigots arriérés qui vont venir redéfinir les moeurs et limiter les autres libertés sous prétexte de sales religions.

Enfin, sans laïcité et relégation des religions dans leur lieu de culte respectif, les populistes de droite, faussement appelés «identitaires» vont comme en Europe grossir en nombre et fasciser notre vie politique.

Multiculturalistes au pouvoir, apprenez vite qu’il n’y a qu’une culture moderne et des religions antiques et médiévales. À vous de défendre la modernité, pas le Moyen Âge.

M. Légaré, à l’exception de ce paragraphe-ci, je trouve votre texte fort à propos : « Enfin, sans laïcité et relégation des religions dans leur lieu de culte respectif, les populistes de droite, faussement appelés «identitaires» vont comme en Europe grossir en nombre et fasciser notre vie politique. » D’abord, je précise que je ne suis ni de droite, et encore moins de la gauche arc-en-ciel à la Trudeau (fiston bien sûr). Sachez d’emblée que le populisme ne relève pas uniquement de la droite. Si vous regardez bien et écoutez bien tous les politiciens, quels qu’ils soient, fédéral, provincial ou municipal, tous sont populistes à leur façon. Le populisme est une façon d’aller chercher des votes. Parler « joual » comme le peuple, c’est être populiste et Coderre-Labaume sont de ce genre. Faire des promesses qui plaisent au peuple et ne pas les tenir, c’est être populiste. Et pourtant tous nos politiciens le font; sont-ils pour autant « fascistes » ? Alors, avant de traiter les droitistes de fascistes, il faut bien regarder ce qui se passe et arrêter de réfléchir au travers de ceux qui lancent n’importe quelle ineptie accusatrice.

Mon petit-fils m’a demandé si je croyais en Dieu ou Jésus? J’ai répondu que je ne croyais pas au Dieux des Hommes’. Chacune des religions apportent des éléments de croyance avec des artifices tels le port de vêtements ou d’objets, des façons de se nourrir ou d’éviter des aliments, respecter des animaux et quoi d’autres. C’est de l’absurdité. Il reste que ces religions amènent des querelles et/ ou des guerres.
On nous soumet aux accommodements raisonnables. Je peux comprendre, quoiqu’il devrait s’appliquer aussi aux gens qui arrivent au Québec avec l’intention de rester rigide face à l’application de leur religion.
Je suis en faveur de la neutralité religieuse, c’est-à-dire, ta religion tu la pratique chez-vous où à ton lieu de rassemblement. Après tout, la religion est une façon de contrôler le monde par des soit-disant chefs spirituels. Je doute de la formation de bien de ces chefs.
Quand ils ont invoqués Dieu, Krisna, Mohamed ou qui d’autres les éléments naturels, les drames, les guerres…Il n’intervient jamais..alors!
Le Dieu des hommes, c’est comme le Père Noēl, il n’y a rien de vrai…

Il n’est question ici que de stratégie électorale aux dépens des questions de fond. Comment plaire et ne pas déplaire à un nombre suffisant d’électeurs pour conserver le pouvoir ou y accéder? Quelle est la température de l’électorat, son facteur humidex, la direction de ses vents? Il n’est pas surprenant que les électeurs en viennent à mépriser la la politique. Elle devient toujours plus insignifiante, et la démocratie, une farce grotesque.